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Loi "fast fashion" : "Bercy pourrait pour être tenté d'en diminuer la portée", s'inquiète Alma Dufour, députée LFI
franceinfo
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il y a 2 ans
L'Assemblée nationale a adopté jeudi à l'unanimité des mesures visant à freiner la "fast fashion". Mais la députée La France insoumise Alma Dufour, invitée sur franceinfo, craint que le ministère de l'Economie ne cherche à en diminuer la portée.
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Bonsoir Alma Dufour, députée NUPS LFI de Seine-Maritime.
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Vous avez été très impliquée en commission sur cette proposition de loi Horizon, adoptée
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à l'unanimité, il faut le souligner par les députés cet après-midi, qui vise à
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réguler ce qu'on appelle la fast fashion, mode rapide, certains disent jetable.
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Le texte prévoit de définir le phénomène.
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Alors allons-y, comment on peut décrire en quelques mots l'ampleur du phénomène ?
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Pourquoi il faut selon vous résister à cette fast fashion ?
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Alors déjà, il y a ce qu'on appelle la fast fashion et l'ultra fast fashion.
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Mais le texte est divisé en deux morceaux, un qui traite de l'ultra fast fashion, les
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marques comme SHEIN par exemple, qui sont des marques connues pour mettre en ligne des
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millions de références chaque année, donc avec un renouvellement très rapide qui pousse
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encore plus à la consommation si c'était possible dans le secteur de la mode.
00:45
Et la fast fashion en général, comme ZARA, comme H&M, ces marques qui ont pignon sur
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rue depuis longtemps.
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Donc il y a des marques françaises aussi ?
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Aussi des marques françaises, c'est-à-dire toute l'industrie de la mode qui depuis les
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années 80 a délocalisé dans les pays du sud pour casser les coûts de production,
00:59
mais aussi qui pollue énormément, car on ne le dit pas assez, le secteur textile c'est
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jusqu'à 10% des émissions mondiales aujourd'hui.
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Vous dites des milliers, les chiffres sont importants ? L'ordre de grandeur c'est quoi ?
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Nous le seuil qu'on voulait mettre sur l'article 1 sur l'ultra fast fashion c'est un million
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de références différentes par an.
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Donc vous voyez, c'est quand même, il y a de la marge.
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Et ça, ça concerne, les ultra fast fashion sont là-dedans ?
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Voilà, et après pour les mises en marché générales de la fast fashion, il faut comprendre
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qu'on importe aujourd'hui 50 vêtements par habitant français chaque année.
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Plus de 2 milliards, rien que pour la France.
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Et c'est un phénomène qui, malgré les appels à consommer autrement, malgré le développement
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de la seconde main, ne fait qu'exploser depuis 15 ans.
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Et c'est pour ça qu'il fallait une loi qui régule ça.
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Vous dites, on voulait instaurer ce seuil d'un million, ce n'est pas le cas ? Ce seuil
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sera fixé par décret ?
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Exactement, et c'était une de nos batailles avec le gouvernement.
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Pour quelles raisons ?
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Alors, nous, ce qu'on voulait, c'est le fixer dans la loi, parce qu'on a eu déjà l'expérience
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malheureusement que le gouvernement recule sur des textes qu'il avait adoptés qui étaient
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ambitieux, comme le cas de la loi Économie circulaire en 2019, qui était déjà assez
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ambitieuse et le gouvernement n'avait jamais pris les décrets qui permettaient d'aller
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jusqu'au bout de la loi, et notamment sur le textile.
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On aurait pu mettre déjà des malus environnementaux sur les vêtements, qui pouvaient aller jusqu'à
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20% du produit, or les décrets ne sont jamais sortis, on est restés à une dizaine de centimes
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par vêtement.
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Donc là, nous, ce qui nous fait peur, c'est que le gouvernement, encore une fois, prenne
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des seuils très très hauts, qui ne concernent quasiment personne.
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Il y a un risque, ça ?
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Il y a un risque.
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Il y a un risque parce qu'aujourd'hui, on a senti par contre le ministre Béchu très
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enthousiaste sur le texte, enfin vraiment en soutien.
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Par contre, on sait que du côté de Bercy, du côté de Bruno Le Maire, il y avait beaucoup
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plus de réticences, parce que cette loi, elle n'arrange pas tout le monde dans l'industrie
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de la mode, elle n'arrange notamment pas les acteurs du luxe qui exportent beaucoup
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en Chine et qui ont peur effectivement qu'on mette la pagaille dans les relations commerciales
02:46
avec la Chine, mais qui ont contribué à la disparition de 375 000 emplois en France
02:50
dans la fabrication de vêtements.
02:51
Ce qui rend notamment furieux la fast fashion, les marques qui produisent, Chine, mais même
02:56
l'Alliance du commerce en France, c'est que le bonus malus va être assis sur l'affichage
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environnemental.
03:01
Concrètement, c'est une étiquette ? Avec quoi ? Les émissions carbone, l'eau ?
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Exactement.
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En fait, elle a plusieurs volets.
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C'est une note ? C'est quoi ?
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C'est une note.
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Enfin, on ne sait pas encore comment exactement ce sera présenté au consommateur, ABCDE
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ou une note en chiffré, etc.
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La question, c'est que ça prend en compte évidemment l'impact carbone.
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Il est central dans l'affichage environnemental, mais aussi des techniques qu'on appelle
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de surproduction, de poussée à la consommation, etc.
03:24
La méthodologie est pour l'instant assez ambitieuse.
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Il doit sortir dans les mois qui viennent.
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C'était une méthodologie robuste et scientifique qui nous permettent justement de donner des
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pénalités, des malus, donc des taxes environnementales, en fonction des efforts que font les marques
03:38
pour améliorer l'impact environnemental de leurs vêtements.
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Et jusqu'en 2030, on pourrait atteindre 10 euros pour les pires produits.
03:45
Donc, c'est vraiment un changement majeur qui se dessine dans le secteur et rien n'a
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été fait de tel à l'échelle du monde entier.
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Sauf que là encore, ce sera dans les décrets.
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Le chiffre n'y est pas.
03:55
A nouveau, voyons-y.
03:56
Alors, les 10 euros y sont.
03:57
La question, c'est est-ce que ce sera 10 euros juste pour la pire des marques ? La
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pire des pires des pires des marques et 30 centimes pour Zara et H&M.
04:04
Ou est-ce que ce sera progressif de 1 euro à 10 euros en fonction des impacts, mais
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que ça concernera tout le secteur ? Car il faut voir, la Chine, c'est un acteur nouveau
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qui dérange beaucoup parce qu'il aggrave une situation.
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Mais la situation est déjà très grave.
04:18
Et le secteur texan n'a pas entendu l'arrivée de Taimou, de Chine pour délocaliser, pour
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détruire des emplois, pour exploiter les travailleurs à l'autre bout du monde et
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pour polluer la planète.
04:26
Donc, c'est un problème global qu'il faut régler de façon globale.
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Comment vous expliquez cette étonnante unanimité dans l'hémicycle sur la Fastation et qu'on
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ne trouve pas sur l'avion, sur les gros SUV et autres ?
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J'en ai été fortement surprise.
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Je pense qu'honnêtement, il y a une histoire de personnes.
04:45
Il faut saluer le travail de la rapporteure Anne-Cécile Violand de Horizon, qui a déposé
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cette PPL un peu dans son coin et qui a convaincu autour d'elle et qui a fini par emporter
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l'adhésion du ministère de l'Environnement, de Christophe Béchut, contre l'avis de
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Bruno Le Maire.
05:00
En réalité, on a eu les bris de couloir et Bruno Le Maire, encore une fois, est plutôt
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opposé à ce dispositif.
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Et je pense aussi qu'à l'approche des élections européennes, il fallait envoyer
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un signal pour la majorité qui voulait faire des choses sociales et environnementales.
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Mais on appelle vraiment à rester vigilant parce que le passage au Sénat pourrait être
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l'occasion de détricoter le texte, à la fois pour Bercy et à la fois pour les sénateurs
05:20
Les Républicains.
05:21
Qu'est-ce qui vous fait craindre ça ?
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Eh bien parce que Bercy, comme je vous l'ai dit…
05:24
Puisque tous les partis à l'Assemblée…
05:26
Oui, mais parce que nous, on a eu des bris de couloir comme quoi pendant plusieurs semaines,
05:30
Bercy était opposé au texte.
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Et donc ce qu'on sait, c'est que Bercy, ce qui va protéger aussi les intérêts des
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industries du luxe qui représentent une grosse partie du PIB, on le fait aussi dans l'agriculture,
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il y a toujours ces enjeux-là.
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En fait, dans les traités de libre-échange, il y a des entreprises qui perdent et des
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entreprises qui gagnent.
05:44
La question, c'est que Bercy pourrait être tenté de diminuer la portée du texte pour
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ne pas trop froisser la Chine et pour ne pas qu'il y ait des rétorsions commerciales
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sur les marques de luxe qui exportent beaucoup en Chine.
05:54
Ça, c'est du côté de Bercy.
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Ce qui s'entend, mais à raisonner comme ça et à protéger une poignée d'entreprises
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qui, certes, font beaucoup de chiffres d'affaires, on ne protège pas l'industrie en général
06:06
dans notre pays, sachant que le secteur textile contribue lourdement à notre déficit commercial.
06:12
Si on veut juste parler d'économie, aujourd'hui, c'est le troisième secteur déficitaire
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de notre balance commerciale.
06:17
C'est 12 milliards d'euros de pertes dans notre balance commerciale parce qu'on importe
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98% des vêtements en France.
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Donc, il faut pour protéger le plus grand nombre, permettre à l'industrie de se relocaliser.
06:27
Oui, des fois, il faut un peu marcher sur les pieds de certains grands groupes qui,
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par exemple, ont des marchés à l'étranger.
06:32
Beaucoup de bienfaits environnementaux et en même temps, tout ça vient heurter quand
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même une autre problématique et c'est le pouvoir d'achat.
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Ça rend clairement les produits plus chers, notamment pour les familles nombreuses.
06:41
Modeste.
06:42
On a fait vraiment très attention au fait que déjà, le malus sera progressif.
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C'est-à-dire qu'on ne commence pas à 10 euros demain.
06:50
Ça va progressivement, ça commence à 1 euro, 2 euros, etc. jusqu'en 2030.
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Donc, c'est lissé dans le temps.
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Et le malus va être reversé en bonus pour les entreprises vertueuses.
07:02
Ça veut dire le Made in France ?
07:04
Ça veut dire le Made in France, notamment.
07:06
Ça veut dire que l'idée, c'est d'arriver à terme à faire baisser le prix du Made
07:11
in France pour que les gens puissent s'offrir enfin des produits qui sont fabriqués dans
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des conditions sociales et environnementales vertueuses.
07:16
Ensuite, il y a un problème de pouvoir d'achat plus global en France.
07:19
Mais ce qu'on doit rappeler, c'est que le problème des gens, c'est le prix du logement
07:22
qui explose 120% en 20 ans, alors que le revenu des ménages, c'est 29%.
07:27
C'est l'alimentation qui a pris 20% cette année.
07:29
C'est l'électricité.
07:30
Tout ça, on est contre l'augmentation des prix.
07:32
On est même pour des blocages sur les vêtements.
07:34
Il faut comprendre qu'on ne peut plus tolérer la manière dont sont traités les ouvriers
07:39
à l'autre bout du monde et le fait que ce secteur, aujourd'hui, nous envoie dans
07:42
le chaos climatique.
07:43
Et donc, c'est un effort progressif juste et qui permet de créer des emplois en France
07:47
à tard.
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Mais ça, il faut le prendre en compte.
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En quelques mots, quel sens a-t-il de le faire en France ?
07:51
L'ambition, est-ce que l'Europe s'en inspire ?
07:53
Parce qu'une loi peut remettre en question vraiment le développement de la fast fashion ?
07:58
Alors, au niveau mondial, certainement pas.
08:01
Mais nous, le problème, c'est qu'on peut toujours attendre que l'Union européenne
08:03
prenne les devants sur ce sujet.
08:04
Elle ne l'a jamais fait depuis 15 ans.
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C'est-à-dire que vraiment, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières dont
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on nous parle très souvent ne concerne que cinq secteurs, que les matières premières
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ne concernent absolument pas le textile.
08:14
Pas l'ombre d'une mesure ambitieuse sur le sujet n'a vraiment été proposée par
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la Commission européenne depuis une dizaine d'années.
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Donc nous, à la France Insoumise, ce qu'on dit, et dans le cadre des élections européennes,
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casse la ne tienne, prenons les devants et évidemment qu'on espère que les autres
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pays vont nous suivre et que ça va créer un effet d'entraînement.
08:29
Merci beaucoup Alma Dufour, députée NUPES de Seine-Maritime.
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