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  • il y a 7 mois
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France était l'invitée du Face-à-Face ce mercredi 11 juin sur BFMTV et RMC. Elle a notamment été interrogée sur le drame à Nogent et la sécurité dans les établissements.

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Transcription
00:00Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Valérie Pécresse.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être là pour répondre à mes questions ce matin.
00:06Vous êtes la présidente, la présidentelle R de la région Île-de-France.
00:10Ce drame, à nouveau, hier matin, contrôle à l'entrée d'un collège en Haute-Marne.
00:15Et Mélanie, surveillante, poignardée à cinq reprises par un jeune de 14 ans.
00:21Vous avez immédiatement dit sur les réseaux sociaux, je vous cite,
00:23il faut une réponse d'une extrême fermeté.
00:26Le préfet de police de Paris ce matin dit, il faut un choc d'autorité.
00:30Emmanuel Macron, hier soir, dit, nous ne voulons pas de ça en France.
00:33Le Premier ministre dit, c'est une épidémie. On fait quoi ?
00:38Écoutez, ça fait des années que j'alerte sur l'urgence éducative.
00:41Ça fait des années que j'alerte sur les méfaits du pas de vague à l'école.
00:47Aujourd'hui, il faut, je pense que, la tragédie de Mélanie,
00:51et j'ai vraiment une pensée pour elle, pour tous ses collègues, pour toute la communauté éducative de nos gens et pour sa famille,
00:58parce que c'est sans doute la tragédie de trop et peut-être la tragédie de la prise de conscience.
01:04Le sujet aujourd'hui, c'est qu'il faut reprendre le contrôle face à ces violences.
01:08Vous savez, ma région, la région Île-de-France, c'est 84% des rixes de bande en France.
01:1484%. Mais, ce que montre le drame de nos gens, c'est qu'aujourd'hui, plus aucun territoire n'est épargné par cette montée de la violence.
01:22Et depuis la rentrée scolaire, les faits sont là.
01:25Les brigades régionales de sécurité que j'ai dû créer pour faire la sécurité des lycées,
01:30ont fait 1 400 interventions en Île-de-France.
01:351 400 interventions pour ramener le calme dans des lycées.
01:371 500 en urgence absolue.
01:40Ça veut dire que dans ces lycées-là, ils ont appelé en urgence des brigades de 5 personnes,
01:47avec toujours une femme à l'intérieur de la brigade,
01:50pour venir ramener le calme et la sérénité,
01:52parce qu'il y a eu des intrusions, parce qu'il y a eu des rixes,
01:55parce qu'il y a eu des bagarres, parce qu'il y a eu de la violence vis-à-vis des équipes pédagogiques.
01:59Voilà la réalité.
02:01Et moi, je me rends toutes les semaines au contact des jeunes,
02:04toutes les semaines dans un lycée,
02:06toutes les semaines je parle aux collégiens,
02:07je vois des jeunes pour comprendre et pour faire la pédagogie de la non-violence.
02:13Et aujourd'hui, cette pédagogie, ça ne suffit plus.
02:15Il faut enfin arrêter de tourner autour du pot.
02:18Le sujet, c'est la sanction.
02:20La sanction maintenant.
02:23La sanction éducative, la sanction réelle et la responsabilisation des familles.
02:27Ça passe par quoi ?
02:28C'est-à-dire que concrètement, quand vous dites,
02:30voilà, moi j'ai mis en place ces brigades,
02:32elles viennent, elles sont appelées,
02:33elles arrivent, elles font quoi ?
02:35Et si elles constatent effectivement là, par exemple,
02:37on nous parle de près de 200 couteaux
02:40qui ont été pris dans les sacs des jeunes
02:44depuis plusieurs semaines, depuis que les contrôles existent.
02:47Si on trouve un couteau, est-ce que le jeune est sanctionné ?
02:50Est-ce qu'il y a un suivi derrière ?
02:52Est-ce que le réel, est-ce qu'après les annonces,
02:56il y a vraiment des choses qui se passent ?
02:58C'est la question qu'on se pose de plus en plus.
03:00Le sujet, c'est que tout ça ne donne lieu à aucune sanction.
03:02Moi, je vais vous dire, si vous vous promenez avec une trottinette
03:06dans le métro, c'est 150 euros d'amende.
03:09C'est officiellement interdit ?
03:10C'est interdit et la loi est respectée.
03:12Les contrôleurs la font respecter.
03:13Aujourd'hui dans les lycées, si vous arrivez avec une arme,
03:16vous devez avoir une amende pénale.
03:18Une amende pénale automatique.
03:20On fixe le montant, mettons 100 euros, 150 euros.
03:23Mais c'est déjà le cas ?
03:23Et ça doit être prélevé immédiatement.
03:25Le port d'un couteau sans motif légitime,
03:28c'est puni par la loi et ça peut aller jusqu'à un an de prison.
03:31Personne ne fait un an de prison pour un port de couteau.
03:34Mais c'est parce que les sanctions ne sont pas adaptées.
03:37Une bonne sanction, c'est une sanction efficace,
03:39c'est une sanction immédiate et c'est une sanction qui est appliquée.
03:42C'est pour ça qu'on a fait des amendes pénales.
03:44Les amendes pénales, c'est immédiatement,
03:46on prélève sur les allocations familiales des parents
03:48ou on leur demande de payer immédiatement 150 euros.
03:52De la même façon, les insultes aux professeurs.
03:54Aujourd'hui, on insulte des professeurs en primaire.
03:58Est-ce que c'est normal qu'on insulte des personnes qui ont autorité ?
04:00Moi, je pense que toutes les personnes qui ont autorité
04:02et qui se font insulter, c'est amendes pénales immédiates.
04:06Et là encore, avec responsabilisation des familles.
04:10Est-ce qu'elles sont payées ?
04:10Elles seront payées si elles sont prélevées sur les allocations familiales.
04:13Je rappelle que quand on a des enfants,
04:14on a des allocations familiales pour les élever.
04:17Pour les éduquer.
04:18Les parents sont des co-éducateurs de leurs enfants.
04:21Il faut qu'on rappelle ça.
04:23Sanctions immédiates, efficaces, pas un an de prison qu'on fera jamais,
04:26mais 150 euros qu'on paye tout de suite.
04:28Et c'est les parents qui sont prélevés à la source et c'est les parents.
04:31Ça, c'est pour les actes mineurs.
04:34Mais évidemment, les actes mineurs entraînent des drames potentiellement majeurs.
04:37On l'a vu avec cet adolescent de 14 ans qui a paniqué.
04:40Mais comment a-t-il pu, dans un contrôle de gendarmerie,
04:45poignardé et n'en signant ?
04:46On n'a pas encore tout à fait les détails sur ce qui a provoqué le passage à l'âtre.
04:50Vous dites paniqué, mais c'est vrai qu'il y a 5 coups de couteau mortels.
04:53Oui, mais dans un contrôle des sacs avec de la gendarmerie.
04:57Avec la gendarmerie qui est à quelques mètres.
04:59Mais c'est un acte totalement irrationnel.
05:02Voilà, totalement irrationnel.
05:03Et c'est une tragédie absurde.
05:05Donc le sujet aujourd'hui, c'est des sanctions immédiates pour les petits actes.
05:10Tout de suite et immédiatement.
05:12Et ensuite, pour les actes plus graves, et ça aussi c'est important,
05:16il faut, me semble-t-il, qu'on se l'analyse le conseil de discipline.
05:21Le conseil de discipline, pour moi, alors je sais que ça va faire grincer les dents,
05:26ça ne doit pas rester au sein de l'école.
05:28Le conseil de discipline, pour moi, ça doit être en mairie, avec le maire.
05:32Et par ailleurs, je pense qu'il faut qu'on réactive.
05:35Vous savez qu'il y avait une obligation, il y a quelques années,
05:38d'avoir un conseil des droits et des devoirs des familles
05:41dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants.
05:43Conseil des droits et devoirs des familles réunis par le maire.
05:47Eh bien moi, je propose que les conseils de discipline aient lieu en mairie,
05:50avec le chef d'établissement et le maire.
05:53Et que du coup, on prenne la famille dans sa globalité,
05:57avec ce conseil des droits et des devoirs des familles,
05:59qui pourrait se réunir ensuite, pour voir pourquoi,
06:02pourquoi il y a cette dérive du jeune et de sa violence,
06:05de l'élève et de sa violence.
06:07Par ailleurs, je pense que les élèves qui sont exclus définitivement d'un établissement,
06:12il faut arrêter de les réinscrire.
06:15C'est ça le drame de l'école.
06:17C'est qu'on exclut définitivement des élèves ultra-violents.
06:20On les exclut.
06:22C'est quand même une sanction énorme.
06:24Eh bien, la loi oblige à les réinscrire dans un autre établissement.
06:29Et vous savez ce que disent les proviseurs ?
06:31Encore hier, un proviseur me disait ça.
06:34Il me disait, on préfère presque les reprendre chez nous,
06:37parce qu'il vaut mieux un psychopathe connu qu'un psychopathe inconnu.
06:41Et si on l'envoie dans un autre établissement,
06:43on en aura un autre qui arrivera d'un autre établissement qu'on ne connaîtra pas.
06:48Vous vous rendez compte ce que c'est la difficulté d'un chef d'établissement ?
06:53On en fait quoi ?
06:53On fait ce que j'avais proposé il y a des années.
06:57On fait des classes de réinsertion scolaire pour des enfants extrêmement violents.
07:02Ces enfants extrêmement violents n'ont pas leur place dans des classes normales.
07:08L'adolescent qui a poignardé Mélanie,
07:10il avait, paraît-il, essayé d'étrangler une élève de sixième.
07:15Alors, est-ce qu'on garde un enfant qui, paraît-il,
07:18a commis des actes de violence sur un de ses camarades ?
07:22Il avait été déjà sanctionné en conseil de discipline.
07:26Alors, je n'ai pas cette information.
07:27Ce que j'ai, évidemment, c'est le fait qu'il avait été sanctionné deux fois au début de l'année,
07:31que depuis, officiellement, il ne présentait plus, soi-disant,
07:35ou en tout cas, il n'inquiétait plus.
07:36En revanche, cette information sur le fait qu'il ait tenté de, vraiment, d'étrangler une enfant de sixième...
07:44En tout cas, avez-vous cette information ?
07:47Cette information, je l'ai par le biais de sources qui sont éducatives.
07:50Elle n'est peut-être pas totalement vérifiée, mais moi, elle m'a été donnée comme certaine.
07:54Mais en tout cas, si cet adolescent avait commis des actes de violence,
07:58s'il avait fait l'objet de deux sanctions disciplinaires avant,
08:04ça méritait certainement un suivi très soutenu.
08:08Mais mettons qu'on n'ait pas les moyens d'éviter le drame de Mélanie.
08:13Je ne dis pas que j'ai la solution à tous les drames et qu'on pouvait éviter Mélanie.
08:16Mais en revanche, le sujet des polyexclus est un sujet qui pourrit la vie de tous les établissements scolaires.
08:26Il faut y mettre fin.
08:28C'est une lâcheté collective.
08:29On ne peut pas réinscrire des élèves qui ont commis des actes,
08:34qui ont amené à leur exclusion définitive d'un lycée ou d'un collège,
08:38dans un autre établissement, comme si de rien n'était.
08:41Voilà, ça n'est pas possible.
08:43Et par ailleurs, je pense qu'il faut désormais protéger les professeurs
08:47et les membres de la communauté éducative.
08:50Je pense que l'État devrait financer tous les ans, payer tous les ans,
08:54une assurance professionnelle aux professeurs.
08:56De façon à ce que quand un professeur est victime de violence,
08:59il ait automatiquement de quoi payer ses frais d'avocat.
09:02Alors normalement, c'est aussi le cas notamment des fonctionnaires dans les lycées publics.
09:08L'État se porte garant de leur démarche juridique.
09:12Ça s'appelle la protection fonctionnelle.
09:14La hausse de la protection fonctionnelle, elle est à deux chiffres des demandes.
09:18Je crois qu'on est de l'ordre de plus 29% cette année de demandes de protection fonctionnelle
09:22dans l'éducation nationale.
09:24Le problème, c'est qu'une demande de protection fonctionnelle, ça prend du temps.
09:27L'éducation nationale est une machine bureaucratique.
09:29Je ne sais pas si vous avez vu le magnifique film Pas de Vague,
09:32avec François Civil.
09:34Ce magnifique film qui montre la réalité de ce que c'est qu'un enseignant,
09:38qui est lui-même victime et qui n'arrive pas à décider son administration,
09:42à lui donner sa protection fonctionnelle.
09:43Donc moi, je crois qu'il faut que les enseignants victimes de violence
09:46aient une assurance professionnelle et qu'ils puissent porter plainte.
09:49Il faut que le harcèlement change de camp.
09:52Et j'ajoute que les parents participent aussi.
09:56Comment vous voulez responsabiliser davantage les parents ?
09:59Au climat d'agressivité vis-à-vis des enseignants.
10:02Vous voulez dire qu'il y a de plus en plus de parents qui viennent intimider les professeurs ?
10:08Absolument.
10:09Dans ma génération, et malheureusement, c'est une génération qui n'est plus d'une première jeunesse,
10:17dans ma génération, quand un professeur punissait un élève,
10:21les parents, en général, doublaient la sanction parce qu'ils considéraient que c'était infamant que son enfant soit puni.
10:27Aujourd'hui, on a des parents qui osent venir critiquer la sanction des professeurs.
10:32Eh bien, je le dis, pareil, si un parent insulte un professeur,
10:36amende pénale et récupéré avec prélèvement à la source.
10:40Encore une fois, avec un prélèvement à la source.
10:41Avec prélèvement à la source.
10:42On n'insulte pas son prof.
10:44Voilà.
10:44Et on protège les professeurs avec cette protection fonctionnelle qui leur permet de se défendre.
10:48Valérie Pécresse, interdiction des ventes des couteaux aux mineurs de manière immédiate,
10:54interdiction des réseaux sociaux véritablement avant 15 ans, portique de sécurité.
10:59Voilà trois des mesures qui ont été proposées hier par François Bayrou et Emmanuel Macron.
11:05Est-ce que vous soutenez ces trois propositions ?
11:09Alors, les trois ne méritent pas forcément la même réponse.
11:12Mais il faut faire attention.
11:12Vous savez, quand on a un fait divers, c'est en général le concours lépine de la fausse bonne solution.
11:18Alors, je vais les prendre une par une.
11:20L'interdiction de vente des couteaux aux mineurs.
11:22Bah, j'espère bien.
11:23J'espère bien.
11:23C'est déjà fait un normalement.
11:24Mais, vous comprenez bien que ça va être d'une inefficacité totale,
11:28puisqu'il suffit qu'ils piquent dans la cuisine de leur mère un couteau de cuisine.
11:32D'abord.
11:32Ensuite, je rappelle que les élèves viennent au lycée avec des cuteurs, des compas, des équerres, des règles, des ciseaux.
11:41Donc, s'ils veulent des armes par destination, ils les ont dans leur trousse.
11:44Donc, ça, c'est la deuxième chose.
11:46Donc, ça ne suffira pas.
11:47On n'échappe pas à la sanction.
11:50On n'échappera pas à la sanction.
11:51On est une société qui a peur du mot sanction.
11:53Pour vous, la seule solution, c'est la sanction et la sanction appliquée, la sanction réelle.
11:57Ce n'est pas la seule réponse.
12:00Mais, c'est la seule réponse qu'on n'a pas essayée.
12:03Nous, en Ile-de-France, nous finançons chaque année, là, on vient de faire le deuxième appel à projet,
12:08450 000 euros d'actions de prévention avec des associations, les mamans combattantes, les papas debout,
12:15des associations de parents dont les enfants ont été victimes de rixes.
12:19Des enfants morts à 16 ans parce qu'ils se sont battus.
12:22Ou des enfants devenus assassins à 15 ans parce qu'ils se sont battus.
12:25Et ces parents viennent dans les écoles pour faire de la prévention, pour dire non à la violence.
12:30On fait la même chose avec les clubs sportifs.
12:32On a réuni tous les dirigeants des ligues d'Ile-de-France pour dire,
12:37dans les clubs de sport collectif, dans les clubs de sport de combat,
12:44faites l'apologie de la non-violence.
12:46J'ai même recruté auprès de moi Jean-Marc Mormec, champion du monde de boxe,
12:50pour aller dans les quartiers avec une agence dédiée pour dire aux jeunes
12:54la violence est sûre de rééducation.
12:56C'est pas dans la vie le vrai fort, n'utilise pas la violence.
12:58Donc l'éducation, pédagogie, sanctions.
13:01Par ailleurs, nous avons fait aussi autre chose.
13:03Nous avons fait de la sécurité périmétrique pour les établissements.
13:06Ça a l'air idiot.
13:07Il faut aussi sécuriser les établissements scolaires.
13:10Je vous ai parlé des brigades régionales de sécurité,
13:13mais on a mis aussi des caméras,
13:14on a mis aussi des sas d'entrée pour éviter les intrusions,
13:18parce qu'on avait aussi des intrusions avec des voitures béliers dans les établissements.
13:21On a tout eu, nous, en Ile-de-France.
13:23Donc oui, il faut faire plein de choses.
13:24Mais la seule chose qu'on n'a pas essayé aujourd'hui, c'est la sanction.
13:27Je reviens sur les portiques.
13:28Parce que maintenant, la nouvelle bonne idée, c'est les portiques.
13:31Moi, je n'ai jamais été fermé à aucune solution.
13:35Je fais ce que la communauté éducative me demande en matière de sécurité.
13:39J'ai réuni tous les proviseurs il y a quelques semaines
13:42pour parler justement de cette montée des violences inquiétantes.
13:44Je leur ai dit, quid des portiques ?
13:46Nous sommes tous tombés d'accord sur l'idée que ça allait provoquer un chaos
13:50à l'entrée de l'établissement et que ça ne réglerait aucun problème.
13:54Pour plusieurs raisons.
13:55D'abord, parce que je vous l'ai dit, dans les trous, il y a des compas, des équerres.
13:58Ensuite, les couteaux en céramique ne passeront pas le portique,
14:01ne feront pas sonner le portique.
14:02En revanche, les portables, les ceintures, tout ça fera sonner les portiques.
14:07Donc les portiques, ça ne marchera pas.
14:09Le portique hier n'aurait pas sauvé Mélanie.
14:12Non plus.
14:13Le portique n'aurait pas sauvé Mélanie.
14:14Encore une fois, on est avant l'entrée de l'établissement
14:17et les gendarmes sont là.
14:19Moi je pense, en revanche, c'est ce qui est le plus vertigineux.
14:23Les gendarmes sont à quelques mètres de ce qu'il se passe hier.
14:26Le contrôle des sacs, qui est la dernière proposition
14:29qui avait été mise en place et qui avait été annoncée d'ailleurs
14:31et qui est une très bonne mesure,
14:34était mise en place, en l'occurrence dans ce collège.
14:36Et la présence humaine était là.
14:38Parce que le sujet, c'est que les contre-le-sac
14:40nécessitent une présence humaine renforcée.
14:42Donc tout était rempli, les conditions étaient remplies
14:44pour que ça se passe bien.
14:45Donc ce n'est pas toujours les solutions.
14:47Donc le portique, non ?
14:48Le portique, ça ne marchera pas.
14:49Les couteaux, c'est déjà fait, mais ça ne suffira pas.
14:51Les réseaux sociaux ?
14:52Alors les réseaux sociaux, c'est un vrai sujet.
14:54De même que la question de la santé mentale des jeunes.
14:57Et on le voit aujourd'hui, depuis le Covid et depuis le confinement,
15:00on a des jeunes qui se sont surinvestis sur les réseaux sociaux.
15:04C'est devenu un lieu qui les incite à la violence,
15:08c'est devenu un lieu d'enfermement et ça leur lave le cerveau.
15:10Donc nous, en Ile-de-France, nous avons mis en place
15:12une expérimentation zéro portable en cours.
15:16Et j'ai plus de 100 lycées qui ont déjà demandé
15:19à faire partie de cette expérimentation.
15:21Je souhaite qu'elle soit généralisée.
15:22Avant l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans,
15:25qui sera très difficile et qui va susciter plein de débats politiques,
15:28on peut faire quelque chose de très simple.
15:30C'est dire zéro portable en cours.
15:32Nous, on laisse tous nos portables à l'entrée de l'établissement
15:36et on les récupère à la fin.
15:38Parce que c'est vrai que les portables ont un effet très délétère,
15:41c'est qu'en fait, ils amplifient les phénomènes de bande et de harcèlement
15:45et ils facilitent les rixes, les rixes de bande,
15:49qui sont un fléau absolu.
15:51Valérie Pécresse, je voudrais que vous écoutiez les mots
15:53de Stéphanie, la maman d'Elias,
15:55qui était à ce micro hier matin,
15:57sur précisément aussi la question du profil de certains jeunes,
16:02ceux notamment qui sont suspectés d'avoir tué son fils.
16:05Ce n'est pas un gros mot de dire barbare,
16:07c'est une définition.
16:09Les mots ont un sens.
16:11Sortir pour tous les vendredis soirs,
16:14décider de voler des jeunes armés d'une machette et d'une hachette,
16:19c'est des barbares.
16:21Comment vous réagissez à ça ?
16:22Est-ce que vous estimez comme elle qu'il faut dire le mot barbare ?
16:24Mais moi, j'ai dit le mot barbare il y a des années.
16:26J'ai dit les nouveaux barbares.
16:28Qu'est-ce que c'est qu'un barbare ?
16:29Un barbare, c'est quelqu'un qui n'est pas dans la civilisation.
16:33C'est quelqu'un qui saccage.
16:35C'est quelqu'un qui ne respecte pas les règles
16:36et qui les bafoue en permanence
16:39et qui utilise la violence comme seul moyen d'expression.
16:42Donc le mot est parfaitement approprié,
16:43comme il était approprié pour parler des saccages
16:46samedi soir dans Paris.
16:48Ça s'appelle de la barbarie.
16:50Maintenant, si on veut reciviliser,
16:53il faut admettre qu'il faudra de la prévention,
16:55il faudra de la sécurisation,
16:56il faudra de la présence humaine,
16:58il faut aussi des sanctions.
16:59Et des sanctions efficaces.
17:00Pas des sanctions de 75 ans de prison
17:02qu'on ne prononcera jamais.
17:03Des sanctions efficaces.
17:04On dit souvent que les juges
17:06ne prennent pas les bonnes décisions.
17:07Mais est-ce que la loi leur donne
17:09les bons moyens de les prendre ?
17:12Est-ce que les proviseurs et les chefs d'établissement
17:14ont les bons outils ?
17:16Quand ils voient revenir un poli-exclu
17:18dans leur établissement,
17:19est-ce qu'ils n'ont pas le sentiment
17:20de labourer la mer ?
17:21Labourer la mer.
17:22Valérie Pécrasi, encore deux questions.
17:24L'une sur l'affiche pour la marche des fiertés.
17:28Une affiche sur laquelle il y a des signes religieux.
17:32Une femme avec un voile.
17:33Il n'y a pas de drapeau arc-en-ciel.
17:35Il y a un simulacre de pendaison.
17:38Un drapeau palestinien.
17:40Est-ce que tout cela avait sa place ?
17:41Vous avez estimé qu'il faudrait retirer
17:44les subventions de la région.
17:47Est-ce que vous l'avez fait ?
17:49Et quelles seront les conséquences concrètes ?
17:50D'abord, il y a une règle.
17:52La région n'est pas un distributeur de billets.
17:55On appuie sur un bouton et il y a du cash qui sort.
17:58La région a un droit de regard
18:01sur tous les outils de communication
18:03des associations qu'elle subventionne.
18:05Mais qui a validé cette affiche ?
18:06Personne.
18:07On ne nous l'a pas fait valider
18:08ce qui est contraire à toutes les règles
18:10de subventionnement de la région.
18:11Quand la région verse une subvention,
18:13elle doit être respectée.
18:14Elle est partenaire.
18:16Elle est déjà versée cette subvention ?
18:17Non, elle n'est pas versée.
18:18Elle ne le sera pas.
18:19Et donc, je vous dis, le sujet,
18:21c'est que nous avons des règles.
18:22Nous ne sommes pas une cash machine.
18:24Donc, ils ne nous ont pas montré cette affiche.
18:27Je l'ai découverte dans une réunion
18:28que je faisais justement avec les associations
18:30sur la question de la lutte contre l'homophobie.
18:33Donc, toutes les associations étaient autour de moi
18:35et certaines associations m'ont dit
18:36que c'est un scandale.
18:37Donc, les associations elles-mêmes dénoncées ?
18:40Elles-mêmes ont dénoncé l'affiche.
18:41Et qu'est-ce qu'elles ont dénoncé ?
18:43Et qu'est-ce qui m'a choqué ?
18:45C'est ce simulacre de pendaison
18:47d'un homme, vraisemblablement un homme blanc,
18:50pendu par sa cravate
18:51et qui a l'air d'être mort.
18:53Alors, les associations me disent
18:54non, non, il n'est pas mort.
18:55Il est juste en chaos technique.
18:57Mais écoutez, le sujet,
18:58ce n'est pas ce qu'ils voient eux.
18:59C'est ce que le public va voir.
19:00Il va voir qu'on doit répondre
19:03à la violence par la violence.
19:05Eh bien, c'est un message
19:06que la région ne véhiculera pas.
19:07Et on ne le véhiculera d'autant moins
19:09après ce qui s'est passé samedi dans Paris,
19:12après ce qui s'est passé hier à nos gens.
19:14Tous ceux qui prônent la violence
19:17pour répondre à n'importe quelle situation
19:19ne seront pas subventionnés
19:21par la région Île-de-France.
19:22Je leur ai dit que cette affiche
19:24ne serait pas cautionnée.
19:25Ils la maintiennent.
19:26Eh bien, la subvention ne sera pas versée.
19:28C'est les règles que nous avons édictées
19:30de subventionnement de la région.
19:31Valérie Pécresse, le Parc des Princes
19:33peut être fini pour un autre stade,
19:35pour le PSG.
19:36Est-ce qu'ils ont votre soutien ?
19:38Le sujet, c'est qu'évidemment,
19:40on aimerait tous que le Parc,
19:42tous les vrais supporters,
19:44on aimerait tous que le Parc des Princes
19:47reste l'écrin du PSG.
19:50Ce que j'ai compris,
19:51c'est qu'il y a aujourd'hui
19:52une situation totale d'impasse
19:53entre la ville de Paris et le club.
19:56Et on ne peut plus avoir
19:58une enceinte de 48 000 personnes
19:59pour accueillir un champion
20:01de la Ligue des Champions.
20:03Ça n'est plus possible.
20:04On prive près de 30 000 spectateurs
20:07d'aller au match,
20:08à chaque grand match.
20:10Et par ailleurs,
20:11vous savez qu'il y a des règles
20:11de fair play financiers
20:12aujourd'hui dans le foot
20:13qui font que les clubs
20:15doivent, avec leurs propres ressources,
20:18financer leur recrutement.
20:19Donc, si un club a un stade
20:21de 80 000 places
20:22qu'il remplit,
20:23il a des ressources supplémentaires.
20:24Donc, c'est placer le PSG
20:26dans une situation d'infériorité
20:28par rapport à tous ses concurrents
20:30pour le recrutement de ses joueurs.
20:31Ça n'est pas acceptable à terme.
20:33Ils ne peuvent pas le supporter à terme.
20:34Vous accompagnerez donc cette démarche ?
20:36Donc, moi,
20:36nous avons un très grand club.
20:38Nous en avons d'autres
20:39qui rentrent en première division.
20:40Donc, voilà,
20:41un autre qui rentre en première division.
20:42J'en suis très fière.
20:42Mais le PSG est notre grand club.
20:44Il a un rôle très important
20:45dans la cohésion de la région.
20:47Et donc,
20:48j'aiderai le club.
20:50D'autant plus que
20:50les deux sites
20:51qui ont été retenus
20:52par le PSG
20:53ont un très bel avantage.
20:54C'est qu'ils cochent
20:55la case environnementale.
20:57Merci et Pasi.
20:57Merci beaucoup.
20:58Parce qu'il n'y aura pas
20:59d'artificialisation
21:00des zones naturelles.
21:02Merci Valérie Pécresse
21:03d'avoir répondu
21:03à mes questions ce matin.
21:04Présidente de la région
21:05Île-de-France.
21:06Il est 8 à 53.
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