- il y a 7 mois
Le chanteur Yamê est l'invité de Léa Salamé pour son nouvel album “ÉBĒM”, qui sort ce vendredi 13 juin. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-interview-de-9h20/l-itw-de-9h20-du-jeudi-12-juin-2025-7690664
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00:00Et Léa, ce matin, vous recevez un rappeur-chanteur.
00:03Est-ce qu'on dit ça ? On dit rappeur-chanteur ? Chanteur-rappeur ? On dit quoi ?
00:07Ah, on va savoir. Artiste peut-être.
00:10Moi, je dirais qu'on reçoit Yamey, en fait.
00:12Mais oui, parce que vous êtes tellement un être hybride qu'il ne faut pas vous classer, vous.
00:17Si vous étiez un quartier de Paris, un personnage historique et un jeu vidéo, Yamey, vous sauriez quoi ?
00:21Aïe, aïe. Quartier de Paris, Pantin. Je suis le quartier de Pantin, parce qu'il y a plein de...
00:26Qui n'est donc pas à Paris.
00:27Qui n'est pas, oui, c'est vrai. Porte de Pantin, mais c'est dans Paris, du côté de Paris.
00:31Là où il y a la cité de la science, là où il y a toutes les jam sessions aussi, je pense que c'est un quartier qui me définit bien.
00:37Un personnage historique ?
00:39Un personnage historique, Steve Jobs.
00:43Ah oui, pourquoi ?
00:44Parce que c'est quelqu'un qui a fait avancer la technologie de façon significative à un moment donné.
00:51Et étant un gros geek, j'ai beaucoup de respect.
00:53Vous êtes un gros geek, vous êtes un gros... Vous avez commencé, vous étiez informaticien.
00:56Exactement.
00:57Et donc, grosse admiration pour Steve Jobs.
00:59Oui, carrément.
01:00D'ailleurs, vous savez, c'était quoi sa phrase ? Il terminait toutes ses conférences, Steve Jobs, en disant
01:04« Stay hungry, stay foolish ».
01:05Exactement.
01:06« Restez affamés, restez fous ».
01:08Oui, ma phrase à moi, c'est de garder son esprit d'enfant, son âme d'enfant un peu.
01:13Oui.
01:14C'est un peu la même chose pour moi.
01:15Garder son âme d'enfant. Enfin, vous dites aussi une de vos phrases.
01:19« Il fallait que je fasse quelque chose de grand dans ma vie ».
01:21Vous l'avez fait ?
01:23Je suis en train, j'espère.
01:25Et un jeu vidéo ?
01:27Et un jeu vidéo, je serais Alex Mercer de Prototype.
01:30Et alors là, vous allez devoir expliquer.
01:31Alors, Alex Mercer est un pareil, un scientifique qui travaille dans un laboratoire GenTech qui invente un virus.
01:41Finalement, il meurt et il propage ce virus lui-même et il se bat toute sa vie.
01:45En fait, c'est un peu le personnage anti-héros hybride qui a été hybridé par son propre virus
01:50et qui court après ce virus pour sauver toute la ville de New York.
01:55Ça donne envie.
01:56C'est une antithèse. C'est un anti-héros un petit peu. J'adore ce personnage.
01:59« Yamey, sans le chemin, la fin ne vaut rien ».
02:02C'est l'un des messages de votre nouvel album.
02:03« Sans le chemin, la fin ne vaut rien ».
02:05Ça veut dire quoi ?
02:06L'importance et la quête, pas l'arrivée, comme disait Aurel Sann ?
02:08Complètement, oui.
02:09Complètement, je pense que ce dont on se souvient le plus, c'est tout ce qu'on a vécu et pas le succès final.
02:15Et déjà, ce que j'ai vécu là, cette année, les deux années passées, c'est déjà beaucoup et c'est ce dont je parle.
02:21Quelle belle histoire quand même que la vôtre, Yamey.
02:25Vrai nom, Emmanuel.
02:26Emmanuel Sow.
02:27Vous étiez donc informaticien.
02:30Vous avez quel âge maintenant ?
02:3132.
02:32Ça vous fait 32.
02:33Il y a deux ans, vous étiez informaticien encore.
02:35Vous faisiez de la musique en amateur.
02:37Pendant le Covid, vos vidéos TikTok commençaient à bien marcher.
02:40Il y a notamment eu ce moment où le producteur américain de Jay-Z, de Drake, qui s'appelle Timbaland, a reposté un de vos morceaux.
02:47Et puis, un jour, un titre bécane qui fait tout exploser.
02:5219 millions d'écoutes dans le monde, des reprises dans le monde entier.
02:55Cette chanson est entendue partout.
02:57Et là, tout s'enchaîne.
02:58Une victoire de la musique, des millions de streams, réussite fulgurante en deux ans.
03:02En deux ans, personne ne vous connaissait.
03:04Aujourd'hui, vous êtes le phénomène de la musique.
03:06Avec donc cette année 2024, stratosphérique.
03:08Comment on gère quand ça va si vite ?
03:11C'est une bonne question, ça.
03:12On gère sur le fil de l'eau.
03:14Et surtout, on est bien entouré.
03:16Je pense que c'est la chose qui m'a aidé le plus à gérer, c'est de m'être entouré correctement.
03:20Mes amis et mes proches, ma famille.
03:24On va l'écouter, Bécane, juste pour le plaisir, encore et encore, même si on l'a beaucoup fortement dit.
03:36Qu'est-ce qu'il dit ?
03:37Il y a une vidéo d'un Chinois qui l'a chanté en Chine au milieu de Nupar.
03:43Et ça, c'était assez choquant que le Chinois chante ça, en fait.
03:48Sans comprendre les paroles.
03:48Il n'y a pas que le Chinois qui a chanté ça.
03:50Il y a des Américains.
03:52J'ai vu sur les réseaux sociaux des reprises qui chantent en français du monde entier.
03:56Il y a eu 200 000, je crois, sur Bécane, 250 000 vidéos de reprises sur les réseaux.
04:02C'est énorme tube.
04:03Alors maintenant, le défi, c'est après avoir fait...
04:06Vous savez comment c'est.
04:07Il y a beaucoup, beaucoup d'artistes qui font un tube.
04:10Et puis après, au revoir.
04:11Et un seul.
04:12Et un seul.
04:13Vous sortez demain un nouvel album.
04:14Ebem, disque éblouissant.
04:17Quête initiatique d'un trentenaire.
04:18Vous, donc, il y a question de dépendance, de solitude, d'amour, d'argent, de sens, de valeur.
04:23Bref, tout ce qui vous traverse.
04:24Les paroles sont puissantes.
04:25Vous auriez pu revenir avec un truc un peu lisse, un peu tiède.
04:28Non.
04:29Non.
04:30Ça m'amuse moins, je pense.
04:31Je fais vraiment ça pour m'amuser.
04:34Évidemment, donc, pareil pour les clips et tout ce qui accompagne le projet, c'est vraiment...
04:40Vous avez fait un clip de 12 minutes qu'on peut voir sur YouTube.
04:44On a fait un petit court-métrage qui arrive là, dès ce soir, dès demain.
04:48Et effectivement, ça a été, pour moi, une partie de plaisir cette année.
04:51Vous dites s'amuser, c'est pas vrai.
04:52Vous faites que travailler.
04:53C'est votre philosophie de vie.
04:55Charbonner, charbonner, charbonner, charbonner encore.
04:58Vous dites, le skill, le talon ne suffit pas, il faut bosser, en fait.
05:02C'est ça, l'histoire.
05:03C'est clair, c'est clair.
05:03Il y a beaucoup de travail à avoir.
05:06Le génie peut réussir à s'en sortir jusqu'à un certain niveau, mais il y a forcément un travail à faire.
05:12Et c'est ce qu'on essaye de faire.
05:13Ébème, et pas ébène.
05:15Ébème, ça veut dire quoi ?
05:17C'est le lieu où on écoute les adultes.
05:20Les anciens.
05:21Les anciens, les sages.
05:22Toute figure de...
05:23C'est ça, de sagesse, en fait.
05:27C'est un lieu où les gens écoutent les figures de sagesse, qu'ils soient eux-mêmes adultes ou non.
05:31C'est au Cameroun.
05:32C'est un mot qui vient du Cameroun, de votre père.
05:34Exactement.
05:35C'est votre père qui a trouvé le titre, d'ailleurs, qui trouve la plupart des titres de votre album.
05:40Votre père, à qui vous rendez hommage dans une des chansons, qui s'appelle Le Roi,
05:44qu'on va écouter.
05:45Ce père qui était musicien, qui est musicien camerounais,
05:47qui vous a éduqué seul après la mort de votre mère quand vous aviez 10 ans,
05:50qui vous a emmené du Cameroun sans argent avec votre sœur,
05:53qui s'est battu pour que vous ayez une bonne éducation.
05:56Qu'est-ce que vous lui devez à votre père ?
06:00Tout.
06:01Franchement, tout.
06:03L'éducation étant une des choses les plus importantes,
06:08notamment quand on est un enfant de la diaspora,
06:10je pense que c'est important de comprendre qu'on a deux cultures,
06:13surtout quand on a un parent qui a deux cultures,
06:14et de comprendre ces deux cultures pour pouvoir justement les canaliser correctement
06:18et être en paix dans les deux cultures.
06:20Parce que c'est vrai que parfois, quand on a un enfant de la diaspora en France,
06:23on se sent un petit peu étranger.
06:24Et puis même dans son pays d'origine, on se sent étranger.
06:26Alors, il faut savoir un peu comprendre tout ça pour le vivre correctement.
06:30Et vous avez appris, au début, à l'adolescence, c'était compliqué de vous situer ?
06:34Vous étiez un peu partout, nulle part ?
06:36Pas forcément, parce que mon père a fait un choix un peu crucial de nous mettre dans une chambre de bonne,
06:41mais dans le 17e arrondissement.
06:43C'est soit être très loin en banlieue et avoir effectivement de l'espace,
06:46ou être entassé dans une petite chambre de 6 mètres carrés avec les toilettes turques sur le palier.
06:51Vous avez dormi dans une chambre de 6 mètres carrés avec votre père et votre soeur ?
06:55Tous les 3 dans 6 mètres carrés ?
06:57Oui, pendant 10 ans.
06:58Et 4 même à un moment, parce que mon père, il avait une amie qui était un peu en détresse
07:02et il l'a secourue pendant 3-4 ans.
07:05Il allait vivre avec nous, donc on était 4 effectivement dans cette petite chambre.
07:08Et c'est vrai que je lui dois tout en ça, parce que réussir à nous éduquer tel qu'il l'a fait...
07:13Mais il préférait être à Paris, dans le 17e arrondissement,
07:15pour que vous alliez dans des bonnes écoles.
07:17C'était ça l'objectif ? C'était ça qu'il voulait ?
07:19C'est ça, et je pense, oui, des bonnes écoles et surtout avoir un entourage
07:23qui me faciliterait la compréhension de mon entourage, en fait, je pense.
07:30Et de ce monde dans lequel on vit, c'est toujours difficile, pas que pour nous,
07:34mais il y a aussi une forme de difficulté pour nous, donc c'était important de la comprendre.
07:38Et dans cette chambre de 6 mètres carrés, que vous partagez à 3 ou à 4,
07:41il y avait un petit Vélux, et vous dites, j'ouvrais le Vélux,
07:44et c'était ma manière à moi, en regardant le ciel, de sortir de la prison.
07:49Vous dites le mot prison.
07:51Bien sûr, moi, je faisais tout pour fuir cette chambre,
07:54c'est-à-dire que j'allais tout le temps chez des copains,
07:56je traînais tout le temps avec mes potes,
07:58j'essayais de ne pas rentrer à la maison, parce que c'était l'angoisse un peu.
08:01Et puis forcément, il y avait plein de...
08:03Je passe des détails, mais c'est compliqué d'avoir l'hygiène globale dans l'immeuble,
08:09c'est compliqué, les chambres de bonne, c'est pas...
08:11C'était dur.
08:13C'était dur, mais c'était formateur.
08:15Oui, c'était formateur.
08:17Et donc, vous rendez hommage à ce roi, votre père, allégorie de la sagesse,
08:21et on écoute, pour la première fois, Yamey, nouvel album, Le Roi.
08:24Oui, le roi, il est rempli de joie,
08:30aveuglé par ses richesses,
08:33il ignore les ondes dans le noir.
08:37Mais même un roi, lui le premier des cavaliers,
08:41finit par poser le pied,
08:44chanter son jour est arrivé.
08:46Alors évidemment, on écoute Le Roi et on pense à qui ?
08:58Au roi, à mon père.
09:00Au roi, à votre père, et un peu à Stromae.
09:02Il y a quand même la référence sur cette chanson,
09:04ce qui n'est pas le cas de toutes les chansons,
09:05mais sur celle-là, c'est assez fou.
09:06Oui, clairement.
09:07C'est un modèle Stromae ?
09:09Oui, vraiment.
09:10Je trouve que, humainement, déjà, c'est un modèle.
09:13C'est quelqu'un, je ne le connais pas tant que ça,
09:16mais ce que j'ai pu voir de lui,
09:18il a été très inspirant humainement,
09:21et puis artistiquement, il m'a toujours inspiré.
09:23Donc, effectivement, on ressent un petit peu de Stromae là-dedans,
09:26et j'en suis très fier.
09:27Dans cet album, vous parlez des dépendances,
09:30de dépendances, les dépendances.
09:32C'est quoi, votre dépendance ?
09:34Oui, vous pouvez le dire en micro.
09:38Le travail, la musique, les jeux vidéo.
09:41J'en ai plusieurs.
09:42Et vous vous guérissez de vos addictions ?
09:46Oui et non.
09:47Parfois, je pense qu'il faut faire avec ces addictions.
09:49Ça fait aussi partie du moteur.
09:51Il y a une chanson très percutante qui s'appelle « Insensé »,
09:53où vous racontez comment le regard des autres sur vous a changé avec le succès.
09:57Vous dites « Je ne suis plus qu'un Renoir, je suis un tas de billets ».
10:01C'est vrai.
10:03C'est un peu le trait tiré, évidemment,
10:05mais on peut être dans les yeux de plein de personnes juste un immigré,
10:09alors que je suis né ici, un noir, on va dire.
10:12Et effectivement, dans plein de situations,
10:14le fait d'être noir, ça peut poser de problèmes,
10:16mais c'est vrai qu'une fois qu'il y a de l'argent, ça l'est moins.
10:18Et c'est un peu ça que j'explique.
10:19C'était Aïam, vous vous souvenez de cette phrase,
10:22« Né sous la même étoile »,
10:23« C'est pas la couleur, c'est le compte en manque ».
10:25Exactement.
10:25C'est ça le racisme ?
10:26On subit moins le racisme quand on a un gros compte en manque ?
10:30Je pense qu'on le subit différemment, en tout cas.
10:33Peut-être moins, oui, certainement.
10:35Certainement, bien sûr.
10:36Oui, vous êtes né en France, je précise.
10:38Vous êtes né en France, vous êtes retourné au Cameroun,
10:41vivre quoi de 5 à 10 ans.
10:45Votre mère décède quand vous avez 10 ans.
10:47C'est ça.
10:47Vivre sans mère, ça, on guérit un jour ?
10:52C'est elle qui vous avait appris l'amour de la chanson française ?
10:54Oui, oui, oui.
10:56Il y a des choses dont on ne guérit pas.
10:58Par exemple, dans ma famille, c'était ma mère qui faisait tous les anniversaires,
11:01les soirées, qui créait une certaine jovialité.
11:03Et c'est vrai qu'on l'a un peu perdue.
11:05Nous, on ne fait plus rien dans ma famille.
11:06On ne fait pas les fêtes d'anniversaire, on ne fait rien.
11:08Donc, effectivement, il y a une partie de nous qui est partie quand elle est partie.
11:12Mais c'est une blessure qui, pareil, compose ce qu'il nous sommes aujourd'hui.
11:15Bon, il y a l'amour aussi dans cet album.
11:17Bien sûr.
11:18Donc, la chanson qui parle d'amour s'appelle « Problème » avec un S.
11:22L'amour, c'est donc des problèmes chez Yamey.
11:27Je suis quelqu'un qui a un peu de mal.
11:29En amour, j'ai toujours eu un peu de mal à me donner, me livrer.
11:32Et donc, effectivement, j'ai toujours perçu l'amour comme un problème
11:35parce que ça pouvait être une faille.
11:38Donc, c'est un peu ce que je dis dans ce son.
11:41Mais surtout, ce que je dis, c'est que je vais y aller malgré le fait d'avoir conscience
11:44Vous avez décidé d'y aller quand même.
11:47C'est ça, j'y vais, ce n'est pas grave.
11:48Vous y allez, mais vous n'y êtes pas encore.
11:50J'y suis, mais j'y vais.
11:53Là, je parle du moment où j'y vais.
11:54Attention, problème, ce son parle de avant.
11:57Aujourd'hui, je suis dans le prolongement de ça.
12:00Mais je suis tout en amour tous les jours de ma vie.
12:03Très heureux.
12:04Et cette Céline, là, qui vous a rendu fou ?
12:07Céline...
12:08Dans une chanson.
12:10Céline, c'est une figure qui, effectivement, me rappelle une histoire que j'ai eue avec une fille
12:14qui, voilà, un peu de désillusion.
12:18Ah bah, grosse désillusion.
12:19Grosse désillusion.
12:20Mais, voilà, une histoire, comme je pense, plein de gens en ont, qui pétit, qui pique,
12:27mais qui, en même temps, se digère un peu difficilement.
12:31Yamez, votre succès, c'est cette voix.
12:32Cette voix singulière, cette voix folle, cette voix de tête qui part dans les aigus,
12:36qui rappelle celle de M, un peu.
12:38D'ailleurs, vous avez fait un morceau sur son dernier album.
12:42C'était comment de bosser avec M ?
12:43Trop bien.
12:44C'était naturel.
12:45Les aigus, c'est aussi le chanteur de Muse, qui vous a beaucoup inspiré.
12:48On écoute pour le plaisir.
12:54Ah, cet album est incroyable.
13:12Alors lui, vous l'avez écouté en boucle, de boucle, de boucle.
13:15Tellement, tellement, tellement.
13:17Monsieur le bel ami, bravo.
13:18Merci beaucoup.
13:19Merci pour tout.
13:19Un chanteur incroyable de Muse.
13:21Autre chanteur iconique, celui-là, qui allait aussi dans les aigus.
13:25Je ne pouvais pas ne pas, ce matin, diffuser un petit morceau de Brian Wilson,
13:30le chanteur des Bee Gees qui est mort hier.
13:33Et quand je vous ai demandé des Bee Gees, mon Dieu, des Bee Gees Boys.
13:37Et quand je vous ai demandé on prend quoi, vous avez choisi celle-là.
13:41Pourquoi celle-là ?
13:50Pourquoi celle-là ?
14:04Parce qu'il y a beaucoup d'aigus, il y a des harmonies, ce que j'adore.
14:10Une grosse maîtrise des harmonies et elle est vachement en joie.
14:13Et moi, j'ai tendance à toujours mettre de la mélancolie, même quand je fais des mélodies en joie.
14:17Alors du coup, je m'inspire de ça.
14:19La mélancolie, il y en a dans Happy End, un autre morceau de l'album.
14:23Dans la vie, dans les rues de Paname, c'est plus la bohème de Charles.
14:26Dans ma ville, c'est ta santé contre la paye.
14:29Paname, c'est plus la bohème de Charles Aznavour ?
14:32Pour plein de gens, non.
14:33Je pense que les perceptions, il y a tellement de perceptions aujourd'hui.
14:37Il y a des gens qui vont dire que ce n'est plus la bohème de Charles
14:39pour le fait qu'ils ne vivent pas les choses comme telles.
14:43Parce que c'est vrai que Charles raconte quelque chose que pas tout le monde vit
14:47et qu'on a envie de vivre en vrai.
14:48Et puis aussi, c'est aussi le fait de grandir.
14:52Parce que moi, ce que je trouve le plus dramatique dans grandir ou vieillir,
14:56c'est le monde connu qui disparaît, ses amis.
14:59Et effectivement, je trouve que la bohème ne se ressent plus comme ça à Paris.
15:05Et il y a ce côté très galère aussi, ce côté promiscuité.
15:11En fait, il y a quelque chose de moins rêveur un peu dans Paris aujourd'hui.
15:15Paris, c'est un peu synonyme d'embouteillage, de bordel.
15:18Et un peu d'insécurité dans un certain contexte.
15:21Et voilà, globalement, et surtout de galère.
15:23Parce que c'est galère de vivre à Paris.
15:26Donc effectivement, je pense que...
15:27Et vous avez envie de partir ?
15:28Non.
15:29Non, justement, moi, je n'ai juste pas envie d'être bloqué quelque part.
15:34Dans ma vie, je vais pouvoir être itinérant comme je veux.
15:36Mais je pense surtout que quand il y a un problème, il vaut mieux l'affronter et pas le fuir.
15:39Les impromptus, pour terminer, vous répondez rapidement sans trop réfléchir.
15:43Le rap ou le rock ?
15:45Le rap.
15:46Le rap.
15:46Vous utilisez ChatGPT ou le chat ?
15:49À fond.
15:49C'est vrai ?
15:50Bien sûr.
15:50Tous les jours ?
15:51Non, mais oui, presque.
15:52Vous lui demandez quoi ?
15:53Toutes mes recherches.
15:54Dès que je fais une recherche, je ne fais presque maintenant que sur ChatGPT et plus Google.
15:58Elon Musk, il vous fascine ou il vous fait flipper ?
16:01Il ne me fascine pas du tout.
16:02Il ne me fait pas flipper non plus.
16:04L'intelligence artificielle, ça vous inquiète ?
16:07Non.
16:07Ça remplacera un jour la voie de Yamey ?
16:10Oui, c'est sûr.
16:11L'intelligence artificielle va être capable de produire de l'art avec une certaine subjectivité.
16:17C'est déjà le cas.
16:18Et ça ne me fait pas peur parce que tous les jours, j'utilise les outils d'IA et j'essaye de les maîtriser et de les canaliser.
16:24Donc, je n'ai pas peur de ce que je maîtrise.
16:26Mais si ça me dépasse, peut-être oui.
16:27Gainsbourg ou Sardou ?
16:28Gainsbourg.
16:29Stromae ou Alsane ?
16:31Stromae.
16:31L'argent fait-il le bonheur, Yamey ?
16:35Il y contribue.
16:36Largement.
16:37Qu'est-ce que vous retenez de vos études d'histoire ?
16:42Le recul.
16:45Vous votez ?
16:48Je n'ai pas voté la dernière fois, non.
16:50Qu'est-ce qui vous indigne ?
16:53C'est un peu bateau, mais les injustices, quoi.
16:57Liberté, égalité, fraternité, vous choisissez quoi ?
17:01Fraternité.
17:03Et Dieu dans tout ça, la question Jacques Chancel ?
17:06Je ne crois pas en Dieu.
17:08Je crois en la spiritualité.
17:11Enfin, je suis...
17:11Ouais.
17:12Ouais.
17:13Va très bien.
17:14Le nouvel album s'appelle Ébène.
17:16Vous serez en tournée partout, en France, en Europe.
17:19Vous serez à la Philharmonie de Paris le 22 novembre prochain.
17:21Et surtout, vous ouvrirez le concert de la fête de la musique de France Inter le 21 juin à l'Olympia, là, dans quelques jours.
17:29Soirée spéciale sur France Inter.
17:30Vous serez là ou pas ?
17:31Évidemment.
17:32Si vous y êtes, on sera.
17:33C'est cool.
17:34C'est cool.
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