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  • il y a 7 mois

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00:00...
00:00Nous sommes en mars 1942.
00:14Simone Signoret débute au théâtre.
00:16Elle répète « Dieu est innocent » au théâtre des Maturins,
00:20dirigé par Marcel Héran et Jean Marchat de la comédie française.
00:25Elle doit sa présence dans la troupe au film de Marcel Carnet,
00:28mais les visiteurs du soir.
00:31Marcel Héran l'a remarqué alors qu'elle n'y faisait que de la figuration.
00:35Son rôle de tragédienne consiste à pousser avec Jean-Marc Thibault,
00:39Jean Carmé et Yvette Etiévan,
00:42des onomatopées censées représenter la foule de Thèbes.
00:46Nous avons commencé à avoir le fou rire
00:49exactement au bout de la quatrième représentation.
00:53Ça nous prenait comme ça vers 10h moins le quart,
00:55de d'abord rire en coulisses,
00:57de dire « Non, non, non, ce soir, il ne faut pas rire. »
01:00Et puis, à partir du moment où nous mettions un pied sur la scène,
01:03de commencer à rire.
01:05Ce n'était pas extrêmement grave parce que comme c'était une tragédie,
01:08il y avait un éclairage tragique et par conséquent très peu dense.
01:12Alors, je ne crois pas que le public nous voyait rire.
01:16Et comme ça, ça a duré pendant le bon moment jusqu'au jour
01:18où le pauvre Marchat s'est aperçu
01:20qu'il se passait quelque chose d'assolite sur sa scène,
01:24s'est retourné,
01:25m'a vu moi et pas les autres,
01:27et m'a proprement mis à la porte.
01:30Les vraies raisons de ce fou rire,
01:31je vais vous les dire,
01:32c'est que comme nous étions 7 ou 8
01:35à figurer la foule entière de la ville entière de Thèbes,
01:39il fallait en coulisses un bruitage
01:41qui justifia le peu de personnes que nous étions sur scène.
01:45Alors, on imaginait qu'il y avait une foule énorme, n'est-ce pas,
01:47répandue dans les coulisses fort étroites du Théâtre des Maturins,
01:50et le régisseur mettait un disque
01:53qui s'intitulait « Bruit de foule ».
01:55Alors, on entrait, nous, on faisait
01:56« Ah, la reine Jocaste est morte ! »
01:58et on entendait derrière « Ah, ah, ah, ah ! »
02:02Et un jour, très rapidement,
02:04je crois que ça s'est passé à la seconde ou à la troisième,
02:06il y a eu une petite erreur d'aiguillage,
02:08le régisseur a mis le disque de l'autre côté
02:10et on a entendu « Bruit d'avion ».
02:12Alors, bon, ça s'est très mal passé ce soir-là,
02:16seulement tous les soirs après,
02:18quand nous sommes entrés en scène,
02:19on a pensé au bruit d'avion et on a ri,
02:21et c'est comme ça que j'ai été mise à la porte
02:24ignominieusement du Théâtre des Maturins.
02:26J'aime planer sur les grands boulevards,
02:30il y a tant de choses, tant de choses, tant de choses à voir,
02:33on y voit des grands jours d'espoir,
02:37des jours de colère qui font sortir le populaire.
02:40Là, vivre le cœur de Paris,
02:43toujours ardent, parfois pendeur,
02:45avec ses chants, ses cris,
02:47et de jolis moments d'histoire
02:49sont escris partout le long de nos grands boulevards.
02:53J'aime planer sur les grands boulevards,
02:57les soirs d'été quand tout le monde vient se coucher tard,
03:00on a des chances d'apercevoir
03:03deux angéliques que l'on suit jusqu'à République.
03:07Puis, je retrouve mon petit hôtel,
03:10ma chambre, ma fenêtre, donne sur un coin du ciel,
03:14d'où me parvient comme un appel.
03:17Toutes les lueurs, toutes les rumeurs,
03:20le monde en chanteur des grands boulevards.
03:31Maintenant, je vais vous parler du trac,
03:33parce que je l'ai un petit peu en ce moment,
03:35ça doit s'entendre,
03:37et je ne crois pas que je ne le perdrai jamais.
03:41Voilà, le trac, c'est une chose épouvantable.
03:43Le plus grand souvenir de trac que j'ai eu,
03:47et c'est quand même à la Générale des Sorcières de Salem,
03:50parce que c'était la première fois que je remettais le pied
03:52sur les fameuses planches dont je vous parlais tout à l'heure,
03:55mis à part mon petit passage au Théâtre des Maturins,
03:59ça a été effroyable, épouvantable,
04:02j'avais une bougie allumée,
04:03je tremblais tellement que la bougie faisait ça,
04:06c'était horrible.
04:07Et puis il y a l'autre trac,
04:08celui du cinéma aussi,
04:11qu'il ne faut pas oublier.
04:12Il y a le trac des petits rôles.
04:16Moi, je me rappelle à l'époque
04:17où je faisais ce qu'on appelle les silhouettes
04:18dans le vocabulaire des comédiens,
04:22je me rappelle l'époque où vraiment,
04:24quand l'appareil commençait à tourner,
04:26j'entendais parter,
04:28j'attendais couper,
04:31et je faisais absolument n'importe quoi
04:33tant que l'appareil tournait.
04:34Je ne savais pas du tout ce que je faisais,
04:36c'était épouvantable.
04:39Je dois dire, au passage,
04:40que j'ai beaucoup de respect
04:42pour les gens qui jouent des petits rôles
04:43parce que je crois que
04:44c'est beaucoup plus difficile
04:46de jouer un petit rôle dans un film
04:48que de jouer un grand rôle.
04:49Quand un acteur a toute une histoire à raconter,
04:53avec un début, un milieu et une fin,
04:55il a le temps de s'installer dans son personnage,
04:57il a le temps de le vivre complètement,
04:59il a le temps de trouver les gestes,
05:01les tics, les manies de son personnage.
05:03Mais quand vous jouez la petite cousine
05:06qui vient au mariage
05:07de sa grande cousine
05:10et qui doit, en une journée,
05:13être la cousine,
05:14c'est-à-dire appartenir à cette famille,
05:16à tout ce milieu social,
05:18être mêlée au drame,
05:20sans avoir très souvent lu
05:22le moindre scénario,
05:24on donne aux petits rôles
05:25qui viennent jouer
05:26les dix répliques qu'il a à dire,
05:28on lui donne le matin
05:29pendant qu'il se maquille.
05:30Eh bien, réussir à être bien
05:32et à être crédible dans ces conditions,
05:34je crois que c'est un tour de force
05:36et j'ai énormément de respect
05:37pour les gens qui arrivent à vaincre
05:39ce fameux trac de la caméra
05:41et à être crédible dans des personnages épisodiques.
05:46Moi, comme je vous le disais,
05:47au début, c'était épouvantable,
05:48je ne savais pas du tout ce que je faisais.
05:50Et puis, peu à peu,
05:51j'ai quand même appris mon métier
05:52et j'ai maintenant le bon trac.
05:55C'est-à-dire un mélange
05:57de cette espèce d'émotion physique étrange
06:01qui, alliée à la maîtrise de soi,
06:06vous met dans ce que les comédiens
06:08appellent l'état.
06:10C'est quelque chose qui se passe
06:11malgré vous
06:13et qui vous permet
06:15d'atteindre le maximum
06:17des possibilités du personnage
06:21que vous incarnez.
06:22Dans le fond, je m'aperçois
06:24que j'ai voulu expliquer
06:25et que c'est inexplicable.
06:27Et puis, il y a le troisième trac,
06:29c'est le trac pour les autres.
06:31On a peur pour les autres.
06:33Quand je suis dans une générale
06:35et que ça va commencer,
06:37j'ai peur.
06:38J'ai peur qu'il arrive quelque chose.
06:39J'ai peur que les copains aient un trou.
06:43Les gens, dans le fond, dans ce métier,
06:45s'aiment beaucoup plus qu'on ne le dit.
06:47Et puis, il y a le trac avec le grand T,
06:49le trac conjugal que j'ai quand mon temps de travail.
06:51Chaque première à l'étoile,
06:54enfin, les deux heures de première à l'étoile,
06:57pour moi, sont éprouvantes au possible.
07:03Et je me rappelle, par exemple,
07:05le jour où mon temps à Moscou a chanté
07:07dans un grand stade,
07:09qui est une espèce de Veldive,
07:11devant 15 000 personnes,
07:12quand je l'ai vu tout seul,
07:15comme ça,
07:16au milieu de cette scène improvisée,
07:19et puis les 15 000 autres en face,
07:23ça, vous savez,
07:24vous me direz, c'était très difficile pour lui,
07:27mais pour moi aussi.
07:28Simone aimait les anecdotes.
07:42Dans La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était,
07:44elle raconte, par exemple,
07:46que sa grand-mère liait facilement
07:48conversation sur les bancs publics.
07:50Son plaisir était à son comble
07:52lorsqu'elle pouvait placer
07:53« Mon mari, qui est un grand artiste,
07:58le grand-père de Simone était peintre,
08:00mais tout le monde pensait
08:01à l'acteur Gabriel Signoret.
08:03Elle jouait sur le malentendu,
08:05c'est peut-être pour cela
08:06que Simone Signoret aimera toujours
08:09les histoires d'acteurs. »
08:10Je vais vous raconter une petite histoire d'acteur.
08:13Ça se passe à Londres.
08:14Il y a deux très vieux comédiens
08:16qui se rencontrent sur Shafsbury Avenue
08:19et l'un d'eux a à sa main
08:21sa valise de maquillage.
08:24Et l'autre lui sourit et lui dit
08:26« Oh, tu travailles ? »
08:29Et le second répond « Non, je déménage. »
08:32Elle est poignée.
08:35Et puis je vais vous raconter une anecdote
08:36qui nous est arrivée.
08:38Nous avons reçu une carte
08:41d'une vieille actrice russe
08:43qui écrivait ceci
08:44« Je suis très vieille,
08:47autrefois je chantais.
08:50Je suis venue à Paris il y a très longtemps,
08:52en 1910.
08:53J'ai toujours espéré que je pourrais revenir,
08:57revoir Paris une fois avant de mourir.
09:00Maintenant, je m'aperçois que ça ne va pas être possible
09:02parce que je suis trop vieille.
09:05Alors, regardez bien
09:06la carte que je vous envoie
09:08et cette carte représentait une fine diseuse
09:12en costume de paillettes.
09:14« Je vous demande, disait-elle,
09:17de lancer ma photo dans la scène
09:20et comme ça, je traverserai la France. »
09:25Alors, comme la scène coule à nos fenêtres,
09:27on est sortis de chez nous,
09:29on l'a fait vraiment
09:30et on a lancé la photo
09:31et elle est en voyage.
09:33Mon pote le gitant,
09:34un jour est parti
09:36et Dieu seul sait
09:37où il le balade sa vie.
09:40Ce type-là était
09:41un grand musicien,
09:43ça j'en étais sûr,
09:45moi je le sentais bien.
09:47Le taulier m'a dit
09:51qu'en est venu le chercher,
09:53un grand musicaul
09:54voulait l'acheter.
09:56Mon pote le gitant,
09:58il a refusé
09:59un haussement d'épaule
10:01et il s'est taillé.
10:08J'ai eu l'impression
10:10de perdre un ami
10:12et pourtant ce gars-là
10:14ne m'a jamais rien dit
10:15mais il m'a laissé
10:17un coin de sa roulotte
10:19et dans ma petite tête
10:21j'ai du rêve qui trotte.
10:25Sa drôle de musique
10:27en moi est restée
10:28quand je pense à lui
10:30il m'arrive de chanter.
10:32Toi sacré gitant
10:33qui sentais le cafard,
10:36au fond ta musique
10:37était pleine d'espoir.
10:45Sous-titrage Société Radio-Canada
10:59Il y a des projets qui vont et qui viennent, des sujets de films dont on parle et qui ne se font jamais.
11:20Casque d'or était de cela. Jean Renoir y avait pensé, Julien Duvivier aussi, et puis la guerre était arrivée.
11:29A la Libération, il faut croire que Casque d'or hantait encore les mémoires, suffisamment pour que Jacques Becker, revenu de prisonnier, comme on disait à l'époque, reprenne l'idée avec Simone Signoret dans le rôle principal.
11:59Simone a signé le contrat. Jacques Becker l'attend à Paris pour commencer les premières scènes.
12:09A ce moment-là, elle vit dans le midi avec Yves Montand, qui tourne le saleur de la peur. Le jour du départ, elle embrasse l'équipe du tournage.
12:19Tout le monde est en larmes, comme pour un départ à la guerre. Sur le quai de la gare de Nîmes, elle se retrouve seule, sans montant qu'elle n'avait pas quitté depuis deux ans.
12:30Le train pour Paris est annoncé. Il s'arrête devant elle. Il menace de partir alors qu'elle n'a pas encore posé le pied sur la première marche du wagon. Simone hésite.
12:41Tout à coup, elle se redresse et tourne les talons. Elle ne part plus. Casque d'or ne vaut pas mon temps.
12:52Elle retourne auprès de lui, saluée à son retour par toute l'équipe du film du salaire de la peur, qui voit dans son geste la plus belle preuve d'amour qu'une actrice puisse donner.
13:04Inquiet, Jacques Becker téléphone, il comprend la situation.
13:07Simone, son amour, sa tristesse de se séparer de mon temps. Il confie à Simone Signoret qu'il hésite entre deux noms d'actrice pour la remplacer.
13:18Il n'hésitera pas longtemps. Simone va choisir pour lui. Elle reprendra le train du lendemain.
13:25Elle sera Casque d'or. Et Casque d'or sera un échec à la sortie.
13:31Puis le film deviendra ce qu'il est devenu aujourd'hui de dire l'une des plus belles oeuvres du cinéma.
13:38Une page d'histoire que l'on tourne et retourne sans jamais s'enlacer.
13:42J'ai toujours vu avec un sentiment de... pas de vengeance, ce sera un vilain mot.
13:50Mais avec un certain régalement par rapport à la critique.
13:53Parce qu'à l'époque où Casque d'or est sorti, Casque d'or a été démoli par la critique.
13:57qui a été un échec commercial total.
14:01Alors, chaque fois que je vois qu'on reparle de Casque d'or comme d'un classique,
14:04comme d'un des piliers du cinéma de cette époque-là, français,
14:09ça me fait très plaisir.
14:11Ça me fait très plaisir parce que je trouve que c'est un juste retour des choses.
14:14Oui, alors aujourd'hui, bon, c'était en 1951.
14:18Oui, il y a 30 ans.
14:19Il y a 30 ans et on dit, jamais Simone Signoret n'a été aussi belle que dans Casque d'or.
14:24C'est pas très gentil pour les gens qui vont photographier dans les autres films.
14:30Après, je crois que j'ai jamais été aussi gâtée,
14:36surtout sur le plan du costume qui était un costume très saillant
14:40parce que c'est une époque très saillante pour les femmes,
14:43sur le plan de la photo qui était absolument éblouissante.
14:47et sur le plan du rôle qui était un admirable et tendre gâteau,
14:53comme on dit chez nous.
14:55C'est une petite tragédie qui se passe dans le soleil
14:57avec de la campagne et des rues de Paris.
15:03C'est pas un film sur la paigre.
15:05C'est un film sur des mauvais garçons un peu sublimés
15:11d'une époque où on les appelait des Apaches.
15:15Et c'est pas un film sur la violence non plus.
15:21C'est un film sur une certaine brutalité, certainement.
15:25C'est un film aussi sur les indicateurs de police
15:32parce que dans le fond, le ressort de toute la tragédie,
15:39c'est le fait que le mauvais garçon est un anique.
15:46Et c'est celui que jouait si admirablement Claude Dauphin.
15:49Et la jolie fille est prostituée.
15:51Alors ça aussi, ça fait partie de l'imagerie.
15:52La jolie fille est prostituée,
15:55mais l'extrême dédicatesse de Becker
15:58s'est montré encore une fois en cette occasion.
16:02C'est qu'on imagine qu'elle est prostituée,
16:05mais on ne la voit jamais se prostituer.
16:07Alors tout ça baigne dans un bruit,
16:09un romantisme peut-être un petit peu...
16:13édulcoré.
16:15Sauf en ce qui concerne la mort du héros
16:17qui se passe sur les guettes.
16:20La brave femme qui, dans le film Casque d'or,
16:25vous prête sa fenêtre
16:26pour regarder l'exécution capitale dans la cour de la prison,
16:31c'est la voie du peuple ?
16:32Appeler ça la voie du peuple, c'est un peu dur, je trouve.
16:35C'est simplement la voie de quelqu'un
16:38qui a la chance, à son goût,
16:42d'avoir des fenêtres très bien orientées
16:44du côté de la cour de la prison
16:47et qui, depuis des années et des années et des années,
16:51loue ses fenêtres pour un spectacle
16:53qui se redonne comme ça de temps en temps.
16:56On est bien d'accord qu'autrefois,
16:57c'était un spectacle offert aux foules, non ?
17:00Oui.
17:01Mais c'est une insensible, c'est une brute ?
17:03Qu'est-ce que c'est ?
17:03Je crois qu'elle est habituée d'abord
17:05et puis que, comme ça lui fait un petit supplément
17:09à sa vie normale,
17:13quand ça arrive, elle prend ça pas plus...
17:17Ça l'intéresse pas du tout, quoi.
17:18D'ailleurs, elle dit, elle dit,
17:20c'est la meilleure fenêtre du boulevard.
17:22Je vais pas citer tout le dialogue de Casque,
17:23mais encore que je pourrais,
17:24parce que Casque est un film presque muet.
17:27Il y a si peu de répliques dans Casque d'or,
17:30car tout se passe beaucoup plus
17:32entre des regards et des silences,
17:36que...
17:37Je me rappelle très très bien
17:40la réplique de cette femme
17:42qui s'appelait Pomme, d'ailleurs,
17:44qui était pas actrice de métier
17:45et qui avait un restaurant à Montmartre,
17:49qui était une copine de Becker.
17:51Et qui disait ?
17:52Et qui disait...
17:53Précisément.
17:54C'est la meilleure fenêtre du boulevard.
17:58Oh, je peux pas vous laisser ma lampe.
18:02Et puis quand ça sera fini,
18:04vous aurez qu'à fermer la porte.
18:06Je la connais depuis la guerre,
18:18depuis l'occupation.
18:19Alors elle a fait sa carrière de son côté,
18:22avec Yves Allégray,
18:23des phares,
18:24et puis avec d'autres.
18:25Et enfin,
18:25nous nous sommes rencontrés
18:26professionnellement avec Casque.
18:30Et je trouvais que le producteur de l'époque
18:32ne voulait pas moi,
18:33de moi dans mon casque d'or.
18:35Et Simone et Jacques Becker
18:37ont fait l'impossible
18:38pour que ce soit moi qui le fasse.
18:40Et ils ont fini par la U2,
18:42ils ont fini par gagner une partie.
18:43Et c'est ainsi que j'ai pu faire
18:45Casque d'or,
18:46qui, comme vous le savez probablement,
18:48est le troisième chef-d'oeuvre
18:50du cinéma français le plus parlant.
18:51C'était quelqu'un d'extrêmement généreux,
18:54Simone.
18:54Sur le plan de la disponibilité personnelle,
18:59c'est-à-dire venir au secours
19:00lorsque quelqu'un se trouve dans l'embarras.
19:04Mais aussi,
19:05elle était extrêmement disponible
19:06pour Jacques Becker, par exemple,
19:08lorsqu'il lui donnait une indication.
19:09Elle était ouverte à toutes les critiques
19:12et à toutes les indications possibles.
19:13C'était le contraire d'une star.
19:15De quelle scène vous vous souvenez,
19:17Serge Riziani,
19:18à propos de Casque d'or ?
19:19On se souvient parfaitement
19:20quand on a vu Casque d'or.
19:21la valse de la fin
19:22et la valse du début.
19:24C'est très important dans le film.
19:26Et Simone,
19:27qui était tombée amoureuse de Montand,
19:31et Montand tournait
19:32Le Salaire de la peur avec Clouseau,
19:36et au lieu d'apprendre à valser,
19:38car elle ne savait pas valser,
19:40moi oui,
19:41de apprendre à valser,
19:42elle allait voir Montand
19:45sur le plateau en extérieur,
19:48sur le plateau de Clouseau.
19:50Ce qui fait que
19:50lorsque nous avons tourné
19:51dès les premiers jours
19:52cette valse,
19:54elle ne savait pas du tout valser.
19:56Ce qui justifie
19:57la manière dont je valse avec elle,
20:00c'est-à-dire qu'elle a une robe longue,
20:01on ne voit pas ses pieds,
20:03j'ai un bras raide
20:04le long du corps
20:04et je la tiens par la taille.
20:08Je la soulève
20:08et je tourne en valsant,
20:10tandis qu'elle ne valse pas du tout.
20:13Et elle vous racontait l'amour
20:14qu'elle était en train de vivre
20:15avec Montand.
20:16C'était quelque chose d'important
20:17qui naissait chez elle.
20:18Très, très, très important.
20:19C'était important pour l'un
20:20comme pour l'autre.
20:21Serge,
20:22qu'est-ce qui restera
20:23de Simone Signoret pour vous?
20:25D'après vous?
20:27J'ai un grand vide,
20:28surtout un grand vide.
20:29Ça manque.
20:32Ça manque vraiment.
20:33Parce qu'il n'y en a pas
20:33des comme ça.
20:34Il n'y en a pas du tout.
20:341958,
20:47depuis neuf mois,
20:49le téléphone de Simone Signoret
20:50ne sonne plus.
20:52On dirait aujourd'hui
20:53qu'elle est au chômage.
20:54À cette époque,
20:55on parlait plus pudiquement
20:56de creux de la vague.
20:58Mais en ce mois d'avril,
20:59c'est encore sur un quai de gare
21:00que tout va commencer.
21:03Sa fille, Catherine,
21:04et Yves Montand
21:05l'accompagne à la gare du Nord
21:07pour prendre le train
21:08qui va l'emmener en Angleterre.
21:10Du moins,
21:10c'est ce qu'elle croit
21:11ce matin-là.
21:13En réalité,
21:14ce train
21:15qui va traverser la Manche
21:16pour lui permettre
21:17de tourner le rôle d'Alice
21:18dans les chemins
21:19de la Haute-Ville,
21:21il va aussi lui faire
21:22traverser l'Atlantique.
21:24Puis les États-Unis.
21:25Jusqu'à Hollywood
21:27où là,
21:28elle aura la surprise
21:29de s'entendre nominer
21:31pour l'Oscar
21:32de la meilleure actrice
21:33de l'année
21:34en compétition
21:35avec Catherine Hepburn,
21:37Doris Day,
21:38Elizabeth Taylor
21:39et Audrey Hepburn.
21:42Le 5 avril 1960,
21:45devant 3000 personnes,
21:48c'est Rock Hudson
21:49qui sera chargé
21:50d'ouvrir l'enveloppe
21:51qui contient
21:52la décision du jury,
21:54le nom de celle
21:55qui recevra
21:55la plus haute récompense
21:57du cinéma mondial,
21:59l'Oscar.
21:59et Elizabeth Taylor
22:01pour Soudly Last of Summer.
22:04Simone Signoret,
22:05Robert de Klapp!
22:16Vous venez d'entendre
22:17l'ovation que vient de faire
22:18Hollywood à Simone Signoret
22:20qui vient de renforcer
22:21le plus grand titre
22:22de noblesse Hollywood
22:23se déferner à une actrice.
22:25Elle vient de devenir
22:26la meilleure actrice de l'année.
22:28Je suis en train de la regarder,
22:29elle pleure en ce moment,
22:30tandis que Rock Hudson
22:31lui donne la statuette.
22:34Je trouve que des larmes
22:35qui coulent sur ses yeux.
22:38La domination de Simone Signoret
22:39ne nous a pas détonnée,
22:41elle était attendue.
22:42Jamais une actrice anglaise
22:43n'a obtenu à Hollywood
22:44dans un film anglais
22:46le titre de meilleure actrice.
22:47Il a fallu que Simone Signoret,
22:49actrice française,
22:51l'obtienne.
22:51On se piétine,
22:52on se bouscule,
22:53on s'intraille mon écran
22:54pour s'approcher de Simone.
22:56C'est extraordinaire,
22:57c'est passé la journée
22:59la plus extraordinaire
23:01et la plus épouvantable
23:02de ma vie
23:03parce que c'est une tension nerveuse.
23:06Moi, je vous envoie
23:06tous bien fort
23:07et je suis très contente
23:08et on est très fiers
23:09parce qu'en plus de ça,
23:10c'est vraiment,
23:11cette année,
23:12c'est la grande offensive française
23:13dans les océans américains
23:15puisque le poisson rouille,
23:17c'est Grolla qui va être content
23:18puisqu'il a fait la musique,
23:19le poisson rouille,
23:20c'est Horfais Noir
23:21et moi,
23:22bien sûr,
23:23c'est Jean,
23:23bien sûr,
23:24mais je pense que c'est à Grolla
23:24parce que...
23:25C'est un ami.
23:26C'est un ami.
23:26C'est Jean aussi,
23:27mais enfin.
23:28Et puis moi,
23:30ça fait trois français
23:30dans la compétition,
23:31c'est vrai.
23:33Je suis jamais tenté
23:33au sport de ce soir.
23:35Comment se portent
23:35les Oscars, Simone,
23:36à la boutonnière ?
23:37Ah, elle se porte
23:38sur les pianos,
23:39sur les maisons de campagne.
23:40Vous avez un piano,
23:40c'est Yves qui a un...
23:41Non, un piano,
23:42c'est à nous.
23:50On a beaucoup parlé
23:59du rôle de Madame Rosa,
24:01l'ancienne prostituée
24:02de la vie devant soi,
24:04le film de Moshe Misraï.
24:07On a dit souvent
24:07que Simone Signoret
24:09avait hésité
24:10à endosser le personnage.
24:12Elle avait peur
24:13de paraître trop vieille,
24:14trop près d'une déchéance physique
24:16qui aurait pu déplaire au public.
24:17C'est vrai que Simone Signoret
24:20ne voulait pas faire le film.
24:22Mais pour aucune
24:23de ses raisons,
24:24la vérité est très différente.
24:26Écoutez.
24:27Moi, je ne voulais pas
24:28le faire, ce film.
24:29Allons bon.
24:30Et pourquoi donc ?
24:30Non, je ne voulais pas le faire.
24:31Pourquoi vous ne vouliez pas le faire ?
24:33Oh, c'est une longue histoire.
24:34Enfin, je vais essayer
24:35de la faire un peu courte.
24:38Bon, moi, j'ai traduit
24:39il y a 12 ans, 13 ans,
24:40je ne sais pas exactement,
24:41une nouvelle,
24:44très grosse nouvelle,
24:46un genre de petit roman, quoi.
24:47qui s'appelait Fever.
24:50Il y a à peu près
24:5012 ou 13 personnes
24:52qui l'ont lu.
24:54Et je suis persuadé
24:55que parmi ces 13 ou 12
24:57ou 14 personnes,
24:59il y avait Ajar.
25:01Parce qu'un jour,
25:03un livre est sorti
25:06en librairie
25:07qui s'appelait
25:07La vie d'en soin.
25:09Et qui a eu le grand cours.
25:10Il m'est apparu
25:10qu'à moins que le hasard
25:15et la chance
25:16et le destin
25:17fassent les choses
25:17d'une façon
25:18tout à fait imprévisible,
25:21le monsieur
25:22qui avait écrit
25:23La vie de Vançois
25:24avait dû lire
25:25quand même
25:26Fivert.
25:29Le premier
25:29qui m'a proposé
25:30de faire La vie de Vançois,
25:31c'est Costa Gavras,
25:33qui l'avait lu
25:33avant que ça sorte
25:34en librairie
25:35et je l'ai pratiquement
25:36insulté
25:37en lui disant
25:37comment tu oses
25:38me donner ça à lire.
25:40Ça ressemble tellement
25:43à Fivert.
25:44La nouvelle en question.
25:45Alors j'ai refusé
25:46à Costa,
25:46j'ai refusé
25:47à Claude Berry
25:49qui voulait le faire aussi.
25:51Puis il y a
25:52deux, trois personnes
25:52et puis un jour,
25:54mon agent
25:55Georges Beaum
25:55m'a dit
25:56il y a un type
25:57qui s'appelle
25:57Moshé Misrahi
25:58qui veut faire
25:58La vie de Vançois.
25:59Je lui ai dit
25:59qu'il la fasse
26:00mais sans moi.
26:01Puis tout d'un coup
26:02je me suis rappelé
26:03que Moshé Misrahi
26:04c'était un monsieur
26:05qui avait fait un film
26:06que très peu de gens
26:08avaient vu en France
26:09et qui s'appelait
26:10Rosa, je t'aime.
26:13C'est drôle,
26:13c'était Rosa aussi.
26:15Et j'ai dit
26:15mais moi je veux
26:16pas faire La vie de Vançois
26:18mais je voudrais bien
26:19rencontrer Misrahi.
26:20Et c'est comme ça
26:21qu'on s'est rencontrés.
26:22Très prétentieuse
26:23et très vaniteuse
26:23j'ai cru que
26:24j'en ferais qu'une bouchée
26:25et que j'allais lui expliquer
26:26qu'il fallait pas faire
26:28La vie de Vançois
26:29mais qu'il aille voir
26:30ce qui se passe ailleurs.
26:31Il fallait faire autre chose
26:32mais qu'on le fasse ensemble.
26:34Puis comme il est entêté,
26:35silencieux, discret
26:37mais très entêté
26:39je l'ai pas croqué du tout
26:42en une bouchée
26:43et c'est lui
26:43qui m'a croqué
26:44parce que c'est lui
26:44qui m'a poussé.
26:47Et voilà.
26:47Et ça a donné...
26:48Alors ça a fait
26:49une association
26:50qui est devenue
26:52de l'amitié
26:52beaucoup
26:53enfin ce qu'on appelle
26:55l'amitié
26:55quand on donne
26:56tout son vrai sens
26:57au mot amitié.
26:58La vie de Vançois
26:59a été un très grand succès.
27:01Le film,
27:02salué par la critique
27:03et par le public
27:04a donné à Simone Signoret
27:06une dimension d'actrice
27:07encore plus extraordinaire.
27:10Mais dans sa vie,
27:12Simone n'a pas eu
27:12que des succès.
27:14Les échecs aussi
27:15ont compté
27:15dans sa carrière.
27:17Voici comment elle en parlait
27:18avec Christian Barbier.
27:20Je les aime
27:21tendrement
27:22comme dans certaines familles
27:24on aime le petit enfant
27:25qui est un petit peu
27:26pas comme les autres
27:28ou qui
27:28a été
27:30mal reçu
27:32ou est arrivé
27:33au mauvais moment.
27:35Non, non, non, non
27:36j'ai une énorme tendresse
27:37pour des bides.
27:39Le premier en date
27:40est en casque d'or
27:41qui était le bide
27:42le plus retentissant
27:43du cinéma
27:44des années 50.
27:45Et qui est devenu
27:46par la suite
27:46le chien d'or
27:47que nous connaissons.
27:48j'ai une énorme tendresse
27:50pour un bide
27:51retentissant
27:52qui est
27:52Rue de journée
27:53pour la reine
27:53de René Alliot.
27:55J'ai une grande tendresse
27:56pour un bide
27:57retentissant
27:58qui est
27:58Judith Terpauve
28:00de Patrice Chéreau.
28:03Puis j'ai une grande tendresse
28:04pour les succès.
28:05Mais les bides
28:06vous ne les reniez pas
28:08vous les gardez.
28:09Ah non,
28:10non, non,
28:10ça absolument pas.
28:12J'ai même
28:12je crois que c'est
28:14peut-être
28:15ce que
28:16j'ai le plus.
28:16Que vous préférez ?
28:17Quand le soleil
28:19à l'horizon
28:20profilait sur
28:21tous les buissons
28:22nos silhouettes
28:25On revenait
28:28fourbu content
28:29le cœur
28:30un peu vague
28:30pourtant
28:31de n'être pas
28:32seul un instant
28:33avec Paulette
28:36Prendre furtivement
28:40sa main
28:40Oubliez un peu
28:41les copains
28:42la bicyclette
28:45On se disait
28:49c'est pour demain
28:50J'oserai
28:52j'oserai demain
28:53Quand on ira
28:56sur les chemins
28:57à bicyclette
29:00Entre l'appartement
29:08de la place Dauphine
29:09la maison d'Auteuil
29:11et la colombe d'or
29:13de Saint-Paul-de-Vence
29:14Simone a raconté
29:16ses nostalgies
29:17Maurice Ponce
29:19était là
29:19pour les recueillir
29:20plus de 600 pages
29:22d'actylographiées
29:23des souvenirs
29:24des amours
29:26des rencontres
29:28des joies
29:29des injustices
29:31tout ce qui a fait sa vie
29:33depuis qu'elle est petite fille
29:35depuis qu'elle est actrice
29:36depuis qu'elle connait mon temps
29:38Aujourd'hui
29:40la nostalgie
29:42n'est plus ce qu'elle était
29:43est entrée
29:44dans la littérature française
29:45Les écoliers
29:46en étudient
29:47certains passages
29:48dans leur manuel scolaire
29:50Je crois que j'ai essayé
29:51de me mettre
29:51le cœur à nu
29:52en ce qui concerne
29:55beaucoup de choses
29:56et pas uniquement
29:57les hommes
29:59Il y a une chose
30:01que je voudrais dire
30:02c'est que
30:03je crois que
30:04il y a un passage
30:06moi du bouquin
30:06que je me suis beaucoup
30:09bien plu à écrire
30:10c'est pas français
30:11mais ça fait rien
30:13mais je le redis comme ça
30:14que je me suis beaucoup
30:15bien plu à écrire
30:16c'est
30:17à bien me rappeler
30:19ce que c'était
30:20que mon intrusion
30:21dans le monde
30:22des coulisses
30:23du musical
30:24je suis très
30:26contente d'avoir pu
30:27bien me rappeler
30:28bien raconter
30:28enfin j'espère
30:30bien raconter
30:30ce que c'était
30:33que d'être
30:34la compagne
30:36et pas encore
30:37la femme légitime
30:38d'un homme
30:40qui faisait
30:41du musical
30:42à l'époque
30:43où ça s'appelait
30:45du musical
30:45et les soirées
30:50à l'étoile
30:53quand c'était
30:53encore un théâtre
30:54qui n'était pas
30:55devenu un garage
30:56moi j'ai appris
30:57
30:57plein de choses
30:59que je ne savais pas
30:59avant d'avoir rencontré
31:00mon temps
31:01et j'ai
31:02je suis rentrée
31:04dans un monde
31:05que je ne connaissais pas
31:05du tout
31:06mais votre talent
31:07d'écrivain
31:07qui est manifeste
31:08et même éclatant
31:09dans la nostalgie
31:10on vous l'a contesté
31:11on a dit
31:11ce n'est pas
31:12Simone Signoret
31:13qui a écrit son livre
31:14c'est un livre de nègres
31:16comme on dit
31:16il y a eu un procès
31:18et
31:18vous avez gagné
31:20ce procès
31:20mais vous venez
31:22de faire mieux encore
31:23Simone Signoret
31:24dans votre nouveau livre
31:25le lendemain
31:26elle était souriante
31:27vous dites comment
31:28vous avez gagné
31:29un autre combat
31:30un autre engagement
31:31c'est celui
31:32de l'acte d'écrire
31:33vous dites au fond
31:34comment vous êtes entrée
31:35en littérature
31:36dans ce livre
31:37oui
31:38ce livre
31:40je l'aurais
31:41écrit de toute façon
31:43celui-là
31:44le petit dernier
31:44parce que
31:46j'avais envie
31:47de raconter cette histoire
31:48de comment on passe
31:49d'une profession
31:51à une autre
31:51et
31:52ce qui m'est arrivé
31:53pendant ces passages
31:54qui ont été interrompus
31:55qui ont été repris
31:56dès le départ
31:57il y a la fiction
31:58et la réalité
32:00qui sont mélangées
32:01oui
32:01oui parce que
32:03je commençais
32:04à être Madame Rosa
32:05c'est à dire
32:06que j'étais Madame Rosa
32:07depuis
32:07j'avais déjà
32:0824 heures de la vie
32:09de Madame Rosa
32:10derrière moi
32:11c'était le deuxième jour
32:12du tournage
32:13et à un moment donné
32:14vous êtes Madame Rosa
32:15et vous entendez
32:16dans une station de radio
32:20vous entendez
32:20qu'on vous accuse
32:21de ne pas être l'auteur
32:21de votre livre
32:22La Nostalgie
32:23et j'entends ça
32:24en la compagnie
32:25de mes deux complices
32:27c'est à dire
32:27de Maud
32:28de ma maquilleuse
32:29et d'Alex
32:30mon coiffeur
32:31qui eux
32:32sursautent encore plus
32:34que moi
32:34car ils ont été
32:35eux
32:36les spectateurs
32:38quotidiens
32:38de mon
32:40du temps
32:42où je ne pouvais plus écrire
32:43ou du temps
32:43où je me suis remise
32:44à écrire
32:45et ils n'ont pas
32:47mieux supporté que moi
32:48ils ont presque
32:49moins bien supporté que moi
32:50cette accusation
32:51parce que
32:51parce qu'ils avaient été
32:53les témoins
32:53de la chose
32:55maintenant
32:56bon
32:58j'étais un petit peu
32:59obligé d'en parler
33:00dans le bouquin
33:01parce qu'il fallait bien
33:02que je m'explique
33:04sur certaines choses
33:05mais c'est
33:05je trouve qu'on devrait
33:07arrêter d'en parler
33:07ce procès
33:09oui mais au fond
33:10c'est quand même
33:10il y a eu un procès
33:11justement
33:12et ça a été le déclic
33:14qui vous a quand même
33:15fait écrire
33:15ce qu'on livre
33:16c'est quand
33:17l'avocat
33:18disons
33:19de la partie adverse
33:20comme on dit
33:21oui c'est l'avocat
33:22des derniers
33:22oui
33:23et vous a dit
33:24non madame
33:25vous ne connaissez pas
33:26les joies
33:27les angoisses
33:27les fièvres
33:28et les chagrins
33:29devant la page blanche
33:30vous ne connaissez pas
33:30la solitude
33:31de l'écrivain
33:32devant sa table
33:32et ça
33:32ça vous a fait bondir
33:33et c'était ce moment là
33:34alors que vous avez
33:35décidé
33:36d'écrire un nouveau livre
33:38c'est à dire celui là
33:39je répète
33:40que je l'aurais écrit
33:41de toute façon
33:41mais c'est ça
33:42qui m'a donné
33:42le coup d'épron
33:43qui m'a fait le commencer
33:44ça c'est vrai
33:45si Montinuré
33:45dans votre livre
33:46donc le lendemain
33:47était souriante
33:48vous racontez justement
33:50alors en contrepoint
33:51votre difficulté
33:53à écrire
33:54et en même temps
33:55les rôles
33:56que vous jouez
33:57pendant ces temps là
33:58c'est à dire
33:59il y a eu
33:59Python 357
34:01avec votre mari
34:01je m'entends
34:02qui d'ailleurs
34:02vous encourageait
34:03aussi de temps en temps
34:03oui beaucoup
34:04parce que lui
34:05il m'a même
34:06des fois
34:07envoyé carrément
34:09écrire
34:09parce que
34:10il trouvait
34:11qu'il ne fallait pas
34:12que tout ça
34:12se perde
34:13parce que
34:15à partir du moment
34:16où je mets les pieds
34:18dans une salle de maquillage
34:19et où je me prépare
34:20à aller être
34:21un personnage
34:22je ne peux absolument
34:24plus me servir
34:25de ma machine
34:26ni de mon porte-plume
34:26vous vous doutez même
34:27à un moment donné
34:28de votre vocation
34:29de comédienne
34:29ah oui
34:30j'ai absolument cru
34:31quand il a fallu
34:33que je m'arrête
34:34tout d'un coup
34:34vous basculez
34:35dans l'autre monde
34:36pour aller jouer
34:36j'ai cru d'abord
34:40que je ne pouvais pas
34:40m'arrêter d'écrire
34:41et que j'étais furieuse
34:42d'avoir un contrat
34:43d'être obligé
34:43d'aller jouer
34:44bon
34:45alors j'ai dit
34:46c'est terrible
34:47je ne veux plus jouer
34:48je vais écrire
34:49maintenant
34:49bon
34:50et puis j'ai été jouer
34:51et puis je me suis aperçu
34:52que je n'avais plus
34:53la moindre envie d'écrire
34:54mais plus du tout
34:55et ça m'a duré assez longtemps
34:58et puis je m'y suis remise
35:00et exactement la même opération
35:02s'est reproduite chaque fois
35:03c'est à dire
35:04qu'est-ce que c'est agréable
35:07de jouer
35:07d'être là
35:08avec les copains
35:09et de ne pas être seul
35:10justement
35:10et puis je me suis forcé
35:13chaque fois
35:13à me réenfermer
35:14toute seule
35:15moi on m'a connu
35:16à travers mon travail
35:17d'actrice
35:18puis un jour
35:19j'ai raconté ma vie
35:20et maintenant
35:21j'invente une histoire
35:23et
35:24alors je me dis
35:26moi qui avais toujours
35:27prétendu
35:28que je n'avais pas
35:28d'imagination
35:29que je ne pourrais pas
35:30inventer des histoires
35:31je me trouve
35:34j'ai eu peur
35:35qu'on ne me prenne pas au sérieux
36:01quand Simone Signore
36:15nous a quittés
36:16une grande émotion
36:18s'est emparée du public
36:19et des gens du spectacle
36:21Europe 1
36:22a recueilli
36:23quelques témoignages
36:24parmi ses amis
36:26c'est vrai
36:27moi je n'avais jamais rencontré
36:28Simone
36:29Simone quand j'ai reçu
36:31un petit mot d'elle
36:32Régis Debray
36:33un petit mot d'affection
36:34et déjà maternelle
36:36c'était à Caméry
36:37en je crois 67
36:39elle ne me connaissait pas
36:41elle m'a envoyé
36:41une petite fleur séchée
36:42que je lui ai ramené
36:444 ans plus tard
36:45et elle m'a gardé chez elle
36:46je lui dois
36:47d'avoir été
36:48libre
36:49dès 70
36:5071
36:51et on a perdu
36:53avec Simone
36:54bon pas seulement
36:55une grande actrice
36:56mais je dirais
36:56une sorte de référence
36:58morale
36:58une sorte de conscience morale
36:59une sorte de
37:00je dirais
37:02pas de
37:03de vigilance
37:04mais en tout cas
37:05quelqu'un qu'on pouvait
37:06toujours appeler
37:07pour savoir
37:07ce qui se passe
37:09ce qu'on peut en penser
37:12je ne dis pas
37:12ce qu'il faut en penser
37:13parce qu'elle n'était pas dogmatique
37:14mais elle était intransigeante
37:15pas sectaire
37:17mais très droite
37:18et
37:19avec une attention
37:20aux choses
37:21à tout
37:22aux gens
37:22aux petits faits
37:23je pense que dans ce milieu
37:25c'est extrêmement rare
37:26finalement je crois que Simone
37:27qui était
37:28très grande actrice
37:29fréquentant les acteurs
37:31et les vedettes
37:32était la femme
37:33la moins snob
37:33que j'ai connue
37:34la plus
37:35méticuleuse
37:37la plus scrupuleuse
37:39avec une mémoire fabuleuse
37:40moi
37:40j'ai peur d'ailleurs
37:42d'avoir perdu une partie
37:43de ma mémoire avec elle
37:44parce qu'elle avait aussi
37:45la mémoire des autres
37:46elle racontait aux autres
37:48ce qu'ils avaient oublié
37:49eux-mêmes
37:49souvent c'était vraiment
37:50une sorte de livre
37:51qu'on venait consulter
37:52c'était une femme
37:53vraiment
37:54immensément généreuse
37:56immensément généreuse
37:58et pas bébête
37:59je veux dire
38:00pas la générosité
38:01lutte contre la faim
38:02ça nous sommes
38:02tous d'accord pour ça
38:04mais elle allait plus
38:05au fond des choses
38:06au fond des choses
38:07c'est à dire
38:07dans les petites choses
38:08ce qui me restera
38:09évidemment
38:10c'est sa vie
38:11Marcel Bluval
38:12sa vie
38:13et ce qu'elle était
38:14elle était bonne
38:15elle était bonne
38:15comme le bon pain
38:16elle était bonne
38:17comme le bon argent
38:17elle était bonne
38:18comme la romaine aussi
38:19elle était formidable
38:21elle était extraordinaire
38:22et sage
38:23inoubliable
38:25on va la faire entendre
38:26tout de suite
38:26elle parle justement
38:27du rôle qu'elle avait
38:28tourné avec vous
38:29Thérèse Imbert
38:30des difficultés
38:31qu'elle avait eues
38:31à mémoriser un texte
38:32alors vous écoutez
38:33vous interviendrez tout à l'heure
38:34je sais que ce texte
38:35est beau et facile
38:36à apprendre
38:37parce que c'est du vrai dialogue
38:37mais dès qu'il s'agit
38:39de questions de tractation
38:41j'ai appris ça
38:42comme on apprend
38:43l'indicateur des chemins de fer
38:44parce que je n'y comprends rien
38:46enfin vous ne donnez pas
38:47cette impression
38:47des différences
38:48entre un avoué
38:49à des différences
38:51entre des titres
38:52des actions
38:54des quoi
38:55il y a des mots
38:56comme ça
38:56qui me sont même
38:57sortis de la mémoire
38:58maintenant
38:58c'est les seuls moments
38:59où j'ai eu du mal
39:00à prendre mon texte
39:00alors Christine Murillo
39:01vous savez
39:02c'est extraordinaire
39:03parce que
39:03elle joue
39:05cette sœur
39:07passive
39:08et silencieuse
39:09et apparemment
39:12indifférente
39:13et c'est très étrange
39:15parce que je m'aperçois
39:16que les acteurs
39:17plus ils jouent
39:19formidablement
39:20ce genre de rôle
39:22c'est à dire
39:22plus ils sont honnêtes
39:23par rapport au personnage
39:24qu'on leur confie
39:25plus finalement
39:26on les oublie
39:28la scène extraordinaire
39:29où elle éclate
39:31où elle a son moment
39:32de révolte
39:33moi qui l'ai vécu
39:35avec elle
39:36c'est à dire
39:36qui était là
39:36et qui depuis le matin
39:39me disait
39:39mais comment
39:40elle va arriver
39:40à monter ça
39:41à ce maximum
39:42vous savez
39:43il y a des actrices
39:44il faut qu'elles se mettent
39:45dans un coin
39:45qu'elles se
39:46qu'elles se
39:47prennent la tête
39:48dans les mains
39:48qu'on leur fasse
39:49le silence
39:50pas du tout
39:52je lui ai dit
39:52ça va
39:52comment tu vas le faire
39:53ça
39:53on peut bien voir
39:55et c'est parti
39:56et immédiatement
39:58avec une sincérité
39:59totale
40:00j'ai eu du mal
40:02à tenir
40:02dans mes bras
40:03ce paquet
40:04de chagrin
40:05de colère
40:06de larmes
40:07absolument formidables
40:08et quand la bave
40:09tombe
40:09parce que je me gifle
40:11j'avais le coeur serré
40:13après
40:13parce qu'après
40:15bon
40:16on a dit couper
40:16je ne t'ai pas fait mal
40:18alors moi
40:20je peux vous dire
40:20parce que moi
40:21j'en vends de ce truc là
40:22je sais de quoi je parle
40:22quand je dis
40:23que je vois une fille
40:24qui sans préparation
40:26sans chichi
40:26sans rien du tout
40:27tout d'un coup
40:28vous balance ça
40:29comme ça
40:29merde
40:30elle est formidable
40:31est-ce qu'elle vous avait
40:32parlé de sa maladie
40:33Marcel Bluval
40:33et comme ça
40:36en rigolant
40:36il m'avait dit
40:37si jamais il m'arrivait
40:38des trucs
40:39ce qu'elle me plaise
40:40parce que j'ai pas envie
40:40de connaître la vie
40:41je voudrais que tu dises
40:43une chose
40:43alors je me fais la vie
40:44il m'a dit
40:46pendant que j'ai tout venait
40:47j'ai été
40:50Yvan Pierre
40:50c'était le nom de son rôle
40:52c'était un personnage
40:53vivant
40:53vivace
40:54gay
40:54pendant toute cette durée là
40:56j'ai pas été malade
40:57j'ai été
40:58vivant
40:58gay
40:59et je voudrais pas
41:00qu'il y ait de pathétique
41:01si jamais il arrivait quelque chose
41:02j'ai eu la chance
41:05de la rencontrer
41:06de la connaître
41:07il y a très très longtemps
41:08Alain Delon
41:08j'ai débuté ma carrière
41:09à ses côtés
41:10il y a de cela 25 ans
41:11lorsque j'étais
41:12reçu à Hauteuil
41:13avec elle et Yves
41:14du temps de Jacques Becker
41:17elle m'avait pris
41:18en affection
41:19de l'amitié
41:20elle me l'a témoigné
41:21toute sa vie
41:21nous avons fait
41:23deux films ensemble
41:24qui pour moi
41:24sont des souvenirs
41:26impérissables
41:27un était
41:28Les Granges Brûlés
41:29l'autre
41:30La Veuve Coudère
41:31On travaillait avec Simone
41:33formidablement bien
41:34parce que c'était
41:35une très très grande
41:36professionnelle
41:37et il y avait un respect
41:38mutuel
41:39si vous voulez
41:39de comédiens
41:40qui s'affrontent
41:41et qui s'opposent
41:42et on ne jouait pas
41:43avec Simone
41:44je veux dire
41:44on vivait
41:45et c'est ça qui était
41:45exceptionnel
41:46et je veux dire
41:47il en ressortait
41:48une très grande facilité
41:50parce que c'était
41:51formidable de vivre
41:51avec elle
41:52et de vivre à ses côtés
41:53et de vivre
41:53avec elle devant une caméra
41:55Est-ce que vous
41:56qui êtes l'un des plus
41:57grands acteurs français
41:58et reconnu comme tel
41:59au niveau du public
41:59est-ce qu'elle vous a apporté
42:02quelque chose
42:02sur le plan professionnel
42:03et est-ce qu'elle continuait
42:04de vous apporter quelque chose ?
42:06Évidemment
42:06qu'elle m'a énormément apporté
42:07je veux dire
42:08elle m'a apporté
42:08par son expérience
42:09elle m'a apporté
42:10par tout ce qu'elle avait
42:12je veux dire
42:12emmagasiné depuis des années
42:13de carrière avant moi
42:14elle m'a énormément donné
42:15c'était quelqu'un
42:16de terriblement généreux
42:17l'étion disons
42:18de la même race
42:19c'est elle qui me le disait
42:20ça n'est pas moi
42:20et elle m'a énormément donné
42:23elle m'a énormément apporté
42:24énormément porté
42:26nous avions des opinions
42:27politiques tout à fait divergentes
42:29et ça Simone le savait
42:30et jamais
42:31je veux dire
42:31jamais entre nous
42:32il y a eu la moindre conversation
42:34elle s'interdisait totalement
42:35de parler de ses idéologies
42:37ou de ses idées
42:38par rapport aux miennes
42:39et ça c'était une espèce
42:40d'accord tacite
42:41et d'accord commun
42:42et de temps en temps
42:43ça c'est pour la petite anecdote
42:44je me souviens que
42:45lorsque j'avais certaines
42:46prises de position
42:48ou certaines déclarations
42:49qu'il m'était arrivé de faire
42:50dans les médias
42:52Simone m'appelait
42:53le matin
42:54elle me disait
42:54ah j'ai vu ton truc hier
42:55t'as encore fait une connerie
42:56tu peux pas t'empêcher
42:57de la fermer
42:57tu peux pas t'empêcher
42:58de l'ouvrir
42:59ça nous faisait rire
43:00je lui disais
43:01chacun ses conneries
43:02chacun sa façon
43:03de voir les choses
43:04Tati
43:04puisque je l'appelais Tati
43:06et qu'elle m'appelait
43:07le môme comme gabin
43:08et la femme écrivain
43:09est-ce que vous avez suivi
43:10un peu sa carrière d'écrivain
43:11est-ce que vous avez lu
43:12par exemple
43:12Adieu Volodia
43:13oui j'ai surtout lu
43:14le premier
43:15je veux dire
43:15qu'elle m'avait fait l'honneur
43:16de parcourir les feuillets
43:18et où elle m'avait d'ailleurs
43:20dans un chapitre
43:21elle parlait de moi
43:22où elle me traitait de fou
43:23elle disait que j'étais un fou
43:24mais un fou
43:25follement sympathique
43:26ou quelque chose comme ça
43:26et elle était très
43:28très inquiète
43:30et en même temps
43:31très heureuse
43:32de pouvoir enfin
43:32écrire un livre
43:33elle avait attendu
43:34pendant de nombreuses années
43:35elle avait tellement de choses
43:36à dire
43:37tellement de choses
43:37à mettre sur le papier
43:38et je veux dire
43:39lorsque son livre
43:41a été un succès mondial
43:43un best-seller
43:43dans le monde
43:44elle en a été profondément émue
43:45et elle m'avait fait
43:47cette réflexion assez drôle
43:48elle me disait
43:48tu vois
43:48maintenant je vais gagner
43:49plus de pognon
43:50avec mon livre
43:50qu'avec le cinéma
43:51qu'est-ce qui vous reste
43:53d'elle comme image
43:53comme souvenir
43:54je pense qu'elle n'aurait pas
43:55voulu qu'on en parle
43:56avec tristesse
43:57Simone était quelqu'un
43:58de très entier
43:59je crois qu'un peu
44:00comme Jean Gabin
44:01elle aurait aimé
44:02qu'on parle à d'elle
44:03de son vivant
44:04et pas après
44:04l'image qui me reste d'elle
44:06je veux dire
44:06c'est une image
44:07absolument resplendissante
44:08pleine de vie
44:09et pleine de charme
44:12pleine de sourire
44:12elle avait ses yeux extraordinaires
44:13qui étaient toujours
44:14les yeux de Dédé d'envers
44:15et je lui avais dit
44:18d'ailleurs
44:19je lui disais
44:19tu sais
44:19quand je voyais
44:20Dédé d'envers
44:21c'est drôle
44:21tu me rappelles
44:23tu me faisais penser
44:24à Romy
44:24je veux dire
44:24à ses débuts
44:25elle avait une passion
44:26et une très très grande
44:28admiration pour Romy
44:29et c'est vrai que quelque part
44:30la Simone de Dédé d'envers
44:32ressemblait
44:32enfin Romy Schneider
44:34plus tard
44:34ressemblait un peu
44:35à la Simone de Dédé d'envers
44:36de toute façon
44:37c'était deux êtres
44:38dévorés par leur métier
44:41dévorés par la vie
44:41dévorés par l'angoisse
44:42dévorés par l'incertitude
44:44et deux êtres absolument exceptionnels
44:47un fleur de peau
44:48d'une sensibilité démesurée
44:51et je dois dire
44:53qu'avec Romy et Simone
44:54c'est une grande page
44:56de ma vie
44:56qui fout le camp
44:57je voudrais tant
44:58que tu te souviennes
44:59des jours heureux
45:01où nous étions amis
45:03en ce temps-là
45:08la vie était plus belle
45:09et le soleil
45:09plus brûlant qu'aujourd'hui
45:11les feuilles mortes
45:14se ramassent à la pelle
45:15tu vois
45:18je n'ai pas oublié
45:19les feuilles mortes
45:23se ramassent à la pelle
45:24les souvenirs
45:25et les regrets
45:27je fais que ce qui m'amuse
45:30en fait
45:31j'ai eu beaucoup de chance
45:32je n'ai aucun rêve
45:36de survivance
45:38après ma disparition
45:40je me fous de laisser des traces
45:42ou pas
45:42il se trouve que le cinéma
45:43laissait des traces
45:44jusqu'au moment où la pellicule
45:46tombe en poussière
45:46on n'a pas encore trouvé le truc
45:49pour que ça dure éternellement
45:50mais je
45:52mon approche de la vie
45:54ce n'est pas du tout ça
45:55je sais que je n'aurai pas
45:57à rougir de moi
45:58et que les gens qui m'aiment
46:00n'auront pas à rougir de moi
46:01c'est tout ce que je peux dire
46:03c'est le seul critère
46:04que je reconnaisse
46:06pour guider mes choix
46:08je ne ferai pas des choses
46:10qui feront rougir de moi
46:12les gens qui m'aiment bien
46:13ou ceux qui m'aiment tout court
46:14je peux décevoir
46:16je peux faire des choses
46:17que les gens aiment plus ou moins
46:18je peux faire des erreurs
46:20mais je ne peux pas
46:22faire quelque chose
46:23à propos de quoi
46:25on pourra me dire
46:26comment tu as osé
46:27faire une chose pareille
46:28et le vent du nord
46:31les emporte
46:35dans la nuit froide
46:41je ne l'oublie
46:45tu vois
46:46je n'ai pas oublié
46:51la chanson
46:53que tu me chantais
46:57c'est une chanson
47:01qui nous ressemble
47:06toi tu m'aimais
47:10et je t'aimais
47:14nous vivions tous
47:18les deux ensemble
47:22toi qui m'aimais
47:26moi qui t'aimais
47:30mais la vie sépare
47:34ceux qui s'aiment
47:38tout doucement
47:41sans faire de bruit
47:50et la mer efface
47:54sur le sable
47:58les pas
48:00des amants
48:02désunis
48:05bye bye
48:07vous venez d'écouter
48:13Destins Extraordinaires
48:15un podcast
48:16issu des archives
48:17d'Europe 1
48:18réalisation
48:20Julien Tarot
48:21production
48:22Raphaël Mariat
48:24patrimoine sonore
48:25Sylvaine Denis
48:27Laetitia Casanova
48:28Antoine Reclus
48:29Destins Extraordinaires
48:31est disponible
48:32sur le site
48:33et l'appli Europe 1
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48:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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