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  • il y a 6 mois
C'est une spirale de violence qui s'enlise et terrorise les habitants des quartiers sensibles de Nîmes. Depuis une dizaine de jours et la découverte, notamment, du corps calciné d'un jeune de 19 ans, les faits de violences s'enchaînent sur fond de guerre de bandes et de trafic de stupéfiants. À tel point que le maire a décidé de mettre en place, à partir de lundi 21 juillet 2025, un couvre-feu de 21 h à 6 h du matin pour les moins de 16 ans. On en parle avec : Thibaut Chevillard, journaliste police-justice 20 Minutes. Et Emmanuelle Ménard, élue de la ville de Béziers et ancienne députée.

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Transcription
00:00Et je vous le disais, c'est une spirale de violence qui s'enlise et terrorise les habitants des quartiers sensibles de Nîmes depuis une dizaine de jours.
00:06Et la découverte notamment du corps calciné d'un jeune homme de 19 ans, les faits de violence s'enchaînent sur fond de guerres de bandes et de trafics de stupéfiants.
00:14A tel point que pour la première fois, le maire a décidé de mettre en place, à partir de lundi, un couvre-feu de 21h à 6h du matin pour les moins de 16 ans.
00:21Mathilde Couvillers et Louise Angagné.
00:24La décision a été prise suite à une succession d'actes criminels liés au narcotrafic.
00:30A partir de lundi, la mairie mettra en place un couvre-feu dans les quartiers prioritaires de Nîmes, de 21h à 6h pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés.
00:39Une mesure qui ne fait pas l'unanimité.
00:41Tout à fait d'accord. A 21h, les mineurs doivent être chez eux ou alors savoir les parents, savoir où ils sont.
00:47En quoi ça réglerait les choses ? Non, ça ne va pas le régler.
00:52Effectivement, ça peut être une mesure qui peut sembler utile. À mon avis, elle ne sera pas forcément respectée.
00:57Le couvre-feu n'est qu'une solution de courte durée, selon cette représentante de la police.
01:02Je n'ai toujours pas assez d'effectifs en judiciaire pour mener à bien toutes les infractions qui vont être amenées à mes collègues en judiciaire.
01:11Et du coup, ça ne va faire que reporter, repousser la problématique.
01:16Ces derniers jours, les faits divers se sont multipliés dans la zone.
01:20Ce mardi, un corps calciné a été retrouvé à quelques kilomètres de la ville.
01:24Et ce jeudi, une fusillade a éclaté sur l'une des places principales du quartier Pisevin.
01:29Une situation qui inquiète de plus en plus les Nîmois.
01:32Quand vous voyez des groupes, vous ne savez pas si c'est des gens bien, des gens mal.
01:36Vous savez, tout le monde a peur.
01:38Depuis jeudi, des messages menaçants laissés par les narcotrafiquants circulent sur les réseaux sociaux.
01:43Faites attention à vous. On va tuer même les petits de 5 ans.
01:47Gardez vos gosses chez vous en sécurité.
01:49Chaque personne qui croise nos hommes en noir sera criblée de balles.
01:52Comme Nîmes, plusieurs communes, notamment dans les Yvelines, le Rhône ou les Bouches-du-Rhône, ont instauré des couvre-feu pour les mineurs.
01:59Thibaut Chevière, vous nous avez rejoint. Cette violence, elle ne date pas d'hier.
02:02Mais on a l'impression que tout s'accélère depuis une dizaine de jours.
02:05Avec, et dites-nous bien comment ça se passe, des quartiers prioritaires de la ville, des quartiers dits sensibles qui s'affrontent.
02:11Il y a des bandes rivales qui s'affrontent et tout ça sur fond de narcotrafic.
02:15Oui, bien sûr, puisque c'est effectivement l'enjeu pour ces trafiquants.
02:18C'est d'obtenir des points de deal supplémentaires, d'aller chercher les clients qui s'approvisionnent dans les autres quartiers de la ville.
02:27Donc, effectivement, depuis plusieurs jours, les fusillades s'enchaînent, les meurtres s'enchaînent.
02:33Il y a eu ce meurtre de ce jeune homme de 19 ans, une petite main du trafic, originaire de Seine-Saint-Denis,
02:38qui a été sauvagement tuée, brûlée.
02:41Et une exécution qui a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux par les narcotrafiquants
02:46qui ont donc diffusé cette exécution pour effrayer finalement leurs adversaires.
02:53Il y a eu d'autres fusillades cette semaine, jeudi soir à Nîmes, dans le quartier Pisevin.
02:58Il y en a eu une autre le 27 juin dernier, six blessés, donc quatre mineurs le 10 juillet,
03:03dans le quartier Mademing, un homme qui a été tué par balle, un autre blessé.
03:07Donc, on voit que cette spirale finalement, elle devient de plus en plus violente.
03:13Et face à ces narcos, face à ces criminels, la police manque d'effectifs.
03:18En tout cas, c'est ce que dénonce le syndicat Alliance par la voix de sa secrétaire départementale.
03:23Elle dit qu'il faudrait au moins 30, 40, 50 policiers supplémentaires pour faire face à cette dérive que connaît la ville de Nîmes.
03:33Alors, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, avait annoncé en mai dernier l'arrivée de 30 policiers supplémentaires.
03:39Mais a priori, ces policiers ne sont pas encore là.
03:42Le préfet du Gard a annoncé des renforts ponctuels des CRS ou de l'unité d'investigation nationale,
03:50qui a été justement créée en 2023, après une vague de fusillades à Nîmes.
03:55Ce sont des enquêteurs qui vont venir renforcer les enquêteurs locaux de la police judiciaire de Nîmes.
04:01Mais on voit que finalement, pour l'instant, la police manque de moyens et ne sait pas comment arrêter cette spirale.
04:09– Merci Thibault. Nous sommes en direct avec Emmanuel Ménard.
04:12Merci d'être avec nous. Vous êtes élue de la ville de Béziers, ancienne députée.
04:15On voulait vous avoir parce qu'il y a un an, le maire de Béziers prenait un arrêté
04:19qui interdisait aux enfants de moins de 13 ans de se promener la nuit sur la voie publique
04:23sans être accompagné par un adulte.
04:25Et visiblement, là, depuis le 31 mars dernier, un nouvel arrêté a été pris
04:29qui interdit aux enfants de moins de 15 ans de circuler seule la nuit.
04:31Et ce, de 23h à 6h du matin, dans trois de vos quartiers prioritaires.
04:36Est-ce que vous mesurez déjà les effets de ces arrêtés municipaux ?
04:41– Bien sûr, on le mesure, on en déplaise à la Ligue des droits de l'homme
04:44qui nous attaque à chaque fois qu'on prend un arrêté de ce genre.
04:47Oui, bien sûr. Je vais vous donner deux chiffres.
04:49L'année dernière, vous l'avez dit, on avait repris un arrêté
04:53parce qu'on l'avait déjà pris en 2014.
04:54Mais malheureusement, avec l'action de la Ligue des droits de l'homme,
04:57toujours en 2018, le Conseil d'État nous avait demandé de le supprimer.
05:01L'année dernière, on avait pris cet arrêté qui a été mis en œuvre
05:07à partir de la fin du mois d'avril.
05:09On a compté, on a les chiffres, puisque la police municipale
05:12est à l'origine des arrestations de ces mineurs quand elle les contrôle.
05:16On avait 17 mineurs au mois d'avril l'année dernière
05:18qui se promenaient de moins de 18 ans,
05:20qui se promenaient seuls dans la rue entre 23h et 6h du matin.
05:23Sur les 17 mineurs, il y en avait 11 qui avaient moins de 15 ans.
05:26Le mois suivant, ils étaient tombés à 5.
05:295 mineurs de moins de 18 ans seulement.
05:31Donc vous voyez que les arrêtés de ce genre, ils ont une efficacité.
05:34Et ils ont une efficacité pas seulement pour lutter contre la délinquance,
05:37parce qu'il faut lutter contre la délinquance.
05:39Et les mineurs, parfois, peuvent être les auteurs de cette délinquance,
05:44mais aussi pour les protéger.
05:46Parce que quand vous avez un gamin de 12 ans qui se promène tout seul la nuit,
05:49pardon, mais il n'est pas en sécurité.
05:50Il n'est pas en sécurité.
05:51Et c'est le devoir des mères de prendre des mesures, justement,
05:55pour pallier les défaillances des parents.
05:59Parce que là, on peut aussi parler des défaillances des parents.
06:01Des parents, j'écoutais dans votre reportage,
06:03on entendait une dame qui disait,
06:05« Oui, c'est pas normal, les parents devraient s'assurer
06:08que leurs enfants sont bien chez eux la nuit. »
06:12Nous, quand on contrôle des enfants,
06:13et je vous dis parfois des moins de 13 ans,
06:15on s'aperçoit en appelant les parents
06:17qu'ils ne savent pas où est leur enfant.
06:19Et ils découvrent que leur enfant est dans la rue.
06:21Mais là, vous vous dites quoi, du coup ?
06:23Parce que le maire de Nîmes dit,
06:25« On met en place un couvre-feu à partir de lundi,
06:27couvre-feu provisoire, dit-il. »
06:29Pour les moins de 16 ans, vous vous dites,
06:31« Il faut qu'ils le pérennisent, quitte à... »
06:33Et vous rappeliez l'action de la justice,
06:36l'action de la Ligue des droits de l'homme,
06:38quitte à les priver de liberté.
06:39Oui, alors, en fait, un arrêté,
06:42pour qu'il soit valable,
06:42vous êtes obligé de le circonscrire
06:44dans le temps et dans l'espace.
06:46Donc, moi, je le conseille,
06:48mais je n'ai pas de conseil à lui donner.
06:49Il sait très bien ce qu'il fait, le maire de Nîmes.
06:51Mais effectivement, nous, on a pris un arrêté
06:53pour que, durant toutes les vacances scolaires
06:55et dans les trois quartiers prioritaires de la ville,
06:58effectivement, ce couvre-feu est en vigueur.
07:01Donc, on ne peut pas le faire sur toute l'année.
07:03On se ferait retoquer par la justice, évidemment.
07:04Oui, pendant les vacances scolaires, pardon.
07:06Excusez-moi, oui, pendant les vacances scolaires.
07:07Donc, en gros, pendant la période estivale,
07:09ça va un peu plus loin que les vacances scolaires.
07:11La période estivale, donc, de fin avril
07:14jusqu'à fin septembre,
07:15puis toutes les vacances scolaires,
07:17parce que c'est quand les enfants ne sont pas à l'école
07:19que, justement, ils sont laissés, parfois,
07:22un peu trop libres d'aller et venir, justement.
07:24Et c'est là qu'ils peuvent se retrouver en danger
07:26ou commettre des bêtises.
07:27Donc, nous, effectivement, on a pris cet arrêté.
07:30Et pourquoi ?
07:30On avait pris moins de 13 ans jusqu'à l'année dernière.
07:32Cette année, au mois de mars,
07:33on a pris un autre, justement,
07:35qui va jusqu'au moins de 15 ans,
07:36parce qu'on s'est rendu compte, en fait,
07:38que quand vous avez 14 ans ou quand vous avez 15 ans,
07:41vous n'êtes pas non plus à l'abri de faire des bêtises
07:43ou d'être l'objet de violences.
07:46Et on s'est rendu compte qu'en fait,
07:49on avait beaucoup aussi de mineurs jusqu'à 15 ans
07:51qui étaient dans la rue seules.
07:52On aurait pu prendre 16 ans aussi.
07:55En fait, c'est des barrières juridiques.
07:58On pourrait très bien prendre 16 ans.
07:59On s'est décidé à 15 ans,
08:01parce qu'on estime qu'en dessous de 15 ans,
08:02il faut vraiment protéger les mineurs.
08:03Merci, Emmanuel Ménard.
08:05Merci d'avoir réagi dans BFM News,
08:08élu de la ville de Béziers,
08:09ancienne députée.
08:09Je vous rappelle qu'on sera avec le préfet du Gard
08:11aux alentours de 20h30.
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