- il y a 5 mois
Comment l’Iran est-il devenu l’ennemi d’Israël et des États-Unis, qui furent pourtant les alliés du Chah dans les années 1970 ?
Avec certains des acteurs de cette guerre larvée, retour sur une spirale funeste qui menace de semer le chaos au Moyen-Orient et au-delà.
Avec certains des acteurs de cette guerre larvée, retour sur une spirale funeste qui menace de semer le chaos au Moyen-Orient et au-delà.
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01:0027 février 1991, l'armée américaine vient d'infliger une défaite sanglante à l'Irak, qui avait envahi le Koweït sept mois plus tôt.
01:23En s'imposant comme le grand vainqueur dans cette première guerre du Golfe, Washington ne se doute pas qu'il s'apprête à déclencher en Iran un processus qui va, une nouvelle fois, bouleverser tout le Moyen-Orient.
01:34Pour le président George Bush senior, la libération du Koweït n'est qu'une première étape d'une politique beaucoup plus ambitieuse.
01:52Il veut bâtir un nouveau Moyen-Orient.
02:00Républicain modéré, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, directeur de la CIA puis vice-président des États-Unis,
02:08il est le chef d'État le plus puissant d'un monde devenu unipolaire, avec la chute du mur de Berlin et la décomposition de l'espace soviétique.
02:14Avec cette victoire en Irak, il veut maintenant que le Golfe Persique, une région plus que jamais stratégique pour ses richesses pétrolières, soit plus sûre pour les intérêts américains.
02:26Mais pour atteindre cet objectif, Bush doit s'efforcer de résoudre le conflit israélo-palestinien, qui menace la stabilité de tout le Moyen-Orient.
02:48La conférence de paix qu'il inaugure à Madrid lance ce processus.
02:51Le but de Madrid, casser le tabou de l'impossible dialogue direct entre Israël et les Arabes. C'était l'objectif.
03:02Donc on a mis en place des discussions bilatérales entre Israéliens et une délégation jordano-palestinienne.
03:09Israël et la Syrie, Israël et le Liban.
03:12On a aussi établi une discussion multilatérale pour approfondir les relations entre Israël et les Arabes.
03:21Pour imposer sa Pax Americana sur le Golfe, le président Bush a convié tous ceux qui sont susceptibles d'exercer une influence sur le conflit israélo-arabe.
03:35Européens, soviétiques, dirigeants du Maghreb et du Moyen-Orient, ils sont tous là.
03:43Tous.
03:45Seul un pays manque à l'appel.
03:47La République islamique d'Iran.
03:49La véritable raison pour laquelle l'Iran n'a pas été invité à cette conférence, c'est le traumatisme de la crise des otages.
03:58C'est toujours à vif.
03:59Haqibor ! Haqibor ! Haqibor !
04:03La haine envers l'Iran pour la crise des otages de 1979, c'est en toile de fond de la politique américaine.
04:11Personne ne peut imaginer à quel point.
04:14Tout le monde ne pense qu'à ça dès qu'on parle de l'Iran.
04:16A l'époque, on voulait que cette conférence soit la plus universelle possible.
04:24Mais je ne me souviens pas qu'on ait eu la moindre idée d'inviter les Iraniens.
04:28Les Etats-Unis, la seule superpuissance était le grand Satan.
04:38Et cette conférence était censée permettre de faire la paix avec le petit Satan, avec Israël.
04:43Donc je pense que l'Iran était fondamentalement opposé à l'idée même de cette conférence et ne s'était pas soucié du fait qu'on ne les avait pas impliqués dans cet événement.
04:57A Téhéran, les nouveaux dirigeants iraniens n'acceptent pas cette mise au banc de leur pays.
05:09Depuis la mort de Roménie en 1989, deux figures de la révolution islamique dirigent le pays.
05:16L'ayétola Ali Khamenei est le nouveau guide suprême.
05:21Disciple fidèle de son prédécesseur, il incarne une ligne intransigeante.
05:25Hachemi Rafsanjani occupe la présidence de la République.
05:31Homme d'affaires très fortuné, lui aussi était très proche de l'ancien guide.
05:36C'est un pragmatique, un réaliste.
05:39Tous deux ont opté pour une neutralité bienveillante à l'égard des Américains lors de la guerre du Golfe.
05:46Les Iraniens ont aidé les Etats-Unis contre Saddam Hussein au cours de cette guerre.
05:50Ils ont ouvert un canal de communication avec eux et leur ont permis d'utiliser leur espace aérien.
05:55Les Iraniens ont ainsi soutenu avec discrétion les USA.
06:00Et ils ont pensé qu'après la guerre, ils en seraient remerciés et que cela passerait par leur inclusion dans le système.
06:05Surtout, la République islamique a alors un besoin vital de sortir de son isolement.
06:21Le pays est ruiné, ravagé.
06:23Il sort d'une interminable guerre contre l'Irak entre 1980 et 1988.
06:32Une guerre dévastatrice.
06:35500 000 morts.
06:37Une guerre qui constitue un véritable traumatisme.
06:40Le régime a failli disparaître.
06:41Sa pérennité passera désormais par la protection des frontières, bien sûr, mais aussi par la modernisation du pays.
06:50La priorité de Rafsanjani était de reconstruire.
06:55Car il pensait, et je pense qu'il avait raison, que le plus important était de reconstruire l'économie qui était ravagée.
07:01Donc, il a commencé à normaliser les relations avec qui il pouvait.
07:06Il a commencé à parler de normaliser les relations avec les Etats-Unis.
07:10A l'époque, il y avait deux écoles de pensée en Iran.
07:14La première disait de ne pas faire confiance aux Américains.
07:18Ce sont des tricheurs, des menteurs.
07:20Ils vous tromperont.
07:23Selon la seconde, celle de Rafsanjani, on n'a rien à perdre.
07:27On montre sa bonne volonté, et si cela ne mène à rien, tout le monde verra bien que ce sont les Américains les coupables, et pas les Iraniens.
07:42Pour les dirigeants iraniens, cette affaire de Madrid semble bien la preuve que les Américains ne veulent pas renouer.
07:47Cette Pax Americana, basée sur la réconciliation israélo-arabe, serait-elle donc aussi et surtout dirigée contre eux et leurs intérêts ?
08:01Je pense que la conclusion à laquelle ils sont arrivés concernant Madrid, ce n'est pas qu'ils ne peuvent pas avoir confiance dans les Etats-Unis.
08:09Je ne pense pas qu'ils n'aient jamais eu confiance dans ce pays.
08:14Non, la conclusion pour eux, c'est que s'ils ne perturbent pas le jeu, ils seront ignorés.
08:19S'ils se montrent capables de créer suffisamment de problèmes, alors les USA devront traiter avec eux.
08:24Ce n'est pas un œil pour leur désormais.
08:26On n'a pas d'avannya, ceux qui ne se sont incapables, ils ne se sont obligés de fabriquer aucuneυ 작업.
08:42Da loud et suis-à- Bonhomme !
08:44Non camioneras contre司uses des minutes, comme ceux qui ont dû lire en l'Ontel Bordogались duلم.
08:49Le Monde Aide publique
08:50La Lait omite en Rusia
08:51Je neимais des Voices, si les mauvaises, trucs sont nonomis victimes.
08:52Non rassons et comportements...
08:54L'ayatollah Khamenei décide donc de réagir.
08:57Deux semaines avant Madrid, il organise sa propre conférence consacrée au soutien à la Palestine.
09:06Une conférence dont la philosophie et le programme s'opposent radicalement au projet américain.
09:24Le guide suprême réussit à réunir les représentants d'une soixantaine de mouvements issus d'horizons idéologiques ou religieux très variés.
09:39Il y a des révolutionnaires, des nationalistes et des islamistes.
09:54Tout s'affiche leur refus de la domination américaine sur le Moyen-Orient, leur refus de l'occupation de la Palestine, leur refus de l'État d'Israël.
10:12Nous avons constaté que le Hamas et le djihad islamique étaient les organisations les plus motivées pour maintenir la lutte et la résistance contre Israël.
10:24Nous savions que la libération de la Palestine ne se fera que par la résistance.
10:33Les négociations, les compromis ne mèneront pas à la libération, mais à la confiscation d'une grande partie des terres palestiniennes.
10:43On a donc commencé à soutenir le Hamas et le djihad islamique.
10:46C'est ici, dans les couloirs de cette conférence, que les liens étroits entre le Hezbollah libanais et les islamistes palestiniens du Hamas et du djihad islamique
11:01commencent à se tisser pour former ce qu'on appellera plus tard à Téhéran l'axe de la résistance.
11:06Cet axe va devenir très vite une cible pour les États-Unis et Israël.
11:14La communauté chiite de la banlieue sud de la capitale libanaise est en deuil.
11:36Ils sont au moins 50 000 à pleurer la mort de leur leader.
11:47Le chèque Abbas Moussaoui, le secrétaire général du Hezbollah, une des figures de la récente conférence de Téhéran,
11:54est mort la veille avec sa femme et son fils, tués par l'armée israélienne.
11:58Jamais l'État hébreu n'avait éliminé un dirigeant de ce niveau au sein de l'organisation chiite.
12:05Que s'est-il passé ?
12:32Confronté début 1992 à l'enlèvement de ses soldats au sud-Liban,
12:37Israël décide de kidnapper des personnalités du Hezbollah pour effectuer des échanges de prisonniers.
12:42Le chèque Moussaoui est une cible de choix.
12:48Le 16 février, les renseignements militaires sont informés que le leader chiite doit se rendre en voiture
12:53dans un village du sud du Liban pour assister à une cérémonie.
12:57Il décide de le faire suivre par des drones de surveillance.
13:02Il vient dans le village, nous collectons toutes les informations.
13:07Et comme ça, nous savons exactement avec combien de voitures il voyage,
13:12la distance entre chaque voiture qui est avec lui.
13:15En début d'après-midi ce 16 février, Moussaoui arrive comme prévu à la cérémonie.
13:26Il ne se doute pas que chacun de ses déplacements,
13:28ses moindres gestes sont observés en direct par les services israéliens.
13:31« On voit qu'on détient des renseignements de haut niveau
13:39et qu'on peut dès lors atteindre notre objectif, Moussaoui.
13:44Inutile d'attendre 3 ou 4 mois.
13:47Et je propose ça au chef d'état-major. »
13:51Plutôt qu'un kidnapping,
13:56Ouri Sagi prône de supprimer Moussaoui.
13:59Une pareille occasion ne se présentera sans doute pas avant longtemps.
14:03C'est maintenant qu'il faut frapper.
14:07Un hélicoptère décolle avec l'ordre de tuer le leader chiite
14:10dès qu'il aura quitté la cérémonie.
14:12« Le Premier ministre Shamir dormait.
14:17Il dormait l'après-midi.
14:18Il ne savait rien.
14:19Deux minutes avant, on lui dit « on va tuer quelqu'un ».
14:23Il demande « c'est un enfoiré ».
14:24« Oui, c'est un enfoiré ».
14:26« Alors pas de problème ».
14:29Peu avant 16 heures,
14:34la Mercedes de Moussaoui est en flamme.
14:39Le chèque, sa femme et son fils
14:41sont tués sur le coup.
14:48L'armée israélienne
14:49semble avoir pris l'avantage sur le Hezbollah.
14:55« En termes de renseignements,
14:58cette histoire est vraiment une réussite.
15:01Mais d'un point de vue stratégique,
15:04c'est une catastrophe.
15:06une telle décision.
15:11Il n'y a pas de mots.
15:13Vraiment.
15:14C'est en fait assez pathétique.
15:19Avant son élimination,
15:21il n'y a pas eu de débat.
15:23Rien.
15:24Faut-il ou non le faire ?
15:26Pour quelles conséquences ?
15:30Tout le monde a donné son accord.
15:36Mais personne n'a pensé
15:37aux conséquences de cette action.
15:39Je leur ai dit « écoutez,
15:44il se peut qu'il y ait un attentat
15:46à l'étranger.
15:47Il peut y avoir des conséquences.
15:48On me dit
15:50non, non, non, non, non. »
16:01Un mois plus tard,
16:02le 17 mars 1992,
16:04une voiture piégée
16:05explose devant l'ambassade d'Israël
16:07en Argentine.
16:09Bilan,
16:1028 morts
16:11et 250 blessés.
16:16Le djihad islamique revendique l'attentat.
16:18Mais en Israël,
16:23beaucoup y voient
16:24une réponse directe
16:24du Hezbollah et de Téhéran
16:26à l'élimination de Moussaoui.
16:30Tout cela a éveillé
16:34des doutes en moi.
16:35Je ne veux pas parler
16:36pour les autres.
16:38Est-ce que j'étais bien conscient ?
16:40Est-ce que j'avais bien évalué
16:42le rapport bénéfice-risque
16:44de l'élimination de Moussaoui
16:47face aux dizaines de Juifs
16:49tués en Argentine ?
16:51Peut-être que le diable chiïc
16:54est devenu encore plus terrible.
16:59Ne nous y trompons pas.
17:01Ils ne veulent pas la paix.
17:03Mais parfois,
17:04tu peux accélérer des processus
17:06alors que tu ne le veux pas.
17:08parce que cela a déterminé
17:17quelque chose.
17:19Cela a initié quelque chose
17:21de nouveau
17:21dans nos relations
17:23avec le Hezbollah
17:24et dans nos relations
17:25avec l'Iran.
17:28Car on avait touché
17:29directement l'Iran,
17:31en fait.
17:31Les services de renseignement
17:38israéliens
17:39apprennent que la situation
17:40pourrait s'aggraver
17:41encore bien davantage.
17:44En plus de l'utilisation
17:45du Hezbollah,
17:46l'Iran a aussi le projet
17:47de développer
17:47un armement nucléaire.
17:51Si Israël ne réagit pas,
17:53c'est l'existence même
17:54du pays qui risque
17:55d'être en jeu.
17:56Tout simplement.
17:56C'est Israël
17:59qui, le premier,
18:01dès les années 90,
18:03a découvert
18:04que l'Iran
18:04voulait développer
18:05l'arme nucléaire.
18:07Tout ça prend forme
18:08à cette époque.
18:09Nous étions les premiers.
18:11Les renseignements
18:12américains
18:12ont mis ensuite
18:13deux ans
18:14à se mettre au niveau
18:15alors qu'on avait
18:16des preuves.
18:17Puis les Européens
18:18ont compris,
18:20mais seulement
18:20dans les années 2000.
18:26Un homme est bien décidé
18:28à déjouer cette menace.
18:30Cet homme,
18:31c'est le nouveau
18:32Premier ministre
18:32Itzhak Rabin.
18:34Lorsqu'il accède
18:35au pouvoir
18:35en juin 1992,
18:37quelques semaines
18:38après l'attentat
18:39en Argentine,
18:40il fait déjà partie
18:40de l'histoire d'Israël.
18:45Né dans la Palestine
18:46du mandat britannique,
18:47Rabin participe
18:48à la guerre d'indépendance
18:49en 1948.
18:51Devenu général,
18:52il est le grand vainqueur
18:53de la guerre des Six Jours
18:54de juin 1967.
18:55Cette guerre
18:57qui a permis
18:57à l'État hébreu
18:58de mettre la main
18:59sur Jérusalem Est,
19:00la Cisjordanie,
19:02Gaza
19:02et le plateau du Golan.
19:08Face à la perspective
19:09d'une bombe iranienne,
19:11Rabin opère
19:11une révolution stratégique.
19:13Il faut s'entendre
19:14avec les Palestiniens.
19:16Si les Palestiniens
19:17se tiennent tranquilles,
19:19Israël disposera
19:19de moyens supplémentaires
19:21pour se protéger
19:22de l'Iran.
19:25Il s'est rendu compte
19:26que pour s'opposer
19:28à cela,
19:29il devait réduire
19:29considérablement
19:31le niveau d'instabilité
19:32et de violence
19:32dans la région.
19:34Et cela passait
19:35par une initiative
19:36israélo-palestinienne.
19:37Ce n'est pas
19:38par amour
19:38des Palestiniens.
19:40Il n'a pas proposé
19:41cela avec le désir
19:42de leur donner
19:43plus de territoire.
19:44Il a compris
19:45que c'était cela
19:46qui garantirait
19:47l'existence,
19:47l'identité
19:48et la sécurité
19:49de l'État d'Israël.
19:50Rabin a dit,
19:54pas nous les renseignements,
19:56lui,
19:56il a dit
19:57il faut qu'on se presse
19:58pour arriver
19:59à un accord de paix
20:00avec les pays arabes
20:01et qu'on avance
20:02sur le dossier palestinien
20:04avant que les Iraniens
20:05ne détiennent la bombe.
20:06L'image devient
20:16immédiatement historique.
20:18Rabin,
20:19l'ancien chef de guerre,
20:20accepte de conclure,
20:21après des mois
20:22de négociations secrètes,
20:23les accords d'Oslo
20:24à la Maison Blanche
20:25avec l'homme
20:26qu'il a toujours qualifié
20:27de terroriste,
20:28Yasser Arafat,
20:29le leader de l'OLP.
20:32Pour la première fois
20:33depuis la création
20:34de l'État d'Israël,
20:35un véritable processus
20:36de paix va s'engager
20:38entre israéliens
20:39et palestiniens.
20:40Les enfants d'Abraham,
20:42les descendants d'Isaac
20:44et Ishmael
20:45ont embarqué ensemble
20:46sur une tournée bolde.
20:49Jusqu'aujourd'hui,
20:51avec tous nos cœurs
20:52et toutes nos âmes,
20:54nous leur demandons
20:54Shalom,
20:56Salam,
20:58Peace.
21:06en serrant la main
21:14d'Arafat,
21:15Rabin pense donc aussi
21:16et surtout à l'Iran,
21:17dont il pourra mieux
21:18se protéger
21:19maintenant qu'une paix
21:20avec les Palestiniens
21:20devient envisageable.
21:27Mais trois semaines plus tard,
21:28un bus explose
21:29près d'une colonie israélienne
21:30en Cisjordanie.
21:32Responsable,
21:33le Hamas.
21:33Puis c'est au tour
21:40d'un colon israélien
21:41de commettre
21:42un massacre à Hébron.
21:46En Israël,
21:47comme dans les territoires occupés,
21:49les drames se succèdent.
21:53Les extrémistes de tous bords
21:55font tout
21:55pour mettre en échec
21:56le processus de paix.
22:01Pour Téhéran,
22:02c'est une aubaine.
22:04Il est temps
22:04de revenir dans le jeu
22:05et de mettre en échec
22:06la stratégie d'Israël.
22:11L'Iran n'a jamais été favorable
22:13au processus de paix.
22:16Je vous le dis honnêtement
22:17et sincèrement.
22:19Depuis le premier jour,
22:20l'Iran considère
22:22qu'Israël ment
22:23et n'est pas prêt
22:25à accorder
22:25des droits aux Palestiniens.
22:27l'Iran a toujours pensé
22:30à 100%
22:31que ce processus,
22:33dès son premier jour,
22:35n'a été qu'une manœuvre
22:36pour briser
22:37les rêves des Palestiniens.
22:41Et les rêves
22:41et les droits
22:42des Palestiniens,
22:44l'Iran ne les abandonnera jamais.
22:46Surtout,
22:58pour Hamenei,
22:58la réussite des accords de Slo
23:00signifierait la victoire
23:01d'un ordre régional
23:02dominé par les États-Unis
23:04et Israël,
23:05enfin débarrassé
23:06de la question palestinienne.
23:06un ordre régional
23:11qui ferait de l'Iran
23:11un acteur secondaire.
23:16Alors,
23:17pour mieux imposer son pays
23:18au centre de l'échiquier,
23:20le guide suprême
23:21a décidé que l'alliance scellée
23:23lors de la conférence de Téhéran
23:24d'octobre 1991
23:25doit se traduire en acte.
23:29Il intensifie donc
23:30le soutien
23:31aux mouvements islamistes palestiniens,
23:33le Hamas
23:33et le djihad islamique.
23:34Les Iraniens
23:38soutiennent
23:39tous ceux
23:39qui sont contre nous.
23:41Nous voyons
23:41cette influence
23:42dans la bande de Gaza
23:43et en Judée Samarie.
23:45C'est un soutien
23:45en coulisses
23:46en termes financiers,
23:48politiques,
23:48sociaux
23:49jusqu'aux munitions
23:50utilisées
23:51dans les attentats.
23:59On savait
24:01qu'à des moments
24:02cruciaux
24:02du processus
24:03d'Oslo,
24:03les Iraniens
24:05encouragés
24:06poussaient
24:07à des attaques
24:07à la bombe
24:08contre les Israéliens.
24:12On le savait.
24:14On avait
24:15des informations
24:15selon lesquelles
24:16ils promettaient
24:17aux Hamas
24:18et aux djihadislamiques
24:19que s'ils tuaient
24:20encore plus
24:21d'Israéliens,
24:22ils leur donneraient
24:22plus d'argent
24:23et encore plus d'argent
24:25s'ils en tuaient
24:26encore plus.
24:26Iran est responsable
24:29avec les autres
24:30d'Israéliens.
24:32for the set-up
24:33d'Israéliens.
24:35d'Israéliens.
24:36d'Israéliens.
25:08Et pour empêcher
25:17l'Iran
25:17de financer
25:17le terrorisme
25:18et de développer
25:19son armement nucléaire,
25:21Washington
25:22met en place
25:22des premières
25:23sanctions économiques,
25:24préludes
25:24à un embargo
25:25total.
25:27Objectif,
25:28mettre à genoux
25:29le pays,
25:30l'isoler
25:30pour le rendre
25:31inoffensif.
25:31Pourtant,
25:41ce n'est pas
25:42de Téhéran
25:42que va venir
25:43le drame
25:43qui va bientôt
25:44frapper les Etats-Unis
25:45au cœur.
25:48Un drame
25:49dont la portée
25:49est symbolique
25:50et politique
25:50va ouvrir
25:51une nouvelle ère
25:52pour tout le Moyen-Orient.
26:01C'est la plus meurtrière
26:12et spectaculaire
26:13attaque
26:14de l'histoire
26:14du terrorisme.
26:15Avec près
26:32de 3 000 victimes,
26:33les Etats-Unis
26:34découvrent stupéfaits
26:35que le véritable ennemi
26:36n'est peut-être pas
26:37l'islamisme chiite
26:38de l'Iran
26:38et du Hezbollah.
26:41Mais plutôt
26:41le radicalisme sunnite
26:43incarné par Al-Qaïda
26:44et son leader,
26:46le chef saoudien
26:47Oussama Ben Laden.
26:52Le président George Bush Jr.,
26:54élu l'année précédente,
26:55doit réagir.
26:56We will not only deal
27:00with those who
27:01dare attack America,
27:07we will deal
27:09with those who harbor them
27:10and feed them
27:11and house them.
27:14Make no mistake about it.
27:16Underneath our
27:17our tears
27:20is the
27:23strong determination
27:26of America
27:26to win this war
27:28and we will win it.
27:37Dénué de toute expérience
27:39internationale,
27:41chrétien évangélique
27:42fervent,
27:43le président
27:43s'est entouré
27:44de néoconservateurs
27:45comme Dick Cheney,
27:46vice-président,
27:48ou Donald Rumsfeld,
27:49secrétaire à la défense.
27:50Selon eux,
27:55les États-Unis
27:55ont une mission.
27:57Défendre les valeurs
27:58américaines.
28:00Être prêts
28:00à intervenir
28:01partout dans le monde
28:02quand cela est nécessaire.
28:05Le 11 septembre
28:05agit comme un signal
28:06d'alarme.
28:08Un appel à agir.
28:09Je crois que
28:13le reste du monde
28:13et beaucoup aussi
28:15aux États-Unis
28:16ont sous-estimé
28:18combien le 11 septembre
28:19a été traumatique.
28:22Un immense traumatisme.
28:24Pour le gouvernement,
28:26cela a été
28:26un choc énorme.
28:28Et si ce drame
28:29a pu être possible,
28:32alors n'importe quoi
28:33d'autre peut arriver.
28:37Avec le 11 septembre,
28:39Bush a eu besoin
28:41de trouver sa propre voie,
28:42de trouver sa mission.
28:45Maintenant,
28:46il savait pourquoi
28:47il avait été élu.
28:55Le président définit
28:57l'objectif.
28:58Renverser le régime
28:59taliban en Afghanistan
29:00qui a accueilli,
29:02soutenu
29:02et financé Al-Qaïda
29:03depuis des années.
29:07Colin Powell
29:08à la tête
29:09de la diplomatie américaine
29:10doit préparer le terrain
29:11avant l'offensive.
29:14Lui,
29:15l'ancien chef d'état-major
29:16lors de la première guerre
29:17du Golfe,
29:17ne fait pas partie
29:18des néoconservateurs.
29:21Il comprend
29:22que son pays
29:23va devoir agir
29:24avec l'aide
29:24d'un partenaire
29:25très inattendu.
29:28Colin Powell,
29:29le secrétaire d'État,
29:31m'a demandé
29:31de travailler
29:32avec les groupes
29:33afghans d'opposition
29:34pour former
29:36un gouvernement
29:36qui succéderait
29:37aux talibans.
29:44J'ai compris
29:45qu'il fallait
29:45que je prenne contact
29:46avec les pays
29:48qui soutenaient
29:48l'opposition afghane.
29:52Il était clair
29:53pour moi
29:54qu'il fallait
29:55que je parle
29:56à l'Iran.
29:57C'était
29:58ma responsabilité.
30:00Colin Powell
30:00était d'accord.
30:01L'Iran.
30:06Solliciter
30:06l'aide
30:06de Téhéran,
30:07l'ennemi
30:08des États-Unis.
30:11C'est que
30:12la République
30:12islamique,
30:13en plus de partager
30:14près de 1000 km
30:15de frontières
30:15avec l'Afghanistan,
30:17est l'allié idéal
30:18pour abattre
30:18le régime taliban.
30:21Les talibans
30:22sont un groupe
30:23extrémiste
30:23anti-chiite,
30:24donc anti-iraniens.
30:27Ils ont massacré
30:28les Hazara,
30:29une minorité
30:29chiite
30:30en Afghanistan.
30:31Les Iraniens
30:39eux-mêmes
30:41avaient failli
30:41attaquer l'Afghanistan
30:42en 1998,
30:43après que les talibans
30:45ont détruit
30:45leur consulat
30:46à Mazari-Sharif
30:47et massacré
30:4810 diplomates
30:48iraniens
30:49et un journaliste.
30:51Donc,
30:51les Iraniens
30:51avaient développé
30:52une hostilité,
30:53une haine profonde
30:54envers les talibans.
30:56Nos intérêts
30:57coïncidaient,
30:58ce n'est pas
30:58qu'ils avaient besoin
30:59de coopérer,
31:00mais ils allaient
31:01coopérer
31:01pour la raison
31:02évidente
31:02que nous partagions
31:03des intérêts communs.
31:19Les premiers bombardements
31:20américains
31:21s'abattent
31:21sur l'Afghanistan
31:22le 7 octobre 2001.
31:23L'opération
31:26Liberté immuable
31:27vient de débuter.
31:36Un mois plus tard,
31:38l'Alliance du Nord,
31:39la principale coalition
31:40d'opposition aux talibans,
31:41prend Kaboul
31:42avec l'aide
31:43des troupes américaines
31:44soutenues
31:45et appuyées
31:45par l'Iran.
31:46Les Américains
31:58sont entrés
31:59en Afghanistan
31:59uniquement grâce
32:01au soutien
32:01des gardiens
32:02de la révolution
32:02et au fait
32:03que tous les groupes
32:05de l'Alliance du Nord
32:06œuvraient avec
32:07les gardiens
32:07de la révolution.
32:08Mais l'administration
32:17Bush ne veut y voir
32:18qu'un fait secondaire.
32:22La défaite
32:22des talibans
32:23est d'abord
32:23et avant tout
32:24la démonstration
32:25de la toute-puissance
32:26de l'armée américaine.
32:31Maintenant,
32:32il est urgent
32:32de bâtir
32:32l'Afghanistan
32:33de demain.
32:37Début décembre
32:372001,
32:38une conférence
32:39internationale
32:40s'ouvre à Bonn
32:40réunissant
32:41toutes les factions
32:42afghanes.
32:43Washington
32:43est à la manœuvre.
33:01Là encore,
33:02Téhéran
33:03entend jouer
33:03un rôle central.
33:05C'est Mohamed Zarif,
33:07le délégué iranien
33:08qui va obtenir
33:09des factions afghanes
33:10un compromis
33:11pour la mise en place
33:11d'un gouvernement
33:12intérimaire,
33:14ainsi que l'adoption
33:14d'une déclaration finale.
33:17Je lisais le document
33:19et Zarif a dit
33:21qu'il pensait
33:21que c'était
33:22un bon document
33:23mais qu'il manquait
33:24deux éléments.
33:25Il a dit d'abord
33:26« Il n'y a pas de mention
33:28à la démocratie
33:29et aux élections libres.
33:31Ne pensez-vous pas
33:31qu'il faudrait engager
33:32les Afghans
33:33à adopter
33:34un gouvernement démocratique ? »
33:37J'étais bien sûr d'accord.
33:39Et Zarif a dit
33:41« Bien,
33:42il n'y a pas de référence
33:44au terrorisme international. »
33:48Là encore,
33:49c'était un ajout
33:50auquel je n'avais pas
33:51d'objection.
33:53J'ai été d'accord.
33:54Et j'ai vu Zarif
33:59avec une certaine lueur
34:01dans les yeux.
34:03Il était sans doute
34:04sincère dans ses propositions
34:05mais cela l'amusait aussi
34:08que ses références
34:09à la démocratie
34:10et la lutte
34:10contre le terrorisme
34:11viennent de l'Iran
34:13et non pas des États-Unis.
34:20Les Iraniens jubilent.
34:22Dix ans après leur mise au banc
34:23de la conférence de Madrid,
34:25c'est une belle revanche.
34:27La preuve qu'ils peuvent
34:28jouer un rôle stabilisateur
34:29sur la scène internationale
34:31si on leur en laisse l'occasion.
34:33La preuve qu'ils ne méritent pas
34:34les sanctions
34:34qui pèsent sur leur économie.
34:40Les Iraniens m'ont confié
34:41qu'ils étaient intéressés
34:42à un dialogue plus large.
34:44Je leur ai dit
34:44que je n'étais autorisé
34:45à négocier
34:46que sur l'Afghanistan
34:47mais que je transmettrais
34:48le message.
34:53Le message n'ira nulle part.
34:57Dans cette Amérique post-11 septembre,
34:59l'avantage
35:00est aux néo-conservateurs,
35:02c'est-à-dire
35:02au vice-président Chenet
35:03et au secrétaire
35:04à la défense Rumsfeld,
35:06pour qui cette collaboration
35:07avec l'Iran
35:07n'est que tactique,
35:09donc provisoire.
35:10Dick Chenet et Don Rumsfeld
35:14ont mis la main
35:14sur le processus.
35:17À chaque fois que l'Iran
35:18était à l'ordre du jour
35:19du Conseil national
35:21de sécurité,
35:22Dick Chenet s'assurait
35:24que le système dysfonctionne
35:25afin qu'il n'y ait pas
35:27de discussion sur l'Iran.
35:29Il n'y en a jamais eu.
35:34Les décisions étaient donc
35:35prises par défaut.
35:36On ne parle pas au diable.
35:38C'est ce que disait Dick Chenet.
35:40Et le diable,
35:49c'est donc l'Iran.
35:51Mais c'est aussi
35:51la Corée du Nord
35:52et surtout l'Irak
35:54de Saddam Hussein.
35:55Thank you very much.
36:01States like these
36:03and their terrorist allies
36:05constitute an axis of evil
36:07arming to threaten
36:09the peace of the world
36:10by seeking weapons
36:12of mass destruction.
36:14These regimes pose
36:15a grave
36:16and growing danger.
36:18The United States of America
36:20will not permit
36:21the world's most dangerous
36:22regimes
36:23to threaten us
36:24with the world's most
36:25destructive weapons.
36:26With this discourse
36:36on the axis of evil,
36:37Bush
36:37ferme donc
36:38definitively
36:39the door
36:39to all rapprochement
36:40with the Iran.
36:40Telle est la nouvelle
36:45politique étrangère
36:46qui l'entend imposer
36:46au Moyen-Orient.
36:48La guerre contre la terreur
36:49est le nouveau mantra.
36:52Il s'agit de changer
36:52par la force
36:53les régimes
36:54qui ne lui sont pas favorables
36:55pour les remplacer
36:56par des pouvoirs
36:57qui lui sont acquis.
36:58Il y a une ironie ici.
37:03Le terrorisme
37:04est un instrument,
37:05un moyen,
37:05pas une idéologie.
37:08Il se peut
37:08qu'une idéologie
37:09utilise le terrorisme
37:10et donc on peut
37:12entrer en guerre
37:12contre cette idéologie.
37:14Mais faire la guerre
37:15au terrorisme,
37:16ça n'a aucun sens.
37:18Alors le gouvernement
37:19a résolu cela
37:20en disant
37:21que c'est une guerre
37:22contre ceux
37:22qui soutiennent
37:23le terrorisme.
37:24Bush a dit
37:25qu'il ne ferait
37:26pas de distinction
37:27entre ceux
37:27qui commettent
37:28des actes terroristes
37:29et ceux
37:30qui les aident.
37:35On commence
37:35avec l'Irak,
37:36puis la Syrie,
37:37puis l'Iran,
37:39éventuellement
37:39le Liban et l'Egypte.
37:41Toute la région
37:42devait être
37:43en pleine instabilité
37:44pour empêcher
37:45Arabes et Perses
37:47de s'unir
37:48et donc
37:49d'attaquer Israël.
37:57Donc tout cela,
38:02tout ce chaos
38:03devait garantir
38:04la sécurité
38:05d'Israël,
38:06ce qui est assez
38:07contre-intuitif
38:08si on y pense
38:09sérieusement.
38:09Mais c'est ce qu'ils voulaient.
38:11Je l'ai entendu
38:12si souvent
38:12lors des briefings,
38:13ils voulaient ce chaos.
38:14Ainsi,
38:27le 1er mai 2003,
38:29l'objectif initial
38:29est atteint.
38:32En écrasant
38:33le régime
38:33de Saddam Hussein,
38:35Bush-Fiss
38:35met un point final
38:36à la campagne
38:37initiée par son père
38:38en 1991,
38:39lors de la première
38:40guerre du Golfe.
38:40Il peut exulter
38:46au milieu
38:46de ses soldats.
38:48Rien ne semble
38:48pouvoir lui résister.
38:53Honnêtement,
38:54quand les USA
38:55ont envahi
38:56l'Afghanistan
38:56puis l'Irak,
38:59avec le faux argument
39:00de la présence
39:01d'armes
39:01de destruction
39:02massive en Irak
39:03et en mentant
39:05sur les liens
39:06entre Al-Qaïda
39:06et Saddam Hussein,
39:08les Iraniens
39:09se sont dit
39:09que les Américains
39:10allaient
39:10essayer de déstabiliser
39:12l'Iran
39:12ou même
39:13de l'envahir.
39:25Donc,
39:27depuis l'invasion
39:28de l'Irak,
39:29l'Iran se préparait
39:30à une invasion,
39:32à une attaque américaine
39:33ou à toute forme
39:34de conflit
39:34en tout cas.
39:35Trois jours
39:46après la victoire
39:47américaine
39:47en Irak,
39:48Téhéran
39:49prend une initiative
39:50stupéfiante.
39:53Une initiative
39:54qui pourrait bien
39:54tout changer
39:55au Moyen-Orient.
39:59Il s'agit
40:00d'un fax
40:00parvenu au département
40:02d'État
40:02à Washington
40:02grâce à un intermédiaire,
40:04Tim Guldiman.
40:06C'est l'ambassadeur
40:06suisse à Téhéran.
40:08Il représente
40:09les intérêts
40:09des États-Unis
40:10en Iran
40:10depuis la fermeture
40:11de leur ambassade
40:12en 1979.
40:15Le document
40:16est à peine
40:16croyable.
40:18Il propose
40:19d'ouvrir
40:19la discussion
40:20sur les liens
40:20avec le Hamas
40:21et le djihad islamique,
40:23le désarmement
40:24du Hezbollah,
40:26les armes
40:26de destruction massive,
40:27en échange
40:29de la levée
40:29des sanctions,
40:31de la reconnaissance
40:32de son rôle
40:32dans la région,
40:33de l'accès
40:34aux technologies
40:34occidentales,
40:35notamment le nucléaire
40:36civil.
40:37Alors à Washington,
40:38on s'interroge.
40:40Pourquoi le guide
40:40suprême,
40:41si inflexible,
40:43soutiendrait-il
40:43une telle démarche ?
40:47Je crois que certains,
40:49au cœur du système
40:50iranien,
40:51étaient arrivés
40:52à la conclusion
40:52que les petits pas
40:53n'avaient mené à rien.
40:56La seule façon
40:57de débloquer
40:58la situation
40:58était de proposer
41:00une offre globale.
41:01Et ils avaient passé
41:02beaucoup de temps
41:03à réfléchir,
41:04à tester des idées
41:05et définir
41:05les propositions
41:06politiques de Téhéran.
41:11Mais au département
41:12d'État,
41:13la même où s'est nouée
41:14la collaboration
41:14avec l'Iran
41:15sur l'Afghanistan,
41:17personne ne veut croire
41:18au sérieux du document
41:19transmis par le diplomate
41:20suisse.
41:23Je me souviens
41:24de ce fax.
41:26Le secrétaire d'État
41:27Powell et moi,
41:28on en a eu une copie
41:29et on en a parlé.
41:31Notre point de vue,
41:33c'était que l'ambassadeur
41:34suisse qui défendait
41:35nos intérêts
41:36à Téhéran
41:36était connu
41:38comme quelqu'un
41:39d'un peu trop optimiste
41:40sur sa capacité
41:42à régler
41:42ce genre de problème.
41:47bref,
41:48nous étions assez
41:49sceptiques
41:49concernant cette affaire.
41:54Je crois
41:55qu'il y avait
41:55aussi le fait
41:56que l'hubris
41:57des États-Unis
41:58était alors
41:58à son sommet.
42:00Il venait juste
42:02d'écraser
42:02les talibans
42:03puis Saddam Hussein.
42:04Donc,
42:07maintenant,
42:08faisons de l'Irak
42:09une démocratie
42:10et le régime iranien
42:11va s'effondrer
42:12ou nous faire
42:13une offre
42:13encore meilleure.
42:16Il y avait l'idée
42:16que la marge
42:17de manœuvre
42:18ne cessait d'augmenter
42:19et donc,
42:20il n'y avait
42:21pas d'urgence.
42:22La politique américaine
42:25à l'égard de l'Iran
42:26est et a toujours été
42:28d'une grande continuité.
42:29A chaque fois
42:36que l'Iran
42:37est venu en aide
42:38aux États-Unis,
42:39leur réponse
42:40a été de nous lancer
42:41une grande gifle.
42:43Donc,
42:44l'impact en Iran
42:45a été particulier.
42:47Certains ont été choqués,
42:49certains non
42:49et d'autres pas étonnés.
42:51Mais en fin de compte,
42:53tout le monde est d'accord
42:54sur le fait
42:54que l'Amérique
42:55est hypocrite,
42:56perfide
42:57et cherche à nous tromper.
42:59Après l'exclusion
43:07de la conférence de Madrid
43:08et le discours
43:10sur l'axe du mal,
43:11pour Téhéran,
43:12ce nouveau refus
43:13d'engager le dialogue
43:14est bien la preuve
43:15que Washington
43:15est toujours
43:16sur la même ligne,
43:19celle d'un changement
43:19du régime en Iran.
43:25Alors,
43:25pour protéger
43:26la République islamique,
43:27l'ayatollah Khamenei
43:28prend une décision
43:29radicale.
43:32Il décide
43:33d'accélérer
43:33le programme
43:34d'enrichissement
43:34d'uranium
43:35dans des proportions
43:36jamais encore atteintes
43:37et acquérir
43:38dès que possible
43:39la bombe nucléaire.
43:40Un homme a décidé de changer
44:03l'équation des relations
44:04entre son pays
44:05et l'Iran.
44:05A peine trois mois
44:09après son entrée
44:10en fonction,
44:11Barack Obama
44:11s'adresse directement
44:12à l'Iran
44:13pour le nouvel an
44:14Perse.
44:15C'est une première
44:16dans l'histoire
44:16des deux pays.
44:17Le nouveau président
44:29est l'antithèse
44:30de son prédécesseur.
44:34Démocrate convaincu,
44:35opposé à l'invasion
44:36de l'Irak en 2003,
44:38il croit au multilatéralisme,
44:39à la force de la diplomatie
44:41pour empêcher l'Iran
44:42d'acquérir
44:43un armement nucléaire.
44:48Et éviter qu'Israël
44:50soit tenté
44:50d'attaquer Téhéran.
44:52Ce serait alors
44:52tout le Moyen-Orient
44:53qui sombrerait
44:54dans le chaos.
44:58Le président a accordé
44:59une priorité absolue
45:00à l'Iran.
45:01C'était d'intérêt national.
45:03Si l'Iran avait la bombe,
45:05c'était un danger
45:05pour la région,
45:06l'Europe,
45:07même les États-Unis.
45:08On voulait fournir
45:10à l'Iran
45:11une porte de sortie
45:12et une possibilité
45:14de revenir
45:14à un respect
45:15des règles
45:16que tout le monde
45:17appliquait,
45:18mais pas l'Iran.
45:20Et la diplomatie
45:21faisait partie
45:21de la stratégie.
45:23Elle n'était pas
45:24le seul élément.
45:25C'était une stratégie
45:26multidimensionnelle
45:27avec plusieurs formes
45:29de pression
45:29et qui comportait
45:31un volet militaire.
45:35Dès le début
45:36de son mandat,
45:37le président Obama
45:38était clair.
45:39Il était prêt
45:39à utiliser
45:40tous les moyens
45:41à sa disposition
45:41pour empêcher
45:42l'Iran
45:43de se doter
45:43de l'arme nucléaire.
45:45Il a souvent
45:46utilisé cette phrase
45:47« Toutes les options
45:48sont sur la table ».
45:49Cela signifiait
45:50qu'il était prêt
45:51à utiliser
45:51la force militaire
45:52pour empêcher
45:53l'Iran
45:53d'avoir la bombe.
45:57Mais Benyamin Netanyahou
45:58ne croit pas
45:59à l'option militaire
46:00d'Obama
46:00en cas d'échec
46:01des négociations.
46:05À ses yeux,
46:06le président américain
46:07ignore tout du Moyen-Orient
46:08alors que lui
46:09est un dirigeant expérimenté.
46:13Issu d'un milieu
46:14sioniste très conservateur,
46:16ancien responsable
46:17d'un commando d'élite,
46:18il a déjà dirigé
46:19le pays dix ans plus tôt,
46:20avec toujours
46:21la même ligne de conduite,
46:23ne jamais transiger
46:24sur la sécurité
46:24d'Israël.
46:27Il s'affirme prêt
46:28à détruire
46:29les installations
46:29d'enrichissement
46:30d'uranium en Iran
46:31sans l'accord
46:32de Washington.
46:34Israël pouvait agir
46:35sans l'aval
46:36des États-Unis.
46:38Ils n'ont jamais
46:38dissimulé leur opposition
46:39à une opération
46:40comme celle-là.
46:41Ils la trouvaient
46:42néfaste.
46:43Mais je me souviens
46:44de discussions
46:45avec Bush et Obama
46:46entre quatre yeux
46:47ou avec leur conseiller
46:48en sécurité
46:49qui prenaient
46:50quelques notes.
46:51Je leur ai clairement dit
46:52quand nous arrivons
46:54à un stade critique
46:55pour la sécurité
46:55et l'avenir
46:56de l'État d'Israël
46:57et pour celui
46:58du peuple juif,
46:59nous n'allons pas
47:00déléguer la responsabilité
47:01à quelqu'un d'autre
47:02ni même
47:03à nos plus proches alliés
47:04que vous êtes.
47:05Nous n'allons pas
47:05vous donner cela.
47:08Nous allons prendre
47:09en toute souveraineté
47:10une décision
47:11selon nos propres
47:12considérations.
47:18Pour Netanyahou
47:19et Ehud Barak,
47:21l'intervention militaire
47:22est donc la seule façon
47:23d'empêcher l'Iran
47:24d'acquérir la bombe.
47:26Mais avant d'agir,
47:28ils doivent obtenir
47:29l'accord des principaux
47:29ministres
47:30et des plus hauts
47:31responsables de l'armée
47:32et du renseignement.
47:34Pour être légitime,
47:36cette décision historique
47:37d'attaquer l'Iran
47:38doit réunir
47:39un large consensus.
47:41C'est impératif.
47:43Je pensais
47:44que l'option militaire
47:44n'était pas la bonne,
47:45pas parce qu'il était
47:46techniquement impossible
47:47de le faire,
47:48mais parce qu'il n'y avait
47:49pas de consensus américain.
47:51Il n'y avait pas
47:51leur soutien.
47:53Même si on parvenait
47:53à détruire
47:54certaines installations,
47:55cela ne résoudrait
47:56pas le problème.
47:57Cela ne ferait que
47:58démanteler la coalition
47:59mise en place
48:00par Obama.
48:03L'Israël n'avait pas
48:04la capacité
48:05d'éliminer
48:06cette menace
48:06totalement.
48:08On pouvait retarder
48:09le processus,
48:09l'affaiblir,
48:10mais parfois,
48:11ça peut être pire,
48:12je l'ai déjà dit.
48:13On accélère quelque chose
48:15sur lequel on n'a
48:16aucun contrôle.
48:21Minoritaires,
48:22les deux leaders israéliens
48:23ne peuvent passer
48:24à l'action.
48:26Obama n'est pas rassuré
48:27pour autant.
48:28S'il veut obtenir
48:29un accord avec l'Iran
48:30avant que Netanyahou
48:31ne parvienne à convaincre
48:32son cabinet
48:32de le suivre
48:33sur la voie de la guerre,
48:35il doit reprendre la main.
48:40Fin 2012,
48:42il engage
48:42dans le plus grand secret
48:43des négociations directes
48:45avec l'Iran.
48:47Réunions confidentielles
48:48et rencontres publiques
48:49se succèdent.
48:51Un accord se rapproche.
48:52Alors le 3 mars 2015,
48:57Netanyahou tente
48:58une ultime manœuvre
48:59pour faire échouer
49:00le processus.
49:05Il se rend à Washington
49:06devant le Congrès
49:07où il se livre
49:08à une véritable charge
49:09contre la politique
49:10de son plus fidèle allié,
49:12du jamais vu
49:13dans l'histoire
49:14des relations
49:14entre les deux pays.
49:15Mesdames et Messieurs,
49:19j'ai venu ici
49:23aujourd'hui
49:23que nous n'avons pas
49:24de bet
49:24la sécurité
49:25de la monde
49:26sur la hope
49:27que l'Iran
49:28va changer
49:28pour le meilleur.
49:30Nous n'avons pas
49:30de gamble
49:31avec notre future
49:32et avec notre
49:33enfants.
49:35Donc,
49:35ce deal
49:36ne va pas changer
49:36l'Iran
49:36pour le meilleur.
49:38Il va only changer
49:39le Middle East
49:40pour le worse.
49:45Nous étions physiquement
49:47avec les Iraniens
49:48et nous avons regardé
49:50le discours
49:50avec des membres
49:51de la délégation iranienne.
49:53Je ne dis pas
49:54que c'était devenu
49:54le sujet premier
49:55de nos quatre jours
49:56de discussion,
49:57mais on en a bien sûr
49:59beaucoup parlé
49:59de cette opposition
50:00d'Israël à l'accord.
50:03Le fait est que
50:04le Premier ministre
50:05Netanyahou
50:06a le droit de critiquer
50:07et dire publiquement
50:08qu'il n'est pas d'accord.
50:10Mais venir dans le temple
50:12de la politique américaine
50:13et s'exprimer
50:14de cette façon
50:15était assez extraordinaire.
50:22Mais la manœuvre
50:23du leader israélien
50:24tourne court.
50:26Son discours
50:26ne change rien.
50:28Obama
50:28remporte la partie.
50:34Quatre mois plus tard,
50:35le 14 juillet 2015,
50:37l'accord sur le nucléaire
50:38est signé.
50:42Téhéran est représenté
50:43par son ministre
50:44des Affaires étrangères,
50:45un certain
50:46Mohamed Zarif,
50:48l'homme de la coopération
50:49avec les Etats-Unis
50:50contre les talibans
50:51en 2001.
50:51Je crois que c'est un moment historique
50:56historique.
50:58Nous sommes atteints
50:59d'un accord
51:00qui n'est pas parfait
51:01pour personne,
51:03mais c'est ce que nous
51:04pouvons accomplir.
51:05Et c'est un projet
51:07important pour tous.
51:08Aujourd'hui,
51:09il pourrait y avoir
51:11l'end de la hope
51:13sur ce sujet,
51:14mais maintenant,
51:15nous commençons
51:16un nouveau chapitre
51:17d'espoir.
51:24L'Iran accepte
51:25de limiter son programme
51:26d'enrichissement d'uranium
51:27à la seule dimension civile
51:28et renonce à la bombe.
51:32En échange,
51:34il obtient la levée
51:34progressive des sanctions
51:35qui asphyxiaient
51:36son économie.
51:37Pour la grande majorité
51:46des Iraniens,
51:48cet accord soulève
51:49un immense espoir.
51:52Leur pays peut enfin
51:53entrer dans la mondialisation.
51:58Pour Netanyahou,
51:59c'est un désastre.
52:01Renforcée et légitimée,
52:03la République islamique
52:04est maintenant incontournable
52:05au Moyen-Orient.
52:07et Israël plus isolée
52:08que jamais.
52:14Mais cette dynamique nouvelle
52:16entre l'Iran
52:17et les Etats-Unis
52:18n'aura été qu'une courte
52:19parenthèse.
52:37plus dangerée.
52:39Cette décision du président Trump
52:39constitue une nouvelle étape
52:54de la longue histoire
52:55des relations entre l'Iran,
52:57d'une part,
52:58et les Etats-Unis
52:58et Israël, d'autre part.
53:00Depuis l'avènement de la république islamique en 1979, la guerre n'a finalement pas éclaté entre Washington et Téhéran
53:12Mais le dialogue ne s'est pas imposé non plus
53:15Les deux ennemis ont toujours échoué à dépasser leurs différents historiques
53:18Et à se considérer comme de véritables interlocuteurs
53:22De son côté, Israël perçoit l'Iran comme une menace chaque jour plus radicale, plus mortelle
53:34Tant que la théocratie chiite ne reconnaîtra pas l'état hébreu, rien ne sera possible
53:39Alors depuis plus de 40 ans, c'est un état de guerre qui s'est imposé
53:47Depuis plus de 40 ans, la logique mortifère de l'affrontement
53:51Le mépris de l'altérité, l'exhortation à la haine l'ont toujours emporté
53:56Comme si la désintégration devait être la règle
53:59Comme si des fronts multiples devaient apparaître sans cesse
54:03Et empêcher, toujours, les logiques d'ouverture et de paix de l'emporter
54:09Comme si la désintégration à la haine l'ont d'ouverture et de paix de l'autérité
54:14Comme si la désintégration à la haine l'ont d'ouverture et de paix de l'autérité
54:19Comme si la désintégration à la haine l'ont d'ouverture et de paix de l'autérité
54:24Comme si la désintégration à la haine l'ont d'ouverture et de paix de l'autérité
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