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  • il y a 4 mois
Le CHU de Montpellier se mobilise à l'occasion de "Septembre Jaune", mois dédié à la prévention du suicide. 200.000 tentatives sont recensées chaque année en France en particulier chez les jeunes.

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00:00Ici Mata
00:00Le CHU de Montpellier se mobilise à l'occasion de Septembre Jaune,
00:05mois dédié à la prévention du suicide.
00:08200 000 tentatives chaque année en France, en particulier chez les jeunes.
00:12On en parle, Sébastien Garnier, avec votre invitée, une psychiatre de l'hôpital de Montpellier.
00:16Le docteur Lucille Villain, bonjour.
00:18Bonjour.
00:19Je rappelle donc que vous êtes coordinatrice médicale du numéro d'appel 3114,
00:23on en parlera tout à l'heure de ce numéro national de prévention du suicide.
00:27D'abord, petite question, on parle beaucoup du suicide en France,
00:31est-ce qu'on est plus touché qu'ailleurs ou est-ce que le suicide c'est un phénomène mondial ?
00:35Alors le suicide c'est un phénomène mondial.
00:39On est touché en France plus particulièrement, oui, si on compare aux pays d'Europe.
00:46Après c'est des chiffres qui peuvent être un peu compliqués à analyser.
00:50Mais ce qui est important, je pense, à garder en tête, c'est que le chiffre est en diminution.
00:54C'est-à-dire qu'on a une baisse de 20% des décès par suicide sur les 20 dernières années.
00:59Ce qui montre qu'en menant des actions de prévention, on est efficace.
01:02Donc c'est là-dessus, je pense qu'il faut se concentrer.
01:04Il y en aura aujourd'hui à l'hôpital Saint-Éloi, on va en parler aussi.
01:08On en parle de ce suicide, là c'est le mois septembre jaune, c'est l'occasion d'en parler.
01:13Mais est-ce que ça reste malgré tout quand même un sujet tabou dont il est difficile de parler avec son entourage ?
01:18De mon point de vue, oui.
01:20Et quand on le voit dans le regard que peut porter la presse, quand on va auprès des gens,
01:25oui, on voit que c'est un sujet qui est compliqué à aborder.
01:28Parce qu'on a encore la crainte que de parler d'idées suicidaires, ça génère ces idées-là chez la personne qui peut être en souffrance.
01:36Alors qu'en fait, parce que quelqu'un qui a des idées suicidaires, c'est avant tout quelqu'un qui souffre.
01:43Et au contraire, si on va lui poser des questions sur comment il va et qu'on peut creuser un peu,
01:47lui, ça lui permet de se sentir entendu, d'avoir un certain soulagement, de partager ses difficultés.
01:53Donc non, c'est très important de pouvoir libérer la parole sur le sujet pour que ça devienne quelque chose du quotidien
01:58et que le 31-14, par exemple, soit un numéro aussi connu que le SAMU qu'on peut solliciter quand il y a des difficultés psychiques.
02:057 jours sur 7, 24 heures sur 24.
02:07Tout à fait.
02:08Il ne faut pas hésiter à décrocher son téléphone.
02:11On a parlé un peu plus tôt, dans cette matinale, de cette enquête de la mutualité française,
02:16de l'Institut Montaigne et de l'Institut Terram, qui nous dit que 31% des jeunes,
02:20je crois que c'est entre 15 et 29 ans, ont eu, alors pas forcément des idées suicidaires,
02:26mais ont eu envie de se faire du mal dans les 15 jours.
02:29Du moins, ils en ont parlé, ils l'ont évoqué, dans les 15 jours avant qu'on les interroge.
02:33Est-ce que c'est un chiffre qui vous surprend ?
02:3531%, donc c'est effectivement des idées de se faire du mal ou autour de la mort.
02:39Ce n'est pas forcément des chiffres qui me surprennent.
02:42Encore une fois, entre les idées et le passage à l'acte, il y a aussi tout un panel de possibilités.
02:48Je pense qu'il est important à retenir, c'est qu'on a une certaine cohérence,
02:52c'est-à-dire qu'on voit aussi, nous, sur les indicateurs de prise en charge aux urgences,
02:56sur les indicateurs de consultation, sur les indicateurs aussi de sollicitations,
03:00des associations, des maisons, des trucs de soutien pour les jeunes,
03:05qu'il y a une augmentation.
03:06Donc ça veut dire qu'ils vont chercher de l'aide.
03:08Et ça, c'est hyper important.
03:09C'est-à-dire que c'est, ok, ils identifient que ça ne va pas,
03:11mais ils vont chercher des solutions, chercher de l'aide auprès des structures qui existent,
03:15que ce soit médicales, mais aussi associatives.
03:18Et ça, c'est hyper positif.
03:19Ça change, parce que pour le coup, pour les populations plus âgées qui sont très à risque,
03:23et les hommes qui sont aussi très à risque, on n'a pas cette cohérence entre les deux.
03:27C'est-à-dire qu'ils décèdent plus, mais ils ne vont pas consulter.
03:29Alors que les jeunes, déjà, ce qui est rassurant, c'est quand même que globalement, ils vont bien.
03:33Il y a 85% des jeunes qui disent que leur santé mentale va bien.
03:37Ils ont aussi le droit d'aller bien, et que ceux qui vont mal vont chercher les soins dont ils ont besoin.
03:43Donc ça, c'est chouette.
03:44Et aussi, au niveau des indicateurs de décès par suicide,
03:47on n'a pas d'augmentation des décès par suicide chez les jeunes.
03:50Ça reste la population qui décède le moins par suicide.
03:53Quels sont les signes qui doivent alerter, je pense aux parents, aux grands-parents qui nous écoutent ce matin ?
03:57Est-ce qu'il y a des choses qui doivent mettre la puce à l'oreille, en disant « tiens, là, il ne va pas bien ».
04:02Alors, de manière générale, au-delà des jeunes, souvent, c'est quand, déjà,
04:05on observe une différence par rapport à son fonctionnement habituel.
04:09Potentiellement, quelqu'un qui va être un peu plus fermé, replié sur soi,
04:13avoir des difficultés à se concentrer, à mémoriser,
04:16qui peut aussi, tout simplement, verbaliser une souffrance, verbaliser que ça ne va pas.
04:20Et c'est important, ça, de pouvoir l'entendre, de ne pas forcément dire
04:23« mets-toi un coup de pied au cul, il va faire ci, il faut que ».
04:26Parce que ça peut, au contraire, un peu faire...
04:29La personne ne va pas se sentir légitime à la souffrance qu'elle ressent.
04:33Et puis aussi, des troubles du sommeil, des choses comme ça.
04:35Plus spécifiquement chez les jeunes, ça peut être l'impact aussi sur les études,
04:39qui peut être un indicateur du fait que ça n'aille pas.
04:41Mais c'est surtout entendre les...
04:43Souvent, il y a des perches qui sont lancées.
04:46Et puis, des fois, la difficulté, ça peut être que les signes, ils sont un peu partout.
04:49Donc, c'est compliqué de les voir, vu que ça va être vraiment des petits indices.
04:52Donc, des fois, aussi, poser la question aux amis, à d'autres sphères,
04:55qui peuvent, eux, peut-être identifier plus de choses.
04:58Mais de toute façon, on ne peut pas lutter seul contre le suicide.
05:01Il faut en parler.
05:02S'il y a une inquiétude, il faut en parler aux autres.
05:04Et il ne faut pas hésiter à appeler le 31-14,
05:06parce que c'est même pour les proches qui peuvent nous solliciter.
05:09Et dans ces cas-là, nous, on peut déclencher une évaluation de la personne pour laquelle ils sont inquiets.
05:13Le 31-14, et puis donc, ces actions, ces stands ouverts au grand public,
05:18notamment aujourd'hui à l'hôpital Saint-Éloi, de 9h à 16h,
05:21on y va, on pousse la porte et on dit ce qu'on a envie de dire.
05:24Exactement.
05:25L'idée, c'est vraiment de pouvoir essayer de contribuer à lever le tabou.
05:28Donc, il va y avoir ces stands sur les hôpitaux, comme vous l'avez dit.
05:31Il va aussi y avoir un stand sur l'esplanade à Montpellier, le 10 septembre.
05:35Qui sera la journée...
05:36Qui sera la journée vraiment internationale de prévention du suicide.
05:41Et puis, le 11 septembre, le soir, à la Gazette Café,
05:44on organise une soirée avec des présentations et des échanges,
05:49avec des spécialistes et aussi des témoignages autour de la prévention du suicide,
05:54pour pouvoir un peu contribuer à libérer la parole.
05:57On aura l'occasion d'en reparler.
05:58Merci de nous avoir éclairé, Dr Lucille Villain, psychiatre au CHU de Montpellier,
06:02et donc coordinatrice médicale du numéro national de prévention du suicide, le 3114.
06:09Bonne journée à vous.
06:10Il est 7h53, l'actu de l'héros en France et dans le monde,
06:14à tout moment sur ici.fr et l'application ici.

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