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  • il y a 4 mois
Le 6 décembre 2017, au lendemain de sa disparition, France 2 consacre une émission spéciale d’Alcaline à Johnny Hallyday. Artistes, proches et admirateurs rendent hommage au rockeur légendaire, retraçant sa carrière et son influence unique sur la musique française.

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Musique
Transcription
00:00...
00:00Alcaline rend évidemment hommage à Johnny Hallyday.
00:15Johnny était né en 1943 à Paris et il vient de s'éteindre non loin de là,
00:19dans sa maison de Marne-la-Coquette.
00:21L'idole des jeunes a fini par succomber à cette saleté qui le rongeait depuis l'an dernier.
00:24Il avait 74 ans.
00:26Johnny était sans conteste le roi du rock en français.
00:28On l'appelait le taulier et ce n'était pas usurpé.
00:31Sur près de six décennies, Johnny a communié avec un public qui ne l'a jamais abandonné.
00:36Johnny Hallyday, ça rime avec fidélité.
00:43Ado gominé, période yéyé, beau et bronzé façon hippie, option cuir clouté,
00:47monolithe national ou héros buriné, Johnny a grandi et vieilli sous les projecteurs.
00:52Enfant de la balle, le petit Jean-Philippe Smet se fait une éducation sur les pavés du 9e arrondissement de Paris.
01:02Les chiens ne font pas des chats, Johnny sera musicien.
01:05Gamin timide, c'est guitare à la main que le public français le découvre à la télé.
01:08Je voudrais bien poser des questions à mon filleul, mais je vous préviens tout de suite,
01:12aimé, il répond par oui ou par non.
01:16Hein ?
01:16C'est monsieur oui, non ?
01:17C'est monsieur oui, non ?
01:18Ma mère me dit régulièrement, tu ne fais rien, tu perds ton temps.
01:23Il ferait mieux de travailler au lieu de...
01:26Le succès n'est pas instantané, mais il ne va pas tarder,
01:28et c'est avec des adaptations de rock américain signé Eddie Cochran et Chuck Berry que Johnny va devenir Johnny.
01:35Souvenir, souvenir, de nos jours de l'été, lorsque nous partions cueillis, mille fleurs, mille baisers...
01:44A la même époque, il y a Dick, Jacques et Eddie, mais l'idole des jeunes, c'est désormais Johnny.
01:49Sur sa route, il croise à cette époque les grands du rock anglo-saxon, Hendrix, Dylan ou les Stones.
01:53Hey Joe !
01:56Désormais, Johnny ne se contentera plus de chanter des versions françaises adaptées de rock anglais.
02:03Hallyday a aussi compris qu'il fallait être bien entouré.
02:06Le journaliste et écrivain Philippe Labreau se fait parolier pour son copain Hallyday.
02:10Oui Jésus, Jésus crie, oh Jésus crie est un hibri.
02:18La paix, elle viendra injure pour te bloquer le cœur.
02:24C'est en Mad Max clouté que le taulier fait son entrée dans les années 80.
02:29A pied, en Harley ou en camion, le cap des 20 ans de carrière aurait pu être fatal à Johnny.
02:34Mais sa rencontre avec le musicien Michel Berger donne un nouveau souffle à sa carrière.
02:39Berger, le Pygmalion, offre à Johnny un disque sur mesure, des textes pétris de cette mythologie américaine,
02:44comme dans une pièce de Williams, Tennessee.
02:47On a tous quelque chose en nous de Tennessee, cette volonté de prolonger la nuit, ce désir fou de vivre.
02:59Et nous, on a tous quelque chose de Johnny.
03:02Le chanteur à la quarantaine bien tassé et personne ne peut plus le détrôner.
03:06Tous derrière et lui devant.
03:07L'album Gang, signé Jean-Jacques Goldman, assoit un peu plus Johnny au firmament.
03:12Ses tournées n'ont rien à envier aux artistes américains.
03:14Johnny ne manque pas de courage.
03:16Lui, son problème, c'est plutôt l'envie.
03:17Peut-être le texte qui a touché au plus juste Johnny, la solitude du héros, vénéré et adulé, archange sacrifié sur l'autel du succès.
03:47Pas un soir sans la chanter depuis.
03:56Johnny n'avait plus 20 ans depuis bien longtemps, mais ses derniers albums, c'est avec de jeunes musiciens qui les a réalisés.
04:01Yodelis, Mathieu Chédid et Yarole Pouco, son directeur musical jusqu'à aujourd'hui.
04:06Le 20 novembre 2014, Alcaline, le magazine, recevait le grand Johnny.
04:11Entre confidences, souvenirs et sourires, voici Johnny en quelques morceaux choisis.
04:17On a qui l'envie, une requête de rire comme Dieu ?
04:22Bonsoir Johnny Hallyday.
04:24Bonsoir.
04:25Nous sommes ravis et honorés de vous recevoir dans Alcaline.
04:28Bienvenue.
04:29Merci.
04:29Merci d'être là.
04:30Alors vous êtes né à Paris en 1943, vous y avez grandi.
04:33Quelle enfance vous avez eue ? Une enfance solitaire justement ?
04:35Oui, assez solitaire parce que mon père m'a abandonné quand j'étais très jeune, je devais avoir six voix.
04:45Ensuite j'ai été élevé par la sœur de mon père qui avait deux filles, Destin et Menen, qui m'ont emmené en tournée.
04:53Donc j'ai toujours voyagé un petit peu en tournée.
04:54Et comme on se déplaçait très souvent dans des tas de villes d'Europe, on ne restait jamais assez longtemps, je ne m'étais jamais fait vraiment des amis.
05:02Donc j'ai appris ce que c'était que le métier en tout cas de tournée dès que j'ai eu l'âge de trois ans.
05:09Très vite la scène où il s'est imposé à vous.
05:11Oui, mais j'ai toujours grandi là-dedans, j'ai toujours grandi derrière une scène, en coulisses.
05:18Donc pour moi c'était évident de faire ce métier de toute façon, que ce soit chanteur ou acteur ou guitariste ou voilà, peu importe.
05:27J'ai commencé par le violon d'ailleurs et c'était tellement, je jouais tellement mal du violon, ça grassait de partout que tout le monde m'a dit écoute, arrête, prends une guitare, c'est beaucoup mieux.
05:35On vous imagine assez mal avec un violon, c'est vrai.
05:38Oui, ce n'était pas trop mon truc.
05:40La guitare est arrivée très vite après ?
05:44La guitare est arrivée, oui.
05:45Quand j'en ai vécu à Genève, j'ai été au conservatoire de musique classique de Genève où j'ai travaillé avec José D. H. Piazou, qui était mon professeur de guitare à l'époque.
05:59Et donc on est resté deux ans là-bas et c'est comme ça que j'ai commencé à apprendre la guitare.
06:02Au départ, j'ai commencé par la guitare classique, ce qui n'avait rien du tout à avoir.
06:06Et puis un jour, j'ai découvert Elvis Presley, j'ai troqué ma guitare classique avec des cordes en nylon pour une guitare électrique.
06:14J'ai même lu que vous aviez fait de la danse classique.
06:17Oui, j'ai été petit rat.
06:18Il n'y a pas beaucoup de gens qui le savent.
06:21J'ai été petit rat à l'Opéra de Paris.
06:23D'accord.
06:23Si il y a petit rat, ça veut dire, vous savez, les enfants danseurs.
06:27Donc violon et petit rat de l'Opéra.
06:29Oui, il faut le faire.
06:32Alors, votre première scène, je crois, dès l'âge de 9 ans, vous montez, je crois que vous parliez de votre cousine Desta et de son amie qui s'appelait Lee Hallyday.
06:39Oui.
06:40C'était à Copenhague.
06:42C'est ça, c'est votre première scène, votre premier souvenir de scène.
06:44C'était à Godalmarc, oui, c'était au Tivoli.
06:46Ils faisaient leur numéro et puis de danse et qui était un numéro de danse acrobatique.
06:51Et pour qu'ils puissent changer de costume, je venais, je chantais une chanson habillée d'ailleurs en cow-boy.
06:58Je chantais David Croquette, la chanson de David Croquette, l'homme qui n'a jamais peur.
07:04David Croquette, l'homme qui n'a jamais peur.
07:08Est-ce que vous avez encore peur de monter sur scène, par exemple ?
07:10J'ai toujours peur de monter sur scène.
07:12Oui, je suis toujours traqueur.
07:14Mais je crois que, très honnêtement, quand on aime ce qu'on fait, on a toujours peur de mal faire.
07:21Donc moi, j'ai toujours peur de mal faire, donc j'ai toujours le traque.
07:25J'ai aussi lu que vous étiez un grand collectionneur de disques.
07:28C'est vrai, ça ?
07:28Les premiers disques que j'ai eus, c'était des disques qui étaient envoyés par Lee Hallyday qui m'a élevé.
07:37Son père habitait dans l'Oklahoma, à Tulsa.
07:39Et donc, ils m'ont envoyé les premiers disques de Eddie Cochran, Elvis, Bill Hally, Gene Vincent, tout ça.
07:47C'est comme ça que j'ai découvert le rock'n'roll.
07:49Et alors, il y a eu la découverte, effectivement, d'Elvis Presley.
07:52Je crois qu'en 1957, vous avez cité la projection du film Love in You.
07:55Oui.
07:55Et ça, c'est un vrai choc.
07:56Moi, dans ma tête, quand j'ai vu les apices devant le cinéma, j'allais voir un western.
08:03Et quand je suis rentré dans la salle, j'ai vu un chanteur qui était habillé, effectivement, en cow-boy.
08:09Mais alors, là, j'ai entendu des filles dans la salle quand ils chantaient, crier.
08:13Ça m'a...
08:15J'ai découvert le rock'n'roll comme ça, finalement.
08:18Et est-ce que ça vous a fait envie, ça, justement, d'entendre les filles crier ?
08:20Oui, ça m'a donné envie de se faire tourner le lendemain voir le film.
08:23Et j'ai dit, c'est ça que je veux faire.
08:27Et d'ailleurs, en mars 60, donc trois ans après, vous sortez votre premier disque, sous le nom de Johnny Hallyday.
08:32Donc, ce de nîmes empruntait l'ami de votre cousine, qui s'appelait Lee Hallyday.
08:34L'histoire de Lee Hallyday, c'est très bizarre, parce que le vrai nom de Lee Hallyday, c'est Lee Ketchum.
08:41Mais le docteur qui a sauvé son père, son père avait eu une crise cardiaque, qui l'a opéré du carreau vert, s'appelait Doc Hallyday.
08:50Donc, finalement, comme nom porte-chance, on a pris le nom de Hallyday.
08:54Et on peut dire que ça vous a porté chance ?
08:56Ça nous a tous porté chance, oui.
08:57Votre premier grand succès ?
08:59C'était Leslie Fist, une chanson que j'avais écrite.
09:01Ma mère me dit régulièrement, tu ne fais rien, tu perds ton temps.
09:05Tu ferais mieux de travailler, au lieu de t'en aller freiner.
09:10À l'époque, j'allais au golf de roue, c'est comme ça que j'ai commencé un petit peu à connaître, un peu fréquenter Eddie Mitchell et tout ça, on s'est retrouvé là-bas.
09:20Et quand j'étais dans le métro et dans le couloir, j'ai entendu des gens, des mômes de mon âge, chanter « Laisse les filles ».
09:28Et je me dis, tiens, c'est marrant, ils chantent ma chanson, ça a l'air de commencer à marcher.
09:33Et voilà.
09:34Et alors, en septembre 1960, vous faites votre première grande salle à Lambra, à Paris.
09:38En première partie, l'humoriste Raymond Devos.
09:40C'est un bon souvenir, ça ?
09:42Oh, Raymond Devos, ça a été formidable pour moi.
09:46Le parterre, ça ne marchait pas trop bien pour moi.
09:49Il n'y avait que le balcon de gens de mon âge, ça marchait bien.
09:54Mais en bas, c'était un petit peu houleux, donc le patron de la salle m'avait dit,
09:59bon, le petit Hallyday, on va le mettre dehors.
10:01Et Raymond Devos, il a dit cette chose formidable.
10:04Il a dit, si le petit s'en va, moi, j'arrête le spectacle.
10:06Et grâce à lui, j'ai pu continuer.
10:08Vous avez continué et très vite, vous êtes devenu ce que dit cette chanson.
10:12Ça vous fait quoi de réentendre ces chansons, des débuts ?
10:22Écoutez, c'est la version originale, ça ?
10:27Oui, je crois.
10:29Quand je réécoute, je me dis, qu'est-ce que je chantais mal, comment ça a pu marcher ?
10:33Vous chantiez différemment ?
10:34Oui, oui, j'ai appris à chanter depuis.
10:38Vous savez, à force de faire des tournées, là, ça doit faire, je pense, ma 181e ou 182e tournée.
10:45On finit par apprendre à la chanter sur scène.
10:48Alors, le 8 mai 1964, vous incorporez le 43e régiment d'infanterie de Funburg en Allemagne.
10:52Un événement, pour le coup, très médiatisé, qui vous rend plus populaire encore.
10:56Et il y a un de nos grands chanteurs français qui se souvient de cette période.
10:58Il s'agit du gaufret, et il a une question pour vous.
11:03Salut Johnny, est-ce que tu te souviens du jour où je suis venu te voir à la caserne à Offenburg ?
11:08Moi, je m'en souviens très bien.
11:10Tu m'as envoyé une lettre très gentille après ça.
11:12La question que je veux te poser, est-ce que tu te souviens de la chanson que j'ai traduite pour toi,
11:16de l'anglais en français, et qui va devenir la chanson, une chanson mythique de ta carrière ?
11:22Le titre de la chanson, est-ce que tu t'en souviens ?
11:25Bien sûr, on ne peut pas l'oublier, le pénitentium.
11:29Ah oui, c'est une chanson qui parlait de tout ça, qui tombait bien.
11:32Bien sûr, oui, enfin bon, je ne l'avais pas enregistrée parce que je partais à l'armée.
11:36C'est un hasard, totalement.
11:39C'est un camarade, un compagnon de route, un peu Hugo Fray pour vous ?
11:43Oui, ça a toujours été.
11:44Hugo Fray, moi quand j'ai commencé à chanter, je chantais aux vieux colombiers de Jean-Lepin,
11:50et chanteur première partie de toutes les vedettes qui passaient à l'époque,
11:54Brassas et tant d'autres, et dont Hugo Fray.
11:58Mais je suis devenu très vite ami avec Hugo, c'est un homme au grand cœur,
12:03c'est un homme que j'apprécie, c'est mon voisin aussi à Paris,
12:07on habite juste à côté, à Marne-la-Coquette, et c'est quelqu'un que j'aime beaucoup.
12:13Donc quand j'ai l'occasion de dire ce que je pense de Hugo, je ne peux dire que des belles choses.
12:18Alors en 64, vous sortez une chanson qui n'a alors plus rien à voir avec les yéyés,
12:22parce que c'est vrai qu'on vous a associé longtemps à la période des yéyés.
12:25Noir, c'est noir.
12:33Cette chanson, elle dit quoi ? Elle dit vraiment que vous étiez un peu au fond du trou à ce moment-là,
12:36précis de votre carrière ?
12:37– Oui, c'était une époque de ma carrière où je n'étais pas très bien,
12:41ni dans ma peau, ni dans ma carrière, il faut bien le dire.
12:45Et Noir, c'est noir, bon, ça c'était pas voulu, c'était aussi un hasard,
12:51parce qu'il ne faut pas oublier qu'à l'époque, on faisait beaucoup de chansons,
12:55d'adaptations de chansons étrangères,
12:58et que Noir, c'est noir, c'est des black is black.
13:01Donc, je veux dire, on n'a pas, c'est pas une chanson qu'on a fait volontairement,
13:04comme ça, qu'on a traduite pour ça,
13:07pas parce que je n'allais pas bien à cette époque-là,
13:09mais disons que c'est le hasard qui a fait les choses,
13:12que Noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir, voilà.
13:15Ce qui est très bizarre avec moi, c'est que quand je,
13:18quelles que soient les chansons que je fais,
13:20on dit toujours que ça a un rapport à ma vie.
13:23Alors peut-être que ma vie, c'est vrai que peut-être j'ai,
13:26il y a beaucoup de choses dans ma vie qui se passent,
13:29qui font que, mais je ne cherche pas,
13:34dans la vérité, je ne cherche pas vraiment
13:36à faire des chansons qui se rapportent à ma vie.
13:39Alors en 69, il y a un autre de vos immenses tubes qui sort,
13:41Que je t'aime.
13:48Ça, c'est une chanson, pour le coup,
13:50qui existe encore très fortement aujourd'hui.
13:52Oui.
13:53Vous êtes obligé de chanter, presque.
13:54Oui, je la chante toujours parce que les gens me le demandent.
13:57J'ai essayé de l'enlever deux, trois fois de mes concerts,
14:00et puis les gens me disent,
14:01« Ah, vous n'avez pas chanté que je t'aime, pourquoi ? »
14:03Et alors c'est très drôle parce que la première fois
14:06que j'ai lu le texte à Eddy, Eddy Mitchell,
14:11on était à côté de La Pia, on était dans un bistro,
14:15et je lui dis, tiens, tu vois, je vais enregistrer cette chanson,
14:17puis je lis les paroles, et puis il me dit,
14:20« Tu n'as pas chanté ça, quand même. »
14:22Je lui dis, « Pourquoi ? »
14:23Il me dit, « Tu te rends compte ? »
14:24« Comme mon corps sur ton corps, lourd comme un cheval mort. »
14:27Il me dit, « Tu te rends compte ? »
14:28Je lui dis, « Mais si, je vais quand même le faire. »
14:30Ça vous a presque encouragé à la chanter.
14:32Non, on s'est bien marrés avec cette histoire.
14:35« Comme mon corps sur ton corps, lourd comme un cheval mort. »
14:43« Ne sais pas, ne sais plus s'il existe encore. »
14:50« Quand on a fait l'amour, comme d'autres pour la guerre. »
14:56« Et pensez-moi, le soldat qui me perd et qui la perd, oh, mes chers ! »
15:06« En 70, il y a un autre 45 tours. »
15:16« Jésus-Christ est un hippie signé du romancier, journaliste et parolier. »
15:20« Philippe Labreau. »
15:21« Oui. »
15:21« Et Philippe Labreau a également une question. »
15:24« Oh ! »
15:25« Salut Johnny et mon ami de toujours. »
15:28« Une question très importante. »
15:30« As-tu retrouvé cet endroit mythique et magique entre Arles et Marseille ? »
15:35« Où nous prétendions tous les deux, il y a longtemps, qu'on trouvait les blousons américains des années 40 et les plus extraordinaires du monde. »
15:42« Y es-tu revenu Johnny ? »
15:43« C'est très important, la sape, Johnny. »
15:47« Non ? »
15:49« C'est vrai que la sape, c'est important. »
15:51« Je sais que c'est vrai, les premières bottes que j'ai achetées, c'était dans le midi. »
15:56« Mais alors, je ne me rappelle plus exactement où. »
15:58« Moi, j'aime bien me saper. »
16:01« Ouais, moi, j'aime bien me saper. »
16:04« Alors, en 1985, alors ça, vous l'évoquiez tout à l'heure, une autre grande période musicale pour vous, c'est la rencontre avec Michel Berger,
16:11avec des titres comme « Le chanteur abandonné » et « Quelque chose de Tennessee. »
16:14Michel Berger, c'est une rencontre fondamentale pour vous.
16:25« Oui, j'étais… Je voulais absolument changer de genre musical, en tout cas. »
16:32« Et c'est vrai que j'ai beaucoup travaillé avec Michel, qui m'avait beaucoup inspiré à l'époque. »
16:38« Et on a beaucoup parlé ensemble avant de commencer à faire cet album. »
16:41« C'est comme ça qu'il m'a posé des tas de questions sur ce que j'aimais. »
16:45« C'est là qu'on a parlé de Tennessee Williams, que j'ai une grande passion pour Tennessee Williams. »
16:52« Donc, si vous voulez, tout l'album est venu un petit peu comme ça, des questions qu'il me posait. »
16:57« Et ensuite, les chansons se sont faites comme ça, naturellement. »
17:00Vous avez le sentiment d'être allé ailleurs à un moment donné, justement ?
17:02Là, on a l'impression d'avoir un Johnny qui était inattendu, enfin, qu'on ne connaissait pas encore.
17:08« Vous savez, c'est ça. Vous savez, dans ce métier, il faut toujours se renouveler. »
17:11Alors, pour moi, c'était primordial.
17:14C'est comme quand j'ai travaillé avec Jean-Jacques Goldman également.
17:18Ça m'a beaucoup apporté de faire d'autres choses et de sortir des sentiers battus,
17:24toujours des choses que je faisais à mes débuts, surtout.
17:26Jean-Jacques Goldman, oui, qui va vous signer les chansons « J'oublierai ton nom »
17:30et Laura, et pour le coup, voilà, il vous fait aborder des terrains intimes, là, en l'occurrence.
17:34Oui, et puis surtout, il ne faut pas oublier « Donnez-moi l'envie d'avoir envie, tiens. »
17:38« Vous me donnez l'envie, l'envie d'avoir envie. »
17:44J'ai une chanson qui est tellement vraie, ça.
17:46C'est vrai que c'est le public qui vous donne envie.
17:49Donc, « Donnez-moi l'envie d'avoir envie. »
17:51C'est vrai que c'est quelque chose que je pourrais dire à beaucoup de gens.
17:59Mais c'est vrai que vous avez été nourri autant de la musique américaine
18:01qu'aussi, à un moment donné, du cinéma américain.
18:03Absolument, oui.
18:04Surtout par Kazan et tous les films des années 50, 60.
18:10Des épopées sauvages.
18:12Oui.
18:12Est-ce que votre vie est un peu une épopée sauvage, dans ce sentiment-là, parfois ?
18:15Elle a peut-être été quand j'étais plus jeune.
18:17Maintenant, non, plus tellement maintenant, non.
18:19Vous êtes un rocker assagi, pas complètement, quand même.
18:22Je ne sais pas si on peut dire assagi, mais disons, les envies, quand on prend de l'âge,
18:29les envies ne sont plus les mêmes, de toute façon, ça c'est sûr.
18:32On parlait en début d'émission de 100%, l'album écrit pour vous par votre fils David,
18:36et de son immense succès populaire.
18:38Au-delà de nos différences
18:44Des coups de gueule, des coups de sang
18:48À force d'échanger nos silences
18:55Ça vous a rapproché de votre fils David, à ce moment-là, de faire un album comme ça, qui marche autant ?
19:02Oui, certainement, oui.
19:03Parce que, bon, David s'était énormément impliqué dans cet album.
19:07Et moi, j'étais très heureux de faire cet album avec lui, avec mon fils.
19:13Et c'est une période qui nous a rapprochés,
19:21pas parce qu'on était loin de l'autre,
19:23mais parce que, comme lui, à l'époque, il vivait à Los Angeles,
19:26moi, je vivais à Paris,
19:27on le voyait moins, on ne le voyait pas très souvent.
19:30Donc, le travail a fait qu'on s'est rapprochés.
19:33Alors, c'est très drôle, d'ailleurs, parce que maintenant, c'est le contraire.
19:35C'est lui qui vient à Paris et c'est moi qui viens à Los Angeles, mais bon.
19:39Mais, oui, c'est vrai que ça...
19:41Je crois que le travail, quand on fait le même métier,
19:45le travail avec son fils, c'est formidable.
19:47Johnny Hallyday, on vous retrouve maintenant pour un titre live,
19:49« Te manquez ».
19:50Le chanteur Yodélis nous fait même l'honneur de vous accompagner à la guitare sur ce morceau.
19:53Le chanteur Yodélis nous fait même l'honneur de vous accompagner à la guitare sur ce morceau.
19:59Je partirai un soir, quand il m'aimera encore.
20:05Je partirai d'ici pour raviver le feu,
20:14Pour tracer de mémoire les contours de ton corps.
20:23Je partirai aussi pour le plaisir du jeu.
20:33Mais te manquer, te manquer, je voudrais te manquer.
20:40Je garderai pour toi, le plus doux des silences.
20:52Je resterai des jours, un traçable et muet.
21:01Je ferai de ma voix, l'écho de ton absence.
21:07Et de tout cet amour, un sentiment parfait.
21:17Je vais te manquer, te manquer, je voudrais te manquer.
21:24J'inventerai loin de toi, un exil volontaire.
21:40Reprisant ma solitude, avec des choses de rien.
21:45Quelques verres ou le poids d'un arbre centenaire.
21:54Que la chaleur du sud aura mis sous mes mains.
22:02Je serai l'inconnu, au détour d'un sentier.
22:27Je serai l'inconnu, au détour d'un sentier.
22:33Je serai l'inconnu, au détour d'un sentier.
22:36Ne serait devenu ton désir tout entier
22:45Oui, te manquer, te manquer
22:49Je voudrais te manquer
22:54Alors je rentrerai
22:58Lorsque je serai sûr
23:02De t'avoir tant manqué
23:07Que tu n'en pourras plus
23:11Tu m'oublieras les mains
23:15Et en moi je te jure
23:19Que tu retrouveras
23:24Tout ce qui t'avait plu
23:32Je redirai les mots
23:36Qui te faisaient sourire
23:40Je te regarderai
23:44Comme pour la première fois
23:48Je danserai de nouveau dans
23:54Des claques de ton rire
23:57Mais je redeviendrai
24:01Un mystère quelquefois
24:05Te manquer, oh, te manquer
24:09Je voudrais te manquer
24:14Te manquer, te manquer
24:18Je voudrais te manquer
24:24On a le droit de se sentir seul
24:34On peut se sentir seul
24:34Même quand on s'appelle Johnny Hallyday
24:36Je crois que tout le monde
24:38peut se sentir seul à un moment donné de sa vie
24:41Ou à un moment donné de la journée
24:42Ou de la nuit
24:44C'est vrai qu'à une époque
24:47Moi je sortais beaucoup la nuit
24:48Parce que la nuit me faisait peur
24:49La solitude de la nuit me faisait peur
24:52Donc c'est vrai
24:53De voir des gens de sortir
24:54Ça faisait un petit peu partie de mon quotidien
25:00Mais c'est vrai que aussi
25:03Je n'avais pas non plus une vie de famille
25:04Comme aujourd'hui, etc
25:05Donc les choses évoluent dans la vie
25:09Oui, Johnny, l'an dernier
25:10Il y a eu la tournée Born Rocker Tour
25:12Et il y a un photographe qui vous a suivi
25:14Renaud Corlewell
25:15Et qui vous a suivi pendant 18 mois
25:16Ah oui, voilà
25:17Même sur scène, il m'a suivi
25:19C'est ça
25:19Il a fait ce livre
25:21Qui s'appelle On The Road
25:22C'est une belle surprise qu'il m'avait faite
25:24Parce qu'il ne m'en avait pas parlé
25:25J'étais très fier de ça
25:27Parce que ça parle de toute une tournée
25:29De toute une année
25:31Et ça fait de chaud au cœur
25:33Ça fait plaisir
25:34Une tournée qui vous a emmené aux Etats-Unis
25:36C'est toujours un grand plaisir
25:37De jouer là-bas, j'imagine
25:38Non, ça doit avoir une saveur particulière
25:40Non, parce que quand on fait ce métier
25:43C'est important de jouer partout
25:44C'est un jour, c'est Charles Aznavour
25:46Qui m'avait dit ça
25:47Il m'a dit
25:48Quand on chante, on doit pouvoir
25:50Chanter dans le monde entier
25:52Autrement, il faut mieux rester
25:54Dans sa cuisine
25:55Bon, il a raison
25:56Alors il y a cette autre photo étonnante
26:00C'est quand vous vous retrouvez
26:01Immergé au cœur de la foule
26:02Lors de votre dernier concert à Bercy
26:03C'est un souvenir fort aussi
26:05Ça, j'imagine, non ?
26:06Écoutez, oui, c'est des moments formidables
26:09Vous savez, traverser la foule
26:10Il y a des gens qui me disent
26:11Mais t'as pas peur
26:12T'es stressé, tout ça
26:13J'ai dit non, mais je pense pas
26:14Que les gens me veuillent du mal
26:16Donc j'ai aucune raison d'avoir peur
26:19Puisqu'il doit arriver, doit arriver
26:21Mais non, les gens sont
26:24J'ai beaucoup de chance
26:26Parce que je crois
26:26Que les gens sont gentils avec moi
26:28La tournée, c'est plein de moments forts
26:30Effectivement, et sur scène
26:31Et dans l'intime
26:32On a l'impression que les concerts
26:33Ne s'arrêtent jamais vraiment
26:34C'est-à-dire qu'après, il y a une vie
26:35Vous vivez beaucoup la nuit
26:37Toujours
26:37Vous savez, de toute façon
26:38Quand on est en tournée
26:39On ne peut pas se coucher tout
26:40Parce qu'on finit un concert
26:41Il est minuit
26:42Moi, je ne peux pas manger avant
26:43Donc on va dîner après
26:45Donc il est déjà 3 heures
26:47Quand on a fini de dîner
26:48Le temps d'aller se coucher
26:49Il est 4 heures
26:50Donc c'est vrai que
26:51J'ai une vie un petit peu désorganisée
26:54Quand je suis en tournée
26:54Mais vos musiciens
26:56Ce sont des potes aussi
26:57Il faut que ce soit
26:57Des compagnons de route
26:58Ce ne sont pas que des musiciens
26:59Je travaille avec mes musiciens
27:01Comme si on était un groupe
27:02Et on est un groupe d'ailleurs
27:03C'est pour ça que sur scène
27:05D'ailleurs, je l'ai dit
27:05Le chanteur du groupe
27:06S'appelle Johnny Hallyday
27:07Mais je le pense vraiment
27:08C'est que mes musiciens
27:10Font partie totale du spectacle
27:13Alors il y a cette photo aussi
27:14Où on vous voit avec Laetitia
27:14Ça c'est un élément
27:15Moteur, fondateur pour vous
27:17Oui, ma femme
27:18C'est mon équilibre
27:22C'est vrai
27:22C'est mon équilibre à moi
27:23Elle a fait énormément de choses
27:27Pour moi
27:27Pour que j'aille bien
27:29Elle m'a sauvé la vie
27:32Quand à un moment donné
27:32De ma vie
27:33Ça n'allait pas très bien
27:34J'ai failli y passer d'ailleurs
27:35Et pour moi
27:37La chose primordiale
27:38C'est mes enfants
27:39C'est mes deux petites filles
27:42Ma grande fille
27:43Mon fils
27:43Et surtout ma femme
27:44Vous êtes un artiste heureux
27:46Un chanteur heureux aujourd'hui
27:47Je suis un homme heureux
27:50Disons
27:50Aujourd'hui le monde de la musique
27:54Et la France pleure son idole
27:56Johnny Hallyday est mort
27:57So long Johnny
27:59De l'amour
28:00De l'amour
28:01De l'amour
28:02De l'amour
28:03De l'amour
28:06De l'amour
28:08De l'amour
28:08De l'amour
28:09Je pensais qu'on était parti pour des années
28:15Comme le boulot que je venais de trouver
28:18Mais là-bas toi me veux plus embaucher
28:21Il ne me reste plus qu'un seul projet
28:24De l'amour
28:25De l'amour
28:27De l'amour
28:27De l'amour
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