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  • il y a 4 mois
Retrouvez « L'édito éco de Dominique Seux » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-eco

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Transcription
00:00Dominique Seux, je vous la pose, la question désormais habituelle, François Bayrou renversé, quelles conséquences ?
00:07Alors ce qu'on regarde en priorité, ce sont les réactions des marchés financiers qui assurent les fins de mois de l'État.
00:13Hier, ils ont fermé à 18h30, donc avant le renversement du gouvernement, bon là on parle des marchés obligataires, ils ouvriront dans une heure à 8h30.
00:23Ils avaient en réalité bien sûr déjà intégré la chute de François Bayrou, parce qu'il aurait fallu vivre sur la planète Mars pour être surpris.
00:30L'attention sur les taux d'intérêt a donc déjà eu lieu ces dernières semaines, puisque les taux français, on le sait, ont dépassé les Portugais, les Espagnols et les Grecs,
00:39et sont quasiment au niveau des Italiens, sans être d'ailleurs stratosphériques.
00:42Mais tout est possible, impossible d'écarter une réaction plus forte.
00:46Le risque surtout, c'est que la France perde son statut de deuxième meilleur choix en Europe, aux yeux des prêteurs, le fameux « best second choice » en anglais,
00:56deuxième après l'Allemagne, c'est le cas depuis toujours, si l'Italie passe devant, c'est une dégradation.
01:01Et qu'en est-il Dominique maintenant des entreprises ?
01:03Alors la question est plus large Nicolas, la réaction des entreprises, des consommateurs et des épargnants.
01:08Nous entrons dans une période où l'instabilité gouvernementale devient la règle, et non plus l'exception.
01:12On attend le cinquième premier ministre depuis 2022, ses prédécesseurs ont tenu en moyenne sept mois.
01:18Sept mois, c'est la longévité moyenne des présidents du Conseil sous la quatrième république.
01:23Dans ces conditions, il est exclu que les entrepreneurs et les consommateurs soient totalement blasés et indifférents à la situation.
01:30Si je vous disais que cette situation va les rassurer, vous ne me croiriez pas, et vous auriez totalement raison.
01:35L'économie est molle, tout ça ne va pas la consolider.
01:37Et le budget ?
01:38Alors ça, c'est la politique le problème, en priorité, pas le budget.
01:42C'est je crois ce qu'on a compris ces dernières heures.
01:45Les partis, obnubilés par leur stratégie pour 2027, ne sont pas prêts à faire le minimum de concessions réciproques pour trouver un consensus.
01:53Est-ce que par miracle, le renversement de François Bayrou va régler le problème budgétaire ?
01:57Non, bien sûr.
01:58Une note confidentielle du ministère des Finances, que j'ai sous les yeux, là, le décrit précisément.
02:04La pente naturelle des dépenses est d'augmenter de 51 milliards l'année prochaine, entre la hausse du coût de la dette, du budget des armées, des dépenses de santé et des retraites, etc.
02:14Les recettes, naturellement toujours, augmenteront moitié moins.
02:19Parce que la croissance est molle, on l'a dit, sauf si des hausses d'impôts massifs ont lieu.
02:23Résultat ?
02:24Résultat, si rien n'est fait, le déficit entre les recettes et les dépenses publiques sera, selon cette note de Bercy, de 185 milliards d'euros en 2026, plus de 6% du PIB.
02:35Brut, pour le dire autrement, on a beau tourner le pied dans tous les sens, ça ne rentre pas dans la chaussure.
02:40Une dose de rigueur est inévitable pour tous les Français, avec une dose d'impôts en plus pour les plus riches.
02:45Dominique Seu, merci.
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