- il y a 4 mois
En quinze ans, le nombre de couples qui se séparent a augmenté de plus de 60% et bien souvent avec des enfants, eux-mêmes de plus en plus jeunes. Il faut réorganiser la vie de chacun, et malgré les rancœurs et les déceptions, continuer à dialoguer. Ce fil à renouer, ces tensions à apaiser : tout cela est au cœur du métier des JAF, les juges aux affaires familiales. « 13h15 le samedi » plonge dans ces huis clos où les ex-époux se disputent ce qu'il leur reste en commun : les enfants.
L'équipe du magazine a filmé pendant plusieurs semaines ces moments parfois douloureux. Précisément dans le bureau de Cécile Mamelin, juge aux affaires familiales depuis 18 ans, à Béthune, près d'Arras. Ancien bassin minier, les Béthunois se marient sensiblement plus jeunes que dans les autres villes françaises. Ils divorcent plus tôt, avec des enfants en bas âge. Et ici la garde est majoritairement attribuée à la mère car les pères la réclament peu.
L'équipe du magazine a filmé pendant plusieurs semaines ces moments parfois douloureux. Précisément dans le bureau de Cécile Mamelin, juge aux affaires familiales depuis 18 ans, à Béthune, près d'Arras. Ancien bassin minier, les Béthunois se marient sensiblement plus jeunes que dans les autres villes françaises. Ils divorcent plus tôt, avec des enfants en bas âge. Et ici la garde est majoritairement attribuée à la mère car les pères la réclament peu.
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00:00C'est un endroit où l'on vient à reculons, déposer les dernières bribes d'une histoire d'amour.
00:24Je demande juste à ce qu'ils mènent, donc ils payent la moitié de la danse.
00:27Elles vont toutes les deux au collège, je demande juste la moitié de la cantine.
00:34Je n'ai pas eu ma pensée alimentaire, mais je ne vois pas mes enfants, donc...
00:37Mon plus grand souhait, c'est de ne plus voir apparaître madame nulle part dans mes papiers.
00:46Vous avez des enfants ensemble, monsieur, vous ne pouvez pas gommer une partie de votre vie, c'est un peu compliqué là, ce que vous demandez.
00:51Au tribunal de Béthune, dans le bureau de la juge aux affaires familiales, les couples viennent régler leur solde tout compte et tenter de se mettre d'accord une dernière fois.
01:06Il est important que vous essayiez de retrouver un dialogue parental.
01:10Vous ne pouvez pas rester chacun de votre côté et puis rester sur vos positions, il faut révoluer.
01:14Même si le couple se sépare, la famille doit continuer d'exister, avec des enfants plus ou moins grands, plus ou moins en souffrance.
01:29La loi, ça n'est pas tant fait dans l'intérêt des parents que dans l'intérêt des enfants.
01:34Cécile Mamelin est juge depuis 28 ans et c'est elle qui prend des décisions quand les parents n'y arrivent plus.
01:54Fatima et Omar viennent divorcer au bout de 24 ans de mariage et régler la garde de leur dernière fille de 16 ans.
02:00La juge va les recevoir chacun leur tour.
02:06Monsieur, bonjour.
02:07Allez-y, monsieur, installez-vous au milieu, s'il vous plaît.
02:11Alors, monsieur, aujourd'hui, ce n'est pas le jour où vous allez être divorcée avec madame.
02:14C'est la tentative de conciliation.
02:15Est-ce que vous souhaitez toujours divorcer ?
02:17Oui, pas de changement d'avis ?
02:20C'est moi qui ai fait la demande.
02:21Oui.
02:21Parce que j'ai su qu'elle avait qu'un autre.
02:25On ne s'en allait plus dans notre couple.
02:27Donc elle sortait souvent de la maison.
02:29Pour sauver mon mariage, je lui avais dit, au cas où, prends une semaine de vacances.
02:33Et puis, quand tu rentreras, on prendra une décision.
02:36D'accord.
02:37Donc, le jour où elle est rentrée, il y a ma fille qui est sur Nîmes, qui m'appelle, qui me dit,
02:41Papa, voilà, j'ai des choses à t'annoncer.
02:43J'ai piraté le compte Facebook à maman et maman a quelqu'un.
02:48C'est votre fille qui a dit les choses ?
02:51Je lui ai demandé des explications.
02:54Elle m'a dit, ouais, c'est que des écrits, il n'y a rien.
02:57Je ne suis pas parti avec lui.
02:58Je suis parti avec une copine.
03:00Donc, de là, après ce que j'ai fait, pour être sûr de mon coup, j'ai mis un dictaphone dans sa voiture.
03:06Oui.
03:07Et là, par contre, il y a les paroles, il y a tout.
03:09J'ai tout.
03:09J'ai toutes les pièces.
03:11Donc, de là, j'ai décidé de divorcer au départ.
03:14Je lui dis, au lieu d'utiliser l'argent au niveau des avocats, ceci ou cela, on fait la mienne.
03:19Et c'est madame qui a refusé ?
03:19Et madame, elle a refusé.
03:21Pourquoi ?
03:21Elle veut garder la maison parce qu'elle a la centrale familiale.
03:24Je lui dis, moi, je te laisse tout.
03:25Vous étiez d'accord aussi ?
03:26J'étais d'accord pour lui laisser la maison.
03:27Mais qu'elle me donnait ma part.
03:29Donc, vous, aujourd'hui, en fait, même si au départ, j'entendais que vous étiez d'accord pour finalement quitter le logement,
03:34là, vous voulez la résistance de la maison parce que vous pensez que madame ne va rien faire pour la vende.
03:37C'est ma crainte.
03:39C'est votre crainte.
03:41Ensuite, sur Inès, puisque c'est la seule enfant mineure sur laquelle on vient de statuer,
03:45les trois autres sont majeurs, vous sollicitez une résidence en alternance.
03:49Chacun une semaine, semaine père chez le père, semaine un père chez la mère, avec changement le vendredi à 18h.
03:55Oui, c'est le souhait de ma fille.
03:58Vous l'avez évoqué avec madame, ce projet, la résidence en alternance ?
04:01Oui, elle m'avait dit qu'elle était...
04:02Madame, a priori, est d'accord.
04:03Elle est d'accord.
04:05Bien.
04:06Est-ce que vous voyez, monsieur, d'autres choses à dire ?
04:09Ou est-ce qu'on a vu des questions à poser, peut-être, sur la suite ?
04:14Non, pas de questions particulières ?
04:15Non, pas de questions particulières.
04:16Ça va vite et puis...
04:18OK.
04:18Je vais vous laisser ressortir, monsieur.
04:20Je vais interroger madame quelques minutes également.
04:22Et ensuite, vous reviendrez avec vos avocats respectifs.
04:25D'accord ?
04:26Merci.
04:26A tout à l'heure.
04:26Merci, à tout à l'heure.
04:28Laissez la porte ouverte, madame va rentrer.
04:32Bonjour madame, allez-y, asseyez-vous.
04:33Bien.
04:34Bien.
04:36Bonjour madame.
04:39Alors, vous êtes madame...
04:40Monsieur a déposé, madame, une requête en divorce à votre rencontre.
04:45C'est invivable en ce moment.
04:46C'est invivable en ce moment ?
04:47J'ai dû lui mettre une plainte au niveau de mon mari,
04:49parce qu'il m'a menacée de mort.
04:51Oui.
04:52Et moi, j'ai un travail qui s'effectue à la maison,
04:55je suis à cette entre-familiale.
04:56Donc, pour vous, quitter le domicile, ça impliquerait de perdre votre travail ?
05:01Oui.
05:02J'en ai vraiment besoin et j'adore mon travail.
05:07Alors, en fait, monsieur a peur que vous ne cherchiez absolument pas à vendre la maison tout le temps que vous y êtes.
05:11D'accord, donc vous êtes bien désireuse également de vendre cette maison ?
05:16Oui, je ne compte pas rester là-dedans.
05:19Alors, en s'agissant d'Inès, monsieur demande une résidence en alternance.
05:23Je dis quoi ?
05:23Vous ne voulez pas ?
05:24Non, je ne voulais pas.
05:24Monsieur m'a indiqué que pour autant, vous sembliez plutôt d'accord et que c'était une demande d'Inès.
05:28Non.
05:29Il a demandé à ma fille hier, justement, une attestation.
05:31Ma fille, elle a refusé.
05:32Donc, vous me dites chacun des choses différentes.
05:36Ça va être un peu compliqué.
05:39Alors, est-ce qu'il est possible et imaginable qu'Inès, pour ne pas déplaire à son père, il peut lui dire qu'elle était d'accord ?
05:44Ou, selon vous, elle lui a dit clairement ?
05:46Selon vous, elle lui a dit... Vous étiez présente ?
05:48Non, je n'étais pas présente. Il y avait ses soeurs.
05:51Enfin, on en a discuté hier soir.
05:52C'est vos filles aînées qui vous l'ont dit ?
05:53Oui.
05:54Qu'elle avait exprimé à son...
05:56Elle avait refusé.
05:57Elle avait refusé. Du coup, il était un peu en colère. Il est parti de la maison hier.
06:00Alors, est-ce que vous connaissez les raisons pour lesquelles Inès, d'après vous, ne veut pas de cette résidence en alternance ?
06:07Elle m'a dit, je reste avec toi, maman. J'ai mal au cœur pour tout ce qui se passe.
06:12Je ne veux pas te laisser seule.
06:14Parce que si c'est uniquement ça, c'est qu'entre guillemets, elle se sacrifie un peu pour vous.
06:18C'est-à-dire, elle prend position pour vous.
06:19Oui, je sais.
06:20Ce n'est pas tellement ce qu'elle devrait faire.
06:21Mais il n'a jamais été là aussi pour eux.
06:23D'accord.
06:23Il n'a jamais été présent.
06:24D'accord.
06:25Il ne s'en occupe pas vraiment, c'est ce que vous pouvez me dire ?
06:28Non.
06:30Donc, vous, vous souhaitez la résidence habituelle de Inès à votre domicile et vous n'êtes pas opposée à ce que monsieur puisse la prendre régulièrement, je suppose ?
06:39Oui. J'interdirai jamais mes enfants de voir leur père.
06:44On va faire rentrer tout le monde ?
06:46On va faire rentrer tout le monde ?
07:01On va faire rentrer tout le monde ?
07:05C'est le genre de situation où on peut se tromper parce qu'on n'a pas les éléments pour trancher.
07:28Parfois, les gens mélangent un peu les torts qu'ils ont à l'encontre de leurs conjoints avec ce qui peut avoir une grande influence, c'est-à-dire faire des demandes là où ça fait un peu mal.
07:38Bon, moi, j'aurais tendance à dire que l'intérêt de cette adolescente, c'est de garder à peu près les mêmes repères que ce qu'elle a actuellement.
07:45Garder la même chose, puisque finalement, elle est un peu obligée de subir la séparation de ses parents.
07:51Et que la moins mauvaise façon de lui faire accepter les choses, c'est peut-être de la laisser dans son environnement habituel.
08:02Aujourd'hui, un couple marié sur deux finit par divorcer.
08:05Et parfois, la situation prend une tournure dramatique, où les enfants deviennent des objets de chantage.
08:10C'est le cas de Christelle, qui se bat pour récupérer ses deux plus jeunes filles de 6 et 2 ans et demi.
08:24Son futur ex-mari ne veut pas les lui rendre.
08:27Allez-y, maintenant, collègue.
08:32Monsieur a les 4 enfants.
08:34Actuellement, monsieur a les 4 enfants, oui.
08:35Alors que les deux dernières sont scolarisées à Bondu, et actuellement, elles ne vont pas à l'école,
08:40parce que le père refuse que les enfants retournent vivre auprès de leur maman.
08:46Alors, madame, vous vouliez en location.
08:47Ensuite, vous avez décidé de vous séparer, et vous aviez décrit une relation conflictuelle avec monsieur.
08:53Il y avait une dégradation du climat familial.
08:55Mon mari m'a trompée avec ma belle-sœur.
08:56Ça durait pendant 4 ans.
08:58J'ai su ça.
08:59Et voilà, tout ça a été dégradé par rapport à tout ça.
09:01Oui.
09:03Est-ce qu'il y avait des violences ?
09:04Verbalement, oui.
09:06Des violences verbales.
09:06Il a été condamné en correctionnel pour violences, en mesure d'éloignement contre lui.
09:10D'accord.
09:12Madame s'est installée au domicile de sa sœur à Bondu.
09:15Monsieur a aussi décidé de quitter le domicile conjugal.
09:17Il est allé chez une dame.
09:18Avec sa copine.
09:19C'est lui.
09:19Voilà.
09:20Nous, sa nouvelle amie.
09:21Avec les 4 enfants.
09:22Oui, donc dès le premier temps, en réalité, monsieur avait les 4 enfants.
09:24Voilà.
09:25Tout à fait.
09:25Donc du coup, je lui avais expliqué que quand j'aurais mon appartement, j'essayerais d'avoir mes enfants et tout ça.
09:30Et donc, alors que vous aviez trouvé cet accord, selon vous,
09:33monsieur a décidé de partir avec tous les enfants.
09:36Il les a d'ailleurs changés d'école.
09:37Non, enfin, maître, vous indiquez, les petites filles ne vont même plus à l'école.
09:40Ah non, non.
09:40Monsieur ne les met pas.
09:41Je vous explique, madame présidente.
09:42En réalité, madame, d'abord, elle va chercher les enfants, les 2 filles,
09:46chez la copine de son mari.
09:49Elle récupère ses 2 filles.
09:50Et madame finit par accepter de laisser ses 2 filles au père
09:55pour qu'elles puissent voir leur père ici, pendant les vacances de Toussaint.
09:59Et monsieur, à la fin des vacances, elle dit, pas question, je garde les filles.
10:03Et il vous a donné des explications pour le fait qu'il ne voulait pas vous les rendre ?
10:06Parce que Léa, elle était perturbée.
10:09Quand elle est rentrée, elle demandait toujours après moi.
10:11Elle ne voulait rester qu'avec moi.
10:12Donc, pour lui, je montais la tête à ma fille.
10:17Et monsieur ne vient pas s'expliquer aujourd'hui ?
10:19Non.
10:19Monsieur, ce qu'il souhaite vraiment, ce n'est pas s'occuper des enfants,
10:21parce qu'il travaille et il s'occupe très peu des enfants.
10:24Il ne s'est jamais occupé des enfants depuis très longtemps.
10:26Mais ce qu'il veut surtout, c'est embêter madame.
10:27Alors, tout ce qu'il peut faire, il puisse gêner madame, il ne s'en prive pas.
10:30En tout cas, si monsieur voulait s'expliquer, j'aurais tendance à dire,
10:33bien sûr, les absents déjà ont toujours tort, premièrement.
10:35Et deuxièmement, si monsieur entendait effectivement faire une demande
10:37de résidence habituelle des enfants, il serait venu aujourd'hui s'expliquer
10:40et il aurait en plus pris un avocat, je pense.
10:43OK.
10:43Madame, est-ce que vous vouliez ajouter autre chose aujourd'hui ?
10:46Non.
10:47Non ?
10:48Bien, donc décision la semaine prochaine.
10:49C'est quand même avant de parler de l'école.
10:51Par la force des choses, il faut le temps de formaliser une décision.
10:56Juste pour expliquer à moi.
10:57Une fois que vous aurez la décision, voilà, là vous aurez...
11:00Après, il faut récupérer les enfants et j'espère que vous pourrez les récupérer
11:03autrement qu'en aller en école quand même.
11:05Parce que ce n'est pas la meilleure façon de récupérer vos enfants.
11:07J'espère que monsieur s'y pliera et qu'il n'y aura pas de difficultés.
11:10Si ça ne se passe pas bien, vous serez obligés de faire appel, malheureusement,
11:12aux forces de l'ordre.
11:14Je prends un croyé au père.
11:15Voilà.
11:15Pour éviter que ce soit par la version d'un huissier, puis de la police,
11:18ça sera plus gênant pour l'enfant.
11:20Voilà, plus gênant pour les enfants.
11:21Voilà, donc un peu de patience encore et vous aurez la décision.
11:23Merci.
11:24Merci.
11:25Merci.
11:25Bonne fin de journée.
11:26Bonne fin de journée, merci.
11:27Il faut toujours garder présent en esprit que c'est l'heure à faire.
11:51C'est l'heure d'eussier, l'heure à faire.
11:52Je suis juge d'affaires familiales, ce n'est pas que pour dire le droit.
12:02C'est pour écouter les gens, comprendre leur vie, faire un mélange un petit peu de ce
12:07qu'ils vivent avec leurs enfants, de ce que demande la société, de ce que le droit
12:12dit, mais aussi de ce que l'éducatif dit, le social dit, la psychologie dit.
12:16« Être juge d'affaires familiales, c'est vraiment être au plus près de la vie des gens. »
12:26Quand ils se séparent, c'est bien souvent la garde des enfants que les ex-époux se disputent
12:45le plus.
12:47Mais parfois, l'un des deux s'en désintéresse totalement et cela peut faire tout autant de
12:51mal.
12:52C'est révéré que vous êtes là, pourquoi aujourd'hui ?
12:58Je demande l'autorité parentale exclusive.
13:00Pourquoi ?
13:01Ma fille a 4 ans et demi et son père ne l'a pas vue depuis qu'elle a 4 mois.
13:08Aujourd'hui, il dit même que ce n'est pas sa fille, il ne reconnaît rien en fait.
13:12Et pourquoi saisir la juge ?
13:14Même s'il n'est pas présent, il a des droits.
13:16Comme là, je veux ouvrir un compte bancaire à ma fille.
13:21Et comme il est toujours le père, il suffit qu'il se présente à la banque, qu'il dise
13:25« je suis le papa », qu'il arrive avec un extrait d'acte de naissance, il a le droit
13:27de faire des retraits sur son compte.
13:29Il y a plein de choses pour lesquelles j'ai besoin de son avis, alors qu'il n'est pas
13:32là.
13:33Donc c'est surtout pour protéger ma fille, c'est ça l'important.
13:37Ce n'est pas une démarche contre lui, c'est une démarche pour ma fille.
13:40Et mon géniteur, il n'y a jamais pris de mes nouvelles.
14:04Bonjour.
14:05Bonjour madame.
14:06Allez-y, c'est à vous.
14:10Alors, vous avez saisi d'une requête pour l'enfant commun que vous avez eu avec
14:13les choses.
14:14Il a été valablement convoqué, monsieur, mais il n'est pas présent aujourd'hui.
14:18Non.
14:18Est-ce que vous-même, vous avez eu un contact avec monsieur à l'occasion de cette procédure,
14:22mais avant, vous n'en aviez pas eu ?
14:24Je n'en ai pas depuis 4 ans.
14:25Aucune nouvelle ?
14:26Rien du tout.
14:27Pas de son, pas d'image ?
14:28Pas de son, pas d'image.
14:29De la part de monsieur, depuis 4 ans ?
14:314 ans.
14:31Rappelez-moi l'âge de votre fille.
14:33Elle a 4 ans et demi.
14:34Il l'a vu la dernière fois qu'il l'a vu, elle avait 4 mois.
14:37D'accord.
14:37Donc, monsieur n'a pas vu son enfant depuis l'âge de 4 mois.
14:40Il ne vous a jamais interpellé ?
14:41Jamais pas.
14:42Même là, il m'a téléphoné quand vous lui avez envoyé la convocation pour me dire
14:45je ne paierai pas de pension alimentaire.
14:48Je me suis dit, il a dû oublier de demander des nouvelles de sa fille, il va me rappeler.
14:53Et non, depuis, c'est le calme plat.
14:55Juste me dire, en gros, excusez-moi l'expression, mais il ne me fait pas chier, quoi.
15:02Votre rupture s'est passée dans quelles conditions avec monsieur ?
15:05En fait, quand j'ai rencontré mon ex-marie, j'avais vécu une histoire de passé très difficile.
15:12J'ai voulu vite recréer une famille, donc on a eu ma fille assez rapidement.
15:16Et quand je suis tombée enceinte, je me suis aperçue qu'il m'avait menti sur toute sa vie.
15:20C'est-à-dire qu'il me disait qu'il était agent de sécurité à la SNCF belge.
15:24Ben, c'était faux.
15:26Et puis, plein de choses sur lesquelles il m'avait menti.
15:28Donc, il avait monté toute une vie qui n'avait rien à voir avec celle...
15:34Et quand il a vu que j'avais découvert ces mensonges, il est devenu très violent.
15:39Beaucoup de chantage au suicide, je vous ai joint des photos.
15:42Et toutes ces choses-là que vous m'indiquez avoir découvertes, je suppose que c'était du coup pendant le temps de la grossesse ?
15:47Voilà, c'est ça.
15:48Donc, en fait, on a eu ma fille, mais c'était déjà plus...
15:51On était déjà plus...
15:52Déjà pratiquement en rupture de couple, en fait.
15:55D'accord.
15:56Donc, depuis que votre fille a 4 mois, la rupture du couple est intervenue.
16:00Monsieur est reparti manifestement vivre en Belgique.
16:02Et là, vous indiquez bien, j'ai attendu durant toutes ces années un geste de sa part, une carte, un Noël, un appel, un jouir, rien.
16:08Et par rapport à votre demande, est-ce qu'il a dit quelque chose ?
16:11Parce que là, vous demandez, en fait, l'autorité parentale autrusive.
16:15C'est-à-dire, véritablement, faire en sorte que les décisions concernant votre enfant, ce soit vous seuls qui les preniez.
16:21Et que monsieur ne soit plus du tout concerné.
16:22C'est ce que je l'ai dit, parce que quand il m'a dit, je ne me déplace pas, j'ai dit, tu te rends compte quand même que je vais demander l'autorité parentale...
16:27Exclusive.
16:28Exclusive, et que toi, forcément, tu n'auras plus de droit sur Luanne, je pourrais prendre les décisions toute seule.
16:34Il m'a dit, je m'en fous.
16:35Il vous a dit, vous, qu'ils sont fichés.
16:38Quand il est parti, on était dans une misère pas possible.
16:42Il ne s'est jamais intéressé de savoir si j'arrivais à me nourrir ma fille, si...
16:45Oui, en plus, c'est ça.
16:46Au-delà de ça, vous ne faites que cette demande, vous ne demandez pas de pension ?
16:49Non, voilà, c'est ça.
16:50Non, je ne veux pas de pension.
16:51Moi, ce qui...
16:53Pour moi, les liens du sang, c'est une chose.
16:56Mais il faut aussi qu'il y ait un lien.
16:57Enfin, aujourd'hui...
16:58En tout cas, pour prendre des décisions éclairées pour un enfant, effectivement, il faut s'intéresser à la vie des enfants.
17:02Je suis un peu d'accord avec.
17:03Eh bien, j'ai entendu tout cela, madame.
17:06Je vous remercie beaucoup d'être venue.
17:08C'est moi qui vous remercie pour votre écoute.
17:09Mais c'est surtout aujourd'hui, voilà, c'est pour ma fille que je le fais.
17:12Parce que...
17:14Même elle, elle ne comprend pas.
17:15En fait, elle ne le connaît pas.
17:16Oui, bien sûr.
17:17Donc, elle ne comprend pas la...
17:18Bon, ça, il faut lui expliquer.
17:20Ce sont malheureusement les événements de la vie qui font qu'elle a un père, mais qui ne s'y intéresse pas.
17:25Voilà.
17:26Je vous remercie.
17:26Bon courage à vous.
17:27Merci.
17:27Au revoir, madame.
17:28L'autorité parentale exclusive, c'est toujours compliqué.
17:39Parce qu'on a les textes et on a la réalité de ce que vivent les gens.
17:46Donc, normalement, les textes, c'est pour motifs graves.
17:50Alors, est-ce que cette situation, ce sont des motifs graves ?
17:54J'aurais tendance à penser que, pas forcément, juridiquement parlant.
18:00Là, je vois, par exemple, si on laisse entendre à cet enfant que son père a autant de droits que sa mère sur elle,
18:06sous prétexte qu'ils ont eu cet enfant ensemble, alors qu'il est dans la totale ignorance de ce qu'elle fait maintenant,
18:12est-ce que ce n'est quand même pas un drôle de message de délivrer ce message-là à un enfant,
18:16en disant, mais ton père a autant de droits que ta mère, alors même que tu ne le connais pas ?
18:19Moi, ma philosophie interne aurait tendance à dire, oui, je pense qu'il faut parfois aller à la rupture de lien,
18:28ou en tout cas, constater qu'il n'y a pas de raison que cet individu, qu'il soit homme, qu'il soit femme,
18:35qu'il soit père, qu'il soit mère, ait le droit de prendre des décisions sur un enfant qu'il ne connaît pas.
18:41Comment vous vous sentez, là ?
18:46Soudagée, puis je l'ai trouvée très à l'écoute, donc ça, ça fait du bien.
18:52Ce n'est pas facile non plus de se mettre à nu comme ça devant quelqu'un, en expliquant, on ne le connaît pas.
18:57Etaler toute sa vie comme ça, ce n'est pas évident.
18:59En tout cas, on sent que vous êtes une maman qui se bat bec et ongle.
19:02Je dis souvent. J'ai fait des erreurs dans ma vie, mais mes erreurs, ça ne doit pas s'abattre sur eux,
19:08et ce n'est pas eux qui doivent payer les erreurs que j'ai faites.
19:10Voilà, on se trompe, mais le tout, c'est de se relever et d'avancer.
19:26Mon avocat, ça fait quand même un an que je l'ai, moi.
19:28T'avais qu'à te réveiller aussi. Bouge pas.
19:30Tu te réveilles à la dernière minute, ça fait un moment que je t'ai dit qu'au divorce, c'est de te réveiller à la dernière minute.
19:34Au fait, j'ai arrêté ton forfait.
19:37Je l'ai arrêté, j'ai fait la résolution hier.
19:39J'ai gardé que le mien.
19:40Ouais, c'est bon, qui peut le mien ?
19:42Some day he'll come along, the man I love, and he'll be big and strong, the man I love.
19:58And when he comes my way, I'll do my best to make...
20:07Vous saviez que vous alliez être communiqués tous les deux ?
20:09Oui, à la même heure.
20:11Donc en gros, amis dans toutes les épreuves de la vie, quoi.
20:14Bah oui.
20:15Combien de temps vous êtes restés mariés ?
20:16Moi, 5 ans.
20:18Avec monsieur.
20:19Avec monsieur, 5 ans.
20:21Mais on a eu 15 ans de vie commune avant.
20:24Et on s'est mariés, et puis tout a dégringolé à partir de là.
20:28Vous n'avez pas de mariés ?
20:28Bah, je sais pas.
20:30Il y a beaucoup comme ça, qu'ils sont désignés ensemble, et quand ils se marient, après ça va plus.
20:34Vous y croyez encore, vous ?
20:37C'est-à-dire ?
20:39Au mariage, à l'éternité.
20:40Au symbole ?
20:41Maintenant, à l'heure actuelle, non.
20:44Non, parce que tout ce qu'on voit maintenant, il n'y a plus rien qui tient.
20:46Il y a trop d'échecs.
20:48Dans le temps.
20:49Un jouet cassé, on le réparait.
20:50Maintenant, un jouet cassé, on le jette.
20:52On en rachète un.
20:53Et voilà, et le couple, c'est pareil.
20:55On pense que c'est pareil.
20:56Ouais.
21:18Monsieur, souhaitez vous saisir,
21:20puisqu'ils souhaitent mettre en place une garde alternée pour leur fils qui est né en 2012.
21:26Une première décision avait déjà été rendue en 2015,
21:30suite à la séparation du couple qui fixait la résidence de l'enfant,
21:33domicile maternel, avec un droit de visite classique pour monsieur.
21:37Madame s'oppose fermement à cette demande de garde alternée.
21:41Madame a, semble-t-il, des difficultés encore à accepter la séparation,
21:44à accepter un certain nombre de choses qui vous seront évoquées dans le compte-rendu de la psychologue.
21:50Et qui font qu'aujourd'hui, elle met des freins entre la relation entre eux et son papa.
21:56Alors, monsieur, est-ce que vous voulez ajouter quelque chose d'autre à ce qui vient d'être dit ?
22:01Bah, moi, j'ai vraiment l'impression d'être évincé de l'avis de mon garçon.
22:05Vous arrivez à dialoguer avec madame ou est-ce que c'est très compliqué ?
22:08Bah, c'est compliqué, faut dire ce qu'il y a.
22:11Quand j'appelle mon fils, encore, il y a quelques jours,
22:15elle a pris le téléphone, j'ai redemandé à avoir mon fils gentiment,
22:18parce que j'étais en train de communiquer avec.
22:21Et tout ce que j'ai eu, c'est...
22:22Tu veux parler à papa ?
22:24Non.
22:24Bon, allez, au revoir.
22:26Donc, il y a cette provocation constante.
22:28Et moi, j'ai participé aux trois fêtes des écoles,
22:31à la remise d'échelon de judo de mon fils,
22:33pendant que la maman de mon garçon était absente
22:37à deux fêtes des écoles sur trois,
22:39et à la remise d'échelon.
22:39Tout ce que je souhaite par cette démarche,
22:43c'est justement exercer mon rôle de père,
22:44intégralement et pas partiellement.
22:48Merci.
22:49Alors, Maître Flamme, je vous écoute pour l'exposé.
22:53Aujourd'hui, j'ai ma consoeur,
22:54donc qui se fonde finalement sur une pièce,
22:56entre guillemets, maîtresse,
22:57qui serait le compte-rendu psychologique
22:59que vous lirez dans le cadre de votre délibéré.
23:02Ce compte-rendu, il n'est pas aussi tranché,
23:04je dirais, par rapport au souhait.
23:06Qu'est-ce qu'il vous dit ?
23:06Je ne suis pas d'accord avec papa,
23:08car il veut faire une garde alternée.
23:11Il vous dit ça,
23:12il explique les difficultés au domicile du papa,
23:15pas avec le papa,
23:16mais effectivement avec la compagne.
23:17Donc les relations, a priori,
23:18sont compliquées avec la compagne de monsieur.
23:21Elle m'énerve, elle me dit des gros mots,
23:23t'es ma boule, t'es mal élevée.
23:24Et effectivement, l'enfant a un certain mal-être
23:27par rapport à ça.
23:29Donc je considère qu'aujourd'hui,
23:30vous n'avez pas d'éléments nouveaux
23:31qui viendraient justifier qu'on remette à mal
23:34la résidence habituelle au domicile de la maman.
23:36Bien, je vais laisser à madame éventuellement
23:39l'occasion de dire ce qu'elle a à dire
23:41sur la situation.
23:42Qu'est-ce qui, pour vous, fondamentalement,
23:43s'oppose à ce qui est une mise en place
23:44d'une résidence alternée ?
23:46On dénigre mon fils, on rabaisse mon fils.
23:47Pardon ?
23:47On dénigre mon fils,
23:48on rabaisse mon fils psychologiquement.
23:50Et au niveau scolaire, il n'y a aucun souci
23:52et je ne veux pas que ça répercute là-dessus.
23:55Donc ce qui s'oppose, selon vous, essentiellement,
23:57c'est ça, c'est le fait que vous pensez
23:58qu'en réalité,
23:59vous ne serez pas bien pris en charge,
24:01pas tant par son père
24:02que par la compagne de monsieur.
24:04J'ai un conjoint, il y a un souci.
24:06J'ai mon fils qui pleure,
24:08qui ne veut pas,
24:09qui s'explique avec son père
24:10en disant,
24:11« Papa, je ne veux pas de garde alternée,
24:12monsieur est présent, il peut le dire. »
24:14Il a eu son fils.
24:15Si.
24:16Si il y a un détecteur de mensonges,
24:19je t'assure que si.
24:22J'aimerais bien que la vie de mon fils
24:23soit prise en compte
24:24et que depuis ses six ans...
24:25C'est votre fils.
24:26Il a beaucoup tendance à lire mon fils.
24:28Il avait fait à deux, madame.
24:29Un petit peu tendance peut-être
24:30à oublier la position du père.
24:31C'est votre fils ?
24:34Alors, j'ai vu que la séparation
24:35avait eu lieu avant la naissance.
24:37Oui, c'est ça.
24:38Je me suis partie
24:39quand j'annonçais la grossesse.
24:41C'est vrai que monsieur
24:41n'a pas pu assister à la naissance.
24:43Madame n'a prévenu que le lendemain.
24:45Il n'a pas pu donner
24:45son nom de famille aussi à l'enfant.
24:47Donc, voilà, il y a un vécu,
24:49il y a un historique.
24:50Voilà.
24:50Vous ne pouvez peut-être pas rester
24:51au bout de six ans sur cet épisode.
24:52Certes, violent pour vous,
24:53j'imagine bien.
24:54J'imagine, je ne relativise pas les choses.
24:56Au bout de six ans,
24:57on va peut-être falloir passer
24:58une autre étape.
25:01Pour revenir sur le problème
25:04de la compagne,
25:04j'atteste vraiment sur l'air
25:06que le week-end, c'est simple.
25:09Il est tout le temps avec moi.
25:10Soit avec moi et ma compagne,
25:12mais il n'est jamais seul
25:13avec ma compagne.
25:16Voilà, monsieur.
25:17Vous pouvez y aller.
25:18Merci à vous.
25:19Bonne journée.
25:20Au revoir.
25:31Une fois par semaine,
25:48Eric, le mari de Cécile
25:50depuis 28 ans,
25:51vient déjeuner avec elle.
25:52Ce matin, j'ai eu un dossier
26:05avec un enfant de 36 ans.
26:07La mère n'arrive pas de dire
26:08mon fils, mon fils, mon fils.
26:11Alors que le père,
26:11il est quand même assez manifestement
26:13investi dans son éducation.
26:16et aussi, comme par hasard,
26:19un monsieur qui a une compagne
26:23et elle vit seule avec son fils.
26:25Donc elle vit très mal.
26:26En fait, je pense,
26:26la demande de résidence,
26:27ça le permet.
26:28Ça ne doit pas être facile non plus
26:30d'abandonner, entre guillemets,
26:31un enfant.
26:32Quand tu as la responsabilité
26:34entière de l'enfant,
26:36de vouloir le partager,
26:37c'est jamais facile.
26:37C'est ça.
26:37Je crois qu'elle le vit.
26:39Puis je pense qu'elle a peur
26:40de se faire prendre sa place de mère
26:42par l'autre,
26:43par la campagne du père.
26:47Mais bon,
26:48quand on prend la décision
26:49de se séparer,
26:50on doit s'entendre
26:51une bonne dernière fois
26:52pour les enfants.
26:54Ça paraît tellement logique.
26:58Depuis 28 ans qu'elle est juge,
26:59quel regard vous portez sur elle ?
27:02Ah !
27:03Ben...
27:06Une femme de conviction,
27:08avant tout.
27:09Après,
27:10elle a toujours voulu faire ce métier.
27:11donc on s'est connus jeunes
27:13et puis rapidement,
27:16la profession de magistrat
27:17est arrivée.
27:19Pour moi,
27:19c'est vrai que c'est avant tout
27:21mon épouse,
27:22la mère de mes trois enfants.
27:26Il y a de la fierté, quoi,
27:27en tout cas.
27:28Il y a de la fierté,
27:28oui, bien sûr.
27:30Est-ce que vous avez le sentiment
27:31que c'est un métier difficile,
27:33juge ?
27:34Ça ne doit pas être
27:35tous les jours facile.
27:39Les dossiers qui s'accumulent
27:41un petit peu la maison,
27:43il faut les traiter le soir,
27:44il faut les traiter aussi le week-end.
27:46Les conversations
27:47au sein du repas,
27:50dans les promenades,
27:52ça revient beaucoup.
27:54Alors,
27:54elle arrive à gérer,
27:55peut-être aussi,
27:56parce qu'au niveau familial,
27:57on est là.
27:59C'est vrai que vous nous disiez
27:59que votre famille,
28:00c'était...
28:00Ma famille,
28:02je pense que c'est grâce
28:03à ça que je tiens le coup.
28:05On absorbe tellement
28:06de souffrance
28:08chez les gens,
28:09des gens.
28:10Si en plus,
28:11soi-même,
28:11on est quelqu'un
28:11qui est en souffrance,
28:13mais c'est insupportable
28:13pour le psychisme,
28:15pour le cerveau.
28:15Moi, j'imagine
28:16que je n'y arriverai pas.
28:17Alors,
28:28monsieur,
28:28vous êtes venu
28:30consulter les auditions
28:31des enfants au greffe ?
28:35Parce que les enfants
28:35ont dit effectivement
28:36des choses très, très dures.
28:38On va commencer par Marion,
28:39qui a 13 ans.
28:40Elle indique
28:41qu'elle avait envie
28:41d'aller chez papa,
28:43que chez maman,
28:44il n'y a que du bruit.
28:46Quand on veut faire ses devoirs,
28:46on ne peut pas
28:48donc elle a indiqué
28:48qu'elle vivait avec sa mère,
28:50son beau-père,
28:50ses frères et sœurs,
28:51des demi-frères et sœurs également.
28:53Donc il y a l'air
28:53d'avoir pas mal de monde
28:54dans la maison.
28:55Combien il y a d'enfants
28:55en fait chez vous, madame ?
28:56Quatre enfants ?
28:59Elle s'entend mal apparemment
29:00avec votre compagnon
29:01parce qu'il lui parlerait mal,
29:02il la disputerait,
29:03il l'insulterait aussi.
29:05Elle parle également d'insultes
29:07de la part de ses frères et sœurs,
29:08des insultes quand même.
29:10Ferme ta gueule,
29:11salope, etc.
29:13Voilà,
29:14les termes qui sont employés.
29:16Chez mon père,
29:16je peux me concentrer mieux.
29:17Je ne sais pas si l'accord
29:18consiste à une résidence
29:19chez l'un ou chez l'autre,
29:20mais...
29:21Madame entend le souhait
29:23de sa fille.
29:24Toutefois,
29:24elle a quand même
29:25des réserves
29:26puisqu'elle a le sentiment
29:27que Marion idéalise
29:29la situation
29:30chez son père.
29:30sur Brian,
29:33le monsieur n'a pas maintenu
29:34sa demande
29:34de transfert d'office.
29:35Parce qu'au départ,
29:36vous vouliez la résidence,
29:37je crois,
29:37des deux enfants.
29:38Moi,
29:38j'ai fait par rapport
29:39aux enfants
29:39ce qu'ils voulaient
29:40vraiment au fond d'eux.
29:42Je suis en train
29:43de voir l'audition
29:44de Brian.
29:45Effectivement,
29:46il indique que ça ne va pas
29:46chez ma mère,
29:47entre moi,
29:47ma mère,
29:48ma sœur,
29:48mon beau-père.
29:49Il y a des manques
29:50de confiance,
29:50ça peut partir en cacahuètes.
29:52Ça part en insultes
29:53réciproques.
29:54Je vous passe les insultes.
29:55Vous les avez lues.
29:56Chacun s'insulte,
29:57aussi bien vous
29:58que lui
29:59qui n'a que 15 ans.
30:00C'est vrai que ça a l'air
30:01d'être particulièrement entendu.
30:03Il indique ensuite
30:04mes grands-parents maternels
30:05m'aident pour ma scolarité.
30:06Ils ont toujours été là pour moi.
30:08Une fois,
30:08ma mère m'a mis dehors,
30:09ils m'ont pris,
30:09sinon je serais partie
30:10en foyer.
30:11Peut-être qu'il avait été
30:12particulièrement difficile
30:13avec vous ?
30:14La violence envers moi.
30:16La violence.
30:17Ça n'est pas que verbal,
30:18ça peut être violence physique.
30:20En toute fin d'audition,
30:22il évoque finalement
30:23que son choix
30:24n'est pas finalement
30:25j'ai envie de rester
30:26chez ma mère,
30:27c'est mieux pour ma scolarité,
30:28mais pour mon comportement,
30:29ce serait mieux
30:29chez mon père.
30:30Donc c'est dur de se décider.
30:31En fait,
30:32il est très partagé.
30:36Donc vous, monsieur,
30:36vous pensez
30:38que la situation
30:40c'est de laisser
30:41Brian avec madame ?
30:43Je ne sais pas.
30:45Après, c'est normal
30:46que lui ne sache pas.
30:47C'est à vous,
30:47en tant que parent,
30:48de prendre des décisions
30:49au mieux de ses intérêts.
30:50Lui, c'est normal
30:50qu'il soit perdu,
30:51d'autant qu'il a l'air
30:52manifestement un peu perturbé.
30:53On avait discuté
30:54que quand ils étaient
30:55séparés de Marion,
30:56ça allait mieux ?
30:58Ah oui, là, pour le coup,
30:59peut-être que la séparation
31:00de la fratrie
31:01serait finalement bénéfique,
31:05alors que le texte
31:05dit qu'il faut
31:05les maintenir ensemble.
31:06Mais là, a priori,
31:07vous pensez, vous,
31:08qu'ils seraient mieux
31:08à vivre un peu séparément ?
31:10C'est votre façon
31:11de voir les choses ?
31:12Ensemble ?
31:14Est-ce qu'il ne faut pas
31:15faire un essai
31:16comme ça pour l'instant,
31:18rien qu'avec Marion
31:18avec moi pour l'instant ?
31:20Soyez plus tôt
31:21pour voir comment ça
31:22se passe pour l'instant.
31:23Tout en varie,
31:23ne sont Brian derrière
31:25et voir l'évolution.
31:27Attention,
31:27il faudra quand même
31:28que vous soyez très présent
31:29pour Brian
31:29parce que le week-end sur deux,
31:30aujourd'hui,
31:31on en est loin, monsieur.
31:32Alors, on comprend
31:32pourquoi Brian,
31:33il est un petit peu perdu
31:34parce que si vous avez
31:35un droit que vous n'exercez pas,
31:36il peut se poser des questions
31:37sur la place qu'il a chez vous.
31:40Alors maintenant,
31:41votre situation,
31:42elle s'est quand même
31:42relativement stabilisée ici,
31:44maintenant.
31:44Voilà, voilà,
31:45ça va être stable maintenant.
31:46Donc, il faut quand même exercer,
31:48il faut venir le prendre régulièrement,
31:50il faut montrer votre intérêt
31:50pour lui.
31:51Oui, oui.
31:52Il faudrait peut-être aussi éviter
31:54que le juge des enfants,
31:55si la situation s'aggrave,
31:56ne conclue par un placement.
31:59Brian a l'air quand même
31:59assez perturbé.
32:01On a décidé avec l'éducatrice
32:04que s'il reste à la maison,
32:05il va rester calmé
32:07sur sa violence.
32:08Surtout ça.
32:10Donc, ça serait quand
32:12que j'ai récupéré ?
32:13Alors, écoutez,
32:13moi, je rends la décision
32:14le 19 décembre.
32:15C'est un commun accord
32:16entre vous,
32:16donc, de toute façon,
32:17vous pouvez déjà mettre en place
32:18le fait qu'elle revienne
32:19définitivement chez vous
32:19pour la rentrée scolaire
32:20de 2019.
32:23Voilà, messieurs, dames.
32:24Merci.
32:24Merci.
32:28Bonne journée, Paul.
32:37J'ai régulièrement
32:38toujours à l'esprit
32:39le fait que peut-être
32:40que je prends une décision
32:41qui n'est pas la bonne.
32:43Mais je me dis,
32:43au final, de toute façon,
32:44il faudra que tu saches le faire,
32:45il faudra que tu prennes
32:46ta décision.
32:51Ces gens t'ont saisi
32:52pour que tu décides
32:53pour eux,
32:54parce qu'ils n'y arrivent pas.
32:55Donc, il faut le faire
32:56sans trop d'état d'âme.
33:01Heureusement pour Cécile,
33:02tous les couples
33:03qui se séparent
33:04ne se déchirent pas forcément.
33:05Parfois, l'un et l'autre
33:08reprennent juste leur chemin
33:10et l'audience devient alors
33:12une simple formalité.
33:13Pourquoi vous divorcez ?
33:15On ne s'entend plus.
33:16Tout simplement.
33:19Mais on veut rester en bon terme,
33:21c'est tout ce qui compte.
33:22On s'aime bien,
33:23mais il n'y a plus d'amour.
33:24Je ne veux pas le rendre malheureuse
33:25et moins malheureux.
33:27C'est réciproque.
33:27Alors, on se quitte,
33:28c'est tout.
33:30Comment vous vous êtes rencontrés
33:31tous les deux ?
33:31On était jeunes.
33:33Vous aviez quel âge ?
33:34Moi, j'avais 14 ans
33:35et lui, il en avait 15.
33:38Alors, c'était où ?
33:39Un baptême.
33:40Oui.
33:41J'étais enceinte à 17 ans.
33:43Donc, on s'est mariés.
33:44Puis voilà,
33:45tout s'est fait comme ça.
33:47Quel souvenir vous gardez
33:48tous les deux
33:49de votre vie ensemble ?
33:51On en a des bons,
33:52on en a des mauvais,
33:53mais on garde les bons.
33:55Et l'amour qu'on a eu
33:56l'un et l'autre.
33:56Oui.
33:57Ça, on ne l'oubliera jamais.
34:02Bonjour.
34:04Installez-vous.
34:06Alors, je crois comprendre
34:08qu'effectivement,
34:08monsieur et madame
34:09sont en parfait accord.
34:11Personne ne reproche rien
34:12à personne, en fait.
34:12C'est vraiment un divorce
34:13d'incomment d'accord.
34:15Vous signez chacun
34:16à côté de votre nom,
34:17s'il vous plaît.
34:20Le premier nom.
34:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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