- il y a 4 mois
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00:00Avec les grandes voix d'Europe, comme tous les jeudis. Soir, bonsoir Catherine Ney.
00:04Bonsoir Pierre, bonsoir M. Maillard.
00:06Bonsoir Gérard Carrérou.
00:07Bonsoir Pierre, bonsoir M. le député.
00:09Gérard Carrérou qui connaît très bien les Etats-Unis.
00:11Bonsoir Sylvain Maillard.
00:12Bonsoir à vous trois et à tous les auditeurs.
00:15Député de Paris, président de Renaissance Paris.
00:17Je voudrais en effet commencer cet entretien, si vous le voulez bien, par l'assassinat de Charlie Kirk
00:21puisqu'il y a une polémique qui monte de savoir si c'est un assassinat politique
00:24ou si c'est pas un assassinat politique.
00:27Et puis aussi de savoir, ça me paraît tellement, j'allais dire dérisoire de le dire,
00:34mais il y a quand même certains observateurs qui l'affirment, qui disent
00:36bah oui mais enfin en même temps, Donald Trump, sa politique, vous voyez bien, ça attise la haine.
00:42Alors je vous propose, avant qu'on en parle, d'écouter les experts qui étaient réunis sur la chaîne LCI.
00:49Il y avait Sergei Girneuf, spécialiste en renseignement,
00:52Samantha de Binderne, chercheuse à la Royal Institute of International Affairs
00:57et notre confrère du Figaro, Guillaume Roquette.
01:00Écoutez plutôt.
01:01Vous oubliez quand même que quand Trump, avec Maga, provoque de la haine, il reçoit ce qu'il...
01:07Ah ah ah !
01:08Voilà, ça c'est intéressant.
01:09Ça, c'est très intéressant ce que vient de dire Sergei, c'est exactement les éléments de langage qu'il va y avoir dans la presse d'être beau.
01:15C'est la psychologie humaine.
01:16Non, non, c'est la psychologie humaine, pardon.
01:18C'est la psychologie humaine.
01:19Qu'est-ce que vous venez de dire Sergei ?
01:20Vous venez de dire que c'est de la faute des républicains, si des républicains sont assassinés.
01:25Oui, mais c'est ça, ils l'ont provoqué.
01:27Ils l'ont provoqué, bien sûr.
01:28Et ça, mais c'est extraordinaire.
01:29Ils l'ont provoqué.
01:30Comment pouvez-vous faire preuve d'une telle mauvaise foi ?
01:32Votre détestation de Trump vous aveugle.
01:35Si on prend des discours et des phrases prononcées par Donald Trump
01:38et on les compare à des phrases qui sont prononcées par Hitler, il y a une grande ressemblance.
01:42Samantha, c'est du délire ce que vous êtes en train de dire.
01:44Ce n'est pas du délire, vous prenez les phrases.
01:45Vous dites parce qu'il y a des gens qui critiquent les juges, ce sont les enfants d'Hitler.
01:51Moi aussi je critique le gouvernement des juges en France.
01:53Alors moi aussi je suis un hitlérien.
01:55Il y a un moment où peut-être on peut essayer de réfléchir, on peut essayer de sortir de l'outrance.
02:00Voilà, le dernier à parler c'est Guillaume Roquet du Figaro, Sylvain Maillard.
02:03Est-ce que vous comprenez que ça aille jusque-là sur les plateaux de télévision ?
02:06Je crois que je n'ai pas un mot à rajouter à ce que vient de dire Guillaume Roquet.
02:09Je trouve ça juste incroyable qu'on puisse se dire que finalement, au fond, il l'a peut-être bien mérité.
02:16C'est-à-dire que dans la politique, quelles que soient les idées politiques qu'on porte,
02:20se dire qu'on peut mourir abattu par des adversaires politiques, je trouve ça...
02:25Et qu'on puisse le justifier d'ailleurs en disant finalement, au fond, je trouve ça terrible.
02:29Terrible.
02:30Donc plein soutien à ce qu'a dit Guillaume Roquet.
02:31Moi je suis scandalisé par ce que j'ai entendu depuis hier soir.
02:36Depuis l'assassinat de M. Charlie Kerr, que je ne connaissais pas,
02:42à part le fait que c'était un des rouages essentiels de la campagne de Trump pour les jeunes notamment,
02:49pour les réseaux sociaux, etc.
02:51Mais que c'était en plus un homme de dialogue et un non-violent.
02:55Non, jamais on ne l'a pris dans une autre posture que dans celle de la non-violence et de la discussion.
03:03Mais ce que je suis écœuré, c'est quand j'entends...
03:05Écoutez, je ne peux pas m'empêcher de voir là ce que j'appellerais entre guillemets,
03:09je mets les guillemets pour l'ARCOM, la brigade des salopards.
03:13La brigade des salopards, pour moi, ce sont tous ces gens qui ont eu le culot de dire
03:19mais au fond, il l'a bien mérité.
03:22Il est mort, mais il l'avait bien mérité.
03:24Et dans cette brigade, je mets un ancien Premier ministre de notre République,
03:29M. Dominique de Villepin.
03:31Je mets au moins deux des commentateurs de LCI que j'ai entendus hier soir.
03:36Vous avez eu le... comment dire...
03:39On vient de les entrer.
03:40Oui, vous avez donné les preuves en les faisant parler à votre micro.
03:44Sergei Gérnoff et Samantha de Berneur.
03:46Et puis également, je mets aussi dans cette brigade des salopards, et je maintiens le mot,
03:51tous ceux qui ont refusé de rendre hommage au Parlement européen notamment.
03:56Et quand je vois l'inversion...
03:57Alors, moi j'ai vécu...
03:59C'était la majorité, parce que ceux qui ont demandé un hommage, c'était le groupe Identité Liberté,
04:04C'était Sarah Knafou et quelques-uns, et ils ont été minoritaires.
04:07Mais moi j'ai vécu la mort de Kennedy aux Etats-Unis.
04:11J'ai vécu la mort des deux frères Kennedy.
04:13J'ai vécu la mort de Luther King, parce que j'allais aux Etats-Unis régulièrement, tout le temps, à cette époque-là.
04:19Et c'est comme si on disait aujourd'hui,
04:21Oh ben quand même, Kennedy, jeune Kennedy, il l'avait bien cherché.
04:24Et puis son frère Robert, oh là là, il l'avait bien cherché, lui aussi.
04:28Et Martin Luther King, l'homme qui nous a fait ce magnifique discours,
04:32il l'avait bien cherché aussi.
04:34Et puis on pourrait rajouter beaucoup d'autres gens.
04:37C'est scandaleux, c'est abject, c'est abject.
04:40Sylvain Maillard.
04:41Juste peut-être un mot.
04:43Il y a des règles pour faire une minute de silence dans tous les parlements,
04:45y compris, je l'ai vécu et je le vis à l'Assemblée nationale,
04:49avec des règles qui peuvent, quand vous êtes en dehors, vous dire
04:52mais non, il faudrait qu'une minute de silence dans tel ou tel cas,
04:56il y a des règles qui s'appliquent à l'Assemblée nationale,
04:58probablement aussi au Parlement européen,
04:59qui peuvent justifier parce que c'est un non-européen.
05:02Voilà, donc je voudrais juste, je suis d'accord avec beaucoup de choses que vous venez de dire,
05:06mais ça, je trouve que ça se peut être dépassé par rapport à une règle qui s'applique tout le temps.
05:11J'en prends note.
05:11Catherine Ney.
05:12Non, moi je ne connaissais pas Charlie Kirk, là, non.
05:16Mais j'apprends que tout en ayant été un soutien très très très précieux pour Donald Trump,
05:24puisqu'il a rameuté toute la jeunesse,
05:26d'ailleurs il disait les hommes blancs, les jeunes hommes blancs,
05:29qui ne peuvent pas profiter du rêve américain tel qu'on les allait,
05:32qui n'avait pas d'emploi,
05:33et il les a amenés cet électorat-là à Trump.
05:37Mais je voyais aussi qu'il était très libre,
05:39puisqu'il s'inquiétait,
05:41et c'était fait moriginer d'ailleurs par Trump,
05:43parce qu'il trouvait que l'affaire Einstein devait sortir,
05:46que l'administration devait faire sortir le dossier,
05:51et qu'il attendait qu'il sorte.
05:52Donc il s'était émancipé un peu de Donald Trump sur ce sujet.
05:55Non, c'est que c'était quelqu'un qui avait trouvé,
05:57c'était un homme libre, voilà.
05:58Bah si, c'est exactement ce que je suis en train de dire.
06:00Bon, alors on le dit autrement.
06:01On le dit autrement, voilà, d'accord.
06:04Parlons politique avec Sylvain Maillard, Sébastien Lecornu,
06:07deuxième jour à Matignon, consultation,
06:09avec notamment un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy.
06:13Alors évidemment, on ne peut pas s'empêcher de penser à cette réunion
06:16que Nicolas Sarkozy a donnée à Bruxelles,
06:18en racontant ses rendez-vous récurrents avec Emmanuel Macron.
06:21Il disait, à chaque fois que je lui propose quelque chose,
06:23il va faire le contraire.
06:24Alors, est-ce que Sébastien Lecornu,
06:25qui sort de la rue de Myroménil chez Nicolas Sarkozy,
06:28est-ce qu'il va faire tout le contraire que Sarkozy lui a conseillé ?
06:30Après que le Premier ministre rencontre des grandes figures de la vie politique,
06:34je crois que c'est important.
06:35On est à un moment où il va prendre le temps des consultations,
06:38voir l'ensemble des forces politiques,
06:39l'ensemble des forces syndicales,
06:42avant de constituer son gouvernement,
06:44pour faire en sorte qu'on ait un budget en France.
06:46Voilà.
06:47Et donc, il prend du temps,
06:48il va voir probablement plein de personnes.
06:50Là, vous parlez de Nicolas Sarkozy,
06:50je pense qu'il en voit d'autres aussi.
06:52Non, non, mais j'ai dit Nicolas Sarkozy.
06:53Et ça me sent bien qu'il écoute différentes sonorités.
06:56Il a vu les deux assemblées, notamment.
06:58À un moment, il va falloir que l'ensemble des gens raisonnables
07:00et tous ceux qui se disent de partis de gouvernement
07:02s'entendent,
07:04acceptent de faire des compromis
07:06qui vont nous coûter politiquement,
07:08parce que je crois que l'intérêt de la France,
07:09c'est d'avoir un budget.
07:10Et pour ça, il va falloir que nous inventions,
07:12et tous ensemble.
07:13Et vous y croyez vraiment ?
07:14Parce que quand on interroge LFI,
07:16j'ai l'impression que c'est un divorce rapide.
07:19Quand on interroge le RN,
07:21ça n'a pas l'air d'être non plus beaucoup plus.
07:24Après, il reste...
07:26Alors, je ne sais pas où vous situez, vous,
07:29Sylvain Maillard, l'arc républicain,
07:30parce qu'il a eu une tendance à jouer un peu de la cordée.
07:33Moi, je parle des partis de gouvernement.
07:35Les partis de gouvernement, c'est
07:36les Républicains, Renaissance, Horizon, Modem.
07:40Et le RN n'est pas un parti des Républicains ?
07:43L'EPS...
07:43Pourquoi pas le RN ?
07:45Non, je dis des partis de gouvernement.
07:46Oui, mais pourquoi ?
07:47Parce qu'ils n'ont pas gouverné ?
07:49Et puis, ils veulent un chaos.
07:51Ils sont dans autre chose.
07:52Ils ne sont pas dans du compromis.
07:54Ils sont toujours dans les oppositions,
07:55comme elle est fille.
07:55Et ils représentent 13 millions d'Élysées ?
07:56Je n'ai pas dit qu'ils n'existaient pas,
07:58ou qu'ils n'avaient pas le droit de dire ce qu'ils pensaient.
08:00Je dis que dans les gens de partis de gouvernement,
08:02ceux qui gouvernent, qui s'organisent...
08:04Mais vous dites qu'ils n'ont pas le droit de parler avec vous.
08:05Gouverner Pierre de Villeneau, c'est faire des compromis.
08:08C'est-à-dire qu'entre ce que vous pensez qu'il faut faire
08:11et la réalité du terrain,
08:13c'est de trouver le meilleur chemin.
08:14Et parfois, vous devez faire, sur vos valeurs,
08:16vous devez faire des compromis.
08:18Et quand vous êtes chez LFI ou chez le RN,
08:21vous pouvez dire un truc, c'est que ça...
08:22Ils rase gratis, ils disent exactement ce qu'ils pensent.
08:25Ils disent, le réel, ça leur est totalement égal.
08:28Avant tout, c'est de dérouler une idéologie.
08:29Le PS est un parti de gouvernement.
08:32Il a proposé un plan pour réduire l'endettement
08:36qui est la moitié de ce que proposait l'ancien Premier ministre.
08:39Donc, il va bien falloir, si vous voulez réussir,
08:43à les rallier, pas à les rallier,
08:48mais à faire que le budget passe.
08:52Je pense que sur l'impôt des riches,
08:55par exemple, un sujet que vous avez d'ailleurs déjà évoqué,
08:57il va falloir faire des concessions.
09:00Et est-ce que vos amis sont prêts à le faire ?
09:02Je le crois. D'abord, la main, elle a toujours été tendue.
09:05Et bien avant, moi, je me souviens
09:06de tentatives de Gabriel Attal
09:10de tendre la main à Olivier Faure, à Boris Vallaud,
09:13en disant, voyons-nous, essayons de travailler ensemble.
09:15Et ça fait plusieurs mois déjà que ça dure.
09:18On continue à tendre la main, ils continuent à tendre la main.
09:20Nous-mêmes, députés Renaissance, nous tendons la main.
09:23Mais ils ne l'ont pas saisi, toujours.
09:25Je pense qu'ils écoutent et on discute.
09:27en disant, oui, il va falloir faire des compromis
09:29et des compromis qui vont nous coûter cher politiquement.
09:31Quand vous parlez de l'augmentation de taxes,
09:34je parle beaucoup de taxes Zuckman, par exemple,
09:36mais en regardant les dispositifs,
09:37moi, je suis complètement contre l'augmentation des taxes.
09:39Je pense que c'est une énorme,
09:40je l'ai dit dans le Figaro, une énorme connerie.
09:42Mais Zuckman, vous voulez bien ?
09:43Mais, mais, il va falloir faire des compromis.
09:46Et donc, quand on est un parti gouvernement,
09:48il nous faut un budget.
09:52On va en parler, parce que là, il y a la pub qui arrive.
09:54Une France sans budget,
09:56ce sont des conséquences extrêmement graves pour nous.
09:59Il y a différents moyens.
10:00Il n'y a pas que la taxe Zuckman et les taxes les riches.
10:03Sylvain Maillard.
10:04Pierre Devinot, par exemple,
10:05sur la réduction du déficit,
10:09il nous demande de faire moins d'efforts.
10:11Nous, on part de 44 milliards.
10:13Regardons si on peut trouver une voie médiane.
10:16Nous, en tout cas, on tend la main.
10:17On l'a toujours fait.
10:18On continuera à le faire.
10:19On va être des gens raisonnables.
10:21Même si on pense que l'augmentation des impôts est une bêtise,
10:24en attendant, il nous faut un budget.
10:26C'est ça, les gens raisonnables.
10:2619h27, Sylvain Maillard revient dans un instant,
10:28tout de suite sur Europe 1.
10:29Toujours avec Catherine Ney, avec Gérard Carrero,
10:31nous recevons Sylvain Maillard.
10:33Député Renaissance, Président de Renaissance Paris,
10:36Gérard Carrero, vous voulez vous interroger ?
10:37Oui, je crois qu'il faut...
10:38Moi, je suis de ceux qui pensent qu'il faut donner sa chance
10:40à M. Lecornu.
10:42D'abord parce que je suis pour la République
10:44et que c'est un des derniers maillons de la République
10:48qui sauterait si on a une nouvelle crise ministérielle
10:51dans les prochaines semaines ou à Noël.
10:53Donc, il faut lui donner sa chance
10:55et j'ai envie de lui donner sa chance
10:56parce que c'est un homme.
10:58Je ne le connais pas personnellement,
10:59mais j'ai entendu beaucoup parler de lui
11:02par des gens qui l'ont approché
11:03ou qui ont négocié avec lui.
11:05Ce n'est pas seulement un homme-lige
11:06du Président de la République.
11:08Il a des qualités personnelles importantes,
11:11notamment de compréhension et de négociation.
11:14Et je pense que même si M. Macron
11:16a tendance à lui dire
11:17qu'il faut absolument négocier avec les socialistes,
11:20et surtout avec les socialistes,
11:22je pense qu'il aura l'intelligence
11:24de la situation réelle telle qu'elle est
11:27et qu'il saura, je pense également aussi,
11:30faire quelques, je ne sais comment appeler ça,
11:33quelques accommodements,
11:34mais accommodements dans l'intérêt de la France
11:36avec également la droite.
11:38Ce n'est pas possible aujourd'hui de faire...
11:40Il n'y a pas de majorité
11:42et négocier uniquement avec les socialistes,
11:44c'est aller dans le mur.
11:45Diagnostic partagé, Sylvain Maillard ?
11:47Oui, moi je connais bien,
11:47j'ai la chance de connaître bien Sébastien Lecornu
11:50depuis longtemps.
11:51C'est quelqu'un qui, pour moi, a deux qualités.
11:53D'abord, il sait exactement où il habite,
11:55il sait quelles sont ses valeurs
11:57et ce qu'il porte.
11:59Il le porte souvent avec une certaine discrétion,
12:01et on peut le reprocher parfois à un politique.
12:03En même temps, il en a fait une vraie force
12:04avec une carrière, quand même, politique très rapide.
12:10Il a occupé énormément de postes,
12:12de responsabilités très jeunes,
12:13et c'est quelqu'un qui a toujours été
12:15à la hauteur des responsabilités qu'on lui a données.
12:17Et puis moi, en tant que commissaire à la Défense,
12:19à l'Assemblée Nationale,
12:20je suis beaucoup avec lui et ses cabinets
12:22depuis deux ans.
12:24C'est un formidable ministre des Armées
12:26qui accompagne une loi de programmation.
12:27C'est aussi pour ça qu'il faut un budget,
12:28pour financer notre loi de programmation,
12:31entre autres des militaires.
12:32S'il n'y a plus de budget,
12:32on ne peut plus financer...
12:33Il a augmenté le budget,
12:34les propositions d'augmentation de budget.
12:37Et Catherine, peut-être pour terminer,
12:39une qualité que je trouve assez forte,
12:43il cherche toujours à convaincre,
12:46ses oppositions,
12:48même s'il sait qu'ils ne voteront pas le budget
12:49à la fin des armées.
12:51Vous voulez dire qu'il a une méthode spéciale ?
12:53Il prend du temps pour expliquer,
12:55pour essayer de convaincre.
12:56Je crois qu'aucun député
12:58de la commission de la Défense
12:59ne peut dire qu'il a été maltraité
13:02par Sébastien Lecornu.
13:03De tous les bords confondus ?
13:05De tous les bords confondus.
13:06Tous les bords confondus.
13:07Il a toujours cherché à expliquer
13:09pourquoi il prenait telle ou telle décision.
13:12Parfois, son décision,
13:13évidemment, quand vous êtes ministre de la Défense,
13:15très technique,
13:15ministre des Armées,
13:16très technique.
13:17Il a toujours expliqué,
13:18et je l'ai vu,
13:19parfois c'est même agaçant,
13:20je vous dis,
13:20quand vous êtes un député connaissance,
13:22de devoir passer autant de temps
13:24à répondre aux questions,
13:26de dire qu'il faut aller plus vite.
13:27Mais il cherche à convaincre.
13:28Et ça, je trouve que c'est une qualité
13:30assez forte.
13:31Est-ce qu'il arrivera à convaincre
13:32les députés socialistes ?
13:34Écoutez, Philippe Brun,
13:35député PS de l'heure,
13:36il était sur Sud Radio ce matin.
13:38Nous n'irons pas à la négociation,
13:40finalement, de but en blanc,
13:42sans que le Premier ministre
13:43ait annoncé un certain nombre d'ouvertures.
13:44Parce que nous,
13:45on nous a déjà fait le coup dix fois.
13:46Nous n'irons aux négociations
13:47que si le Premier ministre
13:49annonce des ruptures claires
13:50et nous annonce très concrètement
13:52les sujets sur lesquels
13:54il veut ouvrir.
13:55Il y a eu un choix très clair
13:56du Président de la République.
13:57Il a fait le choix de la fermeture,
13:59d'appeler le dernier fidèle
14:00pour absolument ne rien changer
14:02à sa politique.
14:03Alors peut-être que celui-ci
14:04va nous surprendre,
14:05je n'y crois pas pour ma part,
14:06et engager la révolution intérieure
14:08du macronisme.
14:09Mais je crois plutôt
14:10qu'on va s'engager
14:11vers une crise de régime
14:13qui me semble assez définitive,
14:14dont la solution
14:15ne pourrait être à la fin
14:17que la dissolution.
14:18Elle ne nous fait pas peur non plus.
14:19Bon, Sylvain Maillard,
14:20vous dites convaincre, convaincre.
14:21Là, quand on écoute Philippe Brun,
14:23qui est d'ailleurs...
14:25Sébastien Lecornu aussi
14:25est député de l'art.
14:26Je ne sais pas si c'est
14:27la même circonscription,
14:28mais il est sénateur de l'heure.
14:30Et alors là, justement,
14:31quoi qu'il en soit,
14:32même s'il y a une sorte
14:33de proximité,
14:34peut-être qu'il se croise
14:35dans le coin,
14:38ça a l'air mal parti.
14:39Pierre Devineau,
14:39regardez d'où nous partons.
14:41Déjà, il est prêt à écouter.
14:43On part d'un PS
14:45complètement phagocyté
14:46par LFI.
14:46un PS en pleine émancipation
14:50qui comprend bien
14:53qu'ils ont un moment
14:54de responsabilité.
14:56Et je donnerai un point
14:57à mon collègue Brun.
15:00Je crois que c'est à nous,
15:01je crois que c'est au gouvernement
15:02de faire des propositions
15:04envers le Parti Socialiste,
15:05pas uniquement attendre
15:06que le Parti Socialiste
15:07en fasse.
15:07Je pense que la main,
15:08elle doit être tendue
15:09comme nous le tendons,
15:10nous,
15:10les débutaires naissances.
15:11On doit faire la même chose.
15:12C'est-à-dire,
15:12on prend des solutions
15:14qui sont deux chez eux
15:15en disant,
15:15finalement,
15:16ça,
15:16vous avez peut-être raison
15:17sur ce sujet
15:18et notamment sur la taxe Zuckman.
15:19On ne va pas leur dire
15:20qu'ils ont raison,
15:20on va juste dire
15:21qu'il faut construire un budget
15:22et que chacun va devoir
15:22faire des compromis.
15:23Et notamment sur la taxe Zuckman.
15:24Tape Zuckman ou d'autres.
15:26Il n'y a rien nouveau,
15:26vous l'avez déjà dit
15:27dans un journal.
15:28Parce que ça peut être
15:28une négociation
15:29sur autre chose
15:30qu'une taxe.
15:31Mais j'imagine,
15:32on est à votre micro,
15:33on essaie de dire
15:33ce que l'on pense.
15:35On dit la vérité sur Europe 1.
15:36Je dis,
15:37on essaie de le dire
15:37tout le jour,
15:38mais je pense que les socialistes
15:39vont vouloir un totem.
15:41Et donc,
15:41vouloir dire quelque chose
15:42qui...
15:43Et donc,
15:44voilà.
15:45Donc,
15:45j'imagine,
15:46comme nous l'avons...
15:47Ils l'ont voté
15:48à l'Assemblée nationale
15:49en première lecture.
15:50Ils vont vous proposer
15:51cet impôt-là
15:52qui est...
15:53Pour les 1800 foyers
15:54les plus riches de France.
15:55Pour les 1800
15:55sur lequel il faudra
15:56retravailler dessus
15:57parce qu'évidemment,
15:58c'est un impôt.
15:59Et comme j'ai pu le dire
16:00dans l'hémicycle,
16:01qui est totalement débile
16:02si vous l'appliquez
16:03aux propriétaires d'entreprises.
16:06Par exemple,
16:06je vous prends l'exemple,
16:07une société...
16:08On est tellement heureux
16:09d'avoir une société
16:10dans l'intelligence artificielle
16:11comme Mistral.
16:13Mistral,
16:13s'il y a une taxe Zuckman
16:14comme a proposé
16:15M. Zuckman,
16:16elle n'aurait pas pu
16:17exister en France.
16:18Pourquoi ?
16:19Parce qu'en fait,
16:20elle est valorisée
16:20des milliards.
16:21Donc,
16:21les propriétaires individuels
16:24sont potentiellement
16:25milliardaires.
16:26Mais en réalité,
16:27elles perdent l'argent.
16:27Donc,
16:27elles ne font aucune distribution
16:28de dividendes.
16:29Donc,
16:29à part leur salaire,
16:30ils n'auront pas évidemment
16:31les moyens de payer
16:32des millions et des millions
16:33d'impôts,
16:34voire des dizaines de millions
16:35alors qu'ils sont très loin
16:36d'avoir ça.
16:36Donc,
16:36ça veut dire qu'il faudrait
16:37qu'ils vendent leur entreprise
16:38ou des parts de leur entreprise
16:40tous les ans.
16:41En réalité,
16:41ils partiront à l'étranger.
16:42Ils ne se créeront pas à l'étranger.
16:44Donc,
16:44il faut la recalibrer
16:45mais probablement,
16:47ce sera le totem
16:47des totems qui demandera.
16:48Oui,
16:49mais ça veut dire
16:49que ça demande
16:50beaucoup de travail,
16:51presque entreprise
16:52par entreprise
16:52pour savoir,
16:53voyez,
16:53et est-ce qu'on peut faire
16:54une loi
16:55qui peut pénaliser certaines
17:01et pas d'autres ?
17:03Voilà,
17:03est-ce qu'on peut décider
17:04d'une taxe comme ça
17:05un peu de manière...
17:07Oui ?
17:08Il faut tout simplement
17:09exonérer
17:10les entreprises
17:12dans lesquelles vous travaillez.
17:14L'entreprise
17:14dans laquelle vous travaillez
17:16qui est votre propriété,
17:17il faut l'exonérer
17:18comme ça se faisait
17:19du temps de l'ISF.
17:21Il faut pouvoir exonérer
17:22ou quand vous exonérez
17:23pour l'IFI à l'heure actuelle
17:25le bâtimentaire
17:26de l'entreprise
17:27dans laquelle vous travaillez,
17:28ça permet de faire en sorte...
17:29Nous,
17:29on veut une société d'entrepreneurs,
17:31des entrepreneurs
17:31qui créent de l'emploi,
17:32donc ceux qui créent de l'emploi,
17:33qui créent de la valeur,
17:34il ne faut pas les brider.
17:36Par contre,
17:36peut-être ceux qui vivent
17:38d'une rente,
17:39peut-être qu'il faudra...
17:40C'est ce qu'est ce qu'est
17:41qui estime les socialistes.
17:42Est-ce que vous êtes sûr
17:43que vous allez faire
17:44des concessions
17:45à des socialistes
17:46qui sont à quelques mois
17:48et qui passent leur temps
17:49à regarder
17:49avec beaucoup d'intérêt
17:50ce qui va se passer
17:51aux élections municipales
17:53avec du côté
17:54de la France insoumise
17:55et de ceux qui,
17:56hier,
17:56voulaient casser la France ?
17:58Vous ne croyez pas
17:59que vous allez dans le mur
18:00si vous commencez
18:01par lâcher du lest
18:02en leur donnant,
18:04par exemple,
18:04une taxe Zuckman,
18:06même revue et corrigée
18:07par M. Lecornu ?
18:09Vous savez,
18:09dans une réconciliation,
18:10il y a toujours un risque.
18:11Mais je crois que...
18:13En tout cas,
18:13c'est tout ce que j'ai pu entendre
18:15sur le terrain.
18:15Mes collègues députés
18:16me disent la même chose.
18:18On sort des forums,
18:19des associations,
18:20tous ce week-end.
18:22Ce que veulent les gens,
18:23c'est de la stabilité.
18:24Ils veulent pouvoir
18:25se projeter dans le futur.
18:28On ne va pas construire le chaos.
18:30Si on ne fait rien,
18:31si on reste sans budget,
18:32on va directement
18:33vers la dissolution.
18:33Si la dissolution,
18:35qu'est-ce qu'on voit ?
18:36Il y aura une majorité
18:37des parties
18:38où est LFI,
18:39RN additionnés
18:40qui ne peuvent pas s'allier
18:42et qui feront
18:42que le chaos sera institutionnel.
18:44Il n'y aura rien,
18:45ça va s'écrouler.
18:46À un moment,
18:46il y a une part
18:46de raisonnable à être.
18:48Je pense que c'est notre rôle
18:49de faire des propositions.
18:51Vous prenez toujours
18:51un risque dans la négociation.
18:53En tout cas,
18:53moi,
18:53j'assume de prendre un risque
18:55parce que je crois
18:56que c'est notre rôle.
18:57Sinon,
18:57il faut aller faire autre chose.
18:59Si les députés
18:59ne sont pas capables
19:00de discuter entre eux,
19:00on est 577.
19:02Si on n'est pas capables
19:02d'aller discuter ensemble
19:04et de construire pour les Français,
19:05il faut qu'on aille faire autre chose.
19:06C'est le cas pour l'instant
19:07avec cette tripartition
19:08assez originale
19:10dans cette cinquième république.
19:10Vous l'avez dans tous
19:11les pays européens,
19:11en fait ?
19:12Là, non.
19:12Les trois couloirs de nage
19:14qu'on a en ce moment.
19:16Vous regardez
19:16dans les pays européens
19:17autour de nous,
19:17on a la même chose.
19:18Ils n'ont pas le même système.
19:19Si vous parlez de l'Allemagne,
19:20ils s'entendent sur un programme
19:21pour travailler ensemble ensuite.
19:23C'est ce que vous essayez de faire.
19:24Mais ce n'est pas notre...
19:25C'est des ou qui travaillent.
19:27La gauche travaille avec la droite.
19:29En fait, partout,
19:30c'est trois grands blocs.
19:30Si vous me dites
19:31qu'il faut s'inspirer
19:32du modèle allemand,
19:33faisons-le.
19:33Mais vous conviendrez,
19:35Sylvain Maillard,
19:35qu'on n'a pas l'habitude.
19:37Et les 577 dont vous parlez
19:38n'ont pas l'habitude.
19:39Donc ça va mettre du temps.
19:40Je voudrais juste vous interroger
19:41sur une dernière question,
19:43Sylvain Maillard,
19:43si vous me le permettez.
19:44Parce que je vois
19:45qu'au revers de votre veston,
19:46vous portez le ruban jaune
19:48qui signifait
19:49libérer les otages israéliens
19:51des mains du Hamas.
19:53Quand vous entendez
19:53Benyamin Netanyahou,
19:54aujourd'hui,
19:55qui dit qu'il n'y aura
19:56pas d'État palestinien,
19:57il dit nous allons tenir
19:58notre promesse,
19:59il n'y aura pas d'État palestinien,
20:00cet endroit nous appartient,
20:01en parlant de la Cisjordanie.
20:04Quelle est votre réaction ?
20:06Bon, moi je commente
20:06ce que fait Netanyahou,
20:08je ne suis pas du tout
20:08un supporter de Benjamin Netanyahou
20:10et je pense qu'il est
20:12dans une politique
20:13qui mène au pire.
20:16Par contre,
20:16je l'ai toujours dit,
20:17je ne suis pas favorable
20:19au fait qu'on reconnaisse
20:20la Palestine
20:21parce que nous avons mis
20:23des conditions,
20:24le président de la République
20:24a mis des conditions,
20:25il y a quelques mois
20:26qui me semblaient justes,
20:27c'est-à-dire,
20:28d'abord la libération
20:29des otages,
20:30et c'est pour ça
20:31que je porte aussi
20:31ce ruban jaune,
20:33pour ne pas oublier,
20:34la libération des otages,
20:35le démantèlement absolu
20:37du Hamas
20:37et une solution politique
20:40qui nous permet
20:41ensuite de construire.
20:42Parce que,
20:43oui,
20:43moi je suis pour,
20:44comme les Français,
20:46on est pour deux États,
20:49mais je crois
20:51qu'il y a un sens
20:52dans ce qui doit être fait
20:54et que le pire
20:56qui puisse arriver,
20:57c'est qu'on pense
20:57qu'à la fin,
20:59dans un an,
20:59dans deux ans,
21:00dans dix ans,
21:00on pense que ce qui s'est passé
21:01le 7 octobre,
21:02en réalité,
21:03pour d'autres pays,
21:04d'autres situations,
21:05en fait,
21:05c'est la façon
21:06d'arriver à
21:07s'émanciper politiquement,
21:10je crois que ce serait
21:11très grave.
21:11Le 7 octobre,
21:12c'est un massacre absolu,
21:13c'est un drame absolu,
21:15ça ne peut pas se terminer
21:16avec une victoire du Hamas.
21:17Donc le projet Macron
21:18n'est pas le bon projet ?
21:20Je vous l'ai dit,
21:21je l'ai dit à ce micro,
21:23à d'autres micro,
21:23je pense qu'à un moment
21:25il faudra reconnaître
21:26la Palestine,
21:26je pense que ce n'est pas
21:27le moment,
21:28parce que d'abord,
21:30il faut libérer les otages
21:30et démanteler intégralement
21:32le Hamas.
21:33Merci beaucoup Sylvain Maillard
21:34d'avoir été l'invité politique
21:35d'Europe 1.
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