Son nom était sur la liste pour le poste de Premier ministre. Il n'a pas appelé à voter la confiance au gouvernement Bayrou. Il est une voix qui compte à droite : Xavier Bertrand, le président LR des Hauts-de-France, est l'invité de RTL Matin. Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 12 septembre 2025.
00:00Dans l'air de la région Hauts-de-France, bonjour et bienvenue sur RTL, Xavier Bertrand.
00:02Bonjour.
00:03Peut-être un mot, parce que je vous ai vu beaucoup réagir à ce que disait à l'instant François Langlais
00:06sur ces congés payés qui pourraient être récupérables si on est malade. Vous en pensez quoi ?
00:10Qu'il faut se battre à l'Europe.
00:11Et le ministre du Travail doit aller se battre à l'Europe pour faire bouger cette directive.
00:15Il faut dire non.
00:16Bien sûr, François Langlais vient de le dire à l'instant.
00:18En Europe, c'est 4 semaines de congés payés.
00:20Nous, on est à 5 et on va se faire pénaliser parce qu'on donne plus de congés payés.
00:23Et encore une fois, quand vous faites de la politique, vous devez vous battre.
00:26Vous qui êtes de droite sociale, ce n'est pas un progrès social ça ?
00:28Hier, j'étais avec des jeunes.
00:30Des jeunes qui me disaient justement, ça commence à faire beaucoup si on peut rattraper sur ces congés,
00:35les assurances maladies.
00:36Donc vous voyez, ce n'est pas une réflexion de boomer ou de qui que ce soit d'autre.
00:39Même les jeunes trouvent qu'aujourd'hui, là, trop c'est trop.
00:41Bon, Xavier Bertrand, pourquoi je n'ai pas commencé l'interview en vous disant
00:44bonjour monsieur le Premier ministre ce matin ?
00:47Je crois que j'ai répondu à cette question dix jours.
00:50dans ce pays, une grande partie de la classe politique trempe devant Madame Le Pen et
00:55Monsieur Bardella.
00:56Et vous savez bien ce qui se passe.
00:58Ils n'ont certainement pas l'intention qu'à la tête d'un gouvernement, je fasse ce
01:01que je fais dans la région.
01:02C'est-à-dire qu'avec des résultats, je les fais reculer.
01:04Moi, je n'ai pas peur d'eux.
01:06Moi, je les combats.
01:06Mais Macron, il a peur d'eux ?
01:07Vous voyez bien.
01:08D'ailleurs, l'an dernier, c'était l'an dernier que la question s'est posée.
01:12L'an dernier, la question s'est posée parce que Madame Le Pen a dit
01:14si c'est Bertrand, on censure tout de suite.
01:16Ok, c'est leur choix.
01:17Alors, je continue, moi, à me battre pour que ça aille mieux pour les Français.
01:21Et quand ça va mieux pour les Français, vous savez quoi ?
01:23Ça va moins bien pour les extrêmes.
01:24Ça veut dire que Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre, il est dans la main de Marine Le Pen ?
01:27On le voit bien aujourd'hui.
01:28Elle avait dit les uns et les autres, dès que mon nom a été évoqué, alors que je n'ai jamais été dans la course,
01:33très clairement, ils disaient, si c'est Bertrand, on censure.
01:35Si c'est Pavloviens chez eux.
01:36Bon, je leur pose problème, tant mieux.
01:38Ça veut dire que ce que je fais, ce que je porte comme idée,
01:40les combats que j'ai dans ma région et au niveau national,
01:42c'est ce qui permet de faire reculer les angoisses, les peurs et les extrêmes.
01:46Est-ce que vous le pensez, le nouveau Premier ministre, capable de rompre avec le macronisme ?
01:50Comme lui a demandé Marine Le Pen hier soir sur TF1.
01:53C'est le choix du Président de la République que de nommer cette fois-ci, vraiment, l'un de ses proches.
01:58C'est plus Michel Barnier, c'est plus François Bayrou, c'est l'un de ses proches.
02:01C'est une erreur ?
02:02Alors, le Président de la République doit venir parler.
02:04Le Président de la République doit venir s'exprimer devant la nation.
02:08Il ne peut pas se laver les mains de cette situation dont il est le responsable.
02:12C'est lui qui a choisi la dissolution.
02:14On a vu les résultats et depuis maintenant un an, on est Thomas Soto au troisième Premier ministre.
02:19Un Premier ministre, ce n'est pas inconsommable quand même.
02:22Le responsable de cette situation, c'est le Président.
02:24Il entend rester jusqu'au bout.
02:27Il doit nous expliquer comment il voit les choses pour les 19 mois qui restent.
02:31Vous avez déjà tourné la page Le Cornu, non ?
02:33Non, mais ce n'est pas ça.
02:35Vous êtes un opposant à Le Cornu aujourd'hui ?
02:36Moi, je conteste cette politique depuis maintenant 8 ans.
02:39Et je sais qu'une chose, c'est qu'il faut clairement un opposant qui a toujours joué la carte de l'intérêt général.
02:45Et je ne changerai pas.
02:47Je jouerai toujours la carte de l'intérêt général.
02:49Au moment des Gilets jaunes pour sortir de la crise, c'est moi qui propose la fameuse prime qui deviendra la prime Macron.
02:54Et aujourd'hui, quand je viens à votre micro, c'est pour vous dire que je pense que le plan qu'avait fait François Bayrou,
02:59il faut qu'il change ce plan.
03:02Parce qu'il faut que ça aille mieux pour les Français.
03:03Vous disiez, c'est pas le bon plan, mais c'est la bonne somme.
03:07Vous dites encore qu'il faut économiser 44 milliards ?
03:09La première des choses, le responsable de cette situation, c'est Emmanuel Macron.
03:13Il doit, dans les jours qui viennent, nous dire comment vont se passer les 19 mois qui restent.
03:19Clairement, c'est le chef de l'État, il doit assumer cette situation.
03:23On a compris que vous voulez qu'il parle.
03:25Non, mais pour dire quoi ?
03:26Mais comment il va réparer la situation ?
03:29Est-ce qu'il est prêt à ce qu'on change fondamentalement de politique ?
03:32Vous ne pouvez pas continuer aujourd'hui à faire des discours en disant que la sécurité doit s'améliorer
03:37sans avoir les lois dont on a besoin pour que les casseurs et les délinquants...
03:41Le problème, c'est que quand on change de gouvernement tous les 4 mois ou tous les 6 mois,
03:44c'est difficile de faire passer des lois.
03:45Deuxièmement, vous ne pouvez pas continuer à avoir autant de problèmes de pouvoir d'achat.
03:48Vous en avez parlé vous-même.
03:50Regardez, il y a des Français qui, aujourd'hui même des Français qui bossent,
03:53qui n'arrivent pas à faire les repas dont on a absolument besoin.
03:5531% des Français, selon une étude du Secours Populaire, n'arrivent pas à faire 3 repas par jour.
03:59A quelle heure vous allez au marché, vous ?
04:01Je vous ai posé une question.
04:01A quelle heure vous allez au marché ?
04:02J'y vais le samedi matin.
04:03Oui, à quelle heure ?
04:04Je ne sais pas, vers 10h ?
04:05Ok.
04:06Pourquoi ?
04:06Vous pensez que ça intéresse fondamentalement les auditeurs ?
04:08Parce que les gens qui vont bien, ils y vont à 9h ou à 10h.
04:11Et les gens qui crèvent de faim, ils y vont à 14h ou à 15h.
04:14Oui, parce qu'ils font les...
04:15Exactement.
04:16Et c'est ça la France de 2025.
04:18Et ça ne peut pas continuer comme ça.
04:19Et donc, ce que je veux vous dire...
04:20Vous pouvez bien répondre à une question ou deux, quand même.
04:2244 milliards, ça doit être l'objectif du...
04:25Oui, parce que j'entends dire aujourd'hui que si on faisait 30 ou 25, ce serait bien.
04:29Non.
04:30On a besoin de baisser nos déficits.
04:32Mais attention.
04:33Quand vous faites un plan à 44 milliards d'euros, ok.
04:36Vous ne gardez pas les franchises médicales.
04:39Vous ne gardez pas cette mesure absolument stupide qui va amener à fermer 20% des pharmacies.
04:45Donc vous êtes d'accord avec Marine Le Pen ?
04:46Vous dites, elle en fait une ligne rouge.
04:47Elle dit, si double les franchises médicales...
04:49Vous voyez que j'ai attendu Mme Le Pen pour m'intéresser aux questions de santé ?
04:51Non, mais vous êtes d'accord sur ce point-là ?
04:53Mais attendez, moi je fais des propositions.
04:55Les pharmaciens, plutôt que de leur dire, tiens, les génériques ça fait des économies, on va vous pénaliser.
04:59Vous devez engager un bras de fer avec les fabricants de médicaments parce que ce sont les médicaments chers qui aujourd'hui font plomber les comptes de la sécurité sociale.
05:09C'est ça qui doit aujourd'hui changer.
05:10Est-ce que vous faites payer davantage d'impôts aux plus fortunés ?
05:12Pas forcément d'ailleurs qu'aux très riches.
05:14Visiblement, la Macronie est en train d'évoluer là-dessus, sur le dogme de la non-hausse d'impôts.
05:17Évidemment, mais sans faire d'absurdité.
05:20Ça veut dire quoi ?
05:21Parce que, clairement, qui est-ce qui crée des emplois dans notre pays ?
05:24Pas les politiques.
05:25Ce sont les entrepreneurs.
05:27Donc il faut arrêter de mettre la tête sous l'eau pour les entrepreneurs.
05:31Il faut que tout le monde participe à l'effort ?
05:32Bien sûr.
05:32Et vous ne pouvez plus garder des logiques d'optimisation fiscale où certains, avec des holdings ou autres, ne payent pas le même pourcentage que l'ensemble des Français.
05:41Le problème en France, vous bossez, vous payez les impôts, ça tombera toujours sur vous.
05:45Et le problème que les gens vous disent aujourd'hui, c'est que nous, on nous demande, tiens, de refaire encore un cran à la ceinture pour la serrer davantage,
05:52mais l'État ne se serre pas la ceinture.
05:54C'est ça qui doit changer.
05:55Ça suffit, ce système, où ça tombe toujours sur les mêmes.
05:57Thomas Soto, quand je vous dis que le Président doit parler, on dit, ouais, mais les Français sont indifférents.
06:02Non.
06:02Est-ce qu'ils ont encore envie de l'écouter ?
06:03Ils sont hors d'eux.
06:05Je sais ce que vous pensez, comme beaucoup, qu'ils se disent, non.
06:08Il doit assumer et nous dire où on va.
06:10Vous savez, il y en a beaucoup qui sont à dire aujourd'hui, il faudrait qu'ils partent, il faudrait qu'ils démissionnent, il faudrait qu'il y ait une solution.
06:15Il faudrait qu'il y ait une solution.
06:16Moi, je ne fais pas partie de cela.
06:19Parce qu'on est un pays où les institutions sont solides, alors il ne faut pas les fragiliser.
06:23Moi, je souhaite qu'ils puissent aller jusqu'au bout, parce que je n'ai pas envie de connaître le chaos, mais je veux que la politique change.
06:29Et je voulais vous dire aussi une chose.
06:30Vous êtes inquiet ?
06:31Oui, parce qu'on voit bien, à Paris, ils ont le sentiment que les choses vont continuer comme ça.
06:37Mais dans la France, en province, ça ne peut pas durer.
06:39C'est la raison pour laquelle, moi, j'allie mes forces à celle de Jean-Louis Borloo, pour dire qu'aujourd'hui, c'est à Paris que ça bloque.
06:45Alors, c'est dans le pays qu'on doit bouger les choses.
06:48Les politiques ont du mal, alors on fait confiance aux partenaires sociaux.
06:51On a un problème de pacte générationnel, alors on met le paquet sur les jeunes.
06:55Et on ne va pas attendre 19 mois pour ça.
06:56Quand on a des idées, on les met dans le débat maintenant, on ne les met pas dans 19 mois.
07:01Vous en avez mis une dans le débat en 2013, vous disiez qu'il faudrait supprimer les allocations familiales pour les Français les plus riches.
07:06Ça reste une bonne idée ?
07:08C'est ce qu'on a fait, la suppression de l'universalité.
07:10Et vous voulez que je vous dise une chose ?
07:11Sur les allocations familiales, comme la politique de natalité, pourquoi on fait moins d'enfants aujourd'hui ?
07:16Parce qu'il y a beaucoup de gens qui vous disent, déjà qu'à deux, on n'y arrive pas.
07:19Parce qu'on a peur de ne pas pouvoir les nourrir, parce qu'on ne sait pas quel est l'avenir, parce qu'on a peur de l'avenir de la planète.
07:22À deux, on n'y arrive pas.
07:26Plus tard, là encore, sur la question de la démographie, on attend 19 mois.
07:31Et Thomas Soto, si on fait un plan à 40 milliards d'euros ou à 44 milliards d'euros, on en prend une partie pour remettre dans l'économie.
07:38Une partie de ces économies doit aller dans l'économie.
07:40Il faut du carburant pour l'économie.
07:41On peut faire un plan à 44 milliards sans étrangler ces Français dont vous dites qu'ils n'y arrivent plus ?
07:44Bien sûr, parce que vous mettez dans ces cas-là l'accent sur les classes moyennes.
07:47Moi, j'en ai marre des politiques qui disent, la valeur travail, c'est important, on va faire un effort.
07:51Non, vous pouvez faire, dans ces cas-là, une baisse de l'impôt sur les premières tranches, sur les catégories populaires, sur les classes moyennes.
07:59Et après, vous faites des nouvelles tranches, des tranches intermédiaires ?
08:01Et derrière ça, attendez, et aussitôt, vous faites ça en janvier 26, pas en juin 2027.
08:09Xavier Bertrand, est-ce que les LR doivent l'aider, doivent entrer dans le gouvernement de Sébastien Lecornu ?
08:14Oui, mais pour que ça change, il faut changer de politique.
08:16Si ça change, vous pourriez y aller, s'il y avait une feuille de route claire ?
08:18Non, mais je viens de vous dire, vous l'avez compris, moi je ne suis pas venu ici pour vous déposer un CV sur votre table.
08:23Moi, je me bats pour les conceptions, pour les valeurs qui sont les miennes, et je me bats pour que ça aille mieux pour le pays.
08:29Et encore une fois, et moi, je ne mets pas un genou à terre devant le Front National.
08:31Il faut garder Gérald Darmanin, il faut garder Bruno Retailleau, ils sont à leur place.
08:35Ils ont tous envie d'y rester, mais il faut aussi dire une chose, si les choses changent.
08:39Le problème qu'il ne faut pas donner comme impression, c'est, ils veulent la place.
08:42Non, il faut que ça bouge, il faut que ça change.
08:45Et tout de suite, pas dans 19 mois.
08:47Sébastien Lecornu, il fait une discrète tournée des popotes, il n'a pas parlé volontairement, il a vu les présidents des deux assemblées.
08:52Il est aussi allé rendre visite à Nicolas Sarkozy hier dans ses bureaux.
08:56Ça reste le padré, le guide suprême de la droite Nicolas Sarkozy ?
08:59Non, il a dit qu'il ne faisait plus de politique, je crois.
09:00Il en fait un peu quand même, non ?
09:02Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, c'est quoi votre question exactement ?
09:05Ma question, c'est est-ce qu'il a raison d'aller consulter Nicolas Sarkozy ?
09:08Oui, il a raison d'aller.
09:09Mais ça reste pour vous, est-ce que c'est un cap Nicolas Sarkozy ?
09:11Il ne fait plus de politique, ok, très bien.
09:13Bon, maintenant une chose est certaine, je ne sais pas si Nicolas Sarkozy lui a expliqué qu'il allait y avoir une dissolution, parce que c'est sa conviction.
09:19Mais en tout cas, moi je vais vous dire une chose sur Nicolas Sarkozy.
09:21J'ai été son ministre, on a fait des choses importantes à cette époque-là, aujourd'hui, clairement.
09:27Il est moins étanche que vous avec l'ERN visiblement.
09:29Moi l'ERN je le combat.
09:30Moi je ne vois pas M. Bardella comme lui.
09:32Je n'ai pas la même conception des rapports avec le Rassemblement National et avec M. Bardella.
09:37Et moi, et les filles comme l'ERN, je continue à les combattre, parce que je sais que la situation n'est pas bonne dans notre pays, mais ce serait pire encore avec les extrêmes.
09:45Dernière question, rapidement.
09:46Est-ce que vous redoutez que l'agence Fitch dégrade la note de la France ce soir ?
09:49Ça vous inquiète ou on joue à se faire peur avec ces agences ?
09:52Moi je crois surtout qu'il faut se battre pour éviter que ce soit le cas.
09:54Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, ce plan de 40 ou 44 milliards d'euros, il ne faut pas qu'il devienne 20 milliards d'euros.
09:59C'est ça la vérité.
10:00Quand vous faites de la politique, vous êtes là pour vous battre.
10:02Tiens, c'est ce que je vais faire là, je prends la route.
10:04Il y a une entreprise, la SVG, SFG, à côté d'Amiens.
10:0868 personnes sont virées du jour au lendemain parce que des patrons qui ont des comportements odieux les licencient.
10:13Alors je vais me battre avec l'État, avec les élus, pour qu'on respecte ces salariés.
10:17Quand on fait de la politique, on se bat.
10:18Ou alors on ne fait plus de politique.
10:19Sauf que vous n'allez pas prendre la route tout de suite, que vous allez rester avec nous.
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