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Le témoignage bouleversant de la mère de Philippine relance la polémique : le Conseil constitutionnel bloque l’expulsion et la rétention des criminels étrangers
Europe 1
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il y a 4 mois
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00:00
Europe 1, Europe 1, 11h30, 13h, Eliott Deval et vous.
00:06
Nous sommes en direct sur Europe 1, 11h30, 13h, Eliott Deval et vous.
00:11
Je le rappelle aux auditeurs, les samedis et dimanches, c'est 11h, 13h.
00:15
On joue les prolongations, une demi-heure de plus.
00:17
Si vous voulez réagir en direct, 01-80-20-39-21 pour nous appeler et réagir.
00:24
Donc en direct sur Europe 1, on est toujours avec Gérald Ninamond, bien sûr,
00:27
avec Sébastien Ligné, chef du service politique de Valeurs Actuelles,
00:30
Christophe Bordet, rédacteur en chef Europe 1 et Pierre Maricev, fondateur de l'Institut pour Directeur.
00:36
C'est vrai, pourquoi je veux vous dire fondateur ?
00:39
Mais vous fondez tellement de choses.
00:40
Directeur de l'Institut pour la justice.
00:44
Et la justice est au cœur de notre émission, évidemment, avec cette injustice.
00:47
Injustice pour les policiers qui sont attaqués et qui voient leurs bourreaux dehors ou sous contrôle judiciaire,
00:53
jamais ou quasi jamais derrière les barreaux.
00:55
Injustice pour les Français qui ont vécu un drame.
00:58
Et ce matin, vous n'avez peut-être pas entendu le témoignage bouleversant
01:01
de la maman de Philippine, jeune fille de 19 ans, tuée il y a un an dans le bois de Boulogne, aux portes de Paris.
01:07
Son bourreau est un Marocain de 23 ans, interpellé quelques jours plus tard,
01:11
alors qu'il avait quitté la France pour la Suisse.
01:14
Cet homme était déjà condamné pour viol en 2021, n'avait plus rien à faire chez nous.
01:19
Il était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français.
01:22
Il avait en quelque sorte épuisé la durée maximum en centre de rétention administratif,
01:28
et donc libéré ce contrôle judiciaire, contrôle qui n'avait pas été respecté.
01:32
Je vais vous proposer d'écouter deux déclarations, je le disais, le courage de cette maman,
01:37
l'émotion bien sûr, parce que c'est un drame qui avait sidéré la France.
01:41
On écoute la maman de Philippine.
01:43
Mais la souffrance, ça se vit seule, et ça c'est encore plus frustrant,
01:48
parce qu'on ne peut pas tellement aider les autres.
01:51
Alors je me souviens qu'au tout début, j'ai demandé à des gens de confiance d'aider mes enfants,
01:57
d'aider mon mari, parce qu'on ne peut pas s'aider quand on est au fond du trou,
02:03
et surtout quand le trou n'a même pas de fond.
02:05
Voilà, donc c'est une année, surtout les premiers mois, je n'ai aucun souvenir.
02:12
Je crois que mon cerveau s'est arrêté pour le sauvegarder,
02:18
et donc j'ai été entourée par vraiment des gens bienveillants,
02:21
et voilà, j'ai repris petit à petit ma vie de tous les jours,
02:26
mais qui ne sera plus jamais ma vie de tous les jours.
02:28
Le courage donc d'une maman, et heureusement, heureusement que ces mères prennent la parole
02:35
pour évidemment interpeller l'État, interpeller aussi les Français.
02:40
Je pense bien sûr à la maman d'Elias, je pense à la femme du gendarme Comine,
02:47
je pense aux proches de Thomas, à la maman de Lola bien sûr,
02:50
et ces témoignages se succèdent et viennent percuter les idéologues bien évidemment.
02:55
Je vous propose d'écouter une nouvelle fois la maire de Philippines,
02:58
et je le disais, j'espère que les membres du Conseil constitutionnel ont écouté cette interview ce matin.
03:04
Pourquoi ? Parce que le Conseil constitutionnel a refusé d'étendre la prolongation d'incarcération
03:11
dans les centres de rétention administratifs.
03:13
Si vous étendez ces temps d'incarcération, vous protégez la société.
03:19
Eh bien le Conseil constitutionnel dit non.
03:21
Et ce témoignage-là, c'est pour le Conseil constitutionnel.
03:23
Et quand on m'a appris assez délicatement que le Conseil constitutionnel avait censuré,
03:30
alors là, moi je suis retombée, j'étais anéantie.
03:35
Juste après le vote, c'est une anecdote,
03:38
on avait mis cinq lisses sur la tombe des Philippines,
03:42
parce que ça symbolisait les jeunes filles qui n'allaient pas être tuées.
03:48
Donc celles qu'on ne connaîtrait jamais, qui ne sauraient même pas qu'elles auraient pu courir un risque.
03:54
Voilà, j'étais tellement heureuse, j'ai dit, bah voilà, Philippines, au moins je te présente ces cinq lisses,
04:00
les cinq, je ne sais pas combien de jeunes filles que tu as sauvées.
04:03
Et puis pouf, début août, c'est fini.
04:06
Et je ne comprends pas, je ne comprends pas.
04:09
Ça n'arrive pas jusqu'au cerveau.
04:10
Je précise aux auditeurs d'Europe 1 que le Conseil constitutionnel a invalidé en août dernier
04:15
la mesure qui prévoyait d'étendre à certains étrangers condamnés pour des faits d'une particulière gravité
04:20
et présentant des forts risques de récédive,
04:23
la possibilité de prolonger la durée de rétention en centre de rétention administrative
04:26
jusqu'à 210 jours.
04:28
Et les fameux sages ont dit non.
04:31
Dans un instant, on sera avec Lancelot parce qu'il est très en colère.
04:34
Les auditeurs, bien sûr, vous avez la parole.
04:36
Mais d'abord, un premier tour de table avec vous, Sébastien Ligné.
04:39
Oui, ce sont des mots qui sont à pleurer.
04:43
Mais je pense que cette prise de parole fait en réalité beaucoup plus pour la cause
04:47
contre l'ensauvagement et contre le laxisme judiciaire
04:50
que n'importe quelle prise de parole d'un homme politique.
04:53
C'est-à-dire que c'est important.
04:55
Et vous avez raison de le rappeler de toutes ces familles de victimes qui parlent
04:58
parce que c'est quelque chose qu'on n'entendait pas ou peu il y a 10 ou 15 ans.
05:01
Aujourd'hui, les familles de victimes, elles parlent.
05:03
Et non seulement elles parlent, mais en plus, elles parlent pour pointer du doigt
05:05
la responsabilité des hommes politiques.
05:08
Et la grande différence, c'est quand une mère, un père, un frère, une sœur
05:12
pointent du doigt la responsabilité politique,
05:15
vous ne pouvez qu'écouter.
05:16
C'est-à-dire que vous ne pouvez pas balayer ça d'un revers de main
05:18
et évoquer une certaine récupération politique.
05:22
Quand c'est la famille qui parle, vous vous taisez et vous écoutez.
05:25
Et donc, je pense que c'est extrêmement important que ces familles parlent.
05:28
Christophe Bordet, ça avait été voté à l'Assemblée Nationale.
05:31
C'est un texte d'Alain Marlex, qui n'est plus parmi nous aujourd'hui,
05:35
qui était député à l'air, qui est à ses jours,
05:38
qui avait beaucoup travaillé sur ce texte.
05:40
Et effectivement, c'est ce texte dont parle aujourd'hui la maire de Philippines.
05:45
Et le Conseil constitutionnel, effectivement, a refusé.
05:49
Et vous savez, le Conseil constitutionnel, aujourd'hui,
05:53
c'était un régulateur à la base.
05:54
Et aujourd'hui, c'est plus un empêcheur qu'un régulateur, le Conseil constitutionnel.
05:59
Ce qui est quand même un problème, parce que sur plein de textes, c'est comme ça.
06:04
Mais vous n'avez pas que le Conseil constitutionnel.
06:06
Le Conseil d'État, c'est pareil.
06:08
C'est un empêcheur.
06:10
Et quand vous voyez, par exemple,
06:11
que, mais allons-y, parce qu'il faut élargir un peu les choses,
06:15
quand vous voyez qu'aujourd'hui, on apprend qu'à la Cour des Comptes,
06:19
le président actuel, M. Moscovici, va partir à la Cour des Comptes européenne,
06:24
et qu'à la place, on est en train de dire que ça serait peut-être
06:28
l'actuel ministre de l'Éducation nationale,
06:31
les amis de mes amis sont mes amis, ils sont tous socialistes,
06:34
et donc ils bloquent tout.
06:35
Mais vous imaginez, vous êtes professeur,
06:38
et vous avez donc une ministre de l'Éducation nationale
06:39
qui préfère être à la Cour des Comptes plutôt que d'être dans son ministère.
06:42
Mais normalement, moi, je suis M. Lecornu,
06:44
j'ai dit à Mme Borne,
06:46
écoutez, le gouvernement, je vais le présenter dans un instant,
06:48
mais vous, vous faites vos valises tout de suite.
06:50
Vous quittez le poste. Vous voulez aller à la Cour des Comptes ?
06:52
Mais en tout cas, vous n'avez rien à faire à l'Éducation nationale
06:54
si votre priorité, c'est de rejoindre la Cour des Comptes.
06:56
Et puis attention, ils ont été nuls.
06:57
Non, pardon, ils ont été nuls. Ils sont nuls.
07:00
Qui ?
07:00
Par exemple, la ministre de l'Éducation nationale,
07:03
vous pouvez me dire ce qu'elle a fait pour l'école jusqu'à présent ?
07:05
Bon, Lancelot. Lancelot est en direct avec nous,
07:08
cher Lancelot, bonjour.
07:09
Oui, bonjour, Eliott Deval.
07:12
Tout d'abord, juste avant de commencer, je voulais vous remercier
07:13
pour ce que vous faites, et je trouve qu'avec vous, la relève est assurée.
07:16
Après Pascal Pro, on a quasiment le même âge,
07:18
et je trouve que vous faites très bien votre boulot, donc merci.
07:20
Écoutez, si vous aussi, vous avez 18 ans,
07:22
je vous souhaite un grand aménement.
07:24
D'ailleurs, Pascal Pro a peur, il l'a dit hier.
07:28
Lancelot, on parle de la justice,
07:29
on parle du Conseil constitutionnel qui est en août dernier.
07:33
a retoqué la volonté des députés,
07:36
donc des élus de la nation,
07:37
de prolonger justement la détention
07:40
dans les centres de rétention administratives
07:42
pour les individus qui n'ont rien à faire sur notre sol
07:44
et qui représentent un danger pour notre société.
07:47
Vous dites très justement,
07:48
ça a été voté par l'Assemblée,
07:50
donc par les représentants du peuple,
07:51
donc par le peuple français,
07:52
et on a un contre-pouvoir, le Conseil constitutionnel,
07:54
qui est nommé,
07:55
les gens qui sont là-bas, ils sont nommés,
07:56
on n'a pas voté pour eux,
07:58
qui s'oppose aux décisions du peuple français
08:01
et de l'Assemblée, du Sénat, etc.
08:03
avec en plus un vote qui avait été très majoritaire.
08:05
Ma question en fait,
08:06
c'est est-ce que le prochain président de la République
08:08
serait en capacité de supprimer
08:10
ces contre-pouvoirs qui sont maintenant
08:12
en fait juste des opposants,
08:14
stricts en fait,
08:15
ils ne veulent pas que les choses avancent,
08:16
ils sont complètement politisés,
08:18
je crois que le président du Conseil constitutionnel,
08:21
c'est un bon macroniste de gauche à l'ancienne,
08:25
bien nommé par le président,
08:26
qui a été pour son banta,
08:27
a été d'ailleurs prolongé,
08:28
je crois, un petit cadeau de M. Macron.
08:30
Je trouve que c'est juste scandaleux,
08:32
et je pense qu'il faudrait que ce Conseil constitutionnel
08:35
disparaisse pour que les gens qu'on va élire
08:37
pour le prochain quinquennat
08:39
puissent exercer réellement leur pouvoir.
08:42
Tant pis si certains ne sont pas d'accord avec eux,
08:44
mais au moins on les met au pouvoir,
08:45
ils sont là 5 ans,
08:46
ils font le job,
08:47
et on n'est pas content,
08:47
on ne vote pas pour eux après.
08:49
Et si on est content,
08:49
on les réélit.
08:50
Mais c'est Pierre-Marie Sèvres
08:53
qui va répondre à cette question,
08:54
directeur de l'Institut pour la Justice,
08:56
c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:57
on a comme des cours suprêmes
08:58
qui finalement viennent freiner
09:02
la volonté des députés,
09:03
le vote des députés,
09:05
donc les représentants de la nation.
09:06
Je croyais que nous avions une constitution
09:08
en fait pour le peuple,
09:09
par le peuple.
09:10
Et aujourd'hui,
09:11
ils attendent plus de sévérité,
09:13
et c'est le Conseil constitutionnel,
09:14
ces sages,
09:15
ces fameux sages,
09:16
qui vous disent,
09:16
ben non,
09:16
en fait les patrons c'est nous.
09:17
Est-ce qu'un jour,
09:18
on pourrait se dire,
09:19
mais c'est pas possible
09:21
que ça se passe ainsi,
09:22
il va falloir renverser la table ?
09:24
Vous connaissez la citation
09:25
de François Mitterrand,
09:27
les juges ont tué la monarchie,
09:29
ils tueront la République.
09:30
Vous connaissez cette citation
09:31
qu'il a dite à la fin de sa vie,
09:33
ça me paraît très vrai,
09:34
il y a plein de parallèles historiques
09:35
à faire sous l'Ancien Régime,
09:37
ce sont les parlements,
09:38
le Parlement de Paris
09:39
au premier chef,
09:40
qui empêchaient le roi
09:41
de réformer un pays
09:42
qui avait absolument besoin
09:43
d'être réformé.
09:44
Et toute comparaison
09:46
avec les éléments actuels
09:49
doit être faite
09:51
puisqu'on est dans un pays
09:52
qui a absolument besoin
09:53
d'être réformé,
09:54
en particulier sur la justice,
09:56
la sécurité et l'immigration
09:58
et systématiquement
09:59
le Conseil constitutionnel bloc.
10:01
Alors,
10:02
qu'est-ce qu'on peut faire ?
10:02
Qu'est-ce qu'on peut faire ?
10:04
La Ve République
10:04
est un régime présidentiel,
10:07
presque unique au monde,
10:08
enfin il y en a très très peu
10:08
dans le monde,
10:09
c'est-à-dire que le Président
10:10
de la République
10:11
peut tout ou presque.
10:14
Demain,
10:14
ou en 2027,
10:15
si les Français élisent
10:16
un Président de la République
10:17
qui veut réformer
10:18
le Conseil constitutionnel
10:19
pour le limiter
10:20
à son rôle originel
10:21
qui était le contentieux
10:24
des élections,
10:24
c'était tout,
10:25
c'était ça que le Général
10:26
de Gaulle voyait.
10:26
Dans son discours de Bayeux
10:27
où il explique
10:28
tout ce qu'il voit pour la France,
10:29
il n'en parle même pas
10:30
du Conseil constitutionnel.
10:31
Donc,
10:32
si demain on a un Président
10:33
qui veut faire ça,
10:33
c'est 100% possible.
10:35
Aujourd'hui,
10:36
simplement,
10:36
le Président de la République
10:37
n'a aucune volonté
10:38
de le faire
10:38
puisqu'il y place ses amis
10:39
et grosso modo...
10:41
Et demain,
10:41
ça sera lui.
10:42
Et demain,
10:43
ça sera lui.
10:43
Voilà,
10:43
dans deux ans,
10:44
le Président de la République
10:46
siègera au Conseil constitutionnel.
10:48
Donc,
10:48
d'ici 2027,
10:49
rien ne peut changer
10:50
mais à partir de 2027,
10:51
tout est possible.
10:51
Et puis,
10:52
peut-être qu'on peut faire
10:52
des référendums
10:53
ou changer la Constitution.
10:55
Oui,
10:55
le problème,
10:56
c'est que,
10:56
encore une fois,
10:57
sur le référendum,
10:57
le Président de la République
10:59
a une voix prépondérante
11:00
et une politique prépondérante.
11:02
Qu'est-ce que vous voulez
11:02
que je vous dise ?
11:02
Bah voilà,
11:03
non mais c'est ça,
11:03
on a d'autres sujets visiblement
11:05
pour lui.
11:06
Donc,
11:06
priorité pour le Président
11:07
de la République.
11:08
Un grand merci,
11:09
Pierre Maricef,
11:09
d'être venu directeur
11:11
de l'Institut
11:12
pour la Justice.
11:14
Jamais 203,
11:15
bientôt,
11:16
donc,
11:16
triple papadour.
11:17
Dans quelques jours,
11:19
on salue votre compagne.
11:20
On va tourner.
11:23
On revient dans un instant,
11:24
Lancelot,
11:25
merci.
11:26
Merci à vous
11:27
et continuez ce que vous faites.
11:28
Vous inquiétez pas,
11:29
certains veulent nous faire taire.
11:31
C'est juste une vraie radio
11:32
qui bosse.
11:33
Donc,
11:33
merci et bravo.
11:34
Bah,
11:34
envoyez un message
11:35
à Delphine Ernotte,
11:35
ça lui fera plaisir.
11:36
Merci, Lancelot.
11:37
Si je pouvais,
11:38
ça serait pas très agréable.
11:39
Ah bah non,
11:40
il faut toujours rester courtois,
11:41
justement.
11:42
Il ne faut pas prendre
11:42
les mauvaises habitudes
11:44
de certains
11:44
qui perdent leur sang-froid.
11:46
Merci beaucoup, Lancelot.
11:48
Et si,
11:48
comme Lancelot,
11:49
vous voulez réagir ?
11:50
Un seul numéro,
11:51
01-80-20-39-21.
11:53
On se retrouve dans un instant.
11:54
A tout de suite
11:55
avec Elliot Devalet,
11:56
12h16 sur Europe 1.
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