Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
Jean Bourcereau, président et managing partner de Ventech, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce lundi 22 septembre. Il est revenu sur la clôture de sa sixième levée de fonds, 175 millions d'euros pour soutenir la nouvelle génération de start-ups européennes, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Notre invité ce matin à 8h23 sur BFM Business et sur AMC Découverte, c'est Jean Boursereau.
00:05Bonjour, vous êtes le président et managing partner de Ventec.
00:07Ventec qui vient de clôturer la levée de son sixième fonds, 175 millions d'euros pour soutenir
00:13l'âge nouvelle génération de start-up européenne.
00:16Est-ce qu'il y aura suffisamment de cibles, suffisamment de potentiel mistral AI pour investir tout cet argent ?
00:22Ah oui, alors le nombre de cibles, vraiment c'est pas ce qui manque.
00:25Je crois qu'on a depuis une grosse dizaine d'années un élan qui est formidable en France,
00:30qui fait partie de notre cible, qui est notre premier pays, mais également en Europe continentale,
00:35puisque nous on est présents sur trois zones avec l'Allemagne et les Nordics.
00:40Et on voit que le nombre d'opportunités ne fait que grandir.
00:43Donc pour vous donner un ordre de grandeur, nous on voit passer à peu près sur notre zone européenne
00:485 à 6 000 opportunités par an qui correspondent à notre cible.
00:52Donc de tech, de sociétés en création ou post-création.
00:57Donc c'est absolument massif.
00:59Alors faites-nous rêver, c'est quoi les prochaines pépites,
01:01celles sur lesquelles vous commencez à lornier ?
01:04On imagine qu'il y a de l'IA à l'intérieur, mais à part ça ?
01:07Alors il y a effectivement beaucoup d'IA.
01:09Nous on consacre à peu près 50% de notre temps et 50%,
01:13on imagine consacrer 50% du fonds à des sociétés qui sont IA natives,
01:18comme on dit en très mauvais français, pardon,
01:21et donc qui construisent des outils et qui utilisent l'IA pour poser des nouveaux services.
01:25Et puis il y a tous les secteurs d'activité traditionnelle ou en devenir de la tech
01:30qui sont hyper fortement impactés par l'IA.
01:34Donc nous en ce moment, on passe beaucoup de temps sur trois sujets
01:37qui sont un peu prioritaires pour nous,
01:39qui sont la santé digitale, où il se passe énormément de choses,
01:42qui sont tout ce qui tourne autour de la souveraineté numérique et cybersécurité.
01:50Et puis enfin, pardon, les logiciels pour l'industrie,
01:53où il se passe également beaucoup de choses.
01:55Vous savez, les secteurs de l'économie sont impactés par le numérique
01:59et maintenant par l'IA, pas tout le monde en parallèle,
02:02mais un peu de façon séquentielle.
02:03Notre rôle, c'est d'essayer d'anticiper où est-ce que ça va se passer.
02:06La question derrière, Anthony Morel parlait de figure qui a levé un milliard de dollars,
02:12comme ça on voit quand même qu'il y a de l'argent à investir,
02:14c'est de savoir si oui ou non il y a une bulle.
02:16C'est quoi votre point de vue ?
02:17Je crois qu'il y a beaucoup d'argent qui s'investit.
02:20Et nous on compare, moi j'étais, ça fait 25 ans que je fais ce métier,
02:24donc j'ai vécu l'essor de l'Internet
02:30et on est sur probablement une opportunité technologique qui est comparable.
02:35C'est-à-dire quelque chose qui change tout et qui change tout pour des années, des décennies.
02:39Mais avec les mêmes dérives sur les investissements ?
02:42Avec le fait qu'il y aura des gagnants et des perdants.
02:46Et quand on investit beaucoup d'argent sur beaucoup de sociétés,
02:49les perdants ça fait un petit peu de bruit.
02:51Mais à la fin, d'un point de vue systémique,
02:54ça sera extrêmement gagnant pour tout le monde.
02:55C'est-à-dire qu'on se souvient de 2000 en se disant
02:59la bulle Internet, la bulle Internet.
03:01Le résultat, 25 ans plus tard, c'est qu'on utilise tous les services
03:04et les produits de ces sociétés qui ont été financées à cette époque-là
03:07et qui aujourd'hui dominent l'économie mondiale.
03:10Mais est-ce qu'en Europe on a le bon nombre de zéros ?
03:12Parce que Figure, effectivement, c'est un bon exemple.
03:14Il lève 1 milliard, c'est énorme.
03:16En Europe, il n'y a aucune entreprise qui fait ces levées de fonds-là.
03:18Vous êtes early stage, donc c'est des plus petits montants évidemment.
03:20Mais même, on a des levées à 100, 110, 120 millions, 150,
03:24ce qui est déjà très bien.
03:25Mais on est quand même très très loin de ce que font les Américains par exemple.
03:27Alors, Mistralaï est en train de clôturer un tour à plus d'un milliard également.
03:35Ce qui est vrai, est-ce qu'on a le bon nombre de zéros ?
03:38Oui, je pense qu'on peut avoir le bon nombre de zéros
03:41d'un point de vue individuel sur les sociétés.
03:44Ensuite, nous, notre défi à l'échelle européenne,
03:47c'est d'avoir plus de sociétés qui lèvent ce type d'argent
03:52puisqu'à la fin, toutes ces sociétés vont prendre des risques,
03:56vont faire des paris très forts,
03:58vont s'engager dans des voies de façon assez radicale
04:01et il y aura des gagnants et des perdants.
04:03Donc, si on veut être sûr d'avoir des gagnants,
04:04il faut avoir un panier de départ qui soit suffisamment large.
04:07Et comment on fait pour être sûr que Mistralaï,
04:10ce n'est pas comme bulle et qu'on n'est pas en train d'investir à fonds perdus
04:12et qu'en fait, on va se planter ?
04:15Alors, on n'est pas sûr, bien évidemment.
04:18Mais il y a un changement qui est assez radical
04:20par rapport à l'exemple que vous citez de bulle,
04:24c'est qu'on est aujourd'hui,
04:27comme les États-Unis le sont depuis, eux, à peu près 40 ans,
04:31dans une économie de la tech
04:33qui est dominée par les fondateurs et non pas les managers.
04:37Donc, c'est une différence fondamentale
04:39de type de management, de type de prise de risque,
04:42voire de vision d'avoir quelqu'un ou un groupe de fondateurs
04:46qui ont monté une société sur une vision
04:48et qui continue de la manager et qui continue d'être capable
04:52d'agir vite et de prendre des risques.
04:55C'est très différent d'avoir un manager aux commandes d'un grand groupe
04:59qui a un gros salaire et qui finalement gère les intérêts de son board
05:06de façon sans doute un peu plus tranquille et moins risquée.
05:13Et ça, c'est une différence fondamentale.
05:15Merci beaucoup Jean Boussereau d'être venu ce matin
05:17dans la matinale de l'économie.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations