- il y a 4 mois
Faire du déchet une valeur, c’est l’activité de Derichebourg environnement. La société vient d’ouvrir un site de recyclage dédié aux déchets d’équipements électriques. Thomas Derichebourg, son président, nous explique quels sont les enjeux pour mieux les intégrer dans l’économie circulaire. Le défi pour réinsérer les anciennes pièces auto dans les chaînes de valeur reste aussi important.
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00:00Le grand entretien de ce Smart Impact, c'est la rubrique Prêt pour l'impact, 26 minutes avec une personnalité qui compte dans notre économie.
00:12Je reçois Thomas de Richebourg, bonjour.
00:13Bonjour.
00:14Bienvenue, on est le président de 2 Richebourg Environnement.
00:17On va commencer par le groupe, le groupe qui fait 3,6 milliards de chiffre d'affaires en 2024, près de 5,6559, c'était très précis,
00:26collaborateur au niveau mondial, présence géographique dans 13 pays.
00:30Avec cette particularité, c'est un groupe familial, un esprit de famille qui est au cœur de l'ADN du groupe.
00:36Est-ce que c'est encore possible avec près de 6 000 salariés dans autant de pays différents ?
00:40Oui, c'est encore possible.
00:42Juste pour refaire la genèse du groupe, le groupe a été amorcé par mon grand-père dans les années 50.
00:48Mon grand-père était ce qu'on appelait un petit ferraillou, un chiffonnier.
00:52Il avait sa première petite estafette, il faisait du débarras de cave, il était autodidacte.
00:56Et puis après, il y a eu mon père, mon père, certificat d'études en poche, qui est l'équivalent du BEPC en troisième.
01:03Il a travaillé avec son père, donc mon grand-père, faire du débarras de cave.
01:06Et puis c'est mon père surtout.
01:08Mon grand-père, il a amorcé le groupe et mon père l'a considérablement développé.
01:12Parce qu'à l'époque, personne ne s'occupait des déchets, personne ne voulait en entendre parler.
01:16Tout ça est venu à peu près avec les COP, la COP 21, COP 22, où là, on s'est dit,
01:21il y a un sujet avec l'environnement et il y a un sujet sur les déchets.
01:24Donc tout a été finalement très vite, puisqu'on en a la troisième génération avec mon frère.
01:28On travaille tous les deux dans le groupe.
01:30Et effectivement, on est spécialisé dans tout ce qui est la collecte et le recyclage des métaux ferreux et non ferreux.
01:36Et on a une grande partie aussi sur les D3E.
01:39Dans le groupe, les D3E, ce sont les déchets électriques et électroniques.
01:42Ce sont tous les ballons d'eau chaude, les réfrigérateurs, les machines à laver qu'on traite dans le groupe.
01:48Et une partie aussi, services aux collectivités, c'est tout le ramassage de la collecte d'ordures ménagères et la propreté urbaine.
01:54Et donc cet esprit de famille, c'est possible de l'insuffler à 6 000 collaborateurs ?
01:59Il est là parce qu'on est aussi très opérationnel, on est avec tout le monde au quotidien.
02:04Nous, on n'est pas à l'autre bout du monde, sur une plage, en train de se l'adorer.
02:07On est là au quotidien et on anime toutes ces équipes.
02:11Alors c'est vrai qu'on est dans un top management très écrasé, que ce soit avec mon père, mon frère et moi.
02:16Tout le monde nous connaît, ou en tout cas chaque collaborateur, à un moment donné, a croisé un de Richebourg, que ce soit mon frère ou moi.
02:22Mais vraiment, et puis j'aime aussi beaucoup ça parce qu'on a un groupe très opérationnel, on a un groupe de main d'œuvre.
02:28Et vous savez, pour que tout ça fonctionne, il faut être proche de ses équipes.
02:32Il faut être, ce qu'on appelle nous, c'est la pyramide à l'envers.
02:35C'est le bas vers le haut.
02:36Il y a beaucoup de monde en bas et plus on remonte, moins il y a de monde.
02:40Mais tout le cœur du métier, ce sont nos collaborateurs, plus de 46 nationalités, il faut le dire aussi.
02:46On est dans des métiers de main d'œuvre et de service, donc on a une population…
02:50– Internationale.
02:52– Internationale, exactement.
02:53– Est-ce que c'était obligé de devenir l'un des patrons du groupe de Richebourg, quand on s'appelle Thomas de Richebourg ?
03:00– Non.
03:00– Est-ce que vous aviez un autre destin en tête ?
03:03– Alors au début, moi j'avais fait autre chose.
03:04J'avais commencé par faire du théâtre, donc je me suis inscrit au cours Florent, quand je suis sorti de mon cursus scolaire, parce que je n'avais pas envie de travailler tout de suite avec mon grand-père et mon père, parce que je les voyais tous les deux là au bout du chemin.
03:18Et je me suis disségeante maintenant à 18 ans, ça va être très compliqué pour moi, je n'ai pas d'expérience, je suis tout jeune et j'avais peur de me faire broyer et j'avais peur surtout de me fâcher avec ma famille et je ne voulais pas me fâcher avec ma famille.
03:31Donc j'ai pris un autre chemin et puis à un moment donné, c'était certainement en moi et j'ai décidé uniquement moi-même, il n'y a pas eu de pression.
03:39– Et on ne m'a rien dit, on ne m'a pas obligé et j'avais ça finalement en moi, mais je n'étais pas prêt, j'avais besoin de me construire, de me connaître et de faire des choses par moi-même.
03:48Et donc je suis rentré dans le groupe, maintenant ça fait à peu près une vingtaine d'années, moi j'ai 48 ans, donc à 28-30 ans, c'est là où je suis rentré dans le groupe.
03:55– J'ai dit c'est bon, c'est le bon moment, j'avais quoi ? – Oui, exactement.
03:57– Et donc vous êtes aujourd'hui le président de Richebourg Environnement qui pèse 1 milliard 240 millions d'euros en 2024, c'est-tu un secteur qui est en croissance ?
04:09– Alors c'est un secteur qui est en croissance, d'abord nous on est le leader français, on est un acteur important aussi en Europe,
04:18on fait 5 millions de tonnes qu'on recycle chaque année, donc ce qui est l'équivalent à peu près, quand on fait une tonne, une voiture de 5 millions de voitures,
04:27c'est parce qu'on recycle, chaque année nous on recycle à peu près 500 000 véhicules, donc ce qu'on appelle des véhicules hors d'usage,
04:34avec des taux de traitement et de valorisation qui sont à plus de 96%, donc ça c'est toute la partie secteur automobile, on y reviendra un petit peu plus tard.
04:43Et puis toute cette partie aussi des détroiseurs, les frigos, les congélateurs, les ballons d'eau chaude, où on recycle chaque année 4,5 millions de machines à laver,
04:55c'est énorme, on en est dans des chiffres vertigineux, parce qu'il faut savoir qu'on est quand même dans un mode de consommation,
05:01où dès l'instant où on va dans les grandes enseignes, on va voir ce qui se fait, et puis tout ça évolue, tout ça plaît, les nouveaux frigos, tout est connecté, on a tous envie de consommer.
05:10Il y a une logique de mine urbaine, on emploie souvent cette expression, vous êtes finalement au cœur de cette économie-là.
05:20Exactement, puisque nous on intervient sur tous ces sujets, que ce soit dans la collecte d'ordures ménagères, dans la gestion après de tous ces gros électroménagers,
05:28donc nous on est au cœur de tout ça, et on voit la tendance, elle évolue, mais elle change aussi,
05:34parce que la population a pris conscience quand même qu'il fallait mieux trier, mieux valoriser les déchets,
05:40on fait plus attention chez soi, on trie mieux quand même, on le remarque, puisque nous on fait quand même plus d'un million de tonnes chaque année d'ordures ménagères,
05:48et on voit quand même entre la poubelle jaune, la poubelle verte, tout ça est quand même mieux trié.
05:52Et dans les pays en voie de développement, il y a un marché aussi, ou alors c'est encore trop embryonnaire ?
05:58Alors il y a un marché, ça c'est sûr, nous on est dans 13 pays, essentiellement en Europe, il y a des marchés émergents qui sont là,
06:05après ils ne sont pas du tout structurés de la même manière.
06:07Il faut dire que la France, on est quand même très fort, vraiment, en termes de recyclage,
06:13par rapport à tout le monde entier, même dans d'autres pays où nous sommes, je le compare aussi aux Etats-Unis,
06:18on est vraiment très très en avance, et on a des ingénieurs de pointe, des technologies de pointe,
06:22alors on essaie de nous, de dupliquer ces modèles un peu partout, parce qu'on a une marque qui s'appelle De Richbourg,
06:28et si on est en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Allemagne, on doit avoir des standards.
06:33Donc on fonctionne à peu près de la même manière, mais en Europe.
06:36Oui, alors on va découvrir, on va prendre un exemple, l'un des nouveaux sites que vous venez d'inaugurer,
06:42c'était mi-septembre à Bonneuil, mais d'abord je voudrais quand même vous poser la question de cette rubrique,
06:48prêt pour l'impact, ça veut dire quoi pour vous le mot impact ?
06:50L'impact, c'est ce qu'on va faire demain, et comment on va pouvoir travailler et recycler,
06:56pour ne pas polluer, et surtout faire du bien à l'environnement.
07:01Pour nous l'impact c'est ça, c'est l'impact, c'est d'arriver à tout ce qui rentre sur nos sites,
07:06d'avoir 100% de valorisation.
07:08De les valoriser, de transformer le déchet en valeur.
07:11C'est ça, et tout ce qu'on fait, c'est vraiment ce qu'on s'y emploie avec tout notre service R&D,
07:17avec tous nos collaborateurs, que tous les entrants, toute la matière qui entre sur nos centres de recyclage,
07:22elles trouvent un débouché et qu'on arrive à des taux de valorisation et de traitement de l'ordre de 100%.
07:26C'est possible ça ?
07:28Oui c'est possible.
07:29Oui, et puis nous on fonctionne beaucoup en boucle, c'est-à-dire qu'on va prendre un exemple,
07:33l'aluminium qu'on récupère sur les voitures hors d'usage, on le récupère,
07:37on a nos propres fonderies d'aluminium, on refait des lingots d'aluminium et ils repartent dans le secteur automobile.
07:44Parce que ce qu'il faut savoir maintenant, c'est que les constructeurs automobiles doivent mettre des matières recyclées dans leurs véhicules.
07:52Donc nous, ça c'est ce qu'on appelle une chaîne, c'est ce qu'on appelle l'économie circulaire.
07:55C'est le déchet et on fait une matière première secondaire qui repart dans l'économie.
08:00Donc ça, c'est un fort impact.
08:01Avec donc ce site, alors là on va parler de recyclage de produits ferreux, c'est ça ?
08:06Oui.
08:06L'usine, le site de Bonneuil.
08:09Vous pouvez nous le présenter ce site ?
08:12Est-ce que, quand on crée un nouveau site, j'imagine qu'on essaye de coger un certain nombre de cases en matière d'efficacité,
08:19en matière d'efficacité environnementale, de bilan carbone, de consommation d'énergie, etc.
08:24Déjà, c'est une vitrine technologique, c'est un vrai bijou technologique.
08:28Donc ce site de Bonneuil, il est dédié au D3E.
08:30Donc c'est tout ce qui est frigo et ballon d'eau chaude.
08:35Ce qu'il faut savoir, c'est que dans les ballons d'eau chaude, tout comme les frigos, vous avez des gaz fluorés qui sont très polluants.
08:43Et c'est ces choses-là qu'on va récupérer avant tout.
08:46C'est pour ça qu'on broie tout ça sous atmosphère confinée.
08:49C'est-à-dire, c'est des boîtes où on broie tout, on récupère les gaz fluorés, le fréon pour les frigos, et on les met dans des bonbonnes.
08:59Et après, ça, c'est traité.
09:01Et là, il y a une réglementation maintenant qui évolue sur les ballons d'eau chaude.
09:05Parce que sur les ballons d'eau chaude, vous avez aussi ces gaz fluorés.
09:08Vous avez la carcasse métallique.
09:10Et à l'intérieur, vous avez une mousse.
09:12C'est ce qui fait isotherme pour garder la chaleur de votre ballon d'eau chaude.
09:16Et dans cette mousse-là, il y a énormément de gaz fluorés que nous, on récupère.
09:20Donc, c'est une autre technique pour le récupérer.
09:22D'un côté, c'est liquide.
09:25De l'autre, c'est une mousse, c'est ça ?
09:26Exactement.
09:27Donc, c'est deux technologies différentes.
09:28C'est pour ça, à voir...
09:30Donc, ça veut dire que vous ne mélangez pas les frigos et les ballons d'eau chaude ?
09:32Une chaîne de recyclage est dédiée pour les réfrigérateurs et congélateurs.
09:37Et une chaîne qui est dédiée uniquement pour les ballons d'eau chaude.
09:40Donc, ça, c'est la réglementation aussi qui évolue.
09:42Avant, il n'y avait pas d'obligation de traiter ces ballons d'eau chaude.
09:45Maintenant, il y a une réglementation qui l'impose.
09:48Donc, c'est ce qu'on a fait.
09:49On est l'un des premiers à le faire.
09:51Donc, on est au début du traitement de cette filiale-là, de cette filière.
09:55Et on va le dupliquer après partout en France.
09:57Qu'est-ce qui a le plus de valeur ? C'est le fréon ou c'est le métal ?
09:59Non, c'est le métal.
10:01Clairement.
10:01Ben oui. Vous savez que nous, le schéma économique de notre business plan,
10:07c'est qu'on a des fournisseurs auxquels on achète la matière.
10:10Vous, si vous avez une vieille voiture, que vous nous l'apportez sur un de nos sites,
10:13on va vous la racheter au poids de la ferraille.
10:15Et après, on transforme, on prépare et on a des clients.
10:18Les clients, ce sont les sidérurgistes.
10:21C'est eux, après, qui font tout le métier aussi du BTP.
10:24Donc, nous, c'est ça, notre modèle à nous.
10:26On est plutôt dans une période où, même si on essaie de réindustrialiser la France,
10:30ou plutôt des usines qui ferment, vous ouvrez un site.
10:32Ça veut dire que le secteur se porte particulièrement bien ?
10:36Alors, nous, on est aussi sur des métiers de niche.
10:38C'est-à-dire qu'on va là où les autres ne vont pas forcément et où il y a une vraie valeur ajoutée.
10:43Où on va pouvoir créer de l'emploi, parce que ce qui est important également, c'est la création d'emplois.
10:48Comme vous le disiez, Thomas, c'est des emplois qui sont non délocalisables partout en France.
10:52Et puis, c'est des emplois, après, qu'on veut aussi garder dans le groupe, parce qu'ils ont la compétence, ils savent travailler, ils savent ce qu'on fait.
11:00Donc, on les fait évoluer.
11:01On parlera peut-être un peu de toute la RSE et ce qu'on fait aussi avec nos collaborateurs.
11:06On les fait évoluer.
11:07Il y a des plans de carrière, parce qu'on veut aussi garder très longtemps.
11:11C'est pour ça qu'on a peu de turnover dans le groupe.
11:13Et donc, on reste sur l'activité de recyclage de l'acier et des métaux, parce qu'il y a Bonneuil.
11:22Je crois que vous venez d'investir plusieurs dizaines de millions d'euros aussi dans le secteur à Lyon.
11:26À Lyon, on a un centre de recyclage qu'on a complètement refait pour 45 millions d'euros.
11:31Là, on a un projet d'affiderie de plomb à Rocancourt, donc à côté de Caen.
11:35Et on va dupliquer aussi ces usines-là partout en France.
11:39Donc, c'est vrai.
11:39Et donc, je repose la question.
11:40C'est le secteur qui est en plein boom.
11:43C'est aussi de Richembourg qui réussit, évidemment, mais les deux en même temps.
11:46Les deux en même temps.
11:47Et nous, on a fait ce choix d'aller vers ces métiers-là.
11:50Parce qu'il y a de la valeur ajoutée.
11:52C'est vrai qu'aussi, il faut toujours réfléchir à ce que ça va nous apporter.
11:57On fait un investissement important.
11:58On investit à peu près chaque année 200 millions d'euros dans tous nos outils de production.
12:03Donc, c'est quand même énorme.
12:04Vous parliez de réglementation sur les gaz tout à l'heure,
12:07mais est-ce que c'est aussi la réglementation française ou européenne qui vous pousse à investir
12:12parce que le secteur est en train de se structurer ?
12:15Alors, après, c'est une obligation.
12:17Donc, notamment en France.
12:18Après, ça part aussi beaucoup de l'Europe.
12:20Mais tous les pays européens ne fonctionnent pas tous de la même manière.
12:24C'est vrai qu'en France, on est les champions du monde de la réglementation,
12:28des contrôles, de l'administration.
12:30Donc, tout ça, c'est très, très lourd.
12:32Mais c'est vrai que pour être dans d'autres pays où nous sommes,
12:34c'est un peu moins strict, un peu moins ferme.
12:37Mais ce n'est pas pour autant qu'on fait mal les choses.
12:39Alors, on a évoqué rapidement le secteur automobile,
12:44mais je voudrais qu'on y consacre un peu plus de temps dans ce grand entretien.
12:47Vous avez notamment signé un partenariat avec Volkswagen l'an dernier, 2024,
12:53pour intégrer au sein de votre réseau des centres de quoi ?
12:58De récupération des véhicules hors d'usage, c'est ça ?
13:00Oui, c'est ce qu'on appelle des centres VHU, véhicules hors d'usage,
13:02où on accueille le véhicule, on fait un certificat de destruction
13:07et on commence la chaîne de dépollution et de traitement.
13:11Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un véhicule, quand il arrive sur un de nos sites,
13:14donc un de nos centres agréés, VHU, on le dépollue à plus de 96%.
13:19Ça veut dire quoi, ça ?
13:21Ça veut dire qu'il y a 96% du véhicule qui va être recyclé.
13:24Donc c'est énorme, on est dans des taux de traitement
13:27et l'objectif que je vous disais tout à l'heure pour nous, c'est d'atteindre le 100%.
13:30Même sur une voiture ?
13:31Même sur une voiture.
13:33Alors, qu'est-ce qu'on fait de la voiture ?
13:34On récupère les pneumatiques, les pneumatiques deviennent des aires de jeu pour enfants.
13:39Quand vous allez dans les aires de jeu, vous allez le côté un peu molletonné,
13:42ça c'est du pneumatique.
13:43Le verre devient du verre, le pare-chocs deviennent des bacs poubelles.
13:47Donc chaque matière du véhicule a une filière de traitement.
13:53Et les 4% qui restent, c'est ce qu'on appelle la matière inerte.
13:57C'est votre fauteuil, la mousse de votre fauteuil que vous ne changez jamais.
14:00Ça pour l'instant, on ne sait pas l'articulé.
14:02Parce que c'est très chimique, ça accompagne toute la durée de vie du véhicule.
14:07Et le plafonnier aussi.
14:08Votre plafonnier, vous le lavez de temps en temps Thomas, votre plafonnier ?
14:11Non, évidemment, personne ne le lave.
14:13Et ce sont ces deux éléments, après, qui finissent soit en incinération,
14:18pour produire ou de la chaleur ou de l'électricité.
14:20Mais les plastiques, on discutait il y a peu de temps avec,
14:25alors c'est plus Plastic Omnium, mais bon, j'ai encore le nom de l'entreprise,
14:30l'ancien nom de l'entreprise en tête avec l'EDG de Plastic Omnium,
14:33qui disait qu'en fait le plastique, c'est quand même un moyen de faire baisser
14:37le poids des voitures et donc d'améliorer leur bilan,
14:42notamment pour les voitures électriques.
14:43Sauf que le plastique des voitures, il est 100% recyclable,
14:47parce que souvent, ou alors il faut changer la conception de ces plastiques,
14:51et là vous discutez avec vos partenaires de l'industrie auto,
14:54pour qu'ils soient plus recyclables qu'avant.
14:55Alors maintenant, c'est vrai que tout le secteur automobile
14:58pense recyclage avant production.
15:01C'est-à-dire, comment on va pouvoir mettre ces nouveaux modèles sur le marché
15:06et comment, à la fin de vie, on va les recycler.
15:09Donc c'est vrai que maintenant, sur les nouveaux véhicules que vous achetez
15:12et qu'on achète tous, ils sont pratiquement, chaque matière,
15:16auront des filières de traitement.
15:19Et surtout, c'est fait aussi avec des matières recyclées, de plus en plus.
15:22Et là aussi, il y a une obligation légale pour les constructeurs auto.
15:25Oui, parce qu'il faut qu'on arrive maintenant à tout ce qu'on produit,
15:29à pouvoir le recycler quand ça arrive en fin de vie.
15:31Donc on a un énorme projet aussi, on a fait, c'est sur la batterie électrique.
15:35Donc la batterie électrique, c'est tout nouveau,
15:38on est au balbutiement de cette filière de traitement.
15:41Donc on s'est associé, on a fait une société commune avec LG.
15:45LG qui est l'un des plus grands fabricants au monde de batterie électrique.
15:50Donc on a fait 50-50.
15:52Et donc on va ensemble monter une usine en région parisienne,
15:56où chacun va mettre à peu près 40 millions d'euros dans cette usine.
15:59Mais ça, on le fait pour dans 5 ans, pour dans 10 ans.
16:02Parce que pour le moment, il n'y a pas de standardisation de la voiture électrique.
16:06On entend tous les jours, une voiture, elle fait 500 km,
16:09demain elle fera 800, après-demain 1000, après 1500.
16:13La voiture thermique, elle est faite et on sait comment la construire,
16:16et la déconstruire, et la valoriser.
16:18La voiture électrique, pour le moment, on ne sait pas.
16:20Alors ce qu'on va faire avec LG, on va prendre toute cette black mass,
16:24apprendre, vous savez une black mass, c'est que du cobalt,
16:27c'est que des composants ultra chimiques,
16:29que nous on ne maîtrise pas, on ne sait pas faire.
16:32C'est pour ça qu'on s'est associé avec eux,
16:33et pour réfléchir à comment on va pouvoir standardiser
16:36une unité de valorisation et de traitement en région parisienne.
16:40Donc ça veut dire que c'est encore expérimental ?
16:42Expérimental. Pourquoi ?
16:44Parce qu'il n'y a pas encore de standardisation.
16:46Et à un moment donné...
16:46Donc c'est un pari que vous faites,
16:47où vous dites de toute façon,
16:49il va y avoir tellement de batteries électriques sur le marché,
16:51que ce sera forcément porteur ?
16:55Ben nous, il faut qu'on soit dedans.
16:56Nous, on est l'un des leaders sur le traitement des véhicules lors d'usage thermique,
17:00et il faut que demain, on soit l'un des leaders aussi
17:02sur le traitement de la batterie électrique.
17:04Mais ça reste à inventer, c'est ce que je comprends.
17:06C'est ça.
17:07Ça reste en tout cas à construire,
17:09et on va évoluer en même temps que tout ça évolue aussi.
17:12Je voudrais qu'on parle des biodéchets,
17:13parce que c'est aussi...
17:15Alors là, on l'a tous, nous, vécu,
17:17on est en train de l'expérimenter dans nos villes.
17:22Il y a de nouvelles obligations pour les municipalités,
17:26et donc pour les citoyens,
17:27de trier les biodéchets.
17:30Ça a été un défi à relever ?
17:31C'est encore un défi que vous relevez ?
17:33Alors, déjà, c'est un défi de mettre en place
17:36toute cette organisation et cette filière de traitement.
17:40Après, c'est un défi aussi pour la population,
17:43parce que déjà, on vous dit que l'emballage,
17:45c'est dans une poubelle,
17:46l'ordure ménagère, c'est dans une autre poubelle,
17:48et maintenant, il va falloir que vous trouviez
17:50une autre petite poubelle chez vous,
17:51où vous allez mettre tout le but organique,
17:53ce qui n'est pas simple.
17:54Et après, il va falloir aussi que vous le mettiez dans un bac adapté,
18:00spécifique pour ça.
18:01Et sur l'habitat parisien, ou sur les centres urbains,
18:04qui sont très denses,
18:05dans toutes les cages où il y a les poubelles,
18:08il n'y a pas forcément la place.
18:10Donc, sur Paris, il y a eu un système qui a été très bien fait,
18:13c'est ce qu'on appelle les trilibes.
18:15Les trilibes, ce sont ces bornes, ces modules,
18:17qu'on met dans la rue,
18:18et là où on peut mettre et le verre, et l'emballage,
18:22et maintenant, il y a un nouveau petit bac pour le compostage.
18:26Donc, on sort de chez soi avec son petit sac
18:28pour aller le mettre dans ce bac-là.
18:30Mais, on est encore dans des volumes qui sont petits,
18:34parce que tout le monde ne le fait pas.
18:35Ils ne le font pas parce qu'ils ne veulent pas le faire,
18:37mais parce que c'est aussi très contraignant.
18:38Mais tout ça, ça va rentrer aussi dans les mœurs.
18:41Les gens vont le faire parce que c'est une obligation.
18:43Par contre, pour la restauration collective,
18:45pour les professionnels,
18:46c'est obligé d'avoir un traitement de ces biodéchets.
18:49Là, je vous parle uniquement de la population.
18:52Oui.
18:52Qu'est-ce qu'ils deviennent ?
18:54Comment on les valorise ?
18:55Eh bien, on les met dans des méthaniseurs,
18:56et tout ça fait du gaz, de l'énergie.
18:59Donc là, on est pareil, dans une boucle,
19:00puisque ça fermente,
19:02et en fermentant, ça dégage du gaz,
19:04et ça sert après pour alimenter de l'électricité.
19:09Alors, vous vous fournissez des méthaniseurs,
19:11ou ça fait aussi partie de votre activité ?
19:14Non, ça, c'est la seule chose qu'on ne fait pas.
19:16Nous, on fait du transport de matière,
19:18c'est-à-dire que la collecte d'ordures ménagères,
19:20on collecte les bacs,
19:21et on les emmène d'un point A,
19:22qui est votre habitation,
19:24jusqu'au centre de traitement.
19:25Vous pourriez devenir producteur d'énergie ?
19:27On pourrait, mais après, vous savez,
19:28il faut faire ce qu'on sait faire et ce qu'on maîtrise.
19:30C'est toujours très exotique
19:32de vouloir faire quelque chose qu'on ne fait pas.
19:35Ça donne toujours envie de faire quelque chose qu'on ne fait pas.
19:37Mais finalement, gardons notre compétence et notre savoir-faire,
19:41et n'allons pas sur des terrains
19:43ou d'autres le font parfaitement bien.
19:45Et nous, finalement, on aura très peu de valeur ajoutée à le faire
19:48puisqu'on ne le maîtrisera pas bien.
19:49Ce que j'entends, là, depuis une vingtaine de minutes qu'on discute,
19:52c'est que c'est la part de l'innovation de la R&D,
19:55de la recherche et développement dans votre activité.
19:57On pourrait se dire, bon, il s'agit de recycler des déchets,
20:00métaux ou organiques, bon, ce n'est pas si compliqué.
20:04Ça innove en permanence ?
20:05Nous, c'est des outils industriels.
20:07Donc, on travaille beaucoup avec nos fournisseurs.
20:10On réfléchit, comme je le disais au début de l'interview,
20:12à avoir des taux de traitement et de valorisation
20:14qui soient proches de 100%.
20:15Pour arriver à ces 100%, je peux vous dire qu'il faut beaucoup transpirer.
20:18C'est les 3-4 derniers pourcents qui sont les plus durs à récupérer ?
20:22C'est comme dans un régime.
20:23Un régime, les premiers kilos, ils sont très faciles à perdre.
20:26Et les 3 derniers ou 4 derniers, c'est ceux qui vous feront craquer
20:29et vous reprenez tout le poids que vous avez perdu.
20:31Donc, on en est là.
20:32Mais par contre, nous, c'est notre objectif et on va le faire.
20:35Ah oui, ça, c'est certain.
20:37Donc, on investit beaucoup dans cette R&D,
20:39dans tout cet outil industriel qu'on modernise chaque année.
20:42Et puis, on s'aide aussi beaucoup de nos collaborateurs
20:44qui ont des vraies visions aussi, de nos fournisseurs, de notre R&D.
20:48C'est vraiment un pool qui est très organisé dans le groupe.
20:50Alors, parlons un peu justement de ce qu'on appelle la marque employeure
20:53et de la qualité au travail.
20:58C'est ce S de RSE qui est évidemment très important.
21:01Quand on est un groupe de 5 500, 6 000 collaborateurs
21:05dans autant de pays différents,
21:07vous appliquez la même ambition partout ?
21:13Ou alors, finalement, on s'adapte aux cultures, aux législations, etc.
21:16Alors déjà, comme vous dites, et c'est vrai,
21:18il y a une culture différente dans chaque pays.
21:20On n'est pas pareil au Mexique, qu'aux États-Unis, qu'au Canada,
21:23qu'en Espagne, qu'en Italie.
21:24Chacun déjà a un mode de fonctionnement et une culture.
21:27Par contre, après, il y a la culture de l'entreprise.
21:29C'est un groupe familial.
21:31Et je pense vraiment que pour tous nos collaborateurs,
21:33de savoir que c'est une famille qui a la tête de ce groupe
21:36et qui travaille et qui est œuvrant et qui est là,
21:39déjà, ça rassure.
21:41Ce qui rassure aussi beaucoup,
21:42c'est de savoir que toute l'année, on a des projets.
21:44Toute l'année, on fait des acquisitions.
21:46Toute l'année, on développe.
21:47Et aussi, l'autre point qui est très important,
21:50c'est qu'on rentre dans le groupe en bas de l'échelle
21:52et on peut se retrouver président de filiale.
21:54Il y a des exemples ?
21:56Tous nos présidents de filiale.
21:58Ils sont rentrés ?
21:58Ils sont rentrés, ils n'étaient pas au poste qui sont là.
22:01Ils ont fait leur vie dans le groupe,
22:03mais ils sont devenus présidents.
22:04Donc, vous voyez, quand vous avez des exemples très forts comme ça,
22:07ou dans votre filiale,
22:08vous avez votre propre président
22:09qui est issu de la base et d'en bas
22:11et qui devient président.
22:13C'est votre histoire familiale qui vous pousse aussi à développer ça.
22:16Et puis, vous savez, moi, j'ai envie de les garder tous.
22:18Déjà, j'y suis particulièrement attaché.
22:21Il faut tourner le groupe parce que là,
22:22je discute avec vous, Thomas.
22:23Mais ce qu'il faut savoir,
22:24c'est que dans les 13 pays où nous sommes,
22:26ça travaille.
22:26Ils portent tous le chasuble de Richbourg
22:28et tous, ils travaillent, ils travaillent.
22:30Donc, moi, c'est quelque chose qui est très important.
22:32C'est cette pyramide à l'envers.
22:33Je suis très respectueux de tous nos collaborateurs.
22:36Franchement, ils font un boulot remarquable
22:37et c'est l'ADN du groupe.
22:39L'ADN, elle est là.
22:40Et je veux les faire évoluer.
22:41Dès l'instant où on a un peu d'ambition,
22:43qu'on est motivé et qu'on veut grandir,
22:45chez nous, dans le groupe de Richbourg, c'est possible.
22:46C'est facile à prononcer dans toutes les langues de Richbourg ?
22:49Oui, on dit ça en France.
22:53Oui, mais c'est vrai que vous allez en Espagne.
22:55Mais on retrouve toujours le nom.
22:56En Allemagne aussi, c'est avec l'accent.
22:58Mais oui, on retrouve toujours le nom de Richbourg.
23:00Parce que vous gardez le nom, de toute façon,
23:02partout, quel que soit le pays.
23:03Je voudrais qu'on termine au reste deux minutes
23:05sur cette...
23:07Parce que finalement, on a employé le mot économie circulaire
23:09quasiment une fois dans notre interview,
23:13alors que c'est vraiment le cœur de votre activité.
23:16Et moi, je le vois ici,
23:17elle se développe quand même de plus en plus
23:20et elle rentre dans la grille d'analyse
23:22et dans la stratégie de plus en plus de secteurs d'activité.
23:25Vous, vous le ressentez, ça ?
23:26C'est-à-dire des secteurs ou des entreprises
23:29qui n'étaient peut-être pas forcément concernées
23:31par cette logique d'économie circulaire et qui s'y mettent ?
23:33Oui, totalement.
23:34Et aussi les collaborateurs.
23:36Maintenant, les collaborateurs,
23:37ils deviennent très green, très vert, très engagés.
23:40Tous, et quand on fait des recrutements,
23:42puisque ça nous arrive quand même de prendre des gens de l'extérieur,
23:45ils nous demandent quels sont les plans de progression,
23:47qu'est-ce que vous avez comme projet ?
23:49Donc déjà, les collaborateurs,
23:50ils sont très, très, très investis
23:52dans tout ce développement-là.
23:53Et puis après, l'économie de tout ça,
23:55on le voit partout, il y a des boucles.
23:57Maintenant, il faut qu'on arrive à faire des boucles
23:59sur tous les sujets.
24:00Donc il y a les déchets du BTP,
24:01il y a maintenant les vêtements qu'on récupère.
24:05Alors ça, ce n'est pas notre métier,
24:06mais c'est des filiales.
24:07Maintenant, on crée des REP,
24:09des responsabilités élargées aux producteurs,
24:11où maintenant, on met sur le marché
24:13et comment on va le traiter
24:14et quelle est la filiale,
24:15pour former à chaque fois des boucles.
24:17Nous, on a deux grosses boucles,
24:19c'est l'aluminium et le plomb,
24:21et puis demain, on aura, j'espère,
24:23la batterie électrique.
24:24Donc on aura les trois grandes boucles du groupe.
24:26Après, ce qui est important dans notre impact,
24:29c'est le transport fluvial et pareil,
24:32c'est aussi comme on a 5 millions de tonnes chaque année,
24:35c'est d'arriver à aller chez nos clients
24:37sans le moins possible sur la route.
24:42Et donc on fait 40% de toutes les tonnes qu'on produit
24:45qui sont par voie fluviale et par voie rail.
24:48Et on travaille avec tous nos transporteurs,
24:52et on leur demande aussi d'avoir des plans d'action
24:54pour être green, pour être éco-responsable,
24:58pour qu'on ait un bilan carbone
24:59qui soit positif et favorable.
25:01Merci beaucoup Thomas de Richbourg
25:03et à bientôt sur Be Smart for Change.
25:06Merci encore d'être revenu sur ce plateau.
25:07On passe à notre rubrique start-up tout de suite.
25:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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