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  • il y a 3 mois

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00:00Europe 1 Soir Weekend, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04Toujours en compagnie d'Eliott Maman et Charlotte Dornelas, journaliste au JDD.
00:11Le JDD qui fait la une ce soir sur toutes les chaînes d'infos de France
00:14puisque Nicolas Sarkozy a accordé sa première interview
00:18après sa très lourde condamnation, 5 ans de prison avec exécution provisoire différée.
00:24Ça veut dire qu'il devra se présenter devant le PNF,
00:27le Parti National Financier le 13 octobre.
00:30Il sera fixé sur son sort, quelle prison, quand exactement,
00:35puisqu'on n'a pas encore, je parle sous votre contrôle Charlotte,
00:37la date de son incarcération.
00:40L'appel a déjà été évidemment déposé.
00:43Il y aura un procès dans les 2-3 mois, c'est bien ça ?
00:47Alors évidemment Charlotte Dornelas, on a envie de connaître les coulisses de cette interview.
00:52L'ancien président de la République manifestement avait envie de s'exprimer.
00:55Il a choisi le journal du dimanche, Charlotte.
00:58Oui, alors je pense qu'il a eu quelques propositions.
01:00Ça on ne m'en doute pas.
01:02Non, mais en effet c'est une interview qui a été faite.
01:04Je n'y ai pas participé, mais plusieurs de mes confrères l'ont rencontré hier.
01:12Et bon, voilà, Nicolas Sarkozy développe, on va dire, ce qu'il a dit déjà.
01:16Comment allait-il déjà ?
01:18La question lui est posée, il répond qu'il est extrêmement déterminé, déterminé à deux choses.
01:24Un, à prouver son innocence et deux, à expliquer ce jugement et la raison pour laquelle il le conteste.
01:31Il le conteste fermement.
01:34Donc on sent qu'il est extrêmement déterminé, qu'il lit, on va dire, cette condamnation.
01:39Il explique que pour lui, et malgré les apparences, c'est toute l'accusation qui s'effondre et que seule demeure en effet cette accusation d'association de malfaiteurs.
01:51Et il conteste à la fois...
01:52Alors c'est vrai que dans le commentaire, on a vu beaucoup de gens s'interroger sur l'exécution provisoire et sur la légitimité de cette exécution provisoire
01:58qui conduira Nicolas Sarkozy en prison au moins un temps en attendant que...
02:04Pour lui, rien ne justifiait cette exécution provisoire.
02:07Non mais justement, en fait, ce qui est intéressant, c'est que dans le débat, c'est surtout ce point en particulier qui fait débat.
02:14Certains interrogent aussi la lourdeur de la peine, les cinq ans pour l'association de malfaiteurs, la question du mandat de dépôt à délai différé.
02:21Lui conteste absolument et il s'attarde moins là-dessus que sur le fait que pour lui, l'accusation est complètement tombée.
02:28Il renvoie, on va dire, l'infamie envers Mediapart, qu'il attaque lourdement, notamment sur la question de la publication de ce document.
02:38Et c'est vrai que sur ce point, ça c'est un point assez intéressant, puisque la présidente du tribunal, dans la lecture du délibéré,
02:44explique que c'est probablement un faux que Mediapart a publié, donc ce document qui est à l'origine de l'instruction.
02:51Et c'est vrai que les confrères sont plus indulgents avec Mediapart, ce qu'ils ne le sentent avec certains de leurs confrères, on notera.
02:57C'est-à-dire qu'ils se sont plus acharnés pendant trois jours à expliquer qu'il y avait peut-être des signatures qui n'étaient pas vraiment très justes dans la pétition de Philippe de Villiers,
03:06comme s'il était impossible de rassembler deux millions de signatures pour demander un référendum sur l'immigration.
03:11Mais voyez, la construction malhonnête qu'il faut pour remettre en cause le fait de pouvoir rassembler un nombre important de Français.
03:20Donc on a plus de confrères qui ont passé leur temps là-dessus que pour s'attarder sur la question, en effet, de la manière dont travaille ou peut travailler Mediapart parfois.
03:29Mediapart parfois sort des informations absolument nécessaires.
03:34Ça a été le cas récemment sur d'autres affaires.
03:37Là, en l'occurrence, c'est quand même une accusation lourde et qui ne vient pas d'un opposant politique à Mediapart, mais du tribunal lui-même.
03:44Et je crois, j'ai vu sur les bandeaux parce que je ne l'ai pas vu encore, je n'ai pas eu la chance de lire cette interview pour le moment,
03:49mais il parle de manipulateurs et de faussaires, c'est ça quand il parle de Mediapart ?
03:53En gros, il explique, il pose la question, il dit si le tribunal explique que ce document est très probablement un faux,
03:58probablement un faux, ça veut dire qu'il y a des faussaires et ça veut dire qu'il y a un complot,
04:02ça veut dire qu'il y a des gens qui ont fait ce faux document pour le faire accuser.
04:06Donc clairement, Nicolas Sarkozy estime qu'il y a eu un complot contre lui.
04:09Il utilise le mot complot, c'est lui qui l'utilise.
04:11Il utilise en effet le mot complot en disant, si ce document est faux, d'où vient-il, qui l'a fait,
04:16qui a eu intérêt à le publier et qui a eu intérêt à le publier en l'occurrence contre moi.
04:18Parce que c'est important de rappeler que tout vient de ce document.
04:21Ah bah alors tout, non, enfin je veux dire, oui, l'instruction est lancée sur le document,
04:25après il y a quand même des années et des années d'instruction qui vont au-delà du document.
04:28Oui, il y a eu 13 ans d'instruction, évidemment.
04:29Évidemment, mais c'est, donc en fait, dans l'interview, il contre-attaque très clairement par rapport à l'accusation elle-même,
04:39par rapport à la manière dont s'est fait, à la manière dont est organisée cette accusation, cette condamnation.
04:47Et il contre-attaque de manière, oui je dirais le mot, c'est déterminé.
04:53Oui, d'ailleurs il dit, alors je regarde sur les écrans en même temps, je m'attendais à tout, mais pas à la prison.
05:00J'imagine qu'il revient...
05:01Alors non, il ne dit pas exactement ça.
05:02Ah bah c'est le bandeau de nos confrères qu'on ne titra pas.
05:05D'un concurrent ?
05:05D'un concurrent ?
05:06Non mais il dit très exactement, je m'attendais à tout, mais pas à l'exécution provisoire.
05:10Il ne s'attendait pas à aller...
05:11D'accord, donc il faut que nos confrères.
05:14Il dit en effet que, alors oui j'imagine qu'ils ont fait un raccourci pour que ça tienne dans le bandeau.
05:18Mais voilà, il lui pose la question, est-ce que vous attendiez à la prison, à la condamnation, à cette lourde condamnation ?
05:25Et il dit honnêtement, j'ai appris à m'attendre à tout dans...
05:28Voilà, c'est quelqu'un qui se défend très clairement, donc je m'attendais à tout.
05:31Et il lui dit, mais même à l'exécution provisoire qui n'attend pas la deuxième degré de juridiction pour vous mettre en prison.
05:39Et il dit, bon ça c'est vrai, je m'attendais à tout, mais pas à ça.
05:41Et il rajoute, il y a juste la volonté d'humiliation.
05:46Oui, alors ça c'est encore une fois, il voit dans cette exécution provisoire que lui juge absolument illégitime,
05:54une volonté de l'humilier, de le voir partir en prison, même si c'est pour quelques jours,
05:58puisqu'on sait que son avocat déposera une demande de remise en liberté très rapidement.
06:02Donc la durée de l'incarcération, personne ne peut la donner aujourd'hui, évidemment, personne ne peut la deviner.
06:07Mais voilà, pour lui, il y a une volonté de le voir en prison, alors ça c'est factuel.
06:11Il y a une volonté de le voir en prison puisqu'il y a une exécution provisoire prononcée.
06:16La présidente du tribunal le justifie en raison de la gravité des faits, je la cite,
06:21et du risque de trouble à l'ordre public que pourrait générer dans l'opinion la gravité des faits.
06:25Et lui explique qu'il n'y a qu'une volonté d'humiliation dans cette décision.
06:29J'imagine que la question lui a été posée, est-ce qu'il en a peur de la prison ?
06:33Oui, alors il répond que non.
06:35Quand je vous dis que c'est un homme déterminé qui a répondu.
06:38Moi j'ai lu l'interview, j'ai échangé évidemment avec ceux qui ont fait cette interview,
06:44et il répond non, ils ne me mettront pas à genoux, ils m'incarcèreront s'ils le veulent.
06:51Et voilà, il n'a pas dit qu'il n'a peur de rien.
06:55Je ne me plierai pas face aux mensonges, aux complots et à l'insulte.
06:59Alors il dit aussi que c'est une décision qui viole l'état de droit.
07:05Oui, alors ça c'est vrai que c'est la contestation, on va dire, à la fois de la poursuite.
07:13En gros, si on résume, je vais essayer d'être claire.
07:16Il y a quatre infractions pour lesquelles il est poursuivi.
07:19Il y en a trois qui tombent.
07:21La dernière dans l'ordre chronologique, on va dire,
07:24pour laquelle il a été mis en examen, à savoir l'association de malfaiteurs,
07:27est la seule qui demeure.
07:29Il explique qu'il est condamné pour ça, qu'il est condamné à cinq ans de prison,
07:32avec mandat de dépôt, à délai différé,
07:35et que cette exécution provisoire l'empêche d'accéder au deuxième degré de juridiction
07:39avant d'être incarcéré, alors même qu'il y a trois infractions pour lesquelles l'accusation tombe.
07:45Donc il dit, bon voilà, il y a une négation de l'état de droit,
07:47parce qu'en effet, je n'ai pas le droit d'aller directement en appel.
07:50Beaucoup de juristes se sont posé cette même question.
07:52Oui, mais c'est pour ça que je vous disais tout à l'heure,
07:54lui va beaucoup plus loin que le débat qu'on a eu ces derniers jours médiatiquement,
07:57c'est-à-dire que le débat a été moins sur le fond que sur l'exécution provisoire.
08:00Ça a été dit, certains ont même levé le doute de la constitutionnalité,
08:05de cette histoire de double degré de juridiction.
08:08Ah oui, mais alors là, il faudrait interroger le législateur, pas le juge.
08:11Non, mais parce que l'exécution provisoire est dans la loi.
08:13Moi, c'est pour ça, depuis trois jours, je me dis,
08:15les hommes politiques feraient mieux de réfléchir au moment où ils votent des lois
08:19et où ils mettent en place des outils,
08:21notamment au nom de la transparence et de la moralisation de la vie publique,
08:24puisqu'en général, quand on met des outils dans la loi, les magistrats s'en servent.
08:28Il en parle d'ailleurs de ça, justement, de cette moralisation de la vie politique,
08:33parce qu'on sait très bien, et Eliott Maman aussi, j'imagine,
08:38bon, vous étiez loin d'être née, mais ça a commencé dans les années 80-90,
08:44avec l'affaire Urba, enfin, il y a eu, et après, ça s'est accéléré, c'est vrai,
08:48avec le PNF, voulu par François Hollande, la Haute Autorité pour la Transparence.
08:53Mais vous savez, en fait, ce qui est assez pervers, on va dire, dans ces débats-là,
08:58c'est que, prenons l'exemple de l'exécution provisoire sur l'inégibilité,
09:03donc peine qui a frappé, et cette fois-ci, Marine Le Pen.
09:06Le débat s'était déjà porté sur cette question de l'exécution provisoire,
09:09moins sur la peine, c'est-à-dire qu'il y a des faits que la justice reconnaît,
09:13il y a une peine qui est prononcée, on peut la discuter,
09:15moi, je n'ai pas de problème, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que la justice est divine,
09:19donc je n'ai pas de problème à ce qu'on discute sur ces peines-là.
09:22En l'occurrence, c'est vraiment la forme qui est interrogée.
09:24Et à l'époque, on se pose la question de savoir, est-ce que c'est à la justice,
09:28que c'est à un magistrat de décider qu'il sera éligible ou non ?
09:31Sauf que dans la loi, dans la loi rédigée par le législateur français,
09:36il est écrit que dans ces affaires-là, dans les affaires qui sont similaires,
09:40on va dire, à celles de Marine Le Pen,
09:42l'exécution provisoire sur l'inéligibilité est automatique,
09:46donc le magistrat doit justifier s'il ne la met pas.
09:49Le législateur, au moment où il vote ça, ce qui est assez pervers,
09:52c'est que si vous arrivez en disant, attention, c'est dangereux comme mélange des genres,
09:55vous dites, ah, vous êtes contre la probité de la vie publique,
09:58la probité des hommes politiques.
10:00Donc c'est des débats qui se font toujours,
10:03comment dire, de manière assez anachronique dans le temps,
10:07et résultat, l'accusation pèse seulement sur des magistrats,
10:09je pense qu'elle pourrait très largement être retournée contre le politique.
10:12Eliott Maman, je ne vous ai pas encore donné la parole, mais c'est normal,
10:15on avait Charlotte qui est au JDD,
10:17et tout le monde a envie de savoir, évidemment,
10:19ce qu'a dit Nicolas Sarkozy dans cette interview.
10:22Tout à fait.
10:23Bon, alors c'est vrai qu'on a eu un résumé assez brillant et condensé de Charlotte,
10:28Nicolas Sarkozy qui crie au complot,
10:30alors c'est vrai qu'on comprend aussi son émotion,
10:33sur beaucoup de points qu'a évoqués Charlotte, l'ancien chef de l'État.
10:37Oui, c'est certain, et par ailleurs, d'un point de vue plus politique,
10:39l'appréhension des décisions de justice est d'autant plus compliquée
10:42qu'en réalité, les magistrats se retrouvent aussi la bouche d'une loi
10:47qui est tendue, qui est prise en une pleine tenaille,
10:52puisque les Français, dans les sondages,
10:54considèrent de manière de plus en plus prégnante
10:57qu'il peut y avoir une espèce de parti pris idéologique,
11:00qu'il peut y avoir un biais dans l'expression de la loi.
11:03Mais en réalité, cette conviction croissante,
11:06donc c'est environ 60% des Français qui estiment
11:08qu'il y a une coloration politique dans les décisions de justice,
11:11et cette proportion-là...
11:11En général, vous voulez dire pas forcément dans celle-ci ?
11:14Pas dans celle-ci, exactement.
11:14Je crois qu'il n'y a pas eu de sondage, d'ailleurs, pour l'instant.
11:16Non, pas encore.
11:17Et cela monte jusqu'à environ 75% chez les sympathisants de droite.
11:21Mais dans le même temps, ce que les sondages nous indiquent également,
11:24c'est que les Français sont environ trois quarts,
11:27donc la même proportion,
11:28à estimer que les délits potentiellement commis
11:31par des responsables politiques ne sont pas suffisamment punis,
11:34en raison d'une espèce de collusion
11:36qu'il pourrait y avoir entre les différentes strates du pouvoir.
11:39Et donc, les Français eux-mêmes
11:40ont demandé des lois de moralisation de la vie publique
11:42qui ont été adoptées.
11:44Et ensuite, les magistrats sont précisément comptables
11:47des lois et de toutes ces tensions
11:49qui ont été exprimées par le législateur.
11:51Et donc, en effet,
11:52on peut évidemment interroger
11:53l'éventuelle idéologisation d'une partie de la magistrature,
11:57mais par ailleurs, il nous faut également remarquer
11:58que notre loi en amont
12:00exprime également cette même tension-là.
12:02Donc ça, c'est quelque chose de particulièrement important.
12:05Et encore simplement d'un mot,
12:06puisqu'on interroge l'éventuel agenda politique
12:08qui pourrait être poursuivi, en l'occurrence, par la justice.
12:11Reconnaissons que, parfois,
12:12les agendas médiatiques et électoraux
12:15peuvent également se rencontrer,
12:16parce que ce qui était véritablement tout de même
12:18percutant dans la publication de ce document par Mediapart,
12:22dont on apprend qu'il pourrait en réalité s'agir d'info,
12:25c'est qu'il a été publié en pleine campagne de l'entre-deux-tours.
12:28Il y avait tout de même une chronologie
12:29qui n'était pas anodine, en l'occurrence.
12:31On poursuit cette conversation passionnante,
12:34parce que c'est vrai que c'est intéressant
12:35de prendre un petit peu de hauteur
12:36par rapport aux débats
12:37qui perdurent depuis 48 heures sur ce sujet.
12:42On se retrouve dans quelques instants.
12:43Europe 1 soir week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
12:47Et on retrouve nos débatteurs de la deuxième heure,
12:50Elliot Mamann et Charlotte Dornelas.
12:52On parlait, évidemment, de cette interview exclusive
12:56donnée au JDD, la première interview de Nicolas Sarkozy
12:59depuis sa condamnation.
13:01Charlotte Dornelas nous en expliquait la teneur,
13:05manifestement, un ancien chef de l'État extrêmement combatif,
13:08qui, d'ailleurs, n'accepterait pas une grâce
13:11d'Emmanuel Macron, c'est ça ?
13:12En même temps, je ne pense pas qu'il l'ait
13:14et que ce soit possible, d'ailleurs.
13:15De toute façon, la grâce, il faut attendre
13:17une condamnation définitive.
13:19Mais c'est vous dire le degré de détermination
13:21quand la question lui est posée sur la grâce,
13:23vous savez, qui est demandée par, notamment,
13:24un sénateur LR.
13:26Et dans des pétitions, vous avez vu,
13:28une vingtaine de pétitions citoyennes dans l'Enchange.
13:34Nicolas Sarkozy répond qu'il n'attend aucunement une grâce
13:38à aucun moment des étapes, on va dire,
13:42de ses étapes judiciaires,
13:44parce qu'il veut, lui, prouver qu'il est innocent,
13:45il ne veut pas être gracieux, il veut être innocenté.
13:47Donc c'est vraiment, voilà, quand je vous disais tout à l'heure,
13:50la détermination, c'est un bon exemple du ton, on va dire,
13:53avec lequel il répond, en effet, à cette longue interview.
13:57Eliott Mamann, vous nous parliez de sondages assez passionnants,
13:59j'en avais pas forcément eu ventre, ces sondages,
14:02vous disiez quoi, 75% des personnes à droite estiment
14:06qu'il y a plutôt une justice politique ?
14:08Oui, il y avait notamment eu des sondages
14:10qui avaient été faits à la suite de la condamnation
14:12pour le coup de Marine Le Pen,
14:13puisqu'on a un tout petit peu plus de recul sur la question.
14:15Et c'est vrai que, par exemple,
14:16chez les sympathisants du Rassemblement National,
14:18puisqu'évidemment, les sondeurs ne peuvent jamais
14:20interroger directement les électeurs,
14:22puisque les lois de protection des données en France l'empêchent,
14:26les sympathisants du RN sont plus de trois quarts
14:29à estimer qu'il peut y avoir quelque chose,
14:31une forme d'idéologisation d'une partie de la magistrature.
14:33Mais en même temps, on ne peut pas leur en vouloir.
14:36Potentiellement, ça va empêcher Marine Le Pen
14:39de se présenter à la présidentielle.
14:41Oui, absolument, c'est une possibilité.
14:43C'est vrai qu'il faut toujours différencier deux choses.
14:46Il y a une partie de la magistrature qui, de toute évidence,
14:48a eu une espèce d'alimentation, d'une forme de doctrine sociale.
14:53Ça avait pu se faire, par exemple, au sein même de l'ENM,
14:57de l'École Nationale de Magistrature.
14:58Et d'ailleurs, c'est quelque chose qu'Éric Dupond-Moretti lui-même mentionnait
15:01lorsqu'il souhaitait réformer ce cursus pour former les magistrats.
15:05Et vraisemblablement, ça, il y a eu de nombreuses documentations
15:08quant au fait qu'une espèce de doctrine sociale et plutôt justicialiste
15:12pouvait parfois être alimentée dans les enseignements faits
15:15à l'École Nationale de Magistrature.
15:17Et par ailleurs, on sait que, par exemple,
15:19le syndicat de la magistrature,
15:20qui représente près de 30% des magistrats, me semble-t-il...
15:23Qui vote.
15:24Qui vote, certes.
15:26Aux élections, en effet, a lui aussi une coloration idéologique
15:30qui n'est pas la plus neutre ou la plus modérée qu'il soit.
15:34Et puis, quand on voit la présidente des magistrats
15:37qui ont instruit le dossier Sarkozy,
15:38qui participe à des manifestations anti...
15:42Alors, ce n'était pas anti-Sarkozy, mais anti-Tréformes.
15:44Ils n'appliquent qu'une loi votée.
15:45C'est ça qu'il faut juste rappeler.
15:47Et en 2011, c'est vrai que ça jette le doute.
15:50Ça sème le trouble, quand même.
15:52Ça sème le trouble.
15:53Et d'ailleurs, la Défense aurait pu demander
15:55à récuser cette magistrate, ce qui n'a pas été fait.
15:57Oui, ils ne l'ont pas fait.
15:58Alors, ils n'avaient pas peut-être envie
15:59de mettre, je crois, les juges à dôme.
16:01C'était l'analyse d'un juriste.
16:03Peut-être, mais alors, pour le coup,
16:03moi, je n'irai pas sur ce terrain-là,
16:05dans la mesure où nous autres journalistes,
16:06on sait que même en ayant des idées,
16:07ça peut ne pas nous empêcher de regarder
16:14de fait, je ne sais pas s'il y a une très grande prudence,
16:18alors qu'il y a eu une partialité à un moment,
16:20enfin, en tout cas, il y a eu une opposition
16:22de cette magistrate sur un point
16:23de la politique menée par Nicolas Sarkozy.
16:26Maintenant, est-ce que ça teinte forcément
16:29toute l'instruction, le jugement ?
16:31Vous savez, il y a une succession de magistrats
16:32quand même dans ce genre de dossiers.
16:34Ils ne sont jamais seuls, ils se succèlent,
16:36ils sont nombreux.
16:37Ils étaient trois, il y a eu deux instructions,
16:39en l'occurrence.
16:40Donc, voilà, je n'irai pas sur ce terrain
16:42parce que ça nécessiterait des procès d'intention
16:45que je suis assez incapable de faire,
16:47en l'occurrence, pour elles.
16:48Mais c'est vrai qu'il y a parfois
16:49un manque de prudence de fait
16:51dans ces affaires-là.
16:53Mais c'est surtout que le rapport
16:54des Français à la justice,
16:55les affaires de, comment dire,
16:58de jugement, de personnalité politique,
17:00empoisonnent la justice de la même manière,
17:02d'ailleurs, que la politisation du syndicat
17:04de la magistrature seule,
17:06qui ne représente pas du tout
17:07la majorité des magistrats,
17:08redisons-le encore,
17:09surtout avec leur force de frappe
17:10et leur force et leur visibilité.
17:12S'ils avaient dû emporter
17:13même une majorité de magistrats,
17:15ils l'auraient fait.
17:16Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
17:17Et vous croisez aussi
17:18beaucoup de magistrats
17:19qui sont quand même soumis
17:20à un devoir de réserve,
17:21les magistrats,
17:22et qui vous disent
17:23le poids du syndicat
17:25de la magistrature
17:25dans la nomination
17:26à l'école nationale
17:27de la magistrature.
17:28Or, ces nominations,
17:30elles sont politiques.
17:31Donc, encore une fois,
17:32moi, j'entends beaucoup
17:32d'hommes politiques
17:33se plaindre du poids.
17:34Il y en a beaucoup
17:34qui sont passés au pouvoir.
17:36Je ne nommerai personne
17:36dans les jours
17:37qui viennent de se passer.
17:38Je n'en ai pas vu un seul
17:39s'attaquer au syndicat
17:40de la magistrature
17:41et à sa violation permanente
17:43de la justiété.
17:45Je ne sais pas.
17:45Est-ce que c'est de la peur ?
17:46Est-ce que c'est de la lâcheté ?
17:47En plus, ils ne sont pas majoritaires ?
17:50Non, ils ne sont pas majoritaires.
17:51Mais un petit peu,
17:51d'ailleurs, comme les socialistes,
17:52ils ne sont pas majoritaires
17:53mais qu'ils sont partout.
17:54Mais il y a la question,
17:55vous savez,
17:55de la nomination
17:55dans la haute magistrature.
17:57Et vous voyez
17:58dans les tribunaux,
17:59ici et là,
17:59énormément,
18:00et surtout quand vous allez
18:01assister au procès,
18:02vous avez énormément
18:03de magistrats
18:04aujourd'hui en France
18:05qui essayent de faire
18:05leur travail extrêmement correctement
18:07avec une loi
18:08qui n'est pas rédigée par eux,
18:10des injonctions contradictoires
18:11dans la politique pénale
18:12qui sont permanentes.
18:13Vous savez,
18:13quand vous avez un parquet,
18:15parce que la justice
18:16envers laquelle
18:19les Français
18:20expriment le plus
18:21leur défiance,
18:22c'est la justice correctionnelle
18:23ou pénale
18:23de tous les jours.
18:24C'est-à-dire
18:25le violeur qui ressort,
18:26le voleur
18:27qui au bout de la douzième fois
18:28ressort immédiatement.
18:29C'est cette justice-là
18:30qui provoque le plus de défiance.
18:31C'est pour ça que je disais
18:32la justice envers les hommes politiques
18:33pourrit la vie politique
18:34parce que,
18:35et Eliott le disait
18:36parfaitement bien,
18:37vous avez vos supporters
18:38qui hurlent à la justice politique
18:40et puis quand la même chose
18:41se passe pour l'adversaire politique,
18:43tout le monde trouve ça très normal.
18:45Mais enfin,
18:46il y en a eu plus à droite
18:47qu'à gauche.
18:48Il y en a eu,
18:49il y a eu aussi des personnalités.
18:50François Fillon
18:51qui n'a pas pu se...
18:52Non mais je suis d'accord.
18:53Là, François Fillon,
18:54typiquement,
18:55c'était le temps de la justice,
18:56le calendrier judiciaire
18:57et sa rapidité
18:58qui pouvaient être interrogés.
19:00Mais Jean-Luc Mélenchon
19:01a des affaires en cours
19:02et on verra
19:03comment se comporte la justice
19:04et quelle est la réponse
19:05qu'elle donne.
19:05C'est lent,
19:06c'est assez lent
19:07pour Jean-Luc Mélenchon.
19:08C'est lent,
19:09mais ça s'est déclenché plus tard.
19:10Enfin bon,
19:10c'est...
19:11Je ne vais pas aller...
19:14Je suis incapable,
19:15en tout cas,
19:16de vous dire là aujourd'hui,
19:16je n'ai pas de tableau Excel
19:17des différentes affaires
19:18qui sortent ici ou là.
19:19Il est certain aussi
19:20qu'il n'y a pas à droite
19:22la presse revancharde
19:23qu'il y a à gauche.
19:24Or,
19:24quand le parquet ouvre une enquête,
19:26c'est-à-dire que
19:26quand vous avez,
19:27par exemple,
19:27ce document qui sort,
19:29il est difficile pour le parquet
19:30de ne pas ouvrir d'enquête,
19:35culturellement,
19:35on va dire,
19:36la droite est moins revancharde
19:37et procureure par nature
19:38que ne peuvent l'être
19:39certaines personnes à gauche.
19:40Donc tout ça
19:41étant mêlé,
19:42en effet,
19:43ces dernières élections
19:44ont été très largement
19:45pour les électeurs de droite
19:47frappés par l'émission
19:49de la justice
19:49dans les calendriers politiques.
19:51C'est indisputable
19:51et c'est un vrai problème
19:52sur lequel
19:53il faudrait se pencher.
19:56Ça, c'est certain.
19:57Maintenant,
19:58sur la...
19:59Comment dire ?
20:00On disait
20:02la politisation des juges.
20:03C'est pour ça
20:03que je ne comprends pas
20:04pourquoi le politique
20:05ne s'attaque pas
20:06à stopper
20:07la violation permanente
20:09de l'impartialité
20:10ou au minimum
20:10même de façade
20:11à laquelle se livre
20:12en permanence
20:13le syndicat de la magistrature
20:14et qui retombe
20:16systématiquement
20:17sur l'ensemble
20:18des magistrats
20:18et parmi lesquels
20:20certains font leur travail
20:21et de manière franchement
20:22déterminée aussi
20:23avec le manque de moyens
20:24et les injonctions
20:25qu'on a dit.
20:25On précise,
20:25il note Maman,
20:26quand même que Nathalie Gavarino
20:28dont on parle beaucoup,
20:29évidemment,
20:30d'ailleurs,
20:30qui a subi des menaces de mort,
20:32Gérald Darmanin
20:33a montré sa grande sévérité
20:35envers ces menaces,
20:37n'est pas issue
20:38d'ailleurs
20:39du syndicat
20:39de la magistrature
20:40mais d'un syndicat
20:41plus modéré
20:42tout de même.
20:44C'est vrai
20:45qu'il faut le préciser
20:46pourtant,
20:47ça n'empêche pas
20:48en effet
20:48beaucoup de Français
20:49aujourd'hui
20:50d'être dans le doute
20:51de cette décision
20:52qui interroge beaucoup,
20:54y compris d'ailleurs
20:55jusqu'à la gauche.
20:56Éliott Maman.
20:57Oui, c'est vrai.
20:58On a en effet vu
20:59à part chez
21:00quelques représentants
21:01de la France Insoumise
21:02des réactions
21:03extrêmement modérées
21:04du côté des socialistes
21:06et de l'essentiel
21:08des responsables politiques
21:09y compris de gauche.
21:11Mais même chez les Républicains,
21:12il y a eu
21:12des souciens
21:13d'amitié
21:14sur l'ordre personnel
21:16mais pas tellement
21:17sur l'ordre.
21:18En effet,
21:18à la France Insoumise,
21:19il y en a beaucoup
21:19qui ont ricané
21:20parmi les députés
21:23ou les représentants
21:24mais Jean-Luc Mélenchon
21:25qui à mon avis
21:26se méfie quand même
21:27de ce qui pourrait arriver
21:28n'a pas réagi lui.
21:30Comme par hasard.
21:31Et évidemment
21:31dans ces circonstances-là
21:33l'idée selon laquelle
21:34il ne faut pas communiquer
21:35une décision de justice
21:36surtout lorsque l'on est
21:37soi-même élu
21:38est toujours une espèce
21:39d'excuse de façade
21:40qui est particulièrement
21:40appréciable
21:42et c'est vrai que
21:42ce qui est très important
21:44par rapport à toutes les notions
21:45que Charles Dornelas
21:46nous expliquait à l'instant
21:47c'est qu'on pourrait
21:48se retrouver à terme
21:49avec une exaspération telle
21:50que c'est l'intégralité
21:51du système
21:52de fonctionnement
21:53et de nomination
21:54au sein de la magistrature
21:55qui pourrait se voir bouleverser
21:56je ne sais pas
21:57dans quelle mesure
21:57ce serait véritablement
21:58une bonne nouvelle
21:59parce qu'on ne se rende pas compte
22:00à quel point on a en réalité
22:01un système qui a plus ou moins
22:03trouvé son équilibre en France
22:04on sait par exemple
22:05qu'une partie des Républicains
22:06pour le coup
22:06et ça préexiste absolument
22:07à la décision
22:08qui a concerné Nicolas Sarkozy
22:11cette semaine
22:11estime qu'il faudrait
22:12en venir à un système
22:14un peu à l'américaine
22:15où l'étiquette partisane
22:17des juges
22:17devrait être assumée
22:18et même
22:18c'est notamment une proposition
22:20qui est portée par Vincent Jambrun
22:22et même qu'il pourrait être élu
22:24à cet égard-là
22:25et je ne sais pas
22:25dans quelle mesure
22:26ne pas avancer masquer
22:26absolument
22:27mais je ne sais pas
22:28en réalité
22:28dans quelle mesure
22:29ce serait véritablement
22:30une voie de pacification
22:31de nos troupes judiciaires
22:35alors même que
22:35une part croissante
22:36de l'électorat
22:37estime déjà
22:38qu'il y a une idéologisation
22:39de la magistrature
22:40c'est vrai que parfois
22:41on veut combattre
22:42c'est ce qu'on dit régulièrement
22:43mais certaines solutions
22:45pourraient empirer
22:46en réalité le problème
22:47merci Elliot Maman
22:48merci Charlotte Dornelas
22:49on n'oublie pas évidemment
22:50le JDD demain
22:51avec cette interview
22:52Nicolas Sarkozy
22:53elle fait combien de pages ?
22:54à peu près
22:54trois pages
22:55ah c'est long
22:56allez merci Charlotte
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