- il y a 3 mois
216 millions d’individus devront subir des migrations climatiques d’ici 2050, selon la banque mondiale. Le chiffre est à prendre avec prudence, car il est difficile de définir ce qu’est une migration climatique. Mais ce qui est plus sûr est que ce phénomène aura un coût économique.
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00:00Générique
00:00...
00:04Notre débat sur les migrations climatiques,
00:09j'accueille Maëva Courtois, bonjour.
00:11Vous êtes la présidente fondatrice, co-fondatrice d'Elios,
00:15et puis en duplex, Marion Borderon,
00:17qui est enseignante chercheuse en géographie
00:19à l'Université de Vienne et co-fondatrice de ClimoHub.
00:23Bienvenue à vous aussi.
00:25On va démarrer avec vous, Maëva Courtois,
00:27pour nous présenter Elios,
00:28soit que vous l'avez créée en 2020,
00:30avec Julia Menaïa.
00:32C'est quoi Elios ?
00:33Tout à fait.
00:34Elios, on l'a lancée en 2020,
00:38d'un constat simple.
00:40Moi, je venais de la banque plus traditionnelle,
00:42je travaillais en finance de marché,
00:44et je me suis rendu compte
00:47que l'impact des financements des banques
00:50et des acteurs financiers
00:51avait un impact non pas que sur la valeur créée financière,
00:56mais également sur l'environnement.
00:58et donc le climat.
01:01Et donc, c'est assez frustrant de se rendre compte
01:02qu'on travaille dans un secteur qui peut agir.
01:05Qui est un vrai levier majeur.
01:07Qui est un des leviers majeurs, en tout cas,
01:10qui est nécessaire pour financer la transition écologique
01:12et du coup, voir des nouveaux acteurs se développer.
01:16Et de voir que ce secteur reste quand même assez lent,
01:20ne bouge pas suffisamment pour changer ses façons de financer.
01:24Et donc, j'ai décidé de lancer Elios avec la conviction
01:28qu'on pouvait proposer un nouvel acteur dans le secteur bancaire
01:31qui soit dédié au financement de la transition écologique
01:33et permettre aux Français et demain aux Européens
01:36d'utiliser leur argent
01:38pour permettre de développer les secteurs
01:42qui doivent se développer dans les prochaines années.
01:44Donc, l'agriculture durable, la mobilité bas carbone,
01:47les énergies renouvelables.
01:48Et on verra quel lien ça fait avec la thématique de notre débat
01:51sur les migrations climatiques.
01:52Marion Borderon, de quoi on parle d'ailleurs ?
01:55On comprend bien, j'associe les mots « migration climatique ».
01:59On l'a déjà évoqué évidemment plusieurs fois sur le plateau.
02:02Mais vous, vous définissez comment ces migrations ?
02:05C'est une excellente question et qui n'est pas si simple en fait.
02:10C'est vrai qu'on a tendance à parler de migration climatique.
02:12C'est vrai que c'est plus court, c'est plus percutant.
02:14D'un point de vue de recherche, on aurait une préférence
02:17pour parler par exemple de migration en lien
02:20avec l'environnement et le climat.
02:23Puisqu'en fait, c'est assez difficile d'extraire.
02:26Donc, l'idée d'une migration, sur une définition très simple,
02:29ce serait un déplacement du lieu de résidence
02:33de manière temporaire ou permanente.
02:37Et s'il y a, par exemple, traversée d'une frontière,
02:41on va parler de migration internationale
02:43ou de migration interne.
02:46Et donc, on imagine bien que si c'est lié
02:48à l'environnement ou au climat,
02:50on verra qu'on peut faire des distinctions,
02:53c'est qu'une des raisons, un des motifs peut-être majeurs
02:55du déplacement serait lié à, par exemple,
02:59une catastrophe naturelle ou climatique.
03:03Et on évalue, alors évidemment, ça doit être assez compliqué
03:07que d'ici 2050, il pourrait y avoir plus de 200 millions,
03:10216 millions d'êtres humains
03:12qui devront subir des migrations climatiques.
03:16Alors, intuitivement, je veux dire,
03:18c'est le continent africain qui sera le plus touché.
03:20Est-ce que c'est vrai ou pas ?
03:22Alors, il y a peut-être deux points.
03:25En effet, en fait, les zones qui sont vulnérables
03:28au changement climatique, dont le continent africain,
03:32sont des zones où on peut imaginer
03:33qu'elles seront les plus touchées en 2050.
03:36Mais en termes de volume,
03:39il reste quand même très difficile de donner des chiffres
03:41avec cette idée de se dire,
03:44comme c'est difficile à définir,
03:46c'est difficile à mesurer.
03:48Et donc, il y a cette idée de se dire
03:50qu'en fait, sur une catastrophe, par exemple,
03:53en fait, on va distinguer les événements,
03:55les catastrophes naturelles assez soudaines.
03:58On va parler, par exemple,
03:59on pourrait imaginer les inondations,
04:01où là, il est assez palpable
04:04de comprendre qui est déplacé
04:06et d'avoir un effet de comptage.
04:08Or, il y a aussi des éléments,
04:10des changements environnementaux
04:11qui se passent sur long terme
04:13et qui sont à progression lente.
04:16Et donc là, c'est beau,
04:16et qui vont éroder, par exemple,
04:18les moyens d'existence,
04:18les moyens de subsistance des populations.
04:21Et ça, c'est beaucoup plus difficile
04:22à prendre en compte et à comptabiliser.
04:25Oui, effectivement.
04:26Donc, ce chiffre, on va le prendre avec prudence,
04:29le chiffre que je donnais tout à l'heure.
04:31Et évidemment, ce sont les populations
04:33les plus fragiles qui sont touchées,
04:36prioritairement par ces dérèglements,
04:39ces phénomènes climatiques longs ou brutaux,
04:43et peut-être aussi par l'immigration.
04:44Pourquoi vous vous intéressez à ce sujet chez Helios ?
04:48Parce qu'aujourd'hui, c'est une priorité.
04:50La priorité, on ne rappelle pas les chiffres,
04:54mais ça fait plusieurs dizaines d'années
04:56que les scientifiques nous alertent
04:59sur le fait que le réchauffement climatique
05:01aura un impact assez catastrophique
05:04dans les prochaines années.
05:05Ce qui est assez compliqué, je pense,
05:07pour nous, individus,
05:09qui pensons plutôt à aujourd'hui
05:13et à demain à ces courts-moyens termes,
05:16c'est de visualiser
05:18et de pouvoir vraiment voir l'impact
05:20que ça pourrait engendrer
05:22sur nos modes de vie.
05:24Pour autant, c'est des changements
05:26qui sont très longs.
05:27Donc, c'est des changements
05:28qui doivent être faits maintenant,
05:30mais j'allais dire plutôt hier même.
05:31et les investissements qui doivent être réalisés
05:36pour développer les solutions de demain.
05:38Donc, les solutions, c'est juste une façon
05:40de revoir certains secteurs
05:41qui sont des secteurs polluants,
05:42qui se sont développés comme ça
05:44il y a plusieurs dizaines d'années
05:45parce qu'il y avait une raison
05:47et un besoin à ce moment-là.
05:48Et on se rend compte
05:49que ça a un impact vraiment nocif
05:52sur nos écosystèmes.
05:54Donc, notre responsabilité,
05:56en tant qu'agent économique,
05:58c'est de pouvoir participer à flécher
06:01le capital vers des solutions concrètes
06:03qui permettent de réduire
06:05justement l'impact négatif
06:08du réchauffement climatique.
06:11Et tous les enjeux,
06:12c'est de se rendre compte
06:14que le financement,
06:16c'est des coûts pour aujourd'hui.
06:18Les financements,
06:19ça paraît être un coût aujourd'hui,
06:21mais ça aura des impacts sur le futur.
06:23Oui, et puis le coût
06:24de l'inaction climatique,
06:25ça a déjà été modélisé,
06:27il est plus important
06:28que celui de l'action climatique.
06:30Est-ce que les banques centrales
06:32ont intégré cette dimension-là ?
06:34Est-ce que finalement,
06:35vous vous sentez quand même
06:36qu'il y a un mouvement
06:37derrière vous ou pas ?
06:39Pas tant que ça,
06:40vu votre réaction.
06:42Je pense qu'il y a un mouvement
06:44depuis au moins 5-6 ans,
06:47une envie de faire évoluer les choses,
06:50mais on se retrouve régulièrement
06:51vers des retours en arrière
06:53et quelques timidités,
06:57on va dire,
06:58en se focalisant sur ce qui se passe aujourd'hui.
07:01Donc il y a les enjeux aujourd'hui économiques
07:04qui sont plus présents aujourd'hui,
07:10nous invitent,
07:12et du coup,
07:13je pense que ce n'est pas la bonne chose,
07:15à remettre à encore de main
07:17les sujets environnementaux,
07:19là où effectivement,
07:21le coût de l'inaction climatique
07:22qui a été modélisé par les banques centrales
07:25et par les économistes,
07:27pour un degré d'augmentation des températures
07:30sur du long terme,
07:31ça coûterait 20% du PIB
07:34dans les prochaines années.
07:35Donc il y a un impact qui est connu,
07:38mais ce type de chiffre,
07:40ça paraît très loin.
07:42C'est un peu bien de aller loin.
07:45Je pense qu'il y a un besoin
07:47d'engager les citoyens
07:50et les écosystèmes,
07:52les banques,
07:53les acteurs financiers
07:55à prendre le devant.
07:57Et à flécher ces investissements.
07:59Et d'ailleurs,
07:59ça rejoint ce que vous défendez,
08:02je crois Marion Borderon,
08:04pour lutter contre ces migrations climatiques,
08:06vous parlez d'habitabilité.
08:08Alors je veux bien
08:09que vous nous expliquiez ce terme
08:10et puis ce que ça suppose
08:11en termes d'investissement justement.
08:15C'est vrai que là,
08:16j'entendais Maëva,
08:17le changement climatique,
08:19c'est vraiment,
08:19enfin les migrations en lien avec le climat,
08:22sont souvent présentées
08:22comme le visage humain
08:23des changements climatiques.
08:28Nous, on a développé,
08:30enfin on a investi
08:31dans ce concept de l'habitabilité
08:32dans le domaine justement
08:34des sciences sociales
08:35parce que ça permet en fait
08:36de mieux comprendre justement
08:38la dimension de la pluralité.
08:42Qu'est-ce que ça va impliquer en fait ?
08:44On a vraiment cette dimension-là,
08:45donc les populations,
08:46les dynamiques de population,
08:48donc qui peuvent être migration, mobilité,
08:52et puis le changement climatique.
08:54Donc on voit qu'est-ce que
08:55l'aggravation des émissions,
08:59qu'est-ce que ça provoque ?
09:01Et en fait,
09:01il y a vraiment cette dimension-là
09:03de le changement climatique en fait,
09:04on pourrait argumenter
09:05que ça ne crée pas
09:06une nouvelle catégorie de migration,
09:08mais en fait ça modifie,
09:09ça perturbe,
09:10éventuellement ça amplifie
09:11ou ça réduit
09:12le système des migrations existants
09:15et les flux.
09:16Et l'habitabilité,
09:18c'est de comprendre
09:18que l'environnement,
09:19ça va jouer un rôle,
09:21mais ça va au-delà.
09:23On a une dimension aussi,
09:24il y a la gouvernance,
09:26il y a la cohésion sociale,
09:28il y a l'investissement
09:29dans les infrastructures,
09:30et quand en fait on étudie cela
09:32et qu'on regarde
09:33nos différentes situations,
09:35donc cas d'études,
09:36on se rend compte en fait
09:37que c'est tous ces changements-là
09:40qui vont provoquer,
09:41qui vont induire
09:42des populations
09:43à migrer,
09:45à se déplacer
09:48ou au contraire,
09:50par exemple,
09:50à ne plus avoir
09:51cette capacité-là
09:52et à pratiquer des migrations,
09:56par exemple,
09:57des mobilités plus quotidiennes,
09:59etc.,
09:59pour tenter de survivre
10:02alors que leurs moyens d'existence
10:04ont donc été perturbés.
10:06Et donc vraiment,
10:06cet engagement-là
10:07nous permet de se dire
10:09oui,
10:10il y a dans l'imaginaire collectif
10:12cette idée
10:12des populations précaires
10:15déplacées
10:16au-delà de chez elles,
10:18mais ça va bien au-delà
10:19et on a,
10:21il y a aussi
10:22l'idée
10:23de rendre,
10:27je veux dire,
10:27malheureusement,
10:27cette dimension
10:28de la capacité
10:29de se dire
10:29qu'ils peuvent
10:30choisir de rester,
10:32de partir,
10:33dans quelles circonstances.
10:34Effectivement,
10:35mais ça suppose
10:36un certain nombre
10:36d'investissements
10:37pour s'adapter
10:38à ce changement climatique.
10:40Il y a quand même
10:40des chiffres
10:41qui sont malheureusement,
10:42on essaie d'être
10:43le plus positif possible ici,
10:45mais de temps en temps,
10:46en appelant par exemple
10:47c'est Rick Lame Ferryens
10:48qui nous l'a appris
10:49cette semaine,
10:49que les grandes banques
10:50financent toujours
10:51deux fois plus
10:51les énergies fossiles
10:52que le renouvelable.
10:54Bon, ça c'est malheureusement,
10:56vous, vous êtes là
10:57avec Elios,
10:57mais je parlais
10:58de mouvements de fonds,
11:00il y a un mouvement
11:01de fonds
11:01qui est réel,
11:03ça vous incite à,
11:04vous dites,
11:05super,
11:05finalement moi j'ai
11:06une niche,
11:08il faut qu'elle soit
11:09la plus grande possible,
11:10mais pour l'instant,
11:10voilà,
11:10on est quelques-uns
11:11à porter ces enjeux,
11:13ça vous rend
11:14plus unique
11:16ou désirable
11:18comme entreprise
11:18d'une certaine façon.
11:19Comment vous réagissez
11:20à ça ?
11:21Ou est-ce qu'au contraire,
11:22vous dites,
11:22si on était plus nombreux,
11:23on serait plus efficace,
11:25même Elios ?
11:26Alors,
11:27il y a plusieurs façons
11:29de bousculer
11:30des secteurs économiques
11:32par la réglementation,
11:35par ajouter des lois
11:37qui forcent et contraignent
11:38les entreprises
11:39à se transformer,
11:41et par la consommation
11:43et donc la concurrence.
11:45Et donc nous,
11:45on se place dans ce champ-là,
11:47c'est-à-dire en apportant
11:48une solution
11:49qui n'existe pas
11:50sur le marché
11:50avec Elios,
11:51on permet aux consommateurs
11:54de passer un message aussi
11:57par le biais
11:58de leur consommation,
11:59de se dire,
12:00moi,
12:00je ne veux plus
12:01que ma banque
12:02finance les énergies fossiles
12:03de manière aussi conséquente.
12:06Et donc,
12:07je choisis
12:08de changer de banque
12:10et de prendre
12:11un compte courant,
12:11une assurance vie
12:12chez un acteur
12:13comme Elios.
12:15Donc ça,
12:15je pense que c'est un point
12:16qui,
12:17tant qu'il n'y a pas
12:18de propositions
12:19et d'alternatives
12:20disponibles,
12:21comment est-ce que
12:21vous voulez que les gens
12:22puissent même imaginer
12:23qu'on peut faire
12:24les choses différemment ?
12:25Donc on avait aussi
12:25un enjeu d'éducation
12:26sur le sujet
12:27banque,
12:28environnement,
12:29quel est le lien ?
12:30Je pense qu'il y a
12:31beaucoup de choses
12:32qui ont évolué
12:33ces dernières années,
12:34c'est déjà un succès.
12:35Et maintenant,
12:36c'est comment effectivement
12:37on passe à l'échelle
12:38en allant concurrencer
12:40des acteurs
12:41plus gros
12:43et plus présents
12:44en France
12:44et en Europe.
12:45Et du coup,
12:46pour se dire,
12:47maintenant notre impact
12:48il n'est pas uniquement
12:50lié à l'engagement
12:52des engagés
12:53mais aussi
12:54aux gens
12:55qui ont envie
12:56d'agir pour demain
12:57mais qui n'ont pas
12:57la tête
12:58à y penser.
13:00Et c'est de là
13:01qu'on parle.
13:02Elios s'est rapproché
13:03d'un établissement
13:05de crédit
13:05qui s'appelle
13:06United
13:06qui est un établissement
13:08français
13:08donc spécialiste
13:09du crédit
13:10en France
13:11et présent en Europe
13:12et c'est l'occasion
13:13justement
13:14de merger
13:16nos compétences
13:17pour aller toucher
13:18plusieurs centaines
13:19de milliers
13:20et voire des millions
13:21de personnes
13:21dans les prochaines années
13:23et de se dire
13:24les gens
13:26cherchent
13:27des services
13:28et c'est à nous
13:29d'offrir aussi
13:30la gestion
13:32de l'argent
13:32c'est le rôle
13:32d'un acteur financier
13:34de faire les bons choix
13:35et de leur permettre
13:37de choisir
13:38la bonne institution.
13:39Merci beaucoup
13:40merci à toutes les deux
13:41et à bientôt
13:43sur Bsmart for Change
13:44on passe au grand entretien
13:45de ce Smart Impact
13:46tout de suite.
13:46Sous-titrage Société Radio-Canada
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