- il y a 3 mois
Ce mercredi 1er octobre, Hervé Uzan, vice-président du Groupe EMEA Sud chez Workday, Stéphanie Pauzat, présidente du Groupe Mileclair, et Alain Wilmouth, CEO 2CRSI région Grand Est, étaient les invités dans l'émission Pari ETI présentée par Patrice Bégay. Pari ETI est à voir ou écouter tous les mercredis et samedis sur BFM Business.
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00:00BFM Business fait le pari des entreprises de taille intermédiaire.
00:10Paris ETI avec Patrice Béguet.
00:13Paris ETI, l'émission qui vous donne la pêche, l'agnac sur les ETI.
00:17Pourquoi ? Parce que ces entreprises de taille intermédiaire créent beaucoup d'emplois,
00:21font vivre des familles dans tous nos territoires.
00:23Très heureux d'avoir trois invités formidables.
00:26Bienvenue à toi, Hervé Usan, vice-président Europe du Sud de Workday.
00:32Mais Workday, c'est pas le siège de ta part, San Francisco ?
00:35Oui, juste à côté de San Francisco, c'est une société américaine, un éditeur de logiciels,
00:40qui est une plateforme d'intelligence artificielle pour gérer les ressources humaines,
00:44la finance et les futurs agents digitaux.
00:47On en parle dans une seconde.
00:49En face de toi, Stéphanie Poza, présidente du groupe, Miquler.
00:53Alors, région Normandie, une région fabuleuse, avec des ETI formidables,
00:58dirigée par une femme remarquable également, Jeanne Lemoyne, le club des ETI.
01:03Toi, t'es basée à Caen, c'est bien ça ?
01:04Je suis basée à Caen, exactement.
01:06Mais on travaille sur toute la Normandie et sur Paris également.
01:09Mais le siège est à Caen.
01:10Bienvenue.
01:10Merci, bonjour à tous.
01:12Troisième invité, Alain Villemose.
01:14Alors toi, Alain, CEO d'une entreprise qui s'appelle 2CRSI.
01:20T'as pas fait de marketing ?
01:22Si, tout crazy en anglais.
01:24Ah, ben voilà !
01:26Donne-nous la signification.
01:27Conseil, conception, recherche et services informatiques.
01:30Toi, tu viens de Strasbourg, du Grand Est.
01:31Exactement.
01:32Tous les trois, vous êtes prêts ?
01:33On est prêts.
01:33On est prêts.
01:34Ils sont prêts, Paris ETI.
01:35Voilà, tu l'as dit, c'est parti !
01:37Allez, Hervé, Hervé Usan.
01:45Alors, Workday, cette plateforme, tu le disais, en introduction, d'intelligence artificielle
01:49dédiée à la gestion des talents, des finances et des agents intelligents.
01:55Workday aide les entreprises à révéler le potentiel humain, à décupler, on peut dire,
02:01la productivité, à accélérer leur transformation.
02:04Alors, c'est plus de 11 000 organisations, c'est ça ?
02:08À travers le monde, qui font confiance à ton entreprise.
02:1270 millions d'utilisateurs.
02:14Dans le monde.
02:14Dans le monde.
02:15Dont 2,4 en France.
02:162,4 millions en France.
02:17Exactement.
02:18Qui utilisent Workday tous les jours.
02:20Plusieurs fois par jour.
02:21Plusieurs fois par jour.
02:22Donc, tu es le vice-président Europe du Sud, où tu pilotes plusieurs choses.
02:27Tu peux nous en parler ? La stratégie de croissance ?
02:30Oui, alors je pilote l'Europe du Sud.
02:31Donc, l'Europe du Sud, c'est la France, pour nous, l'Italie, l'Espagne.
02:34Et le Portugal, comme tu le disais, on a 11 000 clients dans le monde, dont 4 400 en Europe.
02:41Et ça représente quoi pour Workday, cette partie-là, France et Europe ?
02:45En fait, 75% de notre chiffre d'affaires est réalisé dans le monde, et 25% est réalisé dans le reste du monde.
02:51Donc, une grande partie en Europe.
02:53Et un des plus gros leviers de croissance pour nous, c'est l'Europe.
02:56Et en particulier, je dirais même la France.
02:58Parce que le pays qui a cru le plus vite depuis 3 ans, c'est la France.
03:02Donc, on investit énormément en France, et en particulier dans le monde des ETI.
03:05Bon, l'IA, c'est un peu ton dada.
03:07L'IA bouleverse les métiers.
03:09Est-ce que tu ne penses pas qu'à un moment, on va tous finir par être déclassés ?
03:14Moi, je ne le pense pas.
03:16Pas du tout, même.
03:17Je pense que l'IA va aider les personnes à devenir plus fortes, à avoir plus d'impact dans leurs entreprises.
03:23Nous-mêmes, on a développé des agents d'IA, qui sont aujourd'hui disponibles sur le marché,
03:28qui aident les personnes à avoir plus d'impact.
03:31Par exemple, on a un agent dans le domaine du recrutement.
03:36Il y a une grosse entreprise américaine dans le domaine de la santé qui a réduit de 40% son temps de recrutement.
03:41Qui a recruté 1 000 personnes en 3 mois.
03:43Donc, pour moi, c'est plutôt un démultiplicateur que des personnes qui vont être déclassées.
03:49Et je pense même que dans le monde des ETI, c'est encore plus fort.
03:52On en parlait tout à l'heure avant l'émission.
03:56En fait, dans les ETI, on n'est pas beaucoup, beaucoup de personnes.
03:58Donc, il faut que chaque personne apporte un maximum.
04:01Et je pense sincèrement que l'IA peut aider à atteindre cet objectif.
04:05Toi, tu as récemment conclu un partenariat avec l'Université Technologique de Compiègne.
04:11Mais à la base, ta motivation là-dessus, ça a été quoi ?
04:16Et le fait d'être un ancien de cette école d'ingénieurs, je pense que ça a dû avoir une influence, non ?
04:21Oui, c'est vrai.
04:22Moi, j'ai eu mon diplôme d'ingénieur à l'UTC il y a un peu plus de 30 ans maintenant.
04:26Je ne suis pas tout jeune, malheureusement.
04:27Donc, un peu plus de 30 ans.
04:29Donc, c'est un diplôme d'ingénieur en informatique dont la spécialité est l'IA.
04:32Donc, il y a plus de 30 ans.
04:33C'est quand même sympa.
04:35Et donc, j'ai eu le plaisir de rencontrer la présidente de l'UTC et le président de la fondation.
04:40Et on a accroché.
04:41C'est une sorte de mariage d'amour, en fait.
04:43Et on a signé ce partenariat il y a environ six mois maintenant.
04:47Et l'objectif, c'est d'accompagner les étudiants, les mentorer, les faire venir dans nos locaux.
04:54Et aussi accompagner la chaire qui s'appelle SafeIA à l'UTC, dans le monde de l'intelligence artificielle aussi.
05:01Et en même temps, on commence aussi à accompagner des startups que supporte l'UTC,
05:07comme une startup qui s'appelle Ondbo, par exemple,
05:10qui a développé une technologie autour de l'intelligence artificielle émotionnelle.
05:14On peut en parler peut-être tout à l'heure.
05:15Et voilà, notre objectif, c'est d'investir en France de manière significative dans le monde académique et industriel.
05:22Sur ce plateau également, Stéphanie Posa.
05:24Alors, Stéphanie, c'est un groupe familial de 570 collaborateurs en Normandie.
05:31Et sur Paris, tu l'as précisé en introduction, labelliser RSE.
05:35Oui.
05:36Ton métier, c'est rendre tous les environnements propres, agréables et sains.
05:42Les bureaux, les halls d'immeubles.
05:45Tu peux nous détailler un petit peu tout ça ?
05:47En fait, notre métier, c'est vraiment ce qu'on appelle la propreté.
05:50Oui, mais j'ai envie de dire, parce que ça donne aussi du sens à nos collaborateurs sur le travail qu'ils font,
05:55c'est rendre beaucoup plus agréable l'environnement de travail, l'environnement médical, l'environnement de transport,
06:02et assurer aussi une hygiène.
06:04Parce qu'il ne faut pas oublier que par la propreté, on assure aussi l'hygiène.
06:07Et effectivement, on est présent sur la Normandie, où on réalise 6,5 millions de chiffres d'affaires,
06:13et on réalise 3 millions à peu près sur Paris.
06:14Avec une particularité sur Paris, on est très présent dans l'hôtellerie.
06:18On fait à peu près un million d'euros sur l'hôtellerie.
06:21Toi, tu as racheté l'entreprise de ton père, en janvier 2009, après 13 ans, dans le secteur bancaire.
06:28Après, tu étais banquière.
06:29J'étais banquière.
06:30On va dire ça comme ça, ce n'est pas très beau, mais personne n'est parfait.
06:34C'est un beau métier quand même, la banque.
06:35C'est un très beau métier, effectivement.
06:38Et souvent, les banquiers ont un avis sur les entrepreneurs aussi.
06:42Qu'est-ce que tu penses du regard actuel de notre société, dans laquelle on vit, sur les patrons ?
06:49Alors, c'est un sujet qui m'est très cher.
06:52Parce qu'en fait, quand on regarde les médias, quand on regarde, quand on a des échanges parfois avec les syndicats,
07:00avec toutes les organisations, quelles qu'elles soient, le patron, il est bon à tuer.
07:04On l'a dans le viseur et on n'a qu'une envie, c'est de se dire, il se fait de l'argent sur le dos d'eux, etc.
07:10Ce n'est pas vrai.
07:10Mais le patron d'entreprise, et notamment l'entreprise familiale, patrimoniale, on investit notre argent,
07:17on investit notre temps, on se porte caution et on prend tous les risques.
07:21On a le risque pénal tout le temps, 24 heures sur 24.
07:24Et ça, il ne faut pas l'oublier parce que c'est quand même la richesse de notre pays.
07:27Qu'est-ce qui crée la richesse et qui permet de financer tous les projets, de recruter dans notre pays ?
07:33C'est effectivement les entreprises, quelles qu'elles soient, les entreprises patrimoniales.
07:36Donc les patrons sont des gens, comme tout le monde, qui méritent aussi d'être bien traités.
07:42Qu'est-ce qui t'anime, toi, en tant que dirigeante ?
07:45Alors moi, ce qui m'anime en tant que dirigeante et ce qui me motive tous les matins, c'est les nouveaux projets.
07:50C'est de me dire comment je peux rendre mes collaborateurs meilleurs demain.
07:54Là, on parlait de l'IA.
07:55On est en train de voir comment on va pouvoir intégrer l'IA de façon efficace dans l'entreprise pour améliorer les conditions de travail.
08:01On a porté un projet sur l'expérience client parce que justement, on voulait se démarquer et être différent des autres.
08:09Et c'est vraiment tous ces projets-là qui m'animent.
08:11La RSE, j'en fais depuis 2010.
08:14On est labellisé RSE depuis 2015.
08:16On a démarré par une démarche développement durable.
08:18Ça aussi, c'était un projet très fort.
08:20Pourquoi ? Parce qu'on faisait beaucoup de RSE via l'humain, parce que c'est notre métier.
08:2480% de notre chiffre d'affaires, c'est de l'humain.
08:27Et on s'est dit, il faut aussi qu'on se mette sur l'environnement et on était assez précurseur.
08:31Donc, tous ces projets-là, ça m'anime.
08:33Justement, sur la RSE, que penses-tu aujourd'hui des obligations à RSE qui s'imposent aux entreprises, en fait, quelle que soit leur taille ?
08:40Alors ça, moi, je pense qu'on est obligés, on est bien conscients les uns les autres et on le voit par les canicules qu'on peut vivre
08:48et par les orages, les catastrophes naturelles, qu'on ne peut plus faire comme avant, on ne peut plus produire comme avant.
08:54Mais je crois que maintenant, les entreprises l'ont bien perçu et on est tous en train de revoir un peu nos business models et nos modes de fonctionnement.
09:01La seule chose, c'est qu'il y a de la temporalité à avoir parce qu'on peut avoir fait des investissements très forts et dont on ne peut pas se débarrasser tout de suite.
09:09Et là, on est en train de rendre la RSE qui, au départ, était très vertueuse, comme quelque chose de très normatif, qui coûte très cher aux entreprises
09:18et qui risque de mettre sur le côté de la route pas mal d'entreprises et notamment de TPE, PME.
09:24Il y a des enjeux importants actuels dans tes métiers. Quels sont-ils ?
09:29Alors les enjeux, notamment dans tous les métiers de main d'œuvre et notamment la propreté, un des plus gros enjeux, c'est notre business model qui est fortement remis en question.
09:37Pourquoi ? Parce qu'on a des hausses de masse salariale très conséquentes, des hausses de coûts de fournisseurs très conséquents.
09:43Il y a l'IA, il y a les investissements écologiques et à côté de ça, on a des prix de vente qui ont plutôt tendance à se stabiliser, voire à baisser,
09:50quand on était dans des gammes plutôt premium.
09:53Et donc, on s'aperçoit qu'à un moment donné, il faut repenser un peu tout ça.
09:58Il faut que toute la chaîne de valeur et notamment les donneurs d'ordre acceptent de payer la prestation au juste prix et notamment les marchés publics qui sont dans ce secteur-là très importants et qui montrent l'exemple.
10:11Et là, on a du mal. C'est ça l'enjeu avec la problématique des réductions Fillon qui sont un peu mises sur la sellette.
10:17Il ne faut pas oublier que les réductions Fillon, elles ont été mises pour compenser une hausse de travail dans notre secteur d'activité au moment des 35 heures qui représentaient 11,5%.
10:28Ce n'est pas un cadeau aux entreprises, contrairement à ce qui est dit tout le temps.
10:32Et donc, si on veut maintenir, on a 150 000 emplois menacés dans la propreté.
10:36Si on veut maintenir ces secteurs d'activité, il faut penser.
10:40Donc, voilà l'enjeu majeur.
10:41Mais il n'y a pas que ça.
10:42L'IA, les compétences, le management.
10:44On va en parler dans le débat.
10:45On passe de la Normandie et on va dans le Grand Est à Strasbourg avec toi, mon cher Alain.
10:52Alain Billemouth, le CEO de 2CRSI.
10:57Tu fondes cette belle entreprise en 2005.
11:01Même un tout petit peu plus que 20 ans.
11:03Ah bon !
11:03Tu défends une vision de l'innovation technologique au service de la performance énergétique et de la sobriété numérique.
11:12En fait, tu es un fabricant.
11:13Tu es un fabricant français de serveurs informatiques ultra performants, éco-énergétiques, conçus pour les data centers, le cloud, l'IA, on en parlait, et le calcul hot performance.
11:28Tes clients, c'est qui ?
11:29C'est la recherche, c'est les gens du cloud, c'est les gens de la défense, c'est les industries.
11:34Et depuis 20 ans, un peu plus, comme tu le disais, avec des serveurs à haute performance, qu'est-ce qui explique aujourd'hui les succès de tes serveurs ?
11:47Alors, c'est vrai que 2CRSI, on l'a créé avec mon frère il y a 20 ans.
11:51D'abord pour servir une ambition d'un industriel français qui est Dassault Aviation, qui avait un bel avion qui s'appelle Rafale à vendre.
11:58Et nous, avec notre modeste compétence accumulée depuis les années 90, on a réussi à leur fabriquer des simulateurs de vol très performants et à un coût raisonnable.
12:10C'est vrai que Dassault Aviation, une de leurs filiales, nous a emmenés depuis 20 ans.
12:15Et on a encore 9 ans de contrat devant nous, donc ça fera 29 ans de contrat au total.
12:18Et c'est, je pense, un peu la rigueur de l'Est de la France.
12:23Je vais défendre l'Est de la France.
12:25Qui est une très belle région.
12:27Je ne peux pas dire que l'Alsace est en Lorrain moi-même.
12:30On a une rigueur, je pense, dans la production, dans la gestion des dossiers.
12:35Aujourd'hui, on s'est étendu dans le monde entier.
12:37On vient de faire une annonce très importante.
12:40Tu parlais de RSE.
12:42Donc, nous, on va défendre aujourd'hui des data centers, non pas n'importe lesquels,
12:45mais des IA, gigafactories auprès de l'Union Européenne,
12:49donc sur des milliards d'euros d'investissement.
12:51Et on va développer en Europe le premier site en carbone négatif.
12:55Alors, il y a un sujet important, ce contrat.
12:58Ce grand contrat de 610 millions, il faut le dire, et on peut te féliciter,
13:04de dollars américains que tu as obtenus aux États-Unis.
13:07Ça marque un tournant dans une entreprise.
13:09Tout à fait.
13:10Vers des infrastructures à faible valeur, empreinte carbone à grande échelle.
13:14Tu peux nous en dire deux mots ?
13:16Justement, c'est le départ de ce contrat que je viens de parler,
13:20de cet appel d'offres à l'Union Européenne auquel on a répondu.
13:23En fait, depuis deux ans à peu près aux États-Unis,
13:25on aide notre client, qui nous a déjà donné 610 millions de dollars de commandes,
13:30sur un volume global de 40 milliards.
13:33Donc, ça reste une petite proportion pour l'instant.
13:36Mais on l'a aidé à passer l'étape d'être un pollueur, un dépollueur.
13:42C'est vrai que souvent, en Europe, on dit que les Américains sont des grands pollueurs.
13:45Ce qu'on oublie de dire, c'est que ce sont les premiers investisseurs aujourd'hui dans la dépollution,
13:50ce sont les premiers acheteurs de crédits carbone dans le monde,
13:52contrairement à tout ce que l'Europe peut croire.
13:54Par contre, ce sont des crédits carbone volontaires, ce ne sont pas des mesures d'État.
13:58Tout à l'heure, ta question à propos de ce qu'on peut faire,
14:02il y a vraiment une certitude aujourd'hui, il faut que l'État foute la paix aux ETI.
14:06Je ne veux pas faire de politique, mais réellement, il faut qu'aujourd'hui l'État puisse comprendre
14:10que les ETI, les grands groupes, sont capables aujourd'hui de défendre des modèles vertueux d'économie
14:16qui ne sont pas uniquement orientés vers le profit.
14:19Les patrons ne sont pas tous des salauds.
14:21La réalité, c'est qu'on bosse tous énormément.
14:24Moi, j'ai fait une introduction en bourse en 2018.
14:26Je me bats tous les jours.
14:28Mon salaire n'a pas progressé d'un centime depuis 2018.
14:30Et il était déjà le même depuis 2012.
14:33Peut-être confortable aux yeux de certains.
14:34Par contre, je travaille 80 à 90 heures toutes les semaines.
14:37Et je pense que, raisonnablement, aujourd'hui, si on veut faire quelque chose pour faire progresser la cause ETI,
14:43il faut qu'on arrête les guéguerres des ministères qui nous polluent la vie.
14:46Entre le CIR, par exemple, le Crédit d'impôt recherche, ou parce qu'on passe de PME à ETI,
14:50on nous dit « Ah, ce n'est pas mon service, il faut aller voir l'autre ».
14:52L'autre, il vous dit « Nous, ça fait depuis 2018 qu'on attend un remboursement du CIR, on est en 2025. »
14:58Voilà.
14:59On a payé plus d'intérêt à la BPI pour le préfinancement que le montant du CIR.
15:02C'est un truc de fou.
15:03C'est moins rapide à rembourser.
15:06Ce n'est pas encore le débat, mais ce n'est pas encore le débat.
15:10Non, mais réellement, bougeons les choses.
15:12On est des ETI, et c'est vrai que les clubs ETI font énormément aujourd'hui pour la discussion entre eux.
15:17Moi, j'adore ça parce que ça nous permet de nous rencontrer entre nous,
15:20au lieu de rester cloisonnés au sein de nos entreprises, d'échanger.
15:23Là, juste dans l'avant-scène ici, on a déjà pu échanger, etc., des idées, des potentiels de business éventuels.
15:31Je suis heureux d'entendre tout le monde de l'IA.
15:33Ce que je suis juste malheureux, c'est que tout le monde parle d'IA, mais tout le monde va acheter de l'IA américaine.
15:38Le seul problème, c'est que vous n'êtes pas encore client de Workday tous les deux, et il faut que ça change.
15:41Alors, toi, avec 90% de ton chiffre d'affaires quand même à l'export, il y a plein d'entreprises qui rêveraient de te ressembler.
15:51Pourquoi tu ne vends pas plus en France ?
15:55Pas de politique.
15:57Quand on parle d'export, nous, on fait du made in local.
16:00Ça, ça a été mon argument depuis 20 ans.
16:02On ne cherche pas à faire comme les Chinois ont pu le faire, une usine en Chine, et je vends partout dans le monde.
16:06Nous, aujourd'hui, on a décidé de fabriquer localement.
16:09Aujourd'hui, on est en train de transformer une usine en Inde, à Chine, pour servir le marché indien, qui est fantastique.
16:15On a une usine aux États-Unis.
16:17On a aujourd'hui un centre de recherche-développement et une usine en Angleterre.
16:21On a une usine à Strasbourg.
16:23Et on va continuer ce développement.
16:25Là, je parle en Australie, je suis aux États-Unis après.
16:27Mais c'est ça qui fait le succès.
16:28C'est le voyage, c'est le déplacement.
16:30Si on reste au fin fond de la France, jamais on vendra ailleurs.
16:32C'est le multiculturalisme.
16:33C'est accepter que les autres sont différents.
16:37Utiliser les gens pour leur qualité.
16:38Je dis bien les utiliser.
16:39Je sais que ça peut choquer les gens.
16:41Mais un Américain n'est pas câblé comme un Français.
16:44Un Américain, il est monotache.
16:45Un Français, sa qualité, c'est l'innovation.
16:48Si vous prenez aujourd'hui un Chinois, il est très bon dans la production.
16:52C'est ça qu'il faut faire.
16:54C'est reconnaître les différences chez les autres.
16:57Et utiliser ces différences pour enrichir l'ensemble de l'entreprise au niveau mondial.
17:02C'est vraiment ça.
17:03Vous l'avez vu sur ce plateau.
17:04Vous l'avez entendu à la radio.
17:06Le débat a failli commencer.
17:08C'est maintenant le moment.
17:09Alors, je ne vais même pas vous poser la question si vous êtes prêts pour le débat.
17:12Yes !
17:13On y va !
17:15Paris ETI, le débat, c'est parti, tu viens de le dire.
17:18Paris ETI sur BFM Business.
17:21Bon, à chacun d'entre vous, c'est quoi votre ambition ?
17:28Tu parlais tout à l'heure de tes parents, de l'entreprise familiale, tout ça.
17:30C'est grandir, transmettre ou les deux ?
17:33Alors nous, on a déjà beaucoup grandi.
17:35Puisque je suis passée de 38 collaborateurs à 570.
17:38D'un million trois à dix millions et demi de chiffre d'affaires.
17:41Sur de la main d'oeuvre, c'est déjà énorme.
17:44Mon ambition, c'est de continuer à structurer l'entreprise.
17:47Pourquoi pas continuer effectivement la croissance, mais plutôt la croissance organique ?
17:53Parce qu'on s'est développé dans une période très très courte.
17:57Et la difficulté, ça a été de recréer une culture commune auprès des collaborateurs.
18:03Parce qu'on a racheté des entreprises, six entreprises en l'espace de dix ans.
18:07Et donc, il a fallu recréer une culture commune, ce qui n'était pas forcément facile.
18:10Donc, c'est plutôt ça.
18:11Je ne suis pas du tout pour le moment dans la transmission.
18:14De ton côté, Alain.
18:15Alors, patrimonialement ?
18:18Les deux.
18:20Moi, la réalité de mon ambition, c'est aujourd'hui de faire accepter la réalité de l'IA,
18:24la réalité du data center au sein de la société.
18:26C'est-à-dire de ne pas considérer qu'un data center est de l'IA.
18:29C'est juste un bloc de béton avec des machines qui tournent à l'intérieur.
18:31Mais c'est de faire rentrer le monde de l'agriculture dans l'IA.
18:34Pas comme utilisateur.
18:36Mais aujourd'hui, on a un projet où on va pouvoir verser 100 millions d'euros par an au monde agricole européen
18:42pour essayer de faire revivre une agriculture qui est moribonde en France.
18:47Mais pas que l'agriculture.
18:48On a plein de métiers comme ça.
18:49Par exemple, le monde du ménage, que je connais un tout petit peu parce que je travaille sur des projets en Arabie Saoudite aujourd'hui,
18:54pour robotiser le monde du ménage.
18:56Ça va être un grand tournant.
18:58Ce n'est pas l'IA dont on parle.
18:59L'IA, c'est le début.
19:00La réalité, c'est le robot.
19:01Je pense que tu as déjà vu des démonstrateurs d'un certain fabricant de voitures.
19:06Bon, ça fait peur.
19:07Je suppose que à ta place, ça doit faire peur.
19:09Non, ça ne me fait pas peur.
19:12Je dirais même que des fois, après, il y aura des changements de compétences dans l'entreprise.
19:16Moi, l'IA, aujourd'hui, je la vois sur les fonctions support pour soulager, apporter une meilleure qualité de travail au niveau des collaborateurs.
19:23Et effectivement, la robotisation, ça fait déjà des années qu'on commence à l'introduire dans nos métiers.
19:28Après, je pense que ça a été fortement ralenti parce que la propreté permettait d'embaucher des collaborateurs,
19:37des personnes très éloignées de l'emploi.
19:40Et je pense que pendant des années, il y a eu un ralentissement de la robotisation.
19:43Je suis allée à Las Vegas il y a un an et demi pour accompagner une délégation de dirigeants dans le cadre d'un mandat.
19:48J'ai vu effectivement des choses incroyables.
19:50Et je me suis dit, mais demain, nos métiers vont être fortement impactés et vont changer.
19:57Je pense qu'il y a encore du temps.
19:59Ça nécessite aussi, il y a tout le transfert des compétences.
20:01C'est-à-dire que demain, ça ne sera plus des agents d'entretien, ça va être des techniciens.
20:05Et tout ça, il faut qu'on le pense tous ensemble.
20:07On est dans un débat, donc on va débattre.
20:08Nous, aujourd'hui, à Neom, c'est la nouvelle ville qui va sortir du désert.
20:12On va installer dans chaque bâtiment un micro-datacenter de telle façon que les robots...
20:17Parce que la problématique de la robot, c'est la capacité du nombre de puces produites sur la planète.
20:21Si aujourd'hui, on devait mettre à la place de chaque personne plusieurs robots,
20:24on n'a pas la capacité de production avant des dizaines d'années.
20:27Donc, notre idée à nous aujourd'hui, c'est de mettre des micro-datacenters à proximité
20:30pour éviter les interruptions de cloud ou de choses comme ça qu'on a discuté tout à l'heure.
20:35Et d'avoir ces robots qui ont uniquement une puce d'entrée-sortie
20:39et qui vont communiquer avec des machines et les robots vont pouvoir travailler.
20:41À Neom, ils ont prévu, par exemple, dès le départ, aucun hébergement pour du personnel de ménage.
20:47Pour une ville de 10 millions d'habitants sans personnel de ménage,
20:50vous comprenez que ça pose un problème.
20:51Bien sûr. Dans ce match-là qu'on voit très intéressant entre Stéphanie et Alain,
20:55tu as un mot à dire, Auré ?
20:56En tout cas, sur l'ambition, je peux répondre à ta question.
21:00Sur le mot d'ambition pour Workday, je dirais, en particulier en France,
21:03parce qu'on est en France, aujourd'hui, 65% de notre business est sur les ETI.
21:08Je l'ai dit tout à l'heure, on a beaucoup de clients qu'on a fait grandir.
21:11On a des clients comme Doctolib, comme BasicFit, comme Clasquin en Région-Rhône-Alpes, etc.
21:16Donc, on a eu des clients tout petits au début et qu'on a fait accélérer avec nos technologies.
21:21Et mon ambition, c'est de continuer à faire accélérer ces entreprises grâce à ces technologies,
21:28grâce aussi à nos agents d'IA dont on a parlé tout à l'heure.
21:30On parle souvent d'éducation, on parle des métiers tout à l'heure,
21:32les métiers qui sont en train de changer de ça.
21:33L'éducation, c'est fondamental.
21:35Tout à l'heure.
21:35On le voit.
21:36Les ETI et l'école, comment on peut les rapprocher ?
21:41Alors là, c'est un vrai sujet.
21:45C'est un vrai sujet.
21:47Il y a quand même un...
21:48Alors, nous, dans la propreté, comme ce n'est pas des métiers qui donnent envie,
21:52on n'arrive pas dans la propreté par passion.
21:54On arrive souvent par dépit parce qu'on n'a pas réussi à faire autre chose
21:57ou parce qu'on n'a pas trouvé son stage pour les fonctions support et on rentre.
22:00Une fois qu'on est dedans, souvent les gens, notamment y compris sur les fonctions support,
22:06mais y compris comme agents, ils trouvent que c'est un beau métier.
22:08En plus, c'est une possibilité d'évoluer.
22:10Mais aujourd'hui, nous, on rencontre par exemple une vraie difficulté
22:13à créer du lien avec des collèges, des lycées,
22:16pour nous envoyer des stagiaires pour qu'ils puissent découvrir les métiers.
22:19C'est un vrai sujet.
22:21Nous, de notre côté, évidemment, nos métiers font un peu rêver.
22:24Malheureusement, ils font tellement rêver que les gens se trompent de cible.
22:28Et moi, aujourd'hui, je déconseillerais à plein d'enfants aujourd'hui
22:32de devenir développeur informatique.
22:34C'est des métiers qui, lorsqu'ils auront fini leur formation, vont disparaître.
22:37Par contre, devenir un analyste, devenir un concepteur,
22:40devenir un innovateur, c'est bien plus intéressant.
22:43Et ça, je pense que c'est un peu dans n'importe quel métier.
22:45Il faut que l'éducation arrive à changer.
22:47On n'a jamais su apprendre les langues en France.
22:49Moi, j'en ai fait les frais pendant très longtemps.
22:50On a reçu ici le patron d'IBS, International Bilingual School,
22:55où dès la maternelle, les enfants parlent anglais.
22:58Après, être entre développeur et innovant, ce ne sont pas les mêmes compétences.
23:02C'est ça qui n'est pas évident aussi.
23:04Mais les compétences s'acquiert.
23:05Moi, je trouve que l'école devrait arrêter de faire de l'apprentissage de masse.
23:10Et c'est ça que l'IA ou l'informatique, d'une manière générale, sera capable de faire.
23:13Il devrait faire chercher, justement, non pas les compétences innées,
23:18parce que c'est là, c'est chacun qui se les trouve soi-même,
23:21mais être capable de donner un projet à un enfant, à un adolescent,
23:25qu'il puisse accepter lui-même et arrêter de faire rêver.
23:29Les langues aujourd'hui, par exemple, le problème des langues,
23:30pardon, je suis heureux d'apprendre que les gens vont apprendre la maternelle,
23:33mais le Luxembourg est un très bon exemple,
23:36puisqu'on obligeait tous les enfants à apprendre trois langues dès le départ.
23:39Ils sont revenus en arrière parce qu'il y a un vrai problème de repère des gens.
23:45Demain, c'est dans quelques mois, on n'aura plus besoin de parler une autre langue.
23:50Je vous le dis, on n'a plus besoin.
23:51Aujourd'hui, moi, ça fait déjà cinq ans que j'ai testé des outils
23:54dans un grand moteur de recherche américain en Silicon Valley,
23:57où on parle de manière naturelle et la voix est transférée pour les autres personnes en face.
24:03C'est juste une histoire de practicité.
24:05Meta vient de lancer des lunettes qui traduisent automatiquement.
24:08Bon, c'est des vrais outils qui vont sortir.
24:10Est-ce qu'on a besoin de savoir trois mots ? Bien sûr que oui.
24:13Mais d'être parfait dans une langue, à part pour les trajectoires.
24:17Puis on voit qu'il y a un problème de réactivité, de prise en compte des innovations.
24:21On parle de l'IA.
24:22Aujourd'hui, les cursus de formation, que ce soit de la formation continue
24:26ou de la formation initiale, n'intègrent pas l'intelligence artificielle.
24:32Et combien de temps il va falloir pour dire, on met de l'intelligence artificielle,
24:36on le fait comment ? Pour changer les référentiels de formation.
24:39Il y a un manque de réactivité, en fait.
24:40On le voit chez nos clients, en fait.
24:42Pas mal de nos clients, maintenant, commencent à investir dans l'IA,
24:45surtout pour du recrutement, ou la gestion de contrats de manière automatisée.
24:50Mais il y en a assez peu, finalement, aujourd'hui.
24:52Et il y en a d'autres qui attendent, peut-être un an, deux ans, trois ans,
24:55parce qu'ils ne sont pas encore prêts, en fait.
24:56C'était le mot de la fin. Ah non, tu veux dire le mot de la fin ?
24:58Oui, je voulais juste dire.
24:59Et même dans la formation des personnels au sein des boîtes,
25:02il y a... Alors, l'IA, on peut l'avoir de différentes manières,
25:04mais même en dehors de l'IA, je trouve que même,
25:06il manque de la formation interne dans les entreprises moins formalisée.
25:09C'était passionnant, tous les trois.
25:12Stéphanie, Alain, Hervé.
25:14Merci également à toutes les équipes qui nous permettent de faire cette émission chaque semaine.
25:19Merci à Camille pour la production, à la réalisation.
25:21Céline qui était avec nous, Thomas, toute l'équipe qui est là,
25:27qui est sur le terrain, Brian, Arthur, etc.
25:30Voilà, vous faites un travail formidable.
25:32Il faut le dire, les techniciens, c'est aussi la vie, la vie de tous les jours.
25:36Et c'est la vie de Paris ETI.
25:37Merci, à très bientôt.
25:38Ciao.
25:38Merci.
25:39Au revoir.
25:39BFM Business fait le pari des entreprises de taille intermédiaire.
25:51Paris ETI avec Patrice Bébé.
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