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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00A 19h, ravi de vous retrouver en cette journée historique.
00:04On commence par les infos avec Augustin Donadieu.
00:07Bonsoir Christine, bonsoir à tous.
00:09Ultime rebondissement dans cette journée politique historique.
00:13Emmanuel Macron a demandé à Sébastien Lecornu,
00:15désormais en charge des affaires courantes,
00:17de mener d'ici à mercredi soir d'ultimes négociations
00:20afin de définir, je cite,
00:22une plateforme d'action et de stabilité pour le pays,
00:25autrement dit négocier avec les partis politiques.
00:27Demande acceptée par le Premier ministre démissionnaire,
00:30je dirais au chef de l'État mercredi soir si cela est possible ou non,
00:33pour qu'il puisse en tirer toutes les conclusions qui s'imposent,
00:36a-t-il écrit sur X.
00:38L'instabilité politique y compris au sommet de l'Europe.
00:41La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,
00:45ciblée par deux motions de censure,
00:46a appelé aujourd'hui les députés européens à l'unité.
00:49Elle les avertit que toute division serait, je cite, exploitée.
00:53Soumise au vote jeudi, ces motions déposées par l'ultra-gauche et l'extrême droite
00:56n'ont quasiment aucune chance de faire tomber la dirigeante.
01:00Et plusieurs centaines d'étudiants ont manifesté dans les rues de la capitale malgache.
01:05Depuis le 25 septembre dernier,
01:06Madagascar fait face à un mouvement de protestation
01:09qui dénonçait au départ les coupures incessantes d'eau et d'électricité.
01:12Un mouvement qui s'est ensuite mué contre le pouvoir en place
01:14et notamment contre le chef de l'État.
01:16Merci beaucoup mon cher Augustin.
01:19Et au sommaire ce soir,
01:22qui joue avec la France ?
01:24Qui joue avec nos institutions ?
01:25Qui joue avec les Français ?
01:27Emmanuel Macron demande à Sébastien Lecornu de mener d'ultimes négociations
01:31d'ici mercredi pour retrouver une stabilité.
01:33Le président ne s'adresse pas aux Français,
01:35il est plongé dans le silence quand tout s'effondre autour de lui.
01:39Sébastien Lecornu a démissionné ce matin,
01:41mais Emmanuel Macron l'a missionné ce soir.
01:43Les appels à la démission montent à la démission du président de la République.
01:47La destitution plane.
01:48Les Français piaffent la science et sont affligés.
01:51Le chef de l'État prendrait ses responsabilités en cas de nouvel échec.
01:56Apprend-on ce soir ?
01:58Emmanuel Macron jette-il la montre ?
02:00Est-ce du déni ?
02:01La fin de la présidence Macron.
02:02L'édito de Mathieu Bocquete.
02:05Pour contrer la polémique engendrée par sa nomination,
02:09le ministre des Armées démissionnaire Bruno Le Maire
02:11a proposé à Emmanuel Macron de se retirer du gouvernement sans délai ?
02:17Coup de projecteur sur Bruno Le Maire ce soir.
02:19L'homme par qui le scandale est arrivé ?
02:21Est-il le symbole de l'épuisement du système ?
02:24De la déconnexion des élites ?
02:26De la parole non tenue ?
02:27Lui qui déclarait ne plus faire de politique il y a quelques jours.
02:30Lui qui a été le plus long ministre de l'économie de la Vème République.
02:34Huit ans au ministère de l'économie.
02:36Pendant que la dette explose et que le pays s'effondre,
02:40est-il le symbole de la faillite d'un modèle ?
02:44L'analyse de Gabriel Cluzel.
02:47Nous sortirons de l'immédiateté et regardons un peu le contexte général de la France ce soir.
02:51A quoi ressemble notre pays ?
02:53Au niveau politique, c'est le gouvernement le plus éphémère de la Vème République.
02:57Pas de majorité, pas de gouvernement, pas de Premier ministre.
03:00Au niveau économique, une dette record, un déficit record, des taxes record.
03:04Au niveau judiciaire, des décisions inédites avec un ancien président que l'on envoie en prison.
03:09Et la favorite de la présidentielle rendue inéligible pour l'instant.
03:13Au niveau sociétal, une immigration record, des actes antisémites, anti-chrétiens record.
03:18Une insécurité grandissante.
03:19Bref, une société à vif, le regard de Marc Menon.
03:22Les élites débattent, les gouvernements tombent, les institutions vacillent.
03:27Mais qui pense encore aux Français ?
03:29A leur quotidien ?
03:31Sécurité, pouvoir d'achat, école, santé.
03:33La politique s'est-elle coupée du réel ?
03:36Le peuple a-t-il cessé d'être au centre de la démocratie française ?
03:40Dans cette crise du pouvoir, où est passé le peuple ?
03:42Faut-il rendre la parole au peuple ?
03:44Le décryptage de Charlotte Dornelas.
03:47Le PS appelle de son côté à nommer un Premier ministre de gauche.
03:51Même s'ils sont à moins de 70 députés à l'Assemblée nationale,
03:55il faut éviter l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir.
03:58Toujours selon le PS.
04:00Jean-Luc Mélenchon, de son côté, invite à un regroupement de la gauche.
04:04Le leader de la France insoumise propose aux autres parties de la gauche
04:08de discuter d'une stratégie commune et reparlent même du NFP.
04:11Tenez-vous bien, la gauche peut-elle arriver au pouvoir ?
04:14L'édito de Mathieu Bocoté.
04:16Et puis nous resterons connectés avec le terrain, avec nos envoyés spéciaux.
04:21Félix Pérolas et Manon Valdaro à l'Élysée.
04:25Nous verrons avec eux ce qui s'est passé sur place avec Sébastien Lecornu,
04:28qui est retourné à l'Élysée après sa démission.
04:30Et puis nous irons avec Donia Tengour et Laurent Ossé-Larier à l'Assemblée nationale.
04:35Nous verrons avec eux la position de chaque parti politique ce soir,
04:37notamment l'ERN qui a tenu une réunion à l'Assemblée il y a quelques instants.
04:42Édition spéciale ce soir, dans une France en crise politique et institutionnelle.
04:46Une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire et sans tabou.
04:49La Vème République connaît-elle ces derniers jours ?
05:09À moins que ce ne soit simplement le cas de la présidence d'Emmanuel Macron.
05:15Que s'est-il passé depuis hier ? Peut-on y comprendre quelque chose ?
05:21Mathieu Bocoté, je vous lance ces questions.
05:23Alors, regardons l'actualité, j'hésite.
05:25Est-ce que c'est un drame ? Est-ce que c'est une farce ?
05:28Je ne sais pas exactement.
05:29J'hésite d'ailleurs, me tournant vers la musique ou encore envers le cinéma
05:32pour chercher à nommer les présences d'événements.
05:34Quand ce matin, j'ai vu Sébastien Lecornu quitter,
05:38qui sera le premier ministre, je me suis dit « Au suivant ! »
05:41Et ensuite, quand j'ai compris qu'il serait renommé, peut-être pour une nuit ou deux,
05:46je me suis dit « One more night ! »
05:48Mais vous comprenez l'idée.
05:51Je commence avec Autograve, essayez, vous vous faites souver.
05:54Je ne peux rien.
05:54Ça fait du bien.
05:55À ce niveau de nullité, pas lui spécialement, mais tous ensemble,
05:59ça mérite quelquefois de belles chansons.
06:02Alors, cela dit, on est effectivement devant une scène un peu étrange
06:05où tout devient loufoque.
06:07Tout devient loufoque.
06:08C'est-à-dire, on cherche à décrire ces événements avec un ton grave
06:11et on a raison de le faire parce que ce qui se passe est grave pour le pays.
06:15C'est grave pour la France.
06:16Mais au même moment, on a rarement vu une classe politique
06:20se tourner en ridicule avec autant d'ardeur,
06:23quels qu'en soient les membres d'ailleurs.
06:24Alors, rappelons-nous les événements, parce que dans la journée, ça a changé.
06:27Début de journée, Sébastien Lecornu, au terme d'une nuit tumultueuse
06:32avec les LR qui finalement décident de le larguer
06:34parce qu'ils se sentent trahis, parce qu'on aurait caché quelque chose.
06:37Est-ce que je parle d'un film d'amour ici ?
06:39Non, pas du tout.
06:40Je parle d'un film politique.
06:41Donc, globalement, Lecornu dit ce matin
06:43« Je ne peux pas exercer mes responsabilités. Je quitte. »
06:47C'est terrible parce que c'est quand même le premier ministre
06:49qui a eu le moins, le mandat le plus court de l'histoire de la Ve République.
06:53C'est à la fois historique et, encore une fois, c'est comique.
06:57Il nous dit, au moment de son discours de démission ce matin,
07:01« On n'a pas compris l'ampleur de la rupture que je proposais.
07:03Vous n'avez pas compris à quel point ma rupture était forte et grosse. »
07:06Et ma rupture, ma grosse rupture, qu'est-ce que c'était ?
07:09C'était le 49-3 auquel je renonçais.
07:11Renonçant au 49-3, donc consentant à me dépouiller de mes derniers pouvoirs
07:16pour tout remettre à une assemblée par ailleurs ingouvernable,
07:19les partis n'ont pas compris à quel point j'étais un révolutionnaire.
07:22Donc, regardant cela, Lecornu, qui est un homme honorable,
07:24dans la question n'est pas là,
07:25il faisait un peu pitié quand même dans son discours de départ.
07:28S'ajoute à cela, ne l'oublions pas, les LR.
07:31Les LR qui rentrent au gouvernement,
07:33en fait, qui ont comme principal souci de rester au gouvernement,
07:35mais qui en ressortent sur le mode, je l'ai dit,
07:37« On m'a trahi, on m'a trompé, on m'a caché les choses.
07:40Comment osez-vous ? »
07:41Et qu'a-t-on caché dans les circonstances ?
07:42Gabriel, il reviendra dans un instant.
07:44Eh bien, c'était Bruno Le Maire.
07:45Bruno Le Maire qui ne comprenait pas à quel point, je crois,
07:48en fait, cristallise aujourd'hui tout le rejet de la classe politique.
07:54Bruno Le Maire, aujourd'hui, incarne, bien malgré lui,
07:57parce qu'encore une fois, c'est un homme honorable,
07:59non-obstant ce qu'on lui reproche,
08:01il représente aujourd'hui toute une classe politique rejetée.
08:04Un homme qui, il y a deux semaines, expliquait,
08:05« Pour moi, la politique, c'est fini, c'est terminé,
08:08plus jamais, j'en veux plus, jamais. »
08:10Et deux semaines plus tard, il reprend du service.
08:13Alors, comment prendre au sérieux la parole des acteurs politiques
08:17si le plus jamais d'il y a deux semaines
08:20devient avec plaisir pour peu qu'on cogne à la porte ?
08:23Donc, ça devient un peu loufoque.
08:25Par ailleurs, disons-le, cela dit,
08:26c'est quand même le bouc émissaire des événements.
08:28Ce n'est pas un détail,
08:29parce qu'on dit Bruno Le Maire partout
08:31pour ne pas dire Emmanuel Macron.
08:33Ajouté à ça, ce n'est pas un détail,
08:35la transformation du bloc central,
08:37on pourrait dire en masse inerte.
08:39Le bloc central...
08:40Est-ce qu'on peut dire qu'il explose ?
08:41Il explose, mais il se décompose aussi à la manière...
08:45Explosé, ça voudrait dire qu'une partie part d'un côté,
08:47une autre partie part de l'autre.
08:48Là, on est plutôt devant une forme de phénomène
08:50comme si... une forme de pourrissement accéléré,
08:53comme si ce bloc central devenait un bloc moisi,
08:56devant nous, tout simplement,
08:58incapable de faire quoi que ce soit,
08:59sinon générer justement de l'impuissance.
09:01Alors, au-delà de la blague,
09:02au-delà de la colère, par ailleurs,
09:04très réelle dans la population...
09:05Je crois que dans la population, c'est un sentiment,
09:08elle hésite entre l'indifférence absolue,
09:11la colère, le rire,
09:13mais à aucun moment, il n'y a quelque chose
09:14qui a une part d'adhésion aux institutions.
09:16Alors, au-delà de la blague, je l'ai dit,
09:18il ne faut juste pas oublier le contexte plus large
09:20de cette dissolution, pas de cette dissolution,
09:22que dis-je, de cette incapacité à gouverner,
09:24mais reconduit ensuite pour chercher
09:26pendant 48 heures à refaire un gouvernement.
09:28Juste depuis quelques semaines,
09:30le candidat qui est en tête, Marine Le Pen,
09:32dans des sondages,
09:33frappé d'inéligibilité, ne peut pas se présenter.
09:36Un ancien président de la République,
09:38en prison, il dormira.
09:39L'ensemble des lois qui sont votées,
09:42qui sont importantes,
09:43le Conseil constitutionnel les casse une après l'autre.
09:45Donc, on voit qui gouverne vraiment.
09:46Et un premier ministre absolument impuissant,
09:48ajouté à cela aussi,
09:50l'incapacité de faire un budget.
09:52Alors, je l'ai dit, là, normalement,
09:53on se disait,
09:54le gouvernement doit au moins être capable
09:56de faire un budget,
09:57ou si mauvais soit-il, le budget est nécessaire.
09:59Un mauvais budget, c'est mieux que pas de budget.
10:01Eh bien là, non seulement,
10:02il n'est pas capable de faire un budget,
10:03mais on n'est pas capable de faire un premier ministre.
10:05On n'est pas capable de faire un gouvernement.
10:06Donc, le Bloc central nous montre
10:09à quel point, aujourd'hui,
10:09il correspond à une sociologie rétrécie,
10:12une part rétrécie de la population,
10:13ce qui nous ramène à l'origine
10:15de la formation du Bloc central.
10:17Et de ce point de vue,
10:18on peut, évidemment,
10:19plusieurs diront que c'est la faute d'Emmanuel Macron,
10:21qui représente aujourd'hui
10:22qu'il y a un proche rejet d'Emmanuel Macron.
10:25Mais derrière cela,
10:26c'est le point d'aboutissement
10:27de la logique du grand théâtre antifasciste
10:29des dernières, non pas années, mais décennies.
10:31Quand vous considérez que près de la moitié d'un pays
10:34est indigne de participer aux affaires du gouvernement
10:36parce que vous avez collé l'étiquette extrême
10:38sur ce pays, extrême d'un côté comme de l'autre,
10:40et dans le cas du RN, 40 %,
10:41quand vous considérez que tout le système politique
10:44repose sur le refus, le bannissement
10:46de millions et de millions de Français,
10:48comment voulez-vous que ce système politique fonctionne?
10:51Une démocratie sans le peuple
10:52et anti-majoritaire,
10:53est-ce qu'on appelle encore ça une démocratie?
10:55Alors, on a regardé ça aujourd'hui,
10:57un peu dépité, un peu amusé,
10:58se demandant qu'est-ce qui se passait,
11:00et on se dit que finalement,
11:00la blague se poursuit.
11:01Finalement, la blague se poursuit,
11:03Emmanuel Macron est clairement désavoué,
11:05Mathieu, et pourtant, il s'accroche au pouvoir.
11:07Avant, vous me répondiez,
11:09je vous propose d'écouter,
11:10exceptionnellement, puisqu'on vient de l'apprendre,
11:12Marine Le Pen a posté une vidéo
11:14d'environ 4 minutes sur les réseaux sociaux.
11:17On va écouter une petite minute
11:19où elle explique qu'en 16 heures,
11:21le chef de l'État dispose de deux voix possibles,
11:23soit la démission, soit la dissolution.
11:26Le gouvernement de la France
11:28ne peut se fonder sur l'achat des voix parlementaires,
11:31mais sur l'adhésion des consciences
11:33et des forces politiques.
11:35Pas sur les synthèses molles,
11:37mais sur une inspiration puissante et entraînante.
11:40Pas sur des rapiessages nostalgiques
11:42d'anciens partis déchus,
11:44mais sur un projet collectif fédérateur.
11:47Le gouvernement de la France appelle,
11:49on le sait, une démarche éminemment politique,
11:51conduite par des politiques
11:53au service d'un projet politique.
11:56Ce retour du politique
11:57que nous appelons de nos voeux
11:58et que nous incarnons
11:59par la clairvoyance de nos convictions
12:01et notre détermination sans faille à agir,
12:04c'est, je le crois, pour le pays,
12:06la condition première du redressement.
12:09La solution à cette crise politique,
12:10devenue crise de régime,
12:12est plus que jamais entre les mains du président,
12:15qui n'est d'autant plus appelé à intervenir
12:16que la Constitution lui confie expressément,
12:19je cite,
12:20« de veiller au bon fonctionnement des institutions ».
12:23Il ne peut par un comportement à la fois puéril
12:26et irresponsable contribuer en quoi que ce soit
12:28au blocage du pouvoir législatif
12:30et à l'émergence d'une majorité
12:32ouvrant la possibilité d'un gouvernement légitime,
12:34c'est-à-dire issu des élections. »
12:37L'extrait d'une vidéo que Marine Le Pen vient de poster
12:40sur les réseaux sociaux.
12:41Dans un instant, je voudrais demander à Mathieu,
12:43est-ce que le président peut éviter la démission
12:45ou la dissolution ?
12:46Mais d'abord, Emmanuel Macron,
12:48il est clairement désavoué, on le voit,
12:50et pourtant il s'accroche au pouvoir.
12:52Comment le comprendre ?
12:54Je rappelle quand même que même en cas de succès
12:56de ces négociations,
12:59Sébastien Lecornu a quand même souligné
13:00qu'il ne souhaite pas être renommé Premier ministre.
13:03Alors, il prépare la table pour quelqu'un d'autre
13:05qui sera ensuite chassé du banquet.
13:07On finit par le comprendre,
13:08tout cela est un peu lunaire.
13:10Cela dit, ce que dit Marine Le Pen est intéressant
13:12parce qu'elle nous dit que finalement,
13:13c'est tout le jeu, c'est l'ensemble du jeu
13:16qui est déréglé aujourd'hui,
13:17donc il faut rebrasser la...
13:18En fait, il faut renverser la table, dit-elle.
13:20Mais j'y reviens, pourquoi Emmanuel Macron
13:21effectivement s'accroche-t-il ?
13:23Parce que plusieurs se diraient,
13:24à un tel niveau de désaveu,
13:26ils pourraient dire, à la manière générale de Gaulle,
13:28qui était moins désavouée, si je peux me permettre,
13:30« Je quitte ».
13:31Mais je pense qu'on entre aujourd'hui,
13:33il faut y revenir dans ce que j'appelle
13:34des schèmes primitifs et archaïques du politique.
13:37Qu'est-ce que j'entends par là ?
13:38C'est que le pouvoir, quand on l'a, on le garde.
13:40Le pouvoir, quand on l'a, on fait tout pour le garder
13:43et on n'a pas le pouvoir pour faire tel projet de gauche,
13:46pour faire tel projet de droite,
13:48pour faire tel projet de centre.
13:49On a le pouvoir parce qu'on veut le pouvoir en lui-même.
13:52On veut le pouvoir et on va parler à gauche
13:54s'il faut pour garder le pouvoir,
13:55on va parler à droite s'il faut pour garder le pouvoir,
13:57mais le pouvoir, on ne veut pas le sacrifier.
14:00La démocratie a voulu nous faire croire,
14:02pendant quelques décennies, quelques siècles,
14:04que l'humanité n'en était plus là,
14:06que l'homme avait changé son rapport au pouvoir.
14:07C'est faux.
14:08Je pense qu'on est devant la réalité archaïque
14:10et brutale des choses.
14:11Je l'ai, je le garde, venez le chercher,
14:14vous ne l'aurez pas.
14:15Autre élément, les oppositions dans tout ça,
14:17effectivement, parlent chacune le langage du bien commun.
14:19Vous notez que tous les gens en politique aujourd'hui
14:21disent qu'on doit oublier les partis,
14:23il faut avoir le souci du bien commun.
14:25Eh bien franchement, quand j'entends ça aujourd'hui,
14:27je me dis qu'il n'y a que des gens, les faits,
14:28qui ont le souci de la logique partisane
14:30dans une crise historique.
14:31Et c'est à cette lumière, je pense,
14:33qu'on doit comprendre le comportement du président de la République
14:35qui voit, quant à lui, le peuple à la manière
14:37d'un peuple menaçant, d'un peuple presque amaté.
14:41Voyez la peur dans le Bloc central
14:42à l'idée du retour aux urnes.
14:44Ce qu'on dit, quand il y a un retour aux urnes,
14:45s'il y a un retour aux urnes, dans les faits,
14:47c'est que le peuple, à la manière d'une bête terrifiante,
14:49risque de se manifester.
14:51Le peuple risque de mal voter.
14:53Ne vous tournez pas vers ce peuple.
14:54Et de ce point de vue, c'est le renversement.
14:56Emmanuel Macron, qui garde le pouvoir pour lui,
14:58qui refuse d'aller aux urnes,
14:59on voit ça comme un président qui préserve la démocratie.
15:02Peut-il éviter la démission ou la dissolution?
15:04Bien sûr qu'il le peut.
15:06Dans l'état normal, il ne pourrait pas.
15:07Mais je pense qu'il le peut.
15:08Il a ouvert la possibilité à mercredi soir ou jeudi matin.
15:11On verra bien.
15:12Mais je pense qu'il a décidé de s'accrocher au pouvoir
15:14à tout prix pour l'instant.
15:16Et pourquoi s'accroche-t-il au pouvoir à tout prix pour l'instant?
15:19Parce que l'alternance n'existe plus.
15:21Vous savez, l'alternance, c'est l'autre équipe qui gouverne.
15:24Mais puisque l'autre, ce n'est pas des nazis ni des fascistes.
15:25Ils ont le droit de gouverner et ce n'est pas tragique.
15:28J'entendais ce matin Jean-Noël Barraud dire
15:29« Dans un moment tragique, absolument tragique de l'histoire de France
15:33comme aujourd'hui, il faut que toutes les forces responsables
15:36se rassemblent », ce que disait aussi Mme Pannier-Renacher.
15:38Dès lors qu'on considère que la moitié du pays
15:40est composée globalement de fascistes et de nazis,
15:43d'extrémistes, d'autoritaires,
15:45vous vous donnez le droit de garder le pouvoir pour vous
15:47jusqu'à la fin des temps.
15:49Devant cela, cela dit, on le voit, il y a des appels à l'Union.
15:51L'Union de la gauche, je reviendrai dans un instant,
15:54elle tarde à se faire, elle se fera probablement.
15:56À droite, il y a une majorité de gens qui sont d'accord
15:59sur un vrai programme commun, du LR, IDN...
16:02On en parlera tout à l'heure.
16:03Bon, ils sont d'accord, mais...
16:05Un édito spécial là-dessus, ça serait bien.
16:06Mais qu'est-ce qu'on constate, cela dit ?
16:08Non, mais c'est vrai, c'est important.
16:09Les électeurs de droite sont d'accord,
16:11les partis de droite sont en désaccord entre eux.
16:13N'oublions pas la possibilité, demain, de l'article 16,
16:16les pleins pouvoirs pour le président de la République.
16:17On en a souvent parlé ici.
16:19Cessons de traiter cette hypothèse comme une hypothèse loufoque.
16:21Il est bien possible qu'Emmanuel Macron croit
16:22qu'il doit prendre encore plus de pouvoir
16:24pour soulager les Français d'une démocratie toxique.
16:28Non, mais on fera un zoom dans un instant
16:29sur la gauche avec vous,
16:31puisque quand même, on voit le NFP ressurgir
16:34de la part de Jean-Luc Mélenchon
16:36et le PS qui demande à gouverner.
16:39On marque une pause, on revient avec Gabriel Cluzel.
16:41On fera un zoom sur qui ?
16:44Sur Bruno Le Maire.
16:45A tout de suite.
16:49Avant de parler de Bruno Le Maire,
16:51je vous propose de rejoindre
16:52Donia Tangour
16:54qui se trouve à l'Assemblée nationale.
16:57Il y a une réunion du Rassemblement national.
16:59Il y a quelques instants à l'Assemblée nationale.
17:01Qu'est-ce que ça a donné, Donia Tangour ?
17:03On vient d'entendre Marine Le Pen
17:05et son appel à la dissolution.
17:08Ou à la démission.
17:09Oui, Christine, c'est une réunion du groupe parlementaire RN à l'Assemblée
17:15qui vient de se terminer il y a quelques instants.
17:17Alors, il faut vous le dire, Christine, on a suivi Marine Le Pen
17:20pendant toute cette journée, à commencer par le siège.
17:24Elle était au siège du parti avec Jordan Bardella ce matin à 11h.
17:27Et il y a eu cette réunion de groupe à 17h.
17:31C'était une réunion qui était à huis clos
17:33et qui était prévue avant la démission de Sébastien Le Cornu
17:36mais qui donne véritablement un coup d'accélérateur
17:38aux ambitions du Rassemblement national.
17:41Parce que pour Jordan Bardella,
17:42l'heure du retour aux urnes a sonné.
17:44Marine Le Pen appelle désormais à la dissolution
17:47ou à la démission.
17:48Vous l'avez vu sur cette vidéo postée sur les réseaux sociaux
17:52il y a quelques instants.
17:53Alors, pas question d'adouber un gouvernement Le Cornu 2.
17:56C'est ce que nous disent les cadres du RN.
17:59Alors, Marine Le Pen, de son côté,
18:00veut préparer ses troupes pour d'éventuelles législatives
18:03car c'est ça qui est dans la tête des leaders
18:07du Rassemblement national.
18:08Il faut préparer ses potentiels candidats
18:10car tous les scénarios, Christine, sont sur la table.
18:13Mais une chose est sûre, Jordan Bardella s'est dit prêt.
18:16Il s'est dit prêt à gouverner.
18:18Merci beaucoup, Donia Tangour,
18:20en direct de l'Assemblée nationale.
18:22Sarah Knafou vient de tweeter à l'instant.
18:24On vient d'écouter Marine Le Pen, députée Reconquête.
18:27Je cite, l'union des droites doit se faire
18:29dès la prochaine élection.
18:31Aucun parti n'obtiendra de majorité absolue seule.
18:34L'objectif n'est pas la fusion
18:37ou la disparition de chacun de nos courants
18:39mais de s'allier pour pouvoir gagner.
18:42Sarah Knafou Reconquête.
18:43Maintenant, un autre tweet qui a beaucoup fait parler
18:45chez un Gabriel, c'est celui de Bruno Le Maire
18:47qui a annoncé aujourd'hui
18:48renoncer, participer au gouvernement
18:51des missionnaires de Sébastien Lecornu.
18:53Je cite, ma décision de rejoindre le gouvernement
18:55a été prise uniquement par esprit de mission
18:57dans des circonstances géopolitiques graves
18:59pour servir la France et les Français.
19:01Je constate que ma décision provoque chez certains
19:03des réactions incompréhensibles,
19:06fausses et disproportionnées.
19:07Je vais m'arrêter là
19:08pour avoir votre regard sur la situation
19:11à travers le prisme de Bruno Le Maire.
19:14Oui, Bruno Le Maire, c'est un missionnaire,
19:16donc il le dit.
19:17Alors, c'est vrai que la désignation de Bruno Le Maire
19:20a mis le feu aux poudres.
19:21Alors, je ne sais pas si vous le savez,
19:22mais aujourd'hui, c'est la Saint-Bruno.
19:23Alors, ça doit être pour ça qu'il y a...
19:24Mais oui, parfaitement.
19:25C'est drôle !
19:26Il y a deux Bruno qui occupent l'actualité.
19:29Je crois que c'est la raison.
19:31Mais c'est deux Bruno qui ne sont pas à la fête
19:32parce qu'ils ne s'entendent pas du tout.
19:34Il y en a un qui ne voulait pas gouverner avec l'autre.
19:36On peut l'avoir comme ministre des armées.
19:39Et donc, M. Lecornu a décidé de présenter sa démission.
19:45Et M. Le Maire, donc on l'a vu,
19:47renonce à ses nouvelles fonctions
19:48puisqu'il considère qu'il est le point bloquant.
19:50Mais disons-le, il considère, et il n'est pas le seul,
19:53mais le vrai point bloquant, on ne va pas se mentir,
19:55il est quand même plus haut et à un autre endroit
19:57de l'organigramme.
19:58Mais de ce fait, Emmanuel Macron a demandé à Sébastien Lecornu
20:03de mener d'ici mercredi soir
20:05d'ultime négociation.
20:09Alors voilà, donc on va suivre ça de près.
20:11Mais c'est vrai que la désignation de Bruno Le Maire
20:15a fait l'effet d'une bombe dans l'opinion publique
20:17et dans le monde politique.
20:20Je crois que M. Griveaux serait revenu,
20:22que ce serait à peine plus étonné et exaspéré.
20:26Non mais c'est vrai.
20:28Et il faut dire que quand on le regarde de près,
20:30pourtant il n'est pas né avec le macronisme,
20:33Bruno Le Maire, tant s'en faut,
20:34mais c'est un jus de macronisme concentré.
20:37Vous voyez, c'est 100% pour jus de macronisme garanti.
20:41Et c'est vraiment le symbole de la déconnexion
20:43au plus haut sommet de l'État.
20:44Mais comment on a pu imaginer une seconde
20:46que sa désignation, surtout à ce ministère,
20:51passerait crème ?
20:52Alors on peut peut-être faire le détail
20:55de tout ce qui a rendu cette décision insupportable.
20:59Alors d'abord c'est un tech notable,
21:00c'est le symbole du tech notable européeniste,
21:03déconnecté.
21:05Il est le symbole de l'inconstance macronienne.
21:08Ça vous l'avez dit, le 22 septembre dernier,
21:10il disait « Moi jamais je n'irai,
21:12nous n'aurons pas les marges nécessaires
21:14pour agir.
21:16Fontaine, je ne boirai plus de ton eau.
21:19Donc je me mets en retrait de la vie politique. »
21:21Et donc hier, il poste sur X,
21:24« Dans les circonstances exceptionnelles
21:26que traverse la France,
21:27on ne se dérobe pas. »
21:29Mais il n'en est pas à son premier revirement.
21:30Vous savez, il y a les coups de jarnac
21:31et puis il y a les coups de girouette.
21:33En février 2017,
21:35il affirmait Emmanuel Macron,
21:37« C'est l'homme sans projet
21:38parce que c'est l'homme sans conviction. »
21:41Et un mois auparavant encore,
21:42il disait « Emmanuel Macron,
21:44c'est un autre visage du socialisme,
21:46peut-être plus sympathique,
21:47mais c'est toujours le socialisme. »
21:49Et dès qu'Emmanuel Macron a été élu,
21:51dès le premier soir,
21:53il l'a rejoint
21:53et il est donc devenu
21:55son ministre de l'économie
21:57dès le premier gouvernement,
21:58Philippe,
21:59et pour sept ans.
22:01Et c'est quand même assez particulier
22:03parce qu'après son départ du gouvernement,
22:05il a rencontré le journaliste
22:06Louis Osalter
22:07qui vient de sortir un livre.
22:11qui s'appelle « La foudre et les cendres »
22:12aux éditions de l'Observatoire
22:13et Bruno Le Maire lui confie cette phrase
22:15« La maison va s'effondrer
22:17sur ceux qui sont dedans. »
22:19Alors, c'est vrai,
22:19il a raison,
22:20mais le problème,
22:20c'est qu'il est dedans,
22:21précisément au moment
22:22où la maison s'effondre.
22:25Alors, il est dedans, effectivement.
22:26Et pourquoi son passage à Bercy
22:28fait-il tant parler,
22:30le passage de Bruno Le Maire ?
22:31Ah bah écoutez,
22:31ces sept ans de passage à Bercy,
22:33c'est sept ans de malheur.
22:35Il faut quand même le voir ainsi.
22:37La dette progresse d'un milliard.
22:40Fin 2023,
22:41le déficit public était prévu
22:42à 4,4% du PIB.
22:44Au printemps,
22:45il était révisé à la hausse
22:46à 5,1%.
22:47Finalement, c'est 6,1%.
22:50Et c'est plus que l'échec,
22:51parce que ce n'est pas l'échec
22:52dans l'humilité,
22:52le mea culpa,
22:53c'est l'échec dans la suffisance.
22:56Vous voyez,
22:56Bruno Le Maire,
22:56c'est le symbole
22:57de la suffisance macronienne.
23:00D'ailleurs,
23:00vous savez,
23:01à la primaire des LR,
23:01il avait obtenu 2,4% des voix.
23:04Il ne s'est pas du tout remis en cause
23:05à ce moment-là.
23:06Il ne s'est pas du tout dit
23:07qu'il était peut-être impopulaire.
23:09Et vous savez,
23:09on parle souvent,
23:11il s'agit d'un passage,
23:13on fait référence
23:14à un passage scabreux
23:15de son bouquin.
23:16S'agissant de Bruno Le Maire,
23:17on parle avec des sourires
23:18aigrières de dilatation.
23:19Eh bien, en fait,
23:20la partie qui se dilate
23:21le plus de son amanatomie,
23:23ce sont ses chevilles.
23:25Il a l'écheville
23:26qui enfle à tout propos.
23:29Vous vous souvenez,
23:29il a promis, bravage,
23:31de mettre l'économie russe
23:33à genoux.
23:34Alors, accordons-lui
23:35d'avoir à moitié réussie,
23:36puisqu'il a quand même
23:36mis une économie à genoux,
23:38mais c'était la nôtre.
23:41Et c'est quand même
23:42très particulier
23:42parce que lorsque la France
23:44s'est fait dégrader
23:45par l'agence standard
23:46d'Anne Pours,
23:48c'était la première fois
23:49depuis 2013,
23:49donc c'était sous son règne,
23:50il aurait pu là aussi
23:51faire profil bas.
23:53Eh bien, non,
23:53il a affirmé avoir sauvé
23:55l'économie française.
23:56Vous vous en souvenez ?
23:57Et il a fait une anaphore
23:58avec jeu.
23:59Ce n'était même pas nous.
24:00Il aurait pu penser
24:00un tout petit peu
24:01à notre portefeuille,
24:02par exemple.
24:02Eh bien, pas du tout.
24:03Donc, il avait dit
24:05« J'ai sauvé les usines,
24:07j'ai sauvé les restaurateurs,
24:09j'ai sauvé les hôteliers,
24:10j'ai sauvé le monde
24:11et de l'événementiel,
24:12j'ai sauvé des emplois,
24:13des compétences. »
24:15Non, ce n'était pas
24:15le monde entier.
24:17Super, Bruno Le Maire.
24:18Et j'ai des compétences,
24:21la filière aéronautique.
24:23Donc, vous voyez,
24:23c'est le problème
24:24d'avoir un ministre
24:24de l'économie romancier.
24:28Il invente des romans
24:30cousus de fil blanc.
24:33Parce que vous savez
24:34que si Emmanuel Macron
24:35est le Mozart de la finance,
24:36Bruno Le Maire,
24:37c'est le musso de l'économie.
24:39Puisque durant tout son règne,
24:42eh bien, il a écrit quand même
24:43six livres.
24:44Six livres en sept ans,
24:45c'est presque un livre par an.
24:47Et donc, il a un talent particulier
24:49pour les bluettes
24:50cousues de fil blanc.
24:51Et ce sont six romans.
24:53Ce ne sont pas des livres
24:54sur l'économie de la France ?
24:55Oui, voilà.
24:56C'est important de le dire.
24:57Celles-ci sont souvent rappelées
24:58par ses détracteurs.
24:59En plus, hein, Gabriel ?
25:00Ce n'est pas un crime,
25:02pourtant, d'écrire un livre
25:03quand on est ministre, non ?
25:04Oui, mais précisément.
25:05C'est un symbole
25:08et un symbole
25:08qui a été vécu
25:09comme méprisant
25:09par les Français.
25:10Déjà parce que
25:11cela semblait vouloir dire
25:13« Écoutez,
25:14je n'ai pas tant de choses
25:15que cela à faire
25:16au ministère de l'Économie.
25:18J'ai du temps libre
25:19et donc, je peux écrire
25:20des livres. »
25:21Ceux qui écrivent des livres
25:21savent que ça prend
25:22un peu de temps.
25:24Et puis, surtout,
25:24vous l'avez dit,
25:25il y a d'autres hommes politiques
25:27qui ont écrit des livres,
25:28mais sauf que là, pardon,
25:29mais ce n'est pas du tout
25:30le fil de l'épée
25:30du général de Gaulle
25:31ou le coup d'État permanent
25:33de Mitterrand.
25:36Là, ce sont des livres
25:37qui sont des,
25:38comme vous l'avez dit,
25:39des romans.
25:40Des romans un peu,
25:42comment on pourrait dire,
25:43scabreux.
25:44Est-ce qu'on aurait vu
25:44le général de Gaulle
25:45écrire des nouvelles
25:46dans Playboy ?
25:47Eh bien, non.
25:48Congenons-en.
25:48Donc, c'est vrai
25:49que ça a été vécu
25:50comme un grand mépris.
25:51Vous savez que même
25:52dans sa jeunesse,
25:53alors, les péchés de jeunesse
25:54sont pardonnables,
25:56mais il a écrit un livre
25:57dans la collection
25:58Arlequin
25:59sous le pseudonyme
26:00de Duc William.
26:02Hélas,
26:02la vie pour Bruno Le Maire
26:03n'est pas un roman
26:04Arlequin
26:05puisqu'il n'y a pas
26:06de happy end,
26:07apparemment.
26:09Donc,
26:10c'est assez particulier.
26:12Alors,
26:13quand on l'a écouté
26:14à la commission d'enquête,
26:15parce que vous savez
26:16que la commission des finances
26:18s'est muée quand même
26:19en commission d'enquête
26:19pour se demander
26:20exactement pourquoi
26:21il y avait un tel hiatus
26:22entre ce qui était prévu
26:24et ce qui arrivait
26:25effectivement,
26:26eh bien,
26:26il n'a pas dit
26:27« c'est ma faute,
26:27jamais ».
26:28Donc,
26:29il a commencé par accuser
26:30le gouvernement de l'époque,
26:32c'est-à-dire
26:32le gouvernement Barnier
26:33qui était là quand même
26:34depuis assez peu de temps
26:35et quelques mois auparavant,
26:38il avait même accusé
26:39le RN.
26:39Vous savez ce qu'il avait dit ?
26:40Il avait dit
26:40« bah oui,
26:41la dette s'alourdit »
26:43parce que
26:43c'était juste avant
26:44les législatives,
26:45la perspective d'avoir
26:46le RN qui arrive au pouvoir
26:48fait que ça inquiète
26:49nos créanciers
26:50et ça alourdit la dette.
26:51Mais la faute
26:53de Bruno Le Maire,
26:55ça,
26:55il n'y en a évidemment pas
26:56et ça aussi,
26:57c'est un autre symbole
26:58très fort du Macronisme,
27:00c'est le refus
27:01de la responsabilité.
27:04Et puis c'est vrai
27:05que Bruno Le Maire,
27:05c'est quand même
27:06le symbole
27:07de la devise
27:09du Macronisme
27:10et on ne change pas
27:10une équipe qui perd,
27:11t'as saccagé le ministre
27:12des Finances,
27:14et bien viens donc
27:14t'attaquer
27:15à un nouveau terrain de jeu,
27:16les armées.
27:17Les armées,
27:18c'est quelque chose
27:18qui pour les Français
27:19est très sanctuarisé
27:21parce que c'est un domaine
27:22qui fonctionne encore,
27:23se disent-ils.
27:25Donc ce serait dommage
27:27de ne pas s'y attaquer,
27:28il n'a pas mis
27:29à genoux
27:30l'économie russe,
27:32s'il ne met pas à genoux
27:33l'armée russe
27:34de la même façon,
27:34évidemment,
27:35nous sommes mal barrés.
27:38Mais vous savez,
27:39il y a un petit,
27:40comment dire,
27:42un petit tweet
27:42qui passe assez humoristique
27:44et qui en dit long
27:45sur l'état d'esprit
27:46des Français aujourd'hui,
27:49qui a été retweeté
27:51des milliers de fois
27:52et on dit,
27:52il a été très critiqué
27:53son passage à Bercy,
27:54mais son passage aux armées
27:55a été vraiment exemplaire.
27:58Il n'a déclaré aucune guerre,
27:59il n'a pas baissé le budget,
28:03il n'a fait aucune gaffe diplomatique.
28:05Donc on voit que son passage
28:07extrêmement bref à ce ministère,
28:1012 heures,
28:10voilà exactement,
28:12suscite beaucoup de plaisanteries
28:14parmi les Français.
28:15Il vaut mieux en rire qu'en pleurer.
28:17Je voulais simplement dire
28:18qu'il ne faudrait pas
28:18que l'étoile de Bruno Le Maire
28:20éclipse celle de Roland Lescure,
28:23qui là aussi est quand même
28:24une désignation assez baroque.
28:27Roland Lescure,
28:27le sénateur Marc Brisson
28:29ce matin sur Europe 1
28:30a fait un bon mot,
28:32assez drôle,
28:33vous savez,
28:33sur le ton de Brel,
28:35on voulait voir ta sœur
28:36et on a vu ta mère
28:37et lui il a dit
28:38on attendait la rupture
28:39et on a eu Lescure.
28:42Donc c'est quand même
28:42assez particulier.
28:43On se souvient que Lescure,
28:44il avait affirmé
28:45il y a quelques mois
28:46que l'industrie accusait
28:47un besoin de 100 000
28:48à 200 000 étrangers
28:50à un moment où
28:51tous les sondages montrent
28:52que les Français
28:53veulent baisser l'immigration
28:55drastiquement.
28:56C'est quand même
28:56assez particulier
28:58et donc on s'est imaginé
29:00que tout cela
29:00passerait de façon
29:02extrêmement facile
29:04comme une lettre à la poste
29:06auprès des Français.
29:06Eh bien non,
29:07on s'est trompé.
29:08On va continuer.
29:09Dans un instant
29:10avec Charlotte Dornelas
29:11on se posera
29:12pour savoir
29:13qui pense aux Français
29:15et le peuple dans tout ça
29:16et la démocratie
29:17et la souveraineté du peuple.
29:19Où sont les Français ?
29:20Que pensent les Français ?
29:22On regardera aussi
29:23que pensent l'étranger,
29:24la presse,
29:25les médias internationaux
29:26par rapport à la situation
29:27politique du moment.
29:29Et puis on va prendre
29:29un peu de hauteur
29:30maintenant avec vous
29:31mon cher Marc
29:32pour sortir de l'immédiateté
29:34pour regarder un peu
29:34à quoi ressemble le pays.
29:36Gabriel en a un peu parlé,
29:38Mathieu en a un peu parlé
29:39au niveau politique,
29:40économique,
29:40judiciaire,
29:41sociétal
29:42parce qu'on est toujours
29:43dans l'instantanéité
29:44alors que si on dézoome
29:46on peut se rendre compte
29:48que la France
29:49est anesthésiée
29:50un peu à tous les niveaux.
29:51J'ai retrouvé un terme
29:52d'un grand penseur,
29:54d'un homme
29:55qui a marqué
29:56l'histoire de France
29:57et qui avait dit
29:59abracadabrantesque.
30:01Voilà le bilan.
30:03C'était Jacques Chirac.
30:04Alors tout à l'heure,
30:06Mathieu utilisait
30:07le terme de dépité.
30:08Il disait
30:09il y a des dépités.
30:10Je dirais qu'aujourd'hui
30:11on a une chambre
30:11des dépités.
30:12quand on voit
30:14la situation
30:15c'est plus que catastrophique.
30:17Il faut regarder
30:18les chiffres.
30:19Vous avez cité
30:20tout à l'heure
30:20bon déjà
30:20on a un président
30:22de la République
30:23enfin ancien président
30:24de la République
30:25qui le 13 octobre
30:27est convoqué
30:28devant les juges
30:29pour savoir
30:30à quel moment
30:31il doit gagner
30:33la prison.
30:35On a après
30:35l'une
30:36des leaders
30:38de l'opposition
30:39pour ne pas dire
30:39la leader
30:40de l'opposition
30:41Marine Le Pen
30:42qui ne pourra pas
30:43se présenter.
30:45Alors après
30:46il y a les chiffres.
30:48On dit
30:48ça coûte.
30:50Combien ça coûte ?
30:51C'est une émission
30:51qui a très bien marché
30:52à la télévision.
30:54Alors
30:54par exemple
30:55le temps
30:55du ministère
30:57fantôme
30:58de M. Le Cornu
31:00si on fait attention
31:01la dette
31:01elle est de 300
31:03de 3300 milliards
31:05ce qui fait
31:07en gros
31:075000 euros
31:09par minute.
31:10Si on tient compte
31:11du temps
31:11de M. Le Cornu
31:12enfermé
31:13à Matignon
31:14donnant des petites
31:15poignées de mien
31:16et offrant le café
31:17à quelques-uns
31:18et bien
31:19depuis qu'il est là
31:20nous avons
31:21laissé filer
31:22288 millions.
31:25On a les moyens
31:26on peut
31:27tout se permettre
31:27c'est vrai que
31:28c'est pas grand chose
31:29par rapport
31:30aux 3300 milliards.
31:32Après
31:32il y a les autres
31:34logiques
31:34la Sécu
31:35le trou
31:36il creuse
31:37il creuse
31:37il creuse
31:37il creuse
31:38on est
31:39à 15 milliards
31:40300 millions
31:40dans le quotidien
31:42vous parlez du quotidien
31:43les petits racontes
31:45de l'audace
31:45ils disent
31:46bon
31:46ils sont peut-être
31:47des fantaisistes
31:48là-haut
31:48ils sont des gens
31:49qui sont pas capables
31:50mais nous on s'en fout
31:51on va y arriver
31:52alors ils ouvrent
31:53leur entreprise
31:53vous savez combien
31:55il y a eu de faillites
31:56d'entreprises
31:57depuis le début
31:58de l'année
31:5866 121 faillites
32:02ça veut dire que
32:03ces gens
32:03qui ont eu l'audace
32:05qui ont placé
32:06quelques sous
32:07qui ont tenté
32:08la grande aventure
32:10aujourd'hui
32:10ils se retrouvent
32:11sans rien
32:12et comme
32:12ils sont d'anciens
32:14patrons
32:14ils n'auront pas
32:16d'indemnité
32:17quid de leur situation
32:19après vous avez
32:20tous ceux
32:20qui sont là
32:22à se dire
32:22où je vais loger
32:23ce soir
32:23c'est quand même
32:24l'un des grands fléaux
32:25est-ce que l'on prend
32:26des mesures
32:27pour tenter
32:28de résoudre
32:29ce problème
32:29du logement
32:30rappelons
32:31qu'il y a pratiquement
32:313 millions de personnes
32:33qui sont en attente
32:35d'un toit
32:36à peu près potable
32:37des chiffres
32:38moi je peux vous en trouver
32:39comme ça
32:39des milliers
32:40quand on a
32:41la logique
32:42de l'insécurité
32:43vous avez
32:4513%
32:46de vols
32:47en plus
32:48cette année
32:48vous avez
32:4911%
32:50d'homicides
32:51en plus
32:52vous avez
32:5314%
32:55de trafic
32:55de
32:56narcotrafic
32:58en plus
32:59vous avez
33:009%
33:02de consommation
33:03de drogue
33:04en plus
33:04alors il faut dire aussi
33:05que là encore
33:06dans les chiffres
33:07les gens
33:08finissent par être
33:09gangrénés
33:10par cette situation
33:11moi j'avoue
33:12qu'on a la situation
33:13qui nous permet
33:14d'en rire
33:15on les trouve
33:15fantasques
33:16on se dit
33:16tiens ça nous évite
33:18de faire la route
33:18pour aller jusqu'au théâtre
33:19j'ouvre ma télévision
33:21et puis
33:21quelle est la petite
33:22esclafade du jour
33:23mais quand on a
33:25un quotidien
33:25un peu plus besogneux
33:27ça ne rigole pas
33:28de la même façon
33:29et là donc
33:30vous regardez
33:32et vous apercevez
33:33que 25%
33:35des gamins
33:36sont en dépression
33:37dans la tranche
33:3810
33:3925 ans
33:41vous avez
33:42après
33:42ça se reflète
33:43dans le quotidien
33:44les incivilités
33:45ça flambe
33:46ça flambe
33:46ça flambe
33:47et alors il y a
33:47les grogneux
33:48je ne sais pas
33:49si vous prenez
33:49votre auto
33:50tous les jours
33:50moi je la prends
33:51parce qu'il faut
33:51que j'aille
33:52jusque dans ma petite maison
33:53et bien
33:54le gars
33:54avec sa petite auto
33:56son petit chapeau
33:57on fait du brel
33:58ce soir
33:58et bien
34:02chez ces gens-là
34:02monsieur
34:03qu'est-ce qui se passe
34:04il y en a
34:0487%
34:06qui sont là
34:07prêts à descendre
34:08avec la manivelle
34:09pour aller donner
34:09un coup à son voisin
34:11sans parler du tapage
34:12des uns
34:13et des autres
34:14et je ne vous ai pas parlé
34:15des OQTF
34:16je ne vous ai pas parlé
34:18de tout ce qui fâche
34:19et qui reste
34:20en jachère
34:21et apparemment
34:22et bien
34:23pour ces hommes politiques
34:24quelle que soit
34:25leur appartenance
34:28aujourd'hui
34:28on aurait pu donner
34:30un petit mot
34:30sur Mélenchon
34:31quand même
34:32parce que Mélenchon
34:33c'est un homme
34:34qui aujourd'hui
34:35avec ses troupes
34:36dit nous sommes
34:37l'avenir
34:38heureusement
34:38nous sommes là
34:39et qui appelle
34:40à la souveraineté
34:40du peuple
34:41la souveraineté
34:42du peuple
34:42alors
34:43est-ce qu'il lit
34:43un peu des livres
34:44monsieur Mélenchon
34:45est-ce qu'il sait
34:46que Omar Youssef
34:49sous les miennes
34:49signe
34:50les complices du mal
34:51où on voit
34:52tout l'entrisme
34:53est-ce qu'il a lu
34:54les livres
34:55qui montrent comment
34:56aujourd'hui
34:57partout
34:58LFI
34:58favorise
34:59l'infiltration
35:02d'un islam
35:03radical
35:04et n'oublions pas
35:05que parmi
35:06ses adjoints
35:08il y a monsieur
35:08Thomas Porte
35:09qui était au Liban
35:11au mois de septembre
35:12pour aller
35:13célébrer
35:14les terroristes
35:15de Munich
35:16il était sur leur tombe
35:18à côté de personnes
35:19qui sont considérées
35:21comme des terroristes
35:22et condamnées
35:23à l'international
35:24voilà
35:25l'avenir
35:25et le sens
35:26de
35:27la responsabilité
35:29de monsieur Mélenchon
35:30Vous avez fait une radioscopie
35:31de la France
35:32dans un instant
35:32on regardera
35:33ce que pensent
35:33les médias
35:34de ce qui se passe
35:35en France
35:36avec Mathieu Envera
35:38puisqu'on apprend à l'instant
35:39que les socialistes
35:40et les écologistes
35:41font savoir
35:42qu'ils sont disponibles
35:43pour Matignon
35:44notez-le bien
35:45avec vous
35:46on en parlera
35:47on zoomera un peu
35:49sur la gauche
35:49Charlotte
35:50dans un instant
35:51quelle place pour le peuple
35:52où sont les français
35:53dans tout ça
35:53ceux qui nous regardent
35:54ceux qui regardent
35:55des abusés
35:56qui voient tout ce qui se déroule
35:57aujourd'hui
35:57mais d'abord
35:58on va à l'Elysée
35:59rejoindre
35:59Félix Pérolas
36:01et Manon Valdaro
36:02qui sont sur place
36:03Emmanuel Macron
36:05on peut dire
36:06qu'il est sorti du silence
36:07Félix
36:07Oui Christine
36:12on peut dire
36:12qu'Emmanuel Macron
36:13est sorti du silence
36:14alors il y a eu
36:15plusieurs rebondissements
36:17aujourd'hui
36:17à noter quand même
36:18que officiellement
36:19Sébastien Lecornu
36:20n'a pas été
36:20renommé
36:21Premier ministre
36:22mais Emmanuel Macron
36:24lui a demandé
36:25de mener
36:25d'ici mercredi soir
36:27d'ultime négociation
36:28sur une plateforme
36:30d'action
36:30et de stabilité
36:32pour le pays
36:32ce à quoi
36:33le Premier ministre
36:34démissionnaire
36:35a répondu
36:36en déclarant
36:37qu'il dira
36:38au chef de l'Etat
36:38mercredi soir
36:39si cela est possible
36:41ou non
36:41et on apprend
36:42selon l'entourage
36:44du Président
36:45qu'Emmanuel Macron
36:45prendra ses responsabilités
36:48en cas de nouvel échec
36:49de Sébastien Lecornu
36:51le Premier ministre
36:52démissionnaire
36:53qui était retourné
36:54à l'Elysée
36:54aux alentours
36:55de 16h
36:56c'était sa deuxième
36:57visite de la journée
36:59après la première
37:00qui a eu lieu
37:00ce matin
37:01lorsqu'il a remis
37:02sa démission
37:03au Président
37:04du côté de l'Elysée
37:05on nous dit toujours
37:06qu'il n'y a pas
37:07de prise de parole
37:09prévue ce soir
37:10par le Président
37:11de la République
37:11voilà Christine
37:12ce sont les dernières
37:13informations
37:14que je peux vous donner
37:15ici en direct
37:16du Palais de l'Elysée
37:18Merci beaucoup
37:19mon cher Félix
37:19camper au Palais
37:21de l'Elysée
37:21ça se trouve
37:22Emmanuel Macron
37:23changera la vie
37:23il parlera
37:24merci en tout cas
37:25pour ces informations
37:26j'ai envie qu'on regarde
37:27un peu
37:27avant de zoomer
37:28sur ce que pensent
37:29les Français
37:29et où sont les Français
37:31sur ce que pensent
37:32les médias de l'étranger
37:33regardez un peu
37:34The Guardian
37:35au Royaume-Uni
37:36le quotidien britannique
37:37qui évoque
37:38un chaos politique français
37:39le signe
37:41est d'une cinquième république
37:43à bout de souffle
37:44The Economist
37:45au Royaume-Uni
37:46qui dit que
37:47l'hebdomadaire économique
37:49explique que le pays
37:49vit une crise
37:50de régime de fait
37:51avec une absence totale
37:53de majorité
37:53une défiance généralisée
37:55un état paralysé
37:57The New York Times
37:58aux Etats-Unis
37:59la France traverse
38:00l'un des épisodes politiques
38:01les plus chaotiques
38:02depuis 1958
38:04c'est la première fois
38:05qu'un premier ministre français
38:06quitte son poste
38:07avant même d'avoir présenté
38:08son discours de politique générale
38:11The Times
38:12aux Etats-Unis
38:13chaos à Paris
38:14le magazine
38:16n'assiste sur la rapidité
38:18inédite
38:18de la chute
38:19qu'il compare
38:21à un effondrement
38:22express
38:22du pouvoir
38:23exécutif français
38:24en Allemagne
38:25Der Spiegel
38:26l'hebdomadaire allemand
38:27parle d'un vertige
38:29institutionnel
38:30il souligne aussi
38:31l'impact économique
38:32en hausse
38:33le coût de la dette
38:34méfiance des marchés
38:35l'affaiblissement
38:36du crédit français
38:37en Europe
38:37elle paillisse
38:38aussi en Espagne
38:40la France
38:40est-elle encore capable
38:41de se gouverner
38:42elle-même
38:43Corriere della Sera
38:44en Italie
38:45la République française
38:46vacille
38:47implosion politique
38:48un président isolé
38:50sur la scène européenne
38:51au moment où la France
38:52préside encore
38:53plusieurs dossiers stratégiques
38:54au sein de l'Union Européenne
38:55et puis la Suisse
38:56quand même
38:57le temps
38:58qui explique
38:59un effondrement
39:00d'autorité
39:01sans précédent
39:02autant dire
39:03que le monde
39:04nous regarde
39:05le monde nous regarde
39:06mais Charlotte
39:07nous venons d'évoquer
39:08la situation
39:09politique
39:10de la France
39:12et aux vues
39:14aux yeux
39:14du monde
39:15et des Français
39:16quelle est l'image
39:18pour les Français
39:19aujourd'hui
39:19quelle est la place
39:20des Français
39:20que pensent-ils
39:21à l'heure
39:21qu'il est
39:22où sont
39:22les Français
39:23alors bon
39:24déjà les gens
39:25qui composent
39:26ou qui jouent
39:27cette pièce de théâtre
39:28depuis de longs mois
39:29voire de longues années
39:30sont des Français
39:32eux aussi
39:32je ne vais pas les sortir
39:33du groupe
39:34mais simplement
39:35évidemment
39:35c'est les gens
39:36qui ne sont pas investis
39:37dans le milieu politique
39:39et j'étendrai
39:40assez largement
39:41au milieu médiatique
39:42qui a une propension
39:43à se passionner
39:44pour ce genre d'événement
39:45qui est inversement
39:46proportionnel
39:47au reste de la population
39:48je pense
39:48et je le dis
39:49en en faisant partie
39:50mais en étant parfois
39:51moi-même
39:51un peu spectatrice
39:53on va dire
39:53alors c'est vrai
39:54que depuis très longtemps
39:56et ça dépasse de loin
39:57les derniers mois
39:58mais ça a été spectaculaire
40:00ces derniers mois
40:00on a un récit
40:02permanent
40:03de calculs d'appareils
40:05et d'additions de parties
40:06en lieu et place
40:07de tout débat
40:08de fond
40:09qui parfois
40:10c'est-à-dire
40:12le fond
40:12parfois émerge
40:13de manière
40:14loufoque
40:15pour reprendre le mot
40:16de matière
40:17alors on va reprendre
40:18les étapes
40:19de ces dernières semaines
40:20de ce qui s'est passé
40:21politiquement
40:22le gros sujet
40:23économie
40:23on va dire
40:24on a eu
40:25et on l'a maintes fois
40:26répété
40:27on a d'abord eu
40:28une grogne fiscale
40:30qui a émergé
40:30sur les réseaux sociaux
40:31avec une résonance
40:33on va dire
40:34médiatique
40:35qui s'est transformée
40:36en rejet
40:38du gouvernement
40:39qui s'est transformée
40:40en maître mot
40:40bloquons tout
40:41qui s'est transformée
40:42en manifestation
40:44coordonnée
40:45par la France insoumise
40:46puis en revendication
40:47socialiste
40:48pour taxer les riches
40:49vous avouerez que le chemin
40:50était original
40:51mais nous l'avons suivi
40:53et qu'en est-il ressorti
40:54de ce chemin
40:55rien
40:56si ce n'est des disputes
40:57interminables
40:58de curseurs
40:59dans la politique fiscale
41:00sans élargissement
41:01du débat
41:02à la question sociale
41:03à la question du modèle social
41:05à la question de la croissance
41:06à la question du mode
41:07de redistribution en France
41:08à la question des dépenses
41:10sur le terrain de la société
41:12c'est-à-dire de tous les sujets
41:13qui touchent
41:14on va dire
41:14à la vie quotidienne
41:15ou à la vie plus humaine
41:17je ne sais pas comment l'expliquer
41:18mais tout ce que l'on appelle
41:19le sociétal
41:19désormais
41:20avec ce mot assez affreux
41:21alors ces derniers jours
41:22on a appris
41:22que dans les circonstances politiques
41:25que nous avons
41:26sans budget
41:27avec un premier ministre
41:28qui met trois semaines
41:28à établir un gouvernement
41:31qui tient 12 heures
41:32bon
41:32la présidente de l'Assemblée nationale
41:34avait rendez-vous
41:35avec le président du Sénat
41:36chez le premier ministre
41:38dans ces circonstances
41:39sur quoi se sont-ils entendus
41:41sur la
41:42comment dire
41:44l'examen
41:44en urgence
41:45et expressément
41:47du texte
41:48sur la fin de vie
41:49à partir du 20 octobre
41:51c'est une urgence
41:52qui leur appartient
41:53ensuite
41:54sur le terrain politique
41:55on voit l'explosion
41:57d'un gouvernement
41:57en décollage
41:58c'est même pas en vol
41:59là c'est vraiment
42:00en décollage
42:00sur la question
42:01de la présence
42:02de tel ou tel
42:03alors si l'on regarde
42:04froidement
42:04ce qui s'est passé
42:05si je devais citer Brèche
42:06je dirais
42:07la nuit sera longue
42:07à devenir demain
42:08c'est un peu l'ambiance
42:09pour Lecornu
42:12mais on a donc
42:13Bruno Le Maire
42:14qui nous dit
42:15en effet 15 jours
42:16après avoir dit
42:16qu'il ne reviendrait
42:17jamais au grand jamais
42:18qui accepte une proposition
42:20que Sébastien Lecornu
42:21a jugé bon de faire
42:23sans avoir l'air
42:24de réaliser
42:24la charge symbolique
42:26que portait
42:27enfin symbolique
42:28et pas que
42:29mais je veux dire
42:29ça dépasse de loin
42:30évidemment
42:31Bruno Le Maire
42:32ce sujet
42:33donc Lecornu
42:35a proposé à Bruno Le Maire
42:36qui a donc accepté
42:37après avoir promis
42:37de refuser
42:38et on a au milieu de ça
42:39Bruno Retailleau
42:40qui décide que c'est
42:41la limite infranchissable
42:42en parlant de symbole
42:43c'est ça que j'ai retenu
42:45il n'a même pas
42:46parlé
42:46évoqué un désaccord de fond
42:48il a parlé du symbole
42:49que représentait
42:50Bruno Le Maire
42:50et pour cause
42:51et pour cause
42:52le désaccord de fond
42:53je veux dire
42:54Bruno Retailleau
42:55participe à un gouvernement
42:56avec Emmanuel Macron
42:57en acceptant
42:57que ce soit une coexistence
42:58et non pas une cohabitation
43:00donc déjà Bruno Le Maire
43:01si c'est le pur jus du macronisme
43:03je pense qu'Emmanuel Macron
43:04l'est aussi
43:04si je puis me permettre
43:05et ensuite
43:06on avait Didier Migaud
43:07à la justice
43:08il y a un désaccord de fond
43:09Elisabeth Borne
43:10à l'éducation nationale
43:11je crois qu'il y a
43:12un désaccord de fond
43:13le calendrier
43:14sur la fin de vie
43:14il faudrait lui demander
43:15à lui-même
43:15je ne suis pas sûre
43:16qu'il soit en accord totalement
43:17donc on a du mal
43:19à comprendre subitement
43:20cette réaction
43:22donc où que l'on se tourne
43:23tout prend des allures
43:24ou d'opportunisme
43:26ou de copinage
43:27ou de calcul
43:28en vue de ce qui se pourrait arriver
43:29dans les prochains mois
43:31et rien
43:32toujours rien sur le fond
43:33alors c'est vrai
43:34qu'on se demande
43:34comment les français
43:35les autres
43:36pas ceux dont nous parlons aujourd'hui
43:38mais les autres
43:38peuvent s'y retrouver là-dedans
43:40mais comment savoir
43:41que cela ne correspond pas
43:43aux préoccupations
43:44des français
43:44puisqu'ils aspirent
43:46les français
43:47donc
43:47les autres
43:48à avoir quand même
43:49un gouvernement
43:50qu'est-ce qu'ils attendent ?
43:51c'est très difficile
43:52d'être catégorique
43:52à cette question
43:53vous savez les français
43:54c'est toujours un petit peu compliqué
43:55de répondre à leur place
43:56et surtout de penser
43:58qu'ils pensent en bloc
43:59mais vous avez une étude
44:00Harris Interactive
44:01qui a été faite
44:02au moment de l'arrivée
44:04de Sébastien Lecornu
44:05à Matignon
44:05et qui listait
44:06une série de préoccupations
44:07cette étude est intéressante
44:09parce qu'elle est faite
44:09à chaque fois
44:10donc elle avait été faite
44:11au moment de Michel Barnier
44:12elle avait été faite
44:13au moment de François Bayrou
44:14et on trouve
44:15les trois fois
44:16des préoccupations
44:17qui sont extrêmement similaires
44:18à chaque moment
44:20on va dire
44:20et il se trouve
44:21qu'il y a une liste
44:22de préoccupations
44:23qui sont proposées
44:24aux personnes
44:25qui sont sondées
44:25et ils ont cinq choix possibles
44:27et alors la liste
44:28est assez édifiante
44:29par rapport
44:30au débat
44:32que nous avons
44:32au sujet
44:33qui ont été les nôtres
44:34ces derniers jours
44:35je vais reprendre mes thèmes
44:36l'économie
44:37alors on a le pouvoir d'achat
44:38qui arrive en tête
44:39avec 61% des français
44:40qui le mettent en tête
44:41le système social
44:43à 47%
44:44suivi de près
44:45par la question
44:47des déficits publics
44:49mais la fiscalité
44:50elle
44:50qui a été
44:51le seul sujet
44:52pour traiter
44:53tout cela
44:54finalement
44:55elle n'arrive qu'en
44:56neuvième position
44:56avec 23% des français
44:58qui la placent
44:58dans les cinq premières
44:59préoccupations
45:00donc la préoccupation
45:02première des français
45:03qui est de taxer les riches
45:03d'ailleurs il faut qu'on aille
45:04à Matignon pour ça
45:05doucement
45:07ensuite sur la question
45:09de la société
45:09le sujet dont je vous parlais
45:11tout à l'heure
45:12l'insécurité arrive
45:13en troisième position
45:14donc juste après
45:15le pouvoir d'achat
45:16et le système social
45:17et l'immigration
45:18en sixième
45:18avec 44% des français
45:20et 40% des français
45:21qui le placent
45:22dans les premières
45:23préoccupations
45:24la fin de vie
45:25elle arrive en 15ème position
45:26avec 8% des français
45:28qui placent le sujet
45:29dans les cinq priorités
45:30de ce gouvernement
45:31pour vous donner une idée
45:32par rapport à mon exemple
45:34de tout à l'heure
45:34et sur la question politique
45:36alors il est demandé
45:38aux gens
45:38qui vous voudriez
45:40voir rentrer
45:41dans ce gouvernement
45:41à qui vous feriez confiance
45:42il y a seulement
45:43deux propositions
45:44qui passent la barre
45:45des 50%
45:46premièrement
45:47les acteurs
45:48de la société civile
45:49c'est 58%
45:50deuxièmement
45:51le rassemblement national
45:52c'est 52%
45:53alors au-delà
45:54on pourrait faire une analyse
45:55des acteurs
45:56de la société civile
45:57et du rassemblement national
45:58dans un tel gouvernement
45:59mais ce qui est sûr
46:00c'est que
46:00un
46:00quand on dit des acteurs
46:02de la société civile
46:03ça signe
46:04dans l'imaginaire collectif
46:05le rejet précisément
46:07de ce qu'on appelle
46:07la tambouille politicienne
46:09et qui arrive sous nos yeux
46:10et le rassemblement national
46:12si l'on revient
46:13à cette tambouille
46:13ce sont les seuls
46:17à leur corps défendant
46:18en l'occurrence
46:18qui en sont exclus
46:19de cette tambouille
46:20quoi qu'il arrive
46:21donc on pourrait voir
46:22ici aussi un message
46:23de on voudrait voir
46:25autre chose
46:26en réalité
46:26arriver au gouvernement
46:27que le spectacle
46:28qui nous est offert
46:29encore une fois
46:29ces derniers mois
46:30mais malheureusement
46:31depuis finalement
46:32de longues années
46:33et on a l'impression
46:34on ne peut pas parler
46:35à l'un des français
46:35qu'ils ont honte
46:36un peu aujourd'hui
46:38faut-il
46:38Charlotte Dornelas
46:40faut-il d'alors
46:41retourner aux urnes
46:42comme le pérenniste
46:43de nombreux commentateurs
46:45et même de nombreux politiques
46:46on verra avec
46:46Jean-Luc Mélenchon notamment
46:47alors c'est vrai
46:48que ça fait des mois
46:49que l'on dit
46:50il faut retourner aux urnes
46:51que nous le disons nous-mêmes
46:52ça semble absolument nécessaire
46:53étant donné le blocage
46:54mais ce n'est pas
46:55nécessairement suffisant
46:56c'est-à-dire que cela dépend
46:57de ce qu'on fait des urnes
46:58et de ce que l'on demande
47:00dans les urnes
47:00cette situation
47:01la situation dans laquelle
47:02nous sommes
47:03pour rappel
47:04est le résultat
47:05d'un retour aux urnes
47:06aux urnes
47:06pardon
47:07qui avait été décidé
47:08un pour de mauvaises raisons
47:09et organisé
47:10sans la liberté
47:11du vrai débat
47:12qui permet aux urnes
47:13de s'exprimer
47:14sereinement
47:15le retour aux urnes
47:17ça peut être un peu
47:18l'autre sort
47:18vous savez pendant
47:19des années
47:19même récemment d'ailleurs
47:21on nous dit tout le temps
47:22il y a une question
47:23qui émerge dans le web public
47:24on nous dit
47:2480% des français pensaient
47:26et il y a beaucoup de gens
47:26qui répondent
47:27c'est vrai qu'il nous faudrait
47:28un débat
47:29ils disent
47:29non non
47:30s'il y a 80% des français
47:31c'est pas un débat
47:32qu'il nous faut
47:33c'est quelqu'un qui tranche
47:34en fait
47:34qui dit
47:35bon ben on va répondre
47:36à cette question
47:36le retour aux urnes
47:38c'est un peu le même
47:40le même lettre motif
47:40chez certains
47:41c'est-à-dire la volonté
47:42de ne pas voir la réalité
47:43que pourtant
47:44nous pouvons voir
47:45tous ensemble
47:47alors les législatives
47:48à l'époque
47:49elles ont été la dissolution
47:50et donc les législatives
47:51ont été convoquées
47:52on a tendance à l'oublier
47:54mais pour faire oublier
47:55le résultat
47:55d'une élection européenne
47:56qui signait clairement
47:58un rejet
47:58par les partis
48:00arrivés en tête
48:01et les résultats
48:02qui étaient ceux
48:02de cette élection
48:03un rejet de l'Union Européenne
48:05telle qu'elle est aujourd'hui
48:06et telle que Macron
48:07la veut encore plus demain
48:09on va dire
48:10donc on a convoqué
48:11des législatives
48:12qui ne répondent pas
48:13très directement
48:14à cette question
48:15nous sommes d'accord
48:15et elles sont organisées
48:17dans un immense calcul
48:19d'appareils
48:19qui vise
48:20et de manière dite
48:21à empêcher
48:23l'émergence
48:23d'une majorité
48:24qui est en l'occurrence
48:26celle du Rassemblement National
48:27qui était la seule
48:27qui pouvait se dessiner
48:29donc le résultat
48:30que nous avons aujourd'hui
48:31est le résultat voulu
48:32et calculé
48:34par tous ceux
48:35qui ont participé
48:36à l'idée
48:36qu'il fallait s'allier
48:37pour empêcher
48:38que la majorité émerge
48:39donc aujourd'hui
48:40on nous dit
48:40c'est l'horreur
48:41on n'a pas de majorité
48:41mais ça a été voulu
48:43c'est le résultat
48:44d'un calcul
48:45voulu
48:45dit
48:46expliqué
48:46et organisé
48:48donc les urnes
48:49ne résolvent
48:50on va dire
48:50pas tout
48:51en elles-mêmes
48:51la manière
48:52de s'en sortir
48:53pourrait être
48:54et ça on en a souvent parlé
48:55un retour thématique
48:57aux urnes
48:57donc par le biais
48:58du référendum
48:59ça pourrait permettre
49:00de sortir de la question politique
49:01en réalité
49:02beaucoup de réponses
49:03apparaissent clairement
49:04dans les études
49:05dans les études
49:06dans les sondages
49:07et même
49:08au moment des
49:09comment dire
49:09des campagnes électorales
49:11on comprend
49:12qu'il y a certains sujets
49:12qui sont très clairs
49:13vous savez
49:13les candidats
49:15sont beaucoup plus
49:15vatanguère
49:15que les personnes élues
49:16en général
49:17sur certains sujets
49:18et ces réponses
49:21peinent à exister
49:22comme des réponses
49:23légitimes
49:24dans les milieux
49:25que l'on appelle
49:26paradoxalement
49:27les faiseurs d'opinion
49:27j'ai nommé la politique
49:29et le milieu médiatique
49:31donc les faiseurs d'opinion
49:32ne suivent pas
49:33en l'occurrence
49:33une opinion
49:34que l'on connaît
49:35sur les sujets
49:36que j'évoquais tout à l'heure
49:37résultat
49:38le fossé apparaît
49:38immense
49:39et la crise
49:40semble totale
49:42Fossé immense
49:43crise
49:44qui semble
49:45totale
49:46Mathieu Bocoté
49:47je vous donne la parole
49:48dans un instant
49:49je veux qu'on écoute d'abord
49:50puisqu'on va parler
49:51de la gauche
49:52avec vous
49:52pour voir
49:54zoomer un peu
49:55sur ce qui se passe
49:56à gauche
49:56on va écouter d'abord
49:57Jean-Luc Mélenchon
49:57qui ce matin
49:59a entouré
50:00des responsables
50:01de LFI
50:02s'est exprimé
50:03écoutez-le
50:04il faut donc
50:06pour répondre
50:07à cette situation
50:08aller au coeur
50:09du problème
50:10c'est à dire
50:11en revenir
50:13au peuple
50:15c'est à dire
50:17mettre en cause
50:20la légitimité
50:21du président
50:22de la république
50:23dans les formes
50:24que notre
50:26démocratie parlementaire
50:29permet
50:29qu'elles sont
50:31elles
50:31il y en a une
50:32la destitution
50:34du président
50:35de la république
50:36telle qu'elle est prévue
50:37par la constitution
50:38elle-même
50:39c'est un peu
50:40ce que vous disiez
50:41Charlotte Dornela
50:42s'il faut revenir
50:42au peuple
50:43on était ensemble
50:44à Norasile-le-Roy
50:45hier avec
50:45Gabriel Cluzel
50:46on parlait
50:47justement
50:48de cette gauche
50:48qui pourrait peut-être
50:49revenir au pouvoir
50:51on va demander
50:52à Mathieu Bocoté
50:53qui s'est penché
50:53sur la question
50:54est-ce que la gauche
50:55peut prendre le pouvoir
50:57c'est intéressant
50:58parce qu'aujourd'hui
50:58le PS
50:59ils ont déclaré
50:59on est prêt
51:00à revenir au pouvoir
51:00pour éviter
51:02l'extrême droite
51:03toujours
51:03en fait
51:04il faut comprendre
51:04que la France politique
51:06c'est quand le régime français
51:07depuis
51:07même pas 2022
51:09dans le fait
51:09depuis 2017
51:10et même avant
51:11la légitimité politique
51:13est une légitimité
51:14négative
51:15j'en ai déjà parlé ici
51:16c'est-à-dire
51:17pourquoi voter pour nous
51:19parce que nous ne sommes pas eux
51:20et pourquoi nous ne sommes pas eux
51:21parce que c'est le diable
51:23et nous
51:23nous sommes peut-être médiocres
51:24peut-être pas parfait
51:25mais nous ne sommes pas le diable
51:26et le barrage antifasciste
51:28et le barrage constitutif
51:30qui dérègle l'ensemble
51:31de la vie politique française
51:32depuis des années
51:34alors il faut y revenir
51:35la gauche effectivement
51:36se croit appelée
51:37croit son heure venue
51:38je dirais que le génie
51:40de la gauche
51:40et ce n'est pas
51:41une insulte de le dire
51:42la gauche croit toujours
51:43que son heure est venue
51:44quelles que soient les circonstances
51:46la gauche dit
51:47c'est mon tour
51:48et si c'est mon tour
51:49on va trouver le moyen
51:49de s'unir
51:50pour prendre le pouvoir
51:51alors que la droite
51:52même quand les circonstances
51:54sont idéales
51:55la droite trouve toujours
51:56une raison de se diviser
51:57le peuple de droite
51:59est d'accord
51:59les appareils de droite
52:00expliquent qu'ils ne s'entendront
52:01jamais entre eux
52:03cela dit
52:03dire que la gauche
52:05veut revenir au pouvoir
52:06qu'est-ce que ça veut dire
52:06dans les circonstances présentes
52:08et bien il y a le retour
52:09du mythe du NFP
52:10on a entendu depuis hier
52:12on a même entendu
52:13Alain-Lucie Castette
52:13on l'avait oublié
52:14celle-là
52:14on va l'oublier demain
52:16il ne faut pas se tromper
52:16dire
52:17il faut en revenir
52:18à la victoire majoritaire
52:20de 2024
52:21on va l'oublier demain
52:22pardon
52:22je fais une petite parenthèse
52:23comme ça en douce
52:24je pense même
52:24soyons honnêtes
52:25ce soir
52:25on va revenir
52:28de façon régulière
52:29maintenant
52:29mais oui
52:30on peut toujours rappeler
52:31alors ce qui est assez intéressant
52:33c'est qu'on est devant
52:34des gens qui réactivent
52:35le mythe de 2024
52:36qui consiste à dire
52:37le NFP a gagné
52:38les élections
52:39nous sommes les vainqueurs
52:40le fait qu'on ne gouverne pas
52:41aujourd'hui
52:42est un bris de démocratie
52:43donc le NFP
52:44a tout fait
52:45pour tripatouiller
52:46en fait
52:46le plus largement
52:47le Front populaire
52:48a tripatouillé
52:52les résultats
52:52des élections
52:53en produisant
52:53un dérèglement
52:54électoral majeur
52:56le NFP dit
52:57eh bien le pouvoir
52:58devrait nous revenir
52:58donnez-nous le pouvoir
53:00mais ils ne le veulent pas
53:02tous de la même manière
53:03alors les socialistes
53:04qui ont la culture parlementaire
53:05ils ont des prêts
53:06à gouverner
53:06donnez-nous le pouvoir
53:07et nous allons gouverner
53:08d'une manière ou de l'autre
53:09les écolos sont aussi
53:11dans cette logique
53:12LFI c'est un peu
53:13autre chose
53:14LFI vous l'avez dit
53:15vous avez d'ailleurs
53:16passé l'extrait
53:16d'Emmanuel
53:17de Jean-Luc Mélenchon
53:18qui lui
53:19considère
53:21et on peut le comprendre
53:22c'est sa psychologie
53:22c'est sa stratégie
53:23qu'il ne peut s'épanouir
53:25que dans le chaos
53:26Jean-Luc Mélenchon
53:27ne croit pas
53:27les victoires parlementaires
53:28classiques de LFI
53:29Jean-Luc Mélenchon
53:31croit
53:31plus la situation
53:33est chaotique
53:33plus nous sommes capables
53:35de prendre le pouvoir
53:35parce que nous sommes
53:36les seuls
53:37à contrôler la rue
53:37il ne faut jamais oublier
53:38que dans l'imaginaire
53:39politique de la gauche
53:40le contrôle de la rue
53:41ça compte
53:42c'est la capacité
53:42de paralyser un pays
53:43et LFI
53:44ne se désole jamais
53:45lorsque la politique
53:46passe de l'assemblée
53:47à la rue
53:47par ailleurs
53:48vous noterez une chose
53:49qui m'a frappé aujourd'hui
53:50LFI
53:51fait des propositions
53:52d'alliance
53:53à des partenaires
53:53plus faibles
53:54LFI dit
53:55vous les socialistes
53:56vous les communistes
53:57vous les écolos
53:57venez vous asseoir avec nous
53:59nous allons construire
54:00une coalition ensemble
54:01donc LFI
54:02le partenaire le plus puissant
54:04de cette coalition
54:05dit
54:06je ne gouvernerai pas seul
54:07j'ai besoin de mes alliés
54:08si je me tourne à droite
54:10de l'autre côté
54:10du spectre politique
54:11je constate que
54:12le parti dominant
54:13veut gouverner seul
54:14et réfractaire à toute forme
54:15d'alliance
54:16j'ai entendu par exemple
54:17aujourd'hui quelqu'un du RN
54:18dire que M. Retailleau
54:19adhère individuellement
54:20au RN
54:21il sera le bienvenu
54:22mais un accord d'appareil
54:24entre LR, IDL,
54:25reconquête, le RN
54:26nous n'en voulons pas
54:27nous gagnerons seul
54:28autre élément
54:30quelle est cette coalition
54:31donc ça peut être
54:31une coalition autour de LFI
54:32mais qui a le culte
54:34de la rue
54:34je l'ai dit
54:35où se dessine aussi
54:36une autre coalition possible
54:38et ça on en parlait
54:38aujourd'hui
54:39Mme Tondelier
54:40l'évoquait d'autres
54:40une coalition qui serait
54:42PCF, Écolo, PS
54:44et la gauche de la Macronie
54:45et c'est là qu'on croise
54:47l'hypothèse Glucksmann
54:47vous savez
54:48on est en ce moment
54:49on est au coeur
54:50de l'opération Glucksmann
54:51peut-être pas depuis 48 heures
54:54mais la semaine dernière
54:55on l'a vu
54:55le système
54:56cherche à imposer
54:58en ce moment
54:58cette idée
54:59qu'il y a une candidature
54:59Glucksmann en ascension
55:01et tous sont appelés
55:02à voir en cette candidature
55:03la nouvelle candidature
55:05rédemptrice
55:06rédemptrice
55:06pour être capable
55:07d'éviter l'extrême droite
55:08au pouvoir
55:08donc la gauche de gouverner
55:10il y a donc
55:11trois scénarios devant elle
55:12soit le scénario NFP
55:14on reconduit
55:15soit le PS
55:16qui avec l'espèce
55:17de coalition des gauches
55:18plus l'élément
55:19frange de la Macronie
55:20dit
55:20nous sommes prêts
55:21à gouverner
55:21ou alors
55:22il y a cette espèce
55:22de précipitation
55:23vers 2027
55:25et on y arrive
55:25en disant
55:26la séquence présente
55:27elle est transitoire
55:292027 toutefois
55:30nous sommes capables
55:31de l'emporter
55:32avec une nouvelle coalition
55:33et encore une fois
55:34je le rappelle
55:34parce que c'est fondamental
55:35la gauche croit
55:36toujours en sa capacité
55:37de s'unir
55:38et elle y parvient
55:39ce n'est pas la même chose
55:40de l'autre côté
55:40du spectre politique
55:42selon vous
55:43il n'y a pas de dénouement
55:44possible avant la présidentielle
55:46aucun dénouement fondamental
55:47on est en ce moment
55:48dans un système électoral
55:50qui a produit du faux
55:51il faut bien comprendre
55:52que le front républicain
55:54tel qu'on l'a connu
55:54ne visait pas
55:55Charlotte le disait
55:56très justement
55:57à produire un gouvernement
55:58conforme aux tendances
56:00lourdes du pays
56:00il visait à empêcher
56:02les tendances lourdes
56:03du pays
56:03de s'exprimer
56:04quand on dit
56:05pas d'appel au peuple
56:06parce que sinon
56:06il y aura une vague brune
56:07brune comme dans l'Asie
56:08quand on dit ça
56:10il y a cette idée
56:11très particulière
56:12d'une politique
56:12qui se construirait
56:13contre la majorité
56:14ça va encore plus loin
56:16les systèmes d'alliances
56:17que l'on connait
56:17jusqu'à présent
56:18sont plutôt morts
56:19j'entends par là
56:20qu'il n'y a aucune
56:21des coalitions
56:22telles qu'elles existent
56:23en ce moment
56:23qui peut gouverner
56:24mais on sait
56:24qu'il y a une flexibilité
56:25stratégique à gauche
56:27qui existe
56:28et quand on se demande
56:29est-ce que la gauche
56:29peut gouverner
56:30c'est autour de cette
56:31flexibilité stratégique
56:32qu'elle peut s'emparer
56:33du pouvoir
56:33demain ou après-demain
56:34il faut se rappeler
56:35une chose qui est fondamentale
56:36la pulsion fondamentale
56:37en France aujourd'hui
56:38c'est le dégagisme
56:39c'est le dégagisme
56:40c'est cette idée
56:40que franchement
56:41ils sont tous nuls
56:42franchement
56:43il n'y en a pas un
56:44pour sauver l'autre
56:45ils sont globalement nuls
56:47ils sont interchangeables
56:48dans leur nullité
56:49et nous n'en voulons plus
56:50je ne dis pas
56:50que c'est vrai évidemment
56:51je dis que le sentiment
56:52de Milan
56:53c'est celui-là
56:54et je le redis
56:55je l'ai évoqué
56:55une première fois
56:56mais je le redis
56:56pour qu'on le comprenne bien
56:57le système est parfaitement
56:59capable d'instrumenter
57:00la pulsion dégagiste
57:02et il n'est pas
57:03tout comme en 2017
57:04ne l'oublions pas
57:04Emmanuel Macron
57:05était un instrument
57:06du dégagisme
57:07il n'est pas inimaginable
57:08que demain
57:09M. Glucksmann
57:10soit l'instrument
57:10du dégagisme du régime
57:12qui fera tout
57:12pour se maintenir
57:13à tout prix
57:14tout pour se maintenir
57:15à tout prix
57:16peut-être une dernière
57:17question subsidiaire
57:18en 10 secondes
57:19va-t-on vers une 6ème république ?
57:21je ne crois pas
57:22je ne crois pas
57:22ça c'est l'objectif
57:23de LFI
57:24je pense qu'on se redire
57:25soit si la droite
57:26l'emporte un jour
57:26c'est le retour
57:27à la 5ème république
57:28des origines restaurées
57:29si la gauche l'emporte
57:31je crois qu'on va être
57:31dans une espèce
57:31de régime baroque
57:32qui officiellement
57:33sera la 5ème
57:34mais dans les faits
57:35ne le sera plus du tout
57:35mais soyons honnêtes
57:36ça fait bien des années
57:37qu'on n'est plus
57:37dans la 5ème du tout
57:38quand le gouvernement
57:39des juges
57:40et la dictature des juges
57:41a remplacé la référence
57:42au peuple
57:43dans les faits
57:43nous ne sommes plus
57:44en 5ème république
57:45nous sommes dans une forme
57:45de néant institutionnel
57:47moralité
57:47rien ne va se passer
57:48selon vous
57:49d'ici à l'élection présidentielle
57:51et moralité
57:51selon ce que disait
57:52Charles Donnella
57:53ce peut même
57:54qu'à l'élection présidentielle
57:55on n'obtient pas
57:56forcément le résultat
57:57que les français souhaitent avoir
57:58mais vous avez absolument raison
57:59je pense qu'il est toujours possible
58:01que le co-pire
58:02succède l'encore pire
58:03car comme j'aime le dire
58:04au fond du trou
58:05il y a toujours une pelle
58:07est-ce qu'on peut dire
58:08qu'on traite les français
58:09avec mépris ?
58:10est-ce qu'on peut dire
58:10qu'on ne respecte pas les français ?
58:12je laisse les questions
58:13merci à tous
58:14pour cette édition particulière
58:16tout de suite
58:17Pascal Proulx
58:17pour la défendre
58:18et puis on se retrouve demain
58:19pour la défendre
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