Si la démission de Sébastien Lecornu de son poste de Premier ministre, officialisée ce lundi 6 octobre au matin, fait la Une de l'actualité en France, les réactions s'enchaînent aussi à l'international. Beaucoup pointent du doigt un Emmanuel Macron fragilisé.
00:00D'abord, l'inquiétude économique, elle est très nette dans les pays anglo-saxons. Pourquoi ? Parce que dans ces pays-là, on le sait, les marchés et les agences de notation, essentiellement anglo-saxonnes,
00:10savent bien à quel point la santé politique d'une démocratie, la santé de son économie de marché, c'est très important. Les réformes qui vont avec, c'est très important, surtout pour un pays comme la France,
00:21dont, je le rappelle, c'est la deuxième économie de la zone euro. On le voit, le spread avec l'Allemagne, c'est-à-dire le taux auquel on emprunte,
00:30il est en train de s'accentuer, Emmanuel Lechypre en parlait encore ce matin, la chute des valeurs bancaires à la bourse. Quand la France va mal, l'Europe va mal.
00:41Mais il y a aussi une incompréhension sur notre système politique.
00:43Alors, il y a une forme d'abord de sidération, parce qu'en même temps, on ne comprend pas, mais on essaye d'expliquer factuellement ce qui se passe.
00:53Regardez ce que dit, par exemple, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui est un journal conservateur allemand,
00:58la démission de le cœur nu cause un désordre encore jamais vu depuis les débuts de la Ve République.
01:02C'est vrai, factuellement, mais il y a une forme d'incrédulité sur le spectacle que nous offrons au reste du monde.
01:10Regardez, par exemple, ce que dit The Standard, ce grand journal flamand, très pro-européen en Belgique.
01:17Ceux qui croyaient nager dans un chaos complet seront surpris.
01:19La politique française est parvenue à renforcer la dose, autrement dit, comme si ça n'était pas terminé.
01:25Mais dans ces deux pays, l'Allemagne et la Belgique, quoi ?
01:29On vit en coalition depuis des années.
01:31On réussit à s'entendre entre gauche modérée, écologiste, centre droit, droite conservatrice.
01:39En Belgique, on a même attendu parfois presque deux ans avant de former un gouvernement
01:45pour prouver qu'on était capable de s'entendre sur des bases de conciliation.
01:50Et ce qu'on retrouve également dans la presse européenne ce matin,
01:54c'est quand même aussi, effectivement, une déception par rapport à Emmanuel Macron.
01:59On rejoint ce que disait Arthur tout à l'heure.
02:00Même si, par exemple, la Grèce regardait ce journal, Cathy Mirini,
02:04qui est un journal de centre droit à Athènes,
02:07qui dit que ce n'est probablement pas la faute des premiers ministres qui ont échoué.
02:10Si quelqu'un est à blâmer, c'est bien le président qui choisit les premiers ministres.
02:14Et donc, il y a une déception par rapport à Emmanuel Macron.
02:16Mais la Grèce, par exemple, a oublié ce qui s'est passé chez elle.
02:20Pendant sept ans, une crise financière sans nom et avec des difficultés politiques
02:26pour trouver quelqu'un qui soit capable de dire « soyons courageux, regardons le réel ».
02:30Donc, c'est ça, si vous voulez, que je trouve très intéressant.
02:33C'est que dans ces moments de crise gravissime,
02:37eh bien, parfois, il faut juste se poser la question « où est le courage ? »
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