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  • il y a 3 mois

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00:00Nous trouvons l'invité d'ici matin qui est avec nous, Soazic Pelé,
00:03et avec qui on va tenter d'y voir un peu plus clair dans la crise politique que l'on vit en ce moment.
00:07Après la démission, évidemment, surprise hier de Sébastien Lecornu.
00:11Bonjour Simon Persicot.
00:13Bonjour.
00:13Vous êtes le directeur de Sciences Po Grenoble, professeur de sciences politiques.
00:17Merci beaucoup d'être dans ce studio avec nous ce matin.
00:20Le gouvernement de Sébastien Lecornu qui aura duré 14 heures.
00:24Est-ce qu'on a déjà vu ça dans l'histoire de la politique française ?
00:28Dans l'histoire à long terme, oui, on a vécu des petits gouvernements en 1914, en 1924 aussi,
00:34sous la troisième république, c'était il y a longtemps.
00:36Mais même la quatrième république, qu'on accusait pourtant d'être instable,
00:39n'avait pas produit un gouvernement aussi éphémère.
00:42Donc non, c'est quand même très inédit.
00:43Et encore moins dans la cinquième.
00:44Et encore moins dans la cinquième, même si on s'était habitué depuis 2024
00:49quand même à des gouvernements qui ne tenaient plus beaucoup
00:51avec cette absence de majorité à l'Assemblée nationale.
00:55Mais là, on bat vraiment un record.
00:56D'ailleurs, est-ce que ça vous a surpris ?
00:59Moi, je parle de démission surprise,
01:01mais vous qui vous y connaissez, qui êtes spécialiste de la politique,
01:05est-ce que ça vous a surpris aussi ?
01:07Pour tout dire, quand il a annoncé que c'était Sébastien Lecornu le Premier ministre,
01:11je me suis dit qu'il y a peu de chances que ça aboutisse à un gouvernement qui dure longtemps.
01:15Et quand Sébastien Lecornu a annoncé son gouvernement
01:18où il y avait deux tiers des ministres qui étaient reconduits,
01:20plus Bruno Le Maire qui revenait, etc.
01:22dont on connaît les tensions avec LR,
01:24j'ai dit, je ne vois pas comment ils peuvent tenir plus longtemps que le discours d'investiture,
01:28en théorie, le discours de politique générale qui devait avoir lieu mardi.
01:30J'étais vraiment convaincu qu'ils ne tiendraient pas la semaine.
01:33Finalement, ils ne tiennent même pas les 24 heures.
01:35Mais non, le problème, c'est que tous les paramètres
01:38qui avaient créé la chute des gouvernements précédents
01:40étaient exactement les mêmes.
01:41Donc, la même cause, la même conséquence.
01:44Les mêmes ministres et un Premier ministre qui vient du même camp
01:47que ceux précédents, Michel Barnier, François Bayrou.
01:51Il y a forcément des conséquences aujourd'hui dans la vie
01:55de cette absence de gouvernement.
01:58On pense par exemple au budget.
02:00Est-ce qu'il y en a d'autres ?
02:02Le problème pour l'instant, c'est qu'il n'y a pas de gouvernement.
02:06Le budget, évidemment, mais aussi les lois.
02:08Toutes les lois qui pourraient être mises en place.
02:10Il n'y a pas de programme d'action.
02:13Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
02:15Donc, en fait, on ne sait pas du tout vers où on pourrait aller.
02:17Et là, je dirais que là, c'est plus grave.
02:19Parce qu'en réalité, ce n'est pas comme si on avait un espoir
02:22d'avoir un gouvernement bientôt.
02:24Il reste 48 heures.
02:25Là, il y a eu une sorte d'ultimatum de 48 heures.
02:27Il y a de fortes chances qu'en réalité, les conséquences
02:29ce soient soit une dissolution,
02:30soit quelque chose qui changerait vraiment la donne
02:35des différents partis.
02:37Parce que pour l'instant, vous voyez bien,
02:38le problème, c'est cette Assemblée nationale
02:39qui est trop divisée
02:40et où personne ne réussit à faire 290 sièges
02:44qui gouvernent ensemble à peu près.
02:47Ça, je ne vois pas bien comment ça peut arriver.
02:49Autre hypothèse, la démission d'Emmanuel Macron
02:51et du coup, une élection présidentielle
02:52qui viendrait complètement aussi rebattre les cartes.
02:54Mais dans tous les cas, la vie politique est à l'arrêt
02:58d'une certaine manière au niveau national.
02:59Beaucoup d'incertitudes.
03:00Il est 7h49.
03:01Notre invité ce matin, c'est Simon Persico,
03:03directeur de Sciences Po Grenoble,
03:05professeur de sciences politiques également.
03:06Et on revient avec vous, Soazic,
03:08et avec vous, M. Persico,
03:10sur la situation politique actuelle.
03:12Je voulais revenir sur plusieurs choses
03:13que vous avez citées, M. Persico,
03:15à commencer par la démission d'Emmanuel Macron
03:18qui est réclamée par une partie de la gauche.
03:21Est-ce que ça, c'est possible ?
03:23La démission du président de la République ?
03:25Oui, c'est tout à fait possible.
03:27Enfin, je veux dire, il en a le pouvoir.
03:29Il a le droit de décider que ça suffit.
03:30Mais est-ce que vous pensez qu'il va le faire ?
03:31Je dirais qu'il y a peu de chances quand même
03:34parce que ça voudrait quand même dire,
03:35par exemple, que son bilan,
03:37les 8 ans dans lesquels il a exercé le pouvoir
03:42seraient vraiment un échec.
03:43Ce serait ça dont on se souviendrait.
03:45Cela dit, je ne suis pas sûr
03:46qu'on se souvienne d'autre chose
03:47que cette succession de gouvernements
03:48qui se cassent la gueule.
03:50Mais ce serait un aveu d'échec énorme.
03:52Après, la situation politique,
03:53elle est suffisamment...
03:54Parce que le problème aussi,
03:55c'est est-ce que les législatives,
03:57éventuellement des législatives anticipées,
03:59résoudraient le problème ?
04:00Ce n'est pas du tout sûr.
04:01Parce qu'en réalité,
04:02les électorats sont très divisés
04:04avec ces trois blocs-là.
04:06Un bloc de droite radicale autour du RN,
04:08un bloc, on va dire,
04:09de centre-droite,
04:11et un bloc de gauche.
04:13Et que ces divisions-là,
04:15si les acteurs réussissent à s'unir,
04:17parce que quand même,
04:17si la gauche part complètement divisée,
04:19ça peut donner des résultats différents,
04:20mais il y a de fortes chances
04:21qu'ils réussissent quand même à s'unir
04:22parce que la pression va être forte
04:23et que du coup,
04:24cette espèce d'équilibre
04:25qui fait qu'il n'y a pas de majorité
04:27pourrait très bien être reproduit.
04:29Oui, on se retrouverait
04:30avec la même Assemblée.
04:31Avec une situation assez similaire,
04:32avec une absence de majorité.
04:33C'était déjà le cas en 2022,
04:35je vous rappelle,
04:35il n'y avait pas de majorité absolue
04:36à l'Assemblée.
04:37Et où en fait,
04:37là c'est plutôt aux acteurs politiques,
04:39aux élus,
04:40aux partis,
04:41d'être capables de franchir le pas,
04:42ce qu'ils n'ont pas été capables de faire,
04:44de dire,
04:44on est capables de faire
04:45des accords de coalition,
04:46de gouverner ensemble,
04:48de trouver des compromis.
04:49Ça aurait pu être
04:50de faire un signal vers le RN
04:51en disant,
04:52on va faire, je ne sais pas,
04:52une grande loi anti-immigration
04:54où on va un peu sortir l'Union Européenne,
04:56enfin doucement,
04:57je veux dire,
04:57moins donner d'argent à l'Union Européenne
04:58ce que demandait Marine Le Pen
04:59et donc d'avoir le soutien
05:00du Rassemblement National.
05:01Ça aurait pu être de dire,
05:02bon, on va faire la taxe Zuckman
05:03sur les plus riches,
05:05on va revenir sur la loi des retraites,
05:06etc.
05:07Comme ça,
05:07l'EPS,
05:08les Verts,
05:08montent un peu à bord
05:09et acceptent de soutenir,
05:11en tout cas,
05:12pas forcément monter au gouvernement,
05:13mais en tout cas soutenir.
05:14Mais ce n'est pas ce qu'ils ont fait.
05:15Ils sont restés vraiment en droit
05:17sur leur ligne programmatique
05:18et du coup,
05:19des acteurs politiques
05:19qui refusent de s'entendre.
05:21Bon,
05:21on aura encore 48 heures
05:23pour voir ce que ça donne,
05:24si ça amène à effectivement
05:25une dissolution
05:26de l'Assemblée Nationale,
05:28à une démission,
05:28pourquoi pas,
05:29d'Emmanuel Macron.
05:30Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin,
05:32Simon Persicot,
05:33directeur de Sciences Po Grenoble,
05:34pour tenter d'y voir
05:35un petit peu plus clair.
05:36Merci beaucoup
05:36et bonne journée.
05:37Merci.
05:39Merci.
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