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Crise politique : «S'il y a une dissolution, il n'y aura pas de majorité absolue», assure Philippe Brun
Europe 1
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il y a 3 mois
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00:00
13h-14h, Europe 1 Info.
00:03
Et à 13h48 sur Europe 1, Clélie Mathias, on vous retrouve avec vos deux chroniqueurs,
00:07
Georges Fenech, Jean-Michel, Salvatore, et votre invité, toujours avec vous en studio,
00:11
Philippe Brun, député PS de l'heure.
00:13
Est-ce qu'on aura un gouvernement de gauche dans quelques heures ?
00:16
Parce que je vous rappelle que le délai imparti, donné en tout cas par le Président de la République
00:20
à Sébastien Lecornu, expire ce soir.
00:23
Ce matin, les négociations continuaient à Matignon.
00:26
Le PS a été reçu, suivi du PC, et puis les écologistes sont reçus en ce moment même.
00:32
Philippe Brun, vous êtes député socialiste de l'heure.
00:36
Vous nous disiez que l'idée, si je résume bien votre pensée,
00:40
ce serait de faire un gouvernement de gauche, certes,
00:43
mais en construisant des accords sur quelques priorités, notamment le budget.
00:48
Mais écoutez ce qu'en pense Roger Carucci, les sénateurs, les républicains des Hauts-de-Seine.
00:52
Et lui, il a tout de suite dit, s'il y a un gouvernement de gauche qui est nommé,
00:54
ce sera la censure.
00:56
Si vous avez un gouvernement de gauche qui commence par dire,
00:59
on va accroître la fiscalité, on va suspendre la réforme des retraites,
01:02
on va donc mettre le pays par terre, parce que la réalité, c'est qu'on est déjà couvert de dettes
01:07
et avec un déficit considérable.
01:10
Si vous rajoutez des dettes, si vous rajoutez du déficit,
01:13
expliquez-moi pourquoi les gens de droite accepteraient ce gouvernement.
01:16
Le pays est de plus en plus à droite, et on accepterait un gouvernement de gauche,
01:19
sans le censurer, alors que la gauche a censuré systématiquement les gouvernements de droite.
01:24
Ça n'a pas de sens.
01:25
Roger Carucci, qui a été l'invité des LCI ce matin,
01:27
et quant à Marine Le Pen, qui est en Auvergne, au sommet de l'élevage,
01:32
elle dit que c'est fin de la recrée, ça sera censure.
01:34
De toute façon, écoutez-la.
01:35
Je censure tout.
01:37
Là, maintenant, stop.
01:38
La plaisanterie a assez duré.
01:41
On fait courir les Français derrière des babales,
01:44
tout ça pour gagner du temps.
01:46
C'est inadmissible.
01:47
Donc ça n'est pas, d'ailleurs, les politiques qui vont être données,
01:49
s'ils veulent supprimer, s'ils veulent suspendre, ils suspendent.
01:52
Ils ont largement le temps, entre le moment où on déposera la motion de censure,
01:58
de le faire.
02:00
Et ce sera au bénéfice de tous.
02:02
Mais on ne peut pas admettre qu'on contourne à ce point
02:06
les institutions de la Ve République.
02:08
Donc voilà, maintenant, on siffle la fin de la récréation.
02:13
Alors, Philippe Brun, je sais que vous êtes de bonne volonté,
02:16
et je veux bien qu'on refasse un petit peu d'arithmétique,
02:17
qu'on recompte tous les sièges à l'Assemblée,
02:19
puisqu'on fait ça depuis maintenant, 9 juin 2024.
02:22
Mais quand même, là, si vous avez LR qui censure,
02:25
si vous avez le RN qui censure,
02:26
est-ce que vous arrivez à quand même faire un budget ?
02:30
Oui, bien sûr.
02:31
En gros, même si LFI censurait,
02:33
LFI plus RN plus LR, ça ne fait pas 290.
02:36
Donc il faut un accord de non-censure.
02:38
On va essayer de le faire avec tous les groupes qui veulent bien,
02:41
mais si on avait un accord de non-censure
02:42
qui allait de horizon, disons, au PC,
02:45
il y a 303 députés.
02:48
Donc ça marche, ça fonctionne.
02:49
C'est juste.
02:50
Oui, mais c'est juste.
02:51
C'est toujours mieux que rien.
02:53
Mais ce n'est pas gagné, ça.
02:55
Je sais bien.
02:56
Excusez-moi, on fait tout le temps de la politique fiction,
02:58
on est obligé de le faire,
02:59
parce qu'on est dans une situation difficile,
03:00
et on doit essayer de compter les uns les autres,
03:02
inextricable, avec la dissolution décédée l'année dernière.
03:06
De toute façon, il faut se donner cette chance.
03:08
Je le dis, s'il y a une dissolution,
03:09
il n'y aura pas de majorité absolue pour personne.
03:11
Et on devra recommencer dans des circonstances encore plus difficiles,
03:14
parce qu'il y aura encore plus de députés de gauche,
03:16
il y aura plus de députés RN,
03:18
avec une incompatibilité encore plus forte,
03:20
si vous voulez, à gouverner ensemble.
03:22
Donc la raison aujourd'hui,
03:23
c'est d'essayer de monter ce gouvernement de défense républicaine,
03:27
et d'essayer de trouver un moyen de faire adopter un budget.
03:29
Je crois que c'est possible, je vous le dis.
03:31
J'ai discuté que l'ensemble des groupes décompromis sont possibles,
03:34
c'est notre devoir de le faire.
03:35
Mais pourquoi ce qui n'a pas été possible sous Barnier,
03:37
sous Bayrou, sous le Cornu ?
03:39
C'était possible sous Bayrou, je rappelle quand même que le budget
03:41
qui était actuellement exécuté, il a été rendu possible
03:44
grâce à l'abstention des socialistes.
03:46
Et on est allé négocier, j'ai passé moi dix jours
03:48
enfermé dans le bureau d'Éric Lombard,
03:50
en tant que représentant des socialistes,
03:52
à négocier ce budget.
03:53
Et on a obtenu l'abandon à l'époque de la désindexation des retraites,
03:57
l'abandon des franchises médicales,
03:58
l'abandon du remboursement des médicaments,
04:00
et puis des crédits supplémentaires pour l'investissement,
04:04
pour l'eau.
04:04
On a obtenu aussi des moyens supplémentaires pour l'hôpital,
04:09
et certains éléments de fiscalité aussi.
04:11
Bref, on avait réussi à trouver un compromis.
04:13
Ce qui n'a pas été valable pour le budget de Bayrou,
04:15
tel qu'il l'a présenté, moi d'autre.
04:16
Parce que François Bayrou est parti, peut-être la première,
04:18
tout seul, à faire des déclarations,
04:21
et puis ensuite a surpris tout le monde,
04:23
en demandant un vote de confiance,
04:24
sans aucune négociation préalable.
04:26
Il a enterré son propre gouvernement.
04:28
Jean-Michel Salvatore.
04:29
Vous parlez d'un gouvernement de défense républicaine,
04:33
mais moi j'ai plutôt l'impression que c'est un gouvernement de dépense républicaine.
04:38
Est-ce que vous n'avez pas peur de la réaction des marchés financiers ?
04:41
Quand on entend dire qu'on va suspendre la réforme des retraites,
04:45
ça veut dire qu'en fait, elle va être peu ou prou abandonnée.
04:48
Est-ce que vous n'avez pas peur que les marchés se réveillent,
04:51
et s'inquiètent ?
04:52
On emprunte chaque année en France 300 milliards d'euros.
04:56
Il va de soi que si on envoie le signal
04:58
qu'on est incapable de se réformer,
05:01
et qu'on est incapable de réduire notre endettement,
05:04
évidemment que les taux d'intérêt vont flamber.
05:06
Qu'est-ce que vous avez à répondre à ça ?
05:08
Alors, je me suis vraiment posé la question,
05:10
et nous, avant de préparer le budget du PSC qui est sorti au mois d'août,
05:13
donc je suis l'un des auteurs,
05:14
moi j'ai rencontré tous les investisseurs.
05:16
C'est-à-dire même cet après-midi,
05:17
je fais un pitch, comme on dit, auprès de la Banque of America,
05:19
avec 15 investisseurs,
05:20
pour essayer d'expliquer ce qu'on veut faire
05:21
pour rassurer tout le monde.
05:23
Les investisseurs nous disent quoi ?
05:24
Justement, ceux qui achètent de la dette française.
05:26
Ils nous disent, nous ce qu'on souhaite,
05:27
c'est d'abord la stabilité.
05:28
L'instabilité, c'est l'OFCE qui l'a chiffré,
05:31
elle coûte 15 milliards d'euros par an à la France.
05:33
La suspension de la forme des traites,
05:34
c'est 3,5 milliards.
05:36
Donc, entre 15 milliards et 3,5 milliards,
05:38
le choix est vite fait.
05:40
Et si vous voulez...
05:41
Oui, mais c'est 3 milliards et demi en 2026,
05:44
mais si on compte sur 2, 3, 4 ou 5 ans,
05:46
c'est des milliards et des milliards.
05:47
C'est jusqu'en mars 27.
05:49
Non, je veux dire, mars 27, il y a l'élection présidentielle.
05:52
Parce que vous pensez qu'une réforme des retraites en 2027
05:53
passera comme une lettre à la France ?
05:55
Il y aura une majorité absolue,
05:56
et ce sera là, à nouveau président,
05:58
nouvelle présidente, de faire cette réforme.
06:01
Mais là, on a la stabilité qui est possible,
06:03
et c'est ça qu'attendent aujourd'hui les marchés.
06:04
Je rappelle que l'explosion du spread,
06:06
c'est quoi le spread ?
06:07
C'est la différence entre les taux d'intérêt allemands et français,
06:11
c'est le jour de la dissolution.
06:13
On a pris 70 points de base,
06:15
c'est-à-dire 0,07.
06:17
On a pris ces 70 points de base,
06:20
et il faut qu'au moment de l'instabilité,
06:22
et c'est à chaque fois qu'il y a de l'instabilité
06:23
que ça explose, ce n'est pas la question.
06:25
Donc les marchés aujourd'hui nous disent,
06:27
ils sont moins intéressés par la réduction faciale du déficit
06:30
et les promesses sans lendemain des différents gouvernements
06:32
que par la stabilité.
06:33
Et c'est cette stabilité que nous voulons aujourd'hui prodiguer.
06:36
Vous êtes quand même, pas vous personnellement,
06:39
mais l'ensemble, la classe politique aujourd'hui,
06:41
et surtout l'Elysée à Matignon,
06:43
les champions de l'instabilité.
06:45
Parce qu'entre l'annulation d'un Premier ministre
06:49
qui remet sa copie et qui entre-temps démissionne
06:53
et qui se voit reconduit dans une mission,
06:56
on n'a jamais vu,
06:57
je ne sais pas si vous comprenez ce qui se passe,
07:00
on n'a jamais vu un scénario pareil
07:02
où les décisions sont revues, reportées,
07:07
changent complètement d'axe finalement.
07:10
Et en termes de stabilité,
07:12
c'est vous qui êtes en train de créer la classe politique.
07:15
Alors, les Français ne s'y tromperont pas
07:17
puisqu'il y a des sondages,
07:18
on voit bien qu'il n'y a plus de confiance aujourd'hui
07:21
dans la classe politique,
07:21
toutes confondues d'ailleurs.
07:23
Vous êtes en train de créer les conditions d'un véritable,
07:26
pardon de vous le dire,
07:27
chaos institutionnel
07:28
qui va se traduire par un chaos social et économique.
07:32
à quand la fin de ce scénario ?
07:35
Est-ce que vous avez une idée ?
07:36
Ça va s'arrêter quand ?
07:37
Moi, conclusion Philippe.
07:37
Je veux bien qu'on soit responsable de tout.
07:39
Enfin, la triste situation qu'ils ont recueillie cette semaine,
07:41
nous n'y sommes absolument pour rien.
07:43
J'ai bien dit, pas vous.
07:43
A aucun moment, d'ailleurs,
07:44
on avait dit qu'on censurerait d'emblée Sébastien Le Corignon.
07:47
On était encore en discussion
07:48
au moment où il a présenté cette émission.
07:50
C'est le chaos à l'intérieur du socle commun
07:52
et la décision, moi,
07:53
que je trouve irresponsable de Bruno Retailleau
07:56
d'envoyer tout valser
07:57
pour des histoires de casting gouvernemental.
08:00
D'ailleurs, je crois que les Français s'en souviendront.
08:02
Là, ça a été le désordre au plus haut niveau de l'État.
08:04
Aujourd'hui, la solution d'apaisement,
08:07
la solution de stabilité,
08:08
la solution qui défend l'intérêt national,
08:10
c'est celle que nous portons.
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