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  • il y a 3 mois
Alors que les nouveaux ministres, vous allez le voir dans ce reportage, déballent leurs cartons dans leurs nouveaux bureaux, la menace de la censure n’a pas encore disparu, tous sont suspendus au vote de la motion de censure demain et c’est sans doute le parti socialiste qui en détient la clé. « Censure, l’incertitude jusqu’au bout », un reportage signé Charlotte Gillard, Julien Cressens, Bertrand Séguier et Manuella Braun.

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Transcription
00:00Hier après-midi, juste avant une allocution qui doit décider du sort du Premier ministre,
00:07Sébastien Lecornu n'est pas le seul dans l'inconnu.
00:16Au sens propre du terme, il en est un, un peu déboussolé à son arrivée au Sénat pour le discours de politique générale.
00:25Michel Fournier, maire d'une commune de 300 habitants dans les Vosges,
00:33devenu dimanche soir le nouveau ministre de la ruralité.
00:38Mais gare à ceux qui auraient un peu trop tendance à le lui rappeler.
00:49Et même s'il retrouve par hasard,
00:51Des maires de son département en visite ce jour-là,
00:57il lui manque encore quelques repères.
01:01Je ne sais pas où je vais.
01:04C'est là-bas.
01:05Près de l'artiste, c'est là.
01:09Ces nouveaux visages du gouvernement, à peine installés,
01:14sont déjà menacés de censure.
01:15Tout juste arrivé de la drôme, justement,
01:24Paul Christophe, député socialiste,
01:27est ce qu'on peut appeler un frondeur.
01:30Il a déjà voté la censure de plusieurs gouvernements
01:33contre l'avis de son parti
01:34et se demande s'il ne va pas recommencer jeudi.
01:37Il se prépare même à une éventuelle dissolution.
01:44Il paraît alors que vous êtes en campagne dans votre circonscription.
01:48Oui, quand on est dans l'opposition.
01:50De toute façon, quand on est dans l'opposition à l'Assemblée,
01:52on est en campagne en permanence.
01:55Une manière peut-être de nous avouer ce matin-là
01:58qu'il n'a pas grand espoir d'obtenir des concessions du Premier ministre
02:02sur la justice fiscale, les retraites et le pouvoir d'achat.
02:07Vous faites partie des voix qui disent de toute façon
02:09que vous n'êtes pas appuyé sur le couture de la censure
02:11si tout n'est pas réuni.
02:12Il n'y aura pas d'inflexion de votre part.
02:14Exact.
02:17De toute façon, aujourd'hui, en l'occurrence,
02:20on est à un moment donné où les intentions de l'exécutif
02:23font que la censure semble inévitable.
02:29Je laisse là, excusez-moi.
02:32La couleur est annoncée.
02:34Là, on va le sortir par là.
02:37Mais à moins de 3 heures du discours de politique générale
02:42de Sébastien Lecornu,
02:44le Parti socialiste va tenter un ultime coup de pression
02:48sur l'exécutif.
02:51À coup de pédale,
02:54le député se rend en vitesse
02:56à une réunion exceptionnelle
02:58du bureau national de son parti,
03:01que l'on dit bien divisé.
03:03Vous n'avez pas peur d'une dissolution ?
03:07Là, vous passez au rouge, là ?
03:08Oui, attention.
03:13Ça vous a permis d'esquiver ma question.
03:15Non, non, mais vous pouvez me la reposer
03:17et vous couperez la partie où vous grillez le feu.
03:20La dissolution, c'est le moyen de rendre la parole aux électeurs.
03:24Et donc, il faut y être prêt
03:27et il faut s'engager sur des programmes clairs,
03:29avec des valeurs claires.
03:31Il ne faut pas avoir peur de retourner devant les électeurs.
03:34Est-ce que vous pensez que ceux qui, au Parti socialiste,
03:37ont peur d'appuyer sur le bouton de la censure
03:39ou peur aussi de retourner aux urnes ?
03:41Non, je ne crois pas que ce soit la peur de retourner aux urnes.
03:46C'est surtout celle de voir arriver
03:49de très nombreux députés du RN au Parlement.
03:54Et ça, bien évidemment, que personne ne le souhaite.
03:58Nous laissons le député à sa réunion
04:00pour retrouver l'effervescence de la maison du peuple.
04:05C'est ce qui s'appelle tourner les talons.
04:35À l'intérieur, un parterre de journalistes très attentifs
04:40à la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu.
04:44Sur le point de faire le plus important renoncement de la Macronie.
04:49Mettre sur pause la réforme des retraites.
04:52Je ressens aussi ce que la dernière réforme,
04:55pourtant nécessaire, a provoqué.
04:58Des tensions, des inquiétudes, de la lassitude.
05:01C'est pourquoi je proposerai au Parlement,
05:03dès cet automne, que nous suspendions
05:05la réforme de 2023 sur les retraites
05:07jusqu'à l'élection présidentielle.
05:10Applaudissements nourris des ténors socialistes.
05:13Quant à l'autre bout des bancs de l'Assemblée,
05:16il y en a une qui voit s'éloigner
05:17son rêve de dissolution.
05:20Marine Le Pen fait la moue
05:22et quitte l'hémicycle
05:24à la fin du discours du Premier ministre
05:26en signe de protestation.
05:28Pendant ce temps-là, au Sénat,
05:38le discours de Sébastien Lecornu
05:40élu par le nouveau ministre de l'Intérieur,
05:43Laurent Nunes.
05:45Au premier rang,
05:46des membres du gouvernement.
05:50Parmi eux, à sa sortie de l'hémicycle,
05:53la nouvelle ministre de l'Aménagement du Territoire,
05:57Françoise Gattel,
05:58tout sourire.
06:00Salut !
06:00Salut, camarade !
06:05Moi, ça va !
06:09Tu sais, en Bretagne, on dit
06:10le grain du matin n'arrête pas le marin.
06:13Salut, tiens, blanc-coss-américain !
06:15Aller, en chapeau !
06:16T'as réussi à avoir ton ministère,
06:17le plein de beaux ministères !
06:19C'est la collade du sauvetage ?
06:22Oh, comment ?
06:24Non, c'est la solidarité
06:25des collègues du Sénat,
06:28qui sont des gens assez remarquables.
06:31Et en tant que membre du gouvernement,
06:32vous n'êtes pas un peu plus rassurée
06:34maintenant, après ce discours ?
06:36Mais moi, je n'aime pas être rassurée.
06:37Ou pas, si je voulais être rassurée,
06:39je serais restée chez moi.
06:41D'accord ?
06:41Ça va, chère Mette ?
06:42Prudente la ministre ?
06:45Ou un peu langue de bois ?
06:48À moins que...
06:49En fait, vous saviez avant ce discours
06:51ce qu'il allait dire, c'est ça ?
06:52Ah non, mais vous êtes diabolique
06:54dans vos questions ?
06:55C'est pas une question, d'ailleurs,
06:56votre truc insolent.
07:00Pas rancunière non plus.
07:02Françoise Gattel nous reçoit
07:04dans son tout nouveau ministère,
07:06où elle a pris ses quartiers
07:08il y a moins de 24 heures.
07:09Alors, c'est par ici ?
07:12Non ?
07:13C'est là ?
07:14Déjà, j'ai le retrouvé.
07:17Vous connaissez pas encore les lieux ?
07:20Non.
07:22Non, je vais m'arriver ici.
07:24On a changé de bureau.
07:26Venez.
07:27Son bureau, justement.
07:29Il est quasi vide.
07:30Et ses cartons pas encore déballés.
07:34Je pense que j'aime.
07:35Serait-ce par manque de temps
07:37ou par prudence ?
07:39Le temps d'y voir plus clair.
07:43Combien de temps vous allez rester
07:45dans ce bureau ?
07:46À votre avis ?
07:47Bah, je sais pas.
07:49Je sais pas.
07:51Le premier ministre,
07:52sa déclaration.
07:53Et puis voilà.
07:54Donc, rendez-vous
07:55à la fin
07:56et on comptera le nombre de jours
07:58que j'ai passé ici.
08:00Ah oui, je veux plus voir personne.
08:01C'est un au revoir ou un adieu ?
08:03Ah bah, on en reparle.
08:05Au revoir.
08:10Notre tournée des ministres
08:12n'est pas terminée.
08:13À seulement 20 mètres
08:15du bureau de Françoise Gattel,
08:17nous sommes conduits
08:18chez Michel Fournier.
08:21Souvenez-vous,
08:22le ministre de la ruralité.
08:25Et nous allons visiblement
08:26devoir attendre.
08:32Qu'est-ce qui se passe ?
08:33Il est au téléphone avec son frère.
08:36Faut pas le déranger.
08:4010 minutes plus tard,
08:41M. le ministre.
08:48Je vous amène
08:49qui est du BFM
08:50qui est dans le gazette.
08:51Nous découvrons
08:52Michel Fournier
08:53à son bureau.
08:54Bonjour.
08:55Bonjour.
08:56Le grand saut.
08:58Pour celui
08:59qui était encore
09:00la semaine dernière
09:01maire d'une commune
09:02de 300 habitants.
09:03Oui, c'est la revue de presse.
09:04Eh ben...
09:07Il découvre
09:07l'avis de ministre.
09:08C'est toi qui m'as fait ça, hein ?
09:11Dis donc.
09:12La notoriété.
09:13Ils parlent tous de moi, là ?
09:15Mais oui.
09:15Et ses mauvais côtés.
09:16Cris de remous.
09:18Ah ben tiens, c'est bien.
09:19Je croyais faire l'unanimité.
09:22Il y a un type
09:22qui m'en veut.
09:25Je suis content.
09:26Au moins,
09:27ça prouve que j'ai raison.
09:28D'autant que lui aussi
09:33a été un peu
09:35pris de court
09:35par l'annonce
09:37de la composition
09:37du gouvernement.
09:39J'ai appris ça
09:39dimanche soir, hein ?
09:41Comment ça ?
09:42Ben t'apprends
09:42dimanche soir.
09:44À la télé ?
09:45Oui.
09:46Que vous êtes nommé
09:47ministre ?
09:47Oui.
09:49Monsieur Lecornu,
09:50vous n'avez pas prévenu ?
09:51On avait discuté
09:52deux jours avant,
09:54mais il y avait...
09:55Non, j'étais prévenu.
09:56Non, j'ai laissé la télé.
09:57Vous l'avez découvert
09:58à la télé ?
09:58Oui.
10:01Et comment vous réagissez ?
10:01Puis ça intéresse
10:02comment je réagis ?
10:04Ben voilà.
10:07Ma femme était
10:08très intéressée
10:09puisqu'elle regardait
10:10un film
10:10sur une autre télé.
10:14C'est la réalité.
10:17En tout cas,
10:19Michel Fournier
10:20vient d'obtenir
10:21un peu de sursis
10:22grâce aux socialistes.
10:23Aux quatre colonnes,
10:27les porte-paroles
10:28du parti satisfait
10:29annoncent qu'ils voteront
10:31la confiance du gouvernement.
10:33Nous devons d'abord saluer
10:35cette grande victoire
10:36que nous avons obtenue
10:37puisque la suspension
10:38de la réforme des retraites,
10:40c'est 3,5 millions
10:41de Françaises et de Français
10:42qui vont pouvoir partir
10:44en retraite
10:45grâce à cette suspension.
10:47D'autres ne l'entendent pas
10:49de cette oreille.
10:50A l'abri de l'agitation,
10:53Paul Christophe
10:54nous a donné rendez-vous
10:55pour nous annoncer
10:57qu'il a bien
10:58l'intention de fronder.
11:00On appelle à ce qu'il y ait
11:01trois points,
11:02pas seulement les retraites
11:03mais aussi des mesures
11:03sur le pouvoir d'achat
11:04et des mesures
11:05en matière de justice fiscale,
11:07que ce soit la taxe
11:07Zucman ou autre chose.
11:09Et là,
11:10on n'a rien de tout ça.
11:12Il nous dit
11:12débrouillez-vous.
11:13Donc si je comprends bien,
11:14vous allez appuyer
11:15sur le bouton de la censure ?
11:17Ben là, maintenant,
11:17on a 48 heures devant nous.
11:18Oui, à ce stade-là,
11:20pour moi,
11:20je ne vois pas
11:21comment est-ce qu'on échappe
11:22à une censure jeudi.
11:27Combien seront-ils
11:28de dissidents,
11:29comme lui,
11:30à voter la censure ?
11:33À quelques mètres de là,
11:34dans le jardin
11:35de l'Assemblée,
11:36Philippe Brun,
11:37député de l'aile droite
11:38du PS,
11:39semble assurer
11:40de tenir ses troupes.
11:42Je pense qu'il y aura
11:43peut-être une ou deux personnes,
11:44mais je ne crois pas
11:45beaucoup plus,
11:46qui voteront la censure.
11:47Il se dit plus d'une vingtaine
11:48tout de même.
11:49Non, il n'y aura pas
11:49plus d'une vingtaine
11:50de députés
11:50qui votent en ascension.
11:51J'en suis sûr que non.
11:53J'ai entendu 8.
11:54Oui,
11:548 sur Bayrou.
11:57Là,
11:58on a quand même
11:58bien mieux que Bayrou,
11:59quand même.
12:02Pour vous,
12:02il n'y a pas de fracture
12:03du tout en interne ?
12:05Non, pas en interne.
12:05Non, non.
12:06Il y a une fracture
12:07dans la gauche,
12:07mais il n'y a pas
12:09de fracture en interne
12:09du parti socialiste.
12:10Dans le jargon,
12:13on appelle cela
12:14un tacle dans les règles
12:15de l'art,
12:16adressé à la France insoumise.
12:20Un parti qui réclame
12:21la dissolution
12:22de l'Assemblée nationale
12:23et qui compte bien
12:24l'obtenir demain
12:26avec sa motion de censure.
12:29Loin de Paris
12:30et de l'agitation
12:31médiatico-politique,
12:32la députée LFI
12:35qui aura la lourde tâche
12:36de lire le discours
12:37et de convaincre
12:38les députés,
12:40peaufine son allocution
12:41avec sa collaboratrice.
12:43Le début,
12:44tu ne l'aimes pas,
12:44mais moi,
12:45je bascule direct
12:45sur Macron.
12:49L'élu de Seine-Saint-Denis,
12:51Aurélie Trouvé.
12:53Et là,
12:53pourquoi c'est vous
12:53qui portez cette leçon ?
12:55Alors,
12:55pourquoi c'est moi ?
12:56Je suis pendant
12:58à discuter avec le groupe.
12:59C'est une bonne question.
13:03Je ne sais pas
13:03pourquoi c'est moi.
13:05Son angle d'attaque,
13:07lui,
13:07est beaucoup plus clair.
13:08D'abord,
13:09ce n'est même pas
13:10une suspension des retraites.
13:11Elle n'aura jamais lieu.
13:13Et n'allez surtout pas
13:14lui dire que sa motion
13:15n'a aucune chance
13:16d'aboutir.
13:19Vous vous donnez du mal,
13:20à quoi bon ?
13:21Parce que les dés
13:22semblent jetés.
13:23Les dés ne sont pas jetés.
13:24Ah oui,
13:25je pense que les dés
13:26ne sont pas jetés
13:26parce que...
13:28Et moi,
13:28je m'adresse
13:28à la conscience
13:29de tous mes collègues.
13:32Pour nous en convaincre,
13:34elle nous amène
13:35là où tout va se jouer.
13:37L'Assemblée nationale
13:38pour une réunion
13:40avec l'état-major
13:41de LFI.
13:42Je vais peut-être
13:43quand même les prévenir
13:43que vous êtes là.
13:45Si ça ne vous embête pas.
13:47Je ne suis pas sûr
13:47qu'ils sont pas.
13:49Dernière relecture
13:50de la motion de censure
13:51avec Mathilde Panot,
13:54la présidente du groupe.
13:56Bonjour.
13:56En toute discrétion.
14:02Si les cibles du discours
14:03sont attendues...
14:06La cible,
14:07c'est aussi l'extrême droite,
14:08quoi.
14:09Voilà.
14:09Pour moi.
14:10Et donc...
14:12Et Macron.
14:14Macron, bien sûr.
14:15Les soutiens réclamés,
14:17eux, sont plus surprenants.
14:19LFI en appelle
14:20à son meilleur ennemi,
14:22le Parti socialiste.
14:24Ils seront face
14:25à leur responsabilité,
14:26ils seront face
14:27à leur conscience aussi,
14:29demain matin.
14:29Vous en avez appris
14:30à l'esprit d'insoumission
14:32des députés socialistes.
14:33Tout à fait.
14:33Tout à fait.
14:36Pour atteindre la majorité,
14:38la motion de censure
14:39de la France insoumise
14:40a encore besoin
14:41de quelques voix.
14:43La survie du gouvernement
14:45Lecornu II
14:46devrait donc se jouer
14:47jeudi à la mi-journée
14:48dans un mouchoir de poche.
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