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  • il y a 3 mois
La question de la censure divise les rangs des Républicains. Alors que le chef des 50 députés LR, Laurent Wauquiez, a appelé ses troupes à ne pas voter la censure, le reste du parti est fracturé. La vice-présidente de LR Florence Portelli fait partie de ceux qui assumeraient de censurer. Elle est l'invitée de RTL Matin, à quelques heures du vote des députés sur les motions de censure à l'Assemblée.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 16 octobre 2025.

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Transcription
00:007h43
00:00Thomas Soto
00:01RTL Matin
00:03Elle est une voix qui compte chez les Républicains, vice-présidente du parti, première vice-présidente de la région Île-de-France aux côtés de Valérie Pécresse
00:09et aussi maire de Tavernier dans le Val-d'Oise, Florence Portelli, l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Florence Portelli.
00:15LR, peu d'élus et peu de députés, 50, mais combien de divisions aujourd'hui ?
00:20Beaucoup, je ne vais pas vous mentir. Enfin, il y a un clivage entre le parti, et quand je dis le parti, ce n'est pas les apparatchiks,
00:29c'est le parlement du parti, les militants, les fédérations et les parlementaires qui considèrent qu'il ne fallait pas, qu'il fallait donner sa chance, entre guillemets, au produit le corps nu, alors non pas en soutien.
00:40Vous n'êtes pas d'accord avec ça ? Il ne fallait pas donner sa chance au produit le corps nu ?
00:43Écoutez, c'est un peu, c'est compliqué parce qu'on est dans des très mauvaises solutions, parce que comme la clé de voûte des institutions, c'est-à-dire le président de la République a affiché en l'air justement les institutions,
00:52tout ce qui est en dessous se casse la figure. Donc on est face à des mauvais choix.
00:55C'est-à-dire, soit on censure parce qu'on n'est pas d'accord avec ce qui va s'être proposé, c'était plutôt ma position, mais en même temps, il y a un risque institutionnel,
01:04soit on joue sur la stabilité, mais en même temps, on risque d'être dilué dans le macronisme et de laisser la part belle aux extrêmes.
01:09Donc c'est perdant-perdant ?
01:10Non, ce n'est pas perdu parce qu'on a connu de nombreuses crises, et aujourd'hui, malgré ces crises, on est toujours là, on est le premier parti en termes de militants, on tient beaucoup de villes,
01:18on va peut-être d'ailleurs gagner Lyon, Strasbourg, Paris. Donc je pense que c'est encore une crise qu'on connaît, je ne vais pas vous mentir,
01:24mais qu'on a de la possibilité de se redresser si on ne ment pas à nos électeurs et si on assume ce qu'on est.
01:30Florence Portelli, est-ce que ce matin vous dites qu'il faut voter la censure ? Il faut faire tomber le gouvernement le corneau ?
01:35C'est compliqué pour moi qui ne suis pas députée de dire ça. Moi je vous dis, si j'étais députée, je l'aurais voté.
01:40Vous l'auriez voté ?
01:40Bien sûr, je l'aurais voté parce que je considère aujourd'hui qu'on nous présente un budget socialiste, et je ne suis pas socialiste,
01:48et nos partisans, nos électeurs attendent qu'on ait des valeurs et qu'on assume nos convictions.
01:53Moi si j'étais député là, je serais paumé, parce qu'il y avait Chirac en son temps qui disait un chef c'est fait pour cheffer.
01:58On ne comprend plus qui dirige chez vous. Alors il y a ce que vous dites vous, il y a Bruno Retaille, le numéro 1, qui accuse le gouvernement d'être l'otage,
02:05des socialistes. Il y a Laurent Wauquiez, numéro bis, le chef des députés LR, qui lui dit, il ne faut pas censurer le gouvernement.
02:10Quand le numéro 2 du parti, François-Xavier Bellamy, dit, si j'étais député comme vous, je voterais la censure.
02:15Mais va comprendre quoi, comment...
02:17Moi je vais vous dire, va comprendre...
02:18Quand on vote LR, on vote pour quoi aujourd'hui ?
02:20Je vais vous dire, par exemple, contre quoi je suis ? Il n'y a pas que la réforme des retraites.
02:24Par exemple, aujourd'hui, on arrive à un chiffre record de défaillance d'entreprises, et même de petites entreprises.
02:30Chiffre record depuis 2006, quasiment une vingtaine d'années.
02:33Qu'est-ce qui est proposé pour répondre à ça ?
02:35La baisse de la franchise de TVA sur les petites entreprises.
02:38C'est-à-dire qu'aujourd'hui, une petite entreprise commerciale a été exonérée de TVA jusqu'à 85 000 euros de chiffre d'affaires.
02:46Aujourd'hui, ça va être 37 500 euros.
02:48Est-ce que la droite a envie de cautionner ça, alors qu'on est le parti de la rigueur budgétaire,
02:53et on est le parti aussi de la compétitivité ?
02:54Ben non, moi je ne suis pas de vie communiste.
02:56Sauf que Sébastien Lecornu, il vous propose une méthode, il dit, le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez.
03:02Il n'y aura pas de 49.3. Pourquoi ne pas pousser vos idées ?
03:05Le macronisme, il ne propose pas une méthode, il propose de la tambouille.
03:08Et tambouille, ça rime avec magouille, je suis désolée.
03:10Magouille ?
03:10Oui, tout à fait, c'est de la tambouille d'apparatchique.
03:13J'ai entendu le Premier ministre dire, mon seul objectif, c'est la survie du gouvernement.
03:17Ben moi, mon seul objectif, c'est la survie du pays.
03:19C'est la survie des intérêts de la nation, c'est le fait que les entreprises arrêtent de se casser la figure.
03:23C'est la stabilité fiscale.
03:24C'est aussi qu'on s'occupe des questions de logement, parce que c'est une catastrophe le logement en ce moment dans notre pays.
03:28Et vous pensez que c'est en faisant tomber un gouvernement, un quatrième gouvernement, qu'on y arriverait ?
03:32Non, je pense que ce qu'il faut, c'est la démission du Président de la République.
03:34La démission ?
03:34J'ai été constante, je le dis, depuis un an.
03:37On ne peut pas rester avec quelqu'un qui s'accroche à son poste et qui attend le délitement de toutes les institutions du pays.
03:44C'est un réquisitoire que vous prononcez ce matin.
03:46Du coup, que font six ministres les Républicains dans le gouvernement ?
03:48C'est une bonne question, je vous invite à aller leur poser.
03:50En tous les cas, pour moi, ils se sont mis en marge du parti, je le regrette, c'est des gens de très grande qualité.
03:55Mais ils sont en train d'ajouter à la cacophonie ambiante.
03:58Il faut les exclure, clairement ?
04:01C'est compliqué de les exclure, alors qu'on était déjà dans le Cornuin.
04:05Ce ne serait pas très logique.
04:06C'est là qu'on ne comprend rien.
04:07Bruno Retailleux, il y a dix jours, il était ministre de le Cornuin.
04:09Il était ministre de la Prémi-Mercronique.
04:11Moi, il y a dix jours, j'étais une des seules à dire qu'il ne fallait pas rentrer dans un gouvernement le Cornuin.
04:14Moi, je pense qu'on a besoin de clarté.
04:16On a besoin d'expliquer.
04:17Alors, maintenant, il va y avoir un débat, très bien, et bien que les députés LR montent justement qu'elles sont nos convictions.
04:22Parce que Thomas Soto, la réalité, c'est qu'on ne va sûrement pas réussir à aller au bout de ce budget.
04:27D'ailleurs, la dernière fois qu'il y a eu un débat, les socialistes et le RN ont fait tellement n'importe quoi
04:31qu'on était arrivés en 2024 avec 50 milliards de prélèvements et de fiscalité supplémentaires.
04:37Donc, on va arriver à un truc tellement indigeste, une sorte de Frankenstein fiscal,
04:42que ça ne tiendra pas et qu'en plus, on n'aura pas le temps à cause du 49-3 que M. Le Corneau ne peut plus utiliser.
04:48C'est une bêtise, ça, de ne pas utiliser le 49-3 ?
04:49Évidemment, c'est de la démagogie.
04:50Moi, je comprends que ça ne plaise pas.
04:52Moi, je peux faire un discours populiste à votre antenne.
04:54Je peux dire, écoutez, vous allez travailler moins, mais vous allez gagner plus.
04:58On va être le seul pays d'Europe à ne pas rallonger le départ à la retraite.
05:02On a aujourd'hui 1,8 actifs qui cotisent pour un retraité, alors que dans les années 60, c'était 5.
05:09Mais tout va bien, madame la marquise, et il n'y a pas de problème.
05:11Mais ce n'est pas vrai.
05:12Et le 49-3, aujourd'hui, c'est ce qui aurait permis aux socialistes, peut-être, d'avoir un budget qui leur soit favorable.
05:21Eh bien, ce qui va se passer, c'est qu'on va arriver au bout de la procédure,
05:24et ils seront obligés d'avaler ou le PLFSS en entier, ou justement, de voter la censure.
05:30Donc, en fait, je pense qu'on est en train de reporter le problème.
05:32Est-ce qu'il faut exclure définitivement les ministres LR, oui ou non ?
05:34Non, je vous ai dit, non.
05:35Est-ce que Rachida Dati, pardon ?
05:37Est-ce que Rachida Dati reste investie par votre parti pour les municipales ?
05:41Est-ce qu'elle peut être candidate au nom de LR à Paris ?
05:43Vous savez, les municipales, c'est quelque chose de différent.
05:45Moi-même, je suis maire d'une ville.
05:46D'ailleurs, je suis loin de ces tambours.
05:48Moi, j'ai les mains dans le conduit, comme beaucoup de maires.
05:50Vous êtes pas mal en tambour, là, quand même.
05:50Oui, mais non, ils peuvent y être, mais ils ne peuvent pas y être.
05:52Ils n'ont pas leur place, mais on les garde quand même.
05:53Moi, je vous le dis très, très concrètement.
05:56On était déjà dans le Cornu 1.
05:57Ce ne serait pas très compatible.
05:58Pour moi, ils sont en marge.
05:59Ils sont en marge de toute fonction.
06:00Je vous réponds très clairement.
06:02Rachida Dati, on a investi alors qu'elle a toujours été chez Emmanuel Macron.
06:06Les municipales, c'est autre chose.
06:07C'est des jeux d'alliances.
06:08On a une chance de récupérer Paris.
06:09On a une chance de récupérer Lyon.
06:11Même Strasbourg et même peut-être d'autres villes.
06:13C'est une autre logique.
06:14Donc, vous la soutenez à Paris, ça c'est clair.
06:15Bien sûr.
06:16Est-ce que l'avenir de LR est soluble dans le Rassemblement National ?
06:19Éric Ciotti, non ?
06:21Non, non, non, non, non.
06:22Écoutez, je suis en train de vous dire que je ne suis pas socialiste.
06:24Donc, je ne suis pas socialiste.
06:25Et du coup, je ne suis pas RN.
06:27Vous allez me dire, c'est quoi le rapport ?
06:28Le RN sur les retraites, c'est quoi sa position ?
06:31Je n'ai rien compris.
06:32Le RN sur l'économie, c'est quoi sa solution ?
06:36Sur le logement, où il parle de préférence nationale ?
06:39Mais moi, je ne comprends rien chez vous.
06:40Laurent Wauquiez, que vous avez soutenu face à Bruno Retailleau
06:43lors de la course à la présidente du Parc.
06:43Vous ne comprenez rien sur ce qu'on dit économiquement ?
06:45Non, sur ce que vous dites.
06:46Vous n'avez pas envie de comprendre.
06:46Non, je ne comprends rien sur ce que vous dites
06:48sur les rapports avec l'union des droites.
06:51Donc, Laurent Wauquiez, ici même, avait dit
06:53je suis pour un rassemblement de la droite
06:54qui va de Gérald Darmanin, donc un macroniste,
06:57à Sarah Knafo.
06:58Knafo, c'est Zemmour.
07:00Sophie Prima, exporte-parole du gouvernement de François Bayrou,
07:03a dit ici, dans ce studio, face à Anne-Sophie Lapix,
07:06il y a quelques jours,
07:07un contrat de gouvernement avec l'ERN est envisageable.
07:10Bruno Retailleau, votre président de parti,
07:12a dit qu'aucune voine devait aller une candidate socialiste
07:14face à un candidat ciotiste lors d'une législative partielle dimanche.
07:17Florence Portelli, juste vice-présidente du parti,
07:19vous dit tout ça, c'est n'importe quoi.
07:21Déjà, ce n'est pas l'union des droites,
07:23c'est un problème sémantique.
07:24C'est l'union de la droite avec l'extrême droite qui est proposée.
07:26Avec moi, ce n'est pas la peine.
07:28Et on est quelques-uns à dire quand même
07:29que déjà, ce ne sont pas nos valeurs.
07:31Et en plus, économiquement, ce serait un désastre,
07:34que sur plein d'autres aspects, l'ERN dit n'importe quoi.
07:37Je vous rappelle que même sur l'ancien budget
07:38qui a été mis en débat par M. Barnier,
07:42ils avaient proposé de ne pas répondre aux obligations européennes.
07:45Alors que c'est complètement impossible.
07:47Et d'ailleurs, ça aurait eu des répercussions
07:48parce que l'Europe aurait été ponctionnée peut-être sur la PAC
07:51et sur ce qu'on donne aux agriculteurs.
07:52L'ERN, c'est n'importe quoi.
07:54Donc, ce n'est pas mes valeurs,
07:55ce n'est pas mon programme,
07:56ce n'est pas moi.
07:57Donc, à partir de là, je vous dis que c'est n'importe quoi.
07:59Il y a vraiment deux branches radicalement différentes.
08:00Moi, je le rappelle quand même une chose.
08:02Madame Knafow, c'est la directrice de campagne de M. Zemmour.
08:06C'était quelqu'un qui était d'accord avec ses idées.
08:09Moi, je suis une femme.
08:10M. Zemmour, il considère que ma place, c'est à la cuisine.
08:12J'interpelle mes collègues.
08:14Est-ce qu'il considère que ma place, c'est à la cuisine ?
08:16Vous l'avez dit, Laurent Wauquiez, ça ?
08:17Oui, je lui ai dit.
08:18Je lui ai dit que je n'étais pas d'accord sur Sarah Knafow.
08:20Mais comme je ne suis pas d'accord sur le fait qu'on la banalise,
08:24alors que M. Zemmour a eu une campagne encore plus
08:26à l'extrême droite que Marine Le Pen et Jordan Barthéa.
08:28Il vous manque un chef quand même chez vous, là, non ?
08:30Est-ce que vous pensez que le parti peut ne pas exploser ?
08:32Est-ce que vous comprenez que vos électeurs à 5 mois des municipales soient paumés ?
08:36Quand on prend un bulletin LR, on ne sait plus pourquoi on va voter.
08:38Si, moi je leur dis, vous savez pourquoi vous allez voter.
08:40Je pense qu'il va y avoir un débat au Parlement
08:42qui va permettre au moins de montrer ce que l'on pense.
08:44Mais je vous dirais quand même, il est urgent
08:46que l'on sorte aussi de ce marasme ambiant.
08:49On est obligé de commenter sur votre antenne.
08:51Qui rentre dans un gouvernement ou pas ?
08:52Censure, censure pas.
08:53Alors qu'on a des tas de problèmes,
08:55qu'aujourd'hui les entreprises se cassent la figure,
08:57qu'on a 14 000 entreprises qui sont en état de défaillance,
09:01qu'on est aujourd'hui la risée du monde entier,
09:02qu'on est la risée de l'Europe,
09:04qu'on va avoir des problèmes de croissance.
09:06LR va exploser ou pas ?
09:07Non, je ne pense pas qu'on va exploser.
09:09On a connu plusieurs crises.
09:10Thomas Soto, à chaque fois, la presse nous disait
09:11vous êtes mort et on n'est pas mort.
09:13Mais en revanche, ça invite à beaucoup d'humilité
09:15et surtout à beaucoup de travail.
09:17Et enfin, à ligne claire.
09:18Moi, je n'ai pas envie de venir sur votre antenne
09:20quand on sera dans une phase programmatique
09:21et de parler à chaque fois que de sécurité et d'immigration.
09:24J'ai envie de parler d'éducation,
09:25j'ai envie de parler des alternants,
09:26j'ai envie de parler des entreprises,
09:28j'ai envie de parler de croissance,
09:29j'ai envie de parler d'écologie
09:30et j'ai envie de parler de propriété,
09:31de logement et de fin de vie.
09:33Merci beaucoup Florence Portilly
09:34d'être venue ce matin sur l'Intel.
09:35Restez avec nous.
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