- il y a 2 mois
Les députés examinent les motions de censure déposées contre le gouvernement « Lecornu II ». Après la démission de Sébastien Lecornu, au lendemain de la nomination de son premier gouvernement, les oppositions avaient prévenu : en cas de nouvelle nomination de Sébastien Lerconu au poste de Premier ministre, ce serait la censure immédiate. Lundi 13 octobre, à la première heure, la France insoumise, soutenus par quelques communistes et écologistes, et le Rassemblement National, ont déposé leurs motions de censure. Retrouvez les temps forts de cette séance et assistez au rejet, de peu, des motions de censure.
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00:00:00Bonjour à tous, ravie de vous retrouver sur LCP.
00:00:10Dans cet épisode, je vous propose de revivre le débat sur les motions de censure déposées contre Sébastien Lecornu,
00:00:17l'une par la France Insoumise, l'autre par le Rassemblement National.
00:00:20On va retourner dans l'hémicycle pour écouter Aurélie Trouvé qui porte la motion de gauche, suivie par Marine Le Pen.
00:00:27On écoutera ensuite la réponse du Premier ministre, la position des groupes politiques et le vote.
00:00:32A tout à l'heure.
00:00:33Madame la Présidente, chers collègues, Monsieur le Premier ministre, savez-vous ce qu'est un moine soldat ?
00:00:43Un homme qui mène une guerre sacrée, qui croit servir une cause supérieure et qui pour cela brûle tout sur son passage.
00:00:51C'est bien ce que vous êtes. Vous l'avez dit vous-même, vous êtes un moine soldat, celui de Monsieur Macron.
00:01:01Vous servez un pouvoir minoritaire persistant et pour ça, vous saccagez les fondements même de la démocratie.
00:01:08Le Président Macron impose désormais son pouvoir contre la volonté du peuple.
00:01:15Il n'est plus garant des institutions de notre pays.
00:01:20Il n'a pas écouté une seule fois la colère qui s'exprimait dans les rues et sur les ronds-points.
00:01:26Il a volé par 49.3 deux années de retraite aux Français.
00:01:32Il a décidé tout seul d'une dissolution de l'Assemblée nationale, puis a ignoré le vote des Français.
00:01:40Battu dans les urnes, il a poursuivi une politique rejetée par le pays.
00:01:45Et il s'arroge à nouveau le droit de désigner un gouvernement de vaincu.
00:01:51Nous sommes, en ce moment même, à un tournant de l'histoire.
00:01:58La politique néolibérale en faveur des riches et des multinationales, celle de Monsieur Macron,
00:02:04est massivement rejetée par le peuple.
00:02:07Elle ne peut continuer qu'en étant imposée contre le peuple.
00:02:12Nous y voilà.
00:02:13C'est le néolibéralisme autoritaire et vous en êtes le moine soldat, Monsieur le Premier ministre.
00:02:19Avec vos pauvres armes, faites de tractations de couloirs, de discussions secrètes, de deals politiciens méprisables.
00:02:29Vous trahissez l'esprit de la République et son principe premier.
00:02:34Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
00:02:39Dès lors, ce n'est pas vous l'enjeu, Monsieur le Premier ministre.
00:02:43C'est la France.
00:02:43Chers collègues, censurer aujourd'hui, c'est exprimer notre attachement viscéral à la démocratie.
00:02:52C'est sauver la République du fanatisme de ceux qui prétendent aimer la France tout en la mettant sous tutelle.
00:03:00C'est dire à nos concitoyens que leur voix, elle compte encore, qu'ils peuvent être respectés.
00:03:06Et qu'en ce lieu, la conscience républicaine n'est pas morte.
00:03:12Monsieur le Premier ministre, comme moine soldat de Monsieur Macron,
00:03:17vous avez participé pendant huit ans au saccage de notre économie.
00:03:22Il n'y a jamais eu autant d'entreprises qui ferment.
00:03:25Les salaires, les investissements productifs chutent.
00:03:29Les souverainetés industrielles et alimentaires sont en très grave danger.
00:03:33Les fins de mois des Français deviennent insoutenables.
00:03:37Vous avez dévasté l'économie du pays.
00:03:41Et votre budget, que vous dites sérieux, fiable, va amplifier le désastre.
00:03:48Les instituts économiques le prédisent, ce budget nous fera terminer l'année
00:03:54avec les pires résultats économiques des puissances européennes.
00:03:5930 milliards de nouvelles coupes budgétaires est évidemment un très grave effet récessif.
00:04:05Par la baisse du pouvoir d'achat de toutes les classes populaires,
00:04:09ce sera un saccage pour les centaines de milliers d'auto-entrepreneurs
00:04:14qui devront désormais payer la TVA.
00:04:16Un saccage pour les TPE du bâtiment
00:04:21qui subiront de plein fouet la nouvelle baisse des aides
00:04:24à la rénovation énergétique des logements.
00:04:27Et tant d'autres.
00:04:29Les agriculteurs qui subissent les traités de libre-échange,
00:04:34boulangers, bouchers face à la hausse des factures d'énergie.
00:04:38Votre politique dévaste la production
00:04:40et des millions de petites entreprises.
00:04:43Tous les budgets qui font l'unité de notre nation seront amputés.
00:04:49Ceux du logement, l'aide alimentaire
00:04:51ou encore le budget des Outre-mer
00:04:54avec une baisse de 200 millions d'euros.
00:04:59Ce sera aussi un saccage de notre planète et de notre santé.
00:05:03Vous amputez de 84% le budget dédié à la sortie des pesticides
00:05:08et dans le même temps, les gens qui souffrent de cancers liés à ces pesticides.
00:05:14Eh bien, ils devront payer encore bien plus cher pour se soigner.
00:05:20Votre budget relieve d'une forme de dévotion.
00:05:25Une dévotion cruelle.
00:05:27Une dévotion au marché financier et à la dette
00:05:30qui ne peut pas finir autrement qu'en saccage.
00:05:32Alors, je le dis à tous ceux qui ont été élus pour ombre avec le macronisme.
00:05:38Ce saccage budgétaire aura lieu si nous ne censurons pas.
00:05:44149,3, certes.
00:05:47Mais le moine soldat
00:05:48en prêtera bien d'autres chemins
00:05:51pour réussir sa mission
00:05:52à commencer par les ordonnances.
00:05:54J'en viens maintenant au cœur du débat de ces derniers jours,
00:06:01la réforme des retraites et son devenir.
00:06:04Ne nous y trompons pas, mes chers collègues.
00:06:07Si ce gouvernement demeure,
00:06:09il poursuivra la démolition de notre système par répartition.
00:06:14Car la suspension annoncée
00:06:16n'est qu'un leurre, une tromperie, un subterfuge.
00:06:20Au mieux, un très bref report
00:06:23glissé par un amendement budgétaire
00:06:25dont rien ne garantit la présence dans le texte final.
00:06:31Et même,
00:06:32même s'il s'y trouvait,
00:06:35cet amendement confirmera,
00:06:37actera la retraite à 64 ans.
00:06:41Cet amendement sera payé
00:06:42très très cher par les retraités.
00:06:45La baisse des pensions
00:06:46de 17 millions de retraités
00:06:49de 300 euros en moyenne par an.
00:06:54Et cet amendement
00:06:55sera noyé
00:06:57dans un budget de destruction
00:06:59de la protection sociale.
00:07:01Entendez bien,
00:07:03doublement des franchises médicales,
00:07:07baisse des allocations
00:07:08de 13 millions de familles,
00:07:10de plus d'un million de personnes
00:07:12en situation de handicap,
00:07:14baisse des APL
00:07:16de 300 000 étudiants.
00:07:19Et pour faire passer
00:07:20cet amendement
00:07:21de petit décalage
00:07:22de la réforme des retraites
00:07:23collègues socialistes,
00:07:26il faudra voter
00:07:27tout le budget
00:07:28de sécurité sociale.
00:07:31Votez par exemple
00:07:32la remise en cause
00:07:33de l'aide médicale d'État.
00:07:36Et ça,
00:07:37vous ne le pouvez pas
00:07:38et vous le savez.
00:07:39enfin,
00:07:43cette grâce
00:07:45de M. Lecornu
00:07:46rouvrira la voie
00:07:48à la retraite
00:07:49par capitalisation
00:07:50par la conférence sociale.
00:07:52Alors vraiment,
00:07:54si cette pseudo-suspension
00:07:56des retraites
00:07:57est une victoire,
00:07:58c'est bien pour le président
00:07:59et pour tous ceux
00:08:00qui le soutiennent.
00:08:01Mais vous tous
00:08:04qui avez été élus
00:08:06pour abroger
00:08:07la réforme des retraites,
00:08:09allez-vous vraiment
00:08:10vous laisser abuser
00:08:12par cette aumône
00:08:13en trompe-l'œil.
00:08:15Chers collègues,
00:08:17il n'y a que deux options
00:08:18ce matin.
00:08:19Continuer le macronisme
00:08:20et le néolibéralisme
00:08:21ou bien rompre avec eux.
00:08:23Les Français
00:08:24ne veulent plus
00:08:25du chaos des marchés,
00:08:27ils veulent un État
00:08:27qui protège.
00:08:29Ils veulent la sécurité,
00:08:30celle du quotidien,
00:08:32pas celle qui fait
00:08:33de l'étranger
00:08:34un bouc émissaire.
00:08:36Ils veulent un travail
00:08:37qui permet de vivre.
00:08:39Un médecin
00:08:40à moins de 30 minutes,
00:08:41une école
00:08:42qui n'abandonne
00:08:42aucun enfant.
00:08:44Ils veulent que la République
00:08:45reprenne la main,
00:08:46que les besoins humains
00:08:47l'emportent
00:08:48sur ceux de la finance.
00:08:50Ils veulent
00:08:50la souveraineté populaire
00:08:52face aux féodalités économiques.
00:08:57Alors,
00:08:59arrêtons
00:08:59maintenant
00:09:00de liquider
00:09:01les ressources
00:09:02du pays
00:09:02pour enrichir
00:09:03la finance.
00:09:04Le monde change,
00:09:05c'est maintenant
00:09:06qu'il faut investir
00:09:08des dizaines
00:09:08de milliards d'euros
00:09:09dans la relance
00:09:10écologique
00:09:11et sociale.
00:09:12Maintenant
00:09:13qu'il faut
00:09:13transformer
00:09:14notre production.
00:09:15Maintenant
00:09:16qu'il faut
00:09:17censurer.
00:09:20Censure.
00:09:22Retourne aux urnes.
00:09:24C'est le seul espoir
00:09:25d'un souffle nouveau.
00:09:26Le seul espoir
00:09:27de régénérer
00:09:28notre contrat social.
00:09:30Voilà le sens profond
00:09:32du vote de 2024
00:09:33et du programme
00:09:34de rupture
00:09:35du nouveau front populaire
00:09:36grâce auquel
00:09:37nous avons été élus
00:09:38et grâce auquel
00:09:39nous avons gagné.
00:09:40accueillis.
00:09:42Applaudissements
00:09:43Enfin,
00:09:45je veux dire
00:09:48aux millions
00:09:50de gens,
00:09:51aux travailleuses,
00:09:52travailleurs
00:09:53qui ont combattu
00:09:54la réforme
00:09:54des retraites
00:09:55en faisant grève
00:09:56et en manifestant.
00:09:58Oui,
00:09:58c'est grâce à vous
00:09:59et seulement vous
00:10:00si la volonté
00:10:01d'abroger
00:10:01la réforme
00:10:02des retraites
00:10:02reste aussi
00:10:03majoritaire
00:10:04dans l'Assemblée nationale
00:10:05et dans le pays.
00:10:06Applaudissements
00:10:07Et à vous tous
00:10:09qui avez fait grève
00:10:10et avez manifesté,
00:10:12je vous dis
00:10:13ne vous trahiront pas,
00:10:16nous continuerons
00:10:16le combat
00:10:17et nous censurerons.
00:10:20Applaudissements
00:10:20Respectons le mandat
00:10:21de nos électeurs,
00:10:22pensons à l'espoir
00:10:23que nous avons soulevé.
00:10:26Applaudissements
00:10:26Il est des moments
00:10:28où l'attentisme
00:10:30devient de la lâcheté
00:10:32et nous y sommes.
00:10:35Jean Jaurès disait
00:10:36le courage
00:10:37c'est d'aller à l'idéal
00:10:38et de comprendre
00:10:39le réel.
00:10:41Je m'adresse ici
00:10:42à tous ceux
00:10:43qui se disent
00:10:43héritiers
00:10:44de Jean Jaurès.
00:10:46Montrez ce courage
00:10:48et censurez.
00:10:49Applaudissements
00:10:50Merci beaucoup
00:10:52Madame la députée.
00:10:54Applaudissements
00:10:55La parole est à présent
00:11:03Madame Marine Le Pen,
00:11:04présidente du groupe
00:11:05Rassemblement National.
00:11:08Monsieur le Premier ministre,
00:11:09Madame la Présidente,
00:11:10chers collègues,
00:11:12le général de Gaulle
00:11:12pour désigner
00:11:13le règne des partis
00:11:14avait une formule
00:11:15le régime de malheur.
00:11:17En disant cela,
00:11:18le général
00:11:19croyait décrire
00:11:19le passé,
00:11:20celui de la 4ème République.
00:11:22Il se voulait
00:11:23historien
00:11:24pour le plus grand malheur
00:11:26de la France
00:11:26et des Français.
00:11:27Vous en avez fait
00:11:27un prophète.
00:11:29Car ce régime
00:11:30de malheur,
00:11:31c'est précisément
00:11:32la situation politique
00:11:33à laquelle nous faisons face
00:11:34aujourd'hui
00:11:35du fait de la piteuse
00:11:37coalition des partis
00:11:38du système
00:11:38qui se relaie
00:11:40à la tête de l'État
00:11:40depuis 50 ans
00:11:41et n'ont aujourd'hui
00:11:42qu'un seul but,
00:11:43durer,
00:11:44se maintenir,
00:11:45quelques semaines de plus
00:11:46au détriment
00:11:47du peuple
00:11:48et de la nation.
00:11:50Ce régime de malheur,
00:11:51toutes les institutions
00:11:52de la 5ème République
00:11:53avaient été conçues
00:11:54pour le rendre
00:11:54impossibles.
00:11:56Mais à force
00:11:57d'ententes électorales
00:11:58et d'accords de couloir,
00:11:59vous avez réussi
00:12:00à transformer
00:12:01notre loi fondamentale
00:12:02en étouffoir
00:12:04de la démocratie.
00:12:05Ce dévoiement
00:12:06de nos institutions
00:12:07a atteint aujourd'hui
00:12:08un paroxysme.
00:12:09Les Français
00:12:10ne comptent même plus
00:12:10les motions de censure
00:12:11déposées, débattues
00:12:12et votées
00:12:13depuis la réélection
00:12:15d'Emmanuel Macron
00:12:16en 2022.
00:12:17Ils ne savent même plus
00:12:18qui siège au gouvernement,
00:12:20qui leur en voudrait
00:12:21puisque la durée
00:12:22des ministres
00:12:24se compte aujourd'hui
00:12:26parfois non plus
00:12:27en mois,
00:12:27non plus en années,
00:12:29mais en heures.
00:12:31Ce spectacle pathétique
00:12:32est un poison
00:12:33pour notre démocratie
00:12:34car il l'exaspère
00:12:35nos compatriotes
00:12:36et les détourne
00:12:37du goût
00:12:38de l'action publique.
00:12:40Or,
00:12:40une démocratie
00:12:41ne vit que
00:12:42par l'énergie
00:12:42et par l'engagement
00:12:43des citoyens.
00:12:45J'espère donc
00:12:46que le théâtre
00:12:47des manœuvres
00:12:47auxquelles se sont livrés
00:12:48tous les partis
00:12:49du système
00:12:49depuis plus d'un an
00:12:50n'aura pas gravé
00:12:51dans le marbre
00:12:52pour des millions
00:12:52de Français
00:12:53un profond dégoût
00:12:55pour l'action politique.
00:12:57Mais venons-en
00:12:57au fait.
00:12:59La représentation nationale
00:13:00est aujourd'hui réunie
00:13:01pour décider
00:13:01si votre gouvernement,
00:13:02M. le Premier ministre,
00:13:04doit être censuré
00:13:05au regard
00:13:05de votre projet
00:13:06de budget.
00:13:07Je dis votre budget,
00:13:08pardon,
00:13:09j'aurais peut-être
00:13:10dû dire le budget
00:13:11de M. Bayrou,
00:13:11ou le budget
00:13:12de Bercy,
00:13:13car ce budget
00:13:14n'est tellement
00:13:15pas le vôtre
00:13:16qu'il n'intègre
00:13:17même pas la promesse
00:13:18que vous aviez faite
00:13:18au Parti Socialiste
00:13:19de suspendre
00:13:20la réforme des retraites
00:13:21imposée au 49-3
00:13:23par Elisabeth Borne.
00:13:24C'est même pire.
00:13:26La trajectoire
00:13:27de la réforme
00:13:28de Borne
00:13:28est incluse
00:13:29dans votre projet
00:13:30de texte.
00:13:31J'y reviendrai.
00:13:32Ce budget,
00:13:33donc,
00:13:33est un véritable musée
00:13:34de toutes les horreurs
00:13:35coincées
00:13:36depuis des années
00:13:37dans les tiroirs
00:13:38de Bercy.
00:13:40Ce n'est pas
00:13:40une année blanche,
00:13:42mais une année noire
00:13:43pour les Français
00:13:43et en particulier
00:13:44pour ceux
00:13:45qui travaillent
00:13:46et paient des impôts.
00:13:48Il y a d'abord
00:13:49la poursuite
00:13:49du matraquage fiscal.
00:13:5019 milliards
00:13:51d'impôts supplémentaires,
00:13:53dont 10
00:13:53pour le seul
00:13:54impôt sur le revenu,
00:13:56par le pas
00:13:58du gel
00:13:58du barème
00:13:59qui,
00:13:59il y a
00:13:59au moins d'un an,
00:14:01vous faisait pousser
00:14:02d'ailleurs
00:14:02des cris d'orfraie.
00:14:03vous allez faire
00:14:04entrer
00:14:05200 000 foyers
00:14:06de la classe moyenne
00:14:07dans l'impôt
00:14:08sur le revenu.
00:14:09Sans doute
00:14:09une récompense
00:14:10pour la France
00:14:10qui bosse
00:14:11alors que notre
00:14:12taux d'activité
00:14:13est l'un des plus bas
00:14:14en Europe.
00:14:15Il y a ensuite
00:14:16la poursuite
00:14:16de la gabegie
00:14:17des dépenses publiques,
00:14:1828 milliards
00:14:19de dépenses supplémentaires
00:14:20au-delà
00:14:21de l'inflation,
00:14:22aucun effort
00:14:23sur le train de vie
00:14:24des administrations,
00:14:25aucun effort
00:14:26de rationalisation
00:14:27du maquis
00:14:27des agences
00:14:28et organismes divers
00:14:29qui coûtent
00:14:30des dizaines
00:14:31de milliards
00:14:32par an.
00:14:33Il y a également
00:14:34l'absence totale
00:14:35d'efforts
00:14:36sur l'immigration,
00:14:37l'absence totale
00:14:38d'actions
00:14:38pour faire baisser
00:14:39ne serait-ce
00:14:40que d'un euro
00:14:40les milliards
00:14:41que nous coûte
00:14:42chaque année
00:14:42l'aide médicale
00:14:43d'État
00:14:43et le dispositif
00:14:45fou des visas
00:14:46pour soins
00:14:46qui bat chaque année
00:14:48tous les records.
00:14:50Enfin,
00:14:51et c'est sans doute
00:14:51le pire,
00:14:52il y a aussi
00:14:53des mesures
00:14:53d'indécence sociale.
00:14:56Je pense
00:14:56à la fiscalisation
00:14:57des emplois étudiants
00:14:58mais aussi
00:14:59et surtout
00:14:59à la fiscalisation
00:15:01des indemnités
00:15:02versées par la Sécurité sociale
00:15:03en cas de maladies
00:15:04de longue durée.
00:15:06Nous avions déjà eu
00:15:07la hausse des franchises médicales,
00:15:09le déremboursement
00:15:10des médicaments
00:15:11et de pansements
00:15:11mais aujourd'hui
00:15:12c'est au plus vulnérable
00:15:14à ceux qui sont éloignés
00:15:15de l'emploi
00:15:16et parfois réduits
00:15:16à la solitude
00:15:17que vous entendez
00:15:18faire payer la note
00:15:19de vos lâchetés
00:15:20et de vos renoncements.
00:15:22Monsieur le Premier ministre,
00:15:23je ne veux pas ajouter
00:15:25au débat politique
00:15:25déjà marqué
00:15:26par le règne
00:15:27de la médiocrité
00:15:28et des effets
00:15:29de manche inutile
00:15:29la moindre pierre
00:15:31mais quand même,
00:15:32sérieusement,
00:15:34comment voulez-vous
00:15:34faire accepter
00:15:35aux Français
00:15:36une année de plus
00:15:37après des décennies
00:15:38de courses à l'abîme
00:15:39qu'on les polie encore
00:15:41de leurs droits sociaux
00:15:43par incapacité
00:15:44à toucher
00:15:45à ceux
00:15:45que nous avons octroyés
00:15:47de manière
00:15:47totalement irrationnelle
00:15:49à la terre entière.
00:15:50Comment pouvez-vous
00:15:52imaginer
00:15:53que le pays
00:15:54le plus fiscalisé
00:15:55le plus socialisé
00:15:57au monde
00:15:57ne vous sanctionne pas
00:15:59ne vous rejette pas
00:16:00en voyage chaque année
00:16:01s'allonger
00:16:03la liste
00:16:03des injustices
00:16:04et des spoliations
00:16:05toujours au détriment
00:16:07des Français
00:16:07les plus faibles
00:16:08jamais au détriment
00:16:09de l'immigration
00:16:10massive et incontrôlée
00:16:12qui mine
00:16:13nos comptes sociaux
00:16:14et rend nos rues
00:16:15chaque année
00:16:16de plus en plus violentes.
00:16:19Tout cela
00:16:20vient alimenter
00:16:21un climat
00:16:21de division
00:16:22et de ressentiment.
00:16:25Tout cela
00:16:25vient aggraver
00:16:26la situation
00:16:27déjà gravissime
00:16:29de nos finances publiques
00:16:30après huit ans
00:16:31de quoi qu'il en coûte
00:16:32macronistes
00:16:33sous l'œil effaré
00:16:34des marchés financiers
00:16:35qui nous prêtent
00:16:36des fonds
00:16:37mais aussi
00:16:37des contribuables
00:16:38ménages
00:16:39et entreprises
00:16:40qui devront payer
00:16:41la note fiscale
00:16:42de ce champ
00:16:43de ruines budgétaires.
00:16:45Voilà pourquoi
00:16:46Monsieur le Premier ministre
00:16:47nous voterons
00:16:47sans hésiter
00:16:48la censure
00:16:49de votre gouvernement
00:16:50tout simplement
00:16:51parce que ce budget
00:16:52n'est pas un budget
00:16:53c'est-à-dire
00:16:54la somme
00:16:55de choix politiques.
00:16:56Ce budget
00:16:57est l'acte ultime
00:16:58nous l'espérons
00:16:59d'un système politique
00:17:00à bout de souffle
00:17:01à bout d'idées
00:17:02et qui n'aura rien produit
00:17:04d'autre
00:17:04qu'un pays
00:17:05à bout de force
00:17:06à force de saignées fiscales
00:17:08et de brutalisation sociale.
00:17:10Il n'y a qu'à observer
00:17:13pour s'en convaincre
00:17:15les statistiques publiques
00:17:17les faillites d'entreprises
00:17:19et en particulier
00:17:19de TPE et PME
00:17:21battent tous les records
00:17:21depuis des décennies.
00:17:23Le taux de pauvreté
00:17:24les difficultés d'accès
00:17:25aux soins médicaux
00:17:26ou aux logements
00:17:27explosent
00:17:28et l'immigration
00:17:28je l'ai déjà rappelé
00:17:30est elle aussi
00:17:30comme notre dette publique
00:17:32hors de contrôle.
00:17:34Tel est l'état
00:17:35de la France
00:17:35que nous laisse
00:17:36Emmanuel Macron.
00:17:38Tel est le pays
00:17:38que nous devrons redresser
00:17:40car tôt ou tard
00:17:41c'est au Rassemblement National
00:17:42que reviendra cette mission
00:17:43et nous l'amènerons à bien.
00:17:49Mais ce que je viens
00:17:50de rappeler
00:17:51Monsieur le Premier Ministre
00:17:52ce sont des évidences
00:17:53je crois
00:17:54et même j'espère
00:17:55ne rien vous avoir appris
00:17:57en disant tout cela.
00:17:59Et c'est sans doute
00:17:59ce qu'il y a
00:18:00de plus lamentable
00:18:01dans la situation politique
00:18:02que nous traversons.
00:18:04Les mots de la France
00:18:05sont parfaitement connus
00:18:06sauf peut-être
00:18:08d'un carteron
00:18:09de gauchistes
00:18:10enfermés
00:18:10dans le déni du réel.
00:18:15Les remèdes
00:18:16aussi
00:18:18sont connus.
00:18:20Il ne manque qu'une chose
00:18:21le courage
00:18:22de les mettre en oeuvre.
00:18:24Mais quand la classe politique
00:18:25fait le choix collectif
00:18:25du déni du réel
00:18:27pour préserver
00:18:27ses petits intérêts
00:18:28rien n'est possible.
00:18:30C'est précisément cela
00:18:31que nous vivons aujourd'hui.
00:18:33Tout a révélé
00:18:34au cours des derniers jours
00:18:35que votre seul objectif
00:18:36était d'éviter
00:18:37de nouvelles élections.
00:18:38De contourner le peuple,
00:18:39de le réduire au silence,
00:18:41de l'invisibiliser.
00:18:43En déposant ce budget,
00:18:44vous assumez
00:18:44de vous couper un membre
00:18:46en renonçant
00:18:47à la seule véritable réforme
00:18:48qu'Emmanuel Macron
00:18:49ait conduite,
00:18:49celle des retraites.
00:18:50Une réforme pour laquelle,
00:18:51soit dit en passant,
00:18:52vous aviez mis le pays
00:18:53à feu et à sang
00:18:54avant d'y renoncer
00:18:5518 mois plus tard
00:18:56pour un fauteuil
00:18:57passablement élimé.
00:18:58L'Assemblée nationale
00:19:01va voter
00:19:02dans quelques instants
00:19:04deux motions de censure
00:19:06et si une majorité
00:19:07de députés
00:19:08veulent votre départ,
00:19:10l'insondable sottise
00:19:11des postures
00:19:12des uns et des autres
00:19:12pourrait vous sauver.
00:19:14Si LFI refuse
00:19:15de voter notre motion
00:19:16et les quelques LR
00:19:17convaincus par la censure,
00:19:18celle déposée par LFI,
00:19:20ils condamneraient ainsi
00:19:21par leur sectarisme
00:19:23et leur égoïsme
00:19:24le plus stupide
00:19:25et obtus
00:19:25les Français
00:19:26à subir votre budget
00:19:28de malheur.
00:19:31Après votre accord
00:19:33avec Jean-Luc Mélenchon
00:19:34au second tour
00:19:34des législatives,
00:19:36c'est aujourd'hui
00:19:37donc à Olivier Faure
00:19:38que vous devrez peut-être
00:19:40votre maintien temporaire
00:19:41aux affaires.
00:19:43Un dirigeant visionnaire
00:19:44qui jusqu'à hier
00:19:46ne savait même pas
00:19:47par quel véhicule juridique
00:19:48allait être suspendu
00:19:50puisque c'est là
00:19:51l'objet de l'accord
00:19:52de la honte
00:19:52conclu par les socialistes,
00:19:54la réforme des retraites
00:19:55d'Elisabeth Borne.
00:19:56Cet accord
00:19:57après de multiples rencontres
00:19:59entre vous,
00:20:00les alliés de M. Fort
00:20:01apprécieront,
00:20:02n'est pas seulement honteux,
00:20:04il est placé
00:20:04sous le signe
00:20:05de la tromperie
00:20:06et de la malhonnêteté
00:20:07car rien ne nous dit
00:20:08que cet amendement
00:20:09suspendant la réforme
00:20:11Borne
00:20:11survive
00:20:12à un rejet
00:20:13du PLFSS,
00:20:14à une réécriture
00:20:15par le Sénat,
00:20:16au passage
00:20:16en CMP,
00:20:17à une possible censure
00:20:18du Conseil constitutionnel
00:20:19en tant que cavalier
00:20:20budgétaire,
00:20:21voire à sa disparition
00:20:23en cas de budget
00:20:24par ordonnance.
00:20:25Vous aurez alors
00:20:27beau jeu
00:20:28de vous cacher
00:20:29derrière sa censure
00:20:30puisque c'est un sport
00:20:31national
00:20:32en Macronie.
00:20:33C'est ainsi que vous avez
00:20:34laissé votre loi
00:20:35sur l'immigration
00:20:36être vidé de sa substance
00:20:37l'an dernier,
00:20:38ce qui avait comblé
00:20:39d'est, paraît-il,
00:20:40Emmanuel Macron lui-même.
00:20:43Mais il y a encore mieux
00:20:44que les mesquines
00:20:45trahisons habituelles,
00:20:46il faut bien l'avouer,
00:20:47des socialistes,
00:20:48qui se retrouvent
00:20:48à cautionner
00:20:49la brutalisation sociale
00:20:51des plus faibles
00:20:51et le gel une année
00:20:53de plus
00:20:53du point d'indice
00:20:54de la fonction publique.
00:20:56Il y a donc mieux,
00:20:57il y a M. Wauquiez,
00:20:58il y a LR.
00:21:00Après avoir fait campagne
00:21:01pendant des mois
00:21:02sur son refus
00:21:02de se dissoudre
00:21:03dans le macronisme,
00:21:04M. Wauquiez
00:21:05donc a enfin clarifié
00:21:07sa position,
00:21:08c'est parce qu'il préférait
00:21:09en réalité
00:21:09se dissoudre
00:21:10dans le socialisme.
00:21:12Et soutenir
00:21:13d'un même geste
00:21:15la suspension
00:21:16de la réforme Borde
00:21:18et la désindexation
00:21:19des retraites.
00:21:20Merci M. Wauquiez
00:21:21pour cette clarification.
00:21:23Bienvenue,
00:21:24vos électeurs apprécieront.
00:21:27Voilà donc
00:21:28le visage,
00:21:29M. le Premier ministre,
00:21:31de ceux qui vous permettront
00:21:32aujourd'hui peut-être
00:21:33de durer
00:21:34quelques semaines de plus.
00:21:37Tous ces partis
00:21:37unis par la terreur
00:21:39de l'élection
00:21:40à tel point
00:21:41qu'ils en ont oublié
00:21:42qu'ils devaient,
00:21:43dit notre Constitution,
00:21:45concourir
00:21:46à l'expression
00:21:47du suffrage.
00:21:49Désormais,
00:21:49ils sont tous d'accord
00:21:50pour concourir
00:21:52à éviter
00:21:52la tenue d'élection.
00:21:54Et par pudeur,
00:21:56par pudeur,
00:21:57je n'évoquerai pas
00:21:57les déclarations
00:21:58de vos propres alliés
00:21:59entre Édouard Philippe
00:22:01qui appelle
00:22:02à la démission
00:22:02du président de la République
00:22:03mais refuse la dissolution
00:22:05et Gabriel Attal
00:22:06qui dit ne plus rien
00:22:07comprendre
00:22:08à Emmanuel Macron
00:22:09mais continue
00:22:10d'afficher son soutien
00:22:11au gouvernement.
00:22:12On s'y perd.
00:22:14Tout cela est pathétique.
00:22:16Tout cela sera
00:22:16bien vite,
00:22:17je l'espère,
00:22:18rangé au rang
00:22:19de mauvais souvenirs.
00:22:21La vérité,
00:22:22chers collègues,
00:22:22et j'en terminerai par là,
00:22:23c'est que vous n'échapperez
00:22:24pas au vote des Français.
00:22:26Vous aurez tout fait,
00:22:28tout entrepris,
00:22:29tout sacrifié
00:22:30pour éviter
00:22:30de retourner aux urnes
00:22:31mais vous y retournerez.
00:22:34Et vous devrez
00:22:35la tête basse
00:22:36et la mine déconfite
00:22:37retourner devant
00:22:39vos électeurs
00:22:40avec le déshonneur
00:22:41de ceux qui,
00:22:42pendant des mois,
00:22:43auront joué la montre.
00:22:45Le Rassemblement national,
00:22:47lui,
00:22:47attend le jour
00:22:48de la dissolution
00:22:49avec une impatience
00:22:51croissante.
00:22:53Nos 140 députés
00:22:54du RN
00:22:55et de l'UDR
00:22:56ont hâte
00:22:57de retourner
00:22:57devant les Français
00:22:58car ils pourront,
00:23:00eux,
00:23:01regarder leurs électeurs
00:23:02droits dans les yeux,
00:23:03car ils pourront,
00:23:04eux,
00:23:05rendre compte
00:23:06avec fierté
00:23:07de leur action
00:23:09à l'Assemblée nationale,
00:23:11car ils pourront,
00:23:11eux,
00:23:12dire qu'ils ont fait honneur
00:23:13au contrat moral
00:23:15qui les lie
00:23:16à leurs compatriotes,
00:23:18car ils seront,
00:23:19eux,
00:23:20les artisans
00:23:21du grand redressement
00:23:22national
00:23:23au sein
00:23:24d'une majorité
00:23:25claire
00:23:26qui sera rendue
00:23:27à notre pays
00:23:28par son seul souverain,
00:23:30le peuple.
00:23:31Et ce n'est pas à vous
00:23:32que je veux m'adresser maintenant,
00:23:34mais à nos concitoyens.
00:23:36Mes chers compatriotes,
00:23:37ne laissez personne
00:23:38vous dire
00:23:40que nous traversons
00:23:40une crise politique.
00:23:42Ce n'est pas
00:23:43une crise politique,
00:23:45c'est une crise
00:23:45politicienne,
00:23:47une crise
00:23:47de vieux partis
00:23:48fatigués
00:23:49qui n'ont pour seul projet
00:23:51que d'empêcher
00:23:51le RN
00:23:53d'arriver au pouvoir.
00:23:54Mes chers compatriotes,
00:24:00ne laissez personne
00:24:01vous dire
00:24:01que nous traversons
00:24:02une crise
00:24:03de régime.
00:24:04Ce n'est pas
00:24:05une crise
00:24:05de régime,
00:24:06c'est la crise
00:24:07d'un régime,
00:24:08celui des partis,
00:24:10et il est en train
00:24:11de prendre fin.
00:24:12Mes chers compatriotes,
00:24:13vous allez demain
00:24:14retourner aux urnes,
00:24:16et la nouvelle
00:24:17assemblée
00:24:17que vous aurez élue
00:24:18pourra alors voter
00:24:19dès son installation
00:24:21une loi spéciale,
00:24:22et le nouveau gouvernement
00:24:24présentera ensuite
00:24:25son budget,
00:24:26un budget reflétant
00:24:27les choix politiques
00:24:28exprimés
00:24:29par le vote
00:24:30du peuple français.
00:24:32Et ce sera enfin
00:24:33le retour
00:24:34de la vraie stabilité,
00:24:37pas celle
00:24:38des postes
00:24:39de vieux notables
00:24:40fatigués,
00:24:41mais celle
00:24:43d'un pays
00:24:44et d'un peuple
00:24:45à qui nous aurons
00:24:46enfin redonné
00:24:47confiance
00:24:48et espérance.
00:24:50dans tous les cas,
00:24:53car c'est en démocratie
00:24:55de loin
00:24:55incontournable,
00:24:57c'est à vous,
00:24:58peuple souverain,
00:24:59que reviendra
00:25:00le dernier mot.
00:25:02Avec toute notre force
00:25:03et notre détermination,
00:25:06nous nous rendrons
00:25:07le pouvoir.
00:25:08Voilà aujourd'hui
00:25:09le seul chemin
00:25:10à prendre,
00:25:11celui de la démocratie.
00:25:12Je vous remercie.
00:25:16La parole est à présent
00:25:17à monsieur le Premier ministre.
00:25:19Mesdames
00:25:19les oratrices,
00:25:22je vous ai
00:25:23écouté attentivement
00:25:25l'une et l'autre
00:25:26et ce qui me frappe
00:25:27le plus,
00:25:28c'est la convocation
00:25:29du peuple
00:25:30comme une convocation
00:25:31d'un peuple imaginaire,
00:25:32comme s'il n'était pas
00:25:33exprimé
00:25:34lors des dernières
00:25:35élections législatives.
00:25:36Et d'ailleurs,
00:25:40on ne peut pas dire
00:25:41que ce gouvernement,
00:25:42Madame Le Pen,
00:25:43a peur du peuple
00:25:44puisque dans
00:25:45quelques instants,
00:25:47soit l'Assemblée nationale
00:25:48l'aura censurée,
00:25:50soit l'Assemblée nationale
00:25:51l'aura confirmée.
00:25:52On ne peut pas dire
00:25:53que nous avons peur du peuple,
00:25:55Madame la Présidente Le Pen.
00:25:56Vous avez été candidate
00:25:57à l'élection présidentielle
00:25:58en 2017.
00:26:00Vous avez été battue.
00:26:01Vous avez été candidate
00:26:02à l'élection présidentielle
00:26:03en 2022.
00:26:04Vous avez été battue.
00:26:06Il y a eu des élections
00:26:07législatives anticipées
00:26:09que votre famille politique
00:26:11a demandé
00:26:12en réclamant la dissolution.
00:26:14Vous n'avez pas eu
00:26:15la majorité absolue.
00:26:17Et ce que je dis,
00:26:17Madame la Présidente,
00:26:19ce que je dis,
00:26:20Madame la Présidente,
00:26:21avec respect,
00:26:22c'est que personne,
00:26:23précisément,
00:26:24n'a eu de majorité absolue
00:26:26et qu'aujourd'hui
00:26:27se présente devant vous
00:26:28un gouvernement
00:26:29soutenu,
00:26:31et nous le verrons
00:26:31dans quelques instants
00:26:33ou non,
00:26:34par un socle
00:26:34suffisamment grand
00:26:36de députés
00:26:36pour pouvoir
00:26:37se maintenir
00:26:37ou non.
00:26:40Allez,
00:26:40s'il vous plaît,
00:26:40s'il vous plaît.
00:26:41Et puisque vous défendez
00:26:43la constitution
00:26:45du général de Gaulle,
00:26:47vous savez...
00:26:47Allez,
00:26:47s'il vous plaît.
00:26:48vous savez que les membres
00:26:50du gouvernement
00:26:51tiennent aussi
00:26:51leur légitimité
00:26:52du Président de la République
00:26:54par sa nomination.
00:26:55Et ça,
00:26:56c'est la constitution
00:26:57de notre pays.
00:26:58Mesdames et Messieurs
00:26:58les députés,
00:27:00je ne ferai pas
00:27:00de long discours.
00:27:03Je pense que tout a été dit
00:27:04lors de la déclaration
00:27:05de politique générale.
00:27:07Ce que je retiens aussi,
00:27:08c'est que
00:27:09notre esprit de compromis,
00:27:11la volonté
00:27:12de faire en sorte
00:27:12que les débats
00:27:13soient ouverts
00:27:15et les lieux
00:27:15sont au fond
00:27:16le meilleur détecteur
00:27:18de la bonne foi
00:27:19ou de la mauvaise foi.
00:27:21Avec l'abandon
00:27:23du 49-3,
00:27:24avec le temps nécessaire
00:27:25pour mener
00:27:26l'ensemble des débats,
00:27:28s'exprimer ici
00:27:29ce matin
00:27:30à cette tribune
00:27:31en laissant croire
00:27:32à celles et ceux
00:27:33qui nous écoutent
00:27:34que la copie budgétaire
00:27:35telle qu'elle a été déposée
00:27:36est la copie budgétaire
00:27:38définitive.
00:27:39Comme si les parlementaires
00:27:40n'avaient pas le loisir,
00:27:41le droit,
00:27:41la capacité
00:27:43de le modifier,
00:27:43de l'amender,
00:27:44de transformer ce texte...
00:27:46Mes chers collègues,
00:27:46est-ce que vous pourriez
00:27:47s'il vous plaît
00:27:48un petit peu
00:27:49respecter le Premier ministre
00:27:50qui est en train
00:27:51de s'exprimer
00:27:51et qui s'adresse à vous
00:27:52des deux côtés ?
00:27:54Des deux côtés,
00:27:54s'il vous plaît.
00:27:55Un peu de silence.
00:27:59Des deux côtés.
00:28:01Ah, attendez,
00:28:02ça suffit.
00:28:03Allez, s'il vous plaît.
00:28:06Monsieur le Premier ministre,
00:28:07poursuivez.
00:28:07Merci.
00:28:08Merci, Madame la Présidente.
00:28:10On ne peut pas faire
00:28:11comme si dans le moment
00:28:13de notre procédure budgétaire,
00:28:16il n'y avait pas un texte
00:28:17sur la table
00:28:18qui n'a pas encore
00:28:18démarré sa discussion.
00:28:20Et de cela,
00:28:22vous ne pouvez pas mentir
00:28:23devant les Françaises
00:28:24et les Français
00:28:25en disant
00:28:26voici le projet de budget,
00:28:28voici ce que nous souhaitons
00:28:29censurer
00:28:29alors que vous avez refusé
00:28:31et que vous êtes en train
00:28:32de refuser
00:28:33de le discuter
00:28:34et de le travailler.
00:28:35La réalité,
00:28:36Mesdames et Messieurs
00:28:36les députés,
00:28:38soit on rentre
00:28:39dans les débats,
00:28:40soit on rentre
00:28:41une bonne fois pour toutes
00:28:42dans la crise politique.
00:28:44Et de cela,
00:28:45vous devez l'assumer,
00:28:46parlementaire de la France
00:28:48insoumise
00:28:48avec les parlementaires
00:28:49du Rassemblement national
00:28:50parce que c'est évidemment
00:28:52le moment de vérité.
00:28:54Est-ce que l'on souhaite
00:28:54l'ordre républicain
00:28:56avec des débats
00:28:57qui ont lieu
00:28:57à l'Assemblée nationale
00:28:58ou est-ce qu'on souhaite
00:29:00le désordre ?
00:29:01Est-ce que l'on souhaite
00:29:02le ralentissement du pays
00:29:03censurer sur un texte
00:29:05avec lequel on n'est pas d'accord ?
00:29:07On peut le comprendre.
00:29:08Censurer sur la base
00:29:10de l'absence d'un texte,
00:29:12c'est tout simplement
00:29:12manquer de bon sens.
00:29:14En tout cas,
00:29:15Mesdames et Messieurs
00:29:15les parlementaires,
00:29:17ces motions de censure
00:29:17ce matin sont assez inédites
00:29:19dans l'histoire
00:29:19de la Ve République
00:29:20parce que ça serait au fond
00:29:22un peu la première fois
00:29:23que l'Assemblée nationale
00:29:25déciderait de se censurer
00:29:27elle-même
00:29:27et de refuser
00:29:29d'entrer
00:29:30dans les débats parlementaires.
00:29:32L'histoire,
00:29:32en tout cas,
00:29:33jugera très durement
00:29:35ces manœuvres politiciennes
00:29:37dans lesquelles
00:29:38on aura confondu au fond
00:29:39la tribune
00:29:40de l'Assemblée nationale
00:29:41avec une tribune publicitaire.
00:29:43L'élection présidentielle
00:29:44viendra.
00:29:45Vous aurez l'occasion
00:29:46de faire campagne.
00:29:47Pour l'instant,
00:29:48ne prenez pas en otage
00:29:50le budget de la nation
00:29:51et le budget
00:29:52de la sécurité sociale.
00:29:54Merci.
00:29:54Merci beaucoup,
00:29:56monsieur le Premier ministre.
00:30:02La parole est à présent
00:30:04à monsieur
00:30:04Nicolas Metzdorff
00:30:06pour le groupe
00:30:06Ensemble
00:30:06pour la République.
00:30:08Madame la Présidente,
00:30:11monsieur le Premier ministre,
00:30:13mesdames et messieurs
00:30:14les ministres,
00:30:15Chers collègues,
00:30:18le général de Gaulle
00:30:19disait
00:30:22« Notre Constitution
00:30:23est à la fois
00:30:24parlementaire
00:30:25et présidentielle
00:30:27à la mesure
00:30:28que ce que nous commande
00:30:29à la fois
00:30:30les besoins
00:30:31de notre équilibre
00:30:32et les traits
00:30:33de notre caractère.
00:30:36Nul ne doute
00:30:36du trait
00:30:38de caractère unique
00:30:39de l'Assemblée nationale
00:30:40qui se tient
00:30:41devant nous
00:30:41aujourd'hui.
00:30:43Bien que profondément
00:30:44divisée,
00:30:45elle n'a jamais eu
00:30:46autant de pouvoir.
00:30:48À ses côtés,
00:30:50désormais,
00:30:50un gouvernement réaliste
00:30:52qui souhaite
00:30:52plus que jamais
00:30:53laisser la loi
00:30:54se faire au Parlement
00:30:55comme l'a clairement
00:30:56rappelé
00:30:57le Premier ministre.
00:30:59Le gouvernement
00:30:59propose
00:31:00et l'Assemblée
00:31:01enfin dispose.
00:31:04Il apparaît
00:31:05donc regrettable
00:31:06que la Chambre basse
00:31:08puisse envisager
00:31:09de se dessaisir
00:31:10de ce pouvoir.
00:31:12La censure
00:31:13est un acte grave,
00:31:15fort
00:31:15et solennel
00:31:16qui engage
00:31:18la stabilité
00:31:18de la nation
00:31:19et qui doit être
00:31:21mis à l'ordre du jour
00:31:22lorsque la situation
00:31:23l'exige.
00:31:24Malheureusement,
00:31:26depuis quelques années,
00:31:27la censure
00:31:28est devenue
00:31:28l'outil indispensable
00:31:30du bon opposant
00:31:31qui promet
00:31:32à chaque occasion
00:31:33de faire tomber
00:31:34un gouvernement
00:31:34de France
00:31:35comme si la chose
00:31:37pouvait être légère.
00:31:39Depuis deux ans,
00:31:40cette Assemblée
00:31:41ne renverse plus
00:31:42des gouvernements,
00:31:43elle renverse
00:31:44le sens même
00:31:45de notre engagement
00:31:46politique.
00:31:47La vérité,
00:31:49c'est que la
00:31:49Cinquième République
00:31:50est aujourd'hui
00:31:51plus affaiblie
00:31:51par son Parlement
00:31:52que par ses gouvernements
00:31:54successifs.
00:31:54A force de tout
00:31:56remettre en cause,
00:31:57scrutin après scrutin,
00:31:59motion après motion,
00:32:00nous prenons le risque
00:32:01d'épuiser
00:32:02non seulement
00:32:03les institutions
00:32:03mais la confiance
00:32:05en notre pays.
00:32:06Ainsi,
00:32:07à l'heure
00:32:07où nous parlons,
00:32:08l'instabilité
00:32:09nous a déjà coûté
00:32:100,2%
00:32:11de notre PIB
00:32:12selon le gouverneur
00:32:13de la Banque de France,
00:32:15soit l'équivalent
00:32:15du budget annuel
00:32:16du ministère
00:32:17des Affaires étrangères.
00:32:18Dès lors,
00:32:21une seule question.
00:32:23Avons-nous encore
00:32:23les moyens
00:32:24de nos querelles ?
00:32:25Je ne le crois pas.
00:32:27Alors évidemment,
00:32:28le Premier ministre
00:32:29l'a lui-même reconnu.
00:32:30Ce budget est perfectible.
00:32:32J'ai envie de dire
00:32:33que c'est normal
00:32:33puisqu'il n'est pas encore
00:32:34passé par les fourches
00:32:35codines de l'Assemblée.
00:32:37A nous de nous en saisir
00:32:39et de trouver
00:32:40les fameux compromis
00:32:41nécessaires.
00:32:42Jamais dans l'histoire
00:32:43de cette République,
00:32:44les parlementaires
00:32:44n'auront exercé
00:32:45une influence aussi importante
00:32:47sur le budget
00:32:48de la nation.
00:32:49D'autant,
00:32:50mes chers collègues,
00:32:51que c'est bien lors
00:32:51de l'examen de ce budget
00:32:53que sera proposé
00:32:54ce que vous aviez
00:32:54tous demandé
00:32:55en plus de l'arrêt
00:32:56des 49-3,
00:32:58la suspension
00:32:58de la réforme
00:32:59des retraites.
00:33:00Le Premier ministre
00:33:01aura donc répondu
00:33:02aux deux principales
00:33:03revendications
00:33:04des oppositions
00:33:05qui justifiaient
00:33:06les censures
00:33:07jusqu'à présent.
00:33:09Quel parlementaire
00:33:10pourrait alors
00:33:11envisager de dire
00:33:12à ses concitoyens
00:33:13qu'il ne veut pas
00:33:14discuter du budget ?
00:33:16La deuxième urgence
00:33:17de ce gouvernement
00:33:18de mission
00:33:18et c'est à noter,
00:33:20ce sont les Outre-mer.
00:33:22Un projet de loi
00:33:22concernant la vie
00:33:23chère est prêt.
00:33:24Nos territoires
00:33:25et nos compatriotes
00:33:26en ont besoin
00:33:27tant la situation
00:33:27du pouvoir d'achat
00:33:28est dramatique.
00:33:30Sans gouvernement,
00:33:31les prix continueront
00:33:32de filer
00:33:33et la population
00:33:34continuera de se paupériser.
00:33:36Toute censure
00:33:37aura un impact
00:33:38négatif,
00:33:38concret et rapide
00:33:40sur le quotidien
00:33:41de nos concitoyens
00:33:41ultramarins.
00:33:42Je le répète
00:33:43mes chers amis,
00:33:45de par-delà
00:33:46les maires,
00:33:47avant nous
00:33:47les moyens
00:33:47de nos querelles,
00:33:49je ne le crois
00:33:49toujours pas.
00:33:52Permettez-moi
00:33:52désormais
00:33:53d'avoir un mot
00:33:53particulier
00:33:54pour deux territoires
00:33:55meurtris.
00:33:56Mayotte d'abord,
00:33:58dont les plaies
00:33:58de Chido
00:33:59sont encore ouvertes.
00:34:00Des engagements
00:34:01ont été pris
00:34:01et il est désormais
00:34:02temps de les respecter
00:34:03dans le budget
00:34:04que nous allons examiner.
00:34:06On ne peut pas
00:34:07se contenter
00:34:07de tweeter
00:34:08lors d'une catastrophe
00:34:08naturelle
00:34:09et ne pas permettre
00:34:10ensuite au gouvernement
00:34:11de prendre
00:34:12les mesures
00:34:12nécessaires
00:34:13au rétablissement
00:34:14d'une situation
00:34:14indigne.
00:34:16Nous avons
00:34:16une promesse
00:34:16républicaine
00:34:17envers ce territoire.
00:34:19Nous ne pouvons
00:34:19pas décevoir
00:34:20ainsi
00:34:20leur amour
00:34:21de la patrie.
00:34:22Enfin,
00:34:23la Nouvelle-Calédonie.
00:34:25Je ne sais plus
00:34:26quoi vous dire,
00:34:27tellement je désespère
00:34:28de pouvoir
00:34:29un jour aboutir
00:34:30à la fin
00:34:30d'un processus
00:34:31commencé il y a
00:34:32sept ans maintenant
00:34:33avec l'organisation
00:34:34du premier référendum.
00:34:36Nous avons connu
00:34:37trop de campagnes électorales,
00:34:38trop de factures,
00:34:40trop de barricades,
00:34:41trop de vies brisées
00:34:42pour devoir désormais
00:34:44être les otages
00:34:45du jeu national.
00:34:47Nous sommes si prêts
00:34:48de tourner la page
00:34:49de la violence
00:34:49et de la haine,
00:34:50si prêts
00:34:51d'en écrire
00:34:51une nouvelle
00:34:52que je vous demande
00:34:53solennellement
00:34:54d'avoir une pensée
00:34:55pour nous
00:34:56si vous hésitez
00:34:57à voter la censure.
00:34:58Si ce gouvernement
00:34:59tombe,
00:35:00tout espoir
00:35:00de paix s'envole.
00:35:02Combien faut-il
00:35:03de morts
00:35:03pour que la nation
00:35:04se donne le peu
00:35:05de temps nécessaire
00:35:06à achever
00:35:07le processus de paix
00:35:08en Nouvelle-Calédonie ?
00:35:09Combien de vies
00:35:10faut-il voir fauchées
00:35:11pour que la politique
00:35:12s'arrête ?
00:35:13À nous,
00:35:14qu'on demande souvent
00:35:14de nous entendre
00:35:15malgré nos différences
00:35:17parce que la Nouvelle-Calédonie
00:35:18le mérite,
00:35:19je vous retourne désormais
00:35:20cette requête
00:35:21d'unité nationale.
00:35:23Depuis que l'archipel
00:35:24a pris feu en mai dernier,
00:35:26nous avons connu
00:35:26une nouvelle assemblée
00:35:27et cinq gouvernements différents.
00:35:30Alors je sais
00:35:30que nous sommes loin,
00:35:32particuliers,
00:35:33et que nos voies
00:35:34se noient
00:35:34dans les millions
00:35:35de l'Hexagone.
00:35:36Mais nous aussi,
00:35:37nous sommes la France.
00:35:38Je m'excuse
00:35:39d'évoquer dans cette allocution
00:35:40mon territoire
00:35:41avec tant de gravité,
00:35:43mais je crois,
00:35:44tout en restant humble,
00:35:45qu'il n'y a pas mieux placé
00:35:46qu'un Calédonien
00:35:47pour vous dire,
00:35:47mes chers collègues,
00:35:48que la fracture
00:35:49d'un peuple
00:35:50est un poison
00:35:51qui tue même
00:35:52les pays
00:35:52qu'en pensées indestructibles.
00:35:56Nous avons la possibilité
00:35:57de travailler ensemble ici,
00:36:00de dépasser nos clivages
00:36:02pour sauver la France.
00:36:03Nous l'avons fait
00:36:04trop tard à Nouméa,
00:36:05nous pouvons encore
00:36:06le faire ici,
00:36:07à Paris.
00:36:09Je sais qu'il y a
00:36:10les militants,
00:36:12les sondages
00:36:13et le calendrier électoral.
00:36:15Je sais les réseaux sociaux
00:36:16et le microcosme parisien.
00:36:18Mais avant tout,
00:36:20et plus que tout,
00:36:21il y a la France.
00:36:23Que le gouvernement
00:36:23de Sébastien Lecornu
00:36:24puisse tenir
00:36:25le plus longtemps possible.
00:36:26Que sa mission réussisse.
00:36:28Pour la France.
00:36:29Pour toute la France.
00:36:30Je vous remercie.
00:36:34Merci beaucoup
00:36:35Monsieur le député.
00:36:37La parole est à présent
00:36:39à Monsieur Laurent Baumel
00:36:40du groupe socialiste.
00:36:41Monsieur le Premier ministre,
00:36:44en préambule
00:36:44de cette intervention,
00:36:46je veux d'abord
00:36:47vous dire que
00:36:47nous comprenons
00:36:49intimement
00:36:50et parfaitement
00:36:51les sentiments
00:36:53et les raisonnements
00:36:53qui conduisent
00:36:54nos collègues
00:36:55des autres groupes
00:36:55de gauche
00:36:56à vouloir ce matin
00:36:57censurer votre gouvernement.
00:36:58Nous comprenons
00:37:01et partageons
00:37:02l'exaspération
00:37:03engendrée
00:37:05par le spectacle
00:37:06accablant
00:37:07de ce président
00:37:08de la République
00:37:09qui chagriné
00:37:10des mauvais résultats
00:37:11des élections européennes
00:37:12a voulu lui aussi
00:37:14jouer à la dissolution,
00:37:16a perdu
00:37:17les élections législatives
00:37:18qu'il avait convoquées
00:37:19et s'est obstiné
00:37:20ensuite
00:37:21à en nier
00:37:21les résultats
00:37:22en ne consentant
00:37:23à nommer
00:37:24que des gouvernements
00:37:25à sa convenance
00:37:26et ce
00:37:28même lorsque
00:37:29le prétendu
00:37:29socle commun
00:37:30qui servait
00:37:32de prétexte
00:37:32à cette dénégation
00:37:33démocratique
00:37:34a volé en éclats
00:37:35il y a dix jours
00:37:35sous le regard
00:37:37médusé du pays.
00:37:39Monsieur le Premier ministre
00:37:40en préambule
00:37:40de cette intervention
00:37:41je veux aussi vous dire
00:37:42que notre non-censure
00:37:44d'aujourd'hui
00:37:44n'est évidemment
00:37:45en aucun cas
00:37:46un pacte
00:37:47de non-censure.
00:37:48Nous ne nous engageons
00:37:49à rien
00:37:50et surtout pas
00:37:51à voter
00:37:52ou laisser passer
00:37:52le budget
00:37:53récessif
00:37:54et injuste
00:37:55que vos ministres
00:37:56nous ont présenté
00:37:57nous ne renonçons
00:37:59à rien
00:38:00et si vous-même
00:38:00ou d'autres ici
00:38:01pouvaient en douter
00:38:02nous rappelons
00:38:03le précédent
00:38:03de François Béroux
00:38:04qui s'était un peu
00:38:06vite bercé d'illusions
00:38:07à notre sujet.
00:38:09Alors
00:38:09si en dépit
00:38:10de ces rappels
00:38:10nous faisons néanmoins
00:38:11le choix
00:38:12de ne pas vous censurer
00:38:13dès votre entrée en scène
00:38:14c'est pour trois raisons
00:38:15que je veux expliciter
00:38:17ici.
00:38:18La première
00:38:19tient à notre vision
00:38:21j'allais dire
00:38:22à notre compréhension
00:38:23de la nature même
00:38:24de cette législature.
00:38:26Cette législature
00:38:27absolument inédite
00:38:28parce que dépourvue
00:38:28de majorité absolue
00:38:30et même relative
00:38:31est la première
00:38:32manifestation
00:38:33du tripartisme
00:38:34qui structure
00:38:35désormais
00:38:35notre période politique.
00:38:37Dès son avènement
00:38:38les socialistes
00:38:39ont admis
00:38:40et énoncé
00:38:41qu'elle ne pourrait
00:38:42fonctionner
00:38:43que sur la base
00:38:44de compromis
00:38:45substantiels
00:38:45entre les forces
00:38:47qui ont composé
00:38:47le front républicain
00:38:48de juillet 2024.
00:38:50Dès son avènement
00:38:51nous avons pris
00:38:52nos distances
00:38:53avec l'illusion
00:38:53d'une possible
00:38:54application intégrale
00:38:56du programme
00:38:56du NFP
00:38:57et nous avons conçu
00:38:58le gouvernement
00:38:59que nous avons proposé
00:39:00de former
00:39:00autour de Lucie Castet
00:39:02comme un gouvernement
00:39:03minoritaire
00:39:04appelé à chercher
00:39:05des majorités
00:39:06texte par texte
00:39:07dans l'assemblée
00:39:08telle qu'elle est.
00:39:10Dans notre vision
00:39:11cette configuration nouvelle
00:39:12n'est pas d'ailleurs
00:39:13nécessairement
00:39:14une régression.
00:39:16Le système pyramidal
00:39:17structuré autour
00:39:18d'un président
00:39:19tout puissant
00:39:20appuyé sur une majorité
00:39:21pléthorique
00:39:22et docile
00:39:23n'a pas produit
00:39:24au cours des décennies
00:39:25un bonheur politique
00:39:26et une confiance
00:39:27dans les institutions
00:39:28telles
00:39:29qu'il faille
00:39:29à tout prix
00:39:30nouater
00:39:30de retrouver
00:39:31ce paradis perdu.
00:39:33Au moins
00:39:33notre assemblée
00:39:34reflète largement
00:39:36le pluralisme
00:39:37réel du pays.
00:39:39A supposer
00:39:40qu'il soit
00:39:40hautement désirable
00:39:41donc
00:39:41le retour
00:39:43à la normalité
00:39:43de la Vème République
00:39:44ne serait pas
00:39:45en outre garantie
00:39:46par un retour
00:39:46actuel aux urnes
00:39:47qu'il prenne la forme
00:39:49d'une dissolution
00:39:49ou d'un départ
00:39:50du président.
00:39:52Les Françaises
00:39:52et les Français
00:39:53ne le demandent pas
00:39:53forcément.
00:39:55A travers
00:39:55nos échanges
00:39:56hebdomadaires
00:39:57avec eux
00:39:57nous sentons
00:39:59qu'il existe
00:39:59une base sociale
00:40:00dans le pays
00:40:01pour accueillir
00:40:02avec soulagement
00:40:03et peut-être même
00:40:04soutenir demain
00:40:04une expérience
00:40:06institutionnelle
00:40:07novatrice
00:40:07qui parviendrait
00:40:09à concilier
00:40:09le pluralisme
00:40:10et la stabilité
00:40:11la confrontation
00:40:13naturelle
00:40:13des orientations
00:40:14avec la capacité
00:40:15d'agir
00:40:16que ce pays
00:40:17éminemment politique
00:40:17continue d'attendre
00:40:18de son État.
00:40:19Une expérience
00:40:20qui nous sortirait
00:40:21de l'image déprimante
00:40:22d'un pays bloqué
00:40:23par la somme
00:40:24de ses intransigeances.
00:40:26La seconde raison
00:40:27de notre non-censure
00:40:28tient à notre conception
00:40:29de l'action politique
00:40:30celle qui a fondé
00:40:31historiquement
00:40:31l'identité
00:40:32du socialisme démocratique
00:40:34et la distinguer
00:40:35des mouvements révolutionnaires
00:40:36ou gauchistes.
00:40:38Depuis toujours
00:40:38nous préférons
00:40:40nous battre
00:40:40ici et maintenant
00:40:41pour obtenir
00:40:42des avancées concrètes
00:40:43dans le cadre
00:40:44des institutions
00:40:45pour celles et ceux
00:40:46que nous défendons
00:40:47plutôt que de travailler
00:40:49sans cesse
00:40:49à approfondir
00:40:50des contradictions
00:40:51et des crises
00:40:52censés faire advenir
00:40:53des grands soirs
00:40:54sans cesse différés
00:40:55et souvent décevants.
00:40:57Dans le moment présent
00:40:58et même si je le répète
00:40:59nous partageons
00:41:00l'exaspération
00:41:01devant l'attitude présidentielle
00:41:02nous ne sommes pas convaincus
00:41:04que faire tomber
00:41:05à la chaîne
00:41:06tous les gouvernements
00:41:06qui passent
00:41:07pour précipiter
00:41:08une élection présidentielle
00:41:09à l'issue incertaine
00:41:11soit le meilleur service
00:41:12que la gauche
00:41:12puisse rendre
00:41:13aux couches populaires
00:41:14qui ont besoin d'elles.
00:41:16Fort de nos 69 députés
00:41:17nous préférons
00:41:18exercer des rapports
00:41:19de force
00:41:19agir dans l'hémicycle
00:41:21pour essayer
00:41:22d'inscrire
00:41:22dans le droit positif
00:41:24les propositions politiques
00:41:25issues de notre
00:41:26programme commun.
00:41:28Nous croyons
00:41:29à la nécessité
00:41:30et à la valeur
00:41:30du compromis
00:41:31nous voulons
00:41:32des avancées concrètes
00:41:33pour les gens
00:41:33et la troisième raison
00:41:35monsieur le premier ministre
00:41:36pour laquelle nous faisons
00:41:37le choix
00:41:38de ne pas vous censurer
00:41:39au lendemain
00:41:40de votre déclaration
00:41:40et que vous avez
00:41:42à travers
00:41:42l'annonce
00:41:43de la suspension
00:41:43immédiate
00:41:44et complète
00:41:45de la réforme
00:41:45des retraites
00:41:46que nous vous demandions
00:41:47publiquement
00:41:47fait une concession
00:41:49réelle
00:41:49qui est aussi
00:41:50une avancée réelle.
00:41:52Une concession réelle
00:41:53oui nous connaissons
00:41:55l'attachement
00:41:55quasi obsessionnel
00:41:56du président de la république
00:41:57et de vos amis
00:41:58pour ce totem
00:41:59du bilan macroniste
00:42:00nous nous souvenons
00:42:01de la façon
00:42:01dont les outils
00:42:02de la coercition
00:42:03et de l'obstruction
00:42:04parlementaire
00:42:05ont été mobilisés
00:42:06pour l'imposer
00:42:06et le maintenir coûte que coûte
00:42:08face à une assemblée
00:42:10et un pays récalcitrant.
00:42:11Une avancée réelle
00:42:12on peut ici
00:42:13ou là ergoter
00:42:14minorer
00:42:15dévoiler
00:42:16notre supposée naïveté
00:42:17nous nous sommes fiers
00:42:19d'avoir exercé
00:42:20cette pression
00:42:21ce rapport de force
00:42:22qui permettra demain
00:42:23à 3 millions et demi
00:42:24de personnes
00:42:25usées
00:42:26ou fatiguées
00:42:27par une vie de travail
00:42:28de partir plus tôt
00:42:29si elles le souhaitent
00:42:30à la retraite.
00:42:33Mais je termine
00:42:35monsieur le premier ministre
00:42:36je termine
00:42:38par là
00:42:39où j'ai commencé
00:42:39pour la première fois
00:42:42de cette législature
00:42:43vos amis
00:42:43et vous-même
00:42:44semblez comprendre
00:42:45que la pérennité
00:42:47de cette législature
00:42:48a un prix
00:42:48à la différence
00:42:50de votre prédécesseur
00:42:51vous semblez vouloir
00:42:51nous épargner
00:42:52les leçons de morale
00:42:53ou d'économie
00:42:53pour nous traiter
00:42:54comme on traite
00:42:55ses opposants
00:42:56en l'absence de majorité
00:42:57en ne joignant pas
00:42:58ce matin nos voix
00:42:59à la censure
00:43:00nous faisons le pari
00:43:01que vous continuerez
00:43:02à le comprendre
00:43:03dans le budget
00:43:03dans le débat budgétaire
00:43:05qui vient
00:43:05sur la suspension
00:43:07des retraites
00:43:07je vous le dis
00:43:08solennellement ce matin
00:43:09il n'y aura pas
00:43:11d'entourloupe
00:43:11ou de ruse procédurale
00:43:13vous êtes le garant
00:43:14qu'à la fin du processus
00:43:17la suspension
00:43:18devienne une réalité juridique
00:43:20la pérennité même
00:43:21de votre gouvernement
00:43:22est désormais liée
00:43:24à cet engagement
00:43:24pris à cette tribune
00:43:26devant des millions
00:43:27de français
00:43:27monsieur le premier ministre
00:43:30vous avez renoncé
00:43:31au 49-3
00:43:32c'est un progrès
00:43:33démocratique
00:43:34qui permettra
00:43:35aux majorités parlementaires
00:43:36de corriger
00:43:37votre copie
00:43:38chacun sera mis
00:43:40devant ses responsabilités
00:43:41et assumera ici
00:43:42les classes sociales
00:43:44et les intérêts
00:43:44qu'il défend
00:43:45c'est infiniment mieux
00:43:47qu'un budget
00:43:49imposé par ordonnance
00:43:50mais ce geste
00:43:52monsieur le premier ministre
00:43:53ne vous exonère pas
00:43:55de votre responsabilité
00:43:56de faire de nouvelles
00:43:57concessions
00:43:58sur la trajectoire financière
00:44:00sur la justice sociale
00:44:01sur le pouvoir d'achat
00:44:03si vous voulez
00:44:03si nous voulons
00:44:04que la France
00:44:05ait un budget
00:44:06et un gouvernement
00:44:07à la fin de cette année
00:44:08monsieur Retailleau
00:44:10vous accusera peut-être
00:44:10d'être notre otage
00:44:11ce n'est pas notre sujet
00:44:13nous nous demandons
00:44:14simplement
00:44:15que les idées
00:44:16validées par un tiers
00:44:17des français
00:44:17lors des élections législatives
00:44:19trouvent leur place légitime
00:44:20dans le budget
00:44:21de la nation
00:44:21monsieur le premier ministre
00:44:24je conclue
00:44:25nous faisons
00:44:26le pari
00:44:27qu'une forme
00:44:28d'intelligence
00:44:29politique
00:44:30collective
00:44:30peut peut-être
00:44:31encore émerger
00:44:32du bourbier
00:44:33créé par l'apprenti
00:44:34sorcier
00:44:35de l'Elysée
00:44:35un automne parlementaire
00:44:37ne suffira pas
00:44:39à recréer
00:44:39l'amour des français
00:44:40pour leurs institutions
00:44:41mais nous pouvons
00:44:42commencer à leur redonner
00:44:44du crédit
00:44:44nous pouvons agir
00:44:46pour éloigner
00:44:47le pire
00:44:48les souffrances
00:44:49les malheurs
00:44:50les désordres
00:44:51les salissures
00:44:52de notre république
00:44:53auxquelles notre échec
00:44:54collectif
00:44:55pourrait désormais
00:44:55rapidement nous conduire
00:44:57voyez donc
00:44:58monsieur le premier ministre
00:44:59cette non-censure
00:45:01comme un sursis
00:45:01et comme un appel
00:45:03au sursaut
00:45:03en ce mois d'octobre
00:45:052025
00:45:05les français
00:45:06nous regardent
00:45:07vous regardent
00:45:08ne les deux se veut pas
00:45:09merci beaucoup
00:45:12monsieur le député
00:45:13la parole est à présent
00:45:15à monsieur
00:45:15Jean-Didier Berger
00:45:16pour le groupe
00:45:17droite républicaine
00:45:18madame la présidente
00:45:20monsieur le premier ministre
00:45:21mesdames et messieurs
00:45:22les ministres
00:45:22mes chers collègues
00:45:23nous éprouvons
00:45:25ensemble
00:45:26l'expression
00:45:27d'un hiatus
00:45:27démocratique
00:45:28inédit
00:45:29il y a 15 mois
00:45:31chacun d'entre nous
00:45:32a gagné
00:45:33dans sa circonscription
00:45:34nous avons
00:45:35tous gagné
00:45:36et pourtant
00:45:37ici
00:45:37désormais
00:45:39personne n'est vraiment
00:45:40vainqueur
00:45:41puisqu'il n'y a pas
00:45:42de majorité
00:45:43claire
00:45:43ainsi par leur suffrage
00:45:46les français
00:45:47ont-ils confiant
00:45:48entre nos mains
00:45:48une responsabilité
00:45:49démocratique
00:45:50supplémentaire
00:45:50celle de nous mettre
00:45:52d'accord
00:45:52et de sortir
00:45:53des postures
00:45:54politiciennes
00:45:55celle de faire preuve
00:45:56d'humilité
00:45:56et de créativité
00:45:57pour sortir
00:45:59des impasses
00:45:59politiques
00:46:00le vote des français
00:46:01a retiré
00:46:02du pouvoir
00:46:03à l'exécutif
00:46:04vous en avez pris acte
00:46:05monsieur le premier ministre
00:46:06en renonçant expressément
00:46:07à l'utilisation
00:46:08de 49.3
00:46:08à l'occasion
00:46:09de l'examen
00:46:09du budget de la nation
00:46:11davantage de pouvoir
00:46:13et donc désormais
00:46:13entre nos mains
00:46:14cette responsabilité
00:46:15nous oblige
00:46:16face à la passe
00:46:18de la dissolution
00:46:19la droite républicaine
00:46:20a assumé
00:46:20l'intégralité
00:46:21de ses responsabilités
00:46:22nous avons
00:46:24choisi d'envoyer
00:46:25l'un des nôtres
00:46:25pour être premier ministre
00:46:26avec Michel Barnier
00:46:28nous avons soutenu
00:46:29un autre premier ministre
00:46:31qui n'était pourtant
00:46:31pas issu
00:46:32de notre formation
00:46:33politique
00:46:33avec qui nous n'avions
00:46:34pas une histoire
00:46:35d'amour
00:46:36très évidente
00:46:36et pourtant
00:46:37nous l'avons fait
00:46:38pour éviter
00:46:39les conséquences
00:46:40qui pouvaient
00:46:42se reproduire
00:46:43à l'issue
00:46:44de la première censure
00:46:45des conséquences
00:46:46qui créaient
00:46:47beaucoup d'incertitudes
00:46:48pour le pays
00:46:49il nous est aujourd'hui
00:46:50demandé de nous prononcer
00:46:52à nouveau
00:46:52sur l'opportunité
00:46:53d'une nouvelle censure
00:46:55bien sûr
00:46:56il y a avec ce gouvernement
00:46:57monsieur le premier ministre
00:46:58vous le savez
00:46:59des points de désaccord
00:47:00importants
00:47:02des points de désaccord
00:47:02budgétaire
00:47:03importants
00:47:05le Haut conseil
00:47:06des finances publiques
00:47:07l'a dit
00:47:072025
00:47:07commence à marquer
00:47:09le début
00:47:09de la réduction
00:47:10des déficits
00:47:11mais cette réduction
00:47:12des déficits
00:47:13se fait 100%
00:47:15par l'impôt
00:47:15et 0%
00:47:16par la baisse
00:47:17de la dépense publique
00:47:18comment est-ce possible
00:47:20dans le pays
00:47:20le plus taxé du monde
00:47:21dans le pays
00:47:22qui dépense
00:47:23le plus
00:47:24s'il y avait
00:47:26une majorité
00:47:26et une opposition
00:47:27comme c'est
00:47:28traditionnellement
00:47:29le cas
00:47:29ici
00:47:29à l'Assemblée nationale
00:47:31nous serions
00:47:32probablement
00:47:32dans l'opposition
00:47:33et nous voterions
00:47:34probablement
00:47:35contre ce projet
00:47:36de budget
00:47:37mais voilà
00:47:37il n'y a pas
00:47:38de majorité
00:47:39et si
00:47:40sans responsabilité
00:47:41il ne reste plus
00:47:43que des oppositions
00:47:44alors
00:47:45nous serons
00:47:45dans le néant
00:47:46budgétaire
00:47:47en moins de deux ans
00:47:49la France a connu
00:47:49cinq premiers ministres
00:47:51nous rappelant ainsi
00:47:52les heures les plus sombres
00:47:53de la quatrième république
00:47:55le général de Gaulle
00:47:56et Michel Debré
00:47:57ont précisément
00:47:58conçu
00:47:58nos institutions
00:47:59et notre constitution
00:48:01comme un rempart
00:48:02face à cette instabilité
00:48:03un rempart
00:48:04qui permet
00:48:05à la France
00:48:06d'avoir
00:48:06une stabilité
00:48:07qui lui confère
00:48:08sa solidité
00:48:10des institutions
00:48:11qui garantissent
00:48:12que l'intérêt supérieur
00:48:14de la nation
00:48:14passe
00:48:15avant tous
00:48:16les intérêts
00:48:16partisans
00:48:17c'est précisément
00:48:19en considération
00:48:21de l'intérêt national
00:48:22que les députés
00:48:23de la droite républicaine
00:48:24ont aujourd'hui décidé
00:48:25de ne pas censurer
00:48:26ce gouvernement
00:48:27pas seulement
00:48:28parce que les français
00:48:29sont très majoritairement
00:48:31opposés
00:48:31à cette centure
00:48:33mais parce qu'il s'agit
00:48:34de l'intérêt supérieur
00:48:35de la nation
00:48:36c'est l'intérêt national
00:48:38qui commande aujourd'hui
00:48:39mes chers collègues
00:48:40de trouver les voies
00:48:41et moyens
00:48:42d'un accord
00:48:43d'un accord
00:48:44pour doter la France
00:48:44d'un budget
00:48:45avant la fin de l'année
00:48:46c'est l'intérêt national
00:48:48qui nous enjoint
00:48:48d'honorer les engagements
00:48:49de la France
00:48:50pris auprès des invités
00:48:51de l'union européenne
00:48:52c'est encore
00:48:53l'intérêt national
00:48:54qui ordonne de comprendre
00:48:55que sous le regard
00:48:56attentif
00:48:57et circonspect
00:48:58des marchés financiers
00:48:58c'est la crédibilité
00:49:00de la signature
00:49:00de la France
00:49:01qui est en jeu
00:49:02et pourtant
00:49:03monsieur le premier ministre
00:49:04ne pensez pas
00:49:05que nous ne serons pas
00:49:07attentifs
00:49:08et vigilants
00:49:09à chacune
00:49:10de vos décisions
00:49:11ne pensez pas
00:49:12en l'occurrence
00:49:13que nous pourrons
00:49:13accepter
00:49:14tout et n'importe quoi
00:49:15s'agissant de la réforme
00:49:17des retraites
00:49:17la parole est à présent
00:49:18à madame Léa Ballage
00:49:20L. Mariki
00:49:21pour le groupe
00:49:21écologiste et social
00:49:23madame la présidente
00:49:25monsieur le premier ministre
00:49:26mes chers collègues
00:49:27voter une motion de censure
00:49:30n'est jamais un geste anodin
00:49:31ce n'est jamais une posture
00:49:33en tout cas
00:49:34ce n'est pas ma conception
00:49:35c'est un acte grave
00:49:37le budget que vous nous présentez
00:49:40n'est pas un projet
00:49:41pour la nation
00:49:41c'est une addition
00:49:43d'injustice
00:49:43rigueur extrême
00:49:45pour les classes moyennes
00:49:46et populaires
00:49:47clémence excessive
00:49:48pour les ultra-riches
00:49:49et les grands groupes
00:49:50et un silence
00:49:51assourdissant
00:49:52pour le climat
00:49:53vous avez même poussé
00:49:55le zèle
00:49:55jusqu'à reprendre
00:49:5680% des propositions
00:49:58de monsieur Bayrou
00:49:59celle-là même
00:50:00que cette assemblée
00:50:01venait tout juste
00:50:01d'écarter
00:50:02gel des prestations sociales
00:50:04et suppression des APL
00:50:05pour les étudiants étrangers
00:50:07hausse des timbres fiscaux
00:50:08d'accès à la nationalité
00:50:09comme si la nationalité
00:50:11devenait un privilège
00:50:12censitaire
00:50:13limitation des arrêts
00:50:14de travail initiaux
00:50:15division par deux
00:50:16du fonds vert
00:50:17déjà diminué l'an passé
00:50:19voici quelques exemples
00:50:20éloquents
00:50:21de vos intentions
00:50:22et en augmentant
00:50:23les franchises médicales
00:50:25vous affaiblissez
00:50:26mécaniquement
00:50:26le financement solidaire
00:50:28de la sécurité sociale
00:50:29vous en accélérez
00:50:30la financiarisation
00:50:31les mutuelles
00:50:32augmenteront
00:50:33les ménages paieront
00:50:35et chaque centime
00:50:36non remboursé
00:50:37par la sécurité sociale
00:50:38sera un coup de canif
00:50:39dans l'édifice
00:50:40du Conseil national
00:50:41de la résistance
00:50:42quant à la suspension
00:50:45de la réforme des retraites
00:50:47réforme pour laquelle
00:50:48vous avez changé
00:50:49trois fois
00:50:50de véhicule législatif
00:50:51en 48 heures
00:50:52à croire que vous êtes
00:50:53devenu un défenseur
00:50:54de la multimodalité
00:50:55elle aurait pu être
00:50:56une bonne nouvelle
00:50:57mais ce que vous proposez
00:50:59n'est un report
00:51:00que de trois mois
00:51:01pour les générations
00:51:01de 64 à 68
00:51:03l'âge pivot de 64 ans
00:51:04la cible
00:51:04des 172 trimestres
00:51:07demeure inscrite
00:51:08dans la loi
00:51:08vous suspendez la marche
00:51:10pour mieux la reprendre
00:51:11et comme souvent
00:51:12les mots
00:51:13enjolivent la réalité
00:51:15ce que vous appelez
00:51:16suspension
00:51:17n'est en réalité
00:51:18qu'un ralentissement
00:51:19cosmétique
00:51:19alors c'est vrai
00:51:20vous allez accomplir
00:51:22un geste d'une portée
00:51:23inédite
00:51:24vous renoncez
00:51:25à l'article 49.3
00:51:27de notre constitution
00:51:27l'assemblée nationale
00:51:30aura enfin
00:51:30le droit de voter
00:51:31attention
00:51:32on frôle
00:51:33la révolution démocratique
00:51:34pardon de vous le dire
00:51:35mais faire passer
00:51:37le respect du parlement
00:51:38pour une faveur
00:51:39censée justifier
00:51:40notre confiance
00:51:41c'est confondre
00:51:42la démocratie
00:51:43avec une cour royale
00:51:44et quand bien même
00:51:52vous seriez tenu
00:51:53de composer
00:51:54avec les forces
00:51:54de cet hémicycle
00:51:55il ne faut pas
00:51:56se laisser abuser
00:51:57la cinquième république
00:51:59demeure un régime
00:52:00où l'exécutif
00:52:01règne en maître
00:52:02sur la fabrique
00:52:02de la loi
00:52:03et dispose
00:52:04d'un pouvoir réglementaire
00:52:05si vaste
00:52:06qu'il peut gouverner
00:52:06sans nous
00:52:07pour le dire autrement
00:52:08vous laissez à Matignon
00:52:09monsieur le premier ministre
00:52:10c'est assumer
00:52:11la droitisation
00:52:12de l'ensemble
00:52:13de nos politiques publiques
00:52:14et cela
00:52:15nous ne l'acceptons pas
00:52:16mais ce qui se joue ici
00:52:18dépasse infiniment
00:52:19la question du désaccord politique
00:52:21ce qui est en cause
00:52:23à travers votre nomination
00:52:24c'est la manière
00:52:24dont le pouvoir présidentiel
00:52:26se conçoit
00:52:26s'exerce
00:52:27contre les usages
00:52:28contre l'esprit d'équilibre
00:52:30et à la fin des fins
00:52:31contre nos concitoyens
00:52:32si nous vous censurons
00:52:35monsieur le premier ministre
00:52:36c'est un républicain
00:52:37sincère
00:52:37attaché
00:52:38à la régularité
00:52:39du pouvoir
00:52:40et à la dignité
00:52:41de ses procédures
00:52:42il y a un an
00:52:43le président de la république
00:52:45a pris l'une des décisions
00:52:46les plus graves
00:52:47de la cinquième république
00:52:48dissoudre l'assemblée nationale
00:52:49dans l'espoir secret
00:52:51que la victoire
00:52:52du rassemblement national
00:52:53en révèle l'imposture
00:52:54il n'était pourtant pas nécessaire
00:52:57de jouer avec la république
00:52:58il suffit de les écouter
00:53:00chaque jour
00:53:00se contredire
00:53:01ce pari dangereux
00:53:04s'est changé
00:53:05en manœuvre cynique
00:53:06lorsque le chef d'état
00:53:07a demandé à ses candidats
00:53:09de refuser
00:53:09le barrage républicain
00:53:10Emmanuel Macron
00:53:12se réveille en Churchill
00:53:13il se réveille
00:53:14en von Hindenburg
00:53:15et vous êtes de ceux
00:53:16monsieur le premier ministre
00:53:18qui ont rendu cela possible
00:53:19vous vous dites gaulliste
00:53:21mais est-ce que le général
00:53:22aurait dîné
00:53:23en catimini
00:53:24avec Le Pen
00:53:25pour parler des conflits
00:53:26aux portes de l'Europe
00:53:27comme vous l'avez fait
00:53:28au printemps dernier
00:53:29non
00:53:29c'est contre cela
00:53:31contre cela
00:53:32que les françaises
00:53:33et les français ont voté
00:53:33contre la banalisation
00:53:35de l'extrême droite
00:53:35pour un vrai changement
00:53:36pour la justice sociale
00:53:37pour la protection
00:53:38de l'environnement
00:53:39et la lutte contre
00:53:39le réchauffement climatique
00:53:41et pourtant nous y voilà
00:53:42un président
00:53:43qui s'obstine
00:53:44à mépriser
00:53:45le verdict des urnes
00:53:46qui nomme
00:53:47pour la troisième fois
00:53:48et demi
00:53:48un premier ministre
00:53:50à sa main
00:53:50pour poursuivre
00:53:52la même politique
00:53:53comme si rien ne s'était passé
00:53:55un président
00:53:56qui détourne
00:53:56sa fonction
00:53:57de garant des institutions
00:53:58pour échapper
00:53:59à sa propre responsabilité
00:54:01un président
00:54:02qui tord
00:54:03la lettre
00:54:03et l'esprit
00:54:04de la constitution
00:54:05pour mettre
00:54:06la république
00:54:06à son service
00:54:07un président minoritaire
00:54:09devenu hors de contrôle
00:54:11qui veut rester
00:54:12au centre du jeu
00:54:12tout désormais
00:54:14concourt
00:54:15à épuiser
00:54:15notre démocratie
00:54:16et si vous n'avez pas
00:54:18notre accord
00:54:18pour gouverner
00:54:19c'est parce que nous avons
00:54:20encore la faiblesse
00:54:21de croire qu'en république
00:54:22tous les coups
00:54:23ne sont pas permis
00:54:23à l'heure où le vin
00:54:25brun souffle
00:54:25de nouveau
00:54:26sur les continents
00:54:27l'entêtement du président
00:54:29de la république
00:54:30nous rapproche
00:54:30de ces démocraties libérales
00:54:32celles qui refusent
00:54:33le partage du pouvoir
00:54:34celles qui préfèrent
00:54:35l'autoritarisme
00:54:36à la délibération
00:54:37cet autoritarisme
00:54:39s'était encore exprimé
00:54:40avant-hier
00:54:40lorsque le chef
00:54:42de l'état
00:54:42non content
00:54:43d'infantiliser régulièrement
00:54:44les françaises
00:54:44et les français
00:54:45a cru bon
00:54:46de nous menacer
00:54:46voter cette motion
00:54:48de censure
00:54:48reviendrait selon lui
00:54:49à voter la dissolution
00:54:51non chers collègues
00:54:53la dissolution
00:54:53n'est pas la conséquence
00:54:54automatique
00:54:55d'une censure
00:54:55ni la conséquence
00:54:57institutionnelle
00:54:57c'est une décision
00:54:59politique
00:54:59une responsabilité
00:55:00qui appartient
00:55:01au président
00:55:02de la république
00:55:02et à lui seul
00:55:03Emmanuel Macron
00:55:04pourrait parfaitement
00:55:05revenir à la raison
00:55:06et donner enfin
00:55:07un sens
00:55:08au résultat des urnes
00:55:09de juillet dernier
00:55:10et même s'il devait
00:55:11persister dans son aveuglement
00:55:12vous pourriez vous
00:55:13monsieur le premier ministre
00:55:14nommer pour la troisième fois
00:55:16et ce serait audacieux
00:55:18admettons-le
00:55:19proposer une feuille
00:55:20de route fidèle
00:55:21à ce que le pays
00:55:21a exprimé
00:55:22des mesures
00:55:23pour réparer
00:55:23vraiment la France
00:55:24je n'ai pas le droit
00:55:26ici de brandir
00:55:27le programme
00:55:27du nouveau front populaire
00:55:28mais il pourrait
00:55:28vous inspirer
00:55:29utilement
00:55:30pas pour appliquer
00:55:32tout le programme
00:55:32rien que le programme
00:55:33mais un dixième
00:55:35suffirait déjà
00:55:36à répondre à bien
00:55:37des attentes du pays
00:55:37vous pourriez même
00:55:39vous appuyer
00:55:39sur des propositions
00:55:40déjà adoptées
00:55:41par cette assemblée
00:55:42je pense par exemple
00:55:43à la taxe Zucman
00:55:44défendue par mes collègues
00:55:45Eva Sasse et Clémentine Autain
00:55:46alors non
00:55:47la dissolution
00:55:49n'est pas l'issue naturelle
00:55:51de cette censure
00:55:52nous refusons
00:55:53de porter la responsabilité
00:55:54d'un choix
00:55:55qui n'est pas le nôtre
00:55:56c'est vrai
00:55:57cette assemblée
00:55:58ne ressemble
00:55:59à aucune autre
00:55:59dans l'histoire
00:56:00de la 5ème république
00:56:01elle est si fragmentée
00:56:02qu'une tendance politique
00:56:03ne dispose de la majorité
00:56:05et les compromis
00:56:06seront nécessaires
00:56:06mais c'est précisément
00:56:08parce que cette situation
00:56:10est sans précédent
00:56:11qu'il faut respecter
00:56:12les principes fondamentaux
00:56:13de notre république
00:56:14parlementaire
00:56:15deux exigences
00:56:16auraient dû être respectées
00:56:18que le président
00:56:19de la république
00:56:19accepte enfin
00:56:20le résultat des urnes
00:56:21passe la main
00:56:22admette la cohabitation
00:56:24qu'un projet commun
00:56:25clair et débattu
00:56:26soit présenté
00:56:27devant les députés
00:56:28accompagné
00:56:29d'une question de confiance
00:56:30rien de tout cela
00:56:32n'a été fait
00:56:32monsieur le premier ministre
00:56:34votre nomination
00:56:35procède d'une décision
00:56:36autoritaire
00:56:37à laquelle nous ne pouvons
00:56:38souscrire
00:56:38nous refusons
00:56:40que la cinquième république
00:56:41devienne une monarchie
00:56:42élective
00:56:43et puisque vous ne sollicitez
00:56:45pas notre confiance
00:56:46nous sommes contraints
00:56:48de vous offrir
00:56:48la censure
00:56:49de quoi allons-nous
00:56:51débattre ce matin
00:56:52il nous faut l'expliquer
00:56:54à celles et ceux
00:56:55qui nous écoutent encore
00:56:56s'il en reste
00:56:57au vu de la désolante
00:56:58prestation
00:56:59que nous leur offrons
00:57:00ces derniers temps
00:57:00il nous faut leur dire
00:57:03tout le ridicule
00:57:04de cette scène
00:57:05nous sommes aujourd'hui
00:57:07réunis pour débattre
00:57:08de motions de censure
00:57:09qui ont été déposées
00:57:10par les extrêmes
00:57:12alors même
00:57:14que le gouvernement
00:57:15ne s'était pas encore
00:57:16exprimé
00:57:16sur ses orientations
00:57:18et ses choix budgétaires
00:57:19c'est assez cocasse
00:57:22vous en conviendrez
00:57:22puisque cela revient
00:57:24à congédier un salarié
00:57:26avant même son premier jour
00:57:27il serait
00:57:28par nature
00:57:30fautif
00:57:30coupable
00:57:31de ne pas venir
00:57:32de vos rangs
00:57:33mais il en est ainsi
00:57:35sans même
00:57:36laisser le premier ministre
00:57:37prononcer le moindre mot
00:57:39l'extrême droite
00:57:40avec
00:57:41l'extrême gauche
00:57:42avait décidé
00:57:44de s'unir
00:57:44pour bloquer le pays
00:57:45par ailleurs
00:57:47censurer
00:57:48mais dans quel but
00:57:48l'instabilité
00:57:50le chaos
00:57:50nous en sommes déjà
00:57:52au troisième premier ministre
00:57:53en un an
00:57:54quand
00:57:55allez-vous enfin
00:57:56penser à l'intérêt
00:57:57des français
00:57:57qu'ont-ils a gagné
00:57:59à voir ce blocage
00:58:00politique
00:58:01se poursuivre
00:58:02en réalité
00:58:03avouez-le
00:58:04vous espérez
00:58:06que la dissolution
00:58:08est l'instabilité politique
00:58:09même si vous n'avez
00:58:11que faire du prix
00:58:12financier
00:58:12politique
00:58:13et démocratique
00:58:14d'une telle attitude
00:58:15je veux ici
00:58:16vous le redire
00:58:17la facture
00:58:19pour les français
00:58:19d'une nouvelle dissolution
00:58:20serait de 15 milliards d'euros
00:58:22pour refaire
00:58:24ce que le peuple
00:58:24vient tout juste d'élire
00:58:26et pour quels résultats
00:58:27de main
00:58:28un hémicycle
00:58:29où l'extrême droite
00:58:30gagnerait quelques sièges
00:58:31supplémentaires
00:58:32mais sans pour autant
00:58:33que celle-ci
00:58:34ne dispose
00:58:35d'aucune majorité
00:58:36nous serions alors
00:58:38dans une assemblée
00:58:39toujours aussi fracturée
00:58:41qu'aujourd'hui
00:58:41tout aussi incapables
00:58:43de s'entendre
00:58:44dans un pays de nouveau
00:58:45paralysé par les divisions
00:58:46et ainsi
00:58:47les français douteraient
00:58:48encore davantage
00:58:50de leurs institutions
00:58:51le prix le plus lourd
00:58:53ne serait alors
00:58:55pas dans les urnes
00:58:55mais dans les têtes
00:58:57c'est la confiance
00:58:58démocratique
00:58:59qu'on érode
00:58:59qu'on abîme
00:59:00à force de jouer
00:59:02avec les institutions
00:59:03comme avec des allumettes
00:59:04j'en suis sincèrement
00:59:06convaincu
00:59:06la France
00:59:08n'a pas besoin
00:59:09de vos calculs stériles
00:59:10de vos querelles
00:59:11vaines
00:59:11les français
00:59:13attendent de nous
00:59:13que l'on travaille
00:59:14que l'on propose
00:59:16que l'on argumente
00:59:17dans la tempête
00:59:19politique
00:59:20que nous connaissons
00:59:20dans cette crise
00:59:21larvée
00:59:22que nombreux
00:59:23ici nourrissent
00:59:24il devient urgent
00:59:25de revenir à l'essentiel
00:59:27l'intérêt général
00:59:28chez Horizon
00:59:30nous faisons le choix
00:59:32de la stabilité
00:59:33de la cohérence
00:59:34du débat parlementaire
00:59:35et de la vérité
00:59:37ces mots
00:59:38qui devraient
00:59:39nous en sommes certains
00:59:40guider toute action
00:59:42publique
00:59:43tout discours politique
00:59:44la stabilité
00:59:46d'abord
00:59:46loin d'être
00:59:48le synonyme
00:59:48de l'immobilisme
00:59:49est le signe
00:59:51d'une grande
00:59:51et nécessaire
00:59:52responsabilité
00:59:54c'est elle
00:59:55qui garantit
00:59:55la continuité
00:59:56de l'état
00:59:56et la confiance
00:59:57des français
00:59:58envers la représentation
00:59:59nationale
01:00:00la cohérence
01:00:01ensuite
01:00:02gouverner
01:00:04c'est tracer
01:00:05une ligne claire
01:00:06et la tenir
01:00:07même si elle n'est pas
01:00:08la plus commode
01:00:09ou la plus populaire
01:00:11la cohérence
01:00:12c'est la marque
01:00:14de la conviction
01:00:14le débat parlementaire
01:00:17nous le souhaitons
01:00:18il dotera notre pays
01:00:20d'un budget
01:00:20qui nous permette
01:00:21de respecter
01:00:22nos engagements
01:00:23et de rétablir
01:00:25nos finances
01:00:25enfin
01:00:29la vérité
01:00:31si elle n'est pas
01:00:33toujours confortable
01:00:33elle seule
01:00:35permet de garantir
01:00:37la confiance
01:00:37dire la vérité
01:00:39c'est respecter
01:00:41les français
01:00:41et refuser
01:00:42les recettes magiques
01:00:43et les promesses
01:00:44insoutenables
01:00:45stabilité
01:00:46cohérence
01:00:47débat parlementaire
01:00:49et vérité
01:00:49voilà les quatre piliers
01:00:51d'une action publique
01:00:52digne et durable
01:00:53c'est sur ces piliers
01:00:55que le groupe Horizon
01:00:56a la volonté
01:00:56de reconstruire
01:00:57la parole politique
01:00:58quand d'autres
01:00:59se contentent
01:01:00de la rabaisser
01:01:01c'est dans cet esprit
01:01:03que nous ne souhaitons
01:01:04pas censurer
01:01:05un gouvernement
01:01:05parce qu'il défendrait
01:01:07quelques idées
01:01:08différentes des nôtres
01:01:09c'est dans cet esprit
01:01:10aussi
01:01:11que nous nous exprimons
01:01:12sans trembler
01:01:14sans hésiter
01:01:15sur la suspension
01:01:16de la réforme
01:01:16des retraites
01:01:17que nous jugeons
01:01:18déconnecter
01:01:19de toute réalité
01:01:20démographique
01:01:21et financière
01:01:22je l'ai dit
01:01:24au moment
01:01:24de votre discours
01:01:26de politique générale
01:01:26monsieur le premier ministre
01:01:27et je le répète
01:01:29avec les députés
01:01:31de mon groupe
01:01:32nous ne voterons
01:01:33pas n'importe quoi
01:01:33nous n'avons
01:01:35aucunement
01:01:36l'intention
01:01:36de renier nos valeurs
01:01:37et nous comptons
01:01:39bien utiliser
01:01:40le temps
01:01:41du débat budgétaire
01:01:42pour défendre
01:01:43avec constance
01:01:44nos convictions
01:01:45la France
01:01:47a besoin
01:01:48d'un budget crédible
01:01:49sincère
01:01:50et équilibré
01:01:51elle n'a rien
01:01:52à gagner
01:01:53à entendre
01:01:53les excès
01:01:54et postures
01:01:54des extrêmes
01:01:55qui ne veulent
01:01:56assurément pas
01:01:57la réussite
01:01:58de notre pays
01:01:58monsieur le premier ministre
01:02:01vous nous avez rappelé
01:02:03l'essence même
01:02:04du débat du député
01:02:05le législateur
01:02:07est ici
01:02:08pour débattre
01:02:08et faire la loi
01:02:10alors oui
01:02:11monsieur le premier ministre
01:02:12vous proposerez
01:02:13nous débattrons
01:02:15nous voterons
01:02:16pour toutes ces raisons
01:02:17le groupe
01:02:18Horizon et Indépendant
01:02:20ne soutiendra pas
01:02:21ces motions de censure
01:02:22mortifères
01:02:23et irresponsables
01:02:24je vous remercie
01:02:25merci beaucoup
01:02:26monsieur le président
01:02:27Christophe
01:02:28la parole est à présent
01:02:30monsieur Laurent Mazory
01:02:31pour le groupe
01:02:32Liberté Indépendant
01:02:33Outre-mer et Territoire
01:02:34madame la présidente
01:02:36monsieur le premier ministre
01:02:37mesdames et messieurs
01:02:38les ministres
01:02:39mesdames et messieurs
01:02:40les députés
01:02:40chers collègues
01:02:42depuis des semaines
01:02:43les citoyens nous regardent
01:02:45avec méfiance
01:02:45et inquiétudes
01:02:46une dissolution
01:02:48largement décriée
01:02:49tant elle a été
01:02:50désastreuse
01:02:50trois gouvernements
01:02:51en un an
01:02:52et je ne compte pas
01:02:52celui qui n'a duré
01:02:53que quelques heures
01:02:54qui ont eu pour effet
01:02:55d'exaspérer nos concitoyens
01:02:56d'augmenter notre
01:02:58instabilité économique
01:02:59et politique
01:02:59et de faire peser
01:03:00un peu plus de poids
01:03:01sur nos finances publiques
01:03:03dont un rééquilibrage
01:03:04était déjà
01:03:05une urgence
01:03:06maintenant
01:03:07nous en sommes
01:03:08à une énième motion
01:03:09de censure
01:03:10qui
01:03:10si elle devait être votée
01:03:12aurait les mêmes effets
01:03:13que ceux de l'instabilité
01:03:14dont je viens à l'instant
01:03:15de vous rappeler
01:03:16les méfaits
01:03:17et les impacts
01:03:17plus que désastreux
01:03:19pour notre pays
01:03:19dans ce contexte
01:03:21et c'est dans ce contexte
01:03:23qu'une très large majorité
01:03:24des députés
01:03:25du groupe Liot
01:03:25ne votera pas
01:03:27cette censure
01:03:28cela étant réaffirmé
01:03:30il nous faut maintenant
01:03:31dire avec fermeté
01:03:32pourquoi cette large majorité
01:03:34du groupe
01:03:34ne souhaite pas la voter
01:03:36et ce qu'elle attend
01:03:37donc dans le futur proche
01:03:39très proche
01:03:40tout d'abord
01:03:42notre groupe
01:03:43l'a affirmé
01:03:43est réaffirmé
01:03:44depuis le mois de septembre
01:03:45il est urgent
01:03:46que les voix républicaines
01:03:47de cet hémicycle
01:03:48puissent travailler
01:03:49ensemble
01:03:50en faisant des compromis
01:03:52pour avoir
01:03:53de réels budgets
01:03:54et non des budgets spéciaux
01:03:55jusqu'aux élections présidentielles
01:03:57afin que notre France
01:03:58puisse fonctionner
01:03:59et tenir son rang
01:04:01nous voyons déjà
01:04:03tous les jours
01:04:03les dégâts
01:04:03d'une éventuelle loi spéciale
01:04:05et de l'instabilité politique
01:04:06dans nos territoires
01:04:07où des entreprises
01:04:08hésitent aujourd'hui
01:04:10à s'installer
01:04:10et où d'autres
01:04:12ont peur d'investir
01:04:13par ailleurs
01:04:14nous attendons de vous
01:04:15monsieur le premier ministre
01:04:16un réel dialogue
01:04:17avec le parlement
01:04:18un investissement
01:04:19ou un réinvestissement
01:04:20considérable
01:04:21dans certains secteurs
01:04:22nous les connaissons tous
01:04:24la justice
01:04:25la sécurité
01:04:26la santé
01:04:26l'éducation
01:04:27et que dire
01:04:28de nos territoires
01:04:29ultramarins
01:04:29qui mentent
01:04:30cruellement de moyens
01:04:30ils deviennent
01:04:32une source de tension
01:04:32et d'exaspération
01:04:34pour nos concitoyens
01:04:35sur le sujet
01:04:36particulier des retraites
01:04:37le groupe Liot
01:04:38défend depuis longtemps
01:04:39la suspension
01:04:40de la réforme de 2023
01:04:41mais afin d'organiser
01:04:43une conférence de financement
01:04:44aussi nous accueillons
01:04:45avec bienveillance
01:04:46mais aussi avec beaucoup
01:04:48beaucoup d'attente
01:04:49votre volonté
01:04:50de la suspendre
01:04:51il ne s'agit pas seulement
01:04:52d'attente 2027
01:04:54sur ce sujet
01:04:54bien que les élections
01:04:55présidentielles
01:04:56devront également
01:04:57donner un nouveau souffle
01:04:58à ce débat
01:04:58mais il s'agit aussi
01:05:00dès aujourd'hui
01:05:01de travailler avec sérieux
01:05:02et surtout avec écoute
01:05:03de nos concitoyens
01:05:04mais aussi des partenaires sociaux
01:05:06pour une réelle refonte
01:05:08visant à la fois
01:05:08à protéger
01:05:09notre modèle social
01:05:10en en assurant
01:05:12la pérennité
01:05:12de son financement
01:05:13à long terme
01:05:14dans le contexte
01:05:15démographique
01:05:16que nous connaissons
01:05:17et que personne
01:05:18ne peut nier
01:05:19nous restons
01:05:20un groupe d'opposition
01:05:21mais qui se veut
01:05:22comme il l'a toujours été
01:05:23constructif
01:05:25nous espérons
01:05:26que cette position
01:05:26d'opposition constructive
01:05:28permettra d'alimenter
01:05:29des débats sincères
01:05:30amenant à des mesures
01:05:32justes
01:05:32et à un budget
01:05:33le plus équilibré
01:05:34possible
01:05:35dans ces circonstances
01:05:36politiques
01:05:36particulières
01:05:38vous avez souhaité
01:05:39renoncer à l'article 49
01:05:41à l'île A3
01:05:41de la constitution
01:05:42c'est une première étape
01:05:44vers une écoute sincère
01:05:45de votre part
01:05:46néanmoins
01:05:47il faut aussi
01:05:48que durant les débats
01:05:49les propositions
01:05:50que nous ferons
01:05:51les uns et les autres
01:05:51puissent également
01:05:52être entendues
01:05:53et appréciées
01:05:55aller jusqu'au bout
01:05:56des échanges
01:05:57sans prendre en considération
01:05:58les propositions de tous
01:05:59n'aboutirait
01:06:00à aucune mesure efficace
01:06:02pour notre pays
01:06:02et continuerait
01:06:03à alimenter
01:06:04la méfiance
01:06:05de nos concitoyens
01:06:06donnons un budget
01:06:08juste à notre pays
01:06:09et je fais ici le vœu
01:06:11que les débats
01:06:11de notre parlement
01:06:12aboutissent à des propositions
01:06:14réalistes
01:06:14et évitant
01:06:16comme on l'a connu
01:06:16l'an dernier
01:06:17toutes sur enchères
01:06:18financièrement délirantes
01:06:20en résumé
01:06:21je n'ai qu'une chose
01:06:23je n'ai qu'une chose à dire
01:06:23au travail
01:06:24je vous remercie
01:06:26merci beaucoup
01:06:27monsieur le député
01:06:28la parole est à présent
01:06:32madame Emeline Kerbidi
01:06:33pour le groupe
01:06:34gauche démocrate
01:06:35et républicaine
01:06:36alors
01:06:41on va passer
01:06:42au groupe suivant
01:06:43et puis
01:06:44si elle arrive
01:06:46dans les dix minutes
01:06:47qui viennent
01:06:47je lui donnerai
01:06:48la parole après
01:06:48le président
01:06:49Eric Ciotti
01:06:50pour le groupe
01:06:50UDR
01:06:51madame la présidente
01:07:07monsieur le premier ministre
01:07:08mesdames et messieurs
01:07:09les ministres
01:07:09mes chers collègues
01:07:11notre représentation nationale
01:07:14doit choisir ce matin
01:07:16un choix
01:07:18difficile
01:07:19exigeant
01:07:20courageux
01:07:20qui engage
01:07:22l'avenir
01:07:23de notre nation
01:07:23tout entière
01:07:24oui
01:07:26nous devons choisir
01:07:28entre la continuité
01:07:30d'un pouvoir usé
01:07:32usé jusqu'à la corde
01:07:34sans cap
01:07:35et sans légitimité
01:07:37ou choisir
01:07:39le sursaut
01:07:39de la vérité
01:07:40et du courage
01:07:41choisir
01:07:43d'effacer
01:07:44ou non
01:07:45le macronisme
01:07:46choisir
01:07:48ou non
01:07:48de mettre fin
01:07:50aux souffrances
01:07:51aux difficultés
01:07:52des français
01:07:52choisir ou non
01:07:55de mettre fin
01:07:56à une immigration
01:07:58de masse
01:07:59et à l'ensauvagement
01:08:00de notre société
01:08:02choisir ou non
01:08:04de stopper
01:08:05la spirale infernale
01:08:07des 3400 milliards
01:08:09de dettes
01:08:10du record mondial
01:08:11des impôts
01:08:12comme le soulignait
01:08:14encore dans son alerte
01:08:15le FMI
01:08:16qui pointait
01:08:17la gestion calamiteuse
01:08:19du président
01:08:20Macron
01:08:21et qui prévoyait
01:08:22que la dette française
01:08:24allait dépasser
01:08:25à l'horizon 2030
01:08:27la dette
01:08:28de la Grèce
01:08:30voilà votre gestion
01:08:32choisir ou non
01:08:33de sauver
01:08:34nos services publics
01:08:36de protéger
01:08:37nos concitoyens
01:08:38les plus fragiles
01:08:39avec le groupe
01:08:41de l'union des droites
01:08:42pour la république
01:08:43nous avons déposé
01:08:45aux côtés
01:08:45de Marine Le Pen
01:08:46et du groupe
01:08:47du rassemblement national
01:08:48cette motion
01:08:50de censure
01:08:51non par calcul
01:08:53mais par conviction
01:08:54parce que
01:08:55tout simplement
01:08:56nous croyons
01:08:57que la France
01:08:58mérite mieux
01:08:59que la survie
01:09:01d'un système
01:09:02qui s'effondre
01:09:02depuis huit ans
01:09:05les français
01:09:06regardent ce pouvoir
01:09:07qui promet
01:09:09la réforme
01:09:10et ne fait
01:09:11que livrer
01:09:11la confusion
01:09:12qui parle
01:09:14d'autorité
01:09:14mais qui pratique
01:09:16la faiblesse
01:09:17qui prétend
01:09:18incarner
01:09:19la modernité
01:09:20mais ressuscite
01:09:22les inepties
01:09:23d'une gauche
01:09:24qui aura tant fait
01:09:25de mal
01:09:26à la France
01:09:27oui je censurerai
01:09:29un gouvernement
01:09:30socialiste
01:09:31gouvernement
01:09:32dont monsieur Hollande
01:09:33est devenu
01:09:34le vice-premier ministre
01:09:36un gouvernement
01:09:38otage
01:09:39du parti socialiste
01:09:41prisonnier
01:09:42d'Olivier Faure
01:09:43qui vous tient
01:09:44qui vous contiendra
01:09:46qui vous dicte
01:09:47déjà votre ligne
01:09:48aujourd'hui
01:09:49ils vous ont imposé
01:09:51de reculer
01:09:52sur la réforme
01:09:53des retraites
01:09:54attendons de voir
01:09:56ce qu'il a né
01:09:57au final
01:09:57le seul totem
01:10:00du macronisme
01:10:01que vous avez
01:10:02bradé
01:10:03à la sauvette
01:10:04mais demain
01:10:05ils vous imposeront
01:10:07la taxe
01:10:07Zuckman
01:10:08le retour à la taxe
01:10:09à 75%
01:10:10des impôts
01:10:11des taxes
01:10:12des normes
01:10:13des règlements
01:10:14et vous céderez
01:10:15nous censurons
01:10:17je censurerai
01:10:18un gouvernement
01:10:20socialiste
01:10:21et son budget
01:10:22un budget
01:10:23qui incarne
01:10:24la recette
01:10:25immuable
01:10:26du socialisme
01:10:27toujours plus
01:10:28de dépenses
01:10:2830 milliards
01:10:29toujours plus
01:10:31de dettes
01:10:3177 milliards
01:10:33d'intérêts
01:10:34de la dette
01:10:34toujours plus
01:10:35d'impôts
01:10:36au moins
01:10:3719 milliards
01:10:38ce budget
01:10:39c'est celui
01:10:40de la fuite
01:10:41en avant
01:10:42d'un gouvernement
01:10:43qui ne sait
01:10:44plus produire
01:10:45qui punit
01:10:46l'effort
01:10:46qui dévalorise
01:10:48le travail
01:10:48qui décourage
01:10:50l'investissement
01:10:51qui alourdit
01:10:52la fiscalité
01:10:53et qui étouffe
01:10:54la compétitivité
01:10:55je censure
01:10:57ce gouvernement
01:10:57car nous
01:10:58combattons
01:10:59sa philosophie
01:11:00celle qui prétend
01:11:02que la France
01:11:02se maintient
01:11:03par la redistribution
01:11:05et non par le travail
01:11:06par la dépendance
01:11:07et non par la liberté
01:11:09par la dépense
01:11:10et non par la responsabilité
01:11:12mais quelque part
01:11:14ce gouvernement
01:11:15traduit
01:11:15le retour
01:11:17finalement
01:11:17aux sources
01:11:18du macronisme
01:11:19oui
01:11:20vous remontez
01:11:21aux origines
01:11:22du fleuve
01:11:23rappelons-le
01:11:25Emmanuel Macron
01:11:26fut l'homme
01:11:27liche
01:11:27de François Hollande
01:11:29son secrétaire général
01:11:30à l'Elysée
01:11:31puis son ministre
01:11:32de l'économie
01:11:34avant certes
01:11:35de le trahir
01:11:36derrière l'opportunisme
01:11:38derrière l'opportunisme
01:11:40ce pouvoir
01:11:41en réalité
01:11:42n'a jamais cessé
01:11:44d'être celui
01:11:45de la gauche
01:11:46camouflée
01:11:47cachée sous les habits
01:11:48d'un prétendu
01:11:50nouveau monde
01:11:51vous avez
01:11:52berné
01:11:52les français
01:11:53certains ont cru
01:11:55naïvement
01:11:56à la promesse
01:11:57du en même temps
01:11:58mais ce dépassement
01:12:00au final
01:12:01aura tourné
01:12:02à la confusion
01:12:03et cette confusion
01:12:04aujourd'hui
01:12:05elle se traduit
01:12:07dans la compromission
01:12:08et dans le chaos
01:12:10oui mes chers collègues
01:12:12nous censurons
01:12:13car nous croyons
01:12:14en la liberté
01:12:15en l'identité
01:12:17à l'autorité
01:12:18à la responsabilité
01:12:19à la souveraineté
01:12:21au mérite
01:12:21au travail
01:12:22toutes ces valeurs
01:12:23pour lesquelles
01:12:25vous avez démissionné
01:12:26et parce que je sais
01:12:28et parce que je sais
01:12:33qu'on ne redresse pas
01:12:34la France
01:12:35avec les idées
01:12:36de ceux
01:12:37qui l'ont
01:12:38terriblement
01:12:38affaibli
01:12:39abaissé
01:12:41dégradé
01:12:42n'ayez pas peur
01:12:44mes chers collègues
01:12:44n'ayez pas peur
01:12:46du jugement
01:12:47des français
01:12:47ne sacrifiez pas
01:12:49la France
01:12:50à la survie
01:12:51d'un système
01:12:52politiquement déjà mort
01:12:54comme en 1958
01:13:00l'heure du courage
01:13:02a sonné
01:13:03ne sacrifiez pas
01:13:05les français
01:13:06à la survie
01:13:07d'un président déchu
01:13:09qui a trahi
01:13:10la patrie
01:13:11je m'adresse
01:13:12en particulier
01:13:13je le dis
01:13:14même si leurs bancs
01:13:16sont quasi intégralement
01:13:18cher Pierre Cordier
01:13:19vides
01:13:20voilà
01:13:21ce que représente
01:13:22aujourd'hui
01:13:23la famille politique
01:13:28la famille politique
01:13:30que j'ai eu l'honneur
01:13:31de présider
01:13:32celle
01:13:33qui quelque part
01:13:34a été l'héritière
01:13:35du général de Gaulle
01:13:36elle est absente
01:13:38elle est absente
01:13:39au rendez-vous
01:13:40des français
01:13:41elle est vide
01:13:42alors malgré
01:13:49leur absence
01:13:50et je parle
01:13:51par l'intermédiaire
01:13:53courageuse
01:13:53de Pierre Cordier
01:13:54qui est là
01:13:54je m'adresse
01:13:56à mes amis républicains
01:13:58n'écoutez pas
01:14:00votre peur
01:14:01n'écoutez pas
01:14:02votre peur
01:14:03je la connais
01:14:04je l'ai connue
01:14:05ne cédez pas
01:14:07aux menaces
01:14:08aux coups de menton
01:14:09aux calculs
01:14:10à la petite semaine
01:14:12aux tentatives
01:14:14de déstabiliser
01:14:15les uns
01:14:15pour valoriser
01:14:16les autres
01:14:16écoutez les français
01:14:18écoutez vos électeurs
01:14:19écoutez vos sympathisants
01:14:21écoutez surtout
01:14:23la France
01:14:24qui vous demande
01:14:25qui exige
01:14:26d'arrêter ce désastre
01:14:28et de sauver
01:14:29avec nous
01:14:30la France
01:14:31refuser la censure
01:14:36c'est gagner
01:14:37sans doute
01:14:38quelques semaines
01:14:39sous la tutelle
01:14:40de monsieur
01:14:41Olivier Faure
01:14:43un hypothétique
01:14:44et court répit
01:14:45avant une dissolution
01:14:47inéluctable
01:14:48mais refuser
01:14:49la censure
01:14:50c'est avec certitude
01:14:51perdre définitivement
01:14:53la confiance
01:14:54de ceux
01:14:54qui vous ont donné
01:14:55un mandat
01:14:56les représenter
01:14:57et les protéger
01:14:58les menaces
01:15:00la peur
01:15:00ne vous sauveront pas
01:15:01l'Union
01:15:02oui
01:15:03empruntez le chemin
01:15:04courageux de l'Union
01:15:06comme je l'ai fait
01:15:07l'année dernière
01:15:08censurez
01:15:09ne vous compromettez pas
01:15:15ne vous compromettez pas
01:15:18dans le soutien
01:15:19à ce gouvernement
01:15:20n'avalez pas
01:15:21cette couleuvre
01:15:22ce boa
01:15:23cet alligator rose
01:15:25aucun électeur
01:15:26de droite
01:15:27ne vous le pardonnera
01:15:28alors oui
01:15:29mes chers collègues
01:15:30avec nous
01:15:31osez le courage
01:15:33censurer
01:15:34pas pour vous
01:15:35mais pour la France
01:15:36je vous remercie
01:15:39je vous remercie
01:15:50la parole est à présent
01:15:51donc à Emeline Kerbidi
01:15:52pour le groupe gauche
01:15:53des démocrates et républicaines
01:15:55Madame la Présidente
01:16:02Mesdames Messieurs
01:16:03les Ministres
01:16:04chers collègues
01:16:05depuis un an
01:16:07notre pays
01:16:08est confronté
01:16:08à la plus grave
01:16:09crise politique
01:16:10que nous ayons connue
01:16:11sous la 5ème République
01:16:12Monsieur Lecornu
01:16:15vous êtes le 5ème
01:16:16Premier ministre
01:16:16à se présenter
01:16:17devant notre Assemblée
01:16:18depuis 2022
01:16:19la sortie de crise
01:16:21nécessite assurément
01:16:23le respect mutuel
01:16:24de nos institutions
01:16:26le respect voyez-vous
01:16:28est basé sur la confiance
01:16:30la confiance sur l'honnêteté
01:16:32et l'honnêteté
01:16:33sur le respect
01:16:34de la parole donnée
01:16:35et pourtant
01:16:37pourtant depuis votre récente nomination
01:16:40nous avons essuyé
01:16:41vos fausses promesses
01:16:42promesses de rupture
01:16:43d'abord
01:16:44alors que tant
01:16:45dans la méthode
01:16:46que dans le fond
01:16:47vous restez fidèle
01:16:48à Emmanuel Macron
01:16:50on vous attendait
01:16:53avec un gouvernement
01:16:55de gauche
01:16:55c'est à droite
01:16:56que vous êtes allé chercher
01:16:58un semblant de majorité
01:16:59avant que cette même droite
01:17:01ne vous laisse seule
01:17:02au milieu du guet
01:17:03vous avez promis le dialogue
01:17:05mais vous refusez d'écouter
01:17:06vos longues consultations
01:17:08n'ont finalement permis
01:17:09que la reconduction
01:17:10d'un gouvernement
01:17:11composé de derniers fidèles
01:17:13de derniers soldats
01:17:14appuyés sur un socle
01:17:15qui n'a plus rien de commun
01:17:17ni de majoritaire
01:17:18vous vous enlisez
01:17:19dans le déni démocratique
01:17:21vous aviez même promis
01:17:23après votre démission
01:17:24de ne plus revenir
01:17:24mais vous voilà devant nous
01:17:26aujourd'hui
01:17:26pour rester coûte que coûte
01:17:28vous promettez encore
01:17:29après que vos amis
01:17:31aient fait adopter en force
01:17:32contre le Parlement
01:17:33et contre le peuple
01:17:34la réforme des retraites
01:17:36vous concédez
01:17:37enfin
01:17:38tout juste
01:17:39de la suspendre
01:17:40il vous aurait suffi
01:17:42d'un décret
01:17:43un simple décret
01:17:44pour tenir votre promesse
01:17:46mais vous préférez
01:17:47nous renvoyer
01:17:48à un amendement
01:17:49dans le PLFSS
01:17:50un amendement
01:17:52que votre socle bancal
01:17:53a déjà promis
01:17:55de combattre
01:17:56de toutes ses forces
01:17:57de quel moyen
01:17:58entre l'obstruction parlementaire
01:18:01et les rouages
01:18:02du calendrier budgétaire
01:18:03bien heureux
01:18:04celui qui peut croire
01:18:06encore
01:18:06à cette promesse
01:18:07de victoire
01:18:08et quand bien même
01:18:11quand bien même
01:18:12nous parviendrions
01:18:13à faire adopter
01:18:13un tel amendement
01:18:14quel maigre résultat
01:18:17neuf mois de plus
01:18:18et des pensions
01:18:19rabées
01:18:20vous avez promis
01:18:21aux français
01:18:22que la facture
01:18:22sera salée
01:18:23en réalité
01:18:24nous ne reviendrons pas
01:18:25à l'état antérieur
01:18:26à 2022
01:18:27au groupe GDR
01:18:29nous avons fait
01:18:30de la lutte
01:18:30contre la réforme
01:18:31des retraites
01:18:31un symbole fort
01:18:33de notre mandat
01:18:34nous avons été
01:18:35de tous les votes
01:18:36de toutes les manifestations
01:18:37dans cette assemblée
01:18:38comme dans la rue
01:18:39mais voyez-vous
01:18:40les symboles
01:18:41ça ne se brade pas
01:18:42alors pour tenter
01:18:44de nous convaincre
01:18:45vous promettez toujours
01:18:46vous faites mine
01:18:47de redécouvrir
01:18:48la démocratie parlementaire
01:18:49voilà que vous promettez
01:18:52maintenant
01:18:52d'abandonner
01:18:53l'usage du 49-3
01:18:54et nous devrions
01:18:56vous croire désarmés
01:18:57monsieur le premier ministre
01:18:59de combien d'autres
01:19:00outils constitutionnels
01:19:01userez-vous
01:19:02pour contraindre les débats
01:19:03et faire adopter
01:19:04votre budget
01:19:05abandonnerez-vous
01:19:06l'utilisation
01:19:07du vote bloqué
01:19:07prévu à l'article 44
01:19:09alinéa 3
01:19:10délaisserez-vous
01:19:11l'usage
01:19:11de la seconde délibération
01:19:12prévue à l'article 101
01:19:14si nous augmentons
01:19:15les recettes
01:19:16renoncerez-vous
01:19:17à l'article 40
01:19:18lors de l'examen
01:19:19des dépenses
01:19:20enfin
01:19:21renoncerez-vous
01:19:22à procéder
01:19:22par voie d'ordonnance
01:19:23comme les articles 47
01:19:25et 47-1
01:19:26vous en offrent
01:19:27la possibilité
01:19:28autant d'outils
01:19:30sur lesquels
01:19:30vous ne vous êtes
01:19:31jamais prononcés
01:19:32le renoncement
01:19:33à l'article 49-3
01:19:34est un leurre
01:19:35et vous le savez
01:19:35mais même minoritaire
01:19:37même affaibli
01:19:38même esselé
01:19:39vous continuez
01:19:40de vous jouer
01:19:41de notre assemblée
01:19:41quant au président
01:19:43de la république
01:19:44alors que 68%
01:19:46des français
01:19:46réclament désormais
01:19:47sa démission
01:19:47il s'enferme
01:19:49dans le déni
01:19:49menace
01:19:50de dissolution
01:19:51quelle drôle
01:19:53de partition
01:19:53pendant que vous
01:19:55flattez les députés
01:19:55pour tenter
01:19:56de leur faire croire
01:19:57que l'avenir
01:19:57du pays
01:19:58est entre leurs mains
01:19:58votre mentor
01:20:00rappelle que le véritable
01:20:01pouvoir est entre
01:20:02les siennes
01:20:02vous avez en commun
01:20:04de vouloir faire croire
01:20:05que l'origine
01:20:06de la crise
01:20:06comme sa solution
01:20:07reposerait uniquement
01:20:08sur notre assemblée
01:20:09habile façon
01:20:10de fuir
01:20:11votre responsabilité
01:20:12or si notre assemblée
01:20:14est morcelée
01:20:14sans majorité
01:20:15c'est par la faute
01:20:16d'Emmanuel Macron
01:20:17qui un soir
01:20:17de juin 2024
01:20:18avait pris la décision
01:20:19seule et sans même
01:20:21en informer son camp
01:20:22de dissoudre
01:20:23l'Assemblée nationale
01:20:24voilà la véritable cause
01:20:25du désordre politique
01:20:26pour compenser
01:20:28son absence
01:20:28de majorité
01:20:29depuis un an
01:20:30il use et abuse
01:20:31de la constitution
01:20:32fragilisant
01:20:33le pouvoir législatif
01:20:34et l'ensemble
01:20:35de nos institutions
01:20:36mettant à nu
01:20:37les fragilités
01:20:38de notre république
01:20:39transformant la crise politique
01:20:40en crise institutionnelle
01:20:41tout cela dans un unique but
01:20:43préserver ses intérêts
01:20:44et ceux d'une poignée
01:20:45de très riches
01:20:46à qui il a fait
01:20:46des milliards d'euros
01:20:47de cadeaux fiscaux
01:20:48depuis son arrivée
01:20:49au pouvoir
01:20:49au détriment
01:20:50des travailleurs
01:20:51des retraités
01:20:52des étudiants
01:20:52des ménages pauvres
01:20:53et modestes
01:20:54de la jeunesse
01:20:55qu'ils sacrifient
01:20:55votre budget
01:20:562026 en est la parfaite
01:20:58illustration
01:20:58année blanche
01:20:59gel des aides sociales
01:21:00baisse des aides au logement
01:21:01augmentation du coût
01:21:03des carburants
01:21:03augmentation de la TVA
01:21:04pour les auto-entrepreneurs
01:21:06gel des baromes
01:21:06de l'impôt sur le revenu
01:21:07baisse du nombre
01:21:08de fonctionnaires
01:21:09des remboursements
01:21:10des médicaments
01:21:10et tant encore
01:21:11un budget que vous jugez
01:21:12imparfait
01:21:13nous le trouvons inadmissible
01:21:14depuis votre première nomination
01:21:17il est vrai
01:21:17que les rebondissements
01:21:18ont été nombreux
01:21:19et que le recrutement
01:21:20de votre gouvernement
01:21:20n'a pas été une sinécure
01:21:21ne croyez pas
01:21:23que je m'en amuse
01:21:23comme la plupart
01:21:24de nos concitoyens
01:21:25nous avons trouvé
01:21:26que le spectacle
01:21:26était plutôt affligeant
01:21:27dans cet emploi
01:21:29du temps de ministre
01:21:30fraîchement nommé
01:21:30des missionnaires
01:21:31et remissionnés
01:21:32vous avez pourtant
01:21:33trouvé le temps
01:21:33de modifier le budget
01:21:34préparé par votre prédécesseur
01:21:36vous auriez pu faire mieux
01:21:37vous avez choisi
01:21:38de faire pire
01:21:39en limitant l'effort
01:21:40demandé aux plus riches
01:21:40pour les territoires
01:21:42d'outre-mer
01:21:42ce sera la double peine
01:21:43les coupes sur le budget général
01:21:45s'ajoutent
01:21:45au coup de rabot
01:21:46sur la mission outre-mer
01:21:47le taux de chômage
01:21:48est déjà deux à trois fois
01:21:49plus élevé qu'en Hexagone
01:21:50qu'à cela ne tienne
01:21:51vous prévoyez
01:21:52une coupe de 350 millions
01:21:53sur l'allodéum
01:21:54l'innovation et l'économie
01:21:56font rayonner la France
01:21:57mais vous prévoyez
01:21:58400 millions d'euros en moins
01:22:00sur l'aide à l'investissement
01:22:01des entreprises
01:22:02en outre-mer
01:22:02tous les secteurs
01:22:04sont concernés
01:22:04le bâtiment
01:22:05le commerce
01:22:06le tourisme
01:22:06et les conséquences
01:22:07sont inévitables
01:22:08sur l'emploi
01:22:09le logement
01:22:10le pouvoir d'achat
01:22:12nos territoires
01:22:13que tous les indicateurs
01:22:14économiques et sociaux
01:22:15placent loin
01:22:15derrière l'Hexagone
01:22:17avaient besoin
01:22:17d'un plan de rattrapage
01:22:18Monsieur le Premier Ministre
01:22:19vous leur promettez
01:22:21un plan de largage
01:22:22au nom de notre appartenance
01:22:24à la nation
01:22:24vous souhaitez
01:22:25que l'on participe
01:22:26à l'effort budgétaire
01:22:27vous avez l'égalité
01:22:29à géométrie variable
01:22:29depuis des décennies
01:22:31nous réclamons
01:22:32des moyens égaux
01:22:33pour nos services publics
01:22:34l'égalité
01:22:35des droits sociaux
01:22:36et de justes compensations
01:22:37pour nos difficultés structurelles
01:22:39en 2025 pourtant
01:22:40il manque toujours
01:22:42des routes en Guyane
01:22:43de l'eau à Mayotte
01:22:44des logements
01:22:45à la Réunion
01:22:46et sur tous nos territoires
01:22:49sur tous nos territoires
01:22:51nous subissons
01:22:52le chômage de masse
01:22:53la cherté de la vie
01:22:54la pauvreté extrême
01:22:56la France ne gère
01:22:57ses anciennes colonies
01:22:58qu'à travers les crises
01:23:00qu'elle traverse
01:23:00et les catastrophes
01:23:01qui les frappent
01:23:02crise sociale
01:23:03environnementale
01:23:04ou institutionnelle
01:23:05quand les caméras
01:23:07se déplacent
01:23:07vos regards
01:23:08viennent à nous
01:23:08crise d'ailleurs
01:23:10que vous parvenez
01:23:11le plus souvent
01:23:12à créer vous-même
01:23:12comme en Nouvelle-Calédonie
01:23:14où l'entêtement
01:23:15du président de la République
01:23:16sur le dégel du corps électoral
01:23:17avait mis l'archipel
01:23:18à sang et à feu
01:23:20avec le report
01:23:21des élections
01:23:22monsieur le Premier ministre
01:23:23vous lui emboîtez
01:23:24le pas
01:23:24sans même
01:23:25vous remettre en question
01:23:26monsieur le Premier ministre
01:23:29vous trouvez
01:23:30que la France est malade
01:23:31l'outre-mer
01:23:32agonise
01:23:33vos coupes budgétaires
01:23:35finiront de tuer
01:23:35nos économies
01:23:36ce n'est pas par dogmatisme
01:23:38que nous les refusons
01:23:39mais par réalisme
01:23:40et par amour
01:23:41de nos pays
01:23:42chaque coup de rabot
01:23:43creusera un peu plus
01:23:44l'écart
01:23:44en notre développement
01:23:45et celui de l'hexagone
01:23:47chaque coup de rabot
01:23:48fera reculer
01:23:49l'objectif
01:23:50de réalité
01:23:51et croyez-moi
01:23:52nous en sommes loin
01:23:53notre message
01:23:54à cette tribune
01:23:55est clair
01:23:55pas de coupe budgétaire
01:23:57pour l'outre-mer
01:23:58monsieur le Premier ministre
01:24:05nous ne sommes pas
01:24:05les artisans du chaos
01:24:07pour lesquels
01:24:07vous aimeriez tant
01:24:08nous faire passer
01:24:09mais au nom de quoi
01:24:11devrions-nous
01:24:12nous résigner
01:24:12et accepter
01:24:13un tel budget
01:24:14qui choisit
01:24:14d'épargner les plus riches
01:24:15pour accabler
01:24:16les ménages modestes
01:24:17et les petites entreprises
01:24:18en outre-mer
01:24:19plus encore qu'ailleurs
01:24:20pour permettre
01:24:21une hypothétique suspension
01:24:23de la réforme des retraites
01:24:24financée par un gel
01:24:25des pensions
01:24:25parce que vous n'avez
01:24:28vous nous donnez
01:24:28l'illusion de pouvoir
01:24:29débattre en renonçant
01:24:30au 49.3
01:24:31alors que votre besace
01:24:32constitutionnelle
01:24:33regorge d'autres outils
01:24:34pour contraindre
01:24:35la discussion budgétaire
01:24:36au nom de la 5 recente
01:24:38stabilité
01:24:39laquelle
01:24:40celle du président
01:24:41de la république
01:24:42assise sur son trône
01:24:43ou celle des marchés
01:24:44financiers
01:24:45que vous affectionnez tant
01:24:46mesdames messieurs
01:24:48du gouvernement
01:24:49aujourd'hui
01:24:50nous ne censurons pas
01:24:51une femme
01:24:51ou un homme
01:24:53nous ne censurons pas
01:24:54un nom
01:24:55nous censurons
01:24:56votre budget
01:24:57mortifère
01:24:58pour la France
01:24:59et mortifère
01:25:00pour nos territoires
01:25:01d'outre-mer
01:25:01nous censurons
01:25:02vos fausses promesses
01:25:03vos faux semblants
01:25:04vos mensonges
01:25:05à la face
01:25:06de ceux que vous méprisez
01:25:08drapés
01:25:08dans une démocratie
01:25:10d'apparat
01:25:10nous censurons
01:25:12parce que nous n'avons
01:25:12pas d'autres solutions
01:25:13parce qu'après avoir
01:25:15essuyé le pire
01:25:15vous nous promettez
01:25:16encore pire
01:25:18nous vous censurons
01:25:19parce que nous voulons
01:25:20que notre pays
01:25:21sorte de la crise
01:25:22parce que nous sommes
01:25:23persuadés
01:25:24que la seule solution
01:25:25aujourd'hui
01:25:26est le départ
01:25:27du président
01:25:27de la république
01:25:28et votre départ
01:25:29doit lui précéder
01:25:30voici le résultat
01:25:32du scrutin
01:25:32majorité requise
01:25:34pour l'adoption
01:25:34de la motion
01:25:35de censure
01:25:35sur la majorité
01:25:36absolue des membres
01:25:37composant l'assemblée
01:25:38289
01:25:39pour l'adoption
01:25:40271
01:25:42la majorité requise
01:25:43n'étant pas atteinte
01:25:44la motion de censure
01:25:45n'est pas adoptée
01:25:46je vais maintenant
01:25:48mettre en voie
01:25:48la motion de censure
01:25:49déposée par
01:25:50madame Marine Le Pen
01:25:51Eric Ciotti
01:25:51et 56 membres
01:25:52de l'assemblée
01:25:53voici
01:25:54le résultat
01:25:56du scrutin
01:25:57majorité requise
01:25:58pour l'adoption
01:25:59de la motion
01:25:59de censure
01:26:00sur la majorité
01:26:00absolue
01:26:01des membres
01:26:01composant l'assemblée
01:26:02289
01:26:03pour l'adoption
01:26:04144
01:26:05la majorité requise
01:26:06n'étant pas atteinte
01:26:07la motion de censure
01:26:08n'est pas adoptée
01:26:09voilà
01:26:09271 voix
01:26:11pour la motion
01:26:12LFI
01:26:13144
01:26:13pour celle
01:26:14du rassemblement
01:26:15national
01:26:15aucune de ces deux
01:26:17motions
01:26:17n'a donc recueilli
01:26:18la majorité
01:26:20des 289 voix
01:26:21nécessaires
01:26:22pour qu'une motion
01:26:23puisse passer
01:26:24pour rappel
01:26:25les socialistes
01:26:26avaient conditionné
01:26:27la non-censure
01:26:28du gouvernement
01:26:29à la suspension
01:26:30de la réforme
01:26:31des retraites
01:26:32à la sortie
01:26:32de l'assemblée
01:26:33le premier ministre
01:26:34Sébastien Lecornu
01:26:35s'est dit au travail
01:26:36sa mission maintenant
01:26:37c'est de faire passer
01:26:38le budget
01:26:39à l'assemblée nationale
01:26:40mission sous haute tension
01:26:42fin de cet épisode
01:26:43à bientôt sur LCP
01:26:44Sous-titrage Société Radio-Canada
01:26:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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