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  • il y a 2 mois
Regardez L'esprit de l'info avec Laetitia Strauch-Bonart avec Thomas Sotto du 23 octobre 2025.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:02Il est 9h16, l'esprit de l'info jusqu'à 9h30 avec vous Laetitia Stroge-Bonard, essayiste et journaliste.
00:07Bonjour, bienvenue.
00:08Bonjour.
00:09Ce n'est pas parce que c'est les vacances qu'il ne faut plus s'occuper de l'école et en parler.
00:12Écoutez d'ailleurs ce qu'en disait hier le nouveau ministre de l'éducation nationale, le NIM, je crois que c'est le 8ème depuis l'arrivée de...
00:187ème peut-être.
00:187 ou 8, depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir.
00:21Et celui-là s'appelle donc Édouard Geffray.
00:23Si on parle de l'état de l'école en général, évidemment que la situation est extrêmement inquiétante.
00:28Elle est extrêmement inquiétante en termes de niveau, elle est inquiétante en termes d'inégalités sociales et scolaires.
00:32Elle est aussi extrêmement préoccupante en termes de santé physique et psychique des élèves.
00:36C'est inquiétant d'entendre un ministre de l'éducation nationale parler comme ça, non ?
00:40Oui, c'est inquiétant parce que, puisqu'il représente cette institution, on s'attendrait à ce qu'il cherche à la défendre.
00:48Mais je crois qu'on en est arrivé au point où même celui qui la dirige est capable de dire qu'elle est à la dérive.
00:56D'autant que le ministre actuel de l'éducation a été quand même à la manœuvre.
01:01Donc Édouard Geffray ?
01:02Édouard Geffray comme haut fonctionnaire dans les dernières années.
01:05Donc ce n'est pas un novice.
01:07Il a quand même aussi sa part de responsabilité, comme ses prédécesseurs.
01:11Donc il l'acte un échec dont il est co-auteur ?
01:13Oui, je pense. Mais au moins, c'est honnête de sa part. Ce qui est assez dramatique, c'est que, en fait, sur tous les plans, l'école est en souffrance.
01:25Alors j'étais assez surprise que le ministre, hier, commence son entretien par des questions budgétaires.
01:32Pourquoi ? C'est important. C'est la clé de la guerre, non ?
01:35Oui, mais je pense que la clé de la guerre, quand on parle éducation, c'est d'abord de savoir ce qu'on entend par l'éducation, ce qu'on veut en faire, quel est le but, ce que l'on veut transmettre aux élèves.
01:46Vous auriez préféré un programme, en fait, général et une perspective éditoriale ?
01:51Je pense que si l'on ne sait pas à de quelle fin, de quel but on parle, on ne pourra jamais parler des moyens.
01:56Et aujourd'hui, on fait le contraire. En fait, on colmate des brèches, on ne parle que de moyens. Bien sûr, on doit en parler, il y a un budget à préparer.
02:03Mais c'est assez révélateur, je pense, du fait qu'on ne se soucie plus collectivement, dans notre société, du sens de l'éducation.
02:11On en vient à penser que, voilà, l'éducation, c'est à peu près ce qu'on veut faire, il faut juste plus de moyens.
02:16Je pense qu'au contraire, on devrait tout reposer.
02:18Qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Que devrait faire l'éducation nationale pour qu'on ne dise pas, tous les quatre matins, ça ne va pas, le niveau baisse, les profs ne sont pas heureux, les parents ne sont pas heureux, les élèves ne sont pas heureux ?
02:28Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour remettre l'éducation sur les rails ?
02:32Alors, je pense que, d'abord, ça n'est pas seulement le rôle de l'éducation nationale, c'est le rôle de la société en tout entière.
02:38Je pense qu'il y a quasiment une révolution des mentalités à faire, aujourd'hui, pour que le savoir reprenne une place.
02:45Parce qu'on vit, finalement, dans une société très contradictoire.
02:48On dit aux gens, lisez, éduquez-vous, instruisez-vous, mais dans le même temps, on passe beaucoup trop de temps sur nos écrans, notamment les enfants.
02:57Et je ne crois pas que le savoir ou la discipline soit quelque chose qui soit mis en avant ou promu constamment, tous les jours, par les personnalités publiques.
03:07On ne va pas le changer par décret, ça ne va pas dire qu'on va toucher plus votre téléphone ou ouvrir un livre.
03:10Il faut en parler. Il faut que des gens, des personnalités qui ont de l'influence, prennent ce combat au sérieux et en parlent.
03:17Il faut qu'elles le croient aussi. Il faut qu'elles le défendent.
03:20Il faut des influenceurs de l'école, en quelque sorte.
03:21Tout à fait. Il faut que des gens... Oui, mais il y en a plein. Il y a beaucoup de gens qui ont compté sur l'école pour réussir, qui savent que l'école est importante.
03:31Et ces gens doivent le dire.
03:33Alors après, je pense qu'il y a un enjeu politique.
03:36Donc, on a besoin d'un vrai programme pour l'éducation nationale.
03:41À mon avis, plusieurs années de réformes.
03:43Ça signifie qu'en gros, pour les prochaines élections présidentielles, il faudrait une vraie proposition politique sur l'éducation.
03:50Et comment faire ?
03:51Et aussi la garantie que la personne restera en poste suffisamment longtemps.
03:55C'est ce que j'allais vous dire.
03:56On a compté, c'est bien huit. C'est le huitième ministre de l'éducation nationale.
03:59Sachant qu'il y en a un qui est resté cinq ans, c'est Blanquer, le premier.
04:01Et depuis, en gros, depuis 2022, on en est à sept ministres de l'éducation nationale.
04:07C'est tout à fait révélateur.
04:09Moi, je comprends tout à fait les enseignants, les professeurs qui se demandent si on ne se moque pas d'eux.
04:14En leur changeant, tous les quatre matins, le chef de leur administration.
04:21Il faut donc un engagement.
04:22Il faut que, lors de la prochaine campagne présidentielle,
04:26eh bien, d'ailleurs, ce serait intéressant que les candidats proposent leur futur ministre de l'éducation.
04:32Ils disent, voilà, si je suis élu président, mon ministre de l'éducation serait telle personne.
04:37Et d'ailleurs, cette personne a déjà préparé tel et tel projet.
04:43Après, on a peut-être aussi besoin d'une grande conversation nationale.
04:46Un grand débat, mais un vrai grand débat, dont les résultats seraient quand même pris en compte.
04:50Pas comme tous les grands débats qu'on nous a servis.
04:52Oui, mais c'est ça le problème, c'est qu'aujourd'hui, des grands débats, il y en a eu, après les gilets jaunes.
04:57Des conventions citoyennes, il y en a eu, sur l'environnement, sur je ne sais plus quel sujet, parce qu'on les oublie à force.
05:02Mais sauf qu'il n'en sort rien.
05:03Donc, il y a le problème, c'est le contrat de confiance qui ne fonctionne plus, en fait.
05:07Vous allez arriver, vous allez dire, moi, Laetitia Choron-Bonnard, je suis candidate à la présidentielle.
05:10Mais je vais vous dire qu'il va être mon ministre ou ma ministre de l'éducation.
05:13Elle va dire, oui, elle est sympa, mais elle fera comme les autres.
05:15Oui, mais ça, c'est un problème, je m'en doute.
05:18Mais ça, c'est un problème bien plus général.
05:20Il y a un problème, plus généralement, de la responsabilité de nos élites,
05:25qui n'ont pas, finalement, le sens du service.
05:28Le ministre de l'éducation, hier, a dit à la radio, j'ai le sens du service.
05:32Très bien, mais il ne suffit pas de le dire.
05:34Il faut le faire.
05:35Et je crois qu'aujourd'hui, on est arrivé à un point, dans notre régime politique,
05:39où nous avons besoin d'une nouvelle génération de personnes,
05:42qui ait vraiment le sens du service de l'État et de la nation.
05:45Est-ce qu'il y a un problème de niveau des profs, de certains profs, aujourd'hui ?
05:50Est-ce que ça fait partie des problèmes de l'école ?
05:51Oui, c'est possible.
05:53On sait qu'il y a plein de recrutements qui sont faits à l'arrache,
05:56en speed dating, en deux jours, fin août, quand il manque des postes,
05:58avec des gens qui ne sont pas forcément faits pour enseigner.
06:01Bien évidemment.
06:02C'est ça aussi qu'on paye.
06:03Mais je pense qu'on n'a pas conscience que derrière cela, il y a une logique économique.
06:08Si vous proposez des salaires d'entrée et puis de progression dans un métier
06:12qui ne sont pas du tout attractifs,
06:14vous allez forcément vous retrouver avec des candidats
06:16qui n'ont pas fait autant d'études que d'autres.
06:19Donc, on n'a pas besoin d'accuser les gens individuellement
06:22et de leur dire que vous n'êtes pas bon.
06:23Il y a plein de super profs.
06:25Mais bien évidemment.
06:26Et malgré des salaires qui sont très modestes.
06:29Vous pouvez les augmenter, les profs ?
06:30Ah mais bien sûr.
06:31Mais je pense que, plus que d'une augmentation,
06:33je pense qu'il faut considérablement revoir leurs rémunérations
06:38pour que l'on puisse attirer des personnes
06:40qui ont fait des études brillantes.
06:44Ça veut dire qu'il faut un vrai choix politique.
06:46Ah bien sûr.
06:47Oui, on cherche des économies.
06:48Oui, il faut faire attention aux déficits.
06:49Mais il faut dire, là-dessus, on ne renne pas.
06:51Tout à fait.
06:52Non seulement on ne renne pas, mais on investit, on met le paquet.
06:55Alors, gouverner, c'est choisir.
06:56Ça signifie qu'on doit dire, voilà, là-dessus,
06:58on mettra beaucoup plus d'argent.
07:00Mais sur cet autre point, on en mettra moins.
07:02Et il y a, bon, vous savez, notre société,
07:04on en parle très souvent,
07:05elle dépense beaucoup d'argent pour ses retraites,
07:08donc pour ses personnes les plus âgées.
07:11Mais beaucoup moins pour ses jeunes, finalement.
07:12L'éducation, c'est une dépense pour la jeunesse.
07:14Est-ce qu'on ne devrait pas revoir, finalement,
07:16cette différence, qui me semble quand même abyssale ?
07:20Rapidement.
07:20On sait que l'intelligence artificielle est maintenant un outil
07:23qui est fourni aux professeurs pour les aider.
07:26L'éphémère, la précédente, je ne sais pas comment il faut la qualifier,
07:29Elisabeth Borne, avait dit, on va leur mettre en main un outil
07:31pour les aider à travailler, à préparer leurs cours.
07:34Et on apprend que 700 personnalités du monde entier,
07:36ça va de Richard Branson au Prince Harry,
07:39ont signé une tribune pour dire,
07:41attention, stoppons le développement d'une super intelligence artificielle.
07:46Il dénonce un risque pour l'humanité.
07:48C'est un risque pour l'humanité, pour l'éducation.
07:50Est-ce qu'on peut encore stopper l'intelligence artificielle
07:53ou est-ce qu'on est débordé par ça, aujourd'hui ?
07:55Écoutez, je trouve cette initiative excellente.
07:58Elle vise à stopper...
07:59Se battre contre les boulons en main, c'est bien aussi.
08:01Ce qu'on appelle la super intelligence.
08:03La super intelligence artificielle,
08:05c'est une intelligence qui dépasserait les capacités cognitives de l'être humain.
08:09Donc, c'est quand même assez précis.
08:10Pourquoi ?
08:11Il y a des risques dans tous les domaines.
08:14Le risque de remplacer la plupart des êtres humains dans leurs activités,
08:18mais il y a aussi des risques de sécurité.
08:19Que fera-t-on si une intelligence artificielle prend le contrôle ?
08:22Comment on reprend le contrôle sur une intelligence artificielle
08:25qui est plus intelligente que nous ?
08:26C'est une vraie question.
08:27Et parmi les signataires, je voulais quand même mentionner le premier,
08:30qui est Geoffrey Hinton, prix Nobel de physique 2024,
08:34qui est l'un des pères de l'intelligence artificielle d'aujourd'hui.
08:37Donc, ça n'est pas une tribune de technophobes.
08:40C'est la tribune de quelqu'un
08:41qui sait très bien comment fonctionne sa machine
08:45et qui est effrayée de ce qu'elle est en train de devenir.
08:47Merci beaucoup à vous, Laetitia Chourge-Bonnard.
08:49Réagissez, n'hésitez pas à 64 900 avec le mot clé matin.
08:52On vous retrouvera évidemment jeudi.
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