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  • il y a 2 mois
Chaque matin à 5h50 dans Le Morning RMC, un conseil conso qui impactera votre quotidien

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00:01RMC à votre service.
00:03On est passionné par ces affaires de test ADN qu'on peut commander sur internet.
00:08Je rappelle que ce n'est pas autorisé en France pour planter le décor.
00:11Mais je crois que vous avez été très nombreux à quand même contourner cette interdiction.
00:17Pour en savoir plus sur ses origines ou même sur sa santé, ça je ne le savais pas.
00:22Derrière le côté fun et ludique, il y a aussi des risques.
00:25Bonjour Antoine Depot, vous êtes conseiller en génétique à l'Institut Curie.
00:28Bonjour.
00:29Alors, on le rappelle, c'est interdit.
00:31Mais ça consiste en quoi exactement ces tests ADN, dits récréatifs ?
00:36Alors ce sont des tests qui sont vendus par des laboratoires étrangers
00:40qui commercialisent la possibilité d'en savoir plus sur ses origines ou sur sa santé future.
00:47Mais comme vous l'avez dit, ces tests sont interdits aujourd'hui en France.
00:50Oui, mais on voudrait savoir comment ça fonctionne en fait.
00:52Alors en fait, vous commandez sur internet à des laboratoires étrangers un kit salivaire
00:58qui vous sera envoyé à domicile.
01:00Vous réalisez ce prélèvement buccal le plus souvent à domicile et vous renvoyez ce kit au laboratoire à l'étranger.
01:07Et quelques semaines après, on reçoit donc les résultats par mail ?
01:10Exactement.
01:11C'est faible ou pas ?
01:14Alors, c'est un peu une boîte noire ce qu'ils font avec ces analyses.
01:18Non mais les résultats d'abord ?
01:19Les résultats, je sais que ce n'est pas fiable à 100%.
01:23C'est sûr que non, on a l'expérience à l'Institut Curie d'un jeune homme qui nous avait contacté
01:28parce qu'il avait réalisé un test génétique en ligne.
01:31Et ce test a révélé qu'il était porteur de deux maladies, deux maladies génétiques très rares.
01:37Donc il a été informé de ces résultats par email.
01:39Et du coup, très inquiet, il a contacté l'Institut Curie pour en savoir un peu plus
01:43sur ces deux prédispositions génétiques au cancer.
01:46Et on l'a reçu, on a réalisé des tests confirmatoires
01:49qui montraient qu'il s'agissait en réalité de deux faux positifs.
01:54Il n'était pas porteur de ces deux maladies génétiques.
01:56Donc il a été inquiété pour rien finalement d'être atteint un jour de ces maladies génétiques.
02:01Et en tonne de pause, cette pratique, elle est interdite en France par la loi ?
02:05Ah oui, elle est interdite.
02:06Le cadre juridique, il est clair sur ces tests.
02:09Ils sont interdits.
02:10Et c'est d'ailleurs pour ça qu'aucun laboratoire français aujourd'hui ne fait ces tests génétiques en ligne.
02:14Les seules situations avec lesquelles on peut faire des tests génétiques,
02:17ce sont des situations sur prescription médicale, pour la recherche scientifique,
02:22ou dans un cadre juridique si un juge demande de confirmer une paternité par exemple.
02:26Alors Antoine Depot, ce n'est pas souvent pour trouver des maladies qu'on fait ce genre de tests.
02:30C'est vrai que c'est très ludique.
02:32C'est pour connaître ses origines.
02:34Là, est-ce que c'est fiable ?
02:36Est-ce que vous avez été confronté là aussi à des histoires qui sortent un peu du commun ?
02:41Alors, c'est difficile de dire parce qu'encore une fois, ce sont des boîtes noires.
02:45On ne sait pas très bien comment ils fonctionnent.
02:47Alors, ces tests génétiques se basent finalement sur des comparaisons d'analyse génétique de populations
02:55qui ont fait ces tests génétiques.
02:56Donc plus vous avez des personnes qui ont fait ces tests génétiques,
02:58plus vous avez d'informations et la fiabilité de l'origine va être forte.
03:02Mais si vous êtes issu de populations qui n'ont pas fait ces tests génétiques,
03:06finalement, la fiabilité va être moins bonne.
03:09Donc finalement, si la fiabilité n'est pas de 100%, ce n'est pas très grave.
03:14Si ça concerne les origines, c'est plus embêtant quand ça concerne la santé.
03:17Et ces entreprises, elles reçoivent, on le disait, les chiffres, c'est un million.
03:22On pense qu'un million et demi de Français les ont déjà pratiqués.
03:26On compare aussi les résultats de chacun ?
03:28C'est-à-dire qu'on peut se retrouver avec des résultats
03:30où on redécouvre quelqu'un d'une famille qu'on aurait perdu ?
03:34C'est possible, effectivement.
03:35C'est un service qui est proposé de faire des matchs
03:37entre des personnes qui auraient fait ces tests génétiques.
03:40Et on peut se rendre compte que finalement, on a un cousin,
03:43un apparenté un peu éloigné qui a aussi réalisé ces tests.
03:47Et ça peut révéler la présence d'apparentés qui étaient peut-être inconnues.
03:52Et donc c'est vrai que c'est des tests...
03:53Par contre, c'est un cousin savant, Antoine Dupont.
03:56Mais quand c'est un demi-frère ou une demi-sœur,
03:58est-ce que vous avez déjà été confronté à ce type de situation ?
04:01Alors, moi, personnellement, non, mais...
04:03Ah, vous peut-être, mais dans votre entourage, à l'institut curie, vous le savez.
04:06En tout cas, on peut imaginer qu'on retrouve comme ça,
04:09par ces tests génétiques, un demi-frère ou une demi-sœur.
04:12Et donc c'est vrai que ça révèle des secrets de famille, ce type de test.
04:15Des personnes, voilà, on sait que des fausses paternités, ça existe.
04:18Et on peut retrouver comme ça un enfant qui est un enfant illégitime
04:22par ce type d'analyse.
04:24Donc voilà, ça existe, c'est sûr.
04:26On parlait de la fiabilité, et notamment du côté opaque de ces tests.
04:33Qu'est-ce qu'elles deviennent, les données, une fois qu'on a envoyé notre test buccal,
04:37qu'on l'a envoyé par la Poste à ces grandes boîtes américaines ?
04:40Alors, en fait, elles stockent ces données.
04:42Elles ont, aujourd'hui, on estime qu'il y a plus de 50 millions de personnes dans le monde
04:45qui ont réalisé ces tests génétiques.
04:46Donc finalement, elles constituent de formidables mines d'or,
04:49une base de données qui est une véritable mine d'or pour elles.
04:52Donc c'est vrai que ces données, elles sont stockées.
04:55Elles ont déjà été revendues.
04:56On sait qu'une société américaine a déjà revendu en 2018
04:59les données de 5 millions d'utilisateurs, de leurs clients, de ces tests génétiques.
05:03Et qui achète ?
05:04C'était une Big Pharma britannique qui a acheté en 2018.
05:06Mais pourquoi faire, donc là, sur l'angle de la santé ?
05:08C'est-à-dire que c'est quoi ?
05:09C'est des statistiques pour certaines maladies ?
05:11Alors en fait, quand vous envoyez ce prélèvement d'ADN,
05:14vous remplissez aussi des questionnaires individuels
05:16sur lesquels vous donnez des informations sur vos antécédents,
05:18sur vos caractéristiques personnelles.
05:20Et donc c'est pour ça que je disais que c'est une mine d'or
05:21pour ces sociétés et les Big Pharma qui sont ensuite intéressées
05:25de récupérer ces données.
05:26C'est que finalement, vous avez comme ça à disposition
05:28des données de millions et de millions de personnes
05:30pour ensuite faire vos recherches et voilà.
05:33Mais les personnes qui envoient ces tests,
05:36ces échantillons d'ADN finalement,
05:39ne sont pas forcément informées de la possibilité
05:41d'utilisation de leurs données ensuite pour la recherche.
05:44Et je ne suis pas sûr qu'ils signent des consentements pour ça.
05:46Voilà.
05:46Écoutez bien ce que dit Antoine Depot ce matin
05:48qui est conseiller génétique.
05:49Je comprends très bien qu'on soit attiré par ce type de pratique.
05:52Moi-même, j'y ai pensé, je ne l'ai jamais fait.
05:54Je ne l'ai pas fait.
05:56Mais c'est vrai que c'est toujours intéressant de savoir
05:58si on vient de tel pays,
06:00bon, c'est amusant, voilà.
06:02C'est très récréatif.
06:03Mais en fait, les conséquences, il faut y penser.
06:05Vos données sont stockées.
06:06À quelle fin ?
06:07Mais à quelle fin ?
06:07En plus, ce n'est même pas la France
06:09ou l'Union Européenne qui a la main dessus.
06:10Là, vous envoyez vos données à l'étranger,
06:13donc en l'occurrence aux Etats-Unis.
06:14Aux Etats-Unis, oui, en Israël.
06:16Enfin voilà, il y a plein de pays,
06:18de laboratoires étrangers qui font ces tests génétiques.
06:20Et pour le coup, ça intéresse aussi la France,
06:23ça intéresse aussi l'État.
06:24Ces dernières semaines, on a entendu le ministre de la Justice,
06:27Gérald Darmanin, qui voudrait, pour régler des affaires non élucidées,
06:31des affaires criminelles,
06:32qui voudraient pouvoir avoir accès à ces bases de données.
06:35C'est possible, ça ?
06:36Alors, je pense que pour l'instant,
06:37le cadre juridique ne le permet pas.
06:39Donc, c'est vrai que c'est peut-être quelque chose
06:40qui va être attendu dans les mois qui viennent,
06:42de modifier la loi pour pouvoir avoir accès à ces données.
06:45Parce qu'en effet, on peut imaginer et comprendre
06:48pourquoi il y a ce désir d'avoir accès à ces données.
06:50Voilà.
06:51Alors, c'est ambivalent.
06:54Parce que finalement, on légifère en disant
06:55non, c'est interdit.
06:56Et puis finalement, on voudrait se servir
06:57de ces millions de données disponibles aujourd'hui,
06:59alors qu'on a interdit aux Français de le faire.
07:00Mais bon, si ça peut permettre d'élucider des affaires non résolues,
07:03pourquoi pas ?
07:04Mais il va falloir, à mon avis, bien encadrer tout ça
07:07pour pouvoir donner cet accès à ces bases de données étrangères.
07:12Voilà.
07:12Donc, soyez prudents.
07:13On vous rappelle que c'est interdit en France.
07:14L'achat d'un test ADN est passible de 3 750 euros d'amende.
07:17On vous le dit, c'est important.
07:20Le prix moyen d'un test, c'est une centaine d'euros.
07:23Une centaine d'euros pour vous amuser et trouver vos origines.
07:25Et après, vos données sont stockées à l'étranger.
07:28Donc voilà.
07:29Pensez-y quand vous passez le pas,
07:32même si c'est à titre récréatif.
07:34Merci infiniment Antoine Doppos d'être venu ce matin
07:36sur le plateau d'RMC et RMC Story,
07:39conseillé en génétique.
07:40C'est passionnant.
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