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  • il y a 2 mois
Découvertes sur le theme des mystères

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00:00Bonsoir à toutes et tous, je suis François Starck, médecin anesthésiste réanimateur au CHU de Bordeaux
00:17et responsable de l'unité soutien douleur et du centre de ressources en hypnose et méditation.
00:23Je tenais vivement à remercier le CHU de Bordeaux et son directeur général, M. Bubien, ainsi que la librairie MOLA,
00:32qui me donnent l'opportunité de parler ce soir d'hypnose et méditation dans le contexte médical.
00:40Je remercie également l'Agence des interprètes en langue des signes française qui vont m'accompagner durant cette conférence.
00:47Avant de commencer et d'aborder plus spécifiquement l'hypnose et la méditation,
00:53je voulais reposer le cadre, le contexte de cette médecine dite intégrative.
01:01Médecine intégrative, sous ce terme, en fait, on regroupe l'intégration dans le parcours de soins d'un patient,
01:10de pratiques issues de la médecine conventionnelle et de pratiques complémentaires les plus adaptées à chaque patient.
01:19Elle tient compte, en fait, de la personne dans sa globalité, corps, esprit, émotion, son mode de vie, son environnement également,
01:28et va permettre une prise en soins personnalisée où la relation thérapeutique est au premier plan.
01:34Alors, derrière le terme pratique complémentaire ou thérapie complémentaire,
01:40en fait, ce sont des méthodes à visée préventive ou thérapeutique
01:45qui vont agir en complémentarité avec d'autres méthodes validées et sur d'autres cibles que celles-ci.
01:53Et parmi ces méthodes complémentaires, certaines, comme l'acupuncture, l'hypnose, la méditation de pleine conscience,
02:00ont fait l'objet de travaux de qualité et sont aujourd'hui couramment utilisés.
02:05Il ne faut pas mélanger thérapie complémentaire et thérapie alternative.
02:12Il faut vraiment bannir le terme thérapie alternative et vraiment faire attention à toutes les approches
02:19qui n'ont pas fait l'objet d'études ou qui s'y refusent.
02:23Vous entendrez parler de médecine douce, naturelle, médecine parallèle, médecine alternative.
02:30Attention, ça peut être pour confort, ça peut être très bien, mais il y a des dangers potentiels,
02:37des pertes de chance, des retards de traitement, des refus de soins,
02:42des errances thérapeutiques également avec ce type de pratique.
02:46Et puis, on peut très vite tomber également dans le charlatanesque,
02:50voire dans les dérives sectaires avec ce type de pratique.
02:53Donc, on est vraiment dans un cadre de médecine intégrative, de thérapie complémentaire.
03:00Et aujourd'hui, il y a même un cadre universitaire à ce type de pratique.
03:05Il y a un collège universitaire des médecines intégratives et complémentaires, dont je fais partie.
03:11Et nombreuses facultés de médecine, aujourd'hui, proposent des diplômes universitaires reconnus en hypnose,
03:18en méditation et dans d'autres pratiques.
03:22Et même pour la première fois, en 2021, les principes de médecine intégrative ont été intégrés
03:30dans le programme national de médecine.
03:32Et les premiers cours obligatoires concernant cette médecine intégrative et les pratiques complémentaires
03:39vont être enseignées au cours de ce semestre.
03:43Alors, c'est dans ce cadre que je voulais aborder ce soir deux exemples de thérapie complémentaire.
03:49L'hypnose, l'hypnose médicale, hypnose clinique et thérapeutique,
03:55et la méditation de pleine conscience.
03:58Je vais commencer par l'hypnose.
04:00Et d'abord, là aussi, redéfinir ce concept d'hypnose médicale,
04:05car derrière ce mot « hypnose », on se cache en fait des tas de représentations très différentes
04:12et on est souvent obligé de repréciser avec le patient ce que l'on entend par « hypnose médicale ».
04:19Hypnose, on le retrouve un peu partout.
04:22Moi, je suis de la génération Tintin, où Hergé était un fan de ces médecines parallèles
04:31et on retrouve dans plusieurs de ses albums des séances d'hypnose.
04:36Vous connaissez tous Mowgli et le serpent de quart.
04:40Il y a de la publicité qui utilise le mot hypnose.
04:44Et puis, à la télé, et souvent, on est obligé d'ailleurs de repréciser ce contexte,
04:49vous connaissez peut-être Mesmer,
04:52Mesmer qui non seulement donne des spectacles
04:55et assure un certain nombre d'émissions télé comme Stars ou Hypnose.
05:01Et les patients, des fois, viennent nous voir en nous demandant
05:04« Mais vous n'allez pas faire la même chose qu'à la télé avec Mesmer ? »
05:08Non, on est bien sûr obligé de recadrer ces pratiques.
05:13En fait, l'hypnose telle qu'on la pratique, ça n'a rien à voir avec tout ça.
05:18C'est une hypnose entre le praticien et le patient dans un cabinet.
05:26Ça peut être l'hypnose au bloc opératoire, en complément d'une sédation.
05:32Ça peut être l'hypnose pour préparer des patientes, comme je le fais,
05:37avant l'accouchement et pour les accompagner pendant l'accouchement.
05:41C'est ça, aujourd'hui, l'hypnose médicale.
05:44Alors, ce terme « hypnose », c'est d'abord une technique très ancienne.
05:50On retrouve, même chez les pharaons, des descriptions de séances apparentées
05:55à la pratique de l'hypnose, également dans la Grèce antique.
05:59Mais c'est surtout à partir du XVIIIe siècle, sous Louis XVI d'abord,
06:06un médecin autrichien, Franz Anton Mesmer,
06:09et le Mesmer que l'on connaît aujourd'hui, avec deux S,
06:13a pris son nom de scène en hommage à ce médecin autrichien.
06:17Et ce médecin autrichien, qui était venu à la cour, à Paris,
06:20a élaboré et a fait sa thèse sur le magnétisme animal
06:25avec la théorie d'un fluide magnétérapeutique
06:29entre le praticien et le patient.
06:33Et il a élaboré toute une théorie assez fumeuse.
06:35Il a été d'ailleurs chassé à la suite d'une enquête
06:39par l'Académie des sciences et retourné en Autriche.
06:45C'est en fait un chirurgien écossais, c'est James Braid,
06:51qui, pour la première fois, a utilisé le mot,
06:54alors ce n'était pas le mot « hypnose », mais c'est tout proche,
06:56c'était le mot « hypnotisme »,
06:59où il avait bien décrit ce sommeil nerveux pour lui
07:04après focalisation d'un point lumineux
07:07et avait réalisé un certain nombre d'interventions,
07:11également de petits gestes sous hypnose.
07:14Ça, c'était en Écosse.
07:15Et en France, donc au XIXe siècle,
07:18ce sont des médecins français célèbres,
07:21Vellepo, Eugène Azam, qui est un bordelais,
07:24Broca, qui ont permis la diffusion des travaux
07:28de James Braid en France.
07:30Eugène Azam, qui est un bordelais,
07:33un médecin célèbre bordelais,
07:34qui a, pour la première fois,
07:36élaboré la théorie autour des personnalités multiples.
07:42Et il avait rapporté avec Broca,
07:46devant l'Académie des sciences en 1859,
07:50la première intervention chirurgicale
07:52pratiquée sous anesthésie hypnotique.
07:55Puis ensuite, il y a eu, à la pitié salpétrière,
07:59Charcot, et cette peinture d'André Brouillet est célèbre,
08:02où on voit Charcot,
08:04qui est capable d'induire,
08:08de reproduire une hystérie
08:10par la suggestion chez ces patientes,
08:13comme ici, là, dans ce tableau.
08:17Finalement, il a fallu attendre
08:19le milieu du XXe siècle
08:22pour voir élaborer l'hypnose
08:25que l'on pratique aujourd'hui.
08:27Et c'est un Américain,
08:28c'est Milton Erikson,
08:30qui a posé les bases de l'hypnose moderne
08:34que l'on pratique aujourd'hui.
08:36C'est un médecin qui a appliqué d'abord
08:39sur lui-même pour ses propres souffrances
08:41des techniques d'auto-hypnose
08:43et ensuite appliqué à ses patientes.
08:47Et la révolution,
08:49comparée à tout ce qui existait avant
08:50et tout ce que fait le mesmer dans ses spectacles,
08:54qui sont des suggestions directes
08:57avec une certaine autorité
08:59permettant de prendre le contrôle du patient,
09:01c'est tout l'inverse avec Milton Erikson,
09:03travaillant avec des suggestions indirectes,
09:06des métaphores pour contourner les résistances des patients.
09:10Et il avait défini l'hypnose
09:12comme un outil pour mobiliser
09:14les ressources internes du patient
09:16et lui donner un rôle actif dans sa prise en charge.
09:19Vous voyez, on est en plein dans cette médecine intégrative.
09:23Donc ça, c'était aux États-Unis.
09:25Et en France, ce sont des médecins.
09:27Léon Chertok, le père de la médecine psychosomatique,
09:31puis plus près de chez nous,
09:32François Roustan,
09:33qui était psychothérapeute, psychanalyste et philosophe,
09:38qui a permis de développer
09:41cette hypnose érectionnelle en France.
09:45Et François Roustan a été le premier
09:47à parler, à essayer de définir cette hypnose
09:51qui n'est pas un sommeil.
09:53Et je renvoie à la conférence de Pierre-Philippe.
09:57L'hypnose, malgré le terme qui est consacré,
10:01ce n'est pas du sommeil, on a sous hypnose
10:04une activité cérébrale très intense.
10:06Et François Roustan parlait d'état de veille paradoxale,
10:11un peu le contre-pied du sommeil paradoxal.
10:15Donc, aujourd'hui, on essaie de définir cette hypnose médicale.
10:20Alors, vous trouverez les termes état de conscience modifié,
10:24état de veille paradoxale.
10:26C'est en fait un état banal, un état naturel
10:30que l'on peut vivre tous les jours.
10:33Vous savez, quand on est dans la lune,
10:35quand on rentre chez soi en voiture
10:38sans s'apercevoir du chemin que l'on a parcouru,
10:43quand on commence à lire un livre
10:44et que l'on part dans ses pensées,
10:48quand un enfant regarde un dessin animé à la télé,
10:51enfermé dans cette bulle,
10:53ce sont tous des états hypnotiques.
10:57Alors, on a essayé de donner une définition scientifique,
11:00rigoureuse à cet état hypnotique.
11:03Et les Américains définissent cet état
11:06comme un état de conscience caractérisé
11:09par une focalisation de l'attention
11:12qui contraste avec une réduction de l'attention
11:15à notre environnement.
11:17Et c'est ça qui est important,
11:18une capacité accrue aux suggestions du thérapeute.
11:22Et derrière cette définition,
11:25aujourd'hui, on a en neurobiologie
11:28un certain nombre de travaux,
11:30et notamment grâce au progrès de l'imagerie fonctionnelle,
11:34on connaît les différentes parties du cerveau
11:37qui vont être modifiées par une séance d'hypnose.
11:43Et si on résume le fonctionnement cérébral
11:46dans trois grands réseaux,
11:48ce que l'on appelle le réseau de science
11:50qui permet de capter, de hiérarchiser les informations,
11:53puis le réseau exécutif
11:56qui va permettre d'effectuer une tâche,
11:58et au contraire, on a ce qu'on appelle le réseau du mode par défaut,
12:02c'est ce que fait le cerveau quand on ne fait rien,
12:05quand il n'y a pas de tâche particulière,
12:07et j'y reviendrai tout à l'heure avec la méditation.
12:10Eh bien, on montre que sous hypnose,
12:11il y a une modification des relations
12:14entre ces trois grands réseaux.
12:16Alors, j'aime mieux, moi, une définition plus poétique,
12:21et Milton Erikson écrivait
12:23« L'hypnose, c'est une relation pleine de vie
12:26qui a lieu dans une personne
12:29et qui est suscitée par la chaleur d'une autre personne. »
12:33Alors, il y a différentes façons de pratiquer cette hypnose.
12:38Ça peut aller de la simple hypnose conversationnelle,
12:43où on fait de l'hypnose sans le dire,
12:45et aujourd'hui, on apprend les soignants
12:47à utiliser ces techniques de communication.
12:49et puis, sinon, vous avez l'hypnose formelle
12:52ou la transe hypnotique.
12:54Et en fait, l'objectif final,
12:56c'est de donner aux patients des ressources
12:58et c'est de développer ces capacités d'auto-hypnose.
13:03Cette hypnose, elle peut être pratiquée
13:05soit comme approche unique,
13:07soit le plus souvent comme approche complémentaire
13:10dans le cadre de cette médecine intégrative.
13:14En termes de communication hypnotique,
13:17d'hypnose conversationnelle,
13:19vraiment, l'hypnose, c'est ce que l'on apprend,
13:23est un art de communiquer.
13:25Et on peut utiliser les mots pour soigner des mots.
13:29Ça va de la simple communication dite positive,
13:33attention aux mots que l'on utilise
13:35devant un patient, par exemple,
13:37et puis, progressivement,
13:39on peut aller vers une communication hypnotique,
13:41une hypnose conversationnelle,
13:43utilisant le langage verbal et le pouvoir des mots,
13:46le langage non-verbal,
13:48l'attitude que l'on a simplement face aux patients,
13:52et puis des techniques de distraction.
13:55Je vous montre très peu d'études,
13:57mais une étude récente qui a été publiée,
14:01c'était en fin 2019,
14:04étude toute simple,
14:05mais c'est une des rares études
14:07qui montre l'impact de l'hypnose conversationnelle,
14:11de la communication hypnotique.
14:13C'est le simple geste de poser une voix veineuse
14:17pour faire une prise de sang, si vous voulez,
14:19et plusieurs groupes,
14:20il y avait 300 patients randomisés en différents groupes,
14:23et dans un des groupes,
14:25on utilisait des techniques de communication hypnotique.
14:29Vous savez, il faut bannir les termes comme
14:32« attention, je vais vous piquer »,
14:35ou vous focalisez l'attention du patient sur le geste.
14:38Il faut faire tout l'inverse, en fait.
14:40Et donc, utiliser des mots positifs,
14:44détourner l'attention,
14:46eh bien, on montre que dans le groupe
14:48qui a bénéficié de ces techniques,
14:51significativement, la douleur et l'anxiété
14:55liées au geste étaient significativement diminuées.
15:00Alors ça, c'est de l'hypnose conversationnelle
15:02qui est facile à mettre en œuvre,
15:05et puis sinon, il y a ensuite la séance d'hypnose formelle,
15:08telle qu'on peut la faire en cabinet
15:10ou au bloc opératoire, par exemple.
15:13Et là, vous avez toute une séquence
15:16avec différentes étapes
15:17où on va commencer par focaliser l'attention du patient,
15:23le recentrer sur soi-même,
15:25et c'est à partir de là
15:26où on peut élargir cette conscience
15:28et le rendre réceptif aux suggestions
15:31que l'on va faire,
15:32lui ouvrir de nouvelles voies,
15:35de nouveaux horizons,
15:36et notamment pour la prise en charge
15:38de pathologies chroniques.
15:41Alors, en matière d'impact thérapeutique,
15:45l'hypnose a fait l'objet
15:46de nombreuses évaluations.
15:48Il y a eu un rapport de l'Inserm,
15:51c'était en 2015,
15:52il y a eu un rapport
15:53de l'Académie nationale de médecine,
15:56et puis la littérature scientifique
15:58est analysée régulièrement,
16:00et le groupe Cochrane
16:02a fait un certain nombre d'analyses
16:06en termes d'évidence pays de médecine,
16:08montrant l'intérêt de l'hypnose
16:11dans un certain nombre d'indications.
16:13Ces indications, vous voyez, sont nombreuses.
16:15Il y a tout ce qui touche autour de la douleur,
16:18l'anxiété,
16:20mais également certaines colopathies fonctionnelles,
16:22comme le syndrome de l'intestin irritable,
16:25le sevrage tabagique,
16:26des troubles alimentaires,
16:27des troubles du sommeil également,
16:31certaines affections dermatologiques.
16:34Dans toutes ces situations,
16:36on a des travaux scientifiques
16:38qui montrent un intérêt potentiel de l'hypnose.
16:41Alors, je ne peux pas les passer en revue,
16:44c'était juste pour vous donner quelques indications.
16:47Je voudrais juste insister sur la douleur.
16:49L'hypnose est la douleur aiguë
16:52que l'on utilise de plus en plus fréquemment
16:54et aux urgences au CHU de Bordeaux.
16:58L'hypnose est pratiquée quotidiennement
17:00pour des tas de gestes.
17:02Vous avez un certain nombre de douleurs procédurales,
17:05des sutures, des ponctions,
17:07réduction d'une luxation d'épaule
17:10qui peuvent être réalisées sous hypnose.
17:14L'odontologie également,
17:16l'obstétrique, comme je vous le disais,
17:18et puis au bloc opératoire.
17:20Quand on est à même de prendre en charge la douleur
17:26par une anesthésie loco-régionale
17:28ou en utilisant des sédatifs analgésiques,
17:32mais à des doses beaucoup moindres,
17:33c'est-à-dire sans endormir le patient,
17:36sans réaliser une anesthésie générale,
17:39avec l'accompagnement par hypnose,
17:41on est capable de réaliser un certain nombre d'interventions.
17:45Et là encore, on a des tas de travaux
17:47dans la littérature sur des volontaires sains
17:50qui montrent que sous hypnose,
17:52c'est ce que vous avez ici en violet,
17:54pour une même stimulation douloureuse
17:56chez des volontaires sains,
17:58stimulation ressentie comme douloureuse habituellement,
18:01avec une échelle de 6-7 sur 10,
18:05on est capable de réduire de moitié,
18:07de tomber à 3 sur 10,
18:09le ressenti de la douleur sous hypnose
18:12avec des corrélats neuroanatomiques
18:14et on montre une diminution de l'activité
18:17dans le cortex somatosensoriel,
18:19par exemple, des patients sous hypnose
18:22au cours de la stimulation douloureuse.
18:25Également, toujours dans cette douleur aiguë,
18:27l'hypnose est très intéressante
18:28pour préparer un patient,
18:31patient qui peut avoir des craintes,
18:35des phobies particulières avant une intervention,
18:37et ce que l'on appelle l'anxiété,
18:41la peur anticipatoire.
18:42J'ai peur d'avoir mal.
18:44On sait que le ressenti de la douleur
18:46chez ces patients sera encore plus élevé.
18:49Et là, l'hypnose dans cette prévention
18:52est également intéressante.
18:54Ça peut être quelques semaines avant la chirurgie,
18:57avant l'accouchement,
18:58c'est ce que l'on fait aussi au CHU de Bordeaux.
19:01Et on va donner aux patients des ressources
19:04pour pouvoir utiliser l'auto-hypnose le jour J.
19:07Et puis, toujours dans la douleur,
19:10pour terminer,
19:11c'est ce qu'on appelle la douleur chronique,
19:14beaucoup plus compliquée comme prise en charge.
19:18Et c'est des patients qui vont relever
19:20d'une prise en charge multidisciplinaire,
19:22notamment dans des centres d'études
19:24et de traitement de la douleur.
19:26Et l'hypnose fait partie
19:27des thérapies complémentaires
19:30que l'on peut proposer à ces patients.
19:32Il faudra alors plusieurs séances
19:34d'hypnose formelle
19:36pour donner aux patients de nouvelles ressources,
19:40modifier ses rapports avec sa douleur,
19:43lui apprendre à la gérer autrement.
19:46Et là aussi, c'est favoriser l'autonomie
19:49avec l'apprentissage de l'auto-hypnose.
19:53Vous voyez, donc,
19:53pour terminer cette première partie,
19:57l'hypnose est une méthode non médicamenteuse
20:00qui est efficace dans différentes situations.
20:03et elle peut être utilisée seule
20:04ou en complément d'autres traitements.
20:08Et vraiment, son objectif,
20:09c'est de mobiliser les ressources internes du patient,
20:13participer à lui donner un rôle actif
20:15dans sa prise en charge.
20:17Puis on parle bien d'hypnose médicale,
20:20clinique, thérapeutique,
20:22qui doit être réalisée
20:23par des professionnels de santé
20:25dans leur champ de compétences.
20:27Voilà pour cette partie introductive
20:32à l'hypnose en quelques minutes.
20:35Et je voulais faire la même chose
20:37avec la méditation
20:39et commencer, comme tout à l'heure,
20:41par redéfinir le cadre.
20:44Méditation, de quoi parle-t-on ?
20:46Parce que derrière ce mot,
20:48méditation,
20:50vous avez des milliers de pratiques différentes.
20:53Ce sont des pratiques aussi anciennes que diverses.
20:59Et là aussi, vous verrez,
21:00on parle d'une méditation bien particulière.
21:04La méditation,
21:06ça a été, pendant des milliers d'années,
21:08une méditation comme pratique spirituelle
21:11ou religieuse plurimillénaire.
21:16C'est 2500 ans avec le Bouddha.
21:19Dans les années 60,
21:22la méditation est arrivée en Occident
21:24avec une intégration dans le champ
21:26du développement personnel.
21:28Vous avez les Beatles ici
21:29et la méditation transcendantale, par exemple.
21:33Et puis, c'est vraiment à partir des années 80
21:36avec la possibilité d'une exploration scientifique
21:41de ce qui se passe dans le cerveau des méditants
21:46et puis l'arrivée d'applications au champ médical.
21:50Alors, la méditation,
21:52on parle, nous, de méditation de pleine conscience.
21:57Le terme anglais, c'est mindfulness.
22:00Il y a un effet de mode.
22:02On met de la mindfulness,
22:03de la pleine conscience un peu partout.
22:06Et aujourd'hui, on va la retrouver
22:07en éducation, dans l'entreprise,
22:12dans l'armée.
22:13Mais c'est bien plus qu'un simple effet de mode.
22:17Cette pleine conscience,
22:19je me suis amusé tout à l'heure
22:20à taper sur Google Mindfulness.
22:24Vous avez 132 millions de résultats qui sortent.
22:28Et concernant la littérature médicale scientifique,
22:31dans la base de données Medline,
22:33vous avez plus de 8 000 publications
22:35depuis les années 80
22:37concernant cette pratique de méditation de pleine conscience.
22:41Alors, vous avez des tas de supports qui existent.
22:45Si vous allez chez votre libraire préféré,
22:48vous avez un rayon entier consacré à ces pratiques méditatives.
22:52Et vous retrouvez des noms français célèbres
22:55comme Christophe André,
22:58John Kabat-Zinn, je vous en parlerai,
23:00Mathieu Ricard également.
23:02Et puis, vous avez des tas d'applications,
23:04aujourd'hui, qui existent sur smartphone.
23:07Vous connaissez peut-être Petit Bambou
23:09qui avait été primé.
23:12Il y a eu une enquête
23:13qui avait été demandée par Petit Bambou fin 2020
23:16qui montrait que 20% des Français,
23:201 Français sur 5,
23:22déclaraient pratiquer régulièrement
23:23la méditation ou le yoga.
23:25Et presque 40%
23:27ont testé cette méthode
23:29pour la première fois
23:30il y a un an, pendant le confinement.
23:33Alors, on parle bien de
23:37Mindfulness Meditation,
23:40de méditation de pleine conscience
23:42que l'on pourrait traduire aussi
23:43par pleine présence ou pleine attention.
23:47Qu'est-ce que c'est, en fait ?
23:49C'est tout simple.
23:50C'est être présent
23:52à l'expérience du moment
23:54que nous sommes en train de vivre.
23:56Expérience la plus directe,
23:58sans filtre, sans jugement,
24:00sans attente particulière.
24:02On pourrait dire aussi
24:03c'est prêter une attention,
24:06une attention délibérée
24:07aux choses auxquelles nous n'accordons
24:09habituellement jamais
24:10le temps d'une pensée.
24:13Porter son attention
24:13au fait que je suis en train
24:15de parler là, devant vous,
24:18en train de marcher, etc.
24:20Et John Kabat-Zinn,
24:22je vais y revenir,
24:23définit cette pleine conscience
24:25comme la conscience qui émerge
24:28lorsque l'on porte
24:29de façon intentionnelle
24:31son attention
24:32et de manière non-jugeante
24:34sur l'expérience du moment présent.
24:38Alors, vous trouverez
24:39des tas de définitions.
24:41Je vous recommande
24:43le livre d'Emmanuel Carrère,
24:45même s'il n'a pas eu le prix Goncourt.
24:47Lisez le livre Yoga.
24:50Et tout au long du livre,
24:52Emmanuel Carrère
24:53rapporte
24:54son expérience
24:56sur la méditation
24:58et il va égrener
24:59tout au long du livre
25:00des définitions.
25:03Ces définitions,
25:03elles sont toutes justes,
25:05toutes correctes.
25:06Il va dire
25:06la méditation,
25:08c'est tout ce qui se passe
25:09en soi
25:09pendant le temps
25:10où on est assis,
25:12immobile,
25:12silencieux.
25:14La méditation,
25:15c'est
25:16voir ses pensées
25:17comme elles sont,
25:19voir des choses
25:20comme elles sont,
25:21cesser de se raconter
25:23des histoires.
25:25C'est
25:26de consentir
25:27à ce que la vie
25:28a de contrariant
25:29au lieu de fuir.
25:31Et puis,
25:32il y en a des tas d'autres
25:34tout au long du livre.
25:36Une autre importante,
25:38c'est
25:38susciter en soi
25:40une espèce de témoin
25:41qui espionne
25:43le tourbillon
25:44de vos pensées
25:44sans se laisser
25:45emporter par elles.
25:47Et là,
25:47on est au cœur
25:48de la pleine conscience.
25:51Vous savez,
25:52le cerveau
25:52est un organe
25:54à produire des pensées.
25:56Et notamment,
25:56je parlais tout à l'heure
25:57de ce mode par défaut
25:59quand on prend des sujets
26:01dans un IRM fonctionnel
26:03et quand on ne donne
26:05aucune tâche,
26:06on n'avait rien à faire.
26:08Très vite,
26:09les pensées vont arriver,
26:12pensées, images
26:14et émotions.
26:15Et le vagabondage
26:17de l'esprit
26:17est tout à fait naturel.
26:19Il y a une étude
26:20célèbre
26:21qui date maintenant
26:22d'une dizaine d'années
26:23rapportée dans Science
26:24en 2010
26:25où c'était
26:26un protocole
26:27chez des volontaires
26:28qui étaient interrogés
26:29de façon impromptue
26:31et on leur demandait
26:32qu'est-ce qu'ils étaient
26:33en train de faire
26:33à ce moment-là,
26:35ce jour et nuit,
26:36et s'ils étaient
26:38en train de penser
26:39à ce qu'ils faisaient
26:39ou non.
26:41Et on montre
26:41que dans presque
26:43la moitié des cas,
26:45la moitié des réponses
26:46rapportent un vagabondage
26:48de la pensée
26:49parce que toutes les activités
26:51sont concernées.
26:52Vous êtes en train
26:53de faire quelque chose,
26:54vous pensez à autre chose.
26:56Et cette étude montrait
26:58que finalement,
27:00les participants
27:01se sentaient moins bien
27:03si leur pensée vagabonde
27:05que s'ils sont présents
27:06à ce qu'ils font.
27:07C'est connu,
27:09depuis longtemps,
27:11Blaise Pascal écrivait
27:12que chacun examine
27:13ses pensées,
27:15il les retrouvera
27:15toutes occupées
27:16soit au passé,
27:18soit à l'avenir.
27:20Et nous ne pensons
27:21presque point au présent.
27:23Vous verrez,
27:23on est toujours
27:24soit dans des réminiscences
27:27du passé,
27:28soit dans des anticipations
27:29du futur
27:30et rarement
27:31dans l'instant présent.
27:34Et cette situation
27:35s'aggrave aujourd'hui
27:36avec notre environnement,
27:40on est tous
27:40soumis à des sollicitations,
27:43des distractions
27:43de plus en plus importantes
27:45avec l'hyperconnexion,
27:47cette hyperconnexion
27:48en fait qui nous rend
27:49de plus en plus seuls
27:50et de moins en moins présents.
27:54Et donc,
27:55vraiment,
27:55c'est ce que nous enseigne
27:57cette méditation
27:58de pleine conscience,
28:00c'est de vivre
28:00et d'apprécier
28:01le moment présent.
28:03Alors,
28:05si on rentre
28:05dans les détails
28:07et d'un point de vue
28:08plus fondamental
28:09sur le plan neurologique,
28:12Antoine Lutz,
28:12qui est un chercheur
28:14à Lyon,
28:16qui a travaillé
28:16aux États-Unis
28:17et qui a participé
28:18à ses découvertes
28:21sur les modifications
28:22du cerveau
28:23chez des méditants,
28:26définit la méditation
28:27comme un ensemble
28:28de pratiques
28:29développant
28:31la régulation
28:31des émotions
28:32et le contrôle
28:34de l'attention.
28:35C'est vraiment
28:35un entraînement mental.
28:38Moi, je dis
28:38que la méditation
28:39est au cerveau,
28:40ce que le sport,
28:41l'activité physique
28:42est au corps.
28:44C'est pareil,
28:45avec un objectif
28:47de transformation
28:48de soi,
28:49de l'expérience consciente,
28:50un objectif
28:51de bien-être durable.
28:53Et si on reprend
28:54le schéma
28:55du vagabondage
28:56de l'esprit
28:57où à un moment donné,
28:58on va prendre conscience
28:59qu'on n'est plus là,
29:00qu'on est parti
29:01dans ses pensées,
29:02c'est peut-être le cas
29:03en ce moment,
29:04en train de m'écouter.
29:05Vous avez été peut-être
29:06perturbé
29:07par une pensée
29:08qui est apparue
29:09et peut-être
29:09que vous vous êtes
29:10laissé emporter par elle.
29:12Au moment
29:13où nous réalisons
29:14que nous sommes distraits,
29:16c'est là
29:16où nous sommes
29:16pleinement présents.
29:18C'est ce qu'est
29:19la méditation.
29:21Alors,
29:22là encore,
29:22on est dans un cadre
29:23laïque,
29:25universitaire,
29:26médical,
29:27et la méditation,
29:29ce qu'elle n'est pas,
29:30ce n'est pas
29:32faire le vide
29:33dans sa tête,
29:33ce n'est pas
29:34une absence de pensée,
29:36ce n'est pas ce que j'ai dit.
29:37On ne cherche pas
29:38à faire taire
29:38le bavardage
29:39de l'esprit,
29:41par contre,
29:42on s'entraîne
29:42à ne pas se laisser
29:44emporter par lui,
29:45à ne pas s'engager
29:46dans les pensées.
29:49Également,
29:50ce n'est ni une démarche
29:51religieuse
29:52ou spirituelle,
29:53aujourd'hui,
29:53c'est une régulation
29:55attentionnelle
29:56et émotionnelle,
29:57laïque,
29:58au-delà de toute forme
29:59de croyance.
30:00Et c'est comme ça
30:01que nous l'utilisons
30:02dans un cadre médical.
30:05Et puis,
30:06la méditation,
30:07attention,
30:08ce n'est pas
30:08de la relaxation,
30:10ce n'est pas
30:11de la sophrologie,
30:12non,
30:12c'est la prise de conscience
30:14de ces expériences
30:15intimes
30:16avec la possibilité
30:19de prendre du recul,
30:21c'est ça qui est important,
30:22et non d'atteindre
30:23un état de détente,
30:25et d'ailleurs,
30:25certaines expériences
30:26de méditation
30:27peuvent être
30:28désagréables,
30:29douloureuses,
30:30mais justement,
30:32être capable
30:32de faire
30:33cette introspection,
30:35cette auto-analyse
30:36et la possibilité
30:38de se donner
30:38du recul
30:39de façon
30:40à répondre différemment.
30:42Alors,
30:42on connaît
30:43les effets cérébraux
30:44de la méditation,
30:45je vous ai dit,
30:45c'est à partir
30:46des années 90,
30:48surtout,
30:49où des moines
30:50bouddhistes
30:51comme Mathieu Ricard
30:53se sont prêtés
30:54à la recherche scientifique
30:56et on a montré,
30:57alors,
30:58ce sont des méditants
30:59experts,
31:00plusieurs dizaines
31:01de milliers
31:01d'heures
31:02de méditation,
31:03ce que l'on ne fera
31:04jamais,
31:05mais chez
31:06ces méditants,
31:07on montre
31:08des modifications
31:10du fonctionnement
31:11cérébral,
31:13ici,
31:13une augmentation
31:14des rythmes gamma.
31:17Mathieu Ricard
31:17dans l'IRM fonctionnel,
31:19ici,
31:20avec Davidson
31:20et Antoine Lutz,
31:22on montre,
31:23mais on peut retrouver ça
31:24dans d'autres formes
31:25d'apprentissage également,
31:27on montre
31:27des changements
31:28neuroanatomiques,
31:29certaines zones
31:30du cerveau
31:31qui peuvent être
31:31plus épaissies,
31:32par exemple,
31:33etc.
31:34Et c'est le cas,
31:35en particulier,
31:36de ce fameux réseau
31:38du mode par défaut,
31:39où vous avez
31:40le cortex singulaire
31:41postérieur,
31:42notamment le cortex
31:43préfrontal
31:44qui sont mis en jeu,
31:47on montre,
31:48là aussi,
31:49une diminution
31:50de l'activité
31:51du réseau par défaut
31:52lors d'une séance
31:53de méditation.
31:55Et donc,
31:55on peut,
31:56si je reviens toujours
31:57sur cette boucle,
31:59l'esprit qui commence
32:00par vagabonder,
32:02c'est le réseau
32:02du mode par défaut,
32:04je prends conscience,
32:06c'est le réseau
32:07de science,
32:08et je redirige
32:09mon attention
32:10vers mon point
32:12de focalisation,
32:13ça va être
32:13le réseau
32:14exécutif.
32:15Et donc,
32:15on va entraîner
32:16comme ça
32:17l'esprit
32:18à cette prise
32:20de conscience
32:20de l'expérience
32:22présente.
32:24Alors,
32:24j'en arrive
32:25à méditation
32:27et médecine
32:28et les applications
32:30médicales
32:31de la méditation.
32:33Ce qui est intéressant,
32:34c'est de retrouver
32:34la même racine
32:36dans méditation
32:37et médecine.
32:39et méditer,
32:41qui est emprunté
32:43au latin
32:44méditeri,
32:44médere,
32:46c'est donner
32:47des soins
32:48à,
32:50même si après
32:50il y a eu
32:51la méditation
32:52réflexive,
32:53qui est une autre
32:54spécialisation
32:56du monde,
32:57mais on est vraiment
32:58ici,
32:58voilà,
32:59dans donner des soins.
33:00Et d'ailleurs,
33:01le mot sanscrit
33:02en méditation
33:03tibétaine,
33:04c'est bavana,
33:04qui est cultivé,
33:07développé.
33:08On est vraiment
33:08dans cet entraînement
33:10mental
33:11que propose
33:12la méditation.
33:15Alors,
33:15tout comme on avait
33:16Milton Erickson
33:18pour l'hypnose,
33:21il y a un autre
33:21Américain,
33:23c'est John Kabat-Zinn,
33:25alors c'est plus récent,
33:26c'est les années 80,
33:29c'est John Kabat-Zinn,
33:31un scientifique
33:32américain
33:33qui travaillait
33:35à la faculté
33:36à l'université
33:37du Massachusetts,
33:38qui a proposé
33:40pour la première fois
33:41un programme
33:43de méditation,
33:45un programme
33:45laïc
33:46de méditation
33:47qui a intégré
33:48à la fois
33:49des traditions orientales
33:50et les sciences
33:52occidentales
33:53avec un objectif
33:55de réduction
33:56du stress.
33:57Il a été le premier
33:58à bâtir
33:59la clinique
34:00de réduction
34:01du stress
34:02au CHU
34:03du massage
34:057,
34:05l'équivalent
34:06de notre CHU
34:08et à partir de là,
34:10diverses applications
34:10cliniques
34:11d'entraînement
34:12de méditation
34:12à la pleine conscience
34:13ont été élaborées.
34:15Le programme
34:16MBSR,
34:17c'est le programme
34:18que l'on propose
34:19le plus souvent,
34:21c'est celui
34:21que l'on réalise
34:23également
34:23à Bordeaux.
34:25Donc,
34:26MBSR
34:26en anglais,
34:27c'est
34:27réduction du stress
34:29basé sur la pleine conscience.
34:31C'est un programme
34:33qui se développe
34:34sur huit semaines
34:36avec un rendez-vous
34:38hebdomadaire,
34:39deux heures et demie
34:40de pratiques
34:41en groupe
34:41par semaine
34:42et puis vous avez
34:43des pratiques
34:44quotidiennes
34:45à réaliser,
34:46des pratiques à la fois
34:47formelles et informelles
34:48avec l'objectif,
34:50je répète,
34:51de faire contacter
34:52aux personnes
34:53leur capacité naturelle
34:55et leurs ressources
34:56plutôt que leurs problématiques.
34:57Et là encore,
34:59comme l'hymnos
35:01tout à l'heure,
35:01cette pleine conscience
35:02est une qualité innée
35:03de l'esprit
35:04que l'on va cultiver
35:06intentionnellement
35:07par ces pratiques
35:08de méditation.
35:10Alors,
35:10une des premières
35:11applications
35:11de cette
35:12pleine conscience,
35:14ça a été
35:15le stress,
35:16la gestion du stress
35:17et là aussi,
35:19la pratique
35:20de la pleine conscience
35:21permet
35:21de prendre conscience
35:24de notre façon
35:25de réagir
35:26face au stress.
35:27et on va apprendre
35:29à répondre
35:30au lieu de réagir
35:31de façon automatique.
35:33On remplace
35:34notre réactivité
35:35automatique
35:35telle qu'elle a été
35:38conçue
35:38tout au long
35:39de notre vie
35:40par la possibilité
35:42de donner
35:42une réponse adaptée.
35:44John Kabat-Zinn disait
35:45on ne peut pas
35:46arrêter la vague
35:47mais on peut apprendre
35:48à la surfer.
35:49Et c'est vraiment
35:50ce que nous propose
35:51cette pleine conscience.
35:54Alors,
35:54la pleine conscience,
35:56oui,
35:56dans un cadre médical,
35:57ça va être,
35:58vous allez voir,
35:58pour des patients
35:59mais également
36:01pour les professionnels
36:02de santé,
36:02pour les étudiants,
36:04chaque fois que le stress
36:05est présent
36:05et malheureusement
36:06le stress aujourd'hui
36:08est omniprésent
36:09et donc
36:10c'est pour tous.
36:12Au-delà du stress,
36:14la méditation
36:15a été étudiée
36:16dans diverses
36:17applications
36:18médicales
36:19médicales
36:20et on connaît
36:21aujourd'hui
36:22de mieux en mieux
36:22les effets,
36:23je vous ai parlé
36:24des effets cérébraux
36:25de la méditation
36:26mais il y a des effets
36:27extra-cérébraux
36:28de la méditation
36:29bien sûr
36:31sur tout ce qui est
36:32la biologie du stress,
36:33réponse hormonale
36:35du stress
36:35a été largement étudié
36:36mais également
36:37un impact
36:38sur le système immunitaire,
36:41sur le système
36:41cardiovasculaire
36:42et sur le système
36:45cellulaire,
36:46sur le vieillissement
36:47cellulaire
36:48et on s'aperçoit
36:49aujourd'hui
36:50qu'un certain nombre
36:51de maladies chroniques
36:53qui sont causées
36:54à la fois
36:55par des phénomènes
36:56inflammatoires,
36:57par le vieillissement
36:58biologique,
36:59le tout potentialisé
37:00par le stress
37:01peuvent être modulés
37:03par la méditation
37:04de pleine conscience.
37:06Un travail récent,
37:07c'est assez extraordinaire,
37:09au bout de 8 heures
37:10de méditation,
37:12vous allez moduler
37:13l'expression
37:13de certains gènes.
37:15On module
37:15l'épigénétique
37:16notamment
37:17du métabolisme
37:19et du vieillissement
37:19de cellules immunitaires.
37:22Il y a également
37:22une étude,
37:24une grande étude
37:25européenne en cours
37:26sur l'impact
37:27de cette méditation
37:28sur le vieillissement.
37:30On connaît
37:31aujourd'hui
37:31l'effet
37:33in vitro
37:34de la méditation
37:36et l'effet
37:37sur la télomérase,
37:40cet enzyme
37:41qui préserve
37:42nos chromosomes
37:43du vieillissement,
37:44qui renforce
37:45les petits capuchons
37:46qui sont
37:47aux extrémités
37:48des chromosomes.
37:50L'activité
37:51de la télomérase
37:51augmente
37:52par la méditation.
37:54Maintenant,
37:55est-ce que ça a un impact
37:56sur le vieillissement
37:57à l'échelle
37:58du patient ?
38:01On attend
38:01les résultats.
38:02Il y a
38:02une grande enquête,
38:04une grande étude
38:05qui est conduite
38:06par Gaëlle Châtelet,
38:08dont les résultats
38:09devraient arriver
38:10en principe
38:11en 2021,
38:13avec des résultats
38:13préliminaires.
38:14On sait
38:15que les régions
38:16cérébrales
38:17qui sont modifiées
38:19par la pratique
38:21de la méditation
38:22sont spécifiquement
38:24celles qui déclinent
38:25le plus
38:25avec l'âge.
38:26Il y a probablement
38:28un effet bénéfique
38:29de la méditation,
38:30mais attendons
38:31les résultats
38:32de cette étude.
38:35Comme je vous le disais,
38:36à partir de ce programme
38:37initial,
38:38le cœur du programme
38:39qui est le programme
38:40MBSR,
38:42il y a des tas
38:42de programmes dérivés
38:44adaptés à telle
38:46ou telle situation,
38:47telle ou telle pathologie.
38:49Vous en retrouvez
38:49en obstétrique,
38:51vous en retrouvez
38:51en douleur chronique,
38:53vous en retrouvez
38:53en psychiatrie
38:54pour la dépression.
38:56Ce sont des programmes
38:57dérivés
38:57de ce programme
38:59initial MBSR.
39:01Et comme je vous le disais,
39:02quand on regarde
39:03le nombre de publications,
39:05on a une courbe
39:06exponentielle
39:07depuis les années 80.
39:09On est à plus de 8000
39:10publications référencées
39:13d'études cliniques
39:14concernant cette mindfulness.
39:17Et on va retrouver
39:18des études
39:19sur l'impact
39:21de la pleine conscience,
39:22sur la douleur,
39:23la douleur chronique,
39:25comme tout à l'heure
39:26avait l'hymne,
39:26sur l'anxiété,
39:28sur la prévention
39:29des rechutes
39:30après dépression,
39:32sur tout ce qui concerne
39:33bien sûr le stress
39:34et les pathologies
39:35liées au stress,
39:36mais également
39:37troubles du sommeil,
39:38troubles du comportement
39:39alimentaire
39:39et puis des tas
39:41de maladies chroniques
39:42également,
39:44diabète,
39:45cancer,
39:46atteint neurologique,
39:48rhumatologie
39:49et des maladies
39:50cardiovasculaires.
39:51Alors là aussi,
39:52je ne peux pas
39:53détailler,
39:54juste je vous montre
39:55concernant la douleur,
39:57je suis obligé
39:57de vous montrer
39:57parce que c'est
39:58la première étude
39:59par John Kabat-Zinn
40:01lui-même,
40:01publiée en 1982,
40:03sur l'impact
40:04de la pleine conscience
40:06sur la douleur chronique
40:07où il montrait
40:09déjà à l'époque
40:10que cette pleine conscience
40:12permettait de découpler
40:14la composante sensorielle
40:16de la douleur
40:16et sa composante
40:18affective
40:19ou cognitive.
40:21Et la méditation,
40:22vous voyez,
40:22apprend à séparer
40:24la pure perception
40:25de la douleur.
40:26On ne va pas
40:27supprimer la douleur,
40:29mais on va pouvoir
40:31moduler
40:32tous ces automatismes
40:34d'angoisse,
40:35d'anticipation
40:36qui transforment
40:37la douleur
40:38en souffrance.
40:39Et là encore,
40:41plus récemment,
40:42il y a eu des travaux
40:43chez des volontaires,
40:46sains,
40:46des méditants,
40:47experts
40:48versus novices,
40:49où on montre
40:50pour une même
40:51stimulation douloureuse
40:52si le ressenti
40:54de la douleur
40:55est le même,
40:57par contre,
40:57le caractère désagréable
40:59est bien moindre
41:00chez les militants
41:01que chez les novices.
41:03C'est ce que vous avez
41:03ici en rouge
41:04sur la partie droite
41:06de ce diagramme.
41:09Voilà.
41:09Une autre application.
41:11Alors,
41:11sur la douleur chronique,
41:12il y a eu des travaux
41:13sur la lombalgie chronique.
41:15La lombalgie chronique,
41:16on montre
41:17que des programmes MBSR
41:19font mieux
41:20que les traitements
41:21habituels.
41:23Par exemple,
41:23voilà.
41:24Et surtout aujourd'hui,
41:26notamment aux États-Unis,
41:27avec la crise
41:28des opiacés,
41:30on tend à favoriser
41:32ces méthodes
41:32non médicamenteuses
41:33dans ces situations.
41:35Chez
41:36en maladie cardiovasculaire,
41:37chez l'hypertendue,
41:39vous vous rappelez
41:40la conférence
41:41de Philippe Goss,
41:42les programmes MBSR
41:43ont montré
41:44des avantages potentiels
41:46et l'Association
41:47américaine
41:48de cardiologie
41:49recommande
41:50la pratique
41:50de méditation
41:52de pleine conscience
41:53dans un certain nombre
41:54de pathologies chroniques.
41:55Également,
41:57il y a un impact
41:58très fort
41:59d'un programme dérivé
42:01du programme MBSR,
42:02c'est le programme
42:03MBCT,
42:05qui a montré
42:06un impact
42:06très positif
42:07sur la prévention
42:09des rechutes
42:10après dépression.
42:12Et dans le Lancet,
42:14la grande revue médicale,
42:16c'était en 2015,
42:19cette étude montre
42:20que la pratique méditative
42:24avec des programmes
42:25comme le MBCT,
42:27ça fait aussi bien
42:29que de prendre
42:30des antidépresseurs
42:31pendant deux ans
42:32en termes de prévention
42:34des rechutes.
42:35Et aujourd'hui,
42:36ces programmes sont d'ailleurs
42:37remboursés en Angleterre.
42:39J'espère que ça sera
42:40le cas bientôt
42:41chez nous aussi.
42:43Et puis,
42:44vous avez des tas
42:45d'études
42:46sur l'impact
42:49de la méditation
42:50en termes de qualité
42:51de vie
42:51chez les patients.
42:53On est vraiment là
42:54justement dans la pratique
42:55complémentaire
42:55dans cette médecine intégrative
42:57et notamment
42:58en cancérologie
42:59où la pratique
43:02de la méditation
43:03va permettre
43:04de faire face
43:05au traitement,
43:07de mieux supporter
43:07chimiothérapie,
43:08radiothérapie
43:09avec un impact
43:10positif
43:11en termes de
43:12qualité de vie,
43:13impact sur le sommeil,
43:15sur le stress,
43:16l'anxiété,
43:17la dépression également.
43:20Et pour terminer,
43:22j'ai beaucoup parlé
43:23des patients,
43:26mais la méditation
43:27a également
43:28un effet bénéfique
43:29chez les soignants
43:31et d'ailleurs
43:31l'hypnose,
43:33la pratique de l'hypnose
43:34et la méditation
43:35peuvent être
43:36des outils
43:37pour le bien-être
43:39des soignants.
43:40Vous connaissez
43:41la problématique
43:42du burn-out
43:43chez les professionnels
43:43de santé.
43:44jusqu'à 50%
43:46des professionnels
43:47de santé
43:48sont concernés
43:49par cet épuisement
43:51professionnel
43:52avec forcément
43:54une détérioration
43:54de la qualité
43:55de la relation
43:56patient-soignant.
43:58Et parmi les sources
43:59principales
44:00de ce burn-out,
44:01on retrouve
44:02le stress,
44:03la surcharge
44:03de travail,
44:04le manque
44:04de reconnaissance,
44:05mais surtout
44:07la confrontation
44:08à la souffrance.
44:09et il est intéressant
44:11de montrer
44:12que ces programmes
44:14de méditation
44:15de pleine conscience
44:16justement
44:16vont nous donner
44:18des possibilités
44:20de mieux gérer
44:21cette souffrance
44:22de l'autre,
44:22de ne pas tomber
44:23dans la détresse
44:24empathique
44:25et souffrir
44:27avec le patient,
44:27mais au contraire
44:28de développer
44:29des capacités
44:30de compassion,
44:31c'est-à-dire
44:31reconnaître la souffrance
44:33chez l'autre
44:34et mettre tout
44:35en œuvre
44:35pour aider l'autre.
44:37Et d'où
44:37l'importance
44:38de telles pratiques
44:39dans cette population.
44:41Et puis également,
44:43ce qui est intéressant,
44:44il y a quelques travaux
44:44qui montrent
44:45que le fait
44:47de pratiquer
44:48ces techniques
44:49et notamment
44:50le fait
44:50de pratiquer
44:52l'hypnose,
44:52implanter l'hypnose
44:54dans un service
44:55a des effets bénéfiques
44:57sur le bien-être
44:58des soignants.
44:59Il y a très peu
44:59de travaux,
45:00il y a une étude
45:01de la réaliser
45:02à Lausanne
45:02en Suisse
45:04dans un service
45:04de réanimation
45:05des brûlés
45:05où ils ont montré
45:07et publié
45:08que l'hypnose
45:09intégrée aux soins
45:10de ces patients brûlés
45:12avait un impact
45:13sur le niveau
45:14de stress
45:15de l'équipe soignante
45:16avec une réduction
45:18significative
45:19du stress
45:20des soignants
45:21face à la souffrance
45:24des patients,
45:25face à la réalisation
45:26de gestes
45:27de plus en plus
45:27difficiles.
45:29Et ce n'est pas
45:30pour rien
45:30que le ministère
45:33de l'éducation,
45:34c'était en 2018,
45:38qui,
45:39dans ses 15 mesures
45:40pour le bien-être
45:41des étudiants
45:42en santé,
45:44quels qu'ils soient,
45:45médecins,
45:46infirmiers,
45:47aide-soignants,
45:48préconisaient
45:50la pratique
45:51de la méditation
45:52de pleine conscience
45:53et de l'hypnose.
45:55Alors nous,
45:56sur le CHU
45:57de Bordeaux,
45:58on a eu cette expérience
45:59comme beaucoup d'hôpitaux
46:02avec le premier confinement,
46:04c'était il y a juste un an.
46:06Ce premier confinement,
46:07c'est la double peine
46:09pour les soignants
46:10où le jour,
46:11on est confronté
46:13à la maladie
46:14dans les services
46:16et l'afflux
46:17de ces patients.
46:18Et puis,
46:18le soir entrant
46:19à la maison,
46:20on est confronté
46:21au confinement.
46:22et donc,
46:23on a proposé
46:24et notre équipe
46:26a proposé
46:26des séances
46:27de méditation,
46:29des séances
46:29d'auto-hypnose
46:30pour les soignants
46:31et on continue
46:32à développer
46:33ce type de pratique.
46:36Voilà,
46:36donc,
46:36pour conclure,
46:39il y a
46:39toute une recherche
46:40très active
46:41et prometteuse
46:42dans le domaine
46:43de l'hypnose
46:44et la méditation.
46:46Des bénéfices
46:47sont confirmés
46:48dans de nombreuses situations.
46:50Je rappelle
46:51le stress,
46:51la douleur,
46:52l'anxiété,
46:53la dépression,
46:54les pathologies chroniques.
46:55Il y a des bénéfices
46:57pour les soignants
46:58eux-mêmes
46:59et je crois
47:00que l'impact
47:01le plus important,
47:02c'est justement
47:03de permettre
47:04de replacer l'humain
47:06au centre
47:07de la relation thérapeutique.
47:10Et pour conclure,
47:10je tenais
47:11à remercier
47:12notre directeur général,
47:15M. Bubien,
47:16qui nous a soutenus
47:17dans la création
47:19de cet institut
47:20de médecine intégrative
47:21et complémentaire.
47:23Vous voyez ce pavillon
47:24qui est au cœur
47:26de Xavier Arnauzan
47:28où on a la possibilité
47:29aujourd'hui
47:30de recevoir des patients
47:31pour des consultations
47:33d'hypnose
47:33et de proposer
47:35des programmes
47:35MBSR de méditation
47:37à la fois pour les patients
47:38et les soignants.
47:40Vous avez ici en photo
47:41une partie de l'équipe
47:43qui m'accompagne
47:44dans cette démarche.
47:45Je vous remercie.
47:46Sous-titrage Société Radio-Canada
47:48Sous-titrage Société Radio-Canada
47:49Sous-titrage Société Radio-Canada
47:51Sous-titrage Société Radio-Canada
47:53Sous-titrage Société Radio-Canada
47:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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