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  • il y a 2 mois
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, était l’invité du Face-à-Face de ce jeudi 13 novembre sur BFMTV et RMC. 

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Transcription
00:00Il est 8h28 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Nunez, vous êtes ministre de l'Intérieur.
00:06Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin, au matin des journées de cérémonie, en mémoire du 13 novembre 2015.
00:14On va revenir évidemment non seulement sur ces cérémonies mais sur l'état de la menace aujourd'hui.
00:19Mais d'abord Laurent Nunez, après un an d'emprisonnement, Boilem Sansal est enfin libre.
00:24Il est libre et il est arrivé en Allemagne hier soir. D'abord quel rôle a joué l'Allemagne ?
00:31D'abord je me réjouis évidemment de cette libération, le geste d'humanité du président Tebboune qui a donc accordé sa grâce.
00:38Le président de la République a eu l'occasion évidemment d'échanger avec le président Tebboune, avec le président allemand, comme vous venez de le citer.
00:45L'Allemagne a joué un rôle important, le rôle d'un tiers de confiance.
00:49C'était important compte tenu de la dégradation de ce qu'étaient les relations entre la France et l'Algérie, du niveau que cela avait atteint.
00:58Donc il était important évidemment qu'on ait ce tiers de confiance qui a joué un rôle important.
01:02Mais au même titre évidemment que le président de la République, Emmanuel Macron, qui tout au long de l'année écoulée,
01:09n'a cessé évidemment de rappeler la position de la France qui était celle d'avoir un dialogue, un dialogue certes exigeant mais d'avoir un dialogue.
01:18Donc évidemment, qui peut penser que la France n'a pas joué également un rôle dans cette affaire ?
01:23Vous avez travaillé ensemble, Allemagne et France, main dans la main ?
01:27Mais bien sûr, il y avait un tiers de confiance.
01:31Le président de la République a remercié le président allemand.
01:33C'est évidemment extrêmement important.
01:36Les actions qui ont été engagées par la diplomatie allemande, par le président allemand.
01:41Mais évidemment, comme vous l'imaginez, la France a joué un rôle.
01:44Et la position qui a été la nôtre ces dernières semaines est importante.
01:50C'est-à-dire cette expression d'une volonté de réengager un dialogue, qui est un dialogue exigeant, je le redis, avec les autorités algériennes.
01:58Je pense a joué évidemment aussi un rôle dans cette affaire.
02:01Réengager un dialogue, on va y revenir parce que c'est aussi la méthode que vous avez prôné.
02:04Mais je suis quand même surprise par la première phrase que vous dites, un geste d'humanité.
02:08Vous remerciez le président Temmoun pour ce geste d'humanité.
02:11C'est quand même aussi le président Temmoun qui ne s'était pas opposé initialement au fait que cet homme innocent soit condamné.
02:19Bien sûr.
02:20Et enfermé.
02:21Il vient d'être gracié.
02:23Donc il a été libéré, il est arrivé en Allemagne.
02:26Mais gracié, c'est vrai que c'est toujours étrange d'accepter l'idée de gracié, parce que gracié veut dire qu'il serait coupable.
02:30En tout cas, je vous dis, c'est un geste d'humanité.
02:34Voilà, et donc nous nous en réjouissons très clairement.
02:37Vous dites ça pour me répondre à moi ou vous dites ça pour qu'il vous entende vous le dire ?
02:42Non, je vous réponds à vous.
02:43Voilà, je vous réponds à vous.
02:44Et nous allons maintenant, il faut qu'on poursuive ce dialogue avec l'Algérie.
02:50Il faut réengager ce dialogue, mais dans des conditions d'exigence.
02:53On a beaucoup de choses à demander.
02:55Mais en tout cas, ce que je veux dire ce matin, c'est que je l'ai dit, je le redis, la stratégie du bras de fer ne fonctionne pas.
03:02Elle ne fonctionne pas.
03:03Il faut être dans une démarche qui soit une démarche de dialogue.
03:08Encore une fois, je le redis, exigeante.
03:09On a beaucoup de choses à demander à l'Algérie, notamment pour ce qui me concerne, pour le canal sécuritaire.
03:14On a évidemment beaucoup de choses à demander à l'Algérie.
03:16C'est clairement une autre méthode que celle de votre prédécesseur, Bruno Retailleau, qui prenait davantage, en effet, le bras de fer.
03:24Vous dites que ça n'a pas marché.
03:25Est-ce que pour vous, la libération de Boilem Sansal est le premier signal que ce dialogue, que cette reprise de dialogue, comme vous dites, fonctionne ?
03:32Clairement, oui.
03:33Clairement, oui.
03:34Voilà.
03:34Maintenant, on attend d'autres signaux.
03:37Voilà.
03:37Vous savez, le ministre de l'Intérieur algérien m'a invité à me rendre en Algérie.
03:41Donc, la probabilité que je m'y rende, elle est quand même très forte.
03:44Vous yirez ?
03:44Donc, on va réengager des canaux sécuritaires.
03:47Et je m'y rendrai, la probabilité très forte, parce qu'à un moment, il faut que les deux ministres se parlent.
03:52On engage une discussion plus stratégique.
03:55On définit les thématiques sur lesquelles on veut réenclencher.
03:58Je vous rappelle qu'on n'a plus de contact avec l'Algérie.
04:00On n'a plus de contact sécuritaire.
04:01Ça veut dire que la direction générale de la gendarmerie nationale, de la police nationale et la direction générale de la sécurité intérieure,
04:07tous trois services placés sous mon autorité, n'ont plus d'échanges opérationnels.
04:12Donc, voilà, il faut qu'on réenclenche ce dialogue sécuritaire.
04:15C'est important pour la sécurité de nos citoyens.
04:16Donc, vous irez, vous nous le dites ce matin, vous irez, vous accepterez l'invitation, en effet, de votre homologue algérien.
04:23Vous avez souvent parlé, effectivement, du fait qu'il n'y avait plus de contact, que c'était un problème.
04:28Il y a également cette question des OQTF qui n'obtiennent pas de laisser passer.
04:33Votre prédécesseur, justement, Bruno Retailleau, insistait beaucoup sur ce point.
04:36Il parlait notamment de l'attentat de Mulhouse qui, d'après lui, aurait pu être évité si l'Algérie avait accepté ce qu'elle a refusé à plusieurs reprises de reprendre ce ressortissant sous le coup d'une OQTF.
04:46Est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez nous dire que certaines OQTF de nationalité algérienne sont, effectivement, acceptées par l'Algérie ?
04:56Non, je ne vous dirai pas ça. D'abord, la discussion, moi, pour la partie qui me concerne comme ministre de l'Intérieur, elle porte sur deux thématiques.
05:01C'est la sécurité, d'abord, la lutte contre le terrorisme. L'antiterrorisme, c'est important. C'est très important.
05:06Évidemment, la lutte contre la criminalité organisée, la sécurité. Et puis, il y a le volet migratoire, évidemment.
05:11Et il y a la question des OQTF qui demeurent un problème. Pour l'instant, il n'y a pas d'évolution.
05:17Mais c'est des sujets que je mettrais évidemment sur la table avec mon homologue et que les services font déjà commencer à mettre sur la table.
05:24Vous n'avez pas d'agenda à ce stade ? Vous n'avez pas de date ?
05:26Je n'ai pas d'agenda. Je n'ai pas de date. Voilà. Donc, les choses avancent.
05:29Je reste dans la même posture qu'est celle d'être dans le dialogue, mais un dialogue exigeant, encore une fois.
05:35On a beaucoup de choses à attendre de l'Algérie.
05:37Est-ce que vous avez des nouvelles de Christophe Glaze ?
05:40Non, je n'ai pas de nouvelles. Mais on connaît la procédure.
05:43Vous savez qu'il y a un appel qui devrait être jugé maintenant, dans quelques jours.
05:47Et donc, vous pouvez espérer que ça ne s'arrête pas à la libération de Boilem Sansa ?
05:51Nous l'espérons tous. Voilà. Nous l'espérons tous.
05:53Et la France agit, évidemment, également en ce sens.
05:56Donc, la France agit. Vous ne pouvez pas nous en dire plus à ce stade ?
06:00Non, je ne s'en dirai pas plus. Il y a des canaux diplomatiques.
06:04Voilà. Donc, on a toujours été dans cette volonté forte de dialogue constructif exigeant.
06:09Laurent Nunez, nous sommes donc aujourd'hui le 13 novembre.
06:12C'est les commémorations des attentats du 13 novembre 2015.
06:17On va parler évidemment de la commémoration et de l'accompagnement de tous ceux qui ont traversé ces attentats.
06:23Mais au jour où on se parle, en ce matin de cette journée, quel est l'état de la menace ?
06:30L'état de la menace, elle est toujours très élevée.
06:32On l'a dit, redit.
06:34Le type d'attaque comme celle qu'on a connue, malheureusement, il y a 10 ans, le 13 novembre,
06:38est moins probable.
06:40Une équipe projetée qui vient avec des djihadistes venus de Syrie, d'Irak,
06:45projetés sur le territoire national pour commettre un attentat est moins probable.
06:49Parce que le niveau de coopération entre tous les services de renseignement s'est renforcé,
06:55y compris à l'international.
06:57L'affaiblissement de l'état islamique fait que c'est beaucoup moins probable.
07:01Maintenant, la menace reste élevée parce qu'elle est toujours très endogène,
07:05avec des individus présents sur le territoire national,
07:07qui se radicalise très vite et qui fomente des projets d'action violente.
07:11C'est exactement ce qu'on a vu avec le dernier attentat déjoué.
07:14Trois jeunes femmes, 18, 19 ans, 21 ans,
07:17qui fomentent un projet d'action violente avec une radicalisation ultra rapide.
07:22Ce qui rend la tâche des services de renseignement,
07:23que je veux saluer notamment la Direction Générale de la Sécurité Intérieure,
07:27l'ensemble des services de la Communauté Française du Renseignement,
07:29ce qui rend leur tâche plus compliquée, parce que la radicalisation est expresse
07:32et les projets se passent en vase clos.
07:37Et donc, c'est de plus en plus compliqué à détecter,
07:39mais ils font un travail remarquable et ils parviennent à déjouer des attentats.
07:42Et on l'a vu encore avec le dernier attentat déjoué.
07:44Combien d'attentats déjoués en cette année 2025 ?
07:47C'est le sixième.
07:48C'est le sixième, celui dont je viens de parler,
07:50et le sixième attentat déjoué.
07:52Combien de personnes sont, en ce moment même,
07:55j'allais dire, dans vos radars ?
07:57À quel signe vous êtes particulièrement attentifs,
08:00globalement, et peut-être au matin de cette journée particulière ?
08:04Alors, il y a deux choses. Il y a effectivement un certain nombre d'objectifs,
08:07connus pour la radicalisation violente, qui sont suivis.
08:11Vous savez que, justement, depuis 2015, on a créé des fichiers,
08:15on a créé des procédures de suivi, des techniques de renseignement
08:18qui permettent de les suivre, des mesures qui ont été instaurées
08:22par une loi de 2017, reconduite en 2021,
08:24qui permet de les...
08:26J'ouvre les guillemets, parce que ce n'est plus le terme juridique,
08:29mais de les assigner à résidence, de procéder à des visites domiciliaires,
08:31qui sont des perquisitions le matin, pour aller vérifier
08:34qu'il n'y a pas d'armes, qu'il n'y a pas de projet d'action violente.
08:37Donc, on dispose de moyens qui permettent de suivre ces individus.
08:40Et au jour d'aujourd'hui, on n'a pas connaissance d'une menace particulière.
08:43Il n'y a pas connaissance d'un projet d'attentat.
08:46Mais c'est de ma responsabilité, comme ministre de l'Intérieur,
08:49de dire, attention, la symbolique qu'aurait une action aujourd'hui
08:53serait tellement forte qu'on ne peut pas exclure qu'un certain nombre d'individus y pensent.
08:57Et donc, c'est pour ça qu'on a rehaussé le niveau,
08:59à la fois des services de l'enseignement,
09:01qui sont plus attentifs sur les objectifs,
09:02les individus dont ils ont connaissance,
09:04et puis sur la voie publique, sur l'espace public,
09:06on a renforcé les dispositifs de sécurité sur l'espace public.
09:09Donc, c'est une journée avec une vigilance particulière.
09:12Il y a ce match, ce soir.
09:15Certains, y compris pour des questions presque de sensibilité,
09:18Didier Deschamps lui-même le disait,
09:19auraient aimé qu'il n'y ait pas ce match ce soir.
09:21De fait, ce sera le cas, ce ne sera pas au Stade de France,
09:24mais au Parc des Princes.
09:25Est-ce que vous prenez des mesures particulières ?
09:27Oui, il y a un gros dispositif de sécurité
09:29qu'a mis en place le préfet de police.
09:31Il y a un gros dispositif de sécurité pour ce match.
09:33Après, vous savez, sur ce match,
09:34il y a deux façons de voir les choses.
09:35Il arrive le jour de...
09:37Il a lieu le jour des commémorations,
09:39donc il y aura une mobilisation très forte
09:40des forces de sécurité intérieure.
09:42Mais ça, c'est un argument technique.
09:43Moi, comme ministre de l'Intérieur,
09:45évidemment, j'y suis sensible.
09:47Cette mobilisation des forces
09:48à qui on demande tant et tant
09:49depuis des semaines, des mois.
09:50Mais je sais qu'au fond d'eux-mêmes,
09:52nos forces de sécurité intérieure
09:54savent bien que ce match se déroule aujourd'hui.
09:56C'est un symbole fort.
09:57Ça veut dire qu'on continue à exister,
09:58on continue à vivre
09:59et nous ne sommes pas atteints
10:00par les actes terroristes.
10:01Ce soir, il y a un match de football
10:03qui va se dérouler,
10:04qui va réunir au Parc des Princes
10:05plus de 40 000 personnes.
10:07Et voilà, on continue à vivre.
10:10Et c'en est pour vous la symbolique.
10:13Laurent Nunez,
10:14un membre présumé du Hamas
10:16a été arrêté mardi soir
10:17par les autorités allemandes.
10:18Il aurait lui-même acquis des armes
10:22pour commettre des attentats
10:23contre des installations israéliennes et juives.
10:25Ça arrive un mois et demi
10:26après l'arrestation
10:26de trois autres membres présumés du Hamas
10:29également en Allemagne.
10:30Est-ce que vous travaillez
10:31avec nos voisins ?
10:34Est-ce que la lutte contre le terrorisme
10:36est véritablement sans frontières ?
10:38Elle est sans frontières.
10:39Elle est sans frontières
10:40et principalement depuis...
10:41Enfin, beaucoup depuis 2015.
10:43C'était le cas avant.
10:44Mais en 2015,
10:45vous avez quand même
10:46un groupe de terroristes
10:47qui arrive de Syrie, d'Irak,
10:48qui stationnent en Belgique
10:49pendant un temps
10:50et puis qui nous attaquent.
10:51Voilà.
10:52Donc, tout ça maintenant...
10:53Voilà.
10:54Nous avons rehaussé
10:55le niveau de coopération
10:56entre tous les États
10:56à l'échelle, évidemment,
10:58des pays de l'Europe,
10:58mais pas seulement.
10:59Avec les grands pays,
11:00je pense évidemment
11:01au Royaume-Uni,
11:01aux États-Unis,
11:02avec le partenaire israélien.
11:04En matière de lutte anti-terrorisme,
11:05l'échange avec les États,
11:07l'échange d'informations
11:08est extrêmement important.
11:09Et évidemment,
11:10nous travaillons très bien
11:11avec les services allemands
11:12et c'est notamment la DGSI
11:14qui a toutes ces relations
11:15avec les partenaires.
11:16Vous le disiez,
11:16les services réussissent
11:18le mieux possible
11:19et autant que faire se peut
11:23à empêcher
11:24les passages à l'acte
11:25ou à l'action.
11:26Vous avez peut-être entendu
11:27l'interrogation
11:28qui vous était également
11:29adressée par Michel Barnier,
11:31l'ancien Premier ministre,
11:32hier à l'Assemblée.
11:33Dix ans après, dit-il,
11:34sans doute,
11:34nous gagnons
11:35la bataille de la vie,
11:36mais dix ans après,
11:37avons-nous vraiment gagné
11:38la bataille contre l'islamisme ?
11:40Avons-nous pris bonne mesure
11:42de l'entrisme
11:42des frères musulmans ?
11:43Qu'est-ce que vous répondez ?
11:44Michel Barnier a raison,
11:45il a parfaitement raison.
11:46C'est-à-dire qu'il y a
11:46tout un dispositif
11:47qui a été mis en place
11:48pour lutter contre le terrorisme
11:49et il est performant.
11:51Et en ce jour anniversaire,
11:53moi je veux saluer l'action
11:54qui a été celle
11:54du président Hollande
11:55en 2015,
11:57de Manuel Vaz
11:57puis de Bernard Cazeneuve,
11:59du président de la République,
12:00Emmanuel Macron,
12:00qui a fait rentrer
12:01dans le droit positif
12:02toutes ces mesures
12:03qui avaient été prises
12:03à l'époque,
12:04entre 2015 et 2017
12:06dans le cadre
12:07de l'état d'urgence.
12:08Et on a maintenant
12:08un arsenal juridique,
12:10technique, budgétaire
12:11qui est à la hauteur
12:12contre le terrorisme.
12:13Le risque zéro
12:14n'existera jamais.
12:15Ceux qui le disent mentent.
12:17Mais on a un arsenal
12:17qui est à la hauteur.
12:18Après,
12:19on a engagé
12:20d'autres combats depuis.
12:21Et notamment le combat
12:22contre l'islam politique
12:23qui a pris la forme
12:24de séparatisme,
12:25c'est-à-dire
12:26ces personnes
12:27qui essaient de vous expliquer
12:28qu'on peut vivre
12:29au sein de la République
12:30avec des lois spéciales
12:31qui dérogent finalement
12:31en loi de la République.
12:33C'est ce qu'on appelle
12:33le séparatisme.
12:33Qui serait plus inspiré
12:34de la charia
12:35que des violins.
12:35Absolument.
12:36C'est l'islam politique.
12:38Donc pour le séparatisme,
12:39on a engagé des actions.
12:40Il y a eu une loi en 2021
12:41qui permet de fermer
12:43des lieux de culte,
12:44qui permet d'effectuer
12:45certains contrôles
12:46des personnes
12:47ou des associations
12:48qui prônent
12:49ce type de discours.
12:50Et puis,
12:50il y a une troisième étape
12:52qui a été lancée,
12:53qui a d'ailleurs été demandée
12:54par le président
12:55de la République
12:55ces derniers mois,
12:57qui a été préparée
12:57d'ailleurs,
12:58je tiens à le dire,
13:01travailler sur ce sujet
13:01que je vais évidemment reprendre.
13:03C'est la lutte
13:04contre l'entréisme.
13:04C'est-à-dire,
13:05c'est une forme de séparatisme
13:06mais qui ne dit pas son nom.
13:08C'est-à-dire,
13:08ce sont des personnes
13:10qui prônent l'application
13:11de la charia
13:12d'une façon ou d'une autre
13:13mais qui s'intègrent
13:15dans le cadre
13:15du fonctionnement
13:17de nos institutions républicaines,
13:19de nos associations
13:20et qui ne montrent pas
13:22leur vrai visage
13:22et qui,
13:23de manière très sourde,
13:25diffusent cette idéologie,
13:27cet islam politique.
13:28Et ça,
13:29c'est ce à quoi
13:30il faut que nous luttions.
13:31Alors évidemment,
13:31on a la loi séparatisme
13:32qui nous permet
13:33un certain nombre d'actions
13:34mais nous sommes en train
13:35de travailler
13:35pour savoir
13:36s'il ne faut pas
13:37aller plus loin
13:38et peut-être prévoir
13:38des mesures de nature législative
13:40pour mieux caractériser ce risque
13:42qui, en réalité,
13:43de manière sournoise,
13:44vous l'avez dit,
13:45mais porte atteinte,
13:46finalement,
13:47à la forme républicaine
13:48de nos institutions
13:49et au vivre ensemble
13:50au sein de la société française.
13:51À quoi vous pensez,
13:52Laurent Nunez ?
13:53Les frères musulmans,
13:53vous l'avez dit,
13:53les frères musulmans,
13:54très directement,
13:55qui ont une stratégie
13:57qui est une stratégie
13:58d'entrisme très forte
14:00dans les sociétés occidentales
14:01de manière à un jour
14:03imposer la loi religieuse.
14:05Ils n'ont pas renoncé
14:06à cet objectif-là ?
14:07Non, ils n'ont pas renoncé
14:08à cet objectif-là.
14:10On le voit autour
14:11d'un certain nombre
14:12de lieux de culte,
14:12d'un tissu associatif
14:14qui se met en place.
14:15On peut le voir aussi
14:15aux élections municipales.
14:17On peut le voir aussi
14:17aux élections municipales.
14:18Qu'est-ce que vous voulez dire ?
14:19Personnellement,
14:20la différence entre
14:20le séparatisme et l'entrisme,
14:21je vais illustrer concrètement
14:23le propos.
14:24Le séparatisme,
14:25on va plutôt constituer
14:26une liste qu'on va appeler
14:28liste communautaire.
14:29C'est ce qui s'est passé
14:29d'ailleurs aux dernières élections
14:30municipales dans certains quartiers.
14:32L'entrisme,
14:33c'est différent.
14:33L'entrisme,
14:34c'est vous placer
14:35un certain nombre
14:35d'individus,
14:36de femmes et d'hommes,
14:37sur des listes
14:39des partis traditionnels
14:40et qui, en réalité,
14:42œuvrent pour la cause
14:43des frères musulmans.
14:43Et ça, pour vous,
14:44c'est une menace
14:45sur notre démocratie ?
14:45C'est une menace
14:46parce que ça porte atteinte
14:47au vivre-ensemble.
14:48Vous savez,
14:48ce sont des gens
14:49qui prônent des règles
14:51qui ne sont pas
14:52tout à fait conformes
14:53au principe d'égalité
14:53homme-femme,
14:54qui peuvent parfois
14:55inciter à la haine,
14:57à la violence,
14:58et surtout,
15:01qui remettent en cause
15:02le fonctionnement même
15:03de nos services publics
15:04en imposant des règles
15:05de fonctionnement
15:06qui leur conviennent.
15:07Et donc,
15:07c'est une difficulté.
15:08Et puis,
15:09il y a beaucoup aussi
15:09d'atteintes,
15:10en réalité,
15:11au principe de laïcité.
15:13Et donc,
15:13évidemment que nous allons
15:14nous y attelons.
15:16Déjà,
15:17je tiens à dire
15:17que les préfets
15:18ferment déjà
15:19des lieux de culte.
15:20Vous savez ce qu'a fait
15:20le préfet Brugère
15:21dans les Hauts-de-Seine,
15:22mais d'autres préfets
15:22partout sur le territoire national
15:24ferment déjà
15:25des lieux de culte
15:25qui sont à la main
15:26des frères musulmans.
15:27Mais la question,
15:27et c'est ce que la question
15:29posait très précisément
15:29Michel Barnier hier
15:30au 1er mi,
15:31c'est de savoir
15:32est-ce qu'il faut rehausser
15:33ou pas notre niveau
15:35de protection ?
15:35La question,
15:36c'est est-ce qu'on aura
15:36une mesure législative ou pas ?
15:38Tout ça est à l'étude.
15:38Mais la réponse pour vous,
15:39en tout cas,
15:40c'est oui.
15:40C'est-à-dire que nous avons besoin,
15:42vous y êtes favorable
15:43à une nouvelle loi
15:44qui renforce l'arsenal
15:46pour lutter contre cet antrisme.
15:47Lutter contre l'islam politique.
15:49Attention,
15:49je ne veux pas
15:49que nos concitoyens,
15:50en ce jour anniversaire
15:52des 10 ans
15:53des terribles attentats
15:54du Bataclan,
15:56des terrasses
15:56et du Stade de France,
15:58attention,
15:58cet islam politique,
16:00on ne s'inscrit pas,
16:01on n'est pas
16:01dans la radicalisation violente.
16:03Évidemment,
16:03ça peut mener
16:04à un certain nombre
16:05d'individus
16:05s'inspirant de tout ça,
16:06peuvent être allés
16:08sur la radicule violente.
16:10Mais là,
16:10on est sur un sujet différent.
16:12Ce sont des atteintes
16:13à la cohésion nationale.
16:14Atteinte à la cohésion nationale,
16:16à la démocratie,
16:17au principe d'égalité
16:18comme vous disiez.
16:19Laurent Nunez,
16:20une question sur les refus
16:21d'obtempérer.
16:22Ils sont en hausse,
16:23plus 9% cette année.
16:24Et il y a eu
16:25ces deux drames récents.
16:27Matisse,
16:28tué par un chauffard
16:29à Lille,
16:30un chauffard qui fuyait
16:31un contrôle de police.
16:32Et puis mardi,
16:33à Tourcoing,
16:34un adolescent de 16 ans
16:35qui s'est tué à Scooter
16:36en tentant lui aussi
16:37de fuir
16:37un contrôle de police.
16:40Au fond,
16:40on a le sentiment
16:41que certains chauffards
16:43ou jeunes
16:45ont plus peur,
16:47n'ont plus peur
16:48de la police,
16:49mais que finalement,
16:50désormais,
16:50c'est l'accident
16:51qu'il faut qu'ils craignent.
16:53Est-ce que
16:54le refus d'obtempérer
16:55n'est pas le symptôme
16:56d'une police
16:57qui n'arrive plus
16:57à imposer son autorité ?
16:59Non, je crois que
17:00le refus d'obtempérer,
17:01c'est surtout
17:01le symptôme
17:03d'une partie
17:04de la jeunesse
17:04qui ne respecte plus
17:05les règles,
17:06surtout,
17:06qui ne respecte plus
17:07les règles.
17:07Et la police,
17:08elle sera toujours là
17:09pour poursuivre
17:10ces personnes.
17:11Elle ne se censure pas
17:13en se disant
17:14si je fais
17:15un banal contrôle
17:16de police,
17:16il peut virer au drame ?
17:18Les refus d'obtempérer,
17:19nous demandons
17:20des instructions
17:21très claires là-dessus
17:22qu'il y ait
17:23des prises en charge.
17:24C'est-à-dire,
17:24quand il y a un refus
17:25d'obtempérer,
17:26il y a une prise en charge
17:26de l'individu.
17:27Ce que vous appelez
17:27une prise en charge,
17:28ça veut dire le suivant ?
17:28Une poursuite.
17:29Clairement,
17:30une poursuite.
17:31Chaque fois qu'un individu
17:32refuse d'obtempérer,
17:33soit il n'a pas le permis,
17:34soit il n'a pas d'assurance,
17:35soit il a des stupes sur lui,
17:36soit il a quelque chose
17:37à se reprocher...
17:37C'est rarement bon signe,
17:38s'il s'en plaît.
17:38C'est rarement bon signe.
17:39Donc, il y a des prises en charge
17:41systématiques.
17:41La réponse des autorités,
17:43enfin, la réponse de la police
17:44et de la gendarmerie
17:45sera toujours une réponse
17:46de grande fermeté.
17:48Et voilà.
17:49Donc, les instructions,
17:50ce sont celles-là.
17:51Ensuite, évidemment,
17:52il y a aussi des règles
17:53de prudence qui s'imposent
17:54de contacter la salle
17:56de commandement,
17:56d'éviter qu'il puisse
17:58y avoir évidemment un accident.
17:59Le but, ce n'est pas
17:59qu'il y ait un accident.
18:00Mais en tout cas,
18:01il ne faut rien laisser passer
18:02en termes de refus d'obtempérer.
18:03Et vous avez raison
18:04de souligner que les refus
18:05d'obtempérer,
18:06l'année dernière,
18:07sur une année,
18:07c'est 24 900.
18:09Dont 20 %,
18:10un cinquième qui était
18:11des refus d'obtempérer
18:12qui auraient pu entraîner
18:13des dommages très graves.
18:14Et certains ont entraîné
18:15des dommages très graves.
18:16Mais on ne renonce pas.
18:17Je pense évidemment
18:17au jeune Matisse
18:18qui aurait eu 20 ans
18:20le 5 novembre.
18:21Voilà, un jeune
18:21qui a été fauché,
18:23tué par une personne
18:25qui venait de procéder
18:26à un refus d'obtempérer.
18:27Mais on ne renoncera pas
18:28à la prise en charge.
18:29Je peux vous dire,
18:30c'est l'autorité.
18:30On ne renoncera pas
18:31à les poursuivre
18:33s'ils tentent de fuir.
18:35Merci Laurent Nunez,
18:36ministre de l'Intérieur,
18:37d'avoir fait le point
18:38avec nous ce matin,
18:39notamment sur la question
18:40de l'état de la menace
18:41et sur les relations
18:42avec l'Algérie.
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