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  • il y a 7 semaines
Emmanuel Macron, en présence de son prédécesseur François Hollande, a débuté les commémorations du 13-Novembre, en rendant hommage à Manuel Diaz, tué devant le Stade de France 

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Transcription
00:00Ici, à Saint-Denis, de nombreuses personnes ont été blessées et avec chacune d'entre elles la République dans son ensemble.
00:08Ici, en porte-dé du Stade de France, est décédé M. Manuel Diaz, première victime de cette soirée tragique.
00:18Je vais vous donner lecture de la plaque qui salue sa mémoire.
00:22A la mémoire de Manuel Diaz et en respect aux nombreux blessés et victimes du terrorisme sur ce lieu, le soir du 13 novembre 2015.
00:36Manuel Diaz, 28 avril 1952, 13 novembre 2015.
00:43La parole est maintenant à Mme Sophie Diaz, fille de M. Manuel Diaz.
00:52Je prends la parole aujourd'hui avec une émotion immense.
01:07Celle d'une fille, d'un parent, d'un frère, d'une soeur, d'un ami, d'une personne à qui l'on a arraché quelqu'un que l'on aimait profondément.
01:17Depuis ce 13 novembre, il y a un vide qui ne se comble pas.
01:24Une absence qui pèse chaque matin et chaque soir depuis dix ans.
01:29Mais il y a aussi les souvenirs que rien ne pourra effacer.
01:33Mon père aimait la vie.
01:37Il croyait en la liberté, en la joie simple d'être ensemble, de partager des moments précieux avec les siens et nous a inculqué les valeurs de la République.
01:46C'est cela que la haine a voulu détruire.
01:51Mais c'est cela justement que nous portons aujourd'hui.
01:55Plus fort que tout.
01:57Malgré la douleur, malgré l'absence et ce trou béant, nous restons debout.
02:04Cette terrible nuit du 13 novembre, il nous a été arraché, lui qui était passionné de foot, qui se faisait un plaisir de venir une fois de plus dans le cadre de sa profession, dans ce stade de France en effervescence, pour y déposer des supporters.
02:23Ces appels frénétiques toute la nuit, dans l'espoir de le retrouver, restent gravés à jamais.
02:33Ces minces espoirs auxquels nous nous accrochions après chaque appel reçu, pour enfin avoir la confirmation le lendemain midi.
02:42Je tiens à remercier l'indéfectible aide du consulat du Portugal, ici présent, et qui nous a soutenus dans les recherches tout au long de cette nuit interminable,
02:56qui a pu nous confirmer la fin tragique et inacceptable.
03:00La bienveillance de la cellule interministérielle mise en place juste après les attentats du 13 novembre, et qui a été à notre écoute des jours durant.
03:09A la mairie de Saint-Denis, qui s'en relâche chaque année depuis dix ans, s'efforce à nous rassembler, pour ne pas oublier ce terrible drame, nous n'oublierons jamais.
03:23On nous dit de tourner la page dix ans après, mais l'absence est immense, le choc est intact, et l'incompréhension règne toujours.
03:33Dix ans après, j'aimerais savoir pourquoi, j'aimerais comprendre, j'aimerais que ces attentats cessent, malheureusement, nous sommes impuissants.
03:44On ne peut accepter ces agissements à répétition, cette haine envers notre pays et notre peuple.
03:53Le devoir de mémoire est précieux, puissons-nous sensibiliser les jeunes générations, leur transmettre les valeurs de notre République,
04:05leur appeler tous ces innocents tombés, comme mon papa, partis bien trop tôt, sans raison aucune.
04:11Que les commémorations de cette tragique nuit du 13 novembre, qui débute ce matin, au Stade de France, ne soient pas les dernières.
04:21Que les générations à venir l'honorent et qu'elles perdurent dans le temps.
04:27Nous serons là et espérons que les gouvernements successifs le soient aussi.
04:32Que le site du Stade de France ne soit pas oublié dans les livres d'histoire.
04:38Que nos écoliers connaissent ce lieu où tout a commencé.
04:44La mémoire de mon père Manuel Dias vit à travers chacun de nous, dans chaque geste de paix, dans chaque regard d'amour.
04:53Puissons-nous ne jamais oublier et continuer à faire vivre ce qu'il incarnait.
04:58Le respect, la tendresse, l'amour de son prochain et de la vie.
05:05Puissons-nous vivre dans un pays libre et serein.
05:09Merci à tous.
05:17Merci.
05:19La parole est à monsieur Mathieu Annotin, maire de Saint-Denis et président de Pleine-Commune.
05:28Monsieur le président de la République, monsieur le président, monsieur le Premier ministre, messieurs les anciens premiers ministres,
05:42mesdames, messieurs les membres du gouvernement, madame la présidente de l'Assemblée nationale,
05:46monsieur le préfet de région, monsieur le préfet de police, monsieur le préfet de Seine-Saint-Denis,
05:54mesdames, messieurs les sénateurs, mesdames, messieurs les députés,
05:58madame la présidente de région, monsieur le vice-président du département,
06:02madame la maire de Paris,
06:04mesdames, messieurs les maires et les élus de Seine-Saint-Denis et de Pleine-Commune,
06:09mesdames, messieurs les représentants des forces de l'ordre, des autorités judiciaires et des services de secours,
06:15mesdames, messieurs les représentants des associations de victimes,
06:18monsieur le président de la Société d'exploitation du Stade de France,
06:21chères familles, chères Dionysiennes, chères Dionysiens, chères Parisiens, chères Parisiennes.
06:26Dix ans. Dix ans ont passé, et pourtant le 13 novembre 2015, c'était hier.
06:34Chacun et chacune d'entre nous ici le ressent,
06:37tant la peur, la douleur et le choc de cette soirée sont encore vivaces.
06:43Dix ans après, Saint-Denis se souvient.
06:46Comme chaque année, nous nous retrouvons devant la porte D du Stade de France,
06:50où résonnent encore les détonations des trois ceintures d'explosifs déclenchées par les terroristes islamistes.
06:57Deux explosions ont eu lieu ici même, avenue Jules Rimet,
07:01et la dernière dans l'impasse de la coquerie que nous florissons depuis deux ans en amont de cette cérémonie.
07:08C'est à quelques mètres d'ici que Manuel Diaz est mort.
07:12Je veux adresser toute ma sympathie à sa famille et à ses proches qui sont avec nous aujourd'hui.
07:18Permettez-moi de remercier particulièrement sa fille Sophia
07:21pour les mots bouleversants qu'elle vient de nous adresser en mémoire de son père.
07:27Je veux vous dire que notre ville n'oubliera jamais celui que vous avez perdu le 13 novembre 2015.
07:34Manuel Diaz est le premier nom d'une liste affreusement longue.
07:39La première vie fauchée par l'obscurantisme et la barbarie ce soir-là.
07:43Il était chauffeur d'autocar, il avait amené des supporters voir le match amical France-Allemagne.
07:50Il était à la terrasse du bar Lievent juste derrière nous quand la première déflagration a eu lieu.
07:56Je pense aussi à l'ensemble des victimes blessées par les kamikazes qui ont survécu
08:02mais dont les séquelles physiques et psychologiques sont terribles.
08:06Des dionysiennes et des dionysiens, des visiteurs, des travailleurs, des cafés et des commerces voisins,
08:12des clients du McDonald's ou tout simplement des passants attirés par l'effervescence du match.
08:17Des femmes et des hommes qui sont pour nombre d'entre eux ici et qui ont vu ce soir-là leur vie basculer.
08:25Eux aussi je les salue et je veux eux aussi leur témoigner l'entière solidarité de la ville de Saint-Denis.
08:31Guérir de cet événement est un combat de tous les jours.
08:35Nous savons que cette soirée vous a marqué à vie et nous sommes à vos côtés.
08:40Je veux aussi évidemment remercier pour leur action les trois associations présentes à cette cérémonie.
08:4713-11-15, Life for Paris et l'Association française des victimes du terrorisme.
08:53Le 13 novembre 2015, à 21h20, l'ambiance joyeuse d'un match amical au stade a laissé place à l'effroi.
09:02J'aimerais à ce moment rappeler le sang-froid, le courage et la lucidité du préfet de la Seine-Saint-Denis de l'époque,
09:11Philippe Galli, qui est avec nous aujourd'hui,
09:12qui a su prendre les décisions nécessaires pour éviter la panique et protéger les 80 000 personnes présentes dans l'enceinte.
09:20Les spectateurs ont bien sûr connu une longue attente, empreinte d'angoisse.
09:25Mais grâce à l'intervention des forces de police, des gardes républicains présents sur place,
09:30des pompiers, des stadiers, des bénévoles de la sécurité civile et tant d'autres,
09:34ils ont pu rentrer chez eux, sains et saufs.
09:36Le lendemain, les abords du stade de France sur lesquels je me suis rendu ressemblaient à une zone de guerre.
09:44Saint-Denis était plongé dans le silence, comme Paris, frappé de stupeur et de chagrin.
09:50Pour autant, pour notre ville, l'histoire ne s'est pas terminée ce jour-là.
09:55Saint-Denis a tremblé une nouvelle fois le 18 novembre,
09:57lors de l'assaut du RAID et de la BRI contre l'immeuble du 48 rue de la République,
10:03à l'angle de la rue du Corbillon, où une partie des terroristes s'étaient réfugiés.
10:07Au cours de l'assaut, 47 familles ont dû être évacuées en urgence de l'immeuble.
10:12Elles ont, elles aussi, été durablement traumatisées.
10:15Et en 2022, elles ont enfin été reconnues comme victimes du terrorisme.
10:21Je tiens à saluer l'action du maire de l'époque, Didier Payard,
10:25des services de la ville et de l'État,
10:28mais aussi l'élan de solidarité des personnels de l'école de la rue du Corbillon
10:32et de nombreux habitants et habitantes qui ont permis d'accompagner toutes les victimes et de les reloger.
10:37Lors de cette journée du 18 novembre,
10:4217 000 personnes ont été confinées dans le centre-ville pendant l'intervention des forces de l'ordre.
10:47Partout dans la commune, des habitants ont été réveillés
10:49par le son des 1 500 munitions qui ont été tirées pour mettre les terroristes hors d'état de nuire.
10:54Cette nuit-là, Saint-Denis a retenu son souffle, écoutant l'assaut,
10:59témoin silencieux de la fin de la traque des assassins.
11:03Il y a 10 ans, Saint-Denis a été projeté au cœur d'une attaque terroriste
11:07qui dépassait très largement ses frontières communales.
11:11Le soir du 13 novembre, c'est notre pays tout entier qui, au travers du Stade de France,
11:15du Bataclan, des terrasses parisiennes, a été ciblé pour ce qui l'incarne le mieux,
11:21la liberté, la ferveur et la joie.
11:25Depuis 2015, Saint-Denis et Paris partagent la même douleur, la même résilience.
11:32Nos deux villes se font face, mais se soutiennent.
11:35Deux emblèmes insubmersibles du vivre ensemble,
11:38deux survivantes avec la diversité pour flambeaux,
11:42deux bastions de France où la haine, malgré tous ses assauts, n'a pas su triompher.
11:48Tout à l'heure, les cloches de la basilique répondront à celles de Notre-Dame
11:52pour rendre hommage ensemble à toutes les victimes.
11:56Elles sonneront pour Manuel Dias et pour chacune des personnes blessées ici même par les terroristes.
12:02Elles sonneront pour les 131 autres femmes et hommes que le fanatisme islamiste a emporté.
12:09Elles sonneront pour toutes les familles et pour tous les proches
12:12qui ont dû pendant dix années penser leurs plaies et se reconstruire pas à pas.
12:18Elles sonneront pour célébrer notre liberté d'être, de vivre, de penser.
12:23Cette liberté gravée aux frontons de tous nos bâtiments républicains.
12:30Cette liberté chérie, consubstantielle à l'âme française revendiquée par Pierre Mendes-France.
12:35Cette liberté dont Paul Éluard, natif de Saint-Denis, partout écrit le nom.
12:41Cette liberté qu'Antoine Léris jette à la figure des terroristes
12:46au lendemain de l'assassinat de sa femme dans son texte bouleversant,
12:49« Vous n'aurez pas ma haine. Vous voulez que j'ai peur, que je regarde mes concitoyens
12:55avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. »
13:02Perdu. L'histoire lui a donné raison.
13:06Oui, dix ans après, nous pouvons le dire, les terroristes ont perdu.
13:11Dix ans après, la France pleure toujours ses morts.
13:14Mais elle tient bon. Elle incarne encore ceux qui mettent en rage
13:18les mercenaires du fanatisme et de la destruction.
13:22Dix ans après, la peur n'a pas pris le dessus.
13:25Les concerts ont recommencé au Bataclan.
13:28Les terrasses des cafés continuent de se remplir à chaque automne malgré le froid naissant.
13:33L'année dernière, Paris et Saint-Denis ont accueilli le plus grand événement sportif au monde.
13:40Dans le Stade de France devenu olympique,
13:41le rugissement colossal des Foulons-Liès s'est mêlé à la Marseillaise,
13:46scandée par la nation toute entière réunie.
13:49Ce dimanche, avec l'Association française des victimes du terrorisme,
13:53deux mille coureurs se sont élancés depuis ici même vers la capitale,
13:58sillonnant les rues où les attentats ont eu lieu,
14:01dans un moment extraordinaire de partage et de fraternité.
14:03Saint-Denis, ville des rois morts et du peuple vivant, comme l'appelait Jean-Marcenac,
14:10chérit le souvenir de celles et ceux qui sont tombés
14:13et s'oppose plus que jamais à la haine et au repli sur soi.
14:18Le temps passe.
14:20La France porte en elle ses attentats comme une blessure qui, lentement, cicatrise.
14:26Mais rien de ce que nous avons vécu ne s'efface.
14:29Pour toujours, Saint-Denis se souvient et honore la mémoire des victimes du 13 novembre 2015.
14:37Vive Saint-Denis, vive la République et vive la France.
14:51Nous allons maintenant procéder au dépôt des gerbes.
14:55Garde à vous.
14:56J'appelle maintenant les représentants des associations,
15:04M. Philippe Duperron pour l'association 13-11-15
15:08et M. Arthur Desnouveaux pour l'association Life for Paris,
15:15accompagnée de Mme Diaz, épouse et veuve de Manuel Diaz.
15:20M. Emmanuel Diaz, épouse et veuve de l'association 13-11-15
15:50Emmanuel Macron, président de la République,
15:53et M. Mathieu Annotin, maire de Saint-Denis et président de Pleine-Commune,
15:58vont maintenant procéder au dépôt d'une gerbe
16:01pour honorer la mémoire de M. Diaz
16:03et de toutes les victimes blessées ou assassinées par les terroristes.
16:08M. Diaz, épouse et veuve de l'association 13-11-15
16:38merci de bien vouloir observer maintenant une minute de silence.
16:42M. Diaz.
16:43M. Diaz.
16:44M. Diaz.
16:45M. Diaz.
16:46M. Diaz.
16:47Je vous remercie.
17:17Et maintenant, notre hymne national, la Marseillaise.
17:47Sous-titrage ST' 501.
18:17Sous-titrage ST' 501.
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