- il y a 6 semaines
- #hdpros2we
Eliot Deval et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDPros2WE à 20h du vendredi au dimanche
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00:00Il est 20h sur CNews, merci d'être avec nous pour l'heure des pros.
00:04Ça fait 10 ans que je suis dans cette maison, donc ça fait 10 ans que je vous connais Elisabeth Lévy et j'en apprends tous les jours.
00:10Il s'avère Elisabeth Lévy que vous avez en face de vous votre ancien professeur de Sciences Po.
00:14Absolument.
00:14Monsieur le ministre Pierre Lelouch.
00:15Je dois dire que ça a été vraiment un excellent professeur.
00:18J'ai appris ça il y a une seconde.
00:19Non mais c'est extraordinaire.
00:21Non mais c'est vrai.
00:22C'était un bon professeur.
00:23C'était un très bon professeur et justement les choses dont on va parler ce soir,
00:26notamment la stratégie, c'est grâce à Pierre Lelouch que je m'y suis intéressée.
00:31Est-ce qu'Elisabeth était une bonne élève ?
00:33Toujours punchy, brillante.
00:36Vous vous souvenez de tous les élèves que vous avez vus ?
00:38Non, pas tous.
00:39Pas tous.
00:39Il y en a de très bons.
00:41Vous continuez d'enseigner ?
00:42Non, je n'ai pas le temps.
00:43Ah, vous n'avez plus le temps.
00:44Ça vous manque ?
00:45CNews mange ma vie et puis j'écris beaucoup.
00:47C'est de la faute de CNews.
00:48Mais de toute façon, tout est de la faute de CNews, vous le savez.
00:50Absolument.
00:51On a une responsabilité XXL.
00:53Je ne sais pas, peut-être que j'enseignerai à nouveau, je n'en sais rien.
00:56C'est très intéressant de discuter avec des jeunes esprits, surtout bien formés.
01:01On est avec Joachim Lefloc-Imad, bien évidemment, comme chaque samedi soir.
01:05Bonsoir.
01:05Je vous remercie.
01:06Je vous remercie.
01:07C'est de Sciences Po.
01:07Oui, mais je n'ai pas eu la chance d'avoir M. Lelouch.
01:10C'est sympa pour M. Hubert Bédrine qui a été notre professeur.
01:13Et on est avec le général Emmanuel Dorichouf.
01:16Merci d'être avec nous.
01:18Vous étiez venu il y a quelques mois, voire quelques années,
01:22pour parler de la situation dans les banlieues.
01:24Vous aviez pris la plume.
01:25Bien sûr.
01:26Avant qu'il ne soit trop tard, le manifeste du général des banlieues.
01:31Et depuis, j'ai écrit un autre ouvrage, ici présent.
01:35Oui, alors je n'ai pas mes lunettes.
01:36France Sécessionniste, que faire ?
01:38C'est un dialogue avec un formateur de banlieue qui s'appelle Kevin,
01:43qui est un dialogue sur la situation dans nos quartiers, dans nos banlieues,
01:47et avec des solutions à apporter.
01:49Et Kevin a été lâchement agressé il y a maintenant pratiquement deux ans.
01:55Je vais le voir à l'hôpital dans deux jours.
01:57Il est encore à l'hôpital ?
01:58Il est agressé, donc ça rejoint tout à fait ce qui a été dit, ce qui a été fait à Marseille.
02:02Sachant que quand il y a des gens qui aiment la France et qui essaient de sortir de l'ornière des jeunes
02:11pour les amener dans le giron français, eh bien ils prennent des risques incroyables.
02:16Et j'ai vécu avec lui ces risques, et je suis vraiment peiné de voir la situation dans laquelle il est.
02:22Et c'est-à-dire que depuis deux ans ?
02:24Ça fait en décembre 2023.
02:26Et depuis deux ans, il est à l'hôpital ?
02:28Il est à l'hôpital, il est en rééducation, il était six mois assassiné à coups de poignard, etc.
02:34Donc les gens se sont acharnés sur lui.
02:37Il est vraiment très atteint.
02:40Donc on s'est occupé de trouver un avocat, donc la personne de M. de Montbrial.
02:47On a fait une cagnotte, on essaie de soutenir sa femme et ses trois enfants.
02:53Voilà, donc on est très très présent, mais ça ne lui ramènera pas la santé, je crains.
02:58Eh bien écoutez, ayons une pensée pour lui bien évidemment,
03:01ayons une pensée pour toute la famille qui s'assit, qui s'est mobilisée avec un courage absolu aujourd'hui.
03:07On parlera de Marseille dans un instant.
03:09Moi je pensais qu'il y allait y avoir un raz-de-marée à Marseille.
03:12Il y allait y avoir des dizaines de milliers, voire cent mille personnes à Marseille.
03:15Vous savez combien il y avait de personnes à Marseille ?
03:17Alors il y a un récit.
03:18Il y en a six mille, non ?
03:19Certains parlent de foule à Marseille.
03:22Six mille cinq cents personnes.
03:23Dans une ville de huit cent mille habitants.
03:27Les gens n'ont pas conscience, je pense que les Français n'ont pas conscience.
03:31Je ne sais pas si c'est l'inconscience, c'est peut-être aussi, on va en parler dans un instant bien sûr,
03:34parce que c'est un sujet essentiel.
03:36La peur entre aussi.
03:38J'ai eu des témoignages de personnes qui étaient présentes,
03:41et certains nous disaient que par exemple, les habitants dans les quartiers nord par exemple,
03:45ne voulaient pas être présents.
03:47Évidemment.
03:47Donc la famille qui s'assit est d'un courage absolu, et soutenons-les bien évidemment.
03:53Je me permets de rebondir sur le fait que l'il y a trois ans,
03:57l'association Place d'Armes, qui est composée de militaires en deuxième section à la retraite,
04:03avait sorti un manifeste qui s'appelait la lettre des généraux,
04:06sur laquelle on disait, attention ce qui va se passer dans les quartiers,
04:10nous avons été voués aux gémonies,
04:12nous avons dû subir les avanies du gouvernement à l'époque,
04:16et finalement, quatre ans après, ce qu'on a dit arrive.
04:20Et quand vous souhaitiez vous mobiliser, vos mobilisations étaient interdites.
04:24On va faire un point sur l'information, on revient évidemment dans quelques secondes,
04:28mais avant cela, c'est le point sur l'information avec Isabelle Bipi-Boulouraud.
04:31Bonsoir Isabelle.
04:34Bonsoir Elliot, bonsoir à tous.
04:36A la une, cette information au CNews,
04:38incarcérée dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieille,
04:41un parrain de la drogue bénéficiera d'une permission de sortie ce lundi.
04:45Il doit rencontrer un employeur dans l'intention d'obtenir une promesse d'embauche.
04:50A noter que l'homme de 52 ans ne sera libérable que dans quatre ans,
04:54qu'il est connu pour une évasion passée.
04:56Lundi, il ne devrait être accompagné d'aucun surveillant pénitentiaire.
05:01Bouleversé, la mère du jeune Mehdi Kessassi a interpellé le gouvernement à Marseille.
05:06Il faut que ça s'arrête, a-t-elle déclaré,
05:08alors que la cité fosséenne a rendu hommage à son fils.
05:11Mehdi a été la cible d'un assassinat d'avertissement le 13 novembre.
05:14Plus de 6 000 personnes ont participé au rassemblement à Marseille,
05:18aux côtés notamment d'Amin Kessassi, militant écologiste antidrogue et grand frère de la victime.
05:24Et puis, toute l'île de France est en vigilance orange neige verglas jusqu'à 8 heures du matin.
05:29La vitesse autorisée dans la région est réduite de 20 km heure pour tous les véhicules.
05:34Les dépassements sont interdits sur les grands axes pour les poids lourds de plus de 3 tonnes et demie.
05:39Mais voyez ces images.
05:40La neige s'est déjà installée sur l'île de Beauté.
05:43La Haute-Corse reste en vigilance jaune neige verglas.
05:47Et une pensée évidemment pour nos amis corse qui nous suivent attentivement.
05:50Merci beaucoup Isabelle Piboulot pour le point sur l'information.
05:54A la une de l'actualité, c'est la nouvelle déclaration du chef d'état-major des armées,
06:00le général Fabien Mandon, qui mardi disait « si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre nos enfants,
06:08alors on est en risque ». Et cette formule « accepter de perdre ses enfants » a été longuement commentée et débattue tout au long de la semaine.
06:19Il était l'invité de cet avou ce samedi soir. Écoutez, puisqu'il persiste et signe.
06:23Le choc est une réaction humaine.
06:27Et j'ai des amis qui, ces dernières heures, m'ont écrit, m'ont posé des questions.
06:34J'ai moi-même des enfants.
06:35Donc, naturellement, ce n'est pas des discussions qu'on a au quotidien, dans son entreprise, dans sa famille.
06:43Et quand vous avez une autorité militaire, le chef d'état-major des armées, qui s'exprime devant les maires de France
06:48et qui décrit ce paysage, pour moi, je mesure à quel point certains ont pu être inquiétés.
06:56Mais le rôle de cette intervention est d'alerter et de se préparer.
07:00Moi, j'ai une grande confiance dans notre pays et dans nos armées.
07:04Nos armées sont très fortes.
07:05C'est une référence en Europe.
07:07Et notre pays a toujours su faire face aux défis.
07:10Mais pour faire face à quelque chose, il faut s'y préparer.
07:13Et quasiment dans le même temps, le président de la République, qui est actuellement en Afrique du Sud,
07:20a lui aussi réagi et apporté son soutien au général Mandon,
07:25tout en allant sur un autre terrain, plus polémique, en disant
07:28il y a eu une interprétation, un agenda politique de ceux qui veulent alimenter les peurs.
07:34Il est sur un tout autre terrain.
07:36Moi, quand j'entends le général Mandon une nouvelle fois, sa parole est claire.
07:42Elle peut être fruit de débats et de polémiques, mais elle est claire.
07:45Elle a le mérite d'être claire.
07:46Là, ça va être le terrain, encore une fois, de la morale et de l'agenda politique.
07:49Je ne ferai pas de commentaire.
07:52Il n'y a qu'un chef des armées en France, c'est le président de la République.
07:55Il y a ensuite un lien et un commandement qui se fait avec le chef d'état-major des armées,
07:59qui a toute ma confiance et qui a tenu un discours qui était beaucoup plus élaboré
08:03que la phrase qu'on en a sortie.
08:05Je vois assez bien de quoi il peut s'agir, sortir une phrase et la sortir de son contexte pour faire peur.
08:10Je vois aussi les surréactions qu'il y a pu avoir.
08:12La ministre des armées, comme le chef d'état-major des armées lui-même,
08:17ont pu, je crois, ces derniers jours donner toute clarté
08:19et pour tous les gens qui veulent sincèrement écouter ce qu'ils ont dit,
08:22remettre les choses dans leur contexte et dans le calme.
08:25Et excusez-moi, ce n'est pas clair.
08:26Ce n'est juste pas possible.
08:28Pierre Lelouch.
08:28Ce n'est pas possible d'entendre un président de la République dire ce qu'il vient de dire.
08:32Il est le chef des armées.
08:34Depuis Clémenceau, nous savons que la guerre est une chose trop importante
08:38pour être laissée à des militares même de qualité.
08:41Le sujet, c'est la légitimité que donne le suffrage universel au président de la République
08:47pour être le responsable des armées.
08:50C'est à lui et à lui seul de dire s'il y a ou pas péril en la demeure en France
08:55et la doctrine d'engagement de nos forces rappelle que nous sommes une puissance nucléaire.
09:01qui a toute une histoire sur la manœuvre militaire que devait faire l'armée de terre,
09:07notamment la première armée à l'époque de la guerre froide,
09:10en cas d'utilisation de l'arme nucléaire.
09:13Or là, de quoi parle-t-on ?
09:14Si j'ai bien compris, le général Mandon nous invite à nous préparer à un choc,
09:19comme il dit, avec la Russie, mais dans les pays baltes ou en Pologne dans cinq ans.
09:23Ça n'a pas grand-chose à voir avec la doctrine nucléaire de la France.
09:27La doctrine nucléaire de la France, c'est nous protégeons le sanctuaire national
09:31et éventuellement nous donnons un coup de main,
09:33mais c'est coordonné avec une force nucléaire entre les mains du président de la République.
09:38Ce sont des choses d'une extrême gravité.
09:40Moi, je comprends que Fabien Mandon ait envie d'avoir des moyens supplémentaires
09:44et de demander à la Commission de la Défense des moyens,
09:48surtout dans une période où on n'est même pas foutu de voter le budget en France.
09:51On en parlera.
09:52Je comprends qu'on ait besoin, je suis le premier à dire qu'il faudrait doubler ce budget
09:56à 100 milliards par an si on veut vraiment réarmer.
09:59Or, on ne le fait pas.
10:00Bien sûr.
10:00Donc, pendant qu'on ne fait pas le réarmement budgétaire dont on a besoin,
10:04où sont les casernes, où sont les soldats, où sont les commandes ?
10:07De quoi on parle ?
10:08De faire la guerre et préparez-vous à perdre vos fils dans cinq ans.
10:12Ça n'a aucun sens.
10:13Si on voulait casser l'esprit de défense en France, on ne s'y prendrait pas autrement.
10:18Je suis très incoleur parce que j'ai beaucoup écrit sur le sujet du pacifisme et de la dissuasion
10:23et du consensus national que nous avons su construire autour de la dissuasion
10:27et de notre politique militaire.
10:29Là, on a un président qui dit...
10:31Et c'est surtout qu'il dit l'inverse que ce que vient de dire M. Mandon.
10:34M. Mandon, il dit, moi je suis en quelque sorte un lanceur d'alerte.
10:38Ça peut choquer, ça peut inquiéter, j'ai des enfants.
10:42Et vous avez le président de la République qui dit,
10:44ben non, attendez, sa phrase, elle a été sortie de son contexte.
10:46Vous n'avez rien compris et évidemment c'est un agenda politique.
10:49Le général que vous êtes, est-ce qu'un chef d'état-major va prendre la parole comme ça
10:55pour annoncer en quelque sorte, préparez-vous, avant 2030 on va perdre nos enfants.
10:59Écoutez, moi j'ai écouté le général Mandon que je ne connais pas,
11:03ou que je l'ai aperçu quand il était colonel une ou deux fois.
11:06J'étais très triste de voir que chef d'état-major des armées
11:09pouvait s'exprimer ainsi au mépris, je crois, de la finalité de ce que sont les armées.
11:17Les armées doivent défendre la patrie.
11:18Or la patrie est en danger, mais elle n'est pas en danger à 2500 km de Paris.
11:22La patrie est en danger aujourd'hui avec ce qui se passe ici en France.
11:26Donc même si vous avez la volonté de développer une armée
11:31pour mener un combat mécanisé, comme l'on dit, ou de nouvelles moutures,
11:39je pense que le général Mandon a été obligé, ou du moins s'est arrogé,
11:44le droit de dire voilà ce qu'il convient,
11:47parce que le chef des armées, qui est le président de la République,
11:50veut noyer, j'allais dire, les difficultés de la France.
11:53Mais c'est surtout que le président de la République...
11:55En disant aux Français, le danger ce n'est pas ce qui se passe ici,
11:58mais c'est ce qui se passe là-bas.
11:59Or, dire ce qui a été dit il y a trois jours me semblait complètement incongru.
12:06Surtout que, en fait, c'est le général Mandon qui prend la parole,
12:09parce que la parole du président de la République aujourd'hui est démonétisée.
12:12Il y a 15% seulement des Français qui le soutiennent aujourd'hui, 15 ou 16%.
12:17C'est une impopularité record.
12:19Et chaque parole qu'il peut prendre aujourd'hui est démonétisée.
12:23Donc il a envoyé son chef d'état-major devant les maires de France,
12:28en lui disant, vous avez peut-être le feu vert pour dire,
12:30voilà ce que vous allez pouvoir dire.
12:32Elisabeth ?
12:33Alors moi, je suis un peu embêtée parce que je suis en désaccord,
12:36et avec Pierre Lelouch, mon ancien professeur,
12:38et avec le colonel Doris.
12:39Le général !
12:41En fait, quand je vous ai rencontré en Bosnie, vous étiez colonel.
12:43C'est pour ça que ça m'est resté.
12:45Et vous m'avez aidé d'ailleurs.
12:47Alors d'abord, je suis assez frappée
12:48qu'on réagisse à ce discours sans vraiment parler du discours,
12:54mais en parlant du fait que celui qui l'a tenu n'avait pas le droit de le tenir.
12:58Ce en quoi je suis tout à fait prête à admettre que c'est le rôle du chef des armées.
13:03Et je suis d'ailleurs sûr, moi, si vous voulez,
13:05je pense qu'il a été envoyé par Emmanuel Macron.
13:08Je ne vois pas le chef des cas-major prendre cette liberté tout seul.
13:12Deuxièmement, je signale juste qu'il y a 57 soldats
13:16qui sont morts en opération extérieure pour la France
13:18depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.
13:21Ils n'étaient pas les enfants de personne.
13:23Donc, je veux dire, je vois ces réactions.
13:25Dès qu'on prononce le mot « enfant »,
13:27ces gens-là avaient aussi des pères, des mères,
13:29et des parents et des familles qui les pleurent.
13:31Et c'était aussi des enfants de France et ils sont morts pour la France.
13:34Il faut quand même le rappeler.
13:36Mais moi, ce qui me frappe,
13:38quand il parle de force d'âme et d'esprit de défense,
13:40on peut discuter de la menace russe.
13:43Il ne dit pas que les chars vont déferler sur les Champs-Elysées dans deux ans.
13:46Il dit qu'il y a un danger à cinq ans.
13:48Et c'est peut-être quand même...
13:50Il semblerait qu'il y ait quand même beaucoup d'éléments
13:51pour penser que les Russes s'arment de façon excessive.
13:55Nous faisons partie de l'OTAN.
13:57Si l'OTAN est attaquée, on devra bien réagir.
14:00Et se préparer à la guerre, d'après tout ce qu'on m'a appris à l'école,
14:04c'est quand même le meilleur moyen de l'éviter.
14:06Mais troisièmement, l'esprit de défense auquel il nous appelle...
14:10Je finis et vous me répondez.
14:14L'esprit de défense, la force d'âme auquel il nous appelle,
14:19je ne la vois pas.
14:22Ce que je sens, c'est que les gens qui nous disent aujourd'hui
14:25qu'on ne va pas mourir pour Kiev, ce que personne ne nous demande,
14:28ne voudront pas mourir non plus pour Paris.
14:31Ils ne voudront pas non plus...
14:33Donc là, c'est le sentiment patriotique,
14:36la force de la France que vous avez en soi,
14:39qui vous dit, va te battre pour protéger son territoire.
14:42Il dit que c'est possible, c'est possible d'avoir à se battre pour sa patrie, oui !
14:45Peut-être aussi parce que les mêmes qui nous parlent de force morale,
14:49aujourd'hui, ont tout fait pendant 40 ans
14:50pour déconstruire ce qu'il y avait de sentiment national dans ce pays.
14:53Ce sont les mêmes qui ont mis la repentance au cœur des discours,
14:56qui ont dit que la nation, c'est le nationalisme.
14:58Que nous avions commis des crimes contre l'humanité, elle est même !
15:01Exactement, donc on n'a pas su cultiver la flamme du sentiment national.
15:04Les mêmes qui ont parlé de souveraineté européenne,
15:07de défense européenne, que la solution était à Bruxelles.
15:10C'est ceux-là qui...
15:11Non mais ça, vous avez raison !
15:12Je suis d'accord avec vous !
15:13Il ne faut pas déplorer aujourd'hui que les gens soient incapables
15:15de mourir pour quelque chose dont on n'a pas su cultiver la flamme
15:17pendant 40 ans.
15:18Donc ça, c'était mon premier point.
15:19Et il en reste deux qui me posent problème
15:21dans le discours du chef d'état-major.
15:23C'est d'abord la politique de la peur,
15:25ce qui vaut sur tous les sujets,
15:26mais en particulier sur la guerre,
15:27dont je remarque, on parle toujours avec une légèreté extrême
15:30sur ce pays, dans ce pays.
15:32Et c'est Emmanuel Macron qui avait dit un verre de whisky à la main
15:34il y a deux ans, je crois,
15:36qu'il allait devoir dans l'année envoyer des types à Odessa.
15:40Et enfin, Pierre Lelouch a souvent écrit des choses
15:43là-dessus sur lesquelles je suis tout à fait en accord,
15:45mais c'est le maximalisme qui laisse entendre
15:47qu'on pourrait prolonger indéfiniment la guerre avec la Russie
15:49sans but de guerre, sans moyens matériels pour la financer,
15:52sans moyens humains pour la conduire,
15:53et enfin sans soutien de l'opinion publique,
15:55ni en France, ni en Ukraine, ni nulle part.
15:56Fabien Mandon, le chef d'état-major des armées,
15:59a précisé aussi les propos
16:01sur, ce soir, sur les
16:03enfants, perdre ses enfants,
16:05et les soldats.
16:07On a des soldats qui ont entre 18 et 30 ans.
16:1027 ans, oui, l'autre jour.
16:12Quand j'ai évoqué
16:13la question de nos enfants,
16:16c'est quelque chose d'important.
16:18Les armées
16:19françaises, qui sont aujourd'hui une référence
16:21en Europe, sont composées
16:24de personnes qui ont cet âge
16:26de 18 à 30 ans,
16:29des femmes et des hommes qui sont courageux,
16:31qui ont compris
16:31la situation dans laquelle on se trouvait,
16:35qui avaient envie de s'engager,
16:38qui savent que cet engagement
16:39emporte des risques,
16:41c'est la fonction des armées.
16:42Il y a des risques.
16:44On les accepte.
16:45Et c'est important de se sentir soutenus.
16:47Et je pense qu'il est important
16:48pour les Français,
16:49qui font des efforts pour avoir
16:51des armées de ce niveau-là,
16:53comprennent pourquoi ils font
16:54ces efforts.
16:55Et cet environnement
16:56doit être perçu.
16:59Ce qui est très ennuyeux
17:00dans toute cette histoire,
17:02c'est la confusion créée
17:03par le sommet.
17:05Ce n'est pas possible
17:06d'avoir un jeu de ping-pong
17:07entre le président,
17:08le chef d'état-major,
17:09le ministre.
17:09Il y a une doctrine,
17:12c'est le président de la République
17:13qui l'a fait.
17:14Deuxièmement,
17:15quand il y a un sentiment national,
17:17c'est au président de la République
17:18de l'incarner.
17:20Le chef d'état-major,
17:22son job,
17:22c'est de remplir
17:23ce qu'on appelle
17:24le contrat opérationnel.
17:26Pour faire ça,
17:28si on dit,
17:29demain,
17:30tu vas t'occuper
17:30de défendre la Lituanie,
17:32ben, monsieur,
17:32j'ai besoin de temps
17:33et de temps de matériel
17:34et je vais les demander.
17:35Mais c'est un tout autre débat
17:37que de s'adresser aux Français
17:38en leur disant
17:39que la guerre en Ukraine,
17:40c'est notre guerre,
17:42parce que ça peut ne pas l'être,
17:44que la menace principale,
17:45c'est la Lituanie,
17:46alors qu'on a des gens
17:47qui meurent toute la journée
17:48en France
17:49pour d'autres raisons,
17:50avec une autre menace.
17:52Ça,
17:52ce sont des choix politiques
17:53qui sont entre les mains
17:54du président de la République.
17:55Donc,
17:55moi,
17:55je suis tout sauf un pacifiste,
17:57je suis pour le réarmement
17:59de la France,
17:59je suis pour conserver
18:00l'esprit de défense en France,
18:02mais je dis que ces gens-là
18:03sont en train de le torpiller
18:04par un amateurisme
18:06qui est confondant.
18:07Il faudrait qu'il existe pour le torpiller.
18:08sur les menaces existentielles
18:11est peut-être l'élément
18:11le plus important.
18:13D'ailleurs,
18:13Jean-Louis Borloo
18:14a répondu à Fimbiamandon
18:15de fort belle manière
18:17et dit
18:17malheureusement,
18:18des enfants,
18:19on en perd déjà
18:20sur notre sol.
18:22Le petit Elias,
18:23la petite Philippine,
18:24notre problème,
18:25c'est qu'on est en train
18:26de ne plus être une nation.
18:27quand vous voyez
18:29ce qui s'est passé
18:33du côté de Marseille,
18:35évidemment,
18:36c'est un enfant
18:36qui rêvait
18:37d'être gardien de la paix,
18:38qui a été abattu
18:39sauvagement
18:40sur fonds de trafic
18:41de drogue
18:42alors qu'il n'avait
18:43rien à voir dedans.
18:44Et on pense encore une fois
18:45à la famille
18:46de Mehdi
18:48qui s'assit
18:49Thomas,
18:49par exemple.
18:51Philippe Devilliers
18:51était très en colère hier
18:52et c'est une déclaration
18:54qui a été massivement relayée
18:55ces dernières 24 heures.
18:57Je vous propose
18:57de le réécouter.
18:59Aujourd'hui,
18:59il nous dit
19:00la force d'âme,
19:01c'est de s'occuper
19:01de l'Ukraine.
19:03Moi, je dis
19:03la force d'âme,
19:04c'est de s'occuper
19:04de la France.
19:06La force d'âme,
19:07c'est de s'occuper
19:07de l'indépendance
19:09de l'Ukraine,
19:10de la frontière ukrainienne,
19:11de la souveraineté ukrainienne,
19:13de l'identité ukrainienne,
19:14de la dépendance ukrainienne.
19:16Non.
19:17Non.
19:19Moi, je veux m'occuper
19:20de la France,
19:21de l'indépendance
19:22de la France,
19:23de la frontière française,
19:25de la...
19:27de la souveraineté française.
19:30Deuxième paradoxe.
19:33Il veut envoyer
19:34nos enfants se faire tuer.
19:36Mais nos enfants,
19:36ils se sont déjà tués
19:37dans les banlieues.
19:41Philippine,
19:42ça te dit quelque chose, non ?
19:45Elias,
19:48Thomas,
19:49Matisse.
19:51C'est-à-dire que
19:52chez nous,
19:52on a le terroriste,
19:53on a une guerre déjà
19:54chez nous.
19:54et vous voulez l'exporter
19:56ailleurs, la guerre ?
19:57Ou en Ukraine ?
19:58Ça ne nous dit rien,
19:58l'Ukraine.
20:00Parce que vous ne voulez pas
20:01qu'on parle de la Seine-Saint-Dix,
20:02alors vous voulez nous emmener
20:04mourir au Donbass ?
20:06C'est une honte.
20:08Et ça, beaucoup de Français se disent
20:11mais attendez,
20:12occupez-vous de ce qui se passe
20:13dans notre sol général.
20:15Non, non,
20:15mais je suis tout à fait d'accord
20:16avec ce qu'a dit
20:16Philippe de Villiers.
20:19On le vit tous les jours
20:21et je l'ai vécu
20:21grâce à...
20:23Enfin, je l'ai vécu
20:23depuis maintenant 20 ans
20:25où j'ai fait pas mal de choses
20:26avec d'autres dans les quartiers
20:28et on a vu la violence
20:30augmenter sensiblement
20:32et sans que ça n'agite
20:34beaucoup les élus,
20:36l'État.
20:39Je pense qu'avant de dire
20:41voilà ce qu'il faudrait faire
20:42pour le Donbass,
20:43je crois qu'il est important
20:44qu'on puisse réagir
20:46sur comment redonner sens
20:48à la nation.
20:50Vous n'avez pas parlé,
20:51on parle ici et là
20:53d'un nouveau service militaire.
20:56Est-ce que c'est quelque chose
20:57dont on parle ?
21:00C'est quelque chose
21:00qui est engagé ?
21:01Quelque chose qui touche
21:02tous les jeunes français ?
21:03Oui et non,
21:04c'est un service obligatoire
21:05qui redonnerait sens à la ville.
21:08Ça m'ennuie
21:08parce que je ne suis pas non plus
21:09d'accord avec Philippe de Villiers.
21:10Mais tant mieux !
21:12Tant mieux, justement,
21:13c'est intéressant
21:13d'avoir des avis différents.
21:15Il n'est pas question
21:16dans ce que disait
21:16le général Mondo,
21:17la question n'est pas
21:18d'aller se battre
21:19sur le Donbass
21:20puisque la question
21:20était d'éventuelles menaces
21:22ultérieures de la Russie.
21:24Ça repose quand même
21:26sur une analyse
21:27de ce que ferait
21:28ou ne ferait pas la Russie.
21:28Là-dessus,
21:29on peut tout à fait débattre.
21:30On peut penser
21:30que Poutine s'arrêtera
21:32après l'Ukraine.
21:32On peut penser le contraire.
21:34Deuxièmement,
21:34excusez-moi,
21:35s'il y a des menaces intérieures
21:36qui existent
21:38et qu'on en parle suffisamment ici,
21:39je ne suis vraiment pas
21:40là pour les nier
21:41et elles existent.
21:42D'abord,
21:43je ne suis pas sûr
21:44qu'elles relèvent
21:45de l'armée
21:46mais ça n'élimine pas
21:47les menaces extérieures.
21:48Et troisièmement,
21:49être un pays souverain,
21:50surtout quand on prétend
21:51être une puissance.
21:52On n'est pas
21:53le Liechtenstein
21:54avec toute l'amitié
21:56qu'on a pour le Liechtenstein.
21:58On est une puissance
21:59qui prétend avoir une voix
22:00dans les affaires du monde.
22:01Est-ce que vraiment
22:01on peut dire,
22:02moi, mon problème,
22:03c'est ce qui se passe en France,
22:05ce qui se passe
22:05au-delà de mes frontières,
22:07peu me chaud mes alliances,
22:08peu me chaud d'appartenir à l'OTAN,
22:10peu me chaud ce qui se passe en Europe.
22:12Ce qui m'intéresse,
22:13c'est la menace à l'intérieur.
22:14Et dernièrement,
22:15je ne trouve pas ça bien
22:16de laisser entendre
22:16qu'on veut faire diversion.
22:19Ça, c'est...
22:19Mais attendez,
22:20mais vous plaisantez.
22:21Déjà,
22:21certains peuvent le penser.
22:22Mais évidemment,
22:23certains peuvent le penser.
22:24Et puis,
22:25vous pouvez vous dire
22:25que vous êtes en train
22:26de montrer les muscles
22:27à la réussite.
22:27Vous êtes incapable
22:28de montrer les muscles
22:29face aux dealers
22:29qui ont tué,
22:30médiqué Sassi.
22:32Et on a perdu,
22:33il y a neuf jours,
22:33un enfant,
22:34justement,
22:35sur notre sol.
22:36Je n'aurai pas
22:37le général Mandon.
22:37Je parle du président
22:40de la République.
22:40Il faut comprendre
22:43qu'on est dans
22:44des séquences
22:45de communication
22:46de la part
22:47d'un président
22:48de la République
22:48qui a perdu pied
22:49dans le pays
22:50complètement.
22:51Quand vous pensez
22:51qu'ils ont monté
22:52une opération de com'
22:53à Villacoublé
22:54l'autre jour
22:54avec le président Zelensky
22:56qui est lui-même
22:56dans très graves difficultés
22:58à cause de la corruption
22:59dans son pays.
23:00Et qu'est-ce qu'ils font ?
23:01Ils font semblant
23:02de signer l'exportation
23:03de 100 avions
23:04qui ne sont pas financés,
23:06qui n'existent pas
23:07sur la base
23:07d'une lettre d'attention
23:08qui n'est pas un contrat.
23:09Et on présente ça
23:10comme un moment révolutionnaire.
23:11Et qu'ils ont essayé
23:11de les commander
23:12à la Suisse.
23:13Alors même
23:13que dans notre dos
23:15les Américains
23:16et les Russes
23:17préparent un accord de paix
23:18que nous ne pourrons pas stopper
23:20parce qu'on n'a pas
23:21les moyens
23:22d'offrir une stratégie
23:23alternative à l'Ukraine
23:24faute d'argent,
23:26faute de moyens.
23:27C'est ça la réalité.
23:28Alors si j'entends ensuite
23:29ce cafarnaum
23:30autour du chef
23:31d'état-major
23:31et de ce qu'il raconte,
23:33je me dis
23:33mais ils sont vraiment...
23:34On est vraiment
23:35dans une république
23:35orwellienne
23:36où au lieu de regarder
23:37la réalité,
23:38on balade les gens
23:40sur des sujets
23:41n'importe lesquels
23:41mais ça occupe les médias.
23:42Ce qui est certain
23:44c'est que le discours
23:45d'Emmanuel Macron
23:46et du chef d'état-major
23:47serait beaucoup plus accepté
23:48par l'opinion
23:48si on n'avait pas
23:49comme l'a dit
23:49Philippe Duvier
23:50autant de jeunes
23:50qui mourraient sur notre sol
23:51et aussi si le président
23:53de la république
23:53était capable de mettre
23:54au cœur de son discours
23:55et au cœur de son action
23:56la lutte contre la violence
23:57des mineurs
23:58c'est-à-dire l'inverse
23:58de ce qu'il fait
23:59lorsqu'il déclare
24:00que des chaînes comme la nôtre
24:00brainwashent sur des faits divers.
24:02C'était le mot de l'avance
24:03sur ce thème-là
24:04on revient dans un instant
24:05on va parler de ce qui s'est passé
24:06à Marseille aujourd'hui
24:08avec cette mobilisation
24:09en hommage
24:09à Mehdi Kessassi
24:11Kessassi
24:11vous allez entendre
24:13les mots déchirants
24:14et courageux de sa maman
24:15les mots déchirants
24:17et courageux
24:18d'Amin Kessassi
24:19la menace existentielle
24:21en France
24:21c'est le narco-terrorisme
24:23l'autre menace existentielle
24:27en France
24:27c'est le terrorisme islamiste
24:29et aujourd'hui
24:31on le subit
24:32sur notre sol
24:33c'est au quotidien
24:34et malheureusement
24:35on a encore vécu un drame
24:37le 13 novembre dernier
24:37avec ce meurtre
24:39de Mehdi Kessassi
24:40et vraiment
24:41quand je vois
24:43quand je vois marquer
24:43une foule compacte
24:45à Marseille
24:46une ville de 800 000 habitants
24:48alors qu'il y avait
24:496500 personnes
24:50allez peut-être 7000 personnes
24:51qui étaient mobilisées
24:52je me dis
24:53mais pourquoi
24:53il n'y a pas eu
24:55200, 300, 400 000 personnes
24:58pour se mobiliser autour
24:59de la famille de Kessassi
25:01et c'est la question
25:01qu'on va se poser
25:02c'est peut-être la question
25:03la plus importante
25:03est-ce que c'est la peur
25:04est-ce que c'est parce que
25:06il y avait des responsables politiques
25:08qui sont en échec
25:10depuis 30 ans
25:11est-ce que c'est une société
25:12qui est aujourd'hui
25:13une société individualiste
25:15c'est aussi une question
25:16qu'on peut se poser
25:16on verra ça dans un instant
25:18On poursuit l'heure des Pro 2 ensemble
25:25et on va parler de Marseille
25:26cette mobilisation bouleversante
25:28autour de la famille Kessassi
25:30d'Amin, de sa mère
25:31de son père
25:33pour rendre hommage
25:34à Mehdi Kessassi
25:3520 ans
25:36tué le 13 novembre dernier
25:38alors qu'il a accompagné
25:40sa maman dans une pharmacie
25:42et qu'il a été abattu
25:44en pleine rue
25:44en plein jour
25:45on parle de crimes d'avertissement
25:47on parle de points de bascule
25:49de nombreux responsables politiques
25:52étaient présents
25:53ce samedi après-midi
25:55du côté de Marseille
25:56mais c'est vrai
25:56c'est qu'on espérait
25:57à travers ce combat
25:59que mènent
26:00Amine Kessassi
26:02et sa famille
26:03des dizaines de milliers
26:04de Marseillais présents
26:06j'entendais certains médias dire
26:08on espère
26:10100 000 personnes présentes
26:11du côté de Marseille
26:12il y avait 6 500 personnes
26:146 500
26:15je vous propose
26:16de voir le sujet
26:17de Sarah Varni
26:18avec les principaux témoignages
26:20dans un silence de plomb
26:24une foule compacte
26:26s'est rassemblée
26:26sur le rond-point
26:27où le drame a eu lieu
26:28la famille a été accueillie
26:31sous les applaudissements
26:32justice pour Mehdi
26:34justice pour Mehdi
26:36justice pour Mehdi
26:38une marche marquée
26:39par la présence d'Amin
26:40le frère de Mehdi
26:41militant anti-drogue
26:42placée depuis plusieurs mois
26:44sous protection policière
26:45un message enregistré
26:47a été diffusé
26:48je cherche la justice
26:50pour mon frère Mehdi
26:51ce sont les mamans
26:52des quartiers
26:53qui méritent une décoration
26:54pour leur courage
26:56leur dignité
26:57leur combat de chaque jour
26:58ma mère s'est battue
26:59pour nous élever
27:00et nous protéger
27:01et aujourd'hui
27:02elle a perdu
27:02deux fils
27:03c'est elle pourtant
27:04qui me permet
27:05de tenir debout
27:06pour elle
27:07je ne me tairai pas
27:08doublement endeuillée
27:10par les assassinats
27:11de ses fils
27:12Mehdi et Brahim
27:13tués il y a maintenant
27:13cinq ans
27:14leur mère s'est exprimée
27:16en toute dignité
27:16mon coeur est déchiré
27:18je suis inconsolable
27:22aucune mère ne veut voir
27:24ses enfants mourir
27:25avant elle
27:26un hommage populaire
27:27où plusieurs responsables
27:28politiques se sont rendus
27:30dont le maire de Marseille
27:31c'est aussi un moment
27:33d'unité nationale
27:33c'est un moment
27:35où les marseillaises
27:36et les marseillais
27:36et plus largement
27:38les françaises
27:39et les français
27:40doivent dire non
27:41doivent dire que la peur
27:43ne peut pas nous gagner
27:44que nous devons résister
27:45et que face à cette mafia
27:47face à ces gens
27:49qui assassinent
27:50de sang-froid
27:51pour l'argent
27:52en vérité
27:52face à ces gens
27:53qui n'ont aucun sens
27:56de la vie
27:56nous devons nous dresser
27:58nous devons leur dire
27:59que nous n'avons pas peur
28:00plus de 6000 personnes
28:01se sont rendues
28:02à cet hommage marseillais
28:03pour faire front
28:04contre le narco-banditisme
28:06et je disais
28:07c'est la deuxième ville de France
28:08il y a plus de 800 000 habitants
28:10du côté de Marseille
28:10c'est 0,74% de la population
28:13qui s'y retrouvait
28:13cet après-midi
28:14pour apporter son soutien
28:15et dire à la famille
28:17qui s'assit
28:17on est avec vous
28:19alors en off
28:21certains responsables politiques
28:22me disaient
28:23qu'ils avaient pu par exemple
28:24échanger avec des gens
28:25du côté de Marseille
28:26qui disaient
28:26oui on a peur
28:28on a peur
28:29de venir se mobiliser
28:30vous avez vu
28:30ce qui s'est passé chez nous
28:32et vous
28:33si vous êtes à présent
28:34sur ce plateau
28:35Emmanuel de Rechou
28:35c'est parce que
28:36vous avez écrit
28:36avant qu'il ne soit trop tard
28:37le manifeste
28:38général des députés
28:40bah oui
28:40évidemment
28:41c'est la peur
28:42ça y est
28:42on a écrit ça
28:44on s'est manifesté
28:45il y a 4 ans
28:46j'ai écrit
28:46parce que je vois
28:47que ça ne bougeait pas
28:48il y a 2 ans
28:48j'ai écrit ce manifeste
28:49j'ai réécrit avec Kevin
28:50comme je vous le disais tout à l'heure
28:51ce dialogue
28:53parce que
28:54je veux dire
28:55les gens ne bougent pas
28:56les politiques ne bougent pas
28:57j'ai rencontré 2 présidents de la République
28:59j'ai rencontré des premiers ministres
29:00des cabinets ministériels
29:01tout le monde a dit
29:02mon général ce que vous faites est formidable
29:03un de saouat
29:04et donc
29:05vous avez
29:06vous le savez très très bien
29:07vous avez dans nos quartiers
29:09pas que dans nos quartiers d'ailleurs
29:10maintenant on est pas mal de villes de province
29:11vous avez cette espèce d'omerta
29:13qui règne
29:14pour permettre les trafics
29:15et qui sont
29:16j'allais dire
29:17ces trafics sont de plus en plus violents
29:18parce que
29:19face à la déficience de l'Etat
29:22j'allais dire
29:22face à la déficience de l'Etat
29:23les gens en profitent
29:24le père de Mehdi
29:26qui est s'assi
29:27a appris la parole
29:28chez nos confrères du Parisien
29:29il dit
29:30si on est solidaires
29:30on peut changer le monde
29:32tous ensemble
29:32mais après ces marches
29:34chacun va rentrer chez soi
29:35il dit
29:36la mobilisation de la France
29:38doit être entière
29:39j'attends des français
29:40qu'ils ouvrent l'oeil
29:41qu'ils se rendent compte
29:42de ce qui est en train de se passer
29:43quand il dit
29:44qu'ils ouvrent l'oeil
29:44et enfin
29:45il répond
29:46il faut s'en prendre
29:47en consommateur de drogue
29:49pour eux
29:49ça doit être
29:50la prison
29:51point d'exclamation
29:53et il y a une séquence
29:55là aussi bouleversante
29:56où il enlace
29:57le maire de Marseille
29:58Benoît Payan
29:59et il lui dit
30:00vous êtes un homme courageux
30:01mais c'est aussi
30:02ce qui s'est passé
30:03cet après-midi
30:04mais
30:04alors est-ce que c'est la peur
30:07seulement
30:07est-ce que c'est
30:09une population
30:09marseillienne
30:10qui se dit
30:11mais attendez
30:11les responsables politiques
30:12qui étaient présents aujourd'hui
30:13demain ils seront ailleurs
30:15et puis quand on va commencer
30:16à parler fermeté
30:17il n'y aura plus personne
30:18donc moi je ne vais pas marcher avec eux
30:20puis la troisième option
30:21Pierre Lelouch
30:22c'est aussi une société
30:24qui ne pense qu'à soi
30:24c'est la société
30:25individuelle
30:27individualisée
30:28qui ne pense qu'à son
30:29sa propre situation
30:33c'est difficile
30:35Marseille
30:35d'abord il y a un problème général
30:37et c'est sûr que
30:38l'omerta
30:39dans tous les quartiers de France
30:41ça existe
30:42quand il y a un point de deal
30:45en bas d'un immeuble
30:45tout le monde a peur
30:46dans l'immeuble en question
30:48et tout autour
30:48et personne ne va prendre de risque
30:49vous allez même dans Paris
30:52vous savez dans certains quartiers de Paris
30:54il ne suffit qu'une voiture de la BAC passe
30:56le coup suivant
30:57elle est canardée
30:58donc tout le monde a peur
31:00Marseille c'est encore plus complexe
31:02parce que
31:03contrairement aux autres villes de France
31:04la banlieue elle est dans la ville
31:06et pas à l'extérieur
31:07donc le tissu multi-ethnique
31:11multi-religieux
31:12il est dans la ville
31:13après
31:14je n'ai pas eu
31:15au muselier
31:16ou d'autres
31:16de mes amis
31:17aujourd'hui au téléphone
31:18on peut leur demander
31:19parce qu'il faut
31:20l'idéal ce serait de demander
31:22aux gens qui étaient là
31:22c'est ce que j'ai fait
31:23d'où ils viennent
31:25de quel quartier ils viennent
31:27et s'il y a les quartiers nord
31:29ou pas
31:29si j'en parle maintenant
31:31c'est que justement
31:32je suis allé un peu sonder
31:33c'est à dire que
31:34dans certains quartiers de Marseille
31:35on n'a pas voulu aller se mobiliser
31:37parce que
31:38mais factuellement
31:40vous avez 6500 personnes présentes
31:42il y a 800 000 habitants
31:44mais il y a peut-être aussi
31:45une autre raison
31:45c'est que
31:46les gens ont peur aussi
31:48attendez
31:49ce n'est pas un jugement de valeur
31:50non mais je vous dis
31:50il y a peut-être
31:51j'ajoute à votre compréhension
31:52une autre raison
31:53ce que je trouve
31:54triste
31:54oui c'est triste
31:55le 1
31:56qui n'est pas autant de soutien
31:58que ça pour
31:59la famille
32:01qui s'assit
32:01autour d'elle
32:02du côté de Marseille
32:04et puis 2
32:04c'est le traitement médiatique
32:06on est en train de nous parler
32:07de foule
32:07oui bon alors ça
32:08évidemment
32:09vous avez raison
32:09mais en fait
32:10il y a une autre raison
32:13c'est que les gens aussi se disent
32:14ça ne sert à rien
32:15et imaginez
32:16il y aurait eu
32:17mettons 100 000 personnes
32:19à Marseille
32:19aujourd'hui c'est beaucoup
32:20ou 50 000 personnes
32:22ça aurait été beaucoup
32:23on aurait dit
32:23c'est formidable
32:24la population est mobilisée
32:26and so what
32:27que se passe-t-il après
32:28est-ce que
32:29les gens pensent encore
32:31que ça change quelque chose
32:32d'aller manifester
32:33de faire des marches blanches
32:34de dire qu'ils ne sont pas contents
32:36vous avez raison
32:36ils nous disent depuis des années
32:37à chaque fois
32:38vous avez raison
32:40mais attendez
32:41c'est Linda Kebab
32:42qui nous disait hier matin
32:43c'est on a acheté
32:44la paix sociale
32:45dans certains quartiers
32:46en laissant
32:47prospérer
32:49le trafic de stupéfiants
32:50ça vous l'avez vécu
32:51oui
32:52c'est pas vraiment
32:53c'est pas vraiment
32:54la paix sociale
32:55ça n'a pas marché
32:56on donne de l'argent
32:57on donne de l'argent
32:57à des milliers
32:58des dizaines de milliers
32:59d'associations
33:00qui dépensent
33:01sans compter
33:02qui dépensent
33:02mais and so what
33:03quel est le résultat
33:04in fine
33:05moi je crois
33:06qu'il y a vraiment
33:06une prise en compte
33:07globale
33:08c'est vraiment
33:09un projet politique
33:10qui doit intéresser
33:11l'ensemble de la France
33:13l'ensemble du gouvernement
33:14l'ensemble des ministères
33:15sur quelque chose
33:16de
33:16une lame de fond
33:18qui leur veut en restaurer
33:19la paix sociale
33:20générale
33:21avec vraiment
33:23quelque chose
33:24un plan
33:25une planification
33:25sur 10-15 ans
33:27quelques réactions politiques
33:28bien sûr
33:29on va en parler
33:30dans un instant
33:31quelques réactions politiques
33:32s'il vous plaît
33:33d'élus
33:34qui étaient présents
33:35sur place
33:36c'est notre pays
33:38tout entier
33:38qui est aujourd'hui
33:39en guerre
33:39contre ces réseaux
33:40qui doit l'être
33:40parce que nous savons
33:42que c'est la sécurité
33:43de notre pays
33:44qui est en jeu
33:44il faut sortir
33:46ces gens-là
33:46ces jeunes-là
33:48de ces réseaux
33:49qu'est-ce qui fait ?
33:50rien
33:50que c'est pas simplement
33:51une mobilisation
33:52d'un jour
33:52c'est une lutte
33:54qui prendra du temps
33:55et il faut dire aussi
33:57que les narcotraviquants
33:58à la fin perdent
33:59il faut dire que
34:00la république
34:01est plus forte qu'eux
34:02sur le narco-dantitisme
34:04nous sommes dans une impasse
34:05dans ce pays
34:06sur la consommation d'orgue
34:07nous sommes dans une impasse
34:08dans ce pays
34:08quand on est dans une impasse
34:10on doit pouvoir faire de l'autre
34:11on est en train de lutter
34:13avec des outils politiques
34:16anciens
34:16sur des sujets
34:17qui sont
34:18voilà
34:18qui sont persistants
34:19c'est un combat
34:20pour la vie
34:21pour les prochaines générations
34:22on parle d'un combat
34:24au long cours
34:25parce que quand vous affrontez
34:26l'inhumanité
34:27la sauvagerie
34:28tu sais
34:29on le sait tous
34:30que c'est pas sur
34:31un mois
34:32un an
34:32un mois
34:32un mandat
34:33c'est pas comme ça
34:34que ça marche
34:34alors ce qui est intéressant
34:36c'est que tous les responsables politiques
34:37qui ont pris la parole
34:37par exemple
34:38ils sont pas forcément
34:39en accord avec ce que veulent
34:40les français
34:41qui parfois votent pour eux
34:42pourquoi je vous dis ça
34:43faut-il sanctionner plus durement
34:44les consommateurs
34:45pour lutter contre le trafic de drogue
34:46vous avez 81% des français
34:48qui répondent oui
34:49et quel que soit
34:50le parti politique
34:51en majorité
34:52on répond oui
34:53même à gauche
34:5467%
34:55allez poser la question
34:57à monsieur Glucksmann
34:59madame Tondelier
35:00ou encore monsieur Delogu
35:02allez poser la question aussi
35:03sur l'intervention militaire
35:05dans les quartiers difficiles
35:06sur le trafic de drogue
35:07mai 2025
35:08CNews
35:09le JDD
35:09CNews propose
35:10Europe 1
35:11propose un sondage
35:1276% des français
35:14mon général
35:15souhaitent que
35:16l'armée
35:17soit utilisée
35:18quelle que soit la manière
35:19mais en tous les cas
35:20que l'armée
35:21soit utilisée
35:22pour aller chercher
35:23les kalachnikovs
35:24tout à fait
35:24on mène une guerre
35:27donc je pense que
35:28si on mène une guerre
35:30j'ai bien compris
35:31les mots
35:32les mots voulus
35:33par les différents
35:34hommes politiques
35:35cette guerre
35:37elle vous est face
35:37à des bandes
35:38qui sont maintenant armées
35:39redoutablement armées
35:41donc avec des kalachnikovs
35:42des armes
35:42des armes de poing
35:43etc
35:43mais vous avez également
35:45des armes
35:46qui vont arriver
35:46d'Ukraine
35:48des conflits ukrainiens
35:50ça commence déjà à se passer
35:50donc malheureusement
35:52ça ne peut pas être
35:53la police
35:53je pense que la police
35:54n'est pas là pour mourir
35:55j'allais dire
35:56se faire tuer
35:57se faire tuer bêtement
35:58il va falloir que les armées
35:59interviennent
36:00les armées interviennent
36:01c'est-à-dire que pour moi
36:02je l'ai écrit là
36:04pour moi
36:05les armées doivent intervenir
36:06pour véritablement
36:07coiffer un quartier
36:08permettre à ce moment-là
36:10deux choses
36:11permettre véritablement
36:12un audit
36:13un audit sécuritaire
36:14avec tout ce que vous voulez
36:15la police à justice
36:16les finances etc
36:18pour permettre véritablement
36:19asseoir
36:20asseoir véritablement
36:22des contrôles
36:25pour savoir qui fait quoi
36:26et puis un audit social
36:27pourquoi ?
36:28parce que je crois
36:29qu'à partir du moment
36:30où vous allez couper
36:31la drogue
36:33l'argent de la drogue
36:34les gens vont perdre
36:36le pouvoir d'achat
36:37donc ce perdant
36:38du pouvoir d'achat
36:38il faut les ramener
36:39dans le travail
36:40il faut les ramener
36:41dans la nation
36:41donc c'est bien de voler
36:44l'aspect répressif
36:45et l'aspect préventif
36:46je pense qu'il y a en effet
36:47beaucoup de français
36:48qui sont très gênés
36:49par cette unité artificielle
36:51avec des politiciens
36:52qui ont été soit complaisants
36:53soit complices
36:54du désastre depuis des années
36:55et puis pour rejoindre
36:56ce qu'Elisabeth disait
36:57tout à l'heure
36:57il y a surtout
36:58un terrible sentiment
36:59de déjà vu
37:00une lassitude
37:01face à un jour sans fin
37:02et face à un mal
37:03très français
37:04qui est qu'on est en train
37:04de perdre des guerres
37:05qu'on ne prend même pas
37:06la peine de livrer
37:07il y avait une commission
37:08sénatoriale
37:09devant laquelle des magistrats
37:10avaient dit qu'on était
37:11en train de perdre
37:11la guerre face au narcotrafic
37:13il y a un an et demi
37:13qu'est-ce qui a changé depuis
37:14absolument rien
37:15si vous savez ce qui a changé
37:17c'est que la personne
37:18qui est allée recadrer
37:19de Paris
37:20à Marseille
37:22les magistrats
37:22qui ont eu le courage
37:23de dire
37:23haut et fort
37:24ce qui se passait
37:25il était présent
37:26aujourd'hui à Marseille
37:28Eric Dupond-Moretti
37:28il était sur la photo
37:30avec tous les élus
37:31pardonnez-moi
37:32excusez-moi
37:33il y a quand même un malaise
37:34c'est-à-dire
37:35je précise pour les téléspectateurs
37:36cet après-midi
37:37Eric Dupond-Moretti
37:38était présent
37:38à la marche
37:39pour médiquer sa scie
37:41à quelques mètres seulement
37:43de la maman de médiquer sa scie
37:45Eric Dupond-Moretti
37:46je le rappelle
37:47en mars 2024
37:49recadrait les magistrats
37:51entendus
37:52par la commission d'enquête
37:53cette commission d'enquête sénatoriale
37:55où les magistrats disaient
37:57on est en train de perdre
37:58cette guerre
37:58d'accord
37:59ils parlaient sous serment
38:00ils étaient obligés
38:01de dire la vérité
38:02il est allé les voir
38:03en leur disant
38:03vous êtes en train de quasiment
38:04je résume
38:05vous avez fait le jeu
38:06de l'extrême droite
38:06et alors
38:07revoyez-vous cette séquence
38:09du 27 mars 2024
38:10où Étienne Blanc
38:11sénateur
38:12rapporteur
38:13de cette commission
38:14interpelle
38:16à l'époque
38:17le garde des Sceaux
38:17en lui disant
38:18attendez
38:18vous êtes vraiment
38:19allé les voir
38:19donnez-nous quelques explications
38:21vous êtes vraiment
38:22allé les voir
38:22pour les recadrer
38:23parce qu'ils ont eu le malheur
38:24de dire la vérité
38:25pouvez-vous confirmer
38:27que vous leur avez reproché
38:30d'avoir tenu
38:31le propos suivant
38:32à Marseille
38:34nous sommes en train
38:35de perdre la guerre
38:37contre le narcotrafic
38:38j'ai la charge
38:39du bon fonctionnement
38:41du service public
38:42de la justice
38:43je ne retire rien
38:45des propos
38:45que j'ai tenus
38:47j'ajoute
38:47que dès le lendemain
38:49certains sont allés dire
38:50que c'était une véritable
38:51boucherie
38:52je ne suis ni boucher
38:53ni charcutier
38:55monsieur le sénateur
38:56j'ai tenu
38:57les propos
38:58qu'un garde des Sceaux
38:59responsable
39:00peut tenir
39:01oui j'ai dit
39:02que lorsque l'on exprimait
39:03l'idée
39:03qu'une guerre
39:04était perdue
39:05on l'a perdée
39:06oui c'est une réalité
39:08monsieur le sénateur
39:09je l'assume
39:10bon
39:11un an
39:12catastrophique
39:13vous imaginez
39:14tout à l'heure
39:15le général
39:16disait
39:17on est en guerre
39:18contre le
39:18non
39:18non
39:20la France
39:21n'est pas en guerre
39:22contre le narcotrafic
39:23elle découvre
39:24qu'il y a un problème
39:25mais elle n'est pas en guerre
39:27on a mobilisé
39:28on est à peine
39:29en train de monter
39:30un parquet
39:31spécifique
39:33moi ça fait des années
39:34que je demandais ça
39:35par exemple
39:35enfin c'est en train
39:36d'arriver
39:36tant mieux
39:37mais on n'a pas
39:37tous les éléments
39:38on n'a pas les éléments
39:40en termes de contrôle
39:41de l'argent
39:42j'ai vu l'autre jour
39:44que
39:44nous avions
39:46la douane
39:46la douane a intercepté
39:4847 tonnes
39:49de cocaïne
39:50dans l'année
39:51ça représente
39:52près de 3 milliards d'euros
39:53et la même douane
39:54dit que
39:55c'est que
39:5610% du trafic
39:57autrement dit
39:59le trafic de drogue
40:01en France
40:01juste la cocaïne
40:03c'est une trentaine
40:04de milliards
40:05alors
40:0540 c'est 200
40:06ça ne parle pas forcément
40:07je suis allé regarder
40:08c'est imaginer
40:09en volume
40:10c'est 30 voitures
40:12que vous compactez
40:14comme ça
40:14boum
40:15c'est ça
40:15c'est 250 000 emplois
40:18250 000 emplois
40:19attends
40:19250 000 emplois
40:21plus que les vies
40:22un petit mot
40:23non mais
40:24je comprends que la situation
40:26est absolument dramatique
40:27bon
40:28honnêtement
40:29je ne sache pas
40:30que nulle part
40:31on ait réussi
40:32à assécher le trafic
40:34en
40:34punissant les consommateurs
40:37mais pourquoi pas
40:37je ne suis pas contre
40:38simplement
40:38je trouve un peu injuste
40:40vous avez raison
40:41c'est vrai qu'on a mis
40:42on a eu du retard
40:43à l'allumage
40:43il me semble quand même
40:44ou alors on me ment
40:46on me dit qu'à Marseille
40:47il y a deux fois moins
40:48de points de deal
40:49aujourd'hui
40:49et qu'il y a eu
40:50deux fois moins de crimes
40:51c'est peut-être pas génial
40:52alors attendez
40:54c'est peut-être pas génial
40:54mais non
40:55parce que quand vous regardez ça
40:56en fait vous regardez
40:57un à l'écrit
40:57non c'est pas que c'est faux
40:58c'est que vous prenez une année
41:00où il y a eu une guerre de gang
41:01entre deux guerres de territoire
41:04où ça a été une année sanglante
41:06donc vous comparez 2023
41:07avec 2024
41:08ce qui n'a aucun intérêt
41:09et il faut regarder
41:10les tentatives d'homicide
41:11où là forcément
41:12c'est pas tant en baisse
41:14que ça
41:14donc on n'a rien gagné
41:15donc de regarder 2023
41:16versus 2024
41:17regardez 2024
41:18par rapport à 2017
41:20tiens tiens
41:21on vous verrait la différence
41:22donc par exemple
41:23vendant le vieil
41:23tout ça
41:24ça ne change rien
41:24non c'est parce que
41:25honnêtement
41:26je dis simplement
41:27qu'il faut faire attention
41:28lorsqu'on nous explique
41:30que ça va mieux
41:30alors que vous avez
41:31un gamin de 20 ans
41:33qui aspirait à devenir
41:34gardien de la paix
41:35qui a été tué
41:36en plein après-midi
41:37un samedi
41:39alors que c'était
41:40dans les rues de Marseille
41:41voilà c'est ça
41:42le danger
41:43un dernier mot
41:43sur cette histoire de guerre
41:44contre le narcotrafic
41:46il y a une dimension internationale
41:48incontournable
41:49cette drogue
41:50elle arrive de l'étranger
41:51donc il faut prendre des mesures
41:53contre ceux qui la transportent
41:55moi je note
41:56que monsieur Trump
41:57malgré tous les défauts qu'il a
41:59il a décidé de faire vraiment la guerre
42:00c'est à dire
42:01les gens qui transportent la drogue
42:02ils sont
42:03alarmes lourdes
42:03et deuxièmement
42:05les gens qui produisent
42:07attendez
42:07nous on a des voisins
42:09dans le Maghreb
42:09qui sous nos yeux
42:11et avec notre bénédiction
42:12tout en nous exportant
42:13leur jeunesse
42:14cultivent
42:15la drogue
42:16qui va ensuite
42:16venir en France
42:17et cette drogue
42:18elle circule
42:19depuis le Maghreb
42:20jusqu'à la France
42:21puis ensuite en Belgique
42:22puis ensuite
42:22en Lange
42:24le tracé
42:24moi je l'ai fait
42:25avec les policiers
42:26l'autoroute A1
42:28de la drogue
42:28tout le soir
42:29oui j'ai fait
42:30quand j'étais au gouvernement
42:31ministre de l'Europe
42:32ça m'intéressait quand même
42:33de voir
42:33ce que c'était
42:34les frontières ouvertes
42:35de l'Europe
42:35mais c'est lamentable
42:37les goffas circulent
42:39avec des points de rencontre
42:40il faudrait peut-être
42:40fermer la frontière
42:40revenir sur la question
42:42des frontières
42:42mais pardonnez-moi
42:44vite Schengen
42:46ce qui est bien
42:47tout le monde est maghrébat
42:48et tout le monde est européen
42:50et on passe comme on veut
42:51vous avez des responsables
42:52s'il vous plaît
42:52s'il vous plaît
42:54vous avez des responsables
42:55politiques qui étaient présents
42:56aujourd'hui
42:57qui depuis 30 ans
42:58non pas eux directement
43:00mais leur parti
43:01ont été en échec
43:03sur la question
43:04de la lutte
43:05contre le trafic de drogue
43:06et ils étaient
43:08aujourd'hui
43:09présents
43:10mais pas que
43:11pardonnez-moi
43:12à droite
43:13peut-être qu'on a
43:14chez les républicains
43:15pas suffisamment
43:16été fait pour lutter
43:17contre la drogue
43:18au parti socialiste
43:19également
43:19c'est un échec
43:21qui est total
43:22le budget
43:23il nous reste 3 minutes 45
43:26je rappelle vraiment
43:26Emmanuel de Richouf
43:27avant qu'il ne soit trop tard
43:28le manifeste du général
43:30des banlieues
43:31et c'est pour ça
43:31que vous êtes avec nous
43:32ce soir
43:33et c'était important
43:33d'avoir votre regard
43:34sur la situation actuelle
43:37et ce qu'on pourrait faire
43:38pour changer les choses
43:39quand un général arrive
43:40dans les banlieues
43:41c'est quelque chose
43:42que vous êtes apprécié
43:44finalement
43:45très respecté
43:46comme me disaient des jeunes
43:47que j'ai côtoyé
43:48souvent
43:49quand tu dis les choses
43:51tu les fais
43:51et c'est le seul
43:52voilà
43:53donc voilà
43:55il nous reste 3 minutes
43:56de démission
43:573 minutes
43:57c'est amplement suffisant
43:59pour parler de ce cirque
44:00à l'Assemblée nationale
44:01surtout après 125 heures
44:03de débats
44:04125 heures de débats
44:06qui n'ont finalement
44:07servi à rien
44:08alors c'est inédit
44:09dans l'histoire
44:10de la 5ème république
44:11tous les députés présents
44:13tous les députés
44:14ont voté cette nuit
44:15sauf un
44:16contre la partie recette
44:19du texte
44:19sans même étudier
44:21la partie de dépense
44:22125 heures de débat
44:24pour rien
44:25monsieur le ministre
44:26quelle honte
44:27rappelez-vous
44:28ce qu'a dit
44:29le cornu
44:30depuis le début
44:31il a dit deux choses
44:32importantes
44:32je suis le plus faible
44:33de la 5ème
44:34non non
44:35il a dit
44:35je suis démissionne
44:36démissionne
44:36démissionne
44:36mais il y a une majorité
44:39de 291 députés
44:41qui ne veulent pas
44:42démissionner
44:42c'est avec eux
44:44que je vais travailler
44:44c'est bon
44:45donc
44:46lui-même
44:47il connait ce monde-là
44:48par coeur
44:48il est très habile
44:50à l'intérieur de ce monde-là
44:50donc je vais m'arranger
44:51donc qu'est-ce que je fais
44:52d'abord j'enlève le 49-3
44:54et ensuite je dis
44:55aux parlementaires
44:56vous allez écrire
44:58le budget
44:58vous allez écrire
45:00le budget
45:00ce qui est rigoureusement
45:02impossible
45:02quand on connaît
45:03la procédure parlementaire
45:04donc il savait très bien
45:06que ça finirait
45:07par une loi spéciale
45:08et vous savez quoi
45:09Elliot
45:09ça va vous faire
45:10vraiment amuser
45:11et bien en janvier
45:13il fait le 49-3
45:14à la demande des socialistes
45:16les socialistes vont vouloir
45:17le 49-3
45:18pourquoi ?
45:19pour sauver
45:19leur bon écoute
45:21sur les retraites
45:22vous m'avez bien fait rire
45:24que de temps perdu
45:26alors que pensent les français
45:27c'est intéressant
45:28qu'est-ce qu'ils en pensent ?
45:30c'est une histoire
45:30de corps de cul
45:31mais corps de cul
45:32organisé par le premier ministre
45:33un micro tendu
45:34on écoute les français
45:35qu'on a interrogé
45:36cet après-midi
45:37on voit pas comment
45:39ça va se terminer
45:40on voit pas l'issue
45:41c'est très inquiétant
45:42je suis en train de me demander
45:43s'ils travaillent pour la France
45:44ou s'ils travaillent
45:45pour la prochaine élection
45:47et j'espère que le Sénat
45:48va voir un petit peu
45:49les choses différemment
45:50pour
45:51pour au moins
45:53qu'on ait un budget
45:54et que tout le monde
45:55soit payé
45:55ah mais ils travaillent
45:56à 100% pour eux
45:57malheureusement
45:58je le constate
46:00tous les jours
46:01depuis au moins
46:02un an
46:03depuis la dissolution
46:04et c'est catastrophique
46:06c'est nul
46:07c'est l'économie mondiale
46:08qui en baisse
46:09en ce moment
46:10et je pense qu'on voit
46:11l'impact partout
46:12et la France aussi
46:13bien sûr
46:13et l'Europe aussi
46:14souffrent de ça
46:16et je pense que
46:17c'est comme tous les cycles
46:18ça va passer
46:19je pense qu'ils travaillent
46:20pour la France
46:20ils ont été élus pour ça
46:22donc voilà
46:23je pense qu'ils se donnent
46:24au maximum
46:25pour faire les bonnes choses
46:26au meilleur moment
46:28mais c'est un peu difficile
46:29de s'entendre
46:29et pendant ce temps-là
46:31l'agence Moody's
46:32relève la note italienne
46:34c'est une première
46:35depuis 23 ans
46:36la néo-fasciste
46:38c'était ça
46:39aux yeux des médias français
46:40Georgia Meloni
46:42est en train de réussir
46:43son pari
46:43avec qui il nous reste 20 secondes
46:45j'ai un léger désaccord
46:45avec la dame
46:46qui disait que les politiciens
46:47travaillaient pour préparer
46:48la prochaine élection
46:49en réalité
46:49ils essaient surtout
46:51d'éviter la prochaine élection
46:52c'est la seule forme
46:53de rationalité
46:53qu'il y avait
46:54dans ces débats budgétaires
46:55il y avait une irrationalité
46:56économique totale
46:57mais une rationalité politicienne
46:59et ça repotait sur les postes
47:01et éviter à tout prix
47:02de retourner devant les Français
47:03il y a donc une majorité
47:04c'est-à-dire au concours
47:05l'épine de la taxe
47:06on trouvait une majorité
47:07et puis une fois
47:08qu'on a voulu faire le bilan
47:09on s'est dit
47:09non mais attendez
47:10là il y a un petit souci
47:12on va peut-être pas voter
47:13ce budget Frankenstein
47:14non mais il y a quand même
47:15une majorité
47:16pour rester en place
47:17merci à tous les quatre
47:20mon général
47:20c'était un plaisir
47:21de vous avoir sur le plateau
47:22et puis on parlera
47:24en coulisses
47:25de votre
47:26dernier livre
47:28et de la personne
47:30avec qui vous l'avez écrite
47:31qui a été donc
47:32violentée
47:32il y a de cela
47:33trois ans
47:34deux ans
47:34deux ans
47:35France sécessionniste
47:37que faire
47:38dialogue avec le général
47:39des banlieues
47:40c'est important d'en parler
47:41et on essaiera
47:42de suivre ce dossier
47:43merci à tous les quatre
47:43merci beaucoup
47:44dans un instant
47:45c'est Michel Onfray
47:46et Laurence Ferrari
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