- il y a 2 semaines
Réunis sur un plateau pour la première fois depuis plus de dix ans, quatre spécialistes d'Antoine de Saint Exupéry évoquent les dernières heures de l'auteur du "Petit prince". Devant les caméras du Groupe Nice-Matin, Jean-Claude Bianco (le pêcheur qui a retrouvé la gourmette au large de Marseille), Philippe Castellano (le plongeur qui a authentifié l'épave de l'avion), le journaliste Hervé Vaudoit et le réalisateur Daniel Ravoux confrontent leurs points de vue sans langue de bois.
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00:30Soyez les bienvenus sur le plateau de notre histoire, émission du groupe Nice Matin, émission exceptionnelle consacrée au commandant Antoine de Saint-Exupéry, aviateur, écrivain et qui est intimement lié au Grand Sud-Est, vous le savez certainement.
00:48Une émission qui fait écho à notre hors-série, le hors-série du groupe Nice Matin, en kiosque, 24 pages consacrées au dernier rebondissement, aux polémiques, à l'histoire de la gourmette, à celle de la découverte de l'épave.
01:03Autant de sujets que nous allons aborder dans cette émission exceptionnelle avec des invités, les meilleurs spécialistes de notre région, réunis par Lionel Paoli qui lui est notre spécialiste Maison à Nice Matin et qui a orchestré ce grand hors-série consacré à l'un des plus grands écrivains français.
01:21Absolument, et nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui Jean-Claude Bianco, ancien patron pêcheur, c'est vous qui avez retrouvé la gourmette de Saint-Exupéry au large de Marseille le 7 septembre 1998.
01:32Vous avez raconté votre expérience dans un livre, Le mystère englouti, qui a été publié aux éditions Ramsey.
01:38Philippe Castellano, vous êtes plongeur amateur notamment, vous avez authentifié l'épave de l'avion de Saint-Exupéry, c'était le 27 septembre 2003.
01:46Vous en avez tiré un récit en deux tomes, Saint-Exupéry, journal d'une enquête et La vérité jaillit des profondeurs, paru aux éditions RIC.
01:56Hervé Vaudois, journaliste et essayiste, vous êtes notamment co-auteur avec Philippe Castellano et Alexis Rosenfeld de Saint-Ex, la fin du mystère, publié aux éditions Philippe Aki.
02:06Et enfin, Daniel Ravoux, vous êtes scénariste et réalisateur, vous travaillez depuis plusieurs mois à l'adaptation de cette fascinante histoire
02:14qui devrait être portée à l'écran fin 2026, début 2027.
02:18J'espère.
02:20Merci à vous.
02:21Plus quand même que des mois qu'on travaille dessus.
02:23Alors on va y revenir évidemment puisqu'on va consacrer une large partie de cette émission à votre film.
02:28Merci messieurs d'avoir accepté cette invitation, c'est assez exceptionnel de vous réunir tous en même temps sur le même plateau.
02:35Donc merci d'avoir joué le jeu.
02:37On va commencer avec vous, Jean-Claude Bianco.
02:39Vous aviez environ une chance sur 10 milliards de découvrir cette fameuse gourmette.
02:45Comment ça s'est passé ? Racontez-nous.
02:47Eh bien, ce jour-là, c'était mauvais temps.
02:50Ils ont un très très très gros mauvais temps et ça faisait plusieurs jours qu'ils faisaient mauvais temps.
02:54Donc si on ne pêche pas, on ne mange pas.
02:56Alors j'ai dit à mon équipage, les gars, on va essayer d'offrir un coup de chalut au large des Calanques parce qu'ils ne se rendent pas à l'abri.
03:03Le vin devait tourner au Mistral.
03:05Donc on fait route, on va à l'île de Rioux, à l'archipel de Rioux, qui se trouve au large de Sormiou.
03:11On largue le chalut très près de la côte, très près de Rioux.
03:15Et on traîne le filet pendant à peu près deux heures.
03:18Et le chalut est un filet qui traîne le fond de la mer et qui ramasse tout ce qui s'y trouve, des pierres, des bombes, des mines, tout ce qu'il y a au fond.
03:26Et au bout de deux heures, on met le chalut à bord.
03:28Et effectivement, c'était vraiment mauvais temps.
03:31Et je regarde ce qu'il y avait comme poisson, il n'y avait pas grand-chose.
03:35Alors j'ai dit à l'équipage, on va essayer de faire un deuxième coup si on y arrive.
03:38Et après on se barre parce que ça ne va plus.
03:40Et donc on remet le chalut, toujours au pied de l'île de Rioux, plus ou moins une interdite d'ailleurs.
03:46Mais bon, on débite à l'infant de 100 mètres, donc voilà.
03:50La prescription 98.
03:51La prescription.
03:53Et donc là, on chalute pendant trois heures.
03:55Donc on parcourt en gros 20 kilomètres.
03:58Au bout de ces trois heures, il tombe un orage, mais un orage que je n'ai jamais vu dans ma vie.
04:02Jamais.
04:03Il tombe des trombes d'eau.
04:05On met le chalut à bord en catastrophe.
04:07On vide la poche sur le pont du bateau.
04:10Je jette un coup d'oeil.
04:11Puis je m'abarre vite.
04:12Je vais à la passerelle.
04:13J'embraye.
04:14Je fais route pour entrepôts.
04:15Et l'équipage se met à trier le poisson.
04:18Deux mires après, mon seconde qui s'appelait Habib.
04:20Habib Ben Amor, qui était punisien, qui est décédé malheureusement personnel,
04:26vient me rejoindre la passerelle.
04:28Il me dit, Jean-Claude, j'ai trouvé le gourmet.
04:30Alors je dis, bon, on est en or.
04:31Il s'est étonnant, on a gagné la journée.
04:33Il me dit, non, non, non.
04:34Il me dit, il est en argent.
04:35Il y a quelque chose à marquer dessus, mais je ne vois pas ce que c'est.
04:38Et là, il m'explique que la gourmet était insérée dans une concrétion, un dépôt calcaire.
04:44Et il y avait un petit maillon comme ça qui s'est mis à briller.
04:47Alors que, je vous dis, il n'y avait pas de soleil puisqu'il pleuvait à trois ans.
04:51Ce maillon a brillé.
04:52Donc la concrétion, au lieu de la rejeter à la mer, il a foutu de côté sur le pont.
04:58Quand il a fini son boulot, il a pris un marteau et il a cassé la concrétion.
05:01Et dedans, il se trouvait le gourmet en argent.
05:04Il y a quelque chose à marquer, mais il n'arrivait pas à lire la foule dans la poche.
05:07Il m'a la porte à la passerelle.
05:08Alors, je prends la gourmet, entre les doigts, je mouille mon doigt, puis je frotte.
05:13Et de ce coup, je vais apparaître Antoine.
05:15Alors, je me tourne vers la Bible, je dis, tiens, le con qu'il a perdu, il s'appelle Antoine.
05:19Et tous les Antoines, c'est des cons, ils perdent tout, je lui dis.
05:22Et je lui dis ça, c'est mon deuxième prénom.
05:24C'est pour ça que je me suis dit de dire ça.
05:27Et puis, Antoine, Antoine comment ?
05:28Alors, je remouille mon doigt, puis je refrotte encore.
05:30Et là, apparaît cet exupérit.
05:33Donc là, ça fait-il tout de suite ?
05:35Pas tout à fait sur le coup, j'ai dit, c'est une pub.
05:38Après, une pub sur de l'argent, ça m'étonnerait.
05:41Et je suis étonné qu'à moitié, parce qu'un an et demi auparavant,
05:45on m'avait loué mon chalutier pour remonter des morceaux d'avion en Bédala-Ciota.
05:50C'était M. Cassel à nous et son équipe qui m'avaient loué mon bateau
05:54pour remonter des morceaux d'avion, pensant que ce serait bien cette exupérit.
05:58Un an et demi avant la gourmette.
06:00Et là, je ne comprends plus rien du tout.
06:02Alors, je me fais amener un truc, on nettoie les casseroles,
06:06je nettoie bien la gourmette, et là, je vois, Antoine, cette exupérit,
06:09entre parenthèses, à côté, Consuelo.
06:12J'y suis plus tard que c'était sa femme.
06:13Selon moi, je ne savais pas.
06:15Dessous, Reynald Hitchcock, 386, 4ème avenue, New York City, USA.
06:21Je ne sais plus tard que Reynald Hitchcock, c'était les éditeurs du Petit Prince,
06:24qui avait offert ce gourmette à Saint-Exupérit, en 1944,
06:29quand il a écrit le Petit Prince.
06:31Et donc, cette gourmette, vous la ramenez chez vous,
06:33j'imagine que vous la mettez dans votre poche,
06:34et là, vous n'avez pas eu la tentation de la garder pour vous ?
06:37Pas du tout, non, absolument pas.
06:40Dès que je suis arrivée à la maison, je dis à ma compagne,
06:42je dis, tiens, elle me dit, tu vas me faire quoi, ce gourmette ?
06:44Je dis, je vais aller au frère, mon petit-fils.
06:46Elle est née de mes petits-enfants.
06:48Ma copine, il me dit, il est fou, il va réfléchir un petit peu.
06:52Et là, je dis, ça, on va me passer, je vais réfléchir.
06:55Donc, je vois mon passiste,
06:57et c'était l'époque où j'ai sorti le film, le Titanic.
07:01Et au bout du deuxième passiste, je me disais, mais attends,
07:03on a trouvé la gourmette, on va retrouver l'avion,
07:05on va faire un film, et là, je voyais des dollars tombés de partout.
07:09Ils ne sont pas tombés, les dollars.
07:11On va y revenir, parce que le film,
07:13le film va aussi
07:16vous emmener vers cette ambition
07:19de médiatiser votre histoire.
07:22Mais d'abord,
07:23Philippe Castellano,
07:25un mot sur le moment
07:27où vous partez à la recherche
07:29de l'épave.
07:31Très vite, avec le président de la COMEX,
07:34Henri Germain Deloze,
07:35vous décidez de mener cette expédition.
07:37Vous pensiez que c'était l'affaire de quelques semaines,
07:40mais ça a été plus long que prévu.
07:41Ça parle de la découverte de la gourmette ?
07:44Alors, absolument.
07:44Sans la découverte par Jean-Claude
07:47et son équipage de la gourmette,
07:50peut-être qu'aujourd'hui, on ne le saurait toujours pas.
07:52Ça, c'est une première chose.
07:53Et ça a été l'élément déclencheur, bien évidemment.
07:56Et il est évident...
07:56Alors, au niveau expérience avec notre association,
07:59qui a été déclarée officiellement en 1993,
08:02ça fait donc aujourd'hui plus de 45 ans
08:04que nous faisons de la recherche
08:05sous-marine, sur mer,
08:08en terre, sur terre, à la campagne,
08:09en montagne, sur les crashs
08:11et les histoires d'avions de la Seconde Guerre mondiale.
08:13Donc, je suis...
08:15Suite à ce que vient de dire Jean-Claude,
08:16l'année précédente, on avait loué son bateau
08:18pour travailler sur l'avion de la Ciota,
08:20le pétan de la Ciota,
08:21Jean-Claude me contacte
08:23et il me dit, « Philippe, on a remonté
08:26la gommette en temps de Saint-Exupéry. »
08:28Alors, bien sûr, je me mets à sourire.
08:30Je dis, « On n'est pas le 1er avril. »
08:32Il me dit, « Ah, on n'est pas le 1er avril ? »
08:33Eh bien, samedi, tu es là,
08:34on a rendez-vous à la Comex avec M. Delos.
08:37Alors là, déjà, je comprends
08:38que si j'ai rendez-vous à la Comex avec M. Delos,
08:39c'est qu'il se passe quelque chose d'important.
08:41Je me rends au rendez-vous, nous disons,
08:42il y a d'ailleurs Pierre Becker qui est avec nous,
08:44ce jour-là.
08:45Donc, on se retrouve chez Henri Germain Delos,
08:47Pierre Becker, Jean-Claude et moi.
08:50On se retrouve exactement comme nous sommes ici.
08:53Et M. Delos va sortir cette petite pochette,
08:56et c'est fabuleux, en serpent.
08:58Il a une pochette en peau de serpent rouge,
09:00donc le serpent, on retrouve ce fameux...
09:03cet épitaphe, serpent.
09:05Et à l'intérieur, il a la gourmette.
09:07Alors, je l'ai en main,
09:09c'est très particulier d'avoir un tel objet dans la main,
09:13surtout en sachant que ça représente.
09:14Et là, déjà, je sais que c'est un vrai bijou,
09:16mais je ne vais pas développer sur le bijou, bien entendu.
09:18Je sais que c'est un vrai bijou,
09:20et je fais part de notre expérience
09:21au niveau de l'association aérolique en disant,
09:24M. Delos, Pierre, Jean-Claude,
09:26si on retrouve ce genre d'objet,
09:28on a déjà retrouvé, nous, en montagne,
09:29sur un site de crash d'avion,
09:30une gourmette en or.
09:31Ça tient un truc qui est à terre.
09:32Donc, ça veut dire que pour vous,
09:33l'épave n'est pas loin.
09:34Voilà.
09:35Si la gourmette a été retrouvée là,
09:37c'est que l'avion devrait être sur le secteur.
09:41Effectivement, les recherches sont lancées.
09:43Henri Germain Delos me dit,
09:45Philippe, il a voulu que je le tutoie,
09:47parce que moi, je respectais le monsieur que c'était.
09:49Il a voulu que je le tutoie.
09:50Il me dit, Philippe, tu viens sur notre bateau,
09:52on fait les recherches, tu participes,
09:54tu connais ce type d'avion,
09:56moi, je ne sais pas trop ce que c'est,
09:58comme cela, tu pourras nous aider.
10:00C'est comme ça que les recherches démarrent.
10:01Et effectivement, au bout de,
10:03en moins de trois semaines,
10:04on était certain que cela allait être gagné.
10:07Et ce n'est pas le cas.
10:08Et vous vous êtes fait, si j'ose dire,
10:09grillé par un plongeur marseillais,
10:11Luc Vandrel,
10:12qui est finalement l'inventeur de l'épave,
10:14qui va la découvrir.
10:15Arrêtez vos doigts, vous étiez aux premières loges,
10:17vous couvriez à l'époque cette affaire pour la Provence,
10:20le journal marseillais,
10:21et vous étiez en contact avec Luc Vandrel.
10:23Vous avez été un des premiers
10:24à savoir que l'épave avait été retrouvée,
10:28sans certitude que ce soit la bonne.
10:30Oui, je crois avoir été le premier,
10:31d'ailleurs, puisque c'est Luc Vandrel lui-même
10:32qui avait pris contact avec moi,
10:34parce qu'on avait un ami commun
10:35qui était plongeur professionnel comme lui,
10:36et qui avait confiance en moi.
10:40Luc m'a expliqué après coup,
10:42à l'époque où Jean-Claude a retrouvé la gourmette
10:45en septembre 1998,
10:46lui travaillait sur la Grotte Coscare,
10:47il a été le directeur scientifique de la Grotte Coscare
10:49pendant de nombreuses années,
10:51et il est trouvé très étrange
10:52qu'Henri Deleuze balaye la rate de Marseille
10:55avec des sonars derrière son bateau.
10:59Et donc ça lui a mis la puce à l'oreille,
11:01il se demandait ce qu'il faisait là.
11:02Et le jour où mon article a été publié
11:04par la Provence en octobre 1998,
11:08il a fait le lien entre un avion
11:11que son père lui avait indiqué
11:12avoir découvert au pied d'un rocher
11:15à côté de l'île de Rue
11:16où il s'appelle le Grand Congloué,
11:18et donc il est retourné sur ce site-là,
11:20il a refait des photos,
11:21il a cherché à les identifier.
11:22A l'époque, il pensait que c'était plutôt
11:24un avion allemand,
11:25puisque l'immense majorité des épaves
11:27d'avions de la Seconde Guerre mondiale
11:28en rate de Marseille sont des avions allemands,
11:30puisque c'est là que la bataille se jouait,
11:35il y avait très peu d'avions alliés.
11:38Et donc il avait surtout cherché
11:39à l'identifier au début dans les années 80
11:41comme un avion allemand,
11:42il n'y était pas arrivé.
11:43Et donc là, il avait pris contact
11:44avec des associations d'anciens pilotes
11:46de Lightning qui lui ont confirmé,
11:49pas rapidement,
11:50parce que d'après ce qu'il m'avait expliqué,
11:51l'approche avait été un peu compliquée
11:53avec les vétérans de la Deuxième Guerre mondiale,
11:56mais au bout de quelques mois,
11:57on lui avait certifié
11:58que les morceaux qu'il avait photographiés
12:00au brond de l'eau appartenaient bien à Lightning.
12:02Alors quand vous apprenez,
12:03c'est une question collective,
12:04quand vous apprenez que c'est peut-être
12:05l'avion de Saint-Aix,
12:07vous réagissez comment ?
12:08Jean-Claude ?
12:09Moi, j'étais persuadé
12:12que c'était un Saint-Aix,
12:13ça ne pouvait être que ça.
12:15Où j'avais l'argument de Chalut,
12:16ça correspondait tout à fait
12:17où Luc a trouvé les morceaux d'avion.
12:20Mais je le dis toujours,
12:21je le répète,
12:22sans M. Castellanon
12:24et son équipe qui ont trouvé les numéros,
12:27c'était un morceau de ferraille
12:28qu'elle avait trouvé,
12:29tout simplement.
12:30Il faut mettre l'église
12:32au centre du village.
12:33Vous voyez ce que je veux dire ?
12:34Voilà.
12:36Alors, ça a été marrant,
12:38puisqu'effectivement,
12:39Luc Vanvael a d'abord contacté Hervé,
12:41ça c'est vrai,
12:42et puis il était ennuyé,
12:44parce que ce n'est pas un spécialiste,
12:47voilà,
12:47il est très bon plongeur,
12:48ça par contre, c'est certain,
12:50c'est un professionnel d'ailleurs,
12:51au niveau plongée,
12:52mais ce n'est pas un spécialiste en aviation,
12:54voilà.
12:54Et les détails d'un avion
12:55qui a été chaluté,
12:57qui est détruit,
12:58qui a plusieurs morceaux,
12:59liés aussi,
13:00lorsqu'il a percuté à l'époque
13:01la surface de la mer,
13:04il est disséminé sur le fond,
13:05sur une longueur d'environ 800 mètres,
13:07il y a des morceaux épares,
13:09il est difficile de prouver,
13:11alors déjà,
13:13il y a certains vestiges
13:13qui m'ont fait comprendre,
13:15je vais y revenir,
13:16m'ont fait comprendre
13:17que c'était un P-38 Lightning
13:18avec une certitude,
13:19le turbo-compresseur,
13:21la jambe de train de roue,
13:22parce que les avions,
13:23ils...
13:23Ça c'est rapide,
13:25rapidement vous arrivez à...
13:27Oui, oui.
13:27Donc ça veut dire que très vite
13:28vous êtes quand même
13:28sur la piste de la Vex.
13:30Alors,
13:31voilà,
13:31c'est...
13:32Oui,
13:32ça c'est le petit raccourci.
13:34Lorsque Luc Van Rael
13:35contacte un ami,
13:36Jean-Pierre Jean Choré,
13:37qui était le grand spécialiste
13:38des épares en Méditerranée,
13:39il lui demande,
13:40il dit,
13:40tu ne connais pas quelqu'un
13:41qui s'y connaît bien
13:42en moteur d'avion,
13:43en avion,
13:44sur Madame Mondiale ?
13:45Et Jean-Pierre lui dit,
13:46contacte Philippe Castellano.
13:48Mais Philippe Castellano,
13:49le problème,
13:49il travaillait avec
13:50Henri Germain de Lose déjà,
13:52on travaille déjà avec Hervé,
13:53avec Jean-Claude,
13:54et Luc,
13:55ça le gênait.
13:56Ça le gênait,
13:57mais il a été obligé
13:58à ce moment-là,
14:00à cette époque,
14:00d'entrer en relation
14:02avec moi
14:02par le biais
14:03de Jean-Pierre Jean Choré.
14:03Mais disons les choses simplement,
14:04il y a une forme de concurrence
14:05entre les personnes
14:06qui recherchaient cette épave.
14:08Il y avait un culte du secret.
14:09Mais imaginez,
14:10celui qui découvre l'épave,
14:12il est évident
14:12que c'est pour la postérité.
14:14En plus,
14:16Luc Van Rael
14:16est l'inventeur de l'épave.
14:18Il a déclaré
14:19qu'il sera jusqu'à la fin
14:20des siècles et des siècles
14:22qu'il sera toujours lui
14:22l'inventeur de l'épave.
14:23Ça, c'est un dénième.
14:24Et vous, M. Castellano,
14:25par déduction,
14:26vous déduisez assez rapidement
14:27que ça ne peut être
14:28que l'avion de Saint-Exupéry,
14:30puisqu'il y avait
14:31un certain nombre
14:31de P-38
14:33qui avaient disparu,
14:34les autres étaient identifiés,
14:35donc ça ne pouvait être,
14:36selon vous,
14:37que celui-ci,
14:38mais encore fallait-il
14:38le prouver.
14:39Absolument.
14:40Alors,
14:40effectivement,
14:41on ne fait pas
14:42un claquement de doigts,
14:42tiens,
14:43c'est l'avion de Saint-Exupéry,
14:44même si elle a gourmède à côté.
14:45Oui.
14:45Malgré tout.
14:46Malgré tout.
14:47Il est vrai que nous,
14:48depuis des années
14:49d'expérience,
14:50de recherche sur le terrain,
14:51d'archives notamment,
14:53j'avais étudié les pertes
14:54de vraiment
14:54plus de 250
14:56épaves d'avions,
14:58principalement américaines
14:59de la Seconde Guerre mondiale
14:59dans le sud de la France.
15:01Ça, c'est clair.
15:02Et les P-38 Lining,
15:03j'ai réussi,
15:04avec bien sûr
15:07des informations,
15:08j'ai réussi à faire
15:08un listing,
15:10mais qui est d'une précision
15:11intouchable.
15:13Et dans ce listing,
15:15tous les P-38 Lining,
15:16il y en a 42
15:17qui sont tombés
15:18dans le sud de la France,
15:19sur terre et en mer.
15:2142.
15:21Il n'y en a pas.
15:2243,
15:23il n'y en a pas 41,
15:24il y en a 42.
15:25Et sur ces 42,
15:26je me suis attaché
15:28à travailler
15:29sur ceux disparus en mer.
15:30On avait tous
15:31des relations
15:32radar allemandes,
15:33pilote de chasse allemande
15:34qui revendiquait
15:35donc une accréditation.
15:36on avait le retour américain,
15:38les rapports perdus,
15:39il y avait un seul avion
15:40qui n'existait pas,
15:41qui ne devait pas
15:42se trouver à Marseille,
15:43un seul P-38,
15:44je précise le type P-38,
15:46et là,
15:46il y en a un,
15:46il y a la gourmette à côté.
15:47Donc déjà,
15:48effectivement,
15:48pour vous répondre,
15:49je comprends,
15:51et je dis à Luc Van Rael,
15:52je l'informe,
15:53je dis là,
15:54si vous avez trouvé
15:54des morceaux,
15:55ce sont des morceaux
15:55de P-38,
15:56en plus de versions évoluées
15:57de type J,
15:58on reconnaît,
15:59c'est comme tout.
16:00j'ai dit là,
16:01vous avez obligatoirement
16:02l'avion d'Antoine
16:03de Saint-Exupéry
16:04dans les mains.
16:05Et immédiatement,
16:06Luc allait déclarer
16:08l'épave le lendemain
16:09au Noirazm.
16:10Alors,
16:10vous,
16:11ce que vous recherchez,
16:11c'est la preuve formelle,
16:12parce que vous avez
16:13la certitude personnelle,
16:15l'intuition,
16:15mais vous avez besoin
16:16d'une preuve,
16:17et cette preuve,
16:18c'est le numéro de série ?
16:19Absolument,
16:20il y a deux numéros
16:21principaux à découvrir
16:23sur une épave d'avion,
16:24c'est un peu comme
16:24une voiture,
16:25c'est très facile,
16:26vous avez la plaque
16:27d'immatriculation,
16:30qui correspond au numéro
16:32militaire de l'avion,
16:33le 42-68-223,
16:35et vous avez,
16:35quand vous levez
16:36le capot d'une voiture,
16:36vous avez une plaque
16:37avec tous les numéros
16:38d'usine,
16:39tout simplement.
16:40Et là, pareil,
16:40le numéro d'usine
16:41de cet avion
16:42était le numéro 27-34.
16:44Il fallait trouver
16:44soit un numéro
16:45qui se termine par 223
16:47ou 68-223
16:48ou 42-68-223,
16:50soit trouver surtout
16:51le 27-34.
16:53Il était plus facile
16:54de trouver le 27-34
16:56parce que c'est un numéro
16:56de traçabilité
16:58qui est gravé
16:59ou peint
17:00à plusieurs endroits
17:01sur l'avion.
17:02Donc, pour bien
17:02qu'on comprenne,
17:03parce que,
17:04dit comme ça,
17:04ça a l'air simple,
17:05mais on parle d'une épave
17:06qui est sous la mer
17:06depuis plus de 60 ans,
17:08d'un avion qui a été
17:08pulvérisé par le choc,
17:10donc c'est un peu plus compliqué
17:11qu'une voiture accidentée
17:12hier matin.
17:13C'est vraiment
17:13un énorme challenge à faire.
17:15Et vous cherchez
17:16avec votre équipe
17:17entièrement,
17:18vous examinez les peurs
17:20et à un moment donné,
17:21vous trouvez ce numéro-là.
17:22Et là,
17:22qu'est-ce qui se passe
17:23dans votre tête ?
17:24Alors, écoutez,
17:25c'est un moment
17:25tout comme Jean-Claude
17:27l'a été avec
17:27le gouvernement de la Gourmette
17:28quand il a compris,
17:30tout comme Hervé
17:31quand il a compris
17:31ce qui se passait aussi
17:32dans l'équipe,
17:33tout comme tout le monde.
17:35Écoutez,
17:36lorsque le numéro
17:37est découvert
17:37par Brian...
17:39On est en 2003,
17:40c'est ça ?
17:41En 2003,
17:41le 27-7.
17:42Voilà,
17:43c'est-à-dire
17:43qu'on est 5 ans
17:43après l'affaire
17:46de la Gourmette.
17:47C'est aussi pour replacer
17:48dans son contexte
17:50temporel.
17:51Il y a des raisons,
17:51ce contexte temporel,
17:52il y a des raisons.
17:53Non, mais aucun souci,
17:54mais ça a été long.
17:55Absolument.
17:55Si ça a été long,
17:56c'est parce que
17:57pendant 5 ans,
17:57les autorités maritimes
17:59ont interdit
17:59d'aller chercher
18:01et remonter
18:01à la surface
18:02les morceaux des pavres.
18:03qui ont mis
18:03les ayants droit.
18:05On va revenir...
18:06C'est la question d'après.
18:08Alors,
18:09effectivement,
18:09lorsque Brian
18:10nous appelle
18:11avec Christian et Daniel,
18:13j'ai trouvé un numéro
18:14à 4 chiffres,
18:15il a l'air important,
18:16de suite,
18:17battement de cœur,
18:18puisque ça fait des années
18:20que depuis sa disparition,
18:21plus de 50 ans à l'époque,
18:22quand Antoine Sainte-Gulpère
18:23a disparu,
18:24battement de cœur.
18:24Je peux vous assurer,
18:26on s'est regardé
18:26tous les 4,
18:28et il y a eu un temps mort.
18:29Un temps mort,
18:30on était dans l'atelier
18:31Géocéan,
18:32un atelier de travaux
18:33sous marée Géocéan,
18:34un calme complet,
18:35on s'est arrêté de parler,
18:37ça a été un choc.
18:39Et d'un coup,
18:39un compresseur,
18:40un compresseur automatique
18:42se met en route,
18:42là, le deuxième choc,
18:44et on se dit,
18:45vite,
18:45on va analyser,
18:46j'ai toute la documentation technique
18:47avec tous les numéros
18:48qui correspondent aux correspondances,
18:50et là,
18:50on les a lus une fois,
18:51deux fois,
18:52trois fois,
18:52on les a refaits quatre fois
18:53pour ne pas se tromper.
18:55Et là, ça y est,
18:55on avait trouvé le numéro.
18:57Alors, Jean-Claude Bianco,
18:58on va y revenir sur les polémiques,
19:00on vous a traité de beaucoup de choses,
19:02j'imagine que vous lui téléphoniez,
19:04là, vous apprenez,
19:05c'est sûr,
19:05on en a la preuve,
19:06on a le numéro,
19:07c'est bien l'avion de Saint-Exupéry,
19:08comment vous réagissez à ce moment-là ?
19:10Très simplement,
19:11dans ma vie,
19:12il m'est arrivé de pleurer
19:13comme tout le monde,
19:14ce soir-là,
19:15et j'allais à la chair de poule
19:17rien qu'à en parler,
19:18ça a été les grandes zones.
19:21Parce que passer pendant 5 ans
19:23pour un menteur
19:23aux yeux du monde entier,
19:25croyez-moi,
19:25c'est dur à supporter.
19:28D'ailleurs,
19:28j'ai failli en mourir,
19:29si ça vous intéresse,
19:30je vous raconterai l'histoire après.
19:31Alors,
19:31je fais une petite parenthèse
19:32avec M. Ravoux,
19:34Daniel Ravoux,
19:34parce qu'on va beaucoup parler
19:36avec vous à la fin de cette émission,
19:36mais là,
19:37au point où on en est maintenant,
19:40on comprend que vous soyez intéressé
19:41à cette histoire,
19:42elle est complètement romanesque.
19:44Le pêcheur qui découvre la gourmette,
19:46qui est traité de menteur,
19:48l'équipe du Sud qui enquête,
19:52on met du temps à authentifier,
19:54c'est absolument romanesque,
19:57et l'envie aussi de vous projeter
20:00du côté du pêcheur,
20:01on la comprend,
20:02là,
20:02quand on entend ces témoignages.
20:05Oui,
20:06moi,
20:06ce qui m'a vraiment emballé,
20:08en même temps,
20:10surpris,
20:10c'est cette notion d'injustice
20:12qui a pesé sur les épaules
20:14de Jean-Claude
20:14pendant toutes ces années.
20:16Et je pense que le principal sujet du film,
20:18c'est pas Saint-Exupéry,
20:19c'est Jean-Claude.
20:21Et c'est ça qui m'intéresse,
20:22moi,
20:22c'est de lui donner la parole,
20:24c'est-à-dire de rendre compte
20:26de ce qu'il a souffert,
20:27des trahisons,
20:28des uns et des autres.
20:29Alors évidemment,
20:30la découverte de la gourmette,
20:31c'est formidable,
20:32ça a été identifié.
20:33D'ailleurs,
20:34une chose que,
20:35excuse-moi,
20:35t'as pas dite,
20:36c'est que l'avion de Saint-Exupéry,
20:37il avait une particularité,
20:39c'est qu'il n'était pas armé.
20:40Absolument.
20:41Voilà.
20:41C'est des bonnes reconnaissances.
20:42Ce qui aurait été d'ailleurs surprenant,
20:44c'est que celui que vous avez repêché
20:46à la Ciota,
20:47vous aviez eu tout de suite
20:48de voir qu'il était armé.
20:50Il n'y avait pas d'armement dessus.
20:51Ah, il n'était pas armé celui-là aussi ?
20:52Non.
20:52Mais ce n'était pas
20:53un avion de reconnaissance,
20:54celui-là.
20:54C'était un avion de chasse,
20:55mais le nez n'existait plus,
20:56il avait été chargé.
20:56Ah, d'accord.
20:57Il n'était pas d'experts.
20:59Pour bien qu'on comprenne
21:00ce qui a créé polémique à l'époque.
21:02Parce qu'on va revenir
21:03sur les polémiques.
21:04On va en parler effectivement,
21:05mais la gourmette,
21:06on l'a dit,
21:06a été découverte en 1998.
21:08L'autotentification de la gourmette
21:10par la famille,
21:11c'est en 2004,
21:12c'est bien plus tard.
21:14Il y a eu six ans,
21:15six années,
21:15où Jean-Claude,
21:16vous avez supporté
21:17beaucoup de choses.
21:18On va en parler après.
21:19Sur la raison de ce retard,
21:21en fait, à l'allumage,
21:21on a interrogé Olivier Daguet,
21:23le petit-neveu
21:23d'Antoine de Saint-Exupéry,
21:25qui nous donne sa version
21:27qu'on écoute tout de suite.
21:29Nous, la gourmette,
21:30on l'a mise dans un coin
21:31et puis voilà.
21:32Et il a fallu que,
21:34Luc Van Rael
21:36retrouve,
21:38identifie avec le drasme
21:40les pièces de l'avion
21:41pour que là,
21:43il y avait une forte probabilité
21:45quand même,
21:45puisque c'était dans un endroit
21:46à proche,
21:47à proximité,
21:48que la gourmette soit vraie.
21:50Après, on a fait des recherches,
21:52on l'a fait analyser
21:53par le FBI,
21:55la gourmette,
21:56qui nous a confirmé
21:57qu'elle aurait pu séjourner
21:58dans l'eau 60 ans,
22:0070 ans.
22:02On a fait des recherches aussi
22:03sur des photos
22:04et puis petit à petit,
22:06on s'est convertis
22:10à cette histoire
22:11et un jour,
22:12moi,
22:12quand j'ai pris la succession,
22:13c'était vers 2004,
22:16il y a plus de 20 ans,
22:18j'ai dit,
22:19bon,
22:19maintenant,
22:19ça suffit,
22:20la gourmette,
22:20on va dire qu'elle est vraie,
22:22on va s'excuser,
22:23on va exposer tout ça
22:25au musée de l'air
22:25et de l'espace,
22:26c'était une exposition magnifique,
22:28on va inviter M. Bianco
22:29et puis après,
22:30il y a eu la légion d'honneur
22:31et tout ça.
22:32Alors,
22:32Jean-Claude Bianco,
22:33ce qu'on entend,
22:34c'est deux choses importantes,
22:35c'est la gourmette,
22:36on l'a reçu,
22:36on l'a mis dans un coin
22:37et ensuite,
22:38une phrase importante,
22:39on s'est excusé.
22:41Vous,
22:41qu'est-ce qui s'est passé
22:41dans cet intervalle-là ?
22:42On vous a traité de faussaire ?
22:44Complètement.
22:45Mais aux yeux du monde entier,
22:47chez les coupures de journaux
22:48du New York Times,
22:49dans la Pravda à Moscou,
22:51du Senkei à Tokyo,
22:52je peux vous inciter
22:53ces cas,
22:54je les ai,
22:54je peux vous les montrer,
22:59et à ce moment-là,
23:01je vais vous dire,
23:01j'ai pété une câble carrément.
23:03Pour moi,
23:04ça partait d'une belle histoire
23:05au départ,
23:06et m'avoir traîné
23:06dans la boue comme ça,
23:08moi et ma famille aussi,
23:09mes enfants,
23:10mes petits-enfants,
23:11je ne pouvais pas la supporter.
23:13Donc,
23:13je passais à l'époque,
23:14j'ai fumé un paquet
23:15des gitanes par jour,
23:16je passais à trois paquets,
23:18et les passifs,
23:19je ne les buvais plus,
23:20je les croquais.
23:21Et le temps des courses,
23:22je suis tombé malade,
23:24et gravement malade,
23:25je ne suis pas mort,
23:27traqué haut,
23:28escarbre,
23:28la totale,
23:30quoi.
23:31Je suis trois mois
23:32et demi en clinique,
23:33et trois semaines au commun,
23:35que je dois en partie
23:36à ces messieurs-dames.
23:38Alors,
23:38on va écouter ce que
23:39on a interrogé,
23:40évidemment,
23:40Olivier Daguet,
23:40sur votre vécu.
23:42Voilà ce qu'il en dit.
23:44Pour moi,
23:45c'est vraiment du passé.
23:47J'estime que M. Bianco,
23:48avec toute la reconnaissance
23:49nécessaire,
23:50et même pas de nous,
23:51c'est la reconnaissance nationale
23:52de la République.
23:54Donc voilà,
23:54nous,
23:55là-dedans,
23:56on n'est pas très,
23:56on est beaucoup moins importants.
23:59Et puis,
24:00je vous ai dit,
24:00on a ouvert
24:02cet espace d'exposition
24:05au musée du Bourget,
24:06c'était en 2006,
24:08où il était bien sûr présent.
24:11Et voilà,
24:11après,
24:13moi,
24:13je ne reviens pas sur le passé,
24:14vous savez,
24:15c'est toujours facile
24:16de juger
24:16ce qu'ont fait les autres
24:17avant vous.
24:18Oui, bien sûr.
24:19vouloir réagir.
24:21La H2G est enterrée ou pas ?
24:23Vous avez fait la paix
24:25ou ça reste encore douloureux ?
24:27Non, non, non,
24:27je ne ferai jamais la paix.
24:29Jamais.
24:29Ça, jamais.
24:31Et pour un peu chanter ce qu'il veut,
24:33quand il a dit négligeamment,
24:34on l'a mis de côté,
24:35la gourmère.
24:35Il y avait une...
24:38Moi, on me racontait
24:39vrai, pas vrai,
24:40j'en sais rien.
24:40Il y a une grosse histoire
24:41d'intérêt là-dedans.
24:43Parce qu'il touchait
24:44des dividendes,
24:45je ne vous dis pas de combien.
24:47Et c'est pour ça
24:49qu'il ne voulait surtout pas
24:49qu'on le traitait
24:50de profanateur de sépulture.
24:52Il ne voulait surtout pas
24:53qu'on le touche.
24:54Il est parti dans des étoiles
24:55avec le petit prince
24:56et il nous disait.
24:59Mais moi,
24:59j'étais dans la merde
25:01complètement.
25:02Et ça,
25:03je n'oublierai jamais.
25:03C'est beau.
25:05Alors, sur la recherche
25:06des paves,
25:07Olivier Daguet également
25:08s'est exprimé.
25:09Nous allons l'écouter.
25:11La famille était contre.
25:12La famille...
25:13Alors, à l'époque,
25:13c'était qui la famille ?
25:14C'était ma grand-mère
25:16qui était encore de ce monde.
25:18Et elle était assez contre
25:20parce qu'elle ne voyait pas
25:23la nécessité de retrouver
25:24ce tombeau,
25:28son tombeau.
25:28En gros,
25:29puisque l'avion,
25:29c'est son tombeau.
25:30Et elle préférait la légende
25:32et de rester dans le mythe.
25:35Je ne suis pas...
25:36J'aurais l'air d'être mort,
25:37mais ça ne sera pas vrai,
25:38dit le petit prince à la fin.
25:39Et en fait,
25:40c'est sur ce mythe-là
25:41qu'on vivait tous.
25:43Philippe,
25:43oui,
25:44la vie de nez.
25:45Philippe Castellano,
25:45vous avez été traité
25:46de pierre d'épave
25:47par la famille.
25:48Par la vie de Marine.
25:49Par la famille.
25:51Absolument.
25:51Est-ce que vous comprenez
25:52ce point de vue ?
25:54Non.
25:54Non,
25:55puisque d'abord,
25:56il est relevé là
25:57que la grand-mère
25:59Marie de Saint-Exupéry,
26:01au contraire,
26:02a toujours voulu savoir
26:04où a disparu son fils.
26:05Donc ça,
26:06c'est déjà assez faux.
26:07Et ça,
26:07c'est certain.
26:07Elle a d'ailleurs écrit
26:08un poème qui fait pleurer
26:09quand je le relis encore.
26:11Je ne l'ai pas en tête,
26:12bien entendu.
26:13Donc,
26:13ça,
26:13c'est faux.
26:14Et après,
26:15rechercher des épaves,
26:17comme le drasme,
26:18à l'époque,
26:19M. Patrick Grandjean,
26:20qui était le directeur du drasme,
26:21en présence de la famille,
26:23lorsque l'épave a été officiellement...
26:25Il y avait...
26:26D'ailleurs,
26:26tu étais là,
26:27Hervé,
26:28a été officiellement montré
26:29pour la première fois à la famille.
26:31Il y avait François Giraud-Daguay
26:32et Jean Giraud-Daguay.
26:34Patrick Grandjean
26:35s'est pris une petite remarque
26:37de la famille,
26:38de la part de Jean Daguet,
26:40s'est pris une remarque
26:40sur le fait que,
26:41pourquoi,
26:42on ne l'avait pas contacté
26:43alors que le numéro
26:44avait été retrouvé.
26:46Donc,
26:46il confirmait l'identification
26:47de l'avion.
26:48Et Patrick Grandjean
26:49a eu une remarque
26:49très simple,
26:51mais directe,
26:51en lui disant,
26:52vous savez,
26:52M. Daguet,
26:53tant que l'épave
26:54n'avait pas été remonté,
26:56on ne pouvait pas prouver
26:56que c'était l'avion
26:57de votre oncle.
26:59Par contre,
26:59on ne va pas vous appeler,
27:00c'est les mots
27:01de M. Patrick Grandjean,
27:03on ne va pas vous appeler
27:04chaque fois
27:04qu'il remontait
27:05un morceau d'avion
27:06de la mer.
27:07Il était très clair
27:08à ce sujet.
27:09Jean Daguet
27:10a reconnu
27:11et puis ça s'est calmé
27:13comme ça.
27:13Alors,
27:13Philippe Castiano,
27:14vous qui avez expertisé
27:16l'épave,
27:17quelle est votre conviction ?
27:19Est-ce que le commandant
27:20de Saint-Exupéry
27:20a été abattu ?
27:22Est-ce qu'il a été
27:22victime d'une panne ?
27:24A-t-il voulu mettre
27:25fin à ses jours ?
27:26Vous allez nous répondre
27:27dans quelques instants
27:28parce qu'on a,
27:29évidemment,
27:29vous vous en doutez,
27:29posé la question
27:31à Olivier Daguet.
27:32Pour moi,
27:33oui,
27:33il était abattu,
27:34il n'y a pas d'autres
27:35explications.
27:38Voilà pourquoi
27:38il était là
27:39alors que sa mission
27:41ne le prévoyait pas.
27:43On a eu
27:43des hypothèses,
27:45mais voilà,
27:45c'est la guerre
27:46et il savait très bien
27:47qu'il risquait sa peau
27:48comme des milliers
27:49d'aviateurs
27:51à l'époque.
27:54Philippe Castellano,
27:56vous partagez
27:56cette conviction,
27:57il a été abattu,
27:58c'est certain ?
27:58Alors,
27:59très vaste débat.
28:00Alors,
28:01première chose aussi...
28:01Ah,
28:02il y a débat,
28:02donc.
28:02Comment ?
28:03Il y a débat.
28:03Ah ben oui,
28:04bien entendu.
28:05Par contre,
28:05je ne suis pas pilote,
28:07déjà d'avion,
28:07c'est une première chose.
28:08Je ne suis pas encore moins
28:09pilote militaire et de guerre,
28:10donc j'ai tout le respect
28:11pour ces braves jeunes
28:13de quelle nationalité
28:14soit-il.
28:15Ça,
28:15c'est une chose.
28:17Aujourd'hui,
28:18à ce sujet précis,
28:19personne ne peut confirmer
28:21comment a disparu
28:24Antoine Saint-Exupéry
28:25et valider le fait
28:26que le pilote allemand
28:27Horst Ripper
28:28ait été le vainqueur
28:30d'Antoine Saint-Exupéry
28:31est fortement discutable
28:33pour plusieurs raisons
28:33que je peux développer
28:35si vous le voulez.
28:36Et notamment,
28:37j'ai retrouvé des articles
28:38qui ont été publiés
28:39lorsque M. Ripper
28:41a été interrogé.
28:42C'est le pilote allemand
28:43qui est suspecté,
28:45on pourrait être clair,
28:46d'avoir abattu
28:47Antoine Saint-Exupéry.
28:49Et qui s'est déclaré
28:50en 2008,
28:51donc depuis très longtemps
28:52après le fait.
28:52Très tard du moment,
28:54tout à fait.
28:54Alors,
28:55ce pilote était
28:55un très bon pilote de chasse,
28:57il était sur
28:57Michel Smith BS-109.
29:00Dans toute sa carrière
29:02de Seconde Guerre mondiale
29:03dans le sud de la France,
29:04puis sur le territoire allemand,
29:07puisqu'après,
29:07bien entendu,
29:08les Allemands ont reculé
29:08après le débarquement
29:09de l'opération Dragoon,
29:10il était crédité
29:13de 26 victoires aériennes
29:16au total.
29:17Donc,
29:17c'était un très très bon pilote.
29:19Ça,
29:19c'est indiscutable,
29:20bien entendu,
29:21il était jeune en plus.
29:23Le problème
29:23avec l'affaire
29:25du 31 juillet 1944,
29:27où M. Ripper
29:28effectivement a avancé
29:29que c'était lui
29:30qui avait abattu
29:30l'avion de Saint-Église-Péry,
29:32il y a beaucoup trop
29:34d'incohérences
29:35dans ce qu'il avance,
29:36ce qu'il a avancé aussi,
29:38notamment dans des interviews
29:40qui sont discutables.
29:42Je ne dis pas
29:43c'est lui,
29:43ce n'est pas lui.
29:44Au niveau archive,
29:45une chose est certaine,
29:47il n'existe absolument,
29:48je dis bien absolument,
29:50ce n'est pas que de moi,
29:51puisque beaucoup
29:51d'historiens,
29:52même de très haut niveau,
29:54ont fait des recherches
29:54très poussées
29:55sur la disparition
29:56d'Antoine Saint-Église-Péry.
29:59Il n'existe aucune archive,
30:01je dis bien aucune,
30:02concernant
30:03cette possible victoire.
30:06Nous avons
30:07plusieurs revendications
30:09de victoire allemande
30:10créditées à des pilotes.
30:12Au 31 juillet 1944,
30:14il n'y en a aucune.
30:15Ça n'existe pas,
30:16tout simplement.
30:18M. Ripper
30:18a avancé,
30:19il a avancé
30:20plusieurs choses
30:23différentes
30:24pour la même histoire.
30:25Par exemple,
30:26au tout début,
30:26quand on l'a rencontré,
30:27surtout mon ami
30:29Lino von Gardzen,
30:30c'est lui qui a retrouvé
30:31Horst Ripper,
30:32a pris de longues recherches,
30:34qui habite aussi
30:34en Bavière,
30:35Lino.
30:38Lino
30:38le questionne,
30:40lui demande,
30:41et M. Ripper,
30:42au tout début,
30:43il dit,
30:43oui,
30:43on a décollé à deux,
30:44nous étions deux,
30:45de Marignane,
30:47et j'ai perdu mon hélié.
30:48Alors,
30:49la question est,
30:49mais comment vous vous êtes dirigé
30:51sur un avion ennemi ?
30:52Vous y allez comme ça ou quoi ?
30:53Pas du tout.
30:54Ce sont les radars
30:54qui captent
30:55qui a un écho,
30:56un ennemi,
30:57qui n'est pas reconnu,
30:58en tout cas comme ami,
30:59et on dépêche deux avions de chasse,
31:01toujours,
31:02très important,
31:03deux avions de chasse,
31:04toujours.
31:04ils sont là pour s'aider,
31:06ils ne partent jamais seuls.
31:07Donc,
31:07sans partir dans tous les détails techniques,
31:09mais en gros,
31:10pour vous,
31:10il y a un doute,
31:11ce n'est pas l'avis d'Olivier Daguet
31:13que nous écoutons.
31:14Très bien.
31:14ce qu'il y a d'extraordinaire,
31:16c'est que mon oncle,
31:19notre président,
31:20François Daguet,
31:20qui est décédé l'année dernière
31:21à 99 ans,
31:22le neveu et fillet
31:23d'Antoine de Saint-Désupéry,
31:24a rencontré
31:25Hans Trippet.
31:26Et donc,
31:27ils se sont dit
31:28des choses
31:28et ça a été
31:31une rencontre
31:31incroyable.
31:33Et en sortant
31:34de la rencontre,
31:36mon oncle était convaincu
31:37qu'en effet,
31:38c'était
31:39l'auteur
31:40butir,
31:40fatidique.
31:42Voilà,
31:43donc une rencontre
31:43avec vos doigts,
31:44vous aussi,
31:44vous connaissez bien
31:45le dossier,
31:47une rencontre
31:48selon la famille.
31:51Quel est votre avis,
31:51déjà ?
31:52Et s'il n'a pas été
31:53abattu par Horstripper,
31:54est-ce qu'il peut avoir
31:55été abattu par quelqu'un d'autre ?
31:56Est-ce qu'il peut
31:57s'être
31:58abîmé
31:59après une panne
32:01ou avoir choisi
32:02de mettre fin à ses jours ?
32:03Ça aussi,
32:04c'est une hypothèse
32:06qui a du crédit.
32:07Alors,
32:08pour ce qui me concerne,
32:09il n'y a que
32:09deux hypothèses
32:10qui tiennent vraiment
32:11la route,
32:11c'est effectivement
32:12Horstripper.
32:13Moi,
32:13je ne vois pas
32:14beaucoup d'incohérence
32:14dans ce qu'il a pu dire.
32:16Ensuite,
32:16il ne faut pas oublier
32:17que son témoignage
32:19intervient en 2008,
32:20donc très longtemps après.
32:21C'était déjà
32:22un vieux monsieur
32:22qui a eu
32:23une assez brillante
32:24carrière de journaliste
32:25à la télé allemande
32:26après la deuxième guerre mondiale.
32:28On peut lui faire crédit
32:29d'avoir une mémoire
32:30pas totalement
32:32nickel
32:33pour des événements
32:35qui se sont passés
32:3660 ans plus tôt.
32:37Pour moi,
32:39l'hypothèse du suicide
32:40est complètement farfelue
32:42dans la mesure
32:42où ça ne correspond
32:43tellement pas
32:44à la personnalité
32:47de Saint-Exupéry,
32:47qui était quand même
32:48un aristocrate
32:49très patriote.
32:50s'il avait eu
32:53un temps soit peu
32:54envie de se suicider,
32:56les tenants
32:57de cette hypothèse
32:57s'appuient
32:58sur les derniers courriers,
33:00les dernières lettres
33:00qu'il a pu envoyer
33:01où il a un ton
33:02un peu désespéré.
33:03Mais s'il avait dû se suicider,
33:05je ne pense pas
33:05qu'il l'aurait fait
33:06aux commandes d'un avion
33:07dont il savait l'importance
33:08dans le cadre d'une guerre.
33:10Il savait qu'on préparait
33:11le débarquement
33:12en Provence.
33:14Ensuite,
33:15le fait que Rippert
33:16ait été seul sur le coup,
33:18il ne faut pas oublier
33:18qu'on est le 31 juillet 1944,
33:20que ça fait déjà deux mois
33:21que les Américains
33:22ont débarqué en Normandie,
33:25que l'armée allemande
33:27commence quand même
33:28un peu à accumuler
33:29les défaites
33:30et n'est pas aussi brillante
33:31qu'elle a pu l'être
33:32en 1941-1942.
33:33Il n'y a plus beaucoup
33:34d'avions de chasse
33:36dans le sud de la France.
33:37On les a plutôt rapatriés
33:39au nord pour essayer
33:40d'aller shooter les Américains.
33:42Donc moi,
33:42ça me paraît cohérent
33:43ce que dit Rippert.
33:45Le fait qu'il était en poste
33:46à l'été 1944
33:47dans le sud de la France,
33:48ce n'est pas contesté.
33:50Et le récit
33:51du tir fatal
33:55est tout à fait cohérent
33:57et est compatible aussi
33:58avec les déformations
34:01de la poutre
34:03et des éléments de l'avion
34:05qui ont été retrouvés,
34:06qui ne sont pas grand-chose.
34:07C'est 10-12% du volume
34:09et du poids de l'avion.
34:10Et du coup,
34:11ça, c'est une question
34:11qui risque de rester
34:12éternellement
34:13sans réponse.
34:14Voilà, dans la mesure...
34:15Je pense qu'on ne pourra
34:16jamais apporter la preuve.
34:17On l'a prouvé
34:18formellement.
34:19Mais moi,
34:21j'écarte complètement
34:22et depuis très longtemps
34:22l'hypothèse du suicide.
34:24Bien.
34:25Daniel Ravoux,
34:26vous avez entendu
34:28toute cette histoire-là,
34:29vous êtes au courant,
34:29vous avez lu
34:30Le Mystère Englouti,
34:31le livre de Jean-Claude Bianco,
34:33sorti en 2006.
34:35À ce moment-là,
34:36vous vous êtes dit
34:36que ça fait une histoire,
34:37ça fait un film extraordinaire.
34:38Si je peux me permettre,
34:40j'ai envie de raconter
34:40une petite anecdote
34:41que j'ai racontée
34:42à Jean-Claude.
34:44C'est qu'en 98,
34:45au moment où il a découvert
34:46La Gourmette,
34:47moi, j'étais en tournage
34:48à Paris
34:49pour un téléfilm
34:50sur France Télévisions.
34:52Et ma productrice,
34:53qui était dans son bureau,
34:55avait la télé allumée
34:56et elle m'appelle,
34:58me dit,
34:58mais toi qui as
34:59de la famille à Marseille,
35:00est-ce que tu connais
35:00ce monsieur Bianco,
35:02pêcheur,
35:03qui a retrouvé La Gourmette ?
35:05Et là,
35:05je vais vous dire la vérité,
35:06je lui ai dit,
35:06mais c'est une galégeade marseillaise.
35:09Donc ma première rencontre
35:10avec Jean-Claude,
35:11ça a été ça.
35:12Heureusement que je l'ai rencontré
35:13après,
35:14quelques années après
35:15et que je me suis focalisé
35:17sur toute l'histoire
35:18et que je me suis rendu compte
35:19que ça pouvait faire
35:19un film absolument fabuleux.
35:20Quand Jean-Claude
35:21fait référence à Titanic,
35:23il a raison.
35:24Parce que Titanic,
35:25c'est quoi ?
35:26C'est un documentaire.
35:27S'il n'y a pas
35:27l'histoire d'amour,
35:29l'histoire du bijou,
35:30l'histoire de...
35:31Ben, il n'y a pas d'histoire,
35:32il n'y a pas de film,
35:32si vous voulez.
35:33C'est un documentaire.
35:34Moi, je veux faire
35:34un film de fiction.
35:36Je ne veux pas faire
35:36un documentaire.
35:37Vous voyez, c'est...
35:37Alors, on en est où ?
35:38Expliquez-nous.
35:39Parce que du coup, là,
35:41est-ce que vous êtes encore
35:42à la recherche de financements ?
35:43Est-ce que vous avez
35:44entrainé la production ?
35:44Les financements,
35:44vont venir.
35:45On en a déjà
35:45une bonne partie.
35:46On a deux producteurs,
35:47un suisse, type image,
35:49production, Gérard Meunier,
35:51qui est devenu un ami
35:52que je connais bien,
35:53qui, lui,
35:54il y a déjà trois ans,
35:55quand je lui ai proposé
35:56le projet,
35:57il m'a dit,
35:58moi, tout de suite,
35:59je fonce,
36:00je serai avec toi
36:00sur ce film,
36:01je coproduirai le film.
36:03Et puis, on a eu
36:04des déboires avec Jean-Claude
36:04parce que, pour dire la vérité,
36:06on s'est quand même
36:06fait bien balader
36:07par des gens
36:08qui ne sont absolument pas fiables,
36:10d'entrée de jeu,
36:10qui nous disent,
36:10c'est formidable,
36:11ah oui, on va le faire,
36:12on va le faire.
36:12Et puis, le temps passe,
36:13Jean-Claude pleure au téléphone
36:15en me disant,
36:15alors qu'est-ce qui se passe ?
36:16J'ai dit,
36:16mais moi, je ne sais pas,
36:17les gens ne rappellent pas.
36:19Donc, on a eu affaire
36:19quand même à pas mal
36:20de fumistes,
36:21je tiens à le souligner.
36:22Et puis, quand même,
36:23il y a un monsieur
36:23qui s'est déclaré,
36:26qui s'appelle
36:27François de Carcelade-Dupont,
36:30qui m'a dit,
36:30tu peux me nommer,
36:31moi, je veux absolument
36:32produire ton film,
36:33c'est une histoire extraordinaire.
36:36L'histoire de Jean-Claude,
36:37bien la découverte,
36:37bien sûr.
36:38Vous espérez une sortie
36:39à quelle...
36:40Franchement, je ne peux pas
36:41vous dire,
36:41parce que je ne veux pas
36:42vendre la peau de l'ours,
36:42mais on a beaucoup
36:44de choses positives,
36:45mais vous savez,
36:46je veux rester un petit peu
36:48en retrait par rapport à ça.
36:49Et qui va incarner
36:50Jean-Claude, alors ?
36:51Alors là, c'est encore
36:52un secret.
36:52On a eu plusieurs pistes,
36:54plusieurs comédiens,
36:57mais je ne peux pas
36:57vous le dire,
36:58parce que ça mettrait
36:59mal à l'aise.
37:00Non, non, mais bien sûr,
37:00vous savez,
37:01je suis journaliste,
37:02je tente,
37:02on ne sait jamais.
37:03Vous avez raison,
37:03mais peut-être que
37:06dans trois mois,
37:07je vous dirai,
37:07ça y est, c'est acté.
37:08Oui, oui, on va suivre ça.
37:09J'ai un retour signé
37:11de l'acteur auquel
37:12on pense avec Jean-Claude.
37:13Bien sûr.
37:13Jean-Claude,
37:14dans le cinéma,
37:14on est très superstitieux,
37:16pas d'annonce prématurée.
37:19Ça va nous permettre
37:20de feuilletonner aussi,
37:21nous, de notre côté,
37:21donc c'est parfait.
37:22Absolument.
37:22Jean-Claude, Bianco,
37:23ce film,
37:23c'est l'espoir
37:24de la fameuse pluie de dollars
37:26que vous espériez,
37:27ou plus simplement,
37:28c'est juste une façon
37:29de vous rendre justice ?
37:30Je vais vous dire un truc.
37:32Je ne suis pas riche.
37:34J'ai de quoi vivre ?
37:36Dieu merci.
37:37Ce n'est absolument pas
37:38pour l'argent
37:39que je le fais.
37:40Même s'il y en a,
37:40je le prendrai,
37:41je ne cracherai pas dessus.
37:43Mais ce n'est pas pour ça.
37:44C'est surtout pour faire
37:45jaillir la vérité
37:46et faire payer
37:48à certaines personnes
37:49tout le mal
37:50qu'ils m'ont fait.
37:51Voilà.
37:52Ça, il faut qu'ils le paient.
37:54Et pour moi,
37:54ça sera comme ça
37:55avec ce film.
37:56Messieurs,
37:57merci beaucoup.
37:58Merci d'avoir accepté
37:59cette invitation.
38:02Je rappelle que
38:03c'est quand même
38:04assez exceptionnel
38:04de vous avoir
38:05tous les quatre.
38:06On va suivre de près
38:07évidemment
38:07la sortie
38:09de votre film.
38:11Messieurs,
38:12on verra
38:13si l'histoire proche
38:15nous réserve
38:16encore des surprises
38:17autour d'Antoine
38:19de Saint-Exupéry.
38:19En attendant, Lionel,
38:21il y a ce hors-série,
38:23notre histoire
38:23dans les kiosques.
38:25Et vous allez nous en dire
38:26quelques mots.
38:26Oui,
38:27si vous aimez
38:27Saint-Exupéry,
38:28ne manquez pas
38:29le nouveau hors-série
38:30du groupe Nice Matin.
38:31À l'intérieur,
38:32vous avez effectivement
38:32un dossier de 25 pages
38:34sur un total de 100
38:35pour tout connaître
38:36des attaches locales
38:37de l'auteur du Petit Prince
38:38bourré de témoignages
38:39et de confidences inédites.
38:41Vous y trouverez également
38:41les portraits
38:42de 28 personnalités
38:43qui ont laissé
38:44leur empreinte
38:44dans la région
38:45de Pablo Picasso
38:46à Georges Simonon
38:47en passant par
38:48Jean Mineur,
38:49Joséphine Becker,
38:50Léon Gaumont
38:50et la délicieuse
38:51Catherine Ségurane.
38:52À consommer
38:53sans modération
38:54est disponible évidemment
38:55chez tous les diffuseurs
38:56de presse.
38:56Encore merci à tous
38:59d'avoir participé
39:00à cette émission.
39:01Évidemment,
39:01un immense merci
39:02à Philippe Bertigny
39:03et Sophie Doncé en régie
39:05ainsi qu'à toute l'équipe
39:07de la Créa
39:08du groupe Nice Matin
39:09pour l'habillage
39:10de cette émission.
39:11On se retrouve très bientôt
39:13pour un nouveau numéro
39:14de Notre Histoire.
39:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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