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  • il y a 2 semaines
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00Une présente, le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:09Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:11On va évidemment parler de budget, on va parler de fiscalité,
00:14on en parlera avec l'économiste Nicolas Bouzou, le fondateur d'Asterès.
00:18Il sera mon invité à partir de 18h30.
00:20Mais dans un instant, c'est la philosophe Julia de Finesse qui sera avec nous, avec elle.
00:26On va parler de comment rétablir la confiance, comment les entreprises arrivent à gérer dans cette grande incertitude.
00:33Et puis surtout la question aussi de savoir comment revaloriser le travail.
00:37On voit bien que c'est là où ça coince.
00:38Alors que certains revendiquent le droit à la paresse.
00:41Vous savez, c'était vendredi, en tous les cas, c'est ce que disait Sandrine Rousseau.
00:44Mais tout de suite, bien sûr, c'est le journal avec Stéphanie Collot.
00:5118h, bonsoir Stéphanie.
00:52Bonsoir Edwis.
00:53On va commencer par les sénateurs qui ont adopté le budget de l'État pour 2026.
00:57Mais il y a beaucoup de mai.
00:58Oui, le texte est adopté en première lecture dans une version remaniée
01:02qui porte le déficit public à 5,3%.
01:05Ce que Roland Lescure juge inacceptable.
01:07Le ministre de l'Économie appelle le Sénat à faire des concessions.
01:10Le texte va être soumis aux parlementaires des deux chambres
01:13qui doivent se réunir vendredi en commission mixte paritaire
01:16pour tenter de trouver un accord.
01:18Sébastien Lecornu est convaincu de pouvoir aboutir à un compromis avant le 31 décembre.
01:23Le gouvernement a aussi mobilisé pour contenir la colère des agriculteurs.
01:27Il manifeste contre l'abattage systématique des troupeaux
01:30pour lutter contre l'épidémie de dermatose nodulaire.
01:33La ministre de l'Agriculture affirme que la discussion est ouverte sur cette stratégie.
01:39Le bras de fer se durcit entre Paris et Bruxelles sur l'accord commercial
01:42entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur.
01:45Un conseil européen se tient jeudi et vendredi à Bruxelles
01:48mais la France et l'Italie s'y opposent
01:49et demandent un report du vote l'année prochaine.
01:52Demande à laquelle la commission oppose une fin de non-recevoir.
01:57Autre dossier majeur sur la table des Européens,
01:59c'est les pourparlers autour de la paix en Ukraine.
02:02Volodymyr Zelensky est à Berlin avec les émissaires américains
02:05en vue d'un accord avec la Russie.
02:07De réels progrès ont été accomplis selon le négociateur de Kiev.
02:11Les Etats-Unis estiment que la Russie va accepter le projet d'accord.
02:16Et c'est aussi une semaine cruciale pour l'Europe
02:17qui doit se prononcer sur une aide massive à l'Ukraine
02:20en utilisant les avoirs russes gelés.
02:23Mais les négociations s'avèrent de plus en plus difficiles
02:25selon la vice-présidente de la commission.
02:28La DGSI renouvelle son contrat avec Palantir pour trois ans.
02:31Dix ans après la première signature,
02:33l'entreprise américaine spécialisée dans l'analyse de données
02:36s'impose une nouvelle fois dans la sécurité française.
02:39Un appel d'offres est lancé depuis 2022 pour remplacer ce logiciel américain
02:43par un acteur français sans succès jusqu'à présent.
02:46Le groupe GTT qui fabrique des systèmes de cuves
02:49pour le transport et le stockage de GNL scinde sa gouvernance.
02:53François Michel est nommé directeur général.
02:55Il entrera en fonction en début d'année prochaine.
02:58Philippe Berthereau-Thierre, lui, reste président.
03:01Et puis ça bouge aussi chez KNDS.
03:04Nicolas Groutte prend la tête de la branche française
03:07du groupe franco-allemand de défense
03:10qui fabrique notamment les canons César.
03:12Cette nomination intervient alors que KNDS vise une entrée en bourse
03:15l'année prochaine.
03:1718h presque 2 sur BFM Business, les marchés.
03:19Votre rendez-vous avec CG Finance.
03:23Notre mission, vous proposer des solutions personnalisées
03:25dans la gestion de votre patrimoine.
03:28C'est votre rendez-vous avec Emirates.
03:32Avec Emirates. Voyagez mieux.
03:38Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:39Bonsoir Antoine.
03:40Bonsoir Stéphanie.
03:41Bonsoir Antoine.
03:42Le CAC termine en hausse ce soir.
03:44Et oui, une bonne première séance pour commencer cette semaine.
03:47Plus 0,7%. On monte à 8124 points.
03:50Et alors, grosse différence de performance avec la tech.
03:55L'Euronext Tech Leaders, lui, termine dans le rouge.
03:57Moins 0,13%.
03:58On est revenu vraiment sur les valeurs traditionnelles.
04:01L'Eurostock 50, plus 0,56.
04:02Plus 0,18 pour le DAX à Francfort.
04:04Et plus 1,11 pour l'Ibex à Madrid.
04:06Plus Fortos du CAC 40.
04:07Schneider Electric, plus 3,1% à 242,70€.
04:11On a eu une bonne performance toute la journée du secteur du luxe
04:14qui s'est un peu étiolée au fur et à mesure.
04:16Enfin, Kering termine deuxième plus Fortos de l'indice à plus 2,65 à 304,05€.
04:22Le vent positif, il provient de Chine.
04:24Mais enfin, il est assez capilotracté.
04:25Je vous explique.
04:26En gros, on a eu des chiffres de consommation chinois
04:28qui n'étaient vraiment pas bons ce matin.
04:30Mais parallèlement, on estime que ça va relancer les possibilités
04:34de plans de soutien financier à la consommation de la part du gouvernement
04:37et notamment des régions.
04:39Donc voilà, on s'est dit, c'est bon pour le luxe de toute manière.
04:42Et puis, peut-être qu'on en avait besoin pour faire du window dressing de fin d'année,
04:45comme on dit.
04:46Publicis plus 2,17, 89,44€.
04:49La plus forte baisse, celle-là, est pour Sanofi
04:50qui recule de 3,3% à 80,60€.
04:53Avec des mauvaises nouvelles dans le domaine de la sclérose en plaques
04:56qui a un médicament d'études 3 non concluantes.
04:59Et puis, une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis
05:01qui est repoussée par la FDA.
05:03Donc, tout ça n'est pas très très bon.
05:04A noter la forte baisse des ramettes, moins 7,7%, 49,38€.
05:09En revanche, Worldline grimpe de 9,6% à 1,54.
05:12L'autre chiffre marquant du jour, c'est le bitcoin.
05:14Une dégringolade qui s'est déroulée en quelques minutes, au cœur de l'après-midi.
05:19On est brutalement passé d'autour de 90 000 dollars à 86 303 maintenant.
05:25Et l'Ether suit le mouvement en passant sous les 3 000 à 2 984.
05:28Et la raison, c'est quoi Antoine ?
05:30Pour les cryptos, il ne faut pas chercher.
05:32D'accord, il ne faut pas chercher, vous avez compris.
05:34Merci d'être là Antoine.
05:35Et voilà.
05:36Merci Stéphanie.
05:37On vous retrouve à 19h, 19h30.
05:39Tout de suite, Juliette Funès.
05:41Business et la Tribune présente
05:43Le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
05:50Vous êtes bien dans le 18-19.
05:53Instabilité politique, crise agricole, crise industrielle.
05:55On voit bien que c'est très difficile, notamment pour les dirigeants.
05:58Comment est-ce qu'ils arrivent à piloter ?
06:00On va en parler avec la philosophe Juliette Funès qui est avec nous.
06:03Bonsoir, Juliette Funès.
06:05Merci d'être là.
06:06Vous intervenez beaucoup dans les entreprises.
06:08Donc c'est important, vous nous disiez un peu quel message vous envoyez.
06:12Vous connaissez très bien le secteur de l'économie.
06:15Et puis, on essaiera de voir avec vous comment on peut retrouver la confiance,
06:20de voir si les Français en ont vraiment ras-le-bol.
06:22La colère monte, on voit bien sur les images, que ce soit dans les agriculteurs,
06:27ou même le patron des patrons, Patrick Martin, qui est dans une interview au GDD,
06:31dit mais attendez, on en a absolument ras-le-bol.
06:33C'est la grande difficulté, c'est l'incertitude pour les entreprises.
06:39Vous étiez encore la semaine dernière dans les grandes entreprises.
06:43C'est ça qu'on vous demande en premier lieu, de gérer, de trouver des solutions ?
06:47Alors gérer l'incertitude, c'est un oxymore.
06:49Comment on peut gérer ce qui n'est pas là, ce qui n'est pas maîtrisé, ce qui n'est pas certain ?
06:52Ça commence, bien fait de m'inviter.
06:55Non, donc gérer l'incertitude, c'est très difficile,
06:58mais effectivement, à part un peu plus de souplesse et d'intelligence d'action,
07:02c'est très difficile de conseiller les gens sur la gestion de l'incertitude.
07:05Mais la seule chose qu'on puisse...
07:07Et puis d'ailleurs, je remarque que c'est très à la mode pour parer à ces problèmes de l'incertitude.
07:11Dans les entreprises, vous savez maintenant, il y a beaucoup de prévisionnistes, de fresqueurs,
07:15c'est-à-dire des gens qui vous annoncent de façon plus ou moins apocalyptique
07:18ce qui va se passer dans 10, 15 ans, 20 ans, si on continue d'agir comme on agit.
07:22Je suis assez sceptique sur cette, justement, maîtrise de l'imprévisible
07:26parce que je rappelle juste par le bon sens que le 6 octobre 2023,
07:30on ne savait pas ce qui allait se passer le 7,
07:32que le 12 mars 2020, on ne savait absolument pas qu'on allait tous être confinés le 16.
07:36Donc restons plutôt prudents sur les prédictions hasardeuses et lucides sur le présent.
07:40Or, quand on est lucide sur le présent, on se rend compte qu'on ne décide de pas grand-chose.
07:44On ne peut rien prévoir. Est-ce que demain, je vais être terrassé par une maladie mortelle ?
07:47Je n'en sais rien. Est-ce que la guerre en Ukraine va s'arrêter ? On n'en sait rien.
07:51Comment notre gouvernement politique va se sortir de ce marasme ?
07:54On n'en sait strictement rien.
07:56Donc quand on est lucide et humble sur les prévisions,
07:59on se rend compte qu'on ne décide de pas grand-chose.
08:01Mais néanmoins, et c'est là qu'est notre responsabilité face à l'incertitude,
08:04néanmoins, on est responsable du sens que l'on donne aux événements.
08:07Le sens n'est pas d'emblée inscrit dans les situations.
08:10C'est moi qui vis la situation qui vais lui donner le sens que je veux.
08:14Donc je ne décide pas du coup du sort.
08:15Si demain, j'ai un accident de voiture, je perds mes jambes,
08:17les faits sont irrémédiables.
08:19Je n'ai pas décidé du coup du sort, c'était imprévisible, c'était imprévu.
08:23Mais néanmoins, c'est moi qui vais donner le sens que je veux à cet événement.
08:27Moi, à la psychologie parfois faible, je vais me dire que ma vie s'arrête.
08:30Des gens à la psychologie beaucoup plus forte que la mienne
08:32vont faire de leur accident un défi, un combat.
08:35On l'a vu suffisamment au jeu paralympique, etc.
08:38Donc vous voyez bien, ce que ça veut dire,
08:40c'est que c'est à la fois optimiste, mais un optimisme de responsabilité.
08:43Ça veut dire qu'on ne décide pas, mais on dirige toujours.
08:46C'est à nous de donner le sens que l'on veut aux événements que l'on vit.
08:49Donc, ça veut dire qu'aucune situation n'est un déterminisme,
08:52aucune situation n'est une fatalité,
08:54puisque c'est moi qui donne le sens que je veux à l'événement que je veux.
08:56Mais justement, en stratégie, ça se traduit comment, ce que vous venez de dire ?
09:00Ça veut dire être souple, pas être dans le contrôle et la maîtrise,
09:03et vouloir tout gérer à l'avance,
09:04puisque ça, c'est de toute façon vain par avance.
09:07Mais c'est faire preuve d'intelligence d'action,
09:09être capable de prendre des risques quand ça s'impose,
09:11être capable de donner un sens aux événements que l'on traverse,
09:14justement, puisque le sens dépend de notre responsabilité,
09:17et faire confiance, bien sûr,
09:18parce que faire confiance à la vie,
09:20faire confiance à ses équipes,
09:21faire confiance à son management,
09:22la confiance est une prise de risque.
09:24De toute façon, elle joue avec l'incertitude.
09:29J'ai rencontré récemment,
09:30ça fait déjà deux fois que je le mentionne ici,
09:32mais parce que c'est vrai que cette rencontre m'a marquée,
09:34Giuliano D'Ampoli,
09:35vous savez, qui a fait le match du Kremlin,
09:37et qui a fait les ingénieurs du chaos,
09:38et puis les prédateurs.
09:40Et il dit, en fait,
09:41ce qui est aujourd'hui est important pour des chefs d'entreprise,
09:43même pour des hommes politiques,
09:44un, ce qui gagne, c'est la rapidité,
09:47et deux, ce qui gagne,
09:49c'est ceux qui élargissent le champ du possible.
09:52Vous diriez ça, vous aussi ?
09:53Alors la rapidité,
09:54je ne sais pas dans quel contexte il le dit,
09:56mais la rapidité,
09:56elle peut être très efficace, bien sûr,
09:58elle peut être catastrophique aussi,
09:59parce que sous prétexte de rapidité,
10:01aujourd'hui,
10:02parfois on ne prend même pas le temps de réfléchir,
10:03comme si le temps de la réflexion était un temps perdu,
10:06mais prendre le temps,
10:07ce n'est pas perdre du temps,
10:08et parfois il faut mieux réfléchir un peu en amont,
10:11avoir le sentiment de perdre du temps,
10:12mais pour être plus réactif par la suite.
10:15Donc la rapidité,
10:15ça dépend comment elle peut être une vertu,
10:17mais elle peut être une vertu dangereuse
10:18si c'est de la précipitation et de l'absence de réflexion.
10:21En tous les cas,
10:22c'est la souplesse,
10:23il faut savoir s'adapter,
10:24ce qui n'est pas tout le temps un peu contradictoire
10:25avec tous les budgets Excel,
10:27donc c'est un peu la grande difficulté.
10:29Mais c'est lié,
10:29c'est-à-dire que par peur,
10:30évidemment,
10:31tout le sentiment initial de tout ça,
10:33c'est la peur,
10:33par peur,
10:34on va vouloir contrôler,
10:35maîtriser,
10:38et évidemment,
10:39c'est oublier l'imprévisible nouveauté de la vie.
10:41Est-ce que vous sentez,
10:42je parlais de colère,
10:42la colère des agriculteurs en ce moment,
10:44mes colères chez Bronte,
10:46des ouvriers,
10:47des salariés qui sont licenciés,
10:50est-ce que vous ressentez,
10:51est-ce que vous trouvez que les Français en ont ras-le-bol,
10:54ils en ont ras-le-bol des politiques,
10:55ils ont un peu ras-le-bol de tout,
10:56ou pas ?
10:57Oui, presque plus que de la colère,
10:58une sorte de désabusement,
11:01enfin oui,
11:01on est un peu désabusé de cette situation politique,
11:05et dans les entreprises,
11:06ce qui est fou,
11:07enfin dans la société en général,
11:08c'est que je crois que ce n'est pas tellement un problème de...
11:11C'est un problème de sens,
11:13encore une fois.
11:14C'est-à-dire qu'on est très contraints,
11:15l'État nous contraint sur des choses
11:17où il pourrait être un peu plus flexible,
11:19et il est assez laxiste
11:21sur les choses sur lesquelles il pourrait être plus ferme.
11:24Je vais prendre un exemple très concret,
11:25mais il y avait des gens qui râlaient à l'aéroport
11:27il y a trois jours derrière moi,
11:28et c'était tout à fait légitime.
11:29On ne peut pas voyager avec un flacon de 101 millilitres
11:33pour prendre l'avion,
11:34mais en revanche,
11:35il y a des OQTF qui ne sont pas renvoyés dans leur pays.
11:37Donc vous voyez, il y a une sorte d'incohérence,
11:40ça n'a rien à voir,
11:41mais on se dit mince,
11:42l'État est vraiment intransigeant
11:44alors qu'il pourrait être plus flexible,
11:45il persécute le quotidien
11:47alors qu'il est très laxiste sur des choses,
11:48des enjeux majeurs de notre pays.
11:50Donc je crois que cette colère
11:52ou cette lassitude est liée à un problème de sens.
11:55Parce que souvent, on invoque le retour de l'ordre,
11:59le retour de l'autorité, etc.
12:01Mais c'est surtout un sens de l'ordre,
12:02parce que quand il s'agit de payer une contravention,
12:05etc., là, on voit très bien qu'il y a de l'ordre
12:06dans notre pays et de l'autorité.
12:08Donc c'est surtout un sens de l'ordre
12:09qui me semble nécessaire pour apaiser un peu les consciences.
12:12Un sens de l'ordre.
12:13Est-ce que lorsque vous rencontrez
12:14beaucoup de salariés, de dirigeants,
12:19vous le sentez ?
12:20Cette lassitude, elle vous saute aux yeux
12:23ou pas encore trop, si vous me permettez ?
12:26Si, si, elle saute aux yeux partout
12:27et puis surtout sur le sens du travail qui a changé.
12:29C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de patrons,
12:32de dirigeants qui disent,
12:34et on les entend régulièrement,
12:35qui disent que les gens ne sont plus aussi investis,
12:37le travail n'est plus une valeur,
12:39donc comment manager, comment embaucher,
12:41comment fidéliser, comment attirer,
12:43etc.
12:43Effectivement, je crois que le sens du travail
12:45a complètement changé.
12:46Ce n'est pas un désamour,
12:47mais c'est un déplacement du sens du travail dans nos vies.
12:50Juste, hier, dans une interview au Journal du Dimanche,
12:52Patrick Martin, le président du MEDEF,
12:54disait que la marée monte chez les patrons.
12:57Oui, et il parlait,
12:58il faut refaire du travail une valeur sociale.
13:01Malheureusement, je pense que c'est un contresens,
13:03parce que le travail ne peut pas être une valeur morale.
13:06C'est André Konsfombi qui l'expliquait très bien,
13:09mais effectivement, ça ne peut pas être une valeur morale,
13:11parce qu'une valeur morale, c'est quoi ?
13:13C'est quelque chose qui n'a pas de prix.
13:15La liberté n'a pas de prix.
13:16L'égalité n'a pas de prix.
13:17L'équité n'a pas de prix.
13:18Le travail a un prix.
13:19Si on arrête de nous payer demain,
13:21est-ce qu'on continuera de travailler ?
13:22À part quelques passionnés, bien sûr que non.
13:24La plupart des gens ne travailleront plus.
13:26Et deuxièmement, une valeur morale,
13:28on en veut toujours plus.
13:29On veut toujours plus de liberté,
13:30toujours plus d'amour,
13:31toujours plus d'égalité.
13:33Est-ce qu'on veut toujours plus travailler ?
13:34La réaction sur la réforme des repas du monde,
13:36Il y a beaucoup de choses dans ce que vous dites.
13:39Parce que d'abord,
13:39est-ce que ça veut dire,
13:40comme le disent certains,
13:42c'est que le travail,
13:44il n'est pas suffisamment rémunéré en France ?
13:46Alors, ça dépend des secteurs.
13:49Mais par exemple,
13:49on l'a vu pendant la période Covid,
13:53les métiers les plus utiles
13:54et nécessaires à la survie de la population
13:56sont complètement déconsidérés,
13:58manque de reconnaissance et manque de moyens,
13:59et ont des rémunérations très faibles.
14:01Donc, évidemment qu'il y a
14:02toute une philosophie du travail à rebâtir,
14:04une cartographie des métiers
14:06à revaloriser en fonction aussi de leur utilité.
14:09Mais le travail n'a jamais été indexé sur l'utilité.
14:11C'est très paradoxal.
14:13Et quand je dis que le travail n'est pas une valeur morale,
14:15je précise juste que ça ne veut pas dire
14:16que le travail n'est pas essentiel
14:18à la vie d'un homme ou d'une femme.
14:20Il est absolument essentiel,
14:21mais ça ne peut pas être une finalité de la vie pour autant.
14:24C'est comme la santé.
14:25Elle est essentielle.
14:26Il n'y a rien de plus important que la santé,
14:28mais ce n'est pas une finalité de l'existence pour autant.
14:30On ne vit pas pour être en bonne santé.
14:32Mais c'est quoi la finalité de l'existence ?
14:34On espère être en bonne santé pour vivre le mieux possible
14:37et on espère un bon boulot,
14:38le mieux rémunéré possible,
14:40pour vivre le mieux possible.
14:41Mais là, le gros paradoxe,
14:43c'est que le travail devient un moyen au service de la vie.
14:45Ce n'est plus une finalité de l'existence.
14:47Or, dans notre génération,
14:49dans nos générations précédentes,
14:50on a eu tendance à positionner le travail
14:52comme une finalité de la vie.
14:54Nos parents nous disaient quoi ?
14:55Fais des bonnes études,
14:57tu auras un bon boulot et tu auras réussi ta vie.
14:59C'était presque aussi simple que ça.
15:00Mais pourquoi aujourd'hui, ce n'est plus le cas ?
15:02Est-ce que, justement,
15:03moi, ce qui me frappe beaucoup,
15:04parce qu'il faut dire,
15:05tout le monde, là, sur tous les plateaux,
15:07il faut travailler plus,
15:08c'est ce qui va sauver la France.
15:10On ne travaille pas assez en France.
15:11Puis en même temps,
15:12vous avez Aymeric Caron de LFI,
15:14qui dit qu'il propose 15 heures par semaine.
15:18Et même Sardine Rousseau,
15:19qui revendique le droit à la paresse.
15:22Bon, sans aller jusqu'à ses extrémités,
15:24on voit bien que les jeunes,
15:26il suffit de voir la montée incroyable
15:29en puissance des arrêts de travail,
15:31il y a une relation au travail
15:33qui n'est plus bonne du tout.
15:35Exactement.
15:35Ce n'est pas qu'elle n'est pas bonne,
15:36mais c'est qu'elle a changé,
15:37parce qu'il y a des jeunes
15:37qui travaillent énormément.
15:39C'est un déplacement normatif.
15:41Je vais vous prendre un exemple
15:42très, très concret.
15:43J'étais dans une entreprise
15:43il y a quelque temps.
15:44Un des managers de l'entreprise
15:45me dit, dans mon équipe,
15:46j'ai un type de 50 ans.
15:48Ça fait 25 ans qu'il est dans l'organisation.
15:49Donc, son travail,
15:50c'est un marqueur identitaire très fort.
15:52Et dans la même équipe,
15:53me dit ce manager,
15:54j'ai un garçon de 25 ans
15:55qui me dit, moi, je bosse deux ans.
15:57Et pourquoi je bosse deux ans ?
15:58C'est pour faire le tour du monde
15:59avec ma copine dans deux ans.
16:00C'est uniquement pour ça que je bosse.
16:02Il n'est pas moins investi,
16:03mais son travail est un moyen
16:04au service de sa vie,
16:06alors que dans le premier cas,
16:07le travail est une finalité de l'existence.
16:09Mais le gros paradoxe,
16:10c'est que pour faire sens,
16:11le travail doit concéder
16:13à n'être qu'un moyen.
16:14S'il continue de se positionner
16:16comme une finalité,
16:17comme un sens en lui-même,
16:18il perd tout son sens,
16:19puisque, comme je l'ai dit tout à l'heure,
16:20le travail ne peut pas être
16:21le sens ultime de l'existence.
16:23On ne vit pas pour un bon boulot.
16:25C'est absurde.
16:25Alors, comment fait-on
16:26pour mobiliser ses salariés,
16:29ses troupes, son équipe ?
16:30C'est très difficile
16:31parce qu'il y a un sens individuel aujourd'hui
16:32que chacun met dans son travail.
16:34Et comment créer du collectif
16:36malgré cette individualisation du sens
16:38contre laquelle on peut difficilement lutter
16:40quand on est manager ou dirigeant ?
16:41Donc, pour moi, il y a deux...
16:43Pour l'instant,
16:44je ne vois que deux issues.
16:45Premièrement, les raisons d'aide des entreprises.
16:47Alors, parfois, on peut en rire
16:49en disant « oui, c'est du marketing éthique »,
16:51mais je ne crois pas du tout.
16:53Toutes les entreprises que je connais
16:54qui ont moins de problèmes
16:54d'attractivité de recrutement
16:56sont celles qui ont des raisons d'être
16:57très authentiquement incarnées.
16:59Que ce soit une raison d'être sociale,
17:01sociétale, environnementale, humanitaire,
17:02peu importe.
17:03Mais ça rehausse narcissiquement
17:04l'individu de se dire
17:05« je bosse dans cette boîte-là
17:07qui a tel ou tel impact
17:08sur tel ou tel enjeu ».
17:09Ça, ça crée quand même
17:10une dimension plus collective.
17:12C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas
17:13de nier le profit de l'entreprise,
17:14mais si au profit,
17:15on n'adose pas un projet d'envergure,
17:17c'est très difficile aujourd'hui
17:18de motiver les plus jeunes générations.
17:20Et puis après, ça fait écho
17:22aux conditions d'un collectif fort.
17:24Et je trouve que toutes les crises
17:24qu'on traverse depuis
17:25un certain nombre d'années
17:26nous ont montré à quelles conditions
17:28on crée un collectif.
17:29Et je crois que le collectif,
17:30si vous prenez tous les grands exemples
17:32de collectif, à chaque fois,
17:33il présuppose la conscientisation
17:35pour l'individu d'un risque.
17:37La conscientisation.
17:38C'est facile, en fait,
17:39la conscientisation d'un risque.
17:40Si l'individu n'a pas pour lui-même
17:42conscience d'un risque,
17:44soit une opportunité,
17:44soit une menace.
17:45Ce n'est pas toujours péjoratif,
17:46le risque.
17:47S'il n'a pas conscience
17:48pour lui-même d'un risque,
17:49c'est très difficile
17:50de lui demander
17:50de participer à une action commune.
17:53C'est quasiment impossible.
17:54Quand est-ce que les ouvriers
17:55se montrent le plus solidaires ?
17:57C'est quand ils ont conscience
17:58que l'usine peut fermer
17:59et qu'ils ont bien conscience
18:00de l'enjeu pour leur vie perso et pro.
18:03Le sport est comme toujours
18:04la meilleure des philosophies.
18:06Mais quand est-ce qu'une équipe de sport
18:08fait preuve d'un esprit
18:09d'équipe très fort ?
18:10C'est quand elle a conscience
18:11de pouvoir gagner ou perdre
18:12un match ou un titre très important.
18:14Je travaille beaucoup
18:15avec les sapeurs-pompiers de Paris,
18:17des militaires.
18:17Il n'y a pas plus collectif,
18:19solidaire que ce type de corporation
18:21parce qu'évidemment,
18:22la conscience du risque,
18:23la possibilité de sauver des vies
18:24ou l'éventualité de mourir
18:26sont présentes
18:27à chacune de leurs actions
18:28ou presque.
18:29Donc tout ça pour dire
18:30qu'il ne faut pas manager par la peur,
18:31ce n'est pas ce que je veux dire,
18:33mais il faut accepter l'idée
18:34selon laquelle le collectif
18:35suit le mouvement d'une conscience.
18:37Quand il y a des grandes opportunités,
18:38on est tous très solidaires.
18:40Quand il y a des grandes crises,
18:41on est tous très solidaires.
18:42Mais évidemment,
18:43vitesse de croisière,
18:44c'est moins évident.
18:46– Juliette Funès,
18:46comment est-ce que vous regardez
18:48ce théâtre politique
18:49qui est devenu l'Assemblée nationale
18:51à la recherche,
18:54désespérément,
18:54d'un compromis ?
18:55Alors on l'a trouvé
18:56à un prix,
18:57certains disent,
18:58beaucoup trop élevé
18:59sur le PLFSS,
19:00le budget de la Sécu.
19:01Là maintenant,
19:01il y a la question de savoir
19:02si on le trouve sur le budget.
19:04Mais lorsqu'on voit ce théâtre-là,
19:06est-ce que vous les avez regardés comment ?
19:09– Je ne commande jamais la politique
19:11parce que déjà…
19:11– Non mais je ne veux pas savoir
19:12si vous étiez les filles
19:13au Rassemblement national,
19:13ce n'est pas la question.
19:14– Non, mais je n'ai pas de mépris
19:16du tout pour les politiques
19:17parce que je trouve
19:18que ce sont des métiers
19:19vraiment très difficiles.
19:20Donc sans aucun mépris,
19:21je trouve que ce qu'on ressent
19:24à l'Assemblée nationale,
19:25c'est cette sorte d'égalitarisme
19:27qui a touché toute la société.
19:29C'est-à-dire que le niveau
19:30des députés quand même
19:31a complètement chuté,
19:32de certains députés,
19:34encore une fois,
19:34il y en a qui sont très valables.
19:36Mais je trouve que l'autorité,
19:39la verticalité qui est exigée
19:41dans ces métiers-là
19:42a complètement perdu sa place.
19:44Et là encore,
19:45on paye un peu,
19:46si vous voulez,
19:47les conséquences des années 68.
19:48Bien sûr qu'on a quitté
19:49l'autoritarisme et tant mieux,
19:51mais on a perdu toute forme
19:52d'autorité dans ce pays.
19:53Donc quand il n'y a plus
19:54de leadership…
19:54– Et de leadership en fait.
19:56– Oui, c'est la même chose.
19:57– Oui, c'est pour ça
19:57que je rajoute le leadership.
19:58Il y a une grande perte
19:59de leadership quand même.
20:00– Exactement.
20:00Donc il n'y a plus
20:01de sentiment de verticalité
20:02parce que c'est très difficile
20:03d'imposer une verticalité
20:05et ça ne veut pas dire
20:05encore une fois de l'autoritarisme
20:07dans une société
20:08qui a une conception
20:09de l'égalité à tort
20:10comme de l'égalitarisme.
20:12Tout le monde se vaut
20:13parce que nous sommes tous
20:13égaux en droit,
20:14nous serions tous équivalents
20:15en tout.
20:16Eh bien non,
20:17et ça nivelle absolument
20:18le niveau de tous les secteurs.
20:20– J'ai vous posé la question
20:21de savoir comment on peut
20:22rétablir cette confiance
20:23juste avant
20:24parce que vous avez
20:24beaucoup écrit dessus
20:25la chaîne Le Comprime de l'Express
20:26sur la question des talents.
20:29Je reviens un instant
20:30sur la notion de travail,
20:32comment la revaloriser.
20:33Et vous, vous dites
20:34qu'il y a une grosse erreur
20:35qui est faite commise
20:36par les DRH
20:36qui veulent être consensuels,
20:39etc.
20:40Enfin, brosser dans le sens du poil
20:42notamment les jeunes.
20:43Et donc, il dit
20:44il y a des talents partout.
20:45– On n'a pas simplement un talent,
20:47on est devenu un talent.
20:48– On est devenu un talent,
20:49d'accord,
20:50mais tout le monde
20:50n'a pas le même talent.
20:51C'est le mot égalitarisme
20:52versus égalité
20:53qui fait rebondir.
20:54– Exactement, ça vient de là.
20:55C'est pour ça que ça paraît anecdotique
20:56d'utiliser le mot talent,
20:57mais en fait,
20:58ça révèle beaucoup de problèmes
20:59structurels dans notre pays.
21:00Et ce qui est très, très curieux,
21:01paradoxal,
21:02c'est que les gens
21:03qui utilisent ce mot
21:04se veulent progressistes,
21:05à l'avant-garde,
21:06on est bien pensant,
21:07on est bienveillant
21:07vis-à-vis de nos collaborateurs.
21:09Il n'y a rien de plus réactionnaire
21:10et d'aristocratique
21:11que d'utiliser ce mot talent.
21:13Parce que le talent,
21:14c'est quoi ?
21:14C'est un don,
21:15c'est une prédisposition
21:16qu'on reçoit à la naissance.
21:17Si vous avez un talent
21:18pour l'art oratoire,
21:19un talent pour l'écriture,
21:20un talent pour le sport,
21:21vous êtes né
21:22avec une prédisposition.
21:23Qui est-ce qui valorise
21:24les prédispositions,
21:26les dons donnés à la naissance ?
21:31On a cessé de valoriser
21:33le don,
21:34les dons de naissance,
21:35pour valoriser le mérite,
21:36le travail et l'effort.
21:37Donc c'est quand même
21:38très curieux
21:38que dans l'entreprise
21:39qui est le temple
21:40du mérite,
21:41du travail et de l'effort,
21:42on valorise justement
21:43ce qui n'en relève
21:44absolument pas,
21:45à savoir le talent.
21:46Le talent, quand même,
21:47il peut être développé
21:48par l'effort.
21:49Oui, il peut être développé,
21:50mais il est donné
21:52à la naissance.
21:54Donc en plus,
21:54on ne valorise pas l'effort
21:55à partir d'un talent,
21:56on valorise le talent,
21:57c'est-à-dire
21:58ce qui est d'emblée donné.
21:59Mais ce qui est plus grave,
22:00c'est que ça empêche
22:00la véritable reconnaissance.
22:02Parce que pour reconnaître,
22:03et ça je trouve que les gens
22:04sont très demandeurs
22:05de reconnaissance
22:05dans les entreprises,
22:07et les managers
22:07ne savent pas forcément
22:08comment reconnaître mieux
22:09leurs collaborateurs.
22:10La rémunération,
22:11vous l'avez évoqué tout à l'heure,
22:12est un des éléments.
22:13Mais pourquoi on n'arrive pas
22:15à reconnaître les gens ?
22:16C'est parce que,
22:17pour reconnaître les gens,
22:18encore faut-il oser poser
22:19des différences,
22:20hiérarchiser,
22:21distinguer,
22:22dire qu'un tel
22:22est meilleur qu'un tel
22:23sur tel ou tel sujet.
22:24Or, dans notre pays,
22:25dès qu'on émet des différences,
22:27aujourd'hui,
22:27elles sont perçues
22:28comme des injustices.
22:29Ce qui est une énorme erreur.
22:31Une différence n'est pas
22:32une injustice nécessairement.
22:33Il y a des différences
22:34qui sont justes.
22:35Si je paye plus d'impôts
22:36que mon voisin,
22:36c'est une différence
22:37et c'est peut-être très juste
22:38et ça s'appelle l'équité.
22:40Mais c'est peut-être aussi injuste ?
22:42Pourquoi c'est aussi injuste ?
22:43Parce que si vous payez
22:44beaucoup d'impôts,
22:45enfin, je dis ça
22:46parce que c'est ce que disent
22:47dans tous les cas
22:47les patrons,
22:48les ultra-riches...
22:49Ça peut être une injustice
22:50dans l'autre sens.
22:51Mais en tout cas,
22:52tout ça pour dire
22:53que les différences
22:54ne sont pas nécessairement
22:55des injustices.
22:56Sinon, on ne peut plus rentrer
22:56dans le règne de l'équité.
22:58On rentre dans le règne
22:59de l'égalitarisme,
23:00de l'indifférenciation.
23:01Et quand on appelle
23:02tout le monde un talent
23:03ou une grande partie
23:04des salariés des talents,
23:05plus personne ne peut l'être.
23:06Et puis, dernière chose,
23:07c'est outrageusement démagogique
23:09parce qu'il n'y a pas
23:09que des talents dans l'entreprise.
23:10Il y a aussi des flémards,
23:11des hypocrites,
23:12des malhonnêtes.
23:13Enfin, un panel
23:13de la société humaine.
23:15Oui, bien sûr.
23:17Juste, dernière question.
23:18Après, maintenant,
23:19quand vous faites
23:19toutes ces interventions
23:20au sein des entreprises,
23:22etc.,
23:22comment faire
23:24pour rétablir cette confiance ?
23:25Un peu de confiance
23:26entre les uns, les autres,
23:27entre les politiques,
23:28les chefs d'entreprise,
23:29entre les chefs d'entreprise,
23:30leurs salariés,
23:31entre les individus,
23:33entre les politiques.
23:35Comment faire
23:35pour rétablir
23:36un peu de confiance ?
23:38Si j'avais la recette
23:38de la confiance,
23:39vous savez,
23:39je serais vraiment bien l'éritie
23:41et je serais riche
23:42parce que je ferais
23:42beaucoup de livres là-dessus.
23:43Mais ça intéresse
23:44tout le monde.
23:45Mais je ne sais pas.
23:45Mais en revanche,
23:46si on revient au sens
23:47du mot confiance,
23:48vous savez,
23:48l'étymologie revient
23:49à l'idée de foi.
23:50La confiance,
23:51ça veut dire avec foi.
23:52Donc, quand on est
23:52dans la confiance,
23:53on est dans la foi,
23:54c'est-à-dire dans la croyance.
23:56Qu'est-ce qui fait
23:56qu'on croit ou pas ?
23:57On décide de croire.
23:58Je décide de croire en Dieu
23:59ou pas.
24:00Je décide de vous faire confiance
24:02pour venir sur ce plateau.
24:03Vous avez décidé
24:04de me faire confiance.
24:05C'est une décision,
24:06la confiance.
24:06C'est l'opposé
24:07de la connaissance.
24:08La plupart du temps,
24:09les gens confondent les deux
24:11et se disent
24:12qu'on va attendre
24:13de voir comment ça se passe
24:14pour faire confiance.
24:15Et ça,
24:15c'est la logique
24:16opposée de la confiance.
24:17La confiance,
24:18c'est un pari sur l'inconnu.
24:19C'est une foi,
24:20c'est une croyance,
24:21c'est une décision
24:21et c'est certainement
24:23pas une déduction cognitive.
24:24Quand on sait,
24:25on n'a pas besoin de croire.
24:26Quand on croit,
24:27c'est qu'on ne sait pas.
24:27Je ne crois pas
24:28que de plus de fassent 4.
24:29Je sais que de plus de fassent 4.
24:31Mais si je crois en vous,
24:32c'est que je ne sais pas
24:32comment vous allez vous comporter.
24:34Donc, le seul moyen
24:35pour faire confiance,
24:37pour donner confiance,
24:39c'est d'oser la prise de risque,
24:40de surmonter ses peurs
24:41parce que qu'est-ce qui sclérose
24:42et qui asphyxie un peu
24:45cette confiance ?
24:46C'est évidemment la peur,
24:47la peur de prendre un risque,
24:48la peur de l'échec.
24:51Dernier mot,
24:53vous préparez un livre ?
24:54Oui, je prépare un livre
24:55que je n'ai pas encore terminé
24:56mais que je vais terminer
24:57pendant les vacances de Noël.
24:58Merci de le signaler,
24:59c'est adorable.
25:00C'est quoi le thème ?
25:00Il sortira en avril
25:01et le thème,
25:03il s'appellera
25:03« Penser distinguer ».
25:04C'est comment se distinguer
25:06par la pensée,
25:07par des distinctions.
25:08Je joue sur le double sens
25:10du mot « distinction ».
25:11C'est un livre
25:12qui se veut très généreux.
25:14Penser distinguer.
25:15Oui, penser distinguer.
25:16Comment se distinguer
25:17par des distinctions
25:18qui sont très utiles
25:19et qui peuvent désamorcer
25:21les débats qu'on a aujourd'hui
25:22sur les plateaux de télévision
25:23ou lors des dîners.
25:25Donc, ça se veut être
25:25un livre vraiment généreux.
25:27Je donne tout un arsenal
25:28conceptuel,
25:29pas compliqué,
25:30mais très utile
25:31pour faire la différence
25:32dans nos cercles,
25:32dans nos discussions
25:33à partir de distinctions
25:34philosophiques
25:35qui sont très libératrices.
25:37Juste un point,
25:38on parle des leadership
25:39tout à l'heure.
25:41Est-ce qu'un des problèmes,
25:42c'est qu'aujourd'hui,
25:43que ce soit peut-être
25:45en pensée conceptuelle,
25:46en philosophie,
25:47mais en économie,
25:48en tout ce que vous voulez,
25:49il n'y a plus tellement
25:49de leaders ?
25:51Non, parce qu'il n'y a plus
25:51d'autorité,
25:52parce qu'on a presque
25:52un complexe d'autorité.
25:54L'autorité étant,
25:55comme on l'a dit tout à l'heure,
25:56un sentiment vertical,
25:57il va mal avec
25:57l'égalitarisme ambiant.
25:59Donc, effectivement,
25:59on a un petit complexe
26:00et on se la joue
26:01bien pensant,
26:02positif, etc.
26:03Mais l'autorité,
26:04elle est formidable.
26:05Dès qu'on a perdu l'autorité,
26:06que ce soit à l'école,
26:06dans l'entreprise,
26:07à l'Assemblée nationale,
26:08vous avez vu
26:09à quel point
26:09c'était le désastre.
26:10Donc, l'autorité,
26:11c'est une valeur noble.
26:12A Ogéret,
26:13ça veut dire augmenter.
26:14Quelqu'un qui a de l'autorité,
26:15il augmente ses équipes.
26:16Eh bien, merci beaucoup.
26:17Merci beaucoup, Élie.
26:17Je suis bien de chunesse.
26:19Vous reviendrez justement
26:20à nous parler de ce livre.
26:21Bonjour avec vous.
26:21Et puis, je pense,
26:23on va podcaster.
26:24C'est podcaster,
26:24vous pouvez le retrouver
26:25évidemment sur le site
26:26de BFM Business,
26:27mais on va envoyer le podcast
26:28peut-être à Sébastien Lecornu
26:30ou à différents leaders politiques.
26:31Je ne veux pas d'en fait.
26:32Je pense que ça pourrait
26:33leur faire plaisir.
26:34Merci.
26:35Dans un instant,
26:35c'est quelqu'un que vous connaissez bien
26:36parce que justement,
26:37vous avez écrit un livre aussi
26:38avec lui.
26:39C'est l'économiste Nicolas Bouzouf
26:40en interd'Asterès.
26:42Il sera avec Ludovic de Sauté,
26:43le directeur délégué de la tribune.
26:45On reviendra sur la question
26:46de la colère des agriculteurs,
26:48le Mercosur,
26:49et puis le budget,
26:50hold-up fiscal ou pas.
26:51A tout de suite.
26:52C'est la tribune présente
26:54le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
27:02Retournons le 18-19
27:03avec mes invités Nicolas Bouzouf,
27:05fondateur du cabinet Asterès.
27:07Bonsoir.
27:08Bonsoir.
27:08Nicolas Bouzouf,
27:09à habile de vous retrouver.
27:09Moi aussi.
27:10Face à vous,
27:11Ludovic de Sauté,
27:11directeur édite,
27:13directeur délégué,
27:14directeur adjoint,
27:16je vais finir par y arriver,
27:17de la tribune.
27:17Bonsoir, Ludovic.
27:19Merci d'être là.
27:20Beaucoup de questions
27:20à voir avec vous
27:21parce que l'actualité,
27:22elle court, elle court, elle court.
27:23Il y a la crise agricole,
27:25il y a la crise industrielle,
27:26il y a le budget,
27:27il y a la croissance.
27:29On va peut-être commencer
27:30justement par faire
27:31presque un titre un peu générique.
27:33Est-ce que cette crise agricole,
27:35cette crise industrielle,
27:37est-ce que c'est un peu
27:37le symbole du mal français
27:39qu'on traverse en ce moment ?
27:41Absolument.
27:41Et en fait,
27:42on peut vraiment relier les deux
27:43parce que notre industrie,
27:45ces dernières années,
27:45a perdu beaucoup de parts de marché.
27:47Mais c'est aussi le cas
27:48de la filière agricole.
27:51Encore plus,
27:51si on ajoute l'industrie,
27:52c'est-à-dire industrie agroalimentaire
27:53plus agriculture,
27:55on voit en fait
27:55que vraiment,
27:56la France a perdu des positions.
27:58Pas tant,
27:58on parlera peut-être
27:59du Mercosur après,
28:00mais pas tant vers
28:01des destinations très lointaines
28:02parce que là,
28:02on se débrouille bien.
28:03Mais par rapport
28:04à des pays concurrents profs
28:06comme l'Allemagne,
28:07comme les Pays-Bas,
28:08là, on a vraiment perdu
28:08beaucoup de parts de marché.
28:10Et Edwige,
28:11vous évoquez un mal commun
28:13à l'industrie
28:13et à l'agriculture.
28:15Oui,
28:15vraiment,
28:16c'est-à-dire
28:16un coût du travail
28:19qui est très élevé,
28:20c'est plus un problème
28:22pour l'agriculture
28:22que pour l'industrie,
28:24mais une surréglementation
28:25qui est complètement dingue.
28:27En fait,
28:27de quoi souffrent
28:28nos agriculteurs ?
28:29Il faut les écouter.
28:30Moins que d'un mal européen,
28:32ils souffrent
28:32d'une surtransposition
28:33systématique
28:35des directives européennes.
28:36D'ailleurs,
28:37si le mal,
28:38c'était l'Union européenne,
28:39on ne perdrait pas
28:40des parts de marché
28:40par rapport à l'Allemagne
28:42ou aux Pays-Bas
28:42qui sont,
28:43en théorie,
28:44soumis au même Nord.
28:45Donc,
28:45c'est bien qu'on surtranspose.
28:46Donc,
28:47surréglementation,
28:48surfiscalité,
28:50pas de projet d'avenir,
28:51véritablement,
28:51ni dans l'industrie,
28:52ni dans l'agriculture.
28:53Et au fond,
28:54ce que révèle pour moi
28:55ce malaise agricole
28:56qui est récurrent,
28:58alors qu'il se révèle là,
29:00qu'il se réveille
29:01à l'occasion
29:01d'une épidémie,
29:03d'une épisodie,
29:04mais qui est en réalité
29:05beaucoup plus profond,
29:06c'est vraiment
29:07la crainte
29:08que ce secteur
29:09a pour son avenir
29:10en France.
29:11Oui,
29:11parce que,
29:11c'est la première fois
29:12que la balance commerciale
29:13agricole
29:14est déficitaire.
29:16Ludovic.
29:16Oui,
29:17ce que dit Nicolas
29:17est très juste
29:18et c'est un peu
29:19les deux faces
29:20de la même pièce
29:20entre l'industrie
29:21et l'agroalimentaire.
29:23La situation
29:23est presque plus inquiétante
29:25sur l'agroalimentaire
29:26en tant que telle
29:27parce que,
29:28certes,
29:28la France a été
29:29un grand pays industriel
29:30mais elle a été
29:31surtout un grand pays
29:32agroalimentaire.
29:33C'est-à-dire
29:33qu'honnêtement,
29:34la France a une grande
29:35puissance agroalimentaire
29:36et on voit
29:38depuis trois décennies
29:39un pays
29:40qui,
29:40à coups de normes,
29:41à coups de recompositions,
29:43à coups de choix
29:44et d'orientations,
29:45il y a des choix
29:46environnementaux
29:46mais il n'y a pas que eux,
29:47il y a aussi
29:47des choix qui ont été faits
29:49sur l'agriculture intensive
29:50avec des orientations
29:51sur certains marchés
29:52qui ont été des impasses.
29:53On fait allusion à quoi là ?
29:55Parce que justement,
29:56il n'y a peut-être pas suffisamment
29:57d'agriculture intensive
29:58en France.
29:58Non,
29:58mais sur des choix
29:59qui ont été faits
30:00entre le soja,
30:01le blé et ainsi de suite.
30:02C'est-à-dire que c'est des grands volumes,
30:02des grands équilibres
30:04par rapport
30:04à des marchés mondiaux
30:05et aujourd'hui,
30:07finalement,
30:08la France
30:08qui avait un atout
30:09très très fort
30:10dans sa boîte à outils
30:11sur l'agroalimentaire
30:12se retrouve dans une position
30:14de vulnérabilité
30:14et le dossier du Mercosur
30:15est extrêmement intéressant.
30:16On va y venir.
30:17La voie de la France,
30:19c'est une voie un peu noyée
30:19entre la Pologne,
30:21l'Italie
30:21mais ce n'est plus
30:22un poids lourd
30:23en tant que tel.
30:24Mais alors,
30:24pour rebondir
30:25sur ce que dit Ludovic
30:26Nicolas Bozou,
30:26il y a un point
30:31que les agriculteurs
30:31n'ont pas su
30:34s'adapter.
30:35Alors,
30:35c'est une critique
30:36un peu facile qu'on fait
30:37mais parce qu'on parlait
30:38de l'agriculture intensive,
30:40la restructuration,
30:41des exploitations
30:43qui soient plus grandes.
30:45Je ne parle pas
30:45du mal français
30:46qui existe vraiment,
30:47c'est-à-dire
30:47la solitude
30:49de ces agriculteurs.
30:50Mais peut-être
30:51qu'ils n'ont pas su
30:51s'industrialiser.
30:53Je ne sais pas
30:54si c'est une question.
30:54Je ne critiquerai
30:55jamais les agriculteurs
30:57parce que c'est
30:57pour ça que je dis attention.
30:58Je comprends parfaitement
30:59le sens de votre question
31:00et c'est vrai
31:01qu'aujourd'hui,
31:02le secteur de l'agriculture
31:03est très mal connu
31:04de nos concitoyens.
31:05C'est un secteur
31:05où on utilise
31:06énormément d'innovation.
31:08On utilise des robots,
31:09on utilise des GPS,
31:10on utilise des technologies spatiales,
31:11on utilise de la génétique
31:12des drones,
31:13évidemment.
31:13Et en fait,
31:14tout ceci nécessite
31:15des investissements
31:16qui sont des investissements
31:17colossaux.
31:18Et c'est là
31:19que la taille
31:20est intéressante
31:21parce qu'aujourd'hui,
31:23une exploitation agricole,
31:25ce n'est pas énormément
31:26de main-d'oeuvre,
31:27même si on a besoin
31:28de saisonniers
31:29qui souvent d'ailleurs
31:30ne sont pas là,
31:31très honnêtement,
31:32parce qu'il y a des gens
31:34qui ne veulent pas travailler,
31:34parce que le coût du travail
31:35est très élevé,
31:36mais c'est surtout
31:37une exploitation agricole,
31:38des investissements
31:39capitalistiques très lourds.
31:40Et donc,
31:41vous ne pouvez pas faire ça
31:42si vous êtes
31:43dans la nostalgie
31:44d'une agriculture
31:44qui d'ailleurs,
31:45en réalité,
31:45n'a jamais existé,
31:46donc c'est une nostalgie
31:47un peu romanesque,
31:48mais de la petite exploitation
31:50familiale
31:51avec l'arrière
31:52et les sabots.
31:52le mal français
31:54dont vous parlez,
31:55quant aux représentations
31:56d'agriculture,
31:56il est là,
31:57c'est-à-dire que nous avons
31:58collectivement
31:59une représentation
32:00d'agriculture
32:00qui est incroyablement
32:02réactionnaire.
32:03Avec la baguette
32:05et le béret,
32:05quoi.
32:05Exactement,
32:06sans voir que l'agriculture
32:07aujourd'hui,
32:08c'est un secteur
32:09hyper high-tech,
32:10hyper capitalistique
32:11et moi,
32:12je vais,
32:12je parle beaucoup
32:13aux agriculteurs,
32:13je vais dans les coopératives
32:14agricoles,
32:15c'est pour ça que je ne veux
32:15pas qu'on les critique
32:16parce qu'eux,
32:16en fait,
32:17comprennent ça,
32:18beaucoup d'entre eux
32:18ont envie de ça.
32:20Et ce que dit Nicolas
32:21est très juste,
32:21en gros,
32:22on va dire,
32:22c'est un peu l'image
32:22du paysan,
32:24finalement.
32:24Je vais caricaturer,
32:26mais il y a un autre enjeu
32:28qui est tout aussi important,
32:29c'est-à-dire qu'à une époque
32:30où, quand même,
32:31chaque année,
32:31il y a un mot
32:32qui revient sur la table,
32:33c'est le mot souveraineté.
32:35Ne nous trompons pas
32:36parce que l'agroalimentaire
32:37en souveraineté
32:38est un enjeu fondamental.
32:40C'est-à-dire que ça fait partie
32:41au même titre que l'armement,
32:44au même titre que l'énergie.
32:45Évidemment,
32:46on s'en est rendu compte
32:46pendant le Covid.
32:48Il faut être capable
32:49de se le redire,
32:49c'est-à-dire qu'on n'est pas
32:50en train de parler
32:51de juste,
32:52de la capacité
32:53à faire un potager
32:54en France,
32:55on est en train de parler
32:56de ressources
32:56qui sont des ressources
32:57parfois très tendues.
32:58On l'a vu au moment du Covid,
33:00on l'a vu au moment
33:01où il y a eu
33:01des règlements logistiques
33:02et au sein de la souveraineté,
33:05l'agroalimentaire
33:06est un des enjeux clés.
33:08Est-ce qu'il y a aussi
33:09beaucoup,
33:09alors je vais soulever
33:11un peu tous les coins
33:13qui font mal,
33:14d'accord ?
33:14Est-ce qu'aussi,
33:15il n'y a pas eu la question
33:17de,
33:17vous parliez de normes
33:18tout à l'heure,
33:19le fait d'interdire
33:20certains pesticides,
33:22notamment je pense
33:22à la betterave,
33:23peut-être d'avoir été
33:25encore plus loin
33:26que les autres pays européens.
33:28Alors c'est bien,
33:28versus l'écologie,
33:30mais est-ce que
33:30ce n'est pas bien
33:31versus l'agriculture ?
33:33Non, non,
33:33mais je n'ai aucun problème
33:34pour vous dire
33:35qu'à mon sens,
33:36c'est un immense problème.
33:38Pourquoi ?
33:38Parce qu'en réalité,
33:39si la France
33:40surtranspose systématiquement,
33:42notamment dans le domaine
33:43de l'environnement,
33:44ce qu'elle fait,
33:45aujourd'hui vous avez
33:45énormément de pesticides
33:47ou de principes actifs
33:48qui sont interdits
33:49en France,
33:50mais qui sont autorisés
33:51chez nos voisins
33:52à l'intérieur
33:52de l'Union Européenne,
33:53qui pourtant est déjà
33:54sans doute
33:55le marché le plus
33:56protecteur au monde
33:57quant aux questions
33:58environnementales.
33:59Si vous faites ça,
34:00que se passe-t-il ?
34:01Vous ne faites rien
34:01pour l'environnement,
34:03vous faites perdre
34:04des parts de marché
34:05à nos agriculteurs
34:06et vous faites augmenter
34:07la part de marché
34:09des agriculteurs
34:10d'autres pays,
34:11mais y compris
34:12d'agriculteurs
34:12extra-communautaires,
34:14dont les Ukrainiens,
34:15d'ailleurs aussi,
34:16au passage,
34:16sur un certain nombre,
34:18dans un certain nombre
34:19de domaines,
34:20comme ça a été le cas
34:20pour la volaille,
34:21par exemple,
34:22ces dernières années.
34:23Donc en réalité,
34:24c'est ça ce qu'il faut
34:25bien faire comprendre.
34:26En se surprotégeant,
34:28on perd de la puissance
34:29économique
34:29et donc on importe
34:31des risques.
34:32Donc on ne se protège pas.
34:33Donc c'est une fausse protection.
34:35Donc les normes
34:36environnementales,
34:37oui,
34:38bien évidemment,
34:39mais à un rythme
34:40qui soit compatible
34:42avec le fait
34:43que nous puissions
34:44nous y adapter
34:45et produire.
34:46Sinon,
34:47c'est contre-productif
34:48et on perd surtout
34:48les tableaux
34:49et nos agriculteurs,
34:50en plus,
34:51ça les rend dingue.
34:51On peut rattraper
34:55le retard,
34:56on peut averser
34:56la trajectoire ?
34:58C'est toujours possible,
35:00ça demande des investissements,
35:01ça demande une logique
35:02et ça demande une vision longue.
35:03Est-ce qu'il y a du mal
35:04à avoir la France aujourd'hui
35:05où déjà c'est un exploit ?
35:06On a une vision
35:07à quelques semaines
35:08sur un budget.
35:09C'est parce que l'agriculture,
35:10c'est quelque chose
35:11qui demande vraiment
35:11de la vision,
35:13c'est un engagement
35:14sur le long terme.
35:14Mais ce que disait Nicolas
35:15est vraiment intéressant,
35:16c'est-à-dire,
35:17vous faisiez le parallèle
35:18Edwige naturellement,
35:19on pourrait reprendre
35:21la même conversation
35:22en parlant de l'industrie automobile.
35:24Exactement,
35:24c'est-à-dire en regard,
35:25demain il y a la commission
35:26qui va...
35:27C'est exactement
35:27les histoires de normes
35:28et le marché
35:29qui a du mal derrière
35:30à s'adapter.
35:31Puis finalement,
35:31on se retrouve
35:32avec un marché automobile européen
35:34qui est en train
35:34de se contracter
35:35et qui est fragilisé
35:36avec un risque
35:37d'accident industriel majeur.
35:39Ça rajoute en plus,
35:40en France,
35:41et peu importe,
35:41je n'ai pas une vision morale
35:42ou politique
35:43par rapport à ça,
35:44c'est très compliqué
35:45aujourd'hui dans un pays,
35:46alors on le voit
35:46avec la dermatose,
35:47mais on le voit
35:48avec la 69,
35:48on le voit avec la LGV,
35:49on le voit avec la loi du plomb,
35:51c'est-à-dire qu'ainsi de suite
35:52on superpose
35:52pays aujourd'hui
35:54où on a du mal
35:55à donner un élan,
35:56à construire des choses,
35:57où il y a de la résistance locale,
35:59peut-être juste,
36:00ce n'est pas ça la question,
36:01mais il y a un moment,
36:02il faut décider
36:03de faire les choses collectivement.
36:04Et aujourd'hui,
36:05l'agriculture demande
36:06des grandes orientations,
36:08je veux dire,
36:08c'est une vision du plan quasiment.
36:11C'est un peu ce dont on discutait
36:13à l'instant
36:13avec Juliette Finesse,
36:15c'est qu'on a du mal
36:16justement
36:16à mettre en perspective,
36:18à raisonner un peu
36:19sur long terme.
36:21Sur le Mercosur,
36:22vous signez
36:23ou vous ne signez pas
36:23Nicolas Bouzou ?
36:24Moi, je suis pour le Mercosur.
36:25Moi, je pense que la position
36:26de la France...
36:26Votre côté grand libéral
36:27ou alors c'est raisonnable ?
36:29Non, non, non,
36:30je suis pour les traités
36:32de libre-échange,
36:32mais je suis pour celui-ci
36:33en particulier
36:34pour deux raisons principales.
36:36La première raison principale,
36:37je vous l'ai dit tout à l'heure,
36:38c'est que quand on regarde
36:39les données,
36:40la France réussit bien
36:41sur les marchés lointains.
36:42Et vous savez,
36:43le débat qu'on a sur le Mercosur,
36:44on a eu le même
36:45il y a 15 ou 20 ans
36:46sur l'ALENA,
36:48c'est-à-dire sur le traité
36:48de libre-échange
36:49avec le Canada.
36:50Que voit-on aujourd'hui ?
36:51Ce traité,
36:52il a été gagnant
36:52pour la France
36:53et plutôt perdant
36:54pour le Canada.
36:55Donc, l'agriculture française,
36:57d'une certaine façon,
36:58elle se sous-estime.
36:59Ça, c'est la première chose.
37:01Deuxième chose...
37:01Ça dépend quoi,
37:02c'est les bovins,
37:02les volailles,
37:03on va être impliqués.
37:04On peut rentrer dans les détails.
37:05OK.
37:06Deuxième chose,
37:07aujourd'hui,
37:07on fait face
37:08à une offensive protectionniste
37:10extrêmement néfaste
37:11de mon point de vue
37:11des États-Unis
37:12et je pense que
37:14c'est très important
37:15de montrer aux Américains
37:16que l'Union européenne,
37:17elle a la capacité
37:18à aller plus loin
37:19dans le domaine
37:20du libre-échange
37:21avec des zones
37:22qui n'engloquent pas
37:23les États-Unis.
37:25Cet argument,
37:25je ne l'avante pas,
37:26c'est l'argument aujourd'hui
37:26de la Commission européenne
37:27et j'y adhère à 100%.
37:29La France va être isolée
37:31dans cette affaire.
37:33C'est sûr que demain,
37:34ça va être dur
37:34pour le président Macron.
37:35Il y a un pays comme la Hongrie,
37:36etc.,
37:36qui sont plutôt alignés
37:37sur la France,
37:38mais si vous prenez
37:38un pays comme l'Italie,
37:39c'est intéressant,
37:40Georgia Mélanie,
37:41droite radicale,
37:42elle se rapproche un peu
37:43de la position française.
37:45Écoutez,
37:45moi,
37:45ce que j'ai cru comprendre
37:46en tout cas,
37:47c'est que pour l'instant,
37:48elle était encore quand même
37:50plutôt favorable
37:51à cette affaire
37:52du Mercosur.
37:53Ça bouge un peu.
37:54Bon.
37:54Oui.
37:55Ça bouge un peu.
37:56Ça bouge un peu.
37:56Au-delà de ça,
37:58ce que dit Nicolas
37:59est important,
38:00c'est-à-dire qu'honnêtement,
38:01le Mercosur,
38:02c'est un choix pour l'Europe
38:03de vivre dans son temps.
38:04C'est-à-dire qu'il y a
38:05des déséquilibres...
38:06Attendez, attendez,
38:07on nous a expliqué ça
38:08avec la Chine,
38:09regardez dans quel état on est.
38:10On aura bientôt
38:11plus d'industrie automobile,
38:13on n'aura pas...
38:14Vous voyez ?
38:14Ah non,
38:14mais parce qu'il faut vivre
38:15dans son temps,
38:16je rebondis sur ce que vous dites.
38:17Là, quand même,
38:18je proteste.
38:19Dans un monde
38:20qui s'est fortement
38:21déséquilibré depuis un an
38:23avec l'impulsion
38:23des droits de douane
38:24de la Maison-Blanche
38:25plus la Chine
38:26qui est rentré en jeu,
38:28si l'Europe aujourd'hui
38:29n'a pas la capacité
38:30à signer des accords
38:31de libre-échange
38:32là, sur une zone
38:32de quatre pays
38:33en Amérique du Sud,
38:35demain,
38:35les questions,
38:35elles vont se reposer.
38:36Si l'Europe
38:37n'est capable d'initier ça,
38:39un accord de libre-échange,
38:41il peut avoir des pertes,
38:42mais il y a aussi des gains,
38:43honnêtement,
38:43à la clé.
38:45Il n'y a pas que l'agriculture
38:46dans ce marché-là.
38:47Ce n'est pas limité
38:50qu'à l'agriculture.
38:51Il y a des enjeux
38:52d'industrie,
38:53il y a des enjeux
38:53de machines,
38:54il y a des enjeux
38:55industriels profonds
38:56aussi sur l'accord
38:57du Mercosur.
38:58Oui, mais ils ne respectent
38:59pas du tout
38:59les mêmes normes que nous.
39:01Parce qu'il n'est pas question
39:02d'avoir des clauses miroir.
39:03Pour l'instant,
39:04peut-être qu'il y a
39:04de Macron à arriver.
39:05Oui, mais la France
39:06a obtenu des choses.
39:07Non, la France
39:07a obtenu des choses.
39:08Pas beaucoup.
39:09Justement, pas les clauses miroir.
39:10Franchement,
39:11d'ailleurs, le paradoxe,
39:12je trouve,
39:13c'est que la France
39:17dont elle a permis
39:18beaucoup d'avancées
39:19et de progrès,
39:20en réalité,
39:21dans un sens
39:21qui est celui de la France,
39:22c'est-à-dire en effet
39:23d'une plus grande équité.
39:25Ce que je voudrais dire aussi,
39:26c'est qu'il y a des appellations
39:27d'origine contrôlée.
39:29Pour elle,
39:30ce sont des marchés
39:31qui vont s'ouvrir
39:32en Amérique latine.
39:34Donc, tout ça
39:35n'est pas forcément
39:36une mauvaise affaire.
39:38Mais est-ce que,
39:39le temps que l'Europe
39:40retrouve un peu
39:41une cohérence,
39:42une logique,
39:43parce que là,
39:43on ne sait plus très bien
39:44ce que c'est que l'Europe,
39:45est-ce que, quand même,
39:47il ne faut pas
39:47retrouver sa souveraineté ?
39:49Vous avez employé ce mot-là,
39:51qui est un mot fort,
39:51qui est un mot important.
39:52Il ne faut pas justement
39:53retrouver une forme
39:54de protectionnisme
39:55le temps qu'on retrouve
39:56des forces
39:57et puis une direction.
39:58On a besoin,
40:00dans le domaine
40:00agricole et agroalimentaire,
40:02d'exporter
40:03sur des marchés lointains
40:04sur lesquels on réussit
40:05pour gagner de l'argent
40:06et pour pouvoir réinvestir.
40:08Donc, en réalité,
40:10la réussite
40:11sur les marchés lointains,
40:13dans le domaine industriel
40:14en général,
40:15mais agroalimentaire
40:16en particulier,
40:17c'est quelque chose
40:18qui nous permet
40:18de nous renforcer.
40:19Vous citiez, Edwige,
40:20le cas de la Chine.
40:21C'est un cas particulier.
40:22Là, je suis d'accord avec vous.
40:23Moi, le libéral,
40:24je suis favorable,
40:25aujourd'hui,
40:25à ce qu'on va être
40:26des barrières douanières
40:27sur beaucoup de produits,
40:28comme on l'a fait
40:29sur les voitures électriques,
40:30tout simplement
40:31parce que l'offensive chinoise,
40:33qui n'est pas qu'économique,
40:34qui a aussi des sources politiques,
40:37elle est en train
40:38de détruire
40:39des pans entiers
40:39de notre industrie.
40:40C'est une paiement industrielle,
40:43ça, je suis d'accord
40:44avec Nicolas Dufour.
40:45Je suis d'accord avec vous.
40:46Alors, Nicolas Dufour,
40:49je comprends sa position.
40:50Je ne pense pas
40:51qu'il faille complètement fermer
40:52parce qu'on a aussi
40:53des entreprises
40:53qui exportent vers la Chine.
40:56Dans les entreprises
40:56du CAC 40,
40:57vous en avez plusieurs
40:58qui ont démarché en Chine
40:59et il ne faut pas non plus
41:00qu'on se dire
41:02un coup de pistolet
41:03en pleine tête.
41:03Donc, il faut faire attention
41:04à ça.
41:04Mais dans le cas de la Chine,
41:06je suis favorable
41:06à des barrières d'honneur
41:07mais parce que la Chine
41:08est un cas particulier
41:09aujourd'hui
41:10où, en fait,
41:11ils sont en train
41:12de gagner sur...
41:13On n'a même plus
41:13d'avantages comparatifs.
41:14Ils sont en train
41:14de gagner sur tous les tableaux.
41:16Ce n'est pas le cas
41:17de l'Amérique latine.
41:18Non, ce n'est pas le cas.
41:18Et je reviens
41:19sur votre remarque.
41:20On peut l'entendre
41:21mais il y a protectionnisme
41:21et protectionnisme.
41:22Alors, autant le protectionnisme,
41:23on va dire,
41:24au regard de la Chine
41:25est totalement mérité
41:25parce qu'il y a
41:26un déséquilibre de marché
41:27qui est assez flagrant.
41:29Là, en l'occurrence,
41:29quand l'Europe...
41:31C'est une négociation
41:31qui est vieille.
41:32C'est 24 ans le Mercosur
41:33pour y arriver.
41:35Quand l'Europe négocie
41:37avec 4 pays
41:38d'Amérique du Sud,
41:40elle négocie...
41:41C'est une forme
41:42de protectionnisme
41:42dans le sens où
41:43elle négocie
41:43l'accès à son marché.
41:45C'est-à-dire que
41:45c'est un élément négocié.
41:47Le libre-échange,
41:48c'est un équilibre
41:49où je te mets ça
41:50dans la corbeille
41:51et en échange
41:51je t'ouvre l'accès à ça.
41:53Donc, c'est pas...
41:54On n'ouvre pas les vannes.
41:55On n'est pas en train de dire
41:56allez-y, servez-vous
41:57et tout ça.
41:58L'Europe est pleinement
41:59dans son rôle.
42:00Après, on peut être d'accord,
42:01pas d'accord,
42:02est-ce qu'il faut
42:02des clauses de sauvegarde
42:03et tout ça.
42:03Ce qu'est la position
42:04de la France aujourd'hui,
42:05c'est d'essayer finalement
42:06de faire que
42:07ces échanges
42:08et notamment son agriculture
42:09soient le plus encadrés
42:10et respectent le plus possible
42:12qu'il n'y ait pas
42:13un déséquilibre normatif,
42:14on va dire.
42:15Donc, ce que vous êtes
42:16en train de dire,
42:16c'est que,
42:17notamment Emmanuel Macron,
42:19mais les agriculteurs,
42:19ils se trompent.
42:21Il faudrait qu'ils...
42:22Je trouve que...
42:23Ils se trompent de combat.
42:25En fait,
42:26on fait porter le chapeau
42:27au Mercosur
42:27ou au traité de libre-échange
42:29en règle générale
42:30de problèmes
42:32que nous créons nous-mêmes.
42:34Et d'ailleurs,
42:34là, vous voyez bien
42:35que la crise
42:35que l'on vit en ce moment,
42:37la crise des agriculteurs,
42:38elle n'est pas liée
42:39au Mercosur.
42:40Elle est liée
42:40à l'abattage,
42:41elle est liée à autre chose.
42:42Elle est liée
42:43à la critique
42:43de gestion
42:44d'une maladie.
42:46Donc,
42:47ce que ça veut dire,
42:48c'est qu'il y a
42:49un problème sous-jacent
42:50à tout ça.
42:51Là, on est un peu
42:51sur la surface des choses.
42:53Et le problème sous-jacent,
42:54c'est, je crois,
42:55le problème dont j'ai parlé
42:55tout à l'heure,
42:56c'est-à-dire le manque
42:56de compétitivité structurelle
42:58de notre agriculture
42:59liée à son coût,
43:01à la trop petite taille
43:01des exploitations
43:02et à la sur-réglementation.
43:03Alors, si on arrive maintenant,
43:04si on parle d'industrie,
43:08de quoi Brandt est-il le nom ?
43:10Qu'est-ce que ça veut dire ?
43:11Est-ce que,
43:12je dirais,
43:12dans ce naufrage de Brandt,
43:15il y a un peu
43:15toutes les questions,
43:17tous les paradoxes
43:18de la politique industrielle française,
43:20aussi du paradoxe
43:22du consommateur,
43:22c'est-à-dire,
43:23je ne sais pas si vous,
43:23vous avez chez vous
43:24des machines Brandt,
43:25qui en a encore,
43:26je ne pense pas
43:27que tous les Français
43:27se sont rieux
43:28pour acheter Brandt,
43:29des machines Brandt.
43:30Donc,
43:30est-ce que c'est,
43:31c'est pour ça
43:33que ça devient très symbolique,
43:34à part le fait
43:35qu'il y a quand même
43:35750 personnes
43:36sur le carreau ?
43:37Non, vous avez raison,
43:38c'est le nom
43:39de la désindustrialisation,
43:41c'est-à-dire qu'en réalité,
43:42notre pays est l'un de ceux
43:43parmi les pays d'OCDE
43:45qui se sont le plus
43:45désindustrialisés
43:46depuis 20 ou 30 ans
43:47pour des raisons
43:48qui sont connues,
43:50je le répète.
43:50Alors,
43:51il y a la concurrence
43:52de la Chine,
43:53ça c'est vrai,
43:54donc ça il faut le traiter
43:55très clairement,
43:56mais tous les sujets
43:58dont on a parlé
43:59pour expliquer
44:00le malaise de l'agriculture
44:02s'expliquent
44:03aux questions industrielles,
44:04c'est-à-dire
44:05des marges industrielles
44:05qui sont trop faibles,
44:06des difficultés à investir
44:08dans beaucoup de secteurs,
44:09notamment dans l'agroalimentaire,
44:11mais pas que,
44:12une surréglementation,
44:13le fait qu'aujourd'hui,
44:14très concrètement,
44:16vous l'avez dit,
44:16Edwige,
44:17tout à l'heure,
44:17quand vous voulez
44:18faire une extension
44:20d'usines en France,
44:21c'est plus compliqué
44:22qu'ailleurs,
44:23parce qu'il y a plus de règles,
44:24parce qu'il y a plus de normes,
44:25parce qu'il y a plus
44:25de recours juridiques,
44:26parce que c'est plus long,
44:27parce que,
44:27pardon de le dire,
44:28personne n'ose le dire,
44:29mais le juge administratif,
44:30il n'est pas à 100%,
44:31dans 100% des cas,
44:32du côté du développement économique,
44:34c'est-à-dire,
44:34et tout ça fait que
44:36l'industrie en France,
44:37ce sont des mots,
44:38on parle de réindustrialisation,
44:40mais à part quelques mesures,
44:42bien,
44:43comme la baisse
44:43des impôts de production,
44:44c'est bien,
44:45mais le problème,
44:46c'est qu'on a fait
44:46très très peu de choses
44:47par rapport à l'ampleur
44:49de la tâche
44:50que l'on devrait mener
44:51si jamais on voulait
44:52réindustrialiser.
44:53Je termine en disant
44:54que tous les mois,
44:55on pleure sur nos mauvaises performances
44:58en matière de commerce extérieur,
45:00mais la raison,
45:02c'est la désindustrialisation.
45:03C'est-à-dire,
45:03quand vous regardez
45:04les chiffres d'industrie,
45:04comme on n'a plus grand-chose
45:06à exporter,
45:07forcément,
45:07on pleure tous les mois
45:08quant à nos chiffres d'exportation.
45:10Oui,
45:10parce qu'il n'y a même plus
45:10automobile,
45:11heureusement,
45:11il y a Airbus,
45:12mais enfin bon,
45:12et encore,
45:13c'est de bien fragiles.
45:14Ludovic ?
45:14Non,
45:15évidemment,
45:16ça caractérise,
45:17évidemment,
45:18il y a un drame social
45:19par rapport à ça
45:20avec 700 personnes
45:21qui se retrouvent sur le carreau,
45:22vous le disiez à l'instant,
45:23Edwige.
45:24Après,
45:24ça caractérise aussi
45:25ce qu'est l'impasse industrielle
45:27de ce pays.
45:28D'abord,
45:29on va dire,
45:29des produits électroménagers
45:31d'entrée de gamme
45:32ou moyenne gamme.
45:33Aujourd'hui,
45:34produire en France,
45:35c'est compliqué.
45:35Enfin,
45:36honnêtement,
45:36c'est compliqué.
45:37On est sur des coûts
45:37de production
45:38qui font que c'est une production
45:40qui est compliquée
45:41à maintenir en France.
45:42Je le regrette,
45:43on peut tous le regretter,
45:44mais c'est une réalité,
45:45il y a une réalité économique.
45:45Donc,
45:45c'est pour ça
45:46que la réindustrialisation,
45:47c'est quand même compliqué.
45:49Alors,
45:50à moins de choisir des secteurs.
45:52C'est ça qu'on n'ose pas
45:53non plus trop dire.
45:55C'est-à-dire qu'on détruit
45:55des emplois chez Brandt,
45:57mais on va en créer
45:58d'autres dans d'autres secteurs.
45:59C'est choisir les secteurs,
46:00c'est miser sur des technologies
46:02de rupture,
46:03des technologies
46:03où il y a de la marge,
46:04il y a des domaines
46:05sur lesquels
46:05vous citiez l'aéronautique,
46:07l'énergie.
46:07Il y a des domaines
46:08sur lesquels la France
46:09avait ou a encore de l'avance
46:11et peut en prendre
46:12s'il y a des investissements.
46:14Mais aujourd'hui,
46:15c'est vrai que Brandt raconte
46:17finalement malheureusement
46:18quelque chose
46:18qui s'effondre,
46:19qu'on a vécu
46:20avec du Ralex,
46:21qu'on a vécu comme ça
46:22avec des marques
46:22qui sont des marques connues.
46:24Des mythiques.
46:24Mythiques.
46:26Et c'est triste.
46:26Et c'est triste
46:27parce qu'on a un sentiment
46:28qu'il y a un morceau de patrimoine
46:29qui s'en va.
46:29C'est une réalité.
46:30On a un avantage de dingue
46:32dans le domaine industriel
46:34par rapport aux autres pays.
46:37étrangers, on me le dit.
46:38C'est que la France
46:38est une usine à ingénieurs.
46:40On a beaucoup d'écoles d'ingénieurs.
46:42On sort des milliers d'ingénieurs
46:43chaque année,
46:44très compétents,
46:45avec de bons diplômes
46:46et qui en plus,
46:47ça me fait un peu mal au cœur
46:48de le dire
46:48parce que c'est lié
46:49à la désindustrialisation,
46:50mais ne sont plus très chères
46:51au regard des standards internationaux.
46:53Donc on a cet atout
46:54absolument extraordinaire.
46:55Il y a des domaines en France,
46:57il y a des endroits
46:57dans lesquels il y a encore
46:58du foncier disponible
46:59pour faire des usines.
47:01Il y a de l'énergie
47:02pas trop chère.
47:03C'est clé, la question de l'énergie.
47:05Qui pourrait être
47:05beaucoup plus chère,
47:06beaucoup moins chère.
47:07C'est clé.
47:09Moi, je vois aujourd'hui
47:10quand vous avez une usine
47:12ou un data center
47:13qui veut venir
47:14dans un pays européen,
47:16la première chose
47:17qu'ils demandent,
47:18c'est où je me branche,
47:19quel est le prix d'énergie.
47:21Donc ça, c'est clé.
47:21Oui, bien sûr.
47:22Et juste pour revenir sur Brandt,
47:24un autre aspect,
47:25c'est-à-dire que Brandt,
47:26ça caractérise
47:26les fragilités
47:27du tissu industriel
47:28que vous nommiez
47:29à l'instant, Edwige.
47:31Mais, je veux dire,
47:31Brandt est, quelque part,
47:33est la victime
47:34d'un mouvement plus global.
47:35C'est d'abord,
47:36la première cause de Brandt,
47:38c'est l'effondrement
47:38du marché immobilier.
47:40C'est-à-dire,
47:40le marché électroménager
47:41est un marché de renouvellement.
47:43Il faut qu'il y ait des gens
47:43qui déménagent,
47:44qui s'installent.
47:45On ne s'achète pas
47:45des machines en permanence.
47:46Oui, vous avez raison.
47:47Et comme l'immobilier
47:49est en train
47:49de complètement s'écraser
47:51dans ce pays,
47:52l'électroménager
47:52est un marché qui est à plat.
47:54C'est-à-dire qu'en fait,
47:54il y a aussi
47:55une réflexion à avoir.
47:57Ce n'est pas qu'un échec industriel.
47:58On a un problème aussi
47:59sur le marché de l'immobilier
48:00dans ce pays
48:01depuis plusieurs années.
48:02Alors, dans ce contexte-là,
48:03les mesures,
48:04donc le budget,
48:06cette fois-ci,
48:06on parle du budget de l'État,
48:07a été adopté,
48:08là, tout à l'heure,
48:09au Sénat.
48:10Ce qui fait pousser
48:10des crédits d'orfêt
48:11au ministre de l'Économie
48:12et des Finances
48:12qui dit qu'il est hors de question
48:13qu'on ait un déficit
48:14qui soit supérieur
48:15à 5%, etc.
48:16Il faut trouver
48:17des mesures d'économie.
48:18Donc, il va y avoir
48:18la commission mixte paritaire.
48:21C'est sûr que le compromis
48:22paraît, pour le coup,
48:22un peu difficile.
48:24Mais quand on regarde de près,
48:25on comprend un peu
48:25la colère du patron et des patrons
48:27dans un interview
48:27au journal du Dimanche,
48:29qui dit,
48:29mais attendez,
48:30c'est absolument n'importe quoi.
48:32On en a marre.
48:33Il a raison.
48:34C'est n'importe quoi.
48:35On en a marre.
48:36Mais ce n'est pas
48:36un double discours
48:37parce que tout le monde
48:38veut plein de brantes
48:39et puis en même temps,
48:40on va supprimer
48:41des allégements de cotisations.
48:42C'est complètement un double discours.
48:43On taxe les entreprises.
48:44Enfin, je ne veux pas faire
48:45du poujadisme.
48:46C'est vrai que c'est quand même
48:47un peu lunaire.
48:48Mais de toute façon,
48:49regardez ce qui s'est passé
48:50factuellement avec le PLFSS,
48:52le projet de loi
48:52de financement
48:53de la Sécurité sociale.
48:54On a fait plus de dépenses,
48:56plus de prélèvements obligatoires,
48:57plus de dettes.
48:58Parce que 20 milliards
48:58de déficit,
48:59c'est plus de dettes.
49:00Donc, les trois mots
49:01de la France,
49:02on en a remis
49:02dans le PLFSS.
49:04C'est ce qu'on s'apprête
49:04grosso modo à faire
49:06avec le budget de l'État,
49:07avec une petite spécificité,
49:09c'est que fiscalement,
49:10on tape bien
49:10sur les entreprises
49:11à un moment
49:12où la seule chose
49:13qui peut sauver
49:14justement
49:16la solvabilité
49:17de l'État
49:18plus l'État-providence,
49:19c'est l'activité économique.
49:21C'est la seule chose,
49:22c'est-à-dire les entreprises.
49:23Donc, on est dans quelque chose
49:24qui est complètement absurde.
49:27Sur l'autel
49:27de la stabilité politique,
49:29on est en train
49:30de vendre
49:31l'avenir
49:32de notre économie.
49:34Et donc,
49:34je pense que tout ceci
49:35est absolument navrant,
49:37mais traduit aussi
49:37à un échec pédagogique.
49:38C'est-à-dire qu'on n'a pas réussi,
49:40nous trois,
49:40à faire comprendre
49:42quelque chose
49:42d'assez basique.
49:44C'est qu'à la fin de la journée,
49:45ce sont quand même
49:46les entreprises
49:46qui fonctionnent,
49:48qui gagnent de l'argent,
49:49qui investissent
49:49et qui font tourner le pays.
49:50Oui, bien sûr.
49:51Qui créent la richesse,
49:52mais ça,
49:53personne ne sait.
49:55Vous discutez
49:55avec les politiques ?
49:56L'autre jour,
49:57on a un débat là-dessus.
49:59Mais nous,
50:00on en crée...
50:00Non,
50:01Geoffroy Haute-Bézieux
50:02qui a dit
50:02à un fonctionnaire
50:04qui lui dit
50:05maintenant,
50:05nous,
50:05on crée de la richesse.
50:07Après,
50:07eux,
50:07ils la créent
50:08d'une autre manière.
50:09Mais la richesse
50:10en espèce sonnante
50:11et trébuchante,
50:12ce sont les entreprises
50:13qui la créent.
50:13Non,
50:14mais on a un budget
50:15qui est...
50:15Honnêtement,
50:16on a un budget
50:17corps seul
50:17depuis des semaines,
50:18des semaines,
50:18des semaines,
50:19des semaines.
50:19Donc,
50:20le spectacle est navrant,
50:22acte 1,
50:22acte 2,
50:23acte 3.
50:23Donc,
50:24il n'y a pas de raison
50:24qu'à la fin,
50:26la chute soit meilleure,
50:26honnêtement.
50:28Ce qui est grave,
50:29c'est que d'un côté,
50:30finalement,
50:31on reste dans cette tentation
50:32de l'argent facile.
50:33En gros,
50:34aller chercher
50:34aux entreprises.
50:36Et puis,
50:36on pose,
50:37je veux dire,
50:38politiquement,
50:38et franchement,
50:40là,
50:40on peut prendre
50:40tout l'hémicycle
50:41à largeur de l'hémicycle.
50:42Il n'y a aucun courage
50:43en termes de dépenses,
50:45de contrôle des dépenses,
50:46d'efforts structurels.
50:48On est dans le saupoudrage.
50:51Et on en revient presque
50:52à cette question.
50:52Vaut-il mieux
50:53ne pas avoir de budget
50:54qu'un mauvais budget ?
50:56C'est ça la question d'après,
50:59quoi.
51:00C'est clair.
51:00C'est franchement,
51:01est-ce qu'on va fêter
51:03le fait d'avoir
51:03un mauvais budget
51:04dans ce pays ?
51:05Probablement que oui.
51:07On va avoir une forme...
51:07C'est ce qu'on a fait
51:08sur le PLFSS.
51:09Exactement.
51:09On va avoir une forme
51:10de déclaration
51:10et de victoire politique
51:12au fait que le pays
51:13soit doté
51:14d'un mauvais budget.
51:15C'est incroyable.
51:15On peut dire que c'est presque
51:15le prix du compromis.
51:18Comment dire ?
51:18D'apprendre le compromis
51:21comme ça existe
51:21dans d'autres pays
51:22puisqu'on faisait tout à l'heure,
51:23on établissait
51:24des comparaisons européennes.
51:25Mais ce prix est délirant
51:27parce que ce que l'on voit,
51:28c'est que nos parlementaires
51:29sont incapables
51:30de faire un compromis
51:31autour d'un résultat
51:32qui soit positif
51:34pour l'économie française.
51:35À l'heure où nous avons
51:36tant de sujets à traiter,
51:37l'IA est en train
51:38de changer le monde,
51:39vous avez une guerre
51:39pour les métaux rares,
51:41vous avez une guerre
51:41pour l'accès
51:42au spatial,
51:43vous avez le réarmement
51:45qui n'est pas finançable
51:46si on n'a pas plus d'activité.
51:47Donc tous ces sujets
51:49qui sont presque
51:49des sujets existentiels
51:51passent complètement à l'asse.
51:53Le compromis, oui,
51:54mais c'est un compromis politique.
51:55Là, on est en train
51:56de faire un compromis budgétaire.
51:57Et c'est honteux.
51:58Un compromis budgétaire
51:59pour avoir un compromis politique,
52:01c'est quelque chose
52:01qui ne marche pas.
52:02Eh bien, ça sera le mot de la fin.
52:04Merci, Ludovic de Soutem.
52:05Merci beaucoup, Nicolas,
52:06vous êtes venu là.
52:07Vous avez pu voir,
52:08comme ça, on peut continuer
52:10parce qu'à mon avis,
52:11la série n'est pas finie.
52:13On va demander peut-être
52:14à Netflix, peut-être,
52:15de faire quelque chose
52:15sur la France.
52:16Merci beaucoup.
52:17Voilà, c'est la fin du 18-19.
52:19On se retrouve demain matin,
52:20notamment avec le général de Villiers.
52:22On va pouvoir parler
52:22un peu d'autoritarisme.
52:24Et puis Stéphane Laiany,
52:25le patron de Rungis,
52:26on va quand même parler
52:26un petit peu de Noël
52:27et des fêtes.
52:28Mais tout de suite,
52:29vous retrouvez Stéphane Nicolo
52:30pour le journal de l'écho.
52:33Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
52:36sur BFM Business.
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