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  • il y a 3 semaines
Mercredi 17 décembre 2025, retrouvez Julien Franclet (Président, SudVinBio) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:00L'invité de ce Smart Impact c'est Julien Franklin, bonjour.
00:10Bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes le président de Sud Vin Bio, on va parler ensemble de cet événement millésime bio,
00:15c'est un mondial du vin bio que vous organisez à Montpellier au mois de janvier prochain, 26 au 28 janvier.
00:21Mais d'abord, vous représentez qui ? Sud Vin Bio, c'est quoi ?
00:24Sud Vin Bio est une association interprofessionnelle qui regroupe en fait tous les acteurs de la filière viticole bio en Occitanie.
00:31Donc nous représentons 1100 vignerons bio d'Occitanie et une cinquantaine de metteurs en marché.
00:36D'accord, et donc cet événement, 26-28 janvier, c'est la 33ème édition déjà, j'ai été déjà surpris par la durée,
00:44c'est-à-dire que cette préoccupation du vin bio, elle existe depuis plus de trois décennies ?
00:50Effectivement, déjà l'agriculture biologique existe depuis 40 ans, puisqu'en 2025 nous avons fêté les 40 ans du label,
00:57et effectivement déjà au début des années 90, il y avait déjà une poignée de vignerons convaincus
01:04qui se sont structurés en créant Sud Vin Bio en 1991, et dès 1993, on créé la première édition du salon qui s'appelle Millésime Bio.
01:12Pourquoi Montpellier ? Est-ce que c'est une terre de bio d'une certaine façon ?
01:15Alors effectivement, originellement, la région Languedoc-Roussillon propose un climat qui facilite la culture en agriculture biologique
01:22avec un climat plutôt sec, et donc qui va vraiment diminuer la pression sur la maladie numéro 1 de la vigne, qui est le milieu de la vigne.
01:30Alors tiens, on aurait pu commencer par ça. Ça veut dire quoi, produire du vin bio ? Qu'est-ce que vous faites de différent ?
01:36Alors déjà, pour produire du vin bio, mais c'est vrai pour toute l'agriculture biologique, on est certifié par rapport à un cahier des charges européen.
01:44Donc en fait, on a des règles qui sont clairement écrites, et l'objectif c'est vraiment de ne pas utiliser de produits chimiques de synthèse.
01:55Et donc on a une liste positive de produits, donc d'origine naturelle, on parle souvent du cuivre,
02:00mais il y a également plein d'autres produits qui sont autorisés pour produire du raisin bio.
02:06Et ensuite, au chez, c'est pareil, lorsqu'on transforme le raisin en vin et pendant tout l'élevage jusqu'à la mise en bouteille,
02:11là également, on a un cahier des charges qui ne nous autorise que certains produits dans tout le codex onologique.
02:16Si on compare au monde du vin en général, c'est un univers qui utilise beaucoup d'intrants chimiques ?
02:27C'est assez caché finalement, mais disons qu'on n'a pas de liste des ingrédients officiellement sur les bouteilles de vin,
02:34ça a un petit peu changé avec l'intégration du QR code au dos des bouteilles,
02:39mais globalement, on a toujours l'impression que le vin, c'est juste du raisin qui fermente dans les cuves,
02:42et puis après on le met en bouteille, alors qu'il y a beaucoup de techniques derrière.
02:44Et effectivement, le fait d'être en agriculture biologique nous demande un peu plus de technicité et de précision,
02:50puisqu'on a moins d'outils pour préserver la qualité des vins.
02:53Alors, deux questions générales sur le secteur du vin.
02:56C'est vrai qu'il y a un recul global de la consommation de vin, en France, mais même, on pourrait dire, dans le monde.
03:02Est-ce que ça touche aussi le vin bio ? Ou un peu moins ?
03:06En fait, quand on regarde la consommation de vin, effectivement, elle baisse dans le monde entier.
03:09Si on regarde vraiment l'évolution du vin bio, que ce soit en valeur ou en volume,
03:14il y a une progression. Il y a une progression parce qu'il y a aussi de plus en plus de vignerons
03:18et de caves copératiques qui travaillent en bio.
03:21Si on compare 2024 à 2023, on a plus 7% en volume de vente et plus 7% en valeur également.
03:27Est-ce que vous séduisez, parce qu'il y a un vrai défi pour le secteur du vin en général,
03:31c'est de séduire les jeunes.
03:33Est-ce que vous séduisez plus les jeunes que la moyenne ?
03:36Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, il y a un changement, en fait, vraiment sociétal sur la consommation d'alcool.
03:41Et la société cherche à moins consommer d'alcool, mais des alcools de meilleure qualité.
03:48Et en ce sens, les vins bio répondent vraiment à cette demande-là,
03:52puisqu'on sait qu'on a des impacts positifs sur l'environnement
03:55et également sur la santé des travailleurs et des riverains de nos vignes.
03:58Oui, évidemment. Il y a aussi la question du titrage, du degré d'alcool des vins.
04:03C'est vrai qu'avec le réchauffement, ça devient parfois compliqué de rentrer dans les cases.
04:08Et c'est vrai aussi que, si on reparle de la consommation,
04:12il y a peut-être une demande de vins moins puissants.
04:16Est-ce que ça fait partie de vos réflexions d'avenir ?
04:18Complètement. Il y a la catégorie de ce qu'on appelle les no-lots,
04:20donc no-alcool, low-alcool, donc pas d'alcool sans alcool,
04:23avec, depuis mars dernier, la désalcoolisation totale des vins bio
04:27qui est autorisée par le Cahier des charges européens.
04:29Et ensuite, effectivement, on cherche à coller de toute façon aux tendances de consommation
04:33et les vins à faible degré d'alcool sont une piste de débouché
04:40et la désalcoolisation totale également.
04:42Est-ce que le secteur du vin bio a besoin du soutien de l'État ?
04:47Est-ce que c'est un secteur sous subvention ?
04:50Parce que ça peut valoir pour le bio en général.
04:52C'est une vraie question qu'on se pose.
04:55Souvent, cette question est souvent posée, mais on s'aperçoit que quand on décortique,
04:58par exemple, la PAC, la part d'aide qui va à l'agriculture biologique
05:01est relativement faible dans le volet de la PAC.
05:04Alors, on a besoin d'aide aux investissements, d'aide à la restructuration de notre vignoble.
05:10Ça, c'est quelque chose qui est important, puisque, comme je vous disais tout à l'heure,
05:12on a des changements de consommation.
05:13Donc, ce qui veut dire qu'on a besoin de faire évoluer notre vignoble
05:16pour coller aux consommateurs.
05:18Et ensuite, on a aussi des besoins pour trouver des débouchés.
05:22Et ça, c'est assez important de pouvoir avoir le soutien de l'État sur ces actions-là.
05:27Alors, le vin bio, il fait sa part de la lutte contre le dérèglement climatique
05:34ou en tout cas le travail commun qu'on essaye de faire pour limiter les dégâts du réchauffement.
05:41Est-ce que vous en souffrez, à l'inverse ?
05:43Vous voyez ce que je veux dire ?
05:44C'est-à-dire que vous, par exemple, dans votre région, autour de Montpellier,
05:49à quel point vous envoyez les effets ?
05:50En fait, on m'envoie les effets, mais comme n'importe quel agriculteur.
05:53Qu'on soit en agriculture conventionnelle ou biologique, on a les mêmes impacts.
05:56Sachant que l'Occitanie est une région, une grande région,
05:59avec toute une partie de vignoble qui est sur un climat méditerranéen.
06:03Moi, je suis originaire du Gers, vigneron dans le Gers,
06:05et donc, du coup, je suis sur la partie océanique.
06:07Et donc, on a des problématiques avec le changement climatique,
06:09mais qui sont assez différentes.
06:10La partie, l'arc méditerranéen va plutôt souffrir d'un manque d'eau,
06:14et avec une désertification par endroit du monde agricole,
06:18sans parler de l'incidence des incendies, notamment du méga-feu de cet été.
06:23Et à contrario, nous, dans le sud-ouest, on va avoir un autre problème.
06:25Des fois, c'est un excès d'eau au printemps.
06:27Donc, vraiment, si on prend juste le cas de l'eau,
06:30on a vraiment des difficultés dans la gestion,
06:31et qui peut aller d'un extrême à l'autre.
06:33Mais est-ce que, alors, la question, je la pose quasiment à chaque fois,
06:36mais c'est bien de le rappeler, pour ceux qui doutent du réchauffement,
06:39c'est les vendanges, la date des vendanges, quoi.
06:42Si on regarde, si on prend un peu de recul, quoi.
06:44Moi, ça fait un peu plus de 20 ans que je vinifie.
06:48Lorsque je suis arrivé dans le sud-ouest,
06:50et que mes premières vinifications ont commencé entre le 10 et le 15 septembre,
06:54aujourd'hui, on commence les vendanges, généralement, autour du 25 août.
06:58Donc, on a quand même presque deux à trois semaines.
07:00En peu de temps, hein ?
07:01En l'espace de 20 ans.
07:02En deux décennies.
07:03En l'espace de 20 ans.
07:04Et on s'aperçoit aussi que la durée des vendanges se raccourcit.
07:07C'est-à-dire que, normalement, on a des cépages qui ont des maturités différentes,
07:10et l'incidence du climat fait qu'on a moins d'écart de temps, en fait,
07:16entre la maturité de chaque cépage.
07:17Est-ce que vous êtes obligé, aussi, d'adapter vos cépages, d'ores et déjà,
07:21ou est-ce que vous réfléchissez à une adaptation de vos cépages,
07:25alors, pour subir ce réchauffement,
07:28ou alors, pour les questions de titrage de degrés d'alcool, par exemple ?
07:32Alors, il y a des réflexions.
07:34On parle souvent des cépages résistants.
07:35Donc, c'est des cépages qui sont naturellement résistants aux maladies,
07:38qui peuvent permettre, en fait, aux agriculteurs biologiques
07:40de mieux, en fait, résister à l'attaque de certains champignons.
07:45On a aussi, on sait que la consommation du vin rouge baisse plus vite
07:49que la consommation du vin en général.
07:50Donc, on a aussi une réorientation du vignoble avec moins de rouge et plus de blanc.
07:55Et ensuite, on peut également aussi avoir l'introduction de cépages
07:59qui vont mieux se comporter avec un déficit d'eau.
08:03À l'inverse, est-ce que vous voyez arriver des concurrents du Nord ?
08:06Vous voyez ce que je veux dire ?
08:07C'est-à-dire des régions qui ne faisaient pas de vin et qui commencent à en faire.
08:10Ça se développe.
08:11On sait qu'il y a des vignobles qui s'installent en Bretagne.
08:13Il y a des vins qui commencent à avoir de bonnes réputations en Belgique également.
08:17L'Angleterre, depuis déjà quelques années, sur la partie effervescente.
08:19Sur le salon Millésime Bio, dans nos exposants,
08:22nous avons des exposants qui viennent d'Angleterre.
08:25Nous avons un exposant qui vient d'Angleterre.
08:27Et dans les années qui viennent, parce que ces vignobles sont assez jeunes,
08:30donc il va leur falloir un petit peu de temps
08:31avant de pouvoir venir jusqu'à Millésime Bio.
08:34Mais je suis sûr que d'ici 2-3 ans,
08:35on aura effectivement des vins de nouveaux vignobles.
08:38On peut trouver que c'est désastreux.
08:40On peut se dire que c'est une bonne nouvelle.
08:43Mais moi, ça m'inspire plutôt une question
08:45sur la capacité du vin français à se réinventer.
08:51Parce que c'est le vin peut-être le plus réputé au monde,
08:55qui vit peut-être un peu sur ses acquis.
08:57Est-ce que vous avez parfois ce sentiment-là ?
08:59Dans les difficultés ou la crise que le secteur,
09:03au-delà du bio, que le secteur en général traverse.
09:06L'arrogance française, on peut dire ça comme ça aussi.
09:09Je n'en suis pas persuadé, parce que le vignoble
09:11essaie de se réinventer quand même depuis longtemps.
09:13Alors il y a toujours un peu le poids des générations aussi,
09:15qui n'est jamais facile quand on veut faire table rase du passé.
09:18Mais en tout cas, aujourd'hui, je crois que chaque vigneron
09:21a bien conscience du fait qu'il faut avancer
09:23et que ceux qui n'y avanceront pas seront amenés à disparaître.
09:27Donc vraiment, c'est changer nos pratiques,
09:29les améliorer et coller toujours plus au mode de consommation.
09:33Un dernier mot, il nous reste une minute trente pour parler des labels,
09:37parce qu'il y a quand même beaucoup de labels environnementaux,
09:42plus ou moins exigeants, etc.
09:44Le label bio, c'est quoi ?
09:46C'est le plus exigeant ?
09:47C'est l'un des plus exigeants ?
09:48C'est certainement l'un des plus exigeants.
09:50Et derrière ce label, il y a une certification.
09:52En fait, il y a des organismes certificateurs
09:54qui viennent faire un contrôle chaque année
09:55chez tous les vignerons,
09:57enfin, chez tous les agriculteurs engagés en bio,
09:59qui sont mandatés par le ministère de l'Agriculture.
10:01Et ils viennent nous contrôler.
10:02Donc on a des audits et on est contrôlé précisément
10:04sur le fait que l'on respecte bien le cahier des charges de l'Agriculture.
10:07Dans votre exploitation, par exemple, ça se passe comment ?
10:09Vous savez à quel moment il vient ?
10:11Ça se prépare plusieurs semaines à l'avance ?
10:13On a un audit qui est prévu,
10:16généralement en fin de campagne,
10:17pour pouvoir contrôler ce que j'ai effectué sur mes vignes et dans mon chai.
10:20Et puis on peut avoir des audits inopinés également,
10:22qui viennent contrôler n'importe quand dans l'année.
10:25Les agriculteurs payent pour cette certification.
10:27Donc ça, c'est quand même quelque chose qui est important.
10:28Ça engage l'agriculteur.
10:29Et on parle souvent de surcharge administrative.
10:32Quand on est en bio, on se rajoute une surcharge administrative
10:34avec la certification bio.
10:36Est-ce qu'il y a, dernière question,
10:37est-ce qu'il y a, alors ça concerne peut-être plus l'agriculture bio en général,
10:42mais est-ce qu'il y a beaucoup de, je ne sais plus quel est le terme,
10:44de déconversion, enfin de retour en arrière ?
10:46En termes de nombre, oui, mais parce que le pourcentage est stable.
10:51Et donc, ce qui fait que 3% de 100 vignerons, c'est toujours un nombre plus petit que de 200.
10:57Pour l'instant, on ne le voit pas exploser, ce chiffre-là.
11:00On est très vigilants.
11:02On sait que l'engagement, par contre, la conversion baisse.
11:05Mais pour l'instant, on n'a pas de signaux forts de retour en arrière.
11:10Ça prend combien de temps de basculer au bio ?
11:12Alors, il faut 3 récoltes.
11:14Entre le moment où on commence l'agriculture biologique
11:17et on met en œuvre les pratiques de l'agriculture biologique,
11:19il faut attendre 3 récoltes avant de pouvoir certifier le produit agriculture biologique.
11:23Merci beaucoup.
11:23Je rappelle que l'abus d'alcool est évidemment dangereux pour la santé.
11:27Et je rappelle que ce salon, ce millésime bio mondial du vin bio
11:30et des boissons biologiques aura lieu du 26 au 28 janvier à Montpellier.
11:35Merci encore et à bientôt, Julien.
11:37Francklet, on passe tout de suite à notre débat.
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