00:00Les éleveurs français confrontés à la crise de la dermatose nodulaire contagieuse.
00:05Le gouvernement promet une accélération de la vaccination dans le sud-ouest.
00:09750 000 bovins supplémentaires ciblés.
00:11Le recours notamment à des vétérinaires militaires.
00:16Amélie Mouget nous a rejoint ce matin pour notre rendez-vous hebdomadaire avec reporter Le Média de l'écologie.
00:22Bonjour Amélie.
00:23Bonjour.
00:23Et aujourd'hui ensemble on va s'intéresser à la dermatose nodulaire contagieuse qui enflamme donc le monde paysan.
00:28Rappelez-nous d'abord ce que c'est que la dermatose nodulaire contagieuse.
00:32Alors comme son nom l'indique c'est une maladie contagieuse qui touche exclusivement les bovins.
00:37Elle est transmise par des insectes, des tiques, des moustiques, des thangs et puis des stomax qui sont des petites mouches piquantes.
00:44Ce n'est pas transmissible à l'homme ni par la viande ni par le contact avec les animaux ni par les insectes.
00:50Mais ça affaiblit considérablement les bovins.
00:52Ils maigrissent, ils produisent moins de lait et des nodules, donc nodulaires, apparaissent sur la peau et les muqueuses.
01:00Et puis parfois cette maladie entraîne la mort, le taux de mortalité est aux alentours de 10%.
01:05Et en France, quelle est l'ampleur de la contamination ?
01:08Alors à ce jour, on compte plus d'une centaine de foyers de contamination dans 11 départements.
01:14A l'origine, la dermatose nodulaire, ça frappait exclusivement l'Afrique.
01:18Et puis avec le réchauffement climatique, la maladie se répand au nord.
01:23C'était les Balkans à la fin des années 2010 en Europe et puis l'Italie, l'Espagne en début d'année.
01:28En France, le premier cas a été détecté en juin dernier en Savoie.
01:33Et puis là récemment, c'est le sud-ouest, après le Doubs, l'Inde, le Jura qui est touché.
01:40Et vous avez parlé de réchauffement climatique, quel est le lien ?
01:42Alors avec la hausse des températures, la zone de propagation des insectes devient de plus en plus vaste.
01:48Donc il remonte au nord.
01:50Et la période pendant laquelle ils sont actifs, donc les moustiques, ces petites mouches, les stomachs,
01:55est de plus en plus longue dans l'année.
01:57C'était jusqu'en octobre et puis là on voit qu'en novembre, décembre, ça se poursuit.
02:02Oui, la hausse des températures provoquée par le réchauffement climatique, on le sait, c'est un catalyseur d'épidémie.
02:08Donc on peut craindre que ce soit un avant-goût de ce qui nous attend.
02:14Et alors tout le débat porte désormais sur la manière de contenir cette maladie.
02:18Oui, oui, oui. En fait, le débat devient inflammable dès qu'il est question des abattages, des abattages systématiques.
02:25La dermatose nodulaire, c'est une maladie classée A au niveau européen.
02:28Ça veut dire dépeuplement total. Donc grand abattage de troupeaux, ce dépeuplement.
02:35Et donc ça, c'est la stratégie qui est appliquée par le gouvernement.
02:38Mais les éleveurs contestent ce protocole.
02:40Ils demandent que seuls les animaux malades soient abattus, que les autres soient confinés
02:44et qu'on ait une politique de vaccination plus globale.
02:47Oui, alors ça, tout le monde s'entend là-dessus.
02:49Il y a urgence à vacciner le bétail. On en est où de cette vaccination aujourd'hui ?
02:54Eh bien, justement, hier, Annie Gennevard a annoncé l'accélération de la vaccination.
02:58Mais donc, 750 000 bovins, vous l'avez dit, cette vaccination, elle ne touche que les zones concernées.
03:05Il n'est pas question de faire comme ce que fait la Suisse, par exemple, c'est-à-dire une vaccination totale des 16 millions de bovins.
03:14Ce n'est pas le choix que fait la France.
03:16Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas vacciner tous les animaux ?
03:18Eh bien, parce que si on vaccine, ça poserait de vrais problèmes à l'export.
03:22C'est-à-dire que les veaux vaccinés, on ne pourrait pas les exporter pendant plusieurs mois.
03:26Et surtout, la France perdrait son statut de pays indemne.
03:31Vacciner, ça voudrait dire laisser courir la maladie à bas bruit.
03:34Et là encore, ce sont des enjeux économiques qui sont en jeu.
03:38La France exporte près de 1,4 million de jeunes bovins qui sont ensuite engraissés, surtout en Italie.
03:45Et donc, ça viendrait mettre un sérieux grain de sable dans les rouages de cette machine et exporter la viande et les animaux.
03:55Et on assiste depuis quelques jours dans le sud-ouest à des blocages de route, à beaucoup d'actions et d'importantes manifestations face à la préoccupation des éleveurs.
04:02Oui, oui, oui. Et ce n'est pas un hasard que ça flambe dans le sud-ouest.
04:05C'est dans une région où le revenu des agriculteurs est très bas, plus bas, un des plus bas, parmi les plus bas en France.
04:14Et dans ce contexte difficile, perdre un cheptel, ça veut dire perdre des années de travail.
04:20Et parfois, un travail de sélection génétique qui a été fait sur plusieurs générations, sans compter l'attachement aux animaux.
04:26Certains éleveurs qui ont vu leur troupeau abattu disent avoir tout perdu.
04:30Oui, c'est un véritable traumatisme.
04:31Et quand on parle de croisement génétique, ce n'est pas des éleveurs avec des fioles, c'est choisir les meilleurs animaux pour ensuite engendrer de meilleures générations.
04:39Et en effet, c'est des travails de plusieurs décennies, des fois.
04:42Autre sujet de colère chez les agriculteurs, il y a l'accord de Mercosur qui devrait être ratifié cette semaine.
04:49Oui, donc on est dans un contexte global qui est vraiment très préoccupant pour les agriculteurs.
04:54Donc l'accord Mercosur, c'est un accord de libre-échange entre l'Union européenne et quatre pays d'Amérique latine.
05:00Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay.
05:03Ce que craignent les agriculteurs, évidemment, c'est une concurrence déloyale des produits qui seraient importés.
05:08On parle de viande, de sucre, de riz, de miel et de soja sud-américain.
05:12Donc ça alarme les filières concernées.
05:15La France a temporisé.
05:17Du moins, elle demande à ce qu'un report de cet accord soit acté.
05:21Il y a déjà eu quelques négociations et avancées actées pour protéger les agriculteurs.
05:26Mais ce n'est pas suffisant pour calmer les inquiétudes.
05:29Et puis cette semaine, sur le site de Reporters, vous nous emmenez également en Algérie.
05:33Oui, on va sur les traces laissées par la production d'huile d'olive sur les cours d'eau.
05:38Dans la région de Tiziouzou, on produit énormément d'huile d'olive.
05:41C'est quelques 12 millions de litres sur l'année 2025-2026.
05:45Et ce qui n'est pas géré aujourd'hui, ce sont les grignons, ce sont les résidus produits par cette production d'huile d'olive
05:53qui viennent polluer les cours d'eau et qui inquiètent là aussi les agriculteurs.
05:58Merci beaucoup Amélie.
05:59Tout ça, c'est à retrouver donc sur reporter.net, le site internet du Média de l'écologie.
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