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  • il y a 2 semaines
Olivier Minne, animateur télé, présentateur de “Pandore” le lundi 22 décembre à 21h10 sur M6. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-mercredi-17-decembre-2025-1377454

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Transcription
00:00Olivier Mine est un enfant de la télé, non pas qu'il y soit né ou qu'il y fut pistonné par des parents du métier,
00:06mais il y est entré à l'âge de 22 ans. Il y a grandi, il y a mûri, il y a beaucoup appris.
00:11C'est une école, la télé, sans pitié. Les animateurs y façonnent leur langage, leur posture, leur sourire, leur personnage.
00:20Ils affrontent le regard des spectateurs, leur désir, leur lassitude, leur désamour.
00:24Il faut savoir se renouveler, il faut savoir durer.
00:27Olivier Mine a presque 40 ans de boutique, dont la moitié passait sur un caillou au milieu de l'Atlantique.
00:32J'ai nommé Fort Boyard, l'un des jeux préférés des Français qu'il a quitté cet été.
00:37Lui qui a débuté dans un bureau à antenne 2 au tri des cassettes vidéo, s'en est allé du service public.
00:43Olivier Mine arrive sur M6 pour piloter le maillon faible et pas que, tout un tas d'autres divertissements.
00:49A l'image, Olivier Mine est toujours le Olivier Mine de la télé.
00:53Posture, sourire, personnage, amour, désamour, se renouveler, savoir durer, portrait numéro 65.
01:04Je ne sais pas ce que c'est qu'une vie réussie, je ne sais pas ce que c'est qu'une vie professionnelle réussie.
01:08Mais j'ai quand même une petite idée.
01:09Et je crois que, quand on arrive, à force, à se rendre compte que les liens qu'on noue avec les autres sont une richesse incroyable,
01:21alors on a un petit sentiment de réussite quand même.
01:24Et ici, c'est moi qui vous dis merci.
01:27À vous toutes et à vous tous.
01:29Parce que j'ai été un enfant gâté, en fait.
01:30Rien n'aurait pu être possible, en fait, durant toutes ces années, si vous n'aviez pas été là.
01:38Alors, merci !
01:40Merci à vous !
01:41Bonjour Olivier Mine.
01:42Bonjour Sonia.
01:43Qu'est devenue la tête de tigre de la salle du trésor de Fort Boyard ?
01:47Ce cadeau fort encombrant qu'on vous fait à la fin de Fort Boyard.
01:51C'est certain que ce n'est pas le genre de cadeau qu'on porte après à la ceinture, non ?
01:55Non, ça c'est sûr.
01:56Au-dessus de la cheminée ?
01:58Il faudrait une grosse cheminée aussi.
02:00Grosse cheminée ?
02:00Non, non, il est dans mon salon et j'avoue que ça a été symboliquement un cadeau insensé
02:06parce que Félindra a démonté sa tête de tigre pour me l'offrir,
02:11alors que sa tête de tigre avait tourné pendant plus de 30 ans.
02:13C'est vrai que voilà.
02:15C'est un morceau d'histoire de la télévision française que vous avez dans le salon.
02:18Clairement.
02:18C'est ça. Et au lendemain de la diffusion du dernier Fort Boyard,
02:22des milliers de messages de spectateurs qui tombent.
02:25Qu'est-ce qu'on éprouve à ce moment-là ?
02:27Un peu de sidération en fait, sans exagération,
02:30parce que tout simplement je n'avais pas pris la mesure du lien qui s'était noué entre eux et moi.
02:38Et aussi curieux que ça puisse paraître, des courriers j'en avais reçus,
02:42des e-mails, des messages certes,
02:45mais qui généralement demandaient des photos.
02:48Pas beaucoup plus que ça.
02:49Et tout d'un coup, ce n'était pas uniquement des messages de regret de me voir partir.
02:53Il y avait des témoignages beaucoup, essentiellement d'ailleurs.
02:56C'est-à-dire que vous êtes rentré dans la vie des Français ?
02:58Oui, c'était des longs messages qui expliquaient pourquoi ce lien s'était noué
03:03avec des explications qui me faisaient comprendre
03:07qu'en fait, il y avait eu un accompagnement.
03:09Et un accompagnement qui avait compté.
03:12Vous savez, quand on fait ces métiers-là,
03:14surtout quand on fait du jeu ou du divertissement,
03:16j'ai fait du magazine et du talk show dans les années 90,
03:19mais depuis longtemps, je fais le zozo, diront certains.
03:22Quand on fait le zozo, on n'a pas le sentiment dans ce cas-là
03:25de faire quelque chose qui compte vraiment.
03:28Et puis finalement, on est rattrapé par la réalité
03:30et on se dit « Ah, ben si en fait ».
03:33C'est-à-dire que divertir, ça fait partie aussi des missions du service public.
03:37C'est vrai ? C'est vrai ? C'est important ?
03:38Contrairement à ce que certains veulent bien dire.
03:42Mais alors pourquoi vous êtes parti ?
03:43Pourquoi vous avez quitté Le Caillou ?
03:45Pourquoi vous avez quitté Fort Boyard ?
03:46Pourquoi vous avez quitté France Télévisions ?
03:47Vous y êtes quasiment né.
03:50Alors c'est vrai que je suis quasiment né.
03:51Enfin, à l'antenne, je suis né réellement à Antenne 2, c'est vrai.
03:55Même si j'avais fait mes premiers pas sur une chaîne qui s'appelle RTL Télévisions.
04:00Ironie du sort, non.
04:01Que de voir ainsi une situation qui nous permette de revenir dans la première maison.
04:07C'est ça, parce que vous arrivez sur M6 qui fait partie du groupe RTL.
04:10C'est le même groupe.
04:12Alors pourquoi partir ?
04:13Parce que vous le savez bien, Sonia, par les témoignages que vous avez chaque matin
04:17et puis par votre vie personnelle, j'imagine aussi.
04:20Il y a dans l'existence des moments où en fait des situations se présentent à vous
04:24qui sont plus fortes que vous.
04:26Il y a des désirs, des rencontres qui en fait ne vous permettent pas plus que ça d'avoir le choix.
04:34Et alors, vous me direz, on a toujours le choix.
04:36Méchamment dragué par M6.
04:38Pas méchamment en plus, c'est que ça a mis du temps et que ça a été une sorte de flirt long.
04:45C'est ça.
04:46Donc vous êtes à l'affiche du maillon faible, mais il y aura un nouveau jeu de stratégie
04:50qui s'appelle Pandore.
04:51Vous allez présenter le show du 31 décembre.
04:54Ça normalement, c'est les visages historiques de la chaîne.
04:57Donc ça veut dire que vous avez été adopté direct.
04:59Un autre jeu de logique pour tester les cerveaux.
05:02L'âge du cerveau.
05:03Voilà, donc bref, vous êtes très heureux dans votre nouvelle maison.
05:06Bon, très.
05:06Très, c'est ça.
05:07Alors, moi, je veux raconter votre histoire et je trouve qu'elle est formidable, votre histoire,
05:10parce qu'elle se confond avec un morceau d'histoire de la télévision.
05:14Vous l'avez dit, vous avez démarré à Antenne 2.
05:17Vous avez été repérée par l'immense Jacqueline Joubert, à qui vous avez consacré un lire,
05:23puisque vous avez parlé de toutes ces spikrines qui vous ont tant appris et d'où vous avez tant appris vous-même.
05:29On l'écoute Jacqueline Joubert.
05:31C'est très difficile d'être spikrines.
05:34D'abord, il faut être au courant de tout, tout savoir, écrire soi-même ses textes.
05:38Il ne faut pas dire, et maintenant, vous avez gna, gna, gna.
05:39Ce n'est pas ça, être spikrines.
05:41Quand on dit bonjour aux gens, bonsoir aux gens, il faut vraiment le croire,
05:45en être persuadé que ce bonjour va être un vrai bonjour, un vrai bonsoir.
05:50Il m'est arrivé, comme tout un chacun, d'arriver le soir à la télé avec des ennuis.
05:57Et puis, hop, je remontais les deux coins de la bouche, là.
06:02Puis je commençais à sourire.
06:04Et puis quand vous souriez à l'extérieur, l'intérieur suit.
06:07Qu'est-ce que ça représentait pour vous quand vous aviez 20 ballets, la télévision, Olivier Mine ?
06:12Un mystère que j'avais déjà touché du doigt quand j'étais manutentionnaire, assistant, cadreur et homme à tout faire à RTL Télévision.
06:21Ça s'est commencé en 86.
06:23Mais quand tout d'un coup, j'approche de l'antenne, c'est un mystère qui se dévoile petit à petit.
06:28Parce que je n'avais pas vocation à vouloir faire ça.
06:30Moi, je préparais le conservatoire.
06:32Je travaillais à Antenne 2 comme homme à tout faire à nouveau.
06:34On appelait ça agenda d'administration, mais c'était pour simplement payer mes cours.
06:38Je n'avais pas vocation à me retrouver devant la caméra.
06:41Encore une fois, vous voyez, comme par rapport à ce départ vers M6,
06:46tout d'un coup, il y a des gens autour de vous qui voient des choses que vous ne voyez pas.
06:50Jacqueline Joubert, elle voit quoi ?
06:51Je ne sais pas.
06:54Elle voit en tout cas un potentiel que, sincèrement, je ne voyais pas absolument pas.
06:58Parce qu'elle vous fait passer un premier casting sans enthousiasme ?
07:01Aucun, d'autant qu'elle avait fini le sien de casting et que de plus, je suis très mauvais.
07:05Et qu'on le sait tous, à Paris comme ailleurs, quand on passe un casting, ça dure deux minutes
07:10et ensuite, on vous dit, on vous rappellera et on ne vous rappelle jamais.
07:12Elle m'a fait passer un casting cinq jours d'affilée.
07:15Et pendant ces cinq jours, j'étais de plus en plus mauvais.
07:18Ne sachant pas ce que cette femme donc cherchait chez moi.
07:20Si ce n'est qu'au dernier jour...
07:22Elle cherchait une spikrine.
07:23Elle cherchait, c'est vrai.
07:24Il fallait donc que je révèle peut-être cette part de féminité.
07:26Mais au-delà de ça, c'est que le dernier jour, je me trompe.
07:29J'ai un trou de mémoire épouvantable.
07:31Et que je rebondis en improvisant, en disant des choses idiotes.
07:35Et ça ne la fait pas rire.
07:37Elle reste sphingienne à côté de sa caméra.
07:39Mais elle s'approche à la fin du test.
07:40Et elle me dit, voilà, c'est bon.
07:42J'envoie les cassettes et vous serez à l'antenne dans trois mois.
07:45Ça veut dire que vous aviez fendu l'armure ?
07:47Sans doute.
07:47Et puis surtout, à l'époque, les annonces de spikrine avant 20h étaient regardées par plus de 10 millions de téléspectateurs.
07:52Il fallait donc, c'était une responsabilité, il fallait donc être certain que le jeune homme qui paraissait 14 ans et qui en avait déjà 22, ne soit pas déstabilisé par rapport à cet homme.
08:00Et elle vous a appris à dire Madame Monsieur Bonsoir ?
08:03Alors c'est étonnant que vous me parliez de ça parce qu'elle le dit là dans le document que vous nous avez fait entendre.
08:07J'ai passé, lorsque j'ai commencé ma formation avec elle, j'ai passé les deux premières ou trois premières semaines à ne travailler que sur le bonsoir.
08:14Et je ne voyais pas là aussi ce qu'elle cherchait.
08:17Je crois que Léa Salamé, arrivant aux 20h, a passé l'été à s'entraîner à dire Madame Monsieur Bonsoir.
08:21Dans la bande-annonce annonçant, l'arrivée de Léa Salamé, elle a travaillé là-dessus, elle a tordu la chose pour en faire quelque chose de sympathique.
08:31Mais c'est vrai qu'en effet, ce bonsoir pour qu'il soit habité, on ne peut pas le balancer comme ça en fait.
08:36Et d'autant plus quand on est spikrine ou présentateur ou présentatrice du journal de 20h.
08:41Jacqueline Joubert encore.
08:42Si vous le faites bien ce métier, vous êtes le lien entre, je ne dirais pas, pour moi c'était un monstre.
08:51Les caméras étaient des monstres, maintenant elles sont jolies.
08:55Mais c'est quand même monstrueux, un objectif.
08:58Et la spikrine est le lien entre le spectateur et le monstre.
09:05Et je pense que c'est indispensable.
09:07Entre le spectateur et le monstre ?
09:10A l'époque, les caméras étaient très impressionnantes.
09:13Étrangement d'ailleurs, quand j'ai commencé à faire ce métier,
09:17Igor Barère travaillait sur les premiers tests techniques de la haute définition.
09:22En 1949, quand la télévision, qui était en 441 lignes, va proposer une nouvelle définition d'image.
09:32580 lignes, je crois, quelque chose comme ça.
09:34Ce qui paraît très ridicule aujourd'hui, mais qui était très important à l'époque,
09:39c'est avec les spikrines que les tests ont été faits.
09:41Et moi, étant spikrin à l'époque de service,
09:44Igor m'a appelé pour faire les tests des premières caméras HD.
09:48Qui étaient tout aussi monstrueuses, j'imagine, que les caméras de la fin des années 40.
09:51Vous savez bien que Jacqueline Joubert, quand elle parle du monstre, elle ne parle pas de ça.
09:54Elle parle d'un regard implacable.
09:56Elle parle d'être toute sa carrière face à un œil qui vous dévore et qui vous scrute.
10:03C'est votre histoire, Olivier Min.
10:04Ça fait 40 ans que vous êtes face à un œil qui vous dévore et qui vous scrute.
10:08Est-ce qu'on est soi-même face à un œil qui vous dévore ou qui vous scrute ?
10:10Ou est-ce qu'on se blinde et est-ce qu'on se fabrique une carapace, un personnage ?
10:15La tentation est forte de le faire.
10:17Et sans doute que les premières années, c'est ce qui s'est passé chez moi,
10:20de peur de trop déplaire, même si, étrangement, poussé par Jacqueline,
10:25j'ai fait les 400 coups quand j'étais spikrine de service
10:28puisque j'ai fait des imitations improbables en direct
10:31qui m'ont valu des convocations quasiment toutes les semaines à l'époque
10:34par la direction de l'antenne de la 2.
10:36Parce qu'évidemment, on ne se moque pas de Jacques Chirac
10:38avant qu'il ne présente l'heure de vérité avec François-Henri de Virieux.
10:41Et quand on a 22 ans, on ne se rend pas compte des répercussions
10:44que peuvent avoir des choses de ce genre.
10:47Vous vous êtes fabriqué un personnage à la télé ?
10:49Alors non, au départ, quand on a 22 ans et que vous avez quelqu'un qui vous dit,
10:52surtout quand c'est la mère des mères de la télévision,
10:55qui vous dit « tu es en liberté, fais ce qu'il faut, mais surtout sois libre »,
11:00il ne faut pas dire ça à un jeune homme.
11:01Surtout à un jeune homme de bonne famille
11:02qui en fait cache depuis longtemps un diable derrière une façade compassée.
11:08Donc bien sûr que ça m'a ouvert des perspectives merveilleuses,
11:13mes ailes ont très vite été coupées parce que j'ai failli être virées plusieurs fois.
11:16Et puis Jacqueline est partie, a pris sa retraite,
11:19donc j'étais moins protégé.
11:20Mais c'est vrai qu'on compose, on compose,
11:23mais après c'est le temps qui vous aide à apprendre,
11:26à devenir sincère dans ce rapport éminemment artificiel
11:31qui est celui d'être face à cet œil noir et froid de la caméra.
11:36À quoi ça sert la musculation ?
11:38La musculation, elle a servi à l'époque non pas à changer le regard des autres sur moi,
11:42puisque de regard d'autres, il n'y en avait plus.
11:44J'étais hors caméra, hors métier, tout ça était terminé.
11:49J'étais en Californie, j'essayais de reprendre contact avec moi.
11:55Je ne me rendais pas compte à quel point partir là-bas
11:57était en fait prendre rendez-vous avec moi.
11:59C'était quoi ? C'était il y a 20 ans ?
12:01Ça c'était il y a 23 ans.
12:04C'était il y a 23 ans.
12:05C'était une période de creux ?
12:07Une période plus que de creux, c'était une période de changement total.
12:09Je me disais que j'avais fait 12 ans de télévision.
12:12Finalement, c'était un accident heureux,
12:14mais qui n'avait pas été forcément planifié par moi
12:16et qu'il fallait donc que je me réinvente à ce moment-là.
12:19Comme j'étais venu à Paris pour faire du théâtre,
12:21je suis parti là-bas pour refaire du théâtre
12:23en me plongeant dans la méthode de Strasbourg.
12:26Et la muscu, elle est venue parce que tout simplement là-bas,
12:28on ne va pas prendre un café à la terrasse d'un bistrot,
12:31on va à la salle.
12:32Et donc j'y suis allé en me disant de plus,
12:35confronté à la difficulté que j'avais.
12:37Mais c'est une manière de se refabriquer un corps ?
12:41Le corps qui n'avait pas été très connecté avec l'esprit.
12:43Je n'avais jamais beaucoup pris soin de ce corps-là,
12:46pensant que seul l'esprit avait de l'intérêt,
12:49puisque le corps était voué à disparaître.
12:50Et voué à disparaître.
12:51Donc je n'avais pas compris que connecter son corps à son esprit,
12:56c'est encore une fois l'idée aussi de prendre rendez-vous avec soi
12:59et de ne faire qu'un tout.
13:01Et de ne pas être en scission avec soi-même en fait.
13:04Donc cette muscu, elle a changé le regard des autres
13:06quand je suis revenu à Paris,
13:08sans me rendre compte que ce changement de regard
13:10allait également changer ma vie à nouveau.
13:12C'est ce qui a fait que Yves Bigaud m'a proposé de faire Fort Boyard.
13:16Si j'étais resté le jeune homme longiligne et aux cheveux longs
13:19des années 90,
13:22sans doute que jamais le fort ne m'aurait été donné.
13:24Et puis vous montez sur scène
13:25et puis vous jouez un fil à la patte de Georges Fedot.
13:28C'est épatant !
13:31Le lendemain du soir, on a scié son contrat
13:33à ne pas être encore rentré à 10h du matin.
13:37Moi, je ne pose pas pour la morale,
13:38mais quand on est fiancé,
13:40on doit rentrer coucher chez soi.
13:42Ou alors, on fait ce que je faisais,
13:45on couche avec sa future femme.
13:55Quoi ? Qu'est-ce que c'est ?
13:57Le mariage brugnot, s'il vous plaît.
13:59C'est au-dessus, le mariage brugnot, au troisième !
14:02Ça va, je m'encordons.
14:06C'est cassement !
14:07C'est une immense tradition de télévision populaire
14:09que vous avez en fait réinventée,
14:11Olivier Mine, au début des années 2000.
14:13Enfin, quand vous rentrez des Etats-Unis ?
14:16Comme le théâtre est quelque chose
14:17qui m'a toujours accompagné,
14:19quand il s'est agi de pouvoir éventuellement
14:21proposer des choses en tant que producteur,
14:23je me suis dit, mais tiens,
14:24et si on remettait le théâtre
14:26comme à l'époque où j'étais enfant
14:27et où on ne pouvait pas aller au théâtre
14:29parce que j'étais à Bruxelles
14:30et que Paris était loin,
14:31aussi curieux que ça puisse paraître
14:32dans les années 70 et cher,
14:34eh bien, je me suis dit,
14:37essayons, essayons de remettre
14:38ce théâtre ce soir
14:38qui avait fait les belles heures
14:40de la télévision française
14:41parce que, malgré tout,
14:43c'est aussi ça l'idée de la télévision
14:45pour moi, généraliste,
14:46c'est d'ouvrir des portes,
14:47de créer des curiosités.
14:49Le théâtre, certes,
14:50tout le monde en a entendu parler,
14:52tout le monde y va plus ou moins,
14:54mais souvent moins que plus.
14:55Et l'idée était donc simplement
14:56de revenir à ce clin d'œil du passé.
14:58Et c'est un succès énorme !
15:005 millions d'eux, je crois, à l'époque,
15:02face à la ferme célébrité.
15:04C'est un succès énorme !
15:04Face à la ferme célébrité, c'est vrai !
15:06C'est drôle !
15:08C'est quand même étonnant !
15:09Vous, c'est né comment ?
15:10Cette envie d'être sur scène,
15:11cette envie de jouer,
15:14cet appétit pour les textes aussi ?
15:16C'est venu comment,
15:17ce virus du théâtre ?
15:18Il est venu chez les pères,
15:19chez les jésuites.
15:20J'ai fait 11 ans chez les jésuites.
15:22Quand vous étiez petit ?
15:23Donc c'était quand j'étais pré-ado,
15:25qu'on a commencé à travailler
15:26le théâtre là-bas.
15:28Parce que vous étiez
15:29dans un collège religieux ?
15:30Dans un collège jésuite.
15:31Oui.
15:32Et on a commencé très fort
15:33puisque la première pièce
15:35que j'ai co-écrite
15:36avec un camarade de classe
15:37pour la fin d'année
15:39était tirée d'une lettre de Montboulin
15:41qui était l'élection
15:42du révérend père gaucher.
15:43C'est-à-dire que les jésuites
15:44de l'époque avaient l'esprit large
15:45parce que s'il y a bien
15:46une lettre de Daudet
15:48qui est particulièrement rugueuse
15:50par rapport à la religion,
15:52c'est bien l'élection
15:53du révérend père gaucher.
15:54Et donc le goût m'est venu
15:56à ce moment-là,
15:56même si, très sincèrement,
15:58on est adolescent,
15:59on a des idées qui se bousculent.
16:00Je voulais en même temps
16:01être journaliste,
16:02j'avais abandonné l'idée
16:03d'être Charles Darwin
16:04parce que j'avais compris
16:04que le temps était passé.
16:06Mais donc je mélangeais
16:08plein d'idées et d'envie.
16:10Mais l'idée de jouer,
16:11c'était l'idée de s'offrir
16:12plusieurs vies dans une vie.
16:14Et j'avais très envie de cela.
16:16Et alors qu'est-ce que vous avez
16:17avec cette tradition française
16:19du Vaudville,
16:21ce théâtre de la belle époque ?
16:23Parce qu'il y a eu Fédo,
16:24mais il y a eu plusieurs Fédo.
16:26Il y a eu aussi...
16:26Il y a eu des Labiches.
16:28Absolument, il y a eu des Labiches.
16:29Parce que c'est un théâtre
16:31qui a été méprisé.
16:32Et il a été méprisé du temps
16:33de ceux qui le faisaient.
16:35Et il a été méprisé
16:36après leur mort,
16:38jusqu'à ce que finalement Fédo
16:39soit repris au répertoire
16:41de la comédie française.
16:42Mais il a fallu attendre
16:42les années 40 pour ça.
16:44Et puis qu'après,
16:45on se soit rendu compte
16:46qu'en fait,
16:47derrière Fédo
16:48se cachait un tragédien.
16:49les comédies de cette époque-là
16:51et la comédie en général d'ailleurs
16:53devraient, à mon sens,
16:55toujours obéir aux mêmes règles.
16:57C'est une tragédie qui finit bien.
16:59Mais tant qu'on ne la réfléchit pas
17:01comme une tragédie,
17:02on a loupé le coche.
17:04Si c'est pour faire des comédies
17:05qui sont là pour faire rire,
17:07simplement,
17:08je pense que c'est moins intéressant.
17:09Est-ce qu'un bon jeu télé,
17:10c'est exactement la même chose,
17:11c'est une tragédie qui finit bien ?
17:13Totalement.
17:14C'est la même chose,
17:14Jacques-Antoine,
17:15près de qui j'ai appris.
17:17Il y a eu Yann Legac aussi.
17:18Il y a toujours,
17:19Yann Legac,
17:19qui est toujours auprès de moi
17:20et qui m'apprend toujours des choses,
17:21qui incarne le père Foura.
17:23Mais Jacques-Antoine,
17:24le père des jeux
17:25à la télévision française,
17:27a été près de moi
17:28dans les années 90,
17:29quand j'ai commencé
17:29à faire mes premiers pas
17:30dans le jeu.
17:31Et il me disait la même chose.
17:32Un jeu doit raconter une histoire.
17:34Toujours.
17:34Alors Pandore,
17:35le jeu qui va démarrer sur M6,
17:37ça raconte quoi ?
17:38Ça raconte l'histoire
17:38de douze mortels,
17:40que c'est ainsi
17:41que je les nomme dans le jeu.
17:43Mais nous le sommes tous mortels
17:44de toute façon,
17:45ne soyons pas dupes.
17:46Ces douze mortels
17:47sont conviés en un endroit
17:48et ils vont devoir essayer
17:50durant tout le jour
17:51pour deux d'entre eux
17:52qui ont découvert le matin
17:53qu'ils sont dans la boîte de Pandore
17:55de s'en sortir avant
17:56que la nuit ne tombe
17:57car sinon,
17:58l'un des deux
17:59sera éliminé de l'aventure.
18:00Et tous les moyens
18:01seront bons pour eux
18:02pour essayer d'accéder
18:03à cette boîte
18:03et de retirer le buste
18:05qui les représente
18:05afin de ne pas être victime
18:07de la malédiction des dieux.
18:09Olivier Mine.
18:10Je suis trop loin.
18:13Hermès.
18:14Pas du tout.
18:14Pas du tout.
18:15Pas du tout.
18:17Olivier Mine sur M6.
18:19C'est donc le 31 décembre.
18:21C'est donc le maillon faible
18:22et c'est donc bientôt Pandore.
18:24Merci d'avoir été l'invité.
18:25Merci Sonia.
18:26Sous-titrage Société Radio-Canada.
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