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  • il y a 2 semaines
Jeudi 18 décembre 2025, retrouvez Frederik Ducrozet (Responsable de la recherche macro, Pictet Wealth Management) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Musique
00:00Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui de 2026 sur le plan macroéconomique, sur le plan des marchés.
00:18Nous en parlons avec Frédéric Ducrozet qui est avec nous à distance, responsable de la recherche macro de Pictet Wealth Management.
00:23Bonsoir et bienvenue Frédéric.
00:25Merci beaucoup d'être avec nous.
00:27Or un rapide commentaire sur la Banque Centrale Européenne, parce que je crois que tout le monde a bien compris l'idée quand même qui dominait aujourd'hui au sein de la BCE,
00:34qui se dit toujours en bonne place, alors même que les projections ont été relevées sur le plan de la croissance,
00:40mécaniquement également sur le plan de l'inflation pour l'an prochain.
00:44Mais la rhétorique de Christine Lagarde n'a pas évolué depuis plusieurs mois maintenant.
00:49La BCE reste en bonne place, malgré ses prévisions économiques revues à la hausse.
00:53Frédéric, il faut comprendre que la barre reste quand même assez élevée encore pour que la Banque Centrale Européenne envisage de remonter ses taux.
01:02Oui, et je crois que c'est la seule leçon à retenir de cette dernière conférence de presse.
01:08On termine l'année dans une bonne situation, au bon endroit, avec la bonne communication qui n'a pas de raison de changer,
01:14malgré des prévisions qui fluctuent.
01:15En réalité, quand on regarde le profil des prévisions de croissance et d'inflation des économistes de la Banque Centrale Européenne,
01:22il est tout plat, rien ne bouge pendant les deux ou trois prochaines années.
01:26Peut-être que ce sera le cas, tant mieux, on le souhaite, que les choses se stabilisent, en tout cas au niveau de l'inflation, autour de la cible.
01:33Mais il est plus probable qu'on aura des surprises et que le cas échéant, le moment venu,
01:37cette communication s'ajuste et in-finé peut-être aussi les taux d'intérêt.
01:41Pour le moment, rien à signaler et c'est plutôt une bonne nouvelle.
01:43Quel type de surprise on peut avoir Frédéric ?
01:46Et j'aimerais bien avoir votre avis sur le plan allemand, ce qu'on appelle le plan allemand aujourd'hui,
01:52qui a déclenché quand même, il faut s'en souvenir, un enthousiasme important, pour ne pas dire plus.
01:57En mars dernier, Frédéric, on avait eu l'occasion d'en discuter.
02:01C'est vrai que là, encore dans la partie des missions précédentes, on discutait de ce plan allemand
02:06et j'ai déjà l'impression qu'un certain nombre d'intervenants de marché, d'économistes,
02:10sont par avance déçus de ce que l'Allemagne sera capable de délivrer sur l'horizon 12-18 mois devant nous.
02:18Mais vous avez tout très bien dit pendant cette émission, c'est-à-dire que c'est une question de perception
02:22et le timing de temporalité, de séquence d'un package budgétaire qui, par définition, prend du temps,
02:30surtout dans un pays qui n'a pas exactement l'habitude de mettre en place ce type de programme
02:36et de cette taille, ces montants en jeu.
02:39On a appris par exemple aujourd'hui quel allait être l'aspect budgétaire en termes d'émissions de dettes,
02:46forcément qu'il va financer ce plan, même si une partie est en dehors du bilan,
02:49une partie n'est pas vraiment comptée, c'est beaucoup d'argent, beaucoup de temps investi
02:55et donc beaucoup aussi de délai de transmission jusqu'à l'économie.
02:58Vous l'avez dit aussi, ça vient de commencer.
03:00On a eu les tout premiers chiffres qui confirment que de l'argent a été,
03:03les premiers euros dépensés en réalité depuis octobre-novembre et ça va gagner en puissance.
03:08Je n'ai pas de problème avec ça.
03:10Si vraiment on veut peut-être challenger Isabelle Schnabel à la Banque Centrale Européenne
03:14ou ceux qui sont peut-être déjà inquiets avant même que cet effet arrive positif
03:19sur l'activité d'un effet inflationniste, je pense qu'on n'y est pas encore
03:22et qu'on est plutôt dans une phase aussi de stabilisation,
03:26peut-être même aussi d'assouplissement un petit peu sur le marché du travail,
03:29ça dépend des pays, et dans une séquence politique qui m'inquiète un tout petit peu
03:33si vraiment là je recherchais les risques pour l'année prochaine.
03:36Vous l'avez dit, on peut imaginer 2027,
03:38et la BCE le fait comme vraiment le moment où cet effet économique
03:42peut-être atteint son apogée.
03:46D'ici là, on aura quelques événements, notamment en France et dans d'autres pays
03:50qui peuvent effectivement dérégler un petit peu les objectifs politiques
03:54et le marché peut être très sensible à ça.
03:56Mais la direction, ce n'est pas celle de l'année prochaine,
03:59c'est celle des 10, 20 ou 50 prochaines années,
04:02et elle me semble pour le moment largement validée encore.
04:05Oui, le capital politique est affaibli un peu partout,
04:08y compris en Allemagne, après neuf mois aux affaires,
04:13Frédéric Schmerz a déjà entamé, semble-t-il,
04:16une bonne partie de son capital politique.
04:18Comment vous regardez la conversation macro 2026 pour les États-Unis, Frédéric,
04:23partant d'un scénario de rêve que nous a vendu Jérôme Powell la semaine dernière,
04:28plus de croissance, moins d'inflation.
04:30Comment est-ce que ce rêve va atterrir et se confronter à la réalité, Frédéric ?
04:36C'est quand même une année folle, quand on revient très rapidement en arrière,
04:39vous montrez le graphique des tarifs douaniers aux États-Unis
04:42à n'importe quel économiste, n'importe quel observateur non-partisan.
04:46Il vous dit évidemment qu'il y a eu une récession majeure,
04:48si ce n'est une dépression en 2025,
04:50et on en est là avec, disons, 3% de croissance,
04:54peut-être en train de ralentir vers les 2%,
04:56mais une croissance toujours qui tient,
04:58un marché du travail qui a tenu aux États-Unis jusqu'à présent,
05:01et une inflation qui va peut-être même aller au-delà des espoirs de Powell aujourd'hui.
05:05Vous en avez évoqué les limitations aussi en termes de mesures.
05:09On sait qu'il y a beaucoup de bruit autour de ces chiffres d'inflation,
05:12mais néanmoins une inflation qui est pour le moment en train de ralentir plutôt que d'accélérer.
05:15Il y a une histoire de productivité, il y a cette histoire,
05:19vous en avez parlé aussi, d'adoption de l'IA,
05:22et peut-être de cette convergence du fameux cas de la K-shaped économie
05:28avec le consommateur, non pas les plus riches,
05:31mais la classe moyenne, voire en dessous,
05:33qui rattrape peut-être un aspect budgétaire,
05:36en tout cas c'est notre scénario qui aide aussi à la fois le consommateur,
05:40les PME, toute cette partie du marché qui a été un petit peu,
05:44qui a plus souffert en tout cas en 2025 que les grandes entreprises de la tech.
05:48Tout ça peut s'améliorer.
05:49Maintenant, pareil, comme d'habitude, tout le monde pense un petit peu la même chose.
05:52La Fed aussi, ça ne va pas se passer comme prévu,
05:54on peut parier, on peut en être sûr d'ores et déjà.
06:00Le principal risque est celui de l'inflation malgré tout, à terme,
06:03parce que si dans une économie qui tient justement,
06:06voire même qui réaccélère début d'année prochaine,
06:09vous ajoutez, vous injectez du stimulus monétaire, du stimulus budgétaire,
06:13et des gens qui mélangent parfois un peu les genres sur les institutions,
06:17en tout cas je le dis poliment, des questions sur la crédibilité de la Fed notamment,
06:21ça peut quand même faire moins bon ménage pour la seconde moitié de l'année.
06:25Ça veut dire que l'histoire de volatilité, des courbes de taux,
06:29de pontification, de quelle est la bonne prime de terme,
06:34et l'histoire peut-être aussi de la dépréciation du debasement du dollar,
06:39ces histoires-là ne sont pas encore totalement terminées et refermées, Frédéric ?
06:43J'ai toujours pensé qu'il y avait une part d'exagération,
06:45parce qu'il y a quand même dans les statuts de la Fed, aux États-Unis,
06:49malgré tout, ces fameux checks and balances,
06:51Trump n'est pas éternel, des gens qui vont au sein du staff
06:57et dans les autres institutions américaines, au sein de la rotation politique aussi,
07:02mais même sans ça, voilà, assurer cette indépendance des institutions malgré tout
07:07et un debasement, ce n'est pas le cas non plus.
07:10Historiquement, on parle de quelque chose de beaucoup plus dramatique.
07:13Mais néanmoins, c'est une grosse différence de la Fed par rapport à d'autres banques centrales
07:18qui tiennent leur mandat, qui restent largement indépendantes de la politique budgétaire
07:24et on verra, il y a des scénarios, par exemple,
07:26on ne sait pas encore qui succédera à Jérôme Powell,
07:29il y a un scénario qui a une probabilité toujours non nulle,
07:32qui est que Scott Besant, le président l'a dit, il aimerait que ce soit lui,
07:36où là, ça commence vraiment à mélanger les genres
07:38et puis cette question d'absorption de la dette par ce jeu du QE, non-QE,
07:43avec la Fed qui va acheter des titres courts
07:46et le Trésor qui va émettre davantage sur la partie courbe de la courbe des taux,
07:52tout ça tient pour le moment.
07:53Le marché a toujours raison, on est les premiers à parler de termes premium,
07:56de risque qui n'est pas suffisamment estimé, sous-évalué aujourd'hui.
08:01Néanmoins, c'est le taux 10 ans, on est à peine au-dessus de 4%
08:04et donc pour le moment, ça tient, ça va tient.
08:07Le marché estime qu'aujourd'hui, c'est le bon prix pour ces taux américains.
08:14Globalement, quelles sont un peu l'idée ou les idées directrices
08:17que vous avez chez Pictet Wealth Management
08:19quand il s'agit de conduire des investissements
08:21à travers les prochains mois et 2026 sur un terrain de jeu global ?
08:26Frédéric, quelles sont les tendances qu'on a vues en 2025
08:28qui ont encore du vent dans les voiles ?
08:30Quelles sont les nouvelles tendances peut-être qui pourraient apparaître aussi ?
08:33On a trois grands thèmes.
08:35Le premier, c'est avec un scénario central largement positif
08:39et même de réaccélération des grandes économies développées au premier semestre.
08:44On reste investi sur les marchés actions
08:46et comme vous l'avez dit, là aussi, il faut peut-être être davantage
08:50dans les aspects relatifs, garder de l'Europe, garder du Japon à terme
08:55ou en tout cas de l'Asie et des émergents.
08:56Tout ça n'est pas une surprise par rapport au consensus aujourd'hui
08:59mais c'est un jeu relatif au sein d'une classe d'actifs.
09:02Les actions qu'on favorise toujours largement.
09:06Deuxièmement, il faut être réel dans le sens protéger le pouvoir d'achat
09:11et faire attention malgré tout à une inflation qui reste élevée au-dessus de sa cible
09:15et qui peut peut-être même à un moment réaccélérer au cours de l'année.
09:19Donc les aspects actifs à duration importante,
09:22la partie longue de la courbe des taux, tout ça, on évite
09:25même si en termes de crédit il peut y avoir encore des opportunités
09:29même si les spreads sont resserrés.
09:30Et puis le troisième point, c'est qu'au-delà de l'aspect réel,
09:34mais pas seulement, on peut protéger aussi les portefeuilles
09:37avec des matières premières, avec encore des métaux précieux
09:41même à ces niveaux de valorisation,
09:43avec peut-être même de la protection qui n'est pas très chère
09:46pour prendre des maturités un peu au-delà du printemps prochain
09:50qui nous permettent peut-être d'arriver à cette période délicate
09:53où Trump fera peut-être quelque chose pour endiguer sa chute dans les sondages
09:59et pour essayer de ne pas perdre les élections de mi-mandat.
10:02Donc il y a à nouveau une logique à prendre un peu d'assurance,
10:05que ça ne paye pas toujours, mais le jour où ça paye, en général, ça paye bien.
10:09Donc ces trois aspects-là nous permettent de construire des portefeuilles équilibrés.
10:13Merci beaucoup Frédéric, merci pour cet éclairage de quelques minutes
10:17sur les enjeux macro et les enjeux de marché devant nous, Frédéric Ducrozet,
10:21le responsable de la recherche macro de Pictet Wealth Management
10:23qui était avec nous à distance dans ce dernier quart d'heure de Smart Bourse ce soir.
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