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  • il y a 2 semaines
Les enfants de NOVEMBRE 84 : PARTIE 1 - ÉPISODE 5
Transcription
00:00Moi, je me rappelle, la journée qui a été enlevée, le petit Denis, c'était ma première réflexion,
00:21c'est que t'as remis ça, je veux pas sacrer là, mais c'était pas gentil.
00:26T'étais persuadée que c'était le même individu?
00:31Oui, parce qu'il y avait comme 6-7 mois d'écart entre les deux, puis c'était, c'était, c'était chercher ça.
00:46C'est 6 mois plus tard qu'un autre enfant est enlevé dans le quartier Côte-Saint-Paul, à Montréal.
00:51On a, c'est la même situation, c'est toujours une disparition, nous avons actuellement, il n'y a aucun fait nouveau dans ça.
00:59Vous avez vu des enquêteurs qui sont rentrés, c'est pour couvrir tous les ordres, mais au moment où je vous parle, c'est toujours une disparition.
01:05Malgré le temps qui s'est déroulé depuis la disparition?
01:08On n'a aucun fait nouveau qui nous confirme autre chose que les dispositions.
01:12Je suis toujours resté à l'entour du coin. Il allait dans la ruelle, dans les alentours du bloc, c'est tout. Il a jamais traversé de rue, quand il nous le demandait, il disait non, il ne traversait pas.
01:23Est-ce que vous croyez à l'hypothèse d'un enlèvement?
01:26Aucune idée. Je ne vois vraiment rien, là. Je ne peux pas croire qu'il soit parti. Il n'y a pas de raison de s'en aller.
01:35C'est la première fois que ça se produit?
01:37La première fois, oui. Il a toujours resté dans les alentours. On le voyait tout le temps.
01:42Vous pensez que c'est produit quoi?
01:43Oui, oui. Bien, je ne peux pas vous dire qu'est-ce que c'est produit, là.
01:48Mais on s'attend au pays, là. Il faut se faire une idée là-dessus.
01:53C'est pas qu'est-ce qu'on souhaite.
01:57Tout ce que je demande, c'est qu'il revienne.
02:00C'est tout ce que je demande.
02:07C'est un résident de Brossard qui a retrouvé le cadavre du jeune Denis Roubergevin,
02:32tandis qu'il promenait son chien hier matin.
02:34Immédiatement après sa découverte, soit vers 9h05, l'homme a téléphoné au policier de Brossard.
02:40Ceux-ci sont arrivés en compagnie d'agents de la police de la CUM et de la Sûreté du Québec.
02:45Quand ils ont retrouvé le corps de Denis, ils sont venus m'annoncer à la maison qu'il avait retrouvé Denis dans un boisé à Brossard et qu'il avait été agressé sexuellement.
03:02Ils m'ont montré les vêtements, c'était les vêtements et tout ça. Je suis allé l'identifier, c'était bien lui, tout ça.
03:10Après ça, ça s'est comme arrêté comme là.
03:13Moi, quand je leur ai parlé qu'il y avait des soupçons sur quelqu'un, ils m'ont dit de leur apporter des choses, des preuves, ces choses-là, pour voir vraiment…
03:23À toutes les fois, j'allais porter des papiers-là. Je voyais jamais les mêmes policiers. J'ai toutes les cartes des policiers ici, là, au complet, là.
03:31C'est tous ces policiers-là que j'ai rencontrés jusqu'en 2009.
03:35J'allais porter des informations, là, tout le temps, tout le temps. Je les appelais tout le temps.
03:40Puis même une fois, ils m'ont dit d'arrêter de les appeler parce que j'étais fatigante. Il n'y avait rien.
03:44Il n'y avait rien pour le moment. Puis toutes les informations que j'avais données sur la personne,
03:49et la personne, c'est mon frère, Michel Roux, que j'ai jamais nommé devant personne, qu'aujourd'hui, j'ai donné toute l'information pendant 29 ans de temps aux policiers.
04:00Ils n'ont jamais fait enquête. Jamais. Puis je le sais parce que sinon, je l'aurais su par mon frère ou par la famille.
04:06Et même ma famille disait, il faut que ça soit lui, il y a tous les atouts pour que ça soit lui et tout ça.
04:12Et moi, j'ai gardé ça secret pendant 29 ans. Je n'ai même pas divulgué ça, même pas à ma mère, personne.
04:18On est deux dans la famille qui sait, moi puis mon jeune frère.
04:21Il y avait un genre de petit véhicule compact qui avait été dans les journaux, dans les bleus gris, et qui avait des circulaires dedans et tout ça.
04:31Puis ça, bien mon frère, il avait une compagnie là-dessus, là-dedans, que moi j'avais aidé à partir de sa compagnie.
04:38Donc, je savais qu'est-ce qu'il faisait là-dedans.
04:40Une compagnie de distribution de circulaires?
04:42De circulaires, comme ça ressemble à Publisac d'aujourd'hui, mais dans le temps, c'était pas ce nom-là, mais c'était dans ce style-là.
04:49Il y avait ça, il y a des choses que je veux garder privées, là, c'est sûr, envers la famille, mais c'est sûr que c'était vraiment, vraiment un atout, là.
04:59J'avais toutes, toutes les preuves à 99,9, là, que c'était lui.
05:05Les policiers étaient d'accord avec moi que c'était lui.
05:08Ils m'ont toujours dit qu'il ferait une enquête et tout ça, puis ça s'est jamais fait.
05:12Puis mon frère, il est décédé maintenant, en décembre dernier.
05:15Fait que moi, le dossier, j'ai comme tout fermé ça pour dire, bien, regarde, j'ai plus rien, c'est fini, là, je me suis rendue au bout.
05:24Vous savez, dans le cas de Denis Roux-Bergevin, sa mère, Nicole Roux, elle avait un suspect dans sa mère depuis 29 ans, qui était son frère.
05:32Les policiers n'ont pas enquêté son frère, justement pour soulager, en quelque sorte, les craintes de la famille,
05:41parce qu'eux autres, pendant 29 ans, moi, quand j'ai rencontré Nicole Roux, elle était persuadée que le meurtrier de son fils, c'était son frère.
05:49Donc, pendant 29 ans, les policiers ont refusé de l'aider, là, sachant qu'il y a un film qui s'en vient.
05:55Là, ils sont allés la voir même cette semaine. Qu'est-ce que vous pensez de ça?
05:59Bien, je trouve ça malheureux parce que, je le disais tantôt, la police a besoin de la collaboration du public.
06:05Tu sais, la police n'a pas de boule de cristal.
06:07On va m'arrêter de penser, là, que la police peut éclaircir des choses par des enquêtes.
06:13Oui, il y a des éléments. Une scène de crime, ça parle. Il y a des fois, il y a des éléments qui amènent telle personne pour être dans notre mire.
06:24Sauf qu'on doit aller chercher, des fois, la confirmation de certains éléments via le public.
06:31Combien de fois les policiers vont demander la collaboration du public depuis quelques années parce que la mentalité a changé?
06:37Là, on se rapporte, dans les années 80, c'était pas tout à fait la même mentalité.
06:42C'était un endroit fermé. La police, autant à la Sûreté du Québec, à la police de Montréal, que d'autres corps policiers au Québec, c'était un endroit très fermé.
06:50Alors, souvent, ils recevaient de l'information. « Oh, c'est pas bon, ça, ça tient pas debout, pis c'est ci, pis rien qui nous amène à ce suspect-là. »
06:58Ils jugeaient l'information.
06:59C'est ça. Alors que dans le cas de cette famille-là, la mère de la victime, avait à vivre quotidiennement dans son entourage avec quelqu'un qu'elle soupçonnait.
07:10Ça veut pas dire que ce gars-là en question était la personne qui était la personne numéro un dans le show.
07:18Mais pourquoi, à cette époque-là, les policiers n'ont pas pris le temps de le rencontrer?
07:21Là, je le sais, ça fatigue.
07:24Ton affaire que tu fais depuis quelque temps, ça s'est su.
07:27Alors, c'est sûr et certain, pis des gens comme Mac Belmar, qui est un avocat qui a à cœur les victimes, les proches des victimes.
07:37Et dans le dossier, Jacques Duchienneau a été rencontré, il y a d'autres personnes qui ont été rencontrées, il y a des familles.
07:43Parce que les familles, que ce soit de n'importe quelle, des victimes que tu proposes dans ton documentaire, eux autres, ils vivent d'espoir.
07:52Ils vivent un jour de savoir que le gars qui a fait ça, le meurtre épouvantable de leur enfant, au moins soit qu'il est décédé ou qu'il va faire face à la justice.
08:04Ils vont être capables de tourner la page.
08:06Mais là, présentement, on est devant des cas où c'est des meurtres non résolus.
08:12Peut-être que le meurtrier se promène encore, pis il fait d'autres victimes, alors que ces gens-là aimeraient avoir une certaine paix pour pouvoir tourner la page.
08:22Et moi, je trouve ça bien dommage que souvent, l'attitude des policiers, je l'ai vécu, moi, régulièrement.
08:27J'ai eu des gars qui m'ont confessé des affaires, pis je disais aux policiers, moi, j'ai telle personne qui m'a confié des choses, pis ils seraient prêts à vous rencontrer.
08:35On l'a déjà interrogé, pis son histoire est pas bonne. Et j'ai vécu des affaires qui, à un moment donné, ça a donné des résultats.
08:44Ça me fait bien de la peine, aussi, au niveau de mon frère.
08:53Parce qu'il aurait pu libérer ça bien avant.
09:02Le meurtrier.
09:05Les policiers, ils l'ont encore laissé.
09:13En liberté, pis il en a fait tant d'autres après.
09:17Il y en a des policiers qui l'ont vu au début, ils ont vu les choses, ils ont vu les preuves, ils ont été d'accord, ils ont tous vu que c'était vrai, que c'était eux.
09:27Ils en ont été empêchés.
09:29Aujourd'hui, là, qu'est-ce qu'ils peuvent faire contre ça? Qu'est-ce qu'il reste à faire? C'est nous autres, les parents, qu'il faut qu'ils bougent.
09:37Ça prend quelqu'un, à nos côtés, qui peut nous aider à faire bouger ça, cette loi-là. Pis j'espère qu'on va être entendus.
09:48Moi, je pense que quand on décide, ça a changé un peu, là, l'attitude, mais quand on décide de remettre des gens, des coucous en liberté, dans le public.
10:00Le problème, pis moi, je pense qu'il y a une refonde à faire importante au niveau des libérations conditionnelles fédérales, provinciales, les commissaires, on est porté à les crucifier sur la place publique, mais ces gens-là, ils ont les mains liées avec les lois qu'ils ont entre les mains.
10:17Quand un gars a purgé l'entière de sa peine, ils n'ont pas le choix d'y ouvrir la porte, pis va-t'en. Alors, on remet ces bombes à retardement en liberté. Dans le cas qui concerne les enfants, les policiers ont ciblé des gens.
10:33Il n'y avait pas assez de preuves. Il n'y avait pas d'autres éléments qu'ils ont peut-être aujourd'hui. Alors, pourquoi on ne met pas de l'emphase sur ces gens-là qui sont encore vivants?
10:43Ça ne veut pas dire parce que le gars qui a tué il y a 30 ans a tué par la suite, mais il vit avec ça. Pis lui, s'il n'est pas dérangé, bonsoir, il va emporter dans sa tombe le meurtre qu'il a commis.
10:56Mais M. Poirier, pourquoi que les policiers de la CUM, de la communauté urbaine de Montréal à l'époque, voulaient arrêter le suspens en question parce qu'ils disaient qu'il y avait suffisamment de preuves?
11:07Sauf que, quand le dossier est passé à la SQ, la SQ était d'un autre avis. Comment qu'on peut s'expliquer ça, que des policiers peuvent arrêter une personne parce qu'ils ont assez de preuves, pis qu'un autre corps de police va dire, non, finalement, c'est pas ça?
11:21Ce qu'a fait la force des forces policières sur la guerre des motards et sur le crime organisé, c'est qu'on a intégré à ces escouades-là des procureurs chevronnés qui travaillent quotidiennement avec les policiers.
11:38Alors, c'est pour ça que je disais tantôt, si on peut mettre sur pied ce qu'on appelait des escouades régionales mixtes au niveau des disparitions, de causes, des cold cases qui n'ont pas été réglées,
11:49que ce soit des enfants ou des personnes, par exemple, je pense à chauffer, je pense à l'éthme et à d'autres personnes, avec des procureurs, pis dire, écoutez, ça, là, c'est bon, mais il faudra aller chercher des éléments un peu plus loin là-dessus, est-ce que tu pouvais permettre?
12:04Alors, c'est plus facile pour les policiers de dire, bon, ben là, on a fait un bout, les procureurs nous disent, ça nous prendrait ça, on va essayer de le trouver.
12:12Et là, t'arrives avec un dossier bien structuré, mais quand tu donnes ça aux policiers, pis c'est pas toutes des têtes à papineaux, moi, quand on me dit, faisons-nous au jugement des policiers et des policières, j'ai certaines réserves là-dessus.
12:25Alors, t'arrives, pis tu dis, bon, moi j'ai ça, ça, ça. Le procureur a étudié le dossier, pis il dit, oui, mais ça va nous manquer ça, est-ce que vous pouvez aller chercher ça?
12:35Un coup qu'ils vont le chercher, pis ils font collaborer, là, le procureur, lui, peut dire, on va porter des accusations.
12:43Mais quand tu demandes à un procureur de la Couronne, ou à un directeur des plaintes, qu'il y a des cas de violence conjugale, de disparition, de fraude, de tentative de meurtre, pis ils ont des dossiers sur dos, pis ils arrivent avec ça, là.
12:55Ouais, c'est quoi, ça, ça date de 30 ans, là, j'ai d'autres priorités à m'occuper.
12:59C'est pour ça que j'espère qu'avec ton documentaire, ça va faire réfléchir certaines personnes, pis moi, je souhaite ça, là.
13:05Ça fait 54 ans, je fais ce métier-là. J'espère qu'on va mettre en place un mécanisme qui a eu du succès dans la guerre des motards, quand on a créé Carcajou et compagnie,
13:17qu'on l'a mis dans les escouades régionales mixtes, mais qu'on le mette, même s'ils ne veulent pas créer des escouades spécialisées pour des disparitions d'enfants,
13:26qu'on mette des enquêteurs chevronnés, accompagnés de procureurs, directeurs des plaintes aux pénales et criminels sur des dossiers.
13:33Alors, moi, je pense que si on va chercher des gens compétents qui vont avoir l'occasion de superviser quotidiennement ou à toutes les semaines le dossier des personnes, on va avoir des résultats.
13:47Là, j'ai demandé de voir le dossier de Denis, parce que j'y avais le droit des autres années, pis là, personne connaissait Denis Roux-Bergevin, pis là, je parlais de Maurice aussi,
13:56Maurice Vien, que ça s'est passé quelques mois avant Denis, personne n'était au courant de rien. Il trouvait rien, rien, rien dans ces deux noms-là.
14:05Donc, j'ai fait des appels partout, partout, assez que je me suis fait dire que le dossier, vu que ça fait presque 30 ans que le dossier avait été détruit.
14:12Et après ça, je me suis fait dire que le dossier avait été perdu.
14:17Et, pis ça, à plusieurs reprises, là, c'est pas tout le temps la même personne qui m'a dit ça, là.
14:22Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de détectives, de policiers, pis je sais plus qui, là, qui m'ont dit que le dossier avait vraiment été détruit.
14:30Pis en dernier, il était rendu perdu.
14:32Fait que c'est assez grave, comme situation.
14:36Moi, j'ai téléphoné, pis la madame, elle m'a dit, envoyez la demande.
15:04Bon, vous envoyez ça, madame Roux, vous avez tous les droits, c'est votre fils, vous allez l'avoir, et tout ça.
15:09Là, j'ai reçu cette belle lettre-là, en plusieurs pages, en me disant que j'ai pas le droit à rien.
15:13Fait que ça, c'est tous des numéros qui m'ont... qui m'ont pitché d'une place à l'autre.
15:19Pis tout partout, elle me disait que le dossier était détruit ou qu'il était perdu.
15:23Personne, là-dedans, a trouvé le dossier de Denis. Personne.
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