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  • il y a 3 semaines

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00:01La grande interview Europain CNews, Sonia Mabouk.
00:04Bonjour sur CNews et Europain, mon invité ce matin est le président de la commission des finances à l'Assemblée Nationale, député LFI de Seine-Saint-Denis.
00:11Bonjour et bienvenue, avec l'écrel, évidemment beaucoup de sujets à vous soumettre.
00:15Et tout d'abord, le Conseil des ministres a donc validé hier le projet de loi spéciale qui vise à assurer la continuité du financement public de notre pays.
00:22Une loi spéciale qui sera examinée tout à l'heure au Parlement, faute pour le moment de compromis sur le budget de l'État.
00:27Qu'est-ce que vous dites ce matin ? C'est un parachute d'urgence ?
00:31C'est une roue de secours, c'est un budget de secours, mais c'est un budget quand même.
00:35Je dis ça parce qu'elle va passer, l'enjeu n'est pas là, soit les groupes vont voter pour, soit s'abstenir comme nous, mais elle passera.
00:42Mais la question c'est après à quoi elle sert.
00:44Et manifestement, c'est un texte qui est redevenu d'actualité depuis que le gouvernement est minoritaire,
00:49donc il s'en est servi l'an dernier, à nouveau cette année.
00:52Et il s'en sert, j'allais dire, de manière discrétionnaire, puisque les dépenses sont décidées par décret,
00:58donc pas décidées par l'Assemblée, et pour faire pression en fait en réalité sur l'Assemblée, sur le Parlement,
01:03pour qu'il adopte au plus vite ensuite un budget qui pour l'instant est minoritaire.
01:08Voilà comment il l'utilise.
01:09Alors moi, hier nous avons eu une commission avec les deux ministres,
01:13et je répète ce matin ce que je leur ai dit, c'est-à-dire qu'on peut, qu'ils ne s'amusent pas à faire pression sur l'Assemblée
01:21en ayant une version de la loi spéciale la plus minime possible, la plus restrictive possible.
01:27Pourquoi ? Parce que quand vous décidez de reproduire le budget 2025, c'est ça la loi spéciale.
01:32Vous reproduisez les crédits et les recettes du budget 2025, rien ne vous interdit, par exemple,
01:38je ne suis pas d'accord avec leur vision, de dire que ce qui a été voté en 2025 pour ma prime rénov'
01:43soit reproduit, pas plus, mais reproduit cette année de la même manière.
01:48Bon, ça c'est leur vision à eux, qui est une vision très minimum et qui, à mon avis, est mauvaise.
01:53Alors à la fois elle fait pression sur l'Assemblée, mais elle est mauvaise pour l'économie.
01:55Attendez, sur le premier point, Érico Cré, parce que je sens que si vous avez dit cela au ministre hier,
02:00je vous sens passablement énervé sur la méthode du gouvernement,
02:03vous êtes en train de dire qu'aujourd'hui ils n'ont pas la majorité, vous parlez de minorité,
02:08ils vont faire passer un budget en s'asseyant sur le Parlement ?
02:12Le prochain budget, ils comptent essayer de le faire passer au plus vite,
02:15et comme ils n'ont pas de majorité, la manière de le faire passer au plus vite, vous le savez,
02:18c'est d'essayer de trouver une partie de l'opposition, en l'occurrence les socialistes,
02:23pour soit voter le budget, soit ne pas censurer après un 40-30, on va y venir,
02:27et ça c'est une première chose, donc ils vont le tenter,
02:31mais vous comprenez bien que pour y arriver, il faut jouer la montre,
02:34il faut vous dire, attention, il n'y a pas de budget,
02:36si la loi spéciale, l'année dernière c'était, il n'y a plus carte vitale,
02:41vous savez Mme Borde, bon alors là ils sont quand même plus modérés,
02:43parce que...
02:43Tout s'est bien passé, il y a une continuité d'État,
02:45les services fiscaux ont prélevé les impôts, les fonctionnaires ont été plis,
02:48Mais pourquoi ils ont joué l'affolement selon vous ?
02:50Mais parce que justement, ils jouent l'affolement pour faire en sorte
02:53que le Parlement se retrouve le plus vite possible devant une décision,
02:59soit c'est la catastrophe de la loi spéciale, soit c'est un mauvais budget,
03:02donc il vaut mieux le mauvais budget, je ne suis pas d'accord avec ça,
03:05la loi spéciale, on est d'accord, elle est temporaire,
03:07elle n'est pas faite pour durer toute l'année,
03:09mais elle permet de durer le temps qu'un budget sorte de l'Assemblée,
03:13et moi je ne souhaite pas le budget tel qu'il est aujourd'hui,
03:15parce qu'il n'est pas bon pour le pays.
03:17Donc je dis au gouvernement, ne jouez pas la politique du pire de ce point de vue-là.
03:21C'est le gouvernement où le président de la République Emmanuel Macron
03:23a affirmé hier qu'il faut un budget à la France,
03:26avant évidemment, ou pour le mois de janvier,
03:28c'est une manière de faire pression ou tout simplement de doter le pays d'un budget ?
03:32J'ai l'impression que oui, c'est une manière de faire pression,
03:33manifestement il veut vite régler cette question de l'Élysée,
03:37puisque j'ai cru voir à travers un article d'un de vos confrères
03:40que c'était lui qui mettait la main à la patte direction,
03:42jusqu'à par exemple imaginer que la commission des finances va siéger dès le 5 janvier.
03:48Alors pour qu'on comprenne, ce n'est pas tant que nous demandons des vacances, etc.
03:52Il y a une trêve parlementaire, et la trêve parlementaire,
03:54ce n'est pas seulement pour les députés, vous savez, dans l'ombre...
03:57Évidemment, les collaborateurs, les administrateurs...
03:59On ne va pas tomber dans la démagogie ce matin.
04:01Pourquoi le 5 janvier, ce n'est pas possible ?
04:03Parce que le 5 janvier, c'est la rentrée parlementaire,
04:06que quand vous faites une commission, avant, il faut déposer les amendements,
04:08les examiner, il faut 48 heures pour examiner les amendements.
04:11Donc par exemple, le 6 janvier est une date assez correcte pour déposer les amendements,
04:16donc je vous le dis aujourd'hui, et Philippe Juvin, le rapporteur général,
04:19qui est pour un compromis, donc on n'a pas tout à fait...
04:21Évidemment, ce n'est pas la même position, mais est d'accord avec moi
04:24pour faire respecter les droits de l'Assemblée.
04:25Nous n'imaginons pas une commission, par exemple, avant le 7-8 janvier,
04:29de façon à examiner ensuite en séance vers le 12,
04:31le texte, on n'est pas aux ordres d'un gouvernement.
04:35Le gouvernement fait comme si la CMP...
04:37Il n'y avait pas d'opposition ?
04:38Il fait comme si deux choses, comme si la commission mixte paritaire,
04:41qui n'a pas été conclusive, était juste un arrangement avec le calendrier.
04:44C'est pour la traite des confiseurs, on vous laisse tranquille,
04:46et puis on reprend... Mais non, c'est un échec.
04:48Ils ont perdu, ils n'ont pas pu faire passer leur budget.
04:50Donc à partir de là, on ne peut pas continuer comme si de rien n'était,
04:53et il faut laisser à l'Assemblée, au Parlement,
04:55le temps de réexaminer le budget qui va venir du Sénat,
04:58puisque c'est ça le choix qui a été fait,
05:00et puis de s'y opposer. On a le droit de s'opposer aussi.
05:02Vous êtes le président de la commission des finances à l'Assemblée.
05:04Ce matin, sur CNews Europe 1, on entend ce que vous dites,
05:07et par rapport au respect du Parlement,
05:09mais comment, selon vous, les Français sont en train de voir cette séquence ?
05:12On va arriver au budget de l'État,
05:15marasme politique, on voit des débats n'en plus finir.
05:19Quelle image est renvoyée, selon vous ?
05:21Tout est fait pour que l'image soit mauvaise pour le Parlement.
05:25Ça, c'est clair.
05:25On laisse l'idée que le Parlement, c'est le Parlement qui bloque.
05:28Ce qui bloque, c'est qu'on a un gouvernement minoritaire.
05:31Il n'y a pas une démocratie parlementaire dans le monde
05:33où, depuis plus d'un an, sont imposés ceux qui ont perdu les élections.
05:38Ça, c'est la Ve République qui le permet,
05:39mais on voit bien que c'est à bout de souffle.
05:41Donc, la responsabilité de ceux qui n'ont pas censuré M. Lecornu en septembre est énorme.
05:45Alors, parlons-en des socialistes.
05:46Parce qu'il aurait fallu revenir aux urnes.
05:47Ça aurait été la solution.
05:48Pourquoi ils n'ont pas voulu revenir aux urnes ?
05:50Pour garder leur siège ?
05:51Non, je crois...
05:52Alors, bon, ils agitent la question de la peur du Rassemblement national,
05:55mais j'allais dire que le Rassemblement national ne sera pas moins dangereux
05:58dans un an et demi que l'est aujourd'hui.
06:01Je pense plutôt que c'est un rapport vis-à-vis de France Insoumise
06:05où ils souhaitent redistribuer les rôles à gauche.
06:08C'est-à-dire qu'ils comptent sur les présidentielles pour ça.
06:10Je pense qu'ils ont tort.
06:11Je pense que ça ne sera pas le cadre.
06:12Mais je pense que c'est ça.
06:13Mais au-delà de ce qu'ils veulent, moi, je regarde les conséquences.
06:16Le fait de ne pas avoir censuré M. Bérou en février dernier,
06:20le fait de ne pas avoir censuré M. Lecornu en septembre,
06:23fait qu'il n'y a pas eu de retour aux urnes.
06:25Nous, on souhaitait les présidentielles, vous le savez.
06:27Parce qu'on pense que tout procède de là.
06:29Anticiper.
06:29De façon à ce que les Français tranchent.
06:31Le peuple, c'est toujours la solution.
06:33Quand vous êtes bloqué.
06:33Donc aujourd'hui, le Parlement hérite d'une situation compliquée
06:37parce qu'on ne peut pas nous demander, nous, opposition,
06:40d'arrêter de nous opposer sur un budget qui est mauvais.
06:42Mais cette fois, l'usage du 49-3 pour faire passer le budget
06:45semble-t-il être inélectable.
06:47Ce qui est incroyable, Eric Ockrell, c'est beaucoup de parlementaires,
06:49de droite, mais aussi chez certains socialistes,
06:51il y a l'espoir inavouable publiquement,
06:53mais officieusement, d'un recours au 49-3
06:55pour cesser tout ça et donner un budget
06:57à la France. C'est ce qui est écrit
06:59et cousu de fil blanc ?
07:01J'ai l'impression que ça, on y va.
07:03On y va pour une bonne raison.
07:05Même quand vous êtes une opposition
07:06assez complaisante aujourd'hui avec le gouvernement,
07:10voter le budget,
07:11c'est impossible. Parce que c'est ce qui délimite
07:13que vous soyez dans l'opposition à la majorité.
07:15Je ne pense pas que le Parti socialiste veuille aller jusqu'à là.
07:17Mais donc, le 49-3 est pratique
07:19parce que là, le texte passe
07:21et puis c'est la censure, vous ne votez pas.
07:22C'est le remake de M. Bérou l'an dernier,
07:24je vous rappelle.
07:25Et puis, bon, j'allais dire,
07:27ce qu'on vous donne, c'est
07:28vous pouvez accepter moins de choses
07:30dans ce qu'on met dans le budget
07:32par 49-3 que si c'était un budget.
07:34L'année dernière, rappelez-vous que
07:35ce qui a été accepté pour faire passer M. Bérou,
07:38pour ne pas le censurer,
07:39c'est 4000 postes d'enseignement non supprimés
07:41qui sont dans le budget, là.
07:43Donc vous voyez que c'était juste
07:44un sursis de quelques mois,
07:46plus le conclave des retraites
07:47qui, soi-disant, devait amener la brogation.
07:49Et bilan, on en est un simple décalage.
07:50Donc, moi, je pense,
07:52mais nous, nous le disons très clairement,
07:54je vous le dis aujourd'hui,
07:55que ce soit par 49-3, par ordonnance,
07:57dans les deux cas, on censure.
07:58Voilà.
07:59Et j'espère que ce gouvernement
08:00sera alors censuré.
08:01En attendant, Éric Coquerel,
08:03les paysans, la colère paysanne,
08:04et là, on a appris qu'il y a eu
08:05un nouvel abattage dans les Pérénées-Orientales,
08:08là encore, pour une vache contaminée,
08:10c'est une partie du cheptel
08:12qui est abattue.
08:14Donc, on pense à eux ce matin.
08:16Alors, l'accord du Mercosur,
08:17également, n'a été que reporté
08:18pour le mois de janvier.
08:19Et vous avez affirmé
08:20que s'il était signé,
08:21vous déposerez, là encore,
08:22une motion de censure,
08:23voire de destitution
08:24contre Emmanuel Macron,
08:25qui veut lui aussi changer cet accord.
08:28En l'occurrence,
08:28ce serait une motion de destitution
08:29contre Ursula von der Leyen
08:31qu'il faudrait.
08:32Oui, mais enfin,
08:33le président de la République
08:33quand même a un rôle.
08:35Quand même, la France a un rôle.
08:36Ce qui est quand même incroyable,
08:37c'est que l'Italie arrive
08:39à se faire entendre
08:40et M. Macron ne le fait pas.
08:41Et pourquoi M. Macron ne le fait pas ?
08:43C'est qu'il dit quelque chose un jour,
08:44c'est en même temps,
08:45et le lendemain,
08:46il dit l'inverse.
08:47Il y a quelques semaines,
08:48il disait quasiment
08:49que le texte était bon
08:50et qu'on pouvait le signer.
08:51Depuis, il y a les agriculteurs,
08:53les éleveurs,
08:53qui s'opposent à l'abattage total
08:57et ils ont raison de le faire.
08:58On les soutient depuis juillet dernier,
09:00mais aussi au Mercosur
09:01et ils ont raison de le faire.
09:03Et puis, il y a eu aussi le fait
09:04que dans notre niche parlementaire,
09:06nous avons proposé un texte
09:07pour ne pas signer le Mercosur
09:10qui a été unanime.
09:11Vous entendez bien ?
09:11Unanime.
09:12Donc, d'un point de vue démocratique,
09:14mais aussi pour le fond
09:15de ce que représente cet accord,
09:17le président de la République
09:18ne peut pas signer cet accord.
09:19Oui, mais c'est Ursula von der Leyen
09:20qui a mandat.
09:21Oui, et bien dans ces cas-là,
09:23le président de la République,
09:23non seulement ne doit pas signer cet accord,
09:25mais il doit mettre une pression.
09:27Par exemple,
09:27dire que si cet accord est signé,
09:30la France arrêtera, par exemple,
09:31de donner des budgets
09:33à l'Union européenne
09:34supérieurs à ce qu'elle reçoit.
09:35Vous savez que c'est au moins 9 milliards.
09:37En plus, ça fera des économies.
09:38Il faut qu'on mette
09:39une pression au maximum
09:40pour que cet accord ne soit pas signé.
09:42Mais la France est la deuxième puissance économique
09:45en Europe,
09:46bientôt le pays le plus peuplé.
09:48Il faudrait peut-être arrêter comme ça
09:49de laisser passer les trains
09:51et de faire comme si, finalement,
09:53nous n'étions qu'un pays de deuxième rang.
09:54C'est intéressant ce que vous dites.
09:56Il faut faire pression,
09:57mais la France insoumise
09:58continue de penser,
09:59Éric Coquerel,
10:00d'abord qu'elle ne doit pas sortir
10:01de l'Union européenne,
10:02que vous pouvez changer
10:03l'Union européenne de l'intérieur,
10:05un peu comme,
10:06même si vous êtes opposé,
10:07évidemment, sur tout et sur le fond,
10:08comme le Rassemblement national.
10:10Vous pensez que c'est de l'intérieur
10:11que vous allez tout changer
10:11par la pression,
10:13par la politique de la chaisine.
10:14Nous pensons que c'est par la rupture
10:14et la désobéissance si nécessaire.
10:16En y étant.
10:17En désobéissance.
10:17Oui, mais pour une bonne raison,
10:18je vais vous dire une chose.
10:19Pourquoi on ne veut pas sortir
10:21de l'Union européenne ?
10:22C'est que,
10:22si la France sortait de l'Union européenne,
10:24il n'y a plus de l'Union européenne.
10:25Arrêtons avec cette idée
10:26qu'il y aurait un Frexit.
10:30Si la France sort,
10:31il n'y a plus de l'Union européenne.
10:31Et nous,
10:32nous pensons que la question
10:34d'une coordination,
10:37la question d'une alliance en Europe,
10:40ça peut être quelque chose d'intéressant
10:42si c'est au service du progrès.
10:43Force est de constater
10:44que ce n'est pas ça aujourd'hui
10:44et que donc,
10:46oui,
10:46on peut espérer changer,
10:47par exemple,
10:47les traités.
10:48Mais pour changer les traités,
10:49à ton ancien importance,
10:50pour changer les traités,
10:51encore faut-il,
10:52à un moment donné,
10:53si c'est nécessaire,
10:54rompre et désobéir avec les traités.
10:56Ce que fait l'Allemagne,
10:57d'ailleurs,
10:57depuis des années,
10:57avec un commerce extérieur
10:59qui est totalement excédentaire
11:00par rapport à ce que permet les traités.
11:02Et vous voyez,
11:02ils continuent à le faire.
11:03L'Allemagne,
11:03justement,
11:04parce que vous parlez d'alliance,
11:05peut-être avec,
11:06vous allez nous dire,
11:07quel pays ?
11:07L'Allemagne qui se réarme
11:08et qui veut maintenant
11:10l'armée la plus importante
11:12en conventionnelle d'Europe.
11:13C'est un effort historique
11:15et inédit
11:15depuis la Seconde Guerre mondiale.
11:17Vous le comprenez
11:18dans un monde conflictuel
11:19ou ça vous inquiète ?
11:19Non,
11:20ça m'inquiète.
11:21Déjà,
11:21globalement,
11:22de toute façon,
11:23dans l'idée que nous avons aujourd'hui,
11:24c'est-à-dire
11:25d'une montée en avant
11:26des nationalistes,
11:28de confrontations
11:29de blocs politico-économiques
11:30qui ressemblent un peu
11:30à ce qui s'est passé
11:31avant la guerre de 14.
11:32Je ne pense pas
11:32que la France
11:33doit embrayer derrière ça.
11:35Elle doit avoir
11:36les moyens de se défendre.
11:37Donc,
11:37le second porte-avions,
11:38c'est une mauvaise idée ?
11:39Elle doit être au service
11:40de la paix,
11:40mais je ne suis pas sûr
11:41qu'elle doit être cotisée
11:42dans cette espèce de course en avant.
11:44Mais l'Allemagne,
11:45vous avez raison de pointer
11:46que c'est étonnant
11:46que ce ne soit pas un sujet.
11:48Le chancelier allemand
11:48dit qu'il veut l'armée
11:49la plus importante.
11:51Ils ont mis 311 milliards
11:55de dettes cette année,
11:56522 milliards de dettes
11:57l'an prochain,
11:58on ne le dit pas assez,
11:59pour se réarmer
12:00à autant de 3,5%.
12:01Alors,
12:01ils obéissent aux Américains
12:02qui l'auront demandé.
12:03J'allais vous dire,
12:04oui, M. Coquerel,
12:05pardonnez-moi,
12:06quand vous n'êtes plus protégé,
12:07vous ne vous réarmez pas
12:08par les États-Unis ?
12:09Mais la question
12:10protégée par rapport à quoi
12:12et à quel niveau ?
12:12Par rapport au risque de guerre,
12:13par rapport à la Russie,
12:15par rapport à Poutine ?
12:16Mais moi,
12:16je ne pense pas,
12:17alors je vais vous dire très clairement,
12:18par exemple,
12:18nous sommes la France,
12:19nous avons l'arme
12:21C'est comme ça
12:21qu'est assis notre protection
12:23du territoire
12:24par rapport à des pays
12:25qui ont la dissuasion nucléaire.
12:27Donc voilà,
12:28les gens sont prévenus.
12:29Si vous attaquez la France,
12:30vous avez ce risque-là.
12:31C'est valable pour la Russie.
12:32Mais est-ce qu'aujourd'hui,
12:33vous croyez...
12:34Si vous attaquez la France,
12:35vous avez l'arme nucléaire ?
12:36Bien sûr,
12:36c'est ça la dissuasion.
12:38Si vous attaquez le territoire français,
12:39vous avez la dissuasion nucléaire.
12:41Et si vous attaquez un pays ?
12:43Est-ce qu'on pense réellement,
12:44par exemple,
12:44aujourd'hui,
12:45que la question,
12:46c'est que M. Poutine,
12:47qui est quelqu'un de très dangereux,
12:48qui a les mêmes visiers impérialistes
12:50que M. Trump ?
12:51Ces gens-là sont des gens dangereux
12:52pour la paix.
12:53Pardonnez-moi,
12:53Poutine et Trump,
12:55c'est le même risque de guerre ?
12:57Ah ben, M. Trump,
12:57vous trouvez que
12:58la manière dont il agit
12:59vis-à-vis de l'Amérique latine,
13:00aujourd'hui,
13:01la manière dont il agit,
13:02soit disant,
13:03vis-à-vis d'alliés européens...
13:04C'est le même risque de menace
13:06que M. Poutine ?
13:06C'est une menace,
13:07en tout cas,
13:08c'est une menace,
13:08j'allais dire,
13:09de confrontation.
13:11M. Poutine,
13:12M. Trump,
13:12aujourd'hui,
13:13ne se comporte pas en allié.
13:14Il se comporte,
13:15il le dit très clairement,
13:16il a des phrases aujourd'hui
13:17très fortes
13:17qui rappellent celles
13:18du grand remplacement
13:19de l'extrême droite
13:19vis-à-vis de l'Europe.
13:21Pardonnez-moi,
13:21vous reprenez le mot
13:22de créolisation aussi,
13:23qui est l'autre
13:24pendant de la remplacement.
13:25J'ai vu ce que M.
13:26Oui, oui, d'accord.
13:27Il parle d'effacement
13:28civilisationnel.
13:29C'est cela, oui.
13:29Donc, il essaie d'imposer
13:31sa vision du monde
13:32et sa vision de la société
13:33et de la démocratie
13:34qui est vraiment déloignée
13:35de la démocratie à l'Europe.
13:36Mais donc,
13:37je ne considère pas plus
13:37un allié, si vous voulez,
13:38de la France
13:39que ne l'est M. Poutine.
13:40Et par rapport à ça,
13:41la France doit avoir
13:41une politique indépendante
13:42qui lui permet
13:43de protéger son territoire
13:44mais de ne pas être,
13:46j'allais dire,
13:46de mettre un euro
13:49dans cette espèce
13:50de course aux armements.
13:51Et moi, je m'inquiète,
13:52je le reviens pour l'Allemagne,
13:53je pense que c'est
13:54un vrai question
13:54qui devrait se poser au niveau.
13:54On entend sur l'Allemagne,
13:55c'est un vrai sujet.
13:56C'est un vrai sujet.
13:57On devrait en parler.
13:58Non seulement ils vont relancer
13:58leur industrie
13:59pendant que nous,
13:59on restera en carafe
14:00tellement on aura peu investi.
14:02Mais en plus de ça,
14:03pourquoi veulent-ils
14:03de l'armée conventionnelle
14:04la plus importante en Europe ?
14:05Vous me dites,
14:05il ne faut pas qu'on se réarme
14:06mais nous,
14:06on sera en carafe.
14:07Je pense qu'il faut
14:08une souveraineté industrielle,
14:09une relance industrielle
14:10par la bureaucration écologique,
14:12une partie par l'armement.
14:13Moi, je ne dis pas
14:14qu'il faut pas les armes
14:15pour nous défendre.
14:16Alors, sur le deuxième porte-avions,
14:18ce n'est pas une nouveauté,
14:18il est dans la loi
14:19de programmation militaire.
14:20Déjà, il a été voté en 2008.
14:22Donc Emmanuel Macron
14:23ne nous ressorte pas
14:23des choses
14:24qui ont déjà été votées.
14:25Moi, je ne suis pas
14:26un spécialiste militaire.
14:28D'accord ?
14:28Si on pense qu'il faut
14:29un deuxième porte-avions
14:30pour, une fois de plus,
14:32défendre nos territoires,
14:32défendre nos territoires,
14:34nos intérêts,
14:35est une force en faveur de la paix,
14:37moi, je veux bien l'étudier.
14:38Si c'est pour aller exporter
14:40des conflits,
14:41je suis moins d'accord.
14:42Mais ce porte-avions,
14:43je vous rappelle
14:43qu'il a été voté.
14:44Donc M. Macron ne fasse pas
14:45comme si tout d'un coup
14:45il décidait d'un porte-avions
14:47qui a déjà été voté
14:48dans le gouvernement.
14:48La question,
14:48je vous la pose plus directement.
14:50Une France au service de la paix
14:51n'a-t-elle pas besoin
14:52de se réarmer davantage ?
14:54Eh bien,
14:54si c'est pour protéger
14:55son territoire
14:56parce qu'il y a des preuves
14:57que c'est nécessaire
14:58et y compris ces territoires,
14:59je vous le rappelle,
15:00sur toutes les mers du monde
15:01puisque nous avons
15:01avec les territoires
15:02et départements d'outre-mer,
15:04oui,
15:04si c'est pour, quelque part,
15:06nous mettre
15:06dans une ambiance de guerre,
15:08imaginer que nous allons intervenir
15:09sur des conflits extérieurs,
15:10je ne suis pas d'accord.
15:11Deux questions rapides
15:13pour conclure,
15:14Éric Coquerel,
15:14sur la commission d'enquête
15:15autour des liens
15:17avérés ou supposés
15:18entre les partis politiques
15:19et l'islamisme.
15:20Laurent Wauquiez a dit
15:21ici même,
15:22a maintenu que Jean-Luc Mélenchon
15:23était le cheval de Troie
15:24de l'islamisme
15:25et il a dit que,
15:27je cite sa phrase,
15:28l'objectif de cette commission
15:29était de démonter
15:29la France insoumise.
15:31Comment réagissez-vous ?
15:32Vous connaissez le principe
15:32de l'inquisition ?
15:33Il n'y a pas de preuves,
15:34donc comme il n'y a pas de preuves,
15:35ça veut dire que c'est...
15:36C'est largement partagé
15:37dans tous les partis d'ailleurs.
15:38Peut-être,
15:38mais c'est exactement
15:39ce qui s'est procédé
15:39avec cette commission
15:40qui était une commission
15:41de M. Wauquiez.
15:43Dès le départ,
15:43il n'a pas pu la faire passer
15:44comme ça,
15:44parce qu'il y a eu un refus
15:45vis-à-vis de France insoumise.
15:47On sort de la commission,
15:48il n'y a aucune preuve concrète
15:49et pour cause,
15:49parce que ça n'existe pas,
15:51d'un entrisme islamiste
15:53dans France insoumise
15:54et comme il n'y a pas
15:55de preuves concrètes
15:55mais que c'est de l'entrisme,
15:56ça veut dire que ça existe.
15:57Tout ça est de la manipulation
15:59et une manière de cacher
16:01ou pas de cacher d'ailleurs
16:02le rapprochement
16:03entre M. Wauquiez,
16:04l'extrême droite
16:04et ses idées
16:05qui me semblent
16:06autrement plus dangereux
16:07pour la démocratie.
16:09La commission d'enquête,
16:10encore une sur l'audiovisuel public,
16:11a été suspendue,
16:12on l'a appris,
16:12par son président Jérémy Patrier-Leitus
16:14du parti Horizon,
16:15dans le but aussi
16:16de retrouver de l'apaisement
16:17alors que le rapporteur,
16:19si vous avez suivi
16:19les auditions Charles Lalong,
16:21a été rappelé à l'ordre
16:22par la présidente de l'Assemblée
16:23au sujet de la tonalité
16:24des questions posées
16:25à Patrick Cohen,
16:26Thomas Legrand
16:27et d'autres.
16:28Vous pensez qu'on empêche
16:29ce député
16:30de faire son travail
16:31ou il y a un problème ?
16:32C'est exactement comme la commission
16:33dont vous venez parler
16:34qui est une instrumentalisation politique
16:36vis-à-vis d'opposants
16:37et d'adversaires politiques
16:39fait par M. Wauquiez.
16:40Là, c'est pareil.
16:41C'est-à-dire qu'on est complètement
16:43en train de déroger
16:44à des règles
16:45de ce qu'est une commission d'enquête.
16:47Une commission d'enquête,
16:48ce n'est pas un tribunal
16:50d'une partie de l'Assemblée
16:54vis-à-vis d'une autre partie
16:55de l'Assemblée
16:55ou de structures externes.
16:57C'est pour essayer
16:58de comprendre la vérité.
16:59Ce n'est pas pour,
17:00j'allais dire,
17:01l'arranger à sa sauce.
17:02Vous citez quelques chiffres,
17:03M. Coquerel.
17:0380 millions de déficits
17:05au bout de trois ans de mandat,
17:06un salaire moyen de 72 000 euros
17:08chez France Télévisions
17:09qui les situe
17:09parmi les 9 %
17:10des Français les plus riches,
17:1130 directeurs
17:12qui gagnent plus
17:12que le Président de la République,
17:14400 000 euros
17:14plus de parents.
17:15Non, mais je vous demande,
17:16est-ce que le service public
17:17ressemble aux Français ?
17:18Mais attendez,
17:19au service public...
17:20C'est un peu quand même
17:21l'objectif.
17:21Écoutez,
17:22j'ai cru qu'on a des reproches
17:24à faire au service public.
17:24Vous le savez,
17:25notamment,
17:26on a eu des reproches
17:27par rapport à certains journalistes
17:28récemment
17:28qui ont arrangé la vérité
17:30pour interviewer.
17:31On n'est pas vraiment,
17:32comment dire,
17:33très respectés
17:33par le service public
17:34quand, là je parle
17:35de France Insoumise,
17:36on passe dans des interviews.
17:38Pour autant,
17:38j'ai quand même cru comprendre
17:39par exemple
17:39que pour France Inter,
17:41les auditeurs
17:42continuent à suivre
17:42de manière massive
17:43donc ils doivent s'y reconnaître
17:44en partie.
17:45C'est en fonction de l'audience.
17:46Et surtout,
17:47je dirais qu'il faut faire attention
17:49à ce que des groupes privés
17:51qui ont des chaînes,
17:52notamment des chaînes
17:52avec des orientations,
17:54j'allais dire,
17:55très précises
17:55pour aller vite
17:56à l'extrême droite,
17:57ne considèrent pas
17:57que finalement
17:58le service public
17:58est à abattre
17:59pour leur laisser
17:59encore un peu plus de pouvoir.
18:01Quelle est l'orientation
18:01du service public ?
18:03Comment ?
18:03Quelle est l'orientation
18:04du service public ?
18:04En théorie,
18:05c'est une neutralité
18:06et de faire en sorte
18:07que les citoyens,
18:09je vous dis,
18:09et de faire en sorte
18:11que les citoyens,
18:12j'allais dire,
18:13il y ait une mission
18:14d'éducation populaire,
18:15d'information.
18:17Et en pratique,
18:17il est neutre
18:18le service public ?
18:19Quand on est interviewé
18:20à certains moments
18:21en France Insoumise,
18:22non, je ne trouve pas.
18:22Donc quand vous,
18:23vous y allez,
18:23il n'est pas neutre ?
18:24Mais c'est compliqué
18:25parce que le service public,
18:26vous globalisez,
18:26vous voyez ce que je veux dire.
18:27C'est comme si je vous dis,
18:29c'est un peu la même chose,
18:30moi, je réduis
18:31tous les journalistes
18:32uniquement à la couleur
18:34de la chaîne politique.
18:34Il y a une différence
18:36entre les groupes privés
18:37et le service public,
18:37malgré tout.
18:38Il n'y a pas une mission
18:39de service public ?
18:40Vous êtes un élu
18:41tellement attaché à ça.
18:42Le Conseil national
18:42de la résistance,
18:43après que la plupart
18:45des grands médias
18:45aient sombré
18:46dans la collaboration,
18:47a estimé que,
18:47par exemple,
18:48les médias
18:48appartenaient
18:49à des groupes économiques
18:50où ça,
18:51je pense que
18:52ce n'est peut-être
18:52pas inutile
18:53pour avoir
18:53un vrai pluralisme.
18:54Aujourd'hui,
18:55on voit bien
18:55que la plupart
18:56des médias
18:57de ce pays
18:57sont aux mains
18:58de quelques milliardaires.
18:59Je ne suis pas sûr
18:59que ce soit
19:00pour l'indépendance
19:00médiatique.
19:02Merci,
19:03Éric Ucrel,
19:03de venir participer
19:04au pluralisme
19:04ce matin.
19:05Je vous dis
19:06joyeux Noël ?
19:07Oui,
19:08joyeuse fête.
19:09Joyeux Noël ?
19:10Oui,
19:10c'est Noël ?
19:12Oui,
19:12c'est Noël,
19:12c'est tout ça,
19:14c'est tout ce que souhaitent
19:14les Français.
19:15En tout cas,
19:15c'est le moment
19:16de se reposer
19:16et de faire la fête.
19:17C'est très bien.
19:17On en a besoin.
19:18Merci à vous
19:19et à bientôt.
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