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  • il y a 2 jours

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00:00Europe 1 Soir Week-end, 19h-21h, Stéphanie Demureux.
00:04Toujours en compagnie de Michel Fayad et Gilles Boussingo,
00:08on parlait il y a quelques instants avec mon invité Arnaud Benedetti de l'Algérie.
00:12Alors c'est vrai que quand on entend les experts, c'était pas une surprise,
00:16mais tout de même, ce Parlement algérien qui adopte une loi criminalisant la colonisation française.
00:24Alors en gros, l'Algérie veut des excuses officielles,
00:27des réparations pour comprendre des indemnisations.
00:31Le texte liste un tas de choses, des crimes de la colonisation française jugés imprescriptives,
00:36les essais nucléaires, les exécutions extrajudiciaires,
00:40pratiques de la torture physique et psychologique.
00:42Alors le tout, quelques années plus tard,
00:45puisqu'on le rappelle, la colonisation c'est un euphémisme à durée de 1830 à 1962.
00:52Comment doit-on interpréter cela, Gilles Boussingo ?
00:55Je pense que déjà, on avait salué une première fois,
01:00sans qu'on leur demande d'ailleurs,
01:01les élus français avaient salué cette chose-là,
01:05puisqu'on a débaptisé l'avenue Bugeau en France.
01:07C'est vrai, vous avez raison.
01:08Elle n'existe plus, voilà.
01:11Donc c'est qu'en faisant ça, on fait le jeu du pouvoir algérien,
01:14c'est-à-dire qu'on se recommette soi-même coupable,
01:17avant même de pouvoir revoir l'histoire un petit peu,
01:21comment elle a été véritablement.
01:23Il y a évidemment derrière aussi,
01:25de toute façon, je pense que le président algérien
01:27se sait en position de force.
01:30Il sait qu'il peut faire ce qu'il veut,
01:31et que le gouvernement français,
01:34sous prétexte de vouloir agir en gouvernement civilisé,
01:37va vouloir jouer la carte de la diplomatie.
01:39Il le sait parfaitement.
01:40Donc il est en position de force.
01:42Mais est-ce qu'il l'est réellement dans les faits,
01:44ou justement il l'est parce que nous sommes faibles,
01:47nous la France ?
01:48Il l'est parce qu'il sait que la France, nous sommes faibles.
01:50Il pense que nous sommes des personnes décadentes,
01:53qui n'oseront rien faire contre lui.
01:55Il se sent très fort par rapport à nous.
01:57D'ailleurs, il suffit de voir simplement
01:59les aides substantielles que la France verse à l'Algérie chaque année.
02:03Oui, par l'Agence du Développement, c'est incroyable.
02:04Voilà, qui se chiffrent par milliards.
02:06Je veux dire, c'est...
02:07Voilà, il y avait un rapport qui avait été commis par deux députés,
02:11dont un des députés aujourd'hui, qui est Mathieu Lefebvre,
02:14qui est ministre délégué à la transition, voilà, exactement,
02:17qui disent que de toute façon, aujourd'hui, c'est presque trop tard.
02:19On ne peut plus revenir en arrière.
02:20Ça nous coûte une fortune.
02:21Donc voilà, je pense que le gouvernement, là-dessus,
02:23il joue sur du flour, le gouvernement algérien.
02:25C'est vrai qu'Emmanuel Macron, Michel Fayad,
02:27a toujours eu un rapport assez ambigu avec l'Algérie.
02:30C'était un peu je t'aime, moi non plus.
02:32On se rappelle quand même, je me souviens que j'étais à l'époque
02:35à l'antenne à la télévision,
02:37et j'ai vu Emmanuel Macron en pleine campagne en 2017,
02:42alors candidat à la présidentielle,
02:44qui qualifie la colonisation de l'Algérie
02:47de crime contre l'humanité.
02:49C'est vrai que c'était quelque chose
02:52qui était un tournant à l'époque,
02:54pour ensuite finalement reconnaître la marocanité
02:56du Sahara occidental en faveur du Maroc,
03:00ce qui a été un véritable affront.
03:02Donc c'est vrai que c'était chaud-froid
03:03et pour en arriver à cette situation aujourd'hui.
03:06Oui, soit c'est de la naïveté,
03:08soit c'est de la méconnaissance,
03:09soit je ne sais pas.
03:10En tout cas, Emmanuel Macron fait mine d'ignorer
03:13qu'avant 132 ans de présence française,
03:15il y a eu 333 ans de juges ottomans,
03:18où les ottomans ont massacré, tué, torturé les Algériens.
03:21On raconte dans les textes algériens
03:23que Barberousse, à la fin de la journée,
03:25avait des crampes au bras
03:26en raison du nombre de têtes
03:27qu'il avait décapité d'Algériens
03:29durant la journée.
03:30Donc c'est incomparable, en réalité,
03:32les 132 ans d'occupation française
03:34et les 333 ans de juges ottomans.
03:36Ça, c'est une première chose.
03:37La deuxième chose,
03:39la guerre d'Algérie, c'était un djihad
03:41contre la France, contre les Français,
03:42contre les chrétiens, contre les Juifs,
03:44parce que Français, parce que chrétiens,
03:46parce que Juifs.
03:47C'était ça, la guerre en Algérie.
03:48D'ailleurs, les oulémas qui appelaient le FLN
03:51à combattre les Français, les chrétiens et les Juifs,
03:53ils le faisaient sous des directives islamistes
03:57et puis des fatwas.
03:57Et d'ailleurs, lorsqu'il y a eu...
04:00C'est pas la même interprétation que l'Algérie,
04:02manifestement.
04:03Attendez, je vais confirmer, en fait,
04:04je vous confirme ce que l'Algérie a fait, là,
04:06il y a trois jours, quand il y a eu ce vote.
04:08L'Algérie, donc le Parlement algérien,
04:10a commencé à chanter,
04:12la lutte contre la France se poursuit, continue.
04:15Donc, en réalité, ils vous disent très clairement,
04:18ce gouvernement algérien, ce régime algérien,
04:20que la lutte doit continuer,
04:21la lutte contre la France.
04:22Et le problème, c'est qu'en France,
04:23on a une ambassade,
04:25on a un consulat algérien sur notre sol,
04:27plus la grande mosquée de Paris
04:29qui relève de l'Algérie,
04:31du gouvernement algérien,
04:32et un certain nombre de réseaux de mosquées
04:34qui leur appartiennent.
04:35Or, s'il y a une lutte contre la France,
04:38comme le Parlement algérien est en train de le dire,
04:40alors se pose la question
04:41de qu'est-ce que font ces mosquées,
04:43qu'est-ce que font ce consulat et cette ambassade
04:45contre la France,
04:47puisque ce sont les relais de leur gouvernement,
04:49ils obéissent à leur gouvernement.
04:51D'ailleurs, le recteur de la mosquée de Paris,
04:52il y a un an tout juste, presque,
04:54déclarait dans une interview,
04:56je crois, sur BFM,
04:56ou je ne sais plus sur quelle chaîne,
04:58comme quoi,
04:59eh bien, il obéissait au président algérien,
05:02il prenait ses directives de lui.
05:05Côté au moins, il a mis fin à une forme d'hypocrisie.
05:07Je sais, mais si le Parlement algérien nous dit
05:09qu'il y a une guerre contre la France
05:10et que cette guerre se poursuit,
05:12et d'ailleurs les fatwas de l'époque
05:13n'ont jamais été révoqués,
05:15ça veut dire qu'aujourd'hui,
05:16on a un grand problème
05:17avec la grande mosquée de Paris
05:18et ses relais algériens.
05:20comme autres mosquées
05:21qui appartiennent à ce réseau-là.
05:22Il y a un vrai problème aujourd'hui.
05:24En tout cas,
05:24ils ne pourront plus charger,
05:25Gilles Boussingo, Bruno Retailleau,
05:27puisque c'était,
05:29il y avait ces deux façons de voir les choses.
05:31Quand on parlait de la libération de Boilem Sansal,
05:35Bruno Retailleau,
05:36trop ferme, manifestement,
05:37pour Jean-Noël Barraud.
05:39Bon, là, Bruno Retailleau n'est plus là.
05:41Laurent Nunez devait d'ailleurs
05:42partir en Algérie en février.
05:44On a hâte de voir ce que va donner
05:46ce voyage du ministre de l'Intérieur en Algérie,
05:49si toutefois il est maintenu.
05:50Si toutefois il est maintenu, en effet.
05:52Et puis, quant à Bruno Retailleau,
05:53la riposte graduée n'a pas fonctionné.
05:55On a bien vu qu'il ne s'est rien passé du tout.
05:57Donc, voilà,
05:59aujourd'hui la situation est au point mort.
06:01Ce qui n'empêche pas,
06:02d'ailleurs,
06:03malgré cette guerre qui est déclarée
06:04contre la France,
06:05des centaines,
06:06n'empêchent pas des centaines de milliers
06:07d'Algériens
06:09de venir en France
06:10s'installer régulièrement,
06:12sans problème.
06:13Pourquoi viennent-ils en France
06:14si c'est un pays
06:15auquel ils ont déclaré la guerre ?
06:16Est-ce que c'est une forme de colonisation ?
06:19Alors, on en est là ?
06:19C'est ça ?
06:20Alors, la question
06:21qu'on peut se poser,
06:23finalement,
06:23vous la soulevez indirectement,
06:25Gilles Boussingot,
06:26c'est est-ce qu'on peut distinguer,
06:27je pense,
06:28et j'espère qu'on peut le faire,
06:30entre les citoyens algériens
06:31et le régime algérien
06:33d'Abel Magic,
06:35Tébou, non ?
06:36On espère tous ce que vous dites,
06:38mais le grand problème
06:39reste justement
06:40les consignes
06:40qui peuvent être données.
06:41Mais il y a quelque chose
06:42qui est assez intéressant,
06:43malgré tout,
06:43c'est que cette déclaration
06:45du Parlement...
06:45Attendez, vous avez dit consignes,
06:46vous pensez que le président algérien
06:49peut donner des consignes
06:50à la diaspora algérienne
06:51en France, c'est ça ?
06:52En fait, en donnant des consignes
06:53déjà au recteur
06:54de la Grande Mosquée de Paris,
06:56et lui, en les relayant
06:57dans les mosquées,
06:57vous savez que dans l'islam,
06:58il y a des fatwas,
07:00des obligations juridiques
07:01qui, une fois émises
07:03dans les mosquées,
07:03doivent être suivies des faits.
07:05C'est pour cela qu'il y a
07:05un vrai danger aujourd'hui.
07:07Mais il y a quelque chose
07:07d'intéressant dans cette décision
07:08du Parlement algérien,
07:10c'est qu'en réalité,
07:11ils rendent caduques
07:12les accords déviants.
07:13Parce qu'en fait,
07:14en revenant sur l'amnistie
07:16de tout ce qui s'est passé
07:17durant cette période-là,
07:18eux-mêmes sont en train
07:19de se retirer de ce traité.
07:20C'est une chance pour nous.
07:21On peut nous aussi
07:22nous retirer de ce traité,
07:23parce qu'en fait,
07:23pour que ce traité soit cassé,
07:25il faut qu'on se retire
07:26tous les deux de ce traité.
07:28Or, cette décision,
07:29de fait, rend caduques
07:30de leur côté
07:31les accords déviants.
07:32Donc nous,
07:32on devrait prendre acte
07:34et leur dire que
07:35puisque vous faites
07:37des réclamations,
07:38nous aussi,
07:38nous avons des harkis,
07:40nous avons des pieds noirs
07:41qui eux aussi
07:42ont des réclamations à faire.
07:43Et nous,
07:44vous voulez des choses
07:46par rapport à nous ?
07:46Eh bien, nous aussi,
07:47on va vous faire facturer
07:48les investissements
07:49que la France a fait
07:50pendant 132 ans
07:51en infrastructures,
07:53en écoles,
07:54en hôpitaux,
07:54en autoroutes,
07:55etc.
07:56Vous parlez des harkis
07:56qui sont qualifiés
07:57de haute trahison
07:58dans ce même texte.
07:59Oui, Gilles Boussingot,
08:00je voyais regarder Michel
08:01parce qu'il se trouve
08:03que les accords déviants
08:05c'est un accord international
08:05et que théoriquement
08:06ils priment sur toutes
08:08les lots.
08:09Donc du coup,
08:10la décision du Parlement
08:11ne remet pas en cause
08:13les accords déviants.
08:14C'est pas comme on voit
08:15en fait,
08:15soit effectivement
08:16comme vous dites
08:16c'est un accord international
08:17et donc leur décision
08:19est nulle et non revenue
08:20ou alors on considère
08:22que c'est peut-être
08:23dans notre intérêt
08:23que leur décision est légale
08:25et du coup nous
08:26on prend acte
08:27et on se retire également
08:28du traité.
08:28Alors qui pour arbitrer de cela ?
08:29Bon, il y a encore
08:31les accords de 1968
08:32qui sont réformés également
08:35et Laurent Nunez
08:36souhaite s'y atteler
08:37mais enfin
08:38on a hâte de voir
08:39la suite
08:40avec la fermeté française
08:42qui serait peut-être souhaitable
08:44parce que effectivement
08:45c'est une provocation
08:47tout du moins.
08:48qu'est-ce que ça fait ?
08:50On ne s'est passée ?
08:50On ne s'est pas
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