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  • il y a 6 jours
Jan-Cédric Hansen, vice-président du Conseil européen de la médecine de catastrophe, s’explique sur l’explosion dans un bar qui a causé plusieurs morts en Suisse, dont deux Français : «La médecine de catastrophe est une médecine de logistique».

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Transcription
00:00La doctrine, là encore, peut changer selon les pays parce que, justement, en France, on va essayer de dispatcher dès le début,
00:08c'est-à-dire que nous, on met en place un PM1, un poste médical avancé, qui va permettre des soins pour stabiliser,
00:18on appelle ça le « damage control » dans le terme moderne, on va stabiliser les blessés le plus possible
00:24et ensuite, on va pouvoir prendre le temps de choisir le meilleur lieu de soins.
00:28Donc, souvent, en première phase, rien n'est strictement organisé, donc on va vers l'hôpital le plus près, qui est très rapidement saturé,
00:35et dès qu'on organise les secours, à ce moment-là, on va faire le tri et on va dispatcher les blessés en fonction de leur degré de gravité,
00:45de la technicité dont ils ont besoin, et on va essayer de les orienter là où il y a de la place et là où il y a les équipes les plus à même de les prendre en charge.
00:52Les Suisses ne font pas différemment que nous, les appréciations sont un petit peu compliquées par le fait que chaque canton a une certaine autonomie par rapport aux autres,
01:04donc c'est des conventions intercantonales, donc c'est au niveau administratif et réglementaire que c'est un petit peu plus compliqué qu'en France,
01:10où on est beaucoup plus centralisé, l'ARS et le préfet prenant la main et le SAMU entre 15 étant le lieu de la régulation et du dispatching des victimes.
01:23C'est deux logiques de fonctionnement, mais finalement, ça revient à peu près au même,
01:28et les blessés et les victimes sont pris en charge avec le même degré de qualité en Suisse qu'elles le seraient en France.
01:34Justement, concernant cette médecine de catastrophe que vous connaissez bien, comment se passe la formation ?
01:40Évidemment, on sait que les pompiers, les forces de l'ordre sont formés à intervenir sur n'importe quelle situation, c'est aussi leur mission,
01:47mais quand on a une situation aussi chaotique, pour reprendre le terme, des autorités suisses, comment les choses s'organisent ?
01:54Ça n'est pas anodin, évidemment, et heureusement, des incendies aussi importants que celui qu'on vient de vivre à Kramotana,
01:59il n'y en a pas tous les jours. Comment on organise les opérations sur le terrain ?
02:02Alors, il y a deux choses. D'abord, c'est la préparation, l'entraînement. Il est essentiel.
02:08Donc, en France, il y a beaucoup de politiques de formation et d'entraînement,
02:13notamment pour les médecins au damage control, pour les secouristes, les pompiers notamment,
02:19mais aussi les associations de secouristes sur la prise en charge de nombreuses victimes.
02:24Donc, il faut faire des exercices grandeur nature avec des faux blessés pour apprendre toute la logistique.
02:30La médecine de catastrophe, c'est une médecine de logistique essentiellement.
02:34Bien sûr, les gestes d'urgence doivent être connus, mais les médecins urgentistes les pratiquent au quotidien,
02:40donc ils les connaissent relativement bien.
02:42C'est toute la dimension de l'afflux massif de victimes qui change l'échelle de prise en charge,
02:49les moyens disponibles.
02:50Et donc, il n'y a que cette acculturation à la complexité logistique qui permet de se préparer.
02:57Ensuite, une fois qu'on a été bien préparé, le jour où on est confronté à la difficulté,
03:02la coopération inter-service, c'est-à-dire entre ceux qui sont en blanc,
03:07ceux qui sont dans des véhicules rouges, même s'ils deviennent de moins en moins rouges,
03:10et ceux qui sont plutôt au niveau de la sécurité, et classiquement, on les appelle les bleus.
03:16Donc, les bleus, les blancs, les rouges travaillent ensemble, doivent travailler ensemble,
03:21et plus ils savent le faire, et plus c'est efficace pour la prise en charge et le pronostic,
03:28parce que c'est surtout ça l'important, c'est le pronostic de ces victimes.
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