- il y a 5 jours
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Reprennent le fil aussi de notre émission avec un certain nombre de témoignages
00:04qui apportent aussi quelques lumières aussi sur ce qui a pu se passer.
00:08Ces témoignages ont été recueillis, étaient compilés par Nicolas Roger.
00:12Le regard perdu dans le vide.
00:15Aurélie est traumatisée.
00:16Plusieurs de ses proches étaient présents dans le bar le soir du drame.
00:20L'un d'entre eux est décédé.
00:21J'ai perdu un de mes amis très proches.
00:24Une personne que je considérais comme mon frère, comme un pilier.
00:28C'est très compliqué.
00:30On a un autre de nos amis qui est toujours porté disparu pour le moment.
00:34On n'a aucune nouvelle.
00:36S'il a été pris en charge, s'il va bien, on ne sait pas.
00:40Un jeune habitant fêtait le réveillon du Nouvel An dans un bar situé à proximité de l'incendie.
00:45Il a rejoint les lieux du drame.
00:47Quelques minutes après les faits, le jeune homme raconte ce qu'il a vu.
00:51Quand on est arrivé, il y avait déjà un important dispositif de secours qui était déployé,
00:55qui sont arrivés très vite d'ailleurs, d'après ce que j'ai compris.
00:56C'était assez impressionnant de voir des gens à même le sol se faire masser,
01:03des gens qui sortent, qui sont brûlés.
01:07Visiblement, ce n'est pas très joli à voir.
01:08Un autre témoin était présent dans le bar Le Constellation, une heure avant que l'incendie ne se déclenche.
01:15Il dépeint des failles concernant la sécurité de l'établissement.
01:19Ici, ça devrait se rouvrir, mettre au moins une deuxième sortie de secours,
01:24agrandir les lieux et contrôler beaucoup plus les âges des gens qui rentrent.
01:30En effet, les témoignages évoquent un nombre élevé de mineurs présents dans le bar le soir de l'incendie.
01:36Maurice Mimoune, on voit aussi évidemment ces témoins très choqués parce que les blessés
01:40ou les personnes à qui ont perdu la vie qui sont sorties de ce bar quand on est un grand brûlé,
01:44évidemment, l'aspect est assez impressionnant et c'est ce qui a beaucoup marqué les témoins.
01:48Ils nous disent qu'on n'arrivait pas à reconnaître forcément les visages, les vêtements.
01:52Déjà, même pour les personnes qui s'en sont sorties, étaient complètement brûlées.
01:55C'est vrai que vous, en tant que spécialiste, c'est une chose que vous voyez dans vos services,
01:59mais pour quelqu'un de normal, c'est très pénible à voir et très dur moralement.
02:03C'est horrible. Il n'y a pas d'autre mot.
02:06La brûlure en elle-même fait qu'on ne reconnaît plus les corps,
02:09mais c'est aussi, il y a un édème qui se crée très rapidement,
02:13qui fait gonfler la personne, donc on ne la reconnaît plus.
02:16Même si elle est peu brûlée au départ.
02:19C'est pour ça que certains n'ont pas reconnu leurs propres proches, visiblement.
02:21Ils n'ont pas reconnu leurs propres proches.
02:23Alors, de temps en temps, il y a un aspect monstrueux au départ.
02:26Ça ne veut pas dire qu'après, ils ne récupéreront pas leur visage.
02:30C'est un petit peu le message d'espoir que je donne, mais c'est plus qu'un... c'est insoutenable.
02:36Effectivement, on entend ces témoins depuis hier sur CNews et Europe 1
02:40qui sont évidemment très choqués de ce qu'ils ont vu.
02:42On va retourner sur le terrain, retrouver Jean-Luc Boujon,
02:45l'envoyé spécial d'Europe 1 sur place.
02:48Et avec vous, Jean-Luc, on va s'intéresser aussi à ces familles
02:51et qui cherchent toujours et encore leurs proches et qui espèrent des réponses.
02:57Oui, absolument.
02:57J'ai pu en rencontrer, notamment une maman qui, depuis hier,
03:02depuis 40 heures, m'explique-t-elle,
03:04est toujours sans nouvelles de son fils Arthur, 16 ans,
03:07qui était allé faire la fête dans ce bar.
03:11Elle a échangé des textos avec lui pour la bonne année aux alentours de minuit.
03:14Elle me parlait de texto à minuit 3 où il lui a souhaité une bonne année.
03:18À minuit 6, elle lui a répondu
03:20« J'espère que tout se passe bien. Je t'aime, moi aussi. Bonne année. »
03:24Et depuis, plus aucune nouvelle.
03:26C'est terrible parce qu'elle essaye par tous les moyens,
03:29sur les réseaux sociaux.
03:30Elle parle à tous les médias, de toutes les nationalités.
03:33Il y en a beaucoup ici.
03:34Et pour l'instant, elle n'a aucune nouvelle.
03:36L'espoir s'amenuise parce que ce matin, par exemple,
03:38les familles ont été réunies.
03:40Et on a dit à ces familles que sur les 40 victimes,
03:42les 40 personnes décédées, 36 avaient été identifiées.
03:46Il en restait 4 à identifier.
03:483 garçons et une fille, 3 hommes et une femme.
03:51Elle a peur que son fils fasse partie des 3 garçons.
03:54Mais elle n'en a pas la certitude.
03:55Alors elle continue, elle continue.
03:57Elle se dit que pourquoi pas, il a pu être admis dans un service,
04:00mais on ne connaît pas son identité.
04:01Peut-être qu'une infirmière va voir sur les réseaux
04:03et va se dire, tiens, c'est le garçon que j'ai dans mon service.
04:06Elle espère toujours, mais j'ai vu dans son état,
04:09plus les heures passent et plus c'est difficile pour elle.
04:12J'ai rencontré aussi deux autres garçons
04:14qui sont à la recherche, eux, de leur ami Mathéo,
04:16qui était le DJ du bar La Constellation.
04:19Le DJ, ils n'ont aucune nouvelle.
04:21Ils ne savent pas.
04:21Ils se disent que dans son petit réduit en bois où il mixait,
04:26ça a dû être difficile pour lui de sortir.
04:28Mais ils n'ont pas de nouvelles.
04:29Ils espèrent eux aussi.
04:30Mais ils n'ont aucune nouvelle de ce DJ.
04:32Et comme ils ne font pas partie des familles,
04:33pour l'instant, ils ne sont pas admis,
04:35ils ne sont pas dans la confidence avec les autorités.
04:38Ça aussi, c'est difficile à vivre pour eux.
04:40Ils sillonnent donc un petit peu Cran-Montana.
04:41Ils demandent aussi aux journalistes quelques renseignements
04:43que nous n'avons pas forcément à leur donner.
04:45Mais voilà, c'est un peu l'état d'esprit de ces familles
04:48pour qui, véritablement, ces heures sont très, très difficiles.
04:51Merci beaucoup, Jean-Luc Bongeon, d'avoir été avec nous.
04:55Et vous avez fait référence justement à cette maman
04:57qui cherche depuis des heures, on pourra dire,
05:00bientôt même des jours, son fils.
05:02On va justement l'écouter.
05:04Elle s'appelle Laetitia.
05:05Et vous le disiez, elle a sillonné notamment un certain nombre d'hôpitaux
05:08pour retrouver son fils.
05:09On l'écoute.
05:10On ne sait pas comment, quand est-ce qu'on va recevoir les identités liées,
05:15quand est-ce qu'ils vont être identifiés, en fait.
05:16On ne sait pas.
05:18On a donné notre ADN.
05:20Maintenant, ça va être une question de longues heures
05:23pour essayer de savoir où sont nos enfants, en fait.
05:27J'ai besoin d'être proche, en fait.
05:32J'ai besoin d'être proche de cet endroit
05:34qui a été le dernier endroit où mon fils était, à mon avis, vivant.
05:41Donc, j'ai besoin d'être proche d'ici.
05:45J'ai besoin.
05:46Je ne dors pas.
05:47La seule chose qui me fait du bien,
05:50c'est de me dire que je suis là, en fait, que je suis à côté.
05:54Et dès que j'aurai retrouvé mon fils,
05:57je serai à côté de lui, pour de vrai.
05:59Mais en attendant, je suis là.
06:02Je suis à côté de lui, ici, là.
06:05Je ne peux pas m'imaginer ailleurs, en fait.
06:07Tant que je suis à Cromontana, je suis à côté de la Constellation.
06:11Et Thia Guénon, évidemment, ces témoignages sont glaçants.
06:14On partage, bien sûr, la douleur de cette maman.
06:17Et comme on le disait aussi,
06:18comme il y a eu des transferts d'hôpitaux à hôpitaux,
06:21que les personnes n'avaient pas forcément des papiers sur elles,
06:23il y a sans doute des bonnes nouvelles.
06:25Ça peut se terminer par des bonnes nouvelles,
06:26mais on imagine l'angoisse de ces familles
06:28qui ne savent absolument ni l'état, ni le lieu
06:30où se trouvent leurs enfants, leurs amis,
06:32parce qu'il y a aussi beaucoup d'amis qui cherchent leurs proches.
06:35Non, mais c'est l'horreur.
06:37Cette mère me bouleverse,
06:39parce qu'évidemment, on s'identifie parfaitement.
06:42Et c'est comme tous ces parents
06:46qui ont quitté peut-être leur enfant la veille
06:49ou à minuit en leur souhaitant une bonne année.
06:52Et de très jeunes enfants, encore une fois,
06:53c'est des adolescents,
06:55et qui ont toute confiance,
06:56parce qu'on y reviendra.
06:58Mais c'est vrai que ces douleurs-là,
07:00elle est incommensurable.
07:01Et en plus de ne pas savoir ce qui lui est arrivé,
07:03de ne pas savoir...
07:03Enfin là, je pense qu'il y a une certaine résignation.
07:06Mais c'est...
07:07Il n'y a rien de pire comme parents.
07:12Donc, il ne peut qu'être bouleversé par ce qu'ils vivent,
07:15sans même imaginer le tiers du quart
07:17de ce qui se passe en ce moment pour eux
07:19et ce qui se passera dans les mois, les jours à venir.
07:22Effectivement, Maurice Mimoun,
07:23aussi ce qu'on disait,
07:24c'est que ces personnes qui sont blessées
07:26en train d'être prises en charge,
07:28certaines sont arrivées sans être conscientes,
07:31donc sans pouvoir décliner leur identité.
07:33Et forcément, c'est aussi très dur de faire l'identification,
07:35y compris sur les personnes blessées,
07:37peut-être encore plus, d'ailleurs,
07:38quand elles ont été transférées.
07:39Certaines ne sont plus en Suisse,
07:41elles sont parties en Allemagne, en France.
07:42Évidemment que tout cela prend aussi un peu de temps.
07:45C'est dur pour les familles,
07:46mais les médecins ne peuvent pas faire de miracles
07:48s'il n'y a pas de papillon identité sur les victimes.
07:49Ils sont tous en coma artificiel.
07:52Ou c'est des petites brûlures,
07:54on ne les a pas fait rentrer dans les centres.
07:55Ceux qui sont rentrés dans les centres,
07:57ils sont tous en coma artificiel.
07:58La douleur est trop forte.
07:59Et puis pour les réanimer,
08:01donc ils ne peuvent pas parler,
08:01ils ne peuvent rien dire.
08:03Donc effectivement, on comprend évidemment
08:04à quel point c'est compliqué.
08:07On va parler aussi maintenant de cette victime.
08:09Il s'appelle Théris Dos Santos.
08:11C'est un footballeur qui a été blessé
08:13lors de cet incendie.
08:15Il a pu dire quelques mots à ses parents.
08:18Il a été transféré justement, lui, en Allemagne.
08:20On écoute Christophe Hutto.
08:22C'est son agent qui était sur l'antenne
08:24de CNews à la mi-journée.
08:25Écoutez-le.
08:26Il va comme il peut aller
08:29en pareille circonstance.
08:30Il a été brûlé sur une grande partie du corps.
08:35Après avoir été traité par l'hôpital de Sion,
08:38il a été transféré hier en fin de soirée
08:40dans un centre de grands brûlés
08:42à Stuttgart en Allemagne.
08:44Il était conscient lorsqu'il a vu ses parents
08:46arriver hier en début d'après-midi à Sion.
08:49Il a pu échanger quelques mots
08:51et ensuite, il a été placé sous respiration
08:56pour probablement traiter la douleur
08:58afin qu'il souffre le moins possible.
09:01Et Véronique Jacquier, Christophe Hutto,
09:03qui nous disait à la mi-journée
09:04que dès qu'il s'est réveillé,
09:06il a demandé des nouvelles de sa compagne
09:07avec qui il était dans ce bar,
09:09de ses amis,
09:10parce que c'est ce qu'on disait tout à l'heure,
09:11bien sûr qu'il y a le traumatisme de cet incendie,
09:13mais ce sont aussi des personnes
09:14qui se réveillent sans savoir
09:16ce qu'il est advenu de leurs proches.
09:17Ça peut créer un deuxième traumatisme.
09:18Et en ayant une vie totalement, évidemment, chamboulée,
09:22il a été brûlé sur à peu près 30% de son corps.
09:25C'est un deuxième choc aussi.
09:26Il faut accepter aussi son sort,
09:28malheureusement, dans ces cas-là.
09:30Évidemment, non, mais il y a plusieurs traumatismes.
09:33Il y a le fait de se retrouver brûlé
09:35et peut-être d'être dans l'incapacité
09:37de continuer sa carrière professionnelle.
09:39Il y a le fait de se demander
09:40où sont ses proches.
09:42On évoquait la douleur de cette maman
09:43qui est indicible.
09:45Il n'y a pas de mots, d'ailleurs,
09:46quand on perd un enfant.
09:47Il n'y a pas de mots.
09:48Quand on perd ses parents, on est orphelin.
09:51Mais quand on perd un enfant,
09:52il n'y a pas de mots dans la langue française
09:53pour dire ce qu'il en est.
09:54Donc, effectivement, on a l'impression
09:57que ce traumatisme est un séisme.
10:00C'est-à-dire qu'il y a des répliques
10:01qui vont durer très, très, très longtemps.
10:04Et de toute façon, il y a des blessures.
10:06Vous pouvez nous en parler,
10:08docteur Mimoun,
10:08qui sont quelque part,
10:10au sens propre et au sens figuré,
10:12impensables, non ?
10:13Par exemple, ce joueur professionnel,
10:16ce jeune sportif,
10:17quand on est brûlé sur 30% du corps,
10:20comment est-ce qu'on peut s'en sortir ?
10:21Comment est-ce qu'on gère ?
10:22Alors là, lui, je suis peut-être
10:23un peu plus optimiste
10:24parce qu'il n'a pas le visage brûlé
10:26a priori.
10:27Puis, il a parlé à ses parents.
10:29Il a eu un moment de conscience, effectivement.
10:30Il a eu un moment de conscience.
10:31Il est maintenant comme artificiel
10:33pour la douleur.
10:34Mais 30% sur le corps,
10:36si on le traite bien,
10:37au plan physique,
10:39il va s'en sortir.
10:40Il pourra rejouer.
10:42Le problème, c'est le choc psychique
10:44qui va être avec.
10:45Qu'est-ce qu'il va avoir le courage
10:46de se réentraîner ?
10:48Il y a quand même une coupure
10:49qui va être au moins d'un an,
10:50un an et demi.
10:52Mais il y a un espoir.
10:55Il y a un espoir.
10:55Évidemment, il faut se rattacher à cela.
10:58On va se rendre, justement,
11:00sur le terrain rejoindre
11:02Thibaut Marcheteau et Sacha Robin.
11:04Bonjour et merci à tous les deux.
11:06Vous avez, notamment, vous,
11:08suivi la conférence de presse
11:09de l'hôpital de Lausanne
11:12qui prend en charge
11:12une vingtaine de patients.
11:14Qu'est-ce qu'il faut retenir
11:14de cette conférence de presse,
11:15cher Thibaut ?
11:18Écoutez, Élodie,
11:19pendant une heure,
11:20le service médical du CHUV
11:22de Lausanne nous a expliqué
11:24comment, heure après heure,
11:26il a pris en charge ces patients.
11:2822 patients ont été accueillis
11:31ici dans ce département spécialisé
11:32contre les grands brûlés
11:34comme il en existe deux seulement.
11:36Ici, en Suisse, à Lausanne,
11:38mais aussi à Zurich,
11:40sur ces 22 patients
11:41âgés de 16 à 26 ans,
11:448 sont mineurs,
11:45ce qui complexifie encore plus
11:47la tâche de ces soignants.
11:50Ils ont détaillé ce travail,
11:52un travail très lourd et très précis
11:54qu'ils doivent réaliser
11:55sur ces jeunes adultes
11:58ou alors sur ces mineurs.
11:59un travail qui nécessite
12:01de nombreux personnels médicaux
12:03qui mobilisent évidemment
12:04beaucoup de soignants
12:06avec pour la plupart
12:08de ces patients
12:09qui ont été intubés
12:11ou qui sont en coma artificiel.
12:13Eh bien, une attention particulière,
12:15par exemple,
12:15on nous a expliqué
12:17que même pour changer
12:18un pansement,
12:19eh bien,
12:19il fallait passer
12:20au bloc opératoire.
12:22Il faut détailler
12:23cette convalescence,
12:24en tout cas le parcours
12:25de ces patients ici
12:27en plusieurs étapes.
12:28La première et la plus importante,
12:30c'est une phase de stabilisation.
12:32On sait d'ailleurs
12:32que de nombreux pronostics
12:34restent engagés.
12:36La deuxième,
12:36ça va être une période
12:38de soins
12:39avec probablement
12:39des greffes de peau.
12:41Elle va durer plusieurs semaines,
12:42voire plusieurs mois
12:43et enfin la rééducation.
12:45Mais pour l'instant,
12:46nous n'en sommes vraiment
12:46pas encore là.
12:48Évidemment,
12:48ces brûlures,
12:49elles vont prendre des années
12:50à se cicatriser.
12:53En tout cas,
12:53eh bien,
12:53il se pose également
12:54la question des transferts
12:56parce que la directrice
12:57l'a rappelé,
12:58s'il existe une chance infime
13:00de survie
13:01pour ces patients,
13:03eh bien,
13:03elle sera choisie
13:06par l'équipe médicale.
13:07Et s'il faut transférer
13:08dans des conditions
13:08particulièrement délicates,
13:11c'est un déplacement
13:12particulièrement dangereux,
13:14sûrement par voie aérienne,
13:15notamment pour la rapidité
13:17de ce transfert.
13:18Alors,
13:19cette décision
13:19sera prise.
13:21On sait aussi
13:21que la coopération internationale
13:23rentre en jeu
13:25avec des lits
13:26dans les hôpitaux français
13:27qui ont été proposés
13:29aux autorités suisses.
13:30Merci beaucoup,
13:31Thibaut Marcheteau.
13:32Merci à Sacha Robin
13:33qui vous accompagnait.
13:33Effectivement,
13:34Jean-Michel Salvatore,
13:35il y a aussi cette complexité
13:36que ce drame
13:37surcharge les hôpitaux,
13:39bien entendu,
13:39avec la particularité,
13:40comme vous nous l'expliquiez,
13:41Maurice Mimoun,
13:42il y a quelques instants,
13:43que les services
13:44de Grand Brûlé
13:44sont des services
13:45très particuliers
13:46et que c'est pour ça
13:46qu'il a fallu très vite
13:47activé aussi
13:48la solidarité internationale
13:50pour aller chercher
13:51des lits
13:51là où ils étaient disponibles.
13:53Oui,
13:53mais là,
13:53je parle sous le contrôle
13:54du dr. Mimoun,
13:55mais j'ai l'impression
13:56que les médecins,
13:56de toute façon,
13:57se connaissent tous.
13:58Tous les médecins
13:58qui exercent cette spécialité
14:00se connaissent tous
14:01parce qu'ils se voient
14:01dans les congrès,
14:02ils échangent évidemment
14:03les techniques nouvelles,
14:05les recherches,
14:05etc.
14:05et donc quand il se produit
14:07un événement comme celui-là,
14:09tous les médecins
14:09s'appellent les uns
14:11les autres en disant
14:12tiens,
14:12voilà,
14:12j'ai des malades,
14:13est-ce que tu peux pas
14:14m'en...
14:14Enfin,
14:14je sais pas.
14:14Oui,
14:15ça fonctionne très bien.
14:15C'est comme ça que ça se passe.
14:16C'est les médecins en fait
14:17qui organisent
14:19la répartition des malades
14:23et les soins
14:24parce qu'ils sont les seuls
14:26à savoir quelle est la gravité
14:27de ce qu'ont chacun
14:29des blessés
14:31et quels sont les services
14:32les plus adaptés
14:33pour essayer de les soigner.
14:34Maurice Miboune,
14:35effectivement,
14:36c'est comme vous êtes
14:37très spécialisé,
14:38vous vous connaissez entre vous
14:38et c'est facile d'activer
14:39justement,
14:40savoir qui a des lits
14:41ou est-ce qu'on peut
14:42envoyer des patients.
14:43Oui,
14:43d'ailleurs,
14:43on en parle en congrès,
14:45on réfléchit à ces problèmes
14:47d'afflux massifs
14:48donc c'est assez organisé,
14:50on se téléphone
14:51et on sait un peu les choses.
14:53Il y a une chose,
14:53c'est que les mineurs
14:55n'entraînent pas
14:56de difficultés supplémentaires.
14:59C'est plutôt être mineur,
15:01c'est plutôt dans la brûlure,
15:04une chance de survie
15:05supplémentaire.
15:06Ce qui peut rendre
15:06plus difficile
15:07à Lausanne les choses,
15:10c'est que ça nécessite
15:11une instrumentation particulière
15:14des canules plus petites,
15:15des choses.
15:16Si ce n'est pas
15:16un hôpital d'enfants,
15:17ça c'est plus difficile.
15:19Sinon,
15:19la chance de survie
15:20d'un mineur
15:21ou d'un enfant
15:21est plutôt plus grande
15:23que celle d'un adulte.
15:24Et justement,
15:25on va continuer évidemment
15:26à en parler,
15:26je voudrais qu'on écoute
15:27ce papa,
15:29il est le père
15:31d'un ressortissant italien
15:32qui était sur place
15:33et qui a été brûlé
15:35et il explique justement
15:36la souffrance de son fils.
15:37Écoutez-le.
15:38J'étais chez moi
15:40en train de dormir
15:41et ils m'ont appelé
15:42parce que la mère
15:43d'un autre enfant
15:43ait des nouvelles
15:44de mon fils.
15:45Je suis descendu sur la place
15:47et la situation était terrible.
15:49J'ai appelé mon fils
15:50et Dieu merci,
15:50il a répondu.
15:51J'ai passé les barrières
15:52de sécurité
15:53et nous sommes allés
15:53sur la place
15:54à la recherche
15:55d'un centre médical
15:56où il pourrait être soigné.
15:57Mon fils est mal
16:00mais il est en vie
16:01et c'est le plus important.
16:04Il a des brûlures
16:05sur 30 à 40%
16:06de son corps.
16:06Heureusement,
16:08il n'a des brûlures
16:09que sur les bras,
16:10le dos et les cheveux.
16:12Il a été touché
16:13par les flammes
16:13alors qu'il s'enfuyait
16:14du club.
16:16Maurice Mimoun,
16:17malheureusement
16:17et les autorités suisses
16:18l'ont redit
16:19sur les 119 blessés,
16:22beaucoup encore
16:22en pronostic vital
16:23engagé.
16:25Je crois que c'est
16:26assez fréquent
16:26quand on est victime
16:27de brûlures.
16:29Est-ce que
16:29c'est-à-dire
16:31que c'est le genre
16:31de pronostic
16:32où on ne peut pas
16:33se prononcer si tôt
16:34pour savoir
16:34si la personne
16:35va survivre ou pas ?
16:36du tout se prononcer
16:37trop tôt
16:38pour plusieurs raisons.
16:39D'abord,
16:39la profondeur
16:40de la brûlure
16:41est toujours hypothétique.
16:43C'est très simple.
16:44Si c'est un troisième degré,
16:45la peau est morte.
16:47Si c'est un premier degré,
16:49tout va récupérer.
16:50Mais deuxième degré
16:51ne veut rien dire.
16:52Et on a inventé
16:53deux mots
16:53pour deuxième degré.
16:54Deuxième degré profond
16:55et deuxième degré superficiel.
16:57Mais il est impossible
16:58de savoir
16:58avant une 10-15 jours
17:00si on est en deuxième
17:01degré profond
17:02superficiel
17:02et ça change
17:03parfaitement
17:04le pronostic.
17:05Ensuite,
17:06ces brûlés
17:07vont être traités.
17:07Le pronostic vital
17:08sur les grands brûlés,
17:09il faut au moins
17:10un mois
17:10avant qu'on sèche.
17:12Donc malheureusement,
17:13il y a des patients
17:14pour lesquels
17:15on ne pourra pas
17:15se prononcer
17:16avant un mois.
17:17D'accord.
17:17Et c'est pour ça,
17:18sans doute,
17:18que les autorités
17:19prennent autant
17:20de pincettes
17:22avant de donner
17:22un pronostic.
17:24Nous sommes avec
17:25Caroline Rambeau.
17:26Bonjour et merci
17:27d'être avec nous.
17:28Vous êtes médecin légiste
17:29parce que malheureusement,
17:30on commence à savoir
17:32qu'il y a environ
17:33une quarantaine
17:34de personnes
17:35qui sont décédées
17:37et ce qu'on voit
17:37évidemment,
17:38c'est que l'identification
17:39des corps
17:40est très compliquée.
17:42Comment on procède
17:43dans ces cas-là
17:44quand on doit retrouver
17:46l'identité de personnes
17:47qui n'ont pas forcément
17:47de papier d'identité
17:49sur elles
17:49et qui parfois,
17:50malheureusement,
17:51sont assez méconnaissables
17:52du fait de leurs blessures
17:53et de leurs brûlures ?
17:55Bien sûr,
17:55c'est toujours
17:56très difficile.
17:58Alors on va commencer
17:58tout d'abord
17:59par les empreintes digitales,
18:01c'est ce qui est
18:01le plus simple
18:02si on a des empreintes
18:04de comparaison
18:05et puis ensuite,
18:06on peut avoir
18:07une identification
18:07avec les données dentaires
18:10mais comme il s'agit
18:12de gens jeunes,
18:13il est probable
18:13qu'ils n'auront pas
18:15eu beaucoup
18:16de soins dentaires
18:17et donc que ça sera
18:17peu utilisable
18:19et donc on se sert
18:21surtout de l'ADN.
18:24Alors l'ADN,
18:25c'est facile à prélever
18:27sur ces sujets,
18:29il suffit d'avoir
18:29un peu de sang
18:30ou un petit peu
18:31de moelle osseuse
18:32et puis on va procéder
18:36par comparaison.
18:38Donc il faut déjà
18:39avoir l'ADN
18:41des familles de disparus,
18:44avoir la liste
18:46des disparus,
18:47répertorier l'ADN
18:48de leurs proches
18:49et ensuite,
18:51on va comparer
18:52avec l'ADN
18:53des corps
18:54qui sont à la morgue.
18:55Et donc,
18:57s'il y a un match,
18:58on pourra dire
18:59que l'identité
19:00est certaine.
19:01Caroline Rambeau,
19:02c'est aussi pour ça,
19:02j'imagine que dès hier,
19:04les familles ont été appelées
19:05à se regrouper.
19:05Il y avait bien sûr
19:06une dimension d'aide
19:07psychologique à cela
19:08mais c'était important
19:09aussi de récupérer
19:10leur ADN
19:11parce que j'imagine
19:11que c'est le seul moyen
19:13de trouver les parents
19:13par exemple de victimes
19:15et d'aller au plus vite
19:16justement dans l'identification.
19:18Tout à fait,
19:19vous avez tout à fait raison.
19:20C'est le moyen,
19:21l'identification
19:22ne peut vraiment être
19:23faite que comparativement.
19:24Quand on a l'ADN
19:25d'un sujet,
19:26on ne peut pas dire
19:27c'est monsieur un tel
19:28ou c'est mademoiselle truc.
19:30Il faut impérativement
19:32pouvoir comparer
19:33cet ADN
19:34à idéalement
19:35l'ADN
19:36de la personne disparue
19:38mais si on ne l'a pas,
19:39l'ADN de proche
19:40avec à ce moment-là
19:42des identifications
19:44qui se font
19:44d'une façon
19:45vraiment certaine.
19:47On imagine
19:48que c'est aussi cela
19:49qui prend du temps.
19:49On sait que Grand-Montana
19:50est une station fréquentée
19:51par beaucoup de personnes
19:52y compris qui venaient
19:53parfois de loin
19:55et si les autorités suisses
19:56continuent de dire
19:57que cela prendra du temps
19:57c'est peut-être
19:58parce que cette récolte
19:59justement d'ADN
20:01si les proches
20:01sont tous à des centaines
20:02de kilomètres
20:03évidemment malheureusement
20:04ça ralentit
20:04le travail
20:05de vos collègues suisses.
20:08Absolument,
20:08c'est la difficulté essentielle
20:10c'est que les familles
20:11peuvent être très loin
20:13et on l'a vu
20:13dans la conférence de presse
20:17qu'a donnée la procureure
20:19qu'il y a de plusieurs pays
20:21qui sont concernés
20:22donc le temps
20:23de se mettre en rapport
20:23avec toutes les familles
20:24et puis on ne sait pas
20:25exactement
20:25qui sont les disparus
20:28qui étaient dans ce bar
20:30donc il y a beaucoup
20:31de disparus
20:32il faut contacter
20:33toutes les familles
20:34et c'est un travail
20:35qui est long
20:36et méticuleux
20:37très minutieux
20:38et il n'est pas question
20:39de faire une erreur
20:41dans une identification
20:42donc on a vraiment
20:43deux équipes
20:44qui travaillent en parallèle
20:45l'équipe qui travaille
20:46à la collection des ADN
20:49des sujets décédés
20:51et puis l'équipe
20:52qui travaille avec
20:53les personnes
20:54les proches
20:55les familles des disparus
20:57et ensuite
20:58il y a une cellule
20:59de comparaison
21:00qui va dire
21:02s'il y a un match
21:03entre l'ADN
21:04d'un mort
21:05et l'ADN
21:06d'un disparu
21:07Merci beaucoup
21:08d'avoir été avec nous
21:10Caroline Rambeau
21:11médecin légiste
21:11et pour toutes
21:12ces précisions
21:13évidemment
21:14Laetitia Guinan
21:15on sait que les autorités
21:16suisses sont aussi
21:17très prudentes
21:18parce qu'il y a encore
21:18beaucoup de travail
21:20pour identifier
21:21à la fois les blessés
21:22qui restent non identifiés
21:23et les victimes
21:25on entend que ça
21:26prenne du temps
21:26et c'est important
21:27aussi dans ces cas-là
21:28de temporiser un peu
21:28et de rappeler
21:29qu'il ne faut pas
21:30s'emballer
21:31et il vaut mieux attendre
21:32plutôt que d'avoir
21:32de mauvaises informations
21:33même si c'est évidemment
21:34très cruel et très dur
21:35pour ces familles
21:35Oui et puis c'est très
21:37incompréhensible
21:37pour les Français
21:38parce que c'est vrai
21:38que là les Suisses
21:40font un grand effort
21:40de faire des conférences
21:45de presse
21:45le Conseil d'État
21:47valaisan
21:47a pris la mesure
21:49aussi de la dimension
21:50dramatique
21:50y compris pour le canton
21:51en termes d'image de marque
21:52et donc là
21:53ils font
21:53qu'il fallait entourer
21:54ces familles
21:55donc ils communiquent
21:56très bien
21:56pour les Suisses
21:56ils communiquent beaucoup
21:57et donc effectivement
21:59ils rappellent quand même
22:01aussi avec Pédagogie
22:02que tout prend du temps
22:04qu'une enquête
22:04ça prend du temps
22:05qu'on n'affirme pas
22:06les choses comme ça
22:07à la va-vite
22:09surtout pour des choses
22:10aussi graves
22:11et que c'est bien normal
22:12ils le font avec Pédagogie
22:14et cela dit
22:15c'est vrai que
22:16il n'y a pas de chaîne
22:18d'infos en continu
22:19en Suisse
22:19il n'y a pas cette tradition
22:21de la polémique
22:22on ne va pas chercher
22:23des responsables
22:24tout de suite
22:24on est beaucoup plus prudents
22:25et puis on a
22:27dans une certaine mesure
22:28probablement aussi
22:28raison de l'être
22:29parce qu'effectivement
22:30quand il s'agit
22:31d'identifier
22:32et de prendre des mesures
22:33aussi graves
22:34que celles qui sont
22:34en train d'être prises
22:36ça prend du temps
22:37et bien sûr
22:37c'est pas le temps
22:38des médias
22:39après ils le font
22:40avec Pédagogie
22:41donc moi je trouve
22:42que l'exercice
22:42est plutôt très réussi
22:43du point de vue
22:44même international
22:45après la question
22:47sera évidemment
22:48de l'enquête
22:48et du reste
22:49mais je comprends
22:50la frustration immense
22:51des Français
22:51parce qu'on est vraiment
22:52sur deux registres
22:54c'est vraiment
22:54deux salles
22:55deux ambiances
22:55et donc
22:56les Suisses
22:58les Suisses
22:59n'ont pas du tout
23:00même la population
23:02n'a pas ce même besoin
23:03de réponses
23:04de réponses
23:05tout de suite
23:05immédiates
23:06n'ont pas besoin
23:06d'être rassurés
23:07autant que peut-être
23:08les Français
23:09par l'État
23:11et donc
23:11c'est vraiment
23:12voire même
23:13ils sont indisposés
23:14il y a des Suisses
23:15qui aujourd'hui
23:16pensent que
23:17voilà
23:17on va trop vite
23:19qu'il faut respecter
23:21le temps du deuil
23:21que c'est bien normal
23:23que les choses
23:23prennent du temps
23:24etc
23:24donc c'est joué
23:26pour les autorités suisses
23:27il faut jouer
23:28entre ces deux niveaux
23:29et entre ces trois niveaux
23:30parce qu'encore une fois
23:31il y a des niveaux
23:32il y a un niveau
23:32de la Confédération
23:33l'État suisse
23:34les cantons
23:35c'est eux qui ont
23:35les plus grands pouvoirs
23:36en fait en Suisse
23:37et puis des communes
23:38donc c'est une construction
23:40très très différente
23:41dans son fonctionnement
23:42de celle de la France
23:43et donc c'est une construction
23:45de la France
Écris le tout premier commentaire