L'incendie meurtrier qui a ravagé un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana a fait, à ce stade, 119 blessés, parmi lesquels 113 ont pu être identifiés, dont 14 Français, 11 Italiens et quatre Serbes, a indiqué vendredi la police locale. Face à cela, le rétablissement des blessés sera long. Pour Jean Doridot, psychologue, «nous ne sommes pas égaux face aux capacités individuelles de résilience».
00:00Alors ça, c'est une question qui mériterait des heures de développement, d'autant plus que lorsqu'un drame d'une telle ampleur survient, c'est d'abord la présence d'une cellule d'urgence psychologique qui est importante et une présence notamment en termes d'écoute.
00:17Il faut se taire, pardon de citer Jacques Lacan qui n'a pas dit que des bêtises, il disait que la seule réponse c'est le silence et c'est un fait que les personnes qui vivent un tel drame, on pense aux victimes, on pense évidemment à leur famille et il y a hélas énormément de drames différents, les personnes qui sont mortes dans cet incendie,
00:41les familles qui sont encore aujourd'hui sans nouvelles de leurs proches et puis il y a ces personnes qui étaient présentes dans ce bar prétendument au départ festif et qui s'en sont sorties et même pour ces personnes-là, ça peut être très très compliqué, on parle du syndrome Lazare, le syndrome du survivant,
01:01et ce qui est important dans un premier temps c'est une présence et une écoute et faire en sorte que les personnes restent connectées à la réalité parce qu'il peut arriver à ce moment-là de basculer dans quelque chose de très très toxique psychologiquement.
01:16Quant aux mots, pour répondre à votre question ensuite, pour guérir, là sans se casser le moral inutilement, c'est quand même très compliqué, les séquelles psychiques de tel drame sont hélas souvent sévères et difficiles à guérir si tant est qu'elles puissent être guéries.
01:35Jean, je ne sais pas si vous avez écouté le témoignage qu'on vient de diffuser de Pierre Montillot qui est un rescapé de cette discothèque et ça s'est produit dans les années 70 et avec ce drame de Grand Montana, ça lui explose en pleine figure les images,
01:52je l'ai longuement interrogé ce matin dans l'heure des pros et on voit que les cicatrices ne se referment, j'allais dire jamais, mais c'est difficile, il a perdu a priori sa petite amie de l'époque
02:03et comme le disait très justement Gabriel Cluzel, il avait tout juste 18 ans au moment des faits et c'est terrible et en voyant ce drame, tout ça le replonge dans ce drame absolu qu'il a vécu lui-même avec sa petite amie de l'époque.
02:19J'ai effectivement pensé au drame du 5-7, j'imagine que c'est à ça que vous faites allusion lorsque j'ai entendu cette annonce terrible du drame de Grand Montana et c'est un fait, oui, c'est absolument effrayant.
02:32C'est vrai que les séquelles, elles sont à vie, d'autant que si vous voulez, j'ai entendu une de vos invitées parler de résilience et c'est un fait que les mêmes causes produisent les mêmes effets
02:43dès lors que toutes choses sont égales par ailleurs. Or, c'est très bien documenté aujourd'hui parce qu'hélas, il y a énormément de drame, c'est un fait et il y a quelque chose qui change,
02:55ce sont les capacités individuelles des résiliences de chacune et de chacun. Nous ne sommes pas égaux face aux capacités de résilience.
03:03Il y a des personnes qui vont réussir mécaniquement à rebondir, comme on dit, et qui vont souvent trouver une cause, souvent liée au drame,
03:12et cette cause va les porter et ces personnes vont trouver un nouveau sens à leur existence,
03:17là où d'autres, hélas, sombrent dans des dépressions sévères et des stress post-traumatiques extrêmement handicapants pour leur vie
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