- il y a 22 heures
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00:00Europe 1 soir week-end, 19h, 21h, Guillaume Lariche.
00:04Et à 20h14, je suis entouré d'Eliott Maman, journaliste indépendant et chroniqueur politique.
00:08Bonsoir cher Eliott.
00:09Bonsoir.
00:10Et également Florian Gérard-Mercier, directeur des études du millénaire.
00:14Pardon, bonsoir Florian.
00:15Bonsoir.
00:15Des études du millénaire, j'y arrive.
00:17Ensemble, on reçoit Mona Jaffarian.
00:20Bonsoir Mona.
00:21Bonsoir.
00:21Vous êtes cofondatrice et présidente de l'association Femmes Azadi.
00:24Vous êtes aussi l'auteur du livre Mon Combat aux éditions Stock.
00:27Depuis dimanche, il faut le savoir, l'Iran est traversé, secoué complètement par les manifestations les plus importantes qu'a jamais subi le pays.
00:34On se souvient bien évidemment en 2022, le soulèvement populaire qui faisait suite à la mort de Masha Amini, jeune kurd iranienne, 22 ans.
00:41Après son arrestation par la police, sa démeurce pour avoir mal porté son voile.
00:45Rien ne peut coûter la vie, c'est ce qui lui est arrivé.
00:47La contestation cette fois porte sur le porte-monnaie ou pas.
00:50C'est ce qu'on va voir avec vous dans un instant.
00:52En tout cas, inflation galopante, coût de la vie XXL, dépression du Rial, la monnaie iranienne.
00:57Les revendications sont élargies ensuite au régime politique iranien.
01:00Des affrontements, les six premiers morts qui ont eu lieu hier sur une journée.
01:04Déblessé également, le gouvernement tente un mélange de réponses conciliantes et de manœuvres pour stabiliser la situation économique.
01:11Mais la colère ne fait vécu pas.
01:12On en parle avec vous, Mona Jaffarian.
01:15Pensez-vous que cette colère sociale peut aujourd'hui fédérer les différentes classes sociales iraniennes autour d'un même objectif politique pour faire tomber le régime des Mola ?
01:23Oui, alors c'est exactement ce qui est en train de se passer, puisque effectivement, les révoltes ont commencé du bazar, des bazars de Téhéran, parce qu'on a annoncé la chute du Rial.
01:33Mais en fait, dès que les gens sont arrivés dans la rue, que ce soit les commerçants ou la foule qui s'est très rapidement jointe aux protestations des commerçants,
01:41eh bien les slogans ont été très clairs, puisque c'était « mort au dictateur », « mort à Khomeini », « nous allons renverser ce régime ».
01:48Et ceci, et notre dernière bataille par la vie, va rentrer donc en référence à Reza par la vie, leader de l'opposition.
01:53Donc les slogans, eux, ne sont pas économiques, ils ne sont pas sociaux, ils sont clairement déjà à destination du monde et du régime, pour dire « nous ne voulons pas de ce régime, nous voulons la mort de Khomeini, et nous voulons une démocratie laïque pour notre pays ».
02:07Et cette république laïque versus république islamique, c'est envisageable prochainement, ou quand même à plutôt moyen terme, voire long terme ?
02:18C'est toujours compliqué de s'avancer sur ce qui est en train de se passer, là, quand on regardait...
02:22Parce que c'est un peu le grand écart, quand même, passer d'une république islamique à une république laïque, même si on se souvient d'il y a des dizaines d'années, à l'époque du chat d'Iran, où les personnes, les femmes, pouvaient notamment être en mini-jupe, à l'époque.
02:33Mais vous savez, l'Iran d'aujourd'hui est un pays, il l'a toujours été d'ailleurs, puisque les Iraniens estiment que leur pays aujourd'hui est occupé depuis cinq décennies par les Mollahs,
02:41mais quand on regarde la réalité du terrain, en 2023, la république islamique donnait ses propres chiffres pour dire que 50 000 des 75 000 mosquées du pays avaient été fermées, faute de fréquentation.
02:54Le dernier sondage qui a été réalisé il y a quatre ans, huit Iraniens sur dix se disaient non-musulmans.
03:00Donc on est vraiment face à une population profondément laïque, profondément ouverte vers l'Occident, qui étouffe sous cette idéologie islamiste,
03:09qui étouffe aussi devant toutes les richesses de son pays aller au financement de proxys terroristes, comme le Hamas, le Hezbollah ou les Houthis.
03:16L'Iran, c'est 10% des matières premières mondiales.
03:19Donc c'est un pays particulièrement riche, et les Iraniens ne voient jamais la couleur de cet argent.
03:24Donc si vous voulez, c'est un peu un tout entre l'islamisme, le terrorisme, les conséquences économiques, cette idéologie qui empêche toute négociation avec l'étranger,
03:34qui ont mené le peuple iranien dans son ensemble, c'est-à-dire que ce soit les couches très pauvres, les classes moyennes, les couches supérieures,
03:41que ce soit les Kurdes, les Balouches, les Perses, les Azeris, les Turkmen, peu importe en fait l'ethnie et les classes sociales.
03:47Aujourd'hui, les Iraniens sont dans la rue pour dire clairement au monde, fin de la république islamique et retourne pas à la vie.
03:53Alors, mon âge affariant, on parle de manifestation, mais pour faire une révolution, il faut parfois peut-être prendre des armes, aller au combat.
04:00Le régime islamique, les Mollahs, eux, ne sont pas prêts de le lâcher, ils ne le veulent pas, puisque derrière, après, il n'y a rien et ce serait pour eux dramatique.
04:06Il doit y avoir cette révolution qui passe par les armes ?
04:10Alors, c'est toujours compliqué de souhaiter un affrontement armé, mais c'est vrai qu'en faisant preuve d'honnêteté sur la situation,
04:18Khamenei, à l'instar de quelqu'un comme Al-Assad, qui était prêt à tuer 500 000 personnes pour ne pas laisser le pouvoir,
04:24n'hésitera pas à faire couler le sang. D'ailleurs, depuis 48 heures maintenant, les miliciens du régime tirent à balles réelles.
04:30Je rappelle qu'il y a eu plus de 1000 personnes qui ont subi la peine de mort en Iran.
04:35En décembre, c'est une personne toutes les deux heures qui était pendue en Iran.
04:38C'est la République islamique et le régime qui pend le plus d'enfants et de femmes au monde.
04:43Et c'est vrai que là, depuis 48 heures, on assiste à des miliciens du régime qui tirent à balles réelles.
04:48Aujourd'hui, on a des informations qu'on a pu vérifier, qui nous parviennent d'Iran,
04:51pour montrer que des miliciens arabes, donc des milices irakiennes, syriennes, libanaises du régime,
04:58ont été importés d'urgence en Iran pour pouvoir réprimer la foule.
05:01Donc oui, c'est une bataille qui s'annonce compliquée face à un régime terroriste,
05:06mais on a quand même l'avantage du nombre.
05:08Et surtout, on a un avantage considérable, c'est que sur les dernières semaines,
05:11on a vu énormément de désertions au sein du régime.
05:14Beaucoup de policiers, de militaires, parfois même des bassiges,
05:17qui enregistraient des vidéos publiquement en cachant leur visage et leur nom,
05:21pour dire qu'ils déposeraient les armes et qu'ils n'affronteraient pas le peuple.
05:24Donc on mise aussi sur cette chance, peut-être,
05:27parce qu'eux aussi souffrent des conditions économiques et de la corruption,
05:31qu'ils décident de déposer les armes et que cette victoire soit la nôtre.
05:34Alors, contrairement à 2022, où c'était pour soutenir cette femme
05:38qui avait mal porté le voile et qui a donc été tuée par la police lors de son arrestation,
05:42où là, peut-être, le sentiment iranien était peut-être un petit peu plus mitigé,
05:46là, il n'y a plus rien à perdre pour eux.
05:48Alors, en 2022, vous savez ce qui se passe aujourd'hui,
05:51c'est un peu la suite de ce qui s'est passé en 2022.
05:52Après la mort de Mahasin Jinnah Amini, ça a été vraiment une révolution.
05:58D'ailleurs, c'est là où elle est née, cette révolution, pour faire tomber le régime.
06:01C'est-à-dire que les gens ne sont pas sortis pour le hijab,
06:03ils ne sont pas sortis uniquement pour ça,
06:05ils sont sortis véritablement pour mettre fin à la République islamique.
06:08Mais ils se sont aussi rendus compte que quand on scande femme-vie-liberté,
06:11eh bien, il y a un peu une incompréhension du reste du monde
06:13qui, justement, pense que tout est lié à l'islamisme et au hijab uniquement.
06:16Donc, cette fois-ci, ils retournent à la rue,
06:18mais avec des slogans très clairs,
06:20en disant, justement, qui est notre leader ?
06:22On ne veut plus du régime.
06:23Donc, c'est aussi un moyen pour eux de faire passer un message,
06:26surtout au monde libre, pour dire aux dirigeants occidentaux,
06:28on est prêts, ce ne sera pas le chaos, nous sommes unis.
06:31On vous a désigné qui soutenir ?
06:33Maintenant, à vous de jouer et d'être derrière nous.
06:35Alors, le monde occidental, a priori, l'a entendu,
06:37au travers de la voix de Donald Trump,
06:39qui promet carrément d'intervenir si jamais il y a des morts.
06:43Bon, les morts, on les compte malheureusement depuis hier.
06:45Quelle est, à part la parole, après des interventions ?
06:48Est-ce qu'on peut envisager quoi comme type d'intervention de la part des États-Unis ?
06:52Alors, je pense que Donald Trump, en écrivant,
06:56ce qu'il a écrit, sa première volonté,
06:58c'est de dire au peuple iranien,
06:59je vous vois, je vous entends.
07:00Donc, c'est aussi d'encourager les gens à continuer,
07:03puisque nous, on voit bien maintenant,
07:05depuis un an, un an et demi,
07:08que Donald Trump a rallié aussi ce que pensait Israël,
07:12c'est-à-dire que, quel que soit l'accord qui sera signé avec la République islamique,
07:16la République islamique ne s'y conformera pas.
07:19On l'a vu après l'accord signé avec Obama,
07:22que finalement, l'enrichissement nucléaire continuait,
07:24que le financement du terrorisme continuait,
07:26donc finalement, signer un accord avec l'idéologie de Rameneï,
07:29c'est impossible.
07:30Donc, la meilleure solution, finalement, pour le monde libre,
07:33c'est que ce régime tombe.
07:34Et la meilleure manière de le faire, c'est de le faire de l'intérieur.
07:37Et je pense que les Américains le savent très bien,
07:39on ne va pas libérer l'Iran avec des bombes,
07:41on ne va pas libérer l'Iran en intervenant de manière extérieure.
07:46Par contre, ce qu'insinue ici Donald Trump, je pense,
07:50c'est une aide logistique et matérielle
07:53sera très certainement apportée au peuple iranien.
07:55Et surtout, il fait monter la menace sur un régime
07:57qui est déjà fragilisé de l'intérieur
07:58et qui a très très peur des révoltes en cours.
08:01Vous écoutez Europe 1 soir week-end,
08:03Mona Jaffarian, cofondatrice de l'association Femmes Azadi
08:06et auteure du livre « Mon combat » aux éditions Stock
08:08et notre invité ce soir sur Europe 1.
08:11On parlait de l'intervention avec la voix de Donald Trump
08:14qui disait « Je vous entends »,
08:15comme vous nous l'expliquiez au travers de ces mots.
08:18Est-ce que vous dénoncez ou pas un silence
08:21de certaines institutions françaises, européennes par exemple ?
08:24Malheureusement, on commence à être un petit peu habitué,
08:27mais c'est vrai qu'il y a un silence assourdissant
08:29de l'Union Européenne, il y a un silence assourdissant
08:32du Quai d'Orsay, idem pour le président,
08:35et c'est vrai que c'est une incompréhension pour nous
08:37de voir que l'Union Européenne, encore une fois,
08:40se tait sur le sort du peuple iranien.
08:42Mona Jaffarian, vous attendez quoi comme prise de parole,
08:45comme prise de point de vue ?
08:47Une solidarité, c'est-à-dire de vraiment comprendre
08:49que les Iraniens aujourd'hui ne sont pas uniquement
08:51en train de se battre pour la liberté en Iran.
08:54On est face à un régime qui est le plus gros financier
08:57du terrorisme mondial.
08:58Chaque semaine, quelque part en Europe,
09:00un attentat est déjoué,
09:02une cellule, que ce soit du Hamas, du Hezbollah
09:04ou des gardiens de la révolution islamique,
09:05est démantelée.
09:06Donc c'est un régime qui nous attaque
09:08sur notre sol européen,
09:09qui nous attaque dans nos valeurs,
09:10qui finance de la propagande
09:12pour faire monter l'islamisme, l'intégrisme,
09:14le communautarisme dans nos sociétés.
09:16Et on a un peu l'impression
09:17que les Européens passent à côté de l'essentiel,
09:19c'est-à-dire que si le régime de Téhéran tombe,
09:22ça va ouvrir une fenêtre absolument incroyable
09:24dans le monde face au terrorisme et à l'intégrisme.
09:26– Mona Jafarian, une question d'Eliott Maman.
09:29– Oui, vous parliez à l'instant
09:30des éventuelles pressions
09:31que pouvaient exercer Israël et Donald Trump
09:32sur le régime d'Ebola.
09:34Comment ces éventuelles menaces
09:36venues du monde libre,
09:37pour reprendre votre expression,
09:38sont perçues en Iran ?
09:40Est-ce que la population iranienne
09:41peut même les entendre ?
09:42– Elles sont plutôt bien perçues,
09:45justement, par le peuple iranien,
09:46parce que le plus grand désarroi du peuple iranien,
09:48c'est de se dire,
09:49finalement, tout le monde veut
09:50que ce régime tombe,
09:51mais chaque fois qu'on descend dans la rue,
09:52tout le monde se tait
09:53et nous regarde mourir.
09:54Et là, pour la première fois,
09:55on a un président qui annonce
09:57qu'il va aider.
09:57Alors, est-ce qu'il le fera ou pas ?
09:58On ne sait pas.
09:59Mais en tout cas, c'est vrai
10:00que les retours qu'on voit de l'Iran,
10:03des témoignages qu'on a,
10:04des messages qu'on reçoit
10:05et aussi sur les réseaux sociaux,
10:06on voit que ça a donné énormément de courage
10:08à la population pour sortir
10:10et surtout que ça a particulièrement
10:12agacé le régime qui tremble.
10:13– Vous pensez que les Molas ont peur,
10:16justement, de ce genre de déclaration ?
10:17Ça leur donne peut-être
10:20une pression supplémentaire ?
10:21Ou alors, au contraire,
10:22ils font feu de tout bois ?
10:23– Les Molas ont particulièrement peur
10:25parce que le plus grand ennemi
10:26de la République islamique,
10:27c'est ni l'Israël,
10:28ni les États-Unis,
10:29c'est le peuple iranien.
10:30Et ça, je pense que les stratèges,
10:32que ce soit à Washington
10:33ou en Israël,
10:34l'ont très bien compris,
10:35ce régime ne peut tomber
10:36que de l'intérieur
10:37et le régime lui-même aussi le sait.
10:39Et là, on est quand même
10:39face à un régime
10:40qui est sous énormément de sanctions,
10:42qui a vu tous ces proxys terroristes
10:43tomber les uns après les autres
10:44en l'espace de deux ans,
10:46qui ne contrôle plus rien,
10:48qui s'est rendu compte
10:48pendant la guerre de 12 jours
10:49avec les Israéliens
10:50qu'ils étaient infiltrés
10:51au plus haut sommet de l'État,
10:54des gardiens de la Révolution.
10:55Donc, si vous voulez,
10:56c'est un régime qui est paranoïaque,
10:58qui sent qu'il est en train de vaciller
10:59et qui se retrouve maintenant
11:01avec des manifestations monstres
11:04quand on regarde
11:04ce qui se passe aujourd'hui
11:05dans les rues en Iran.
11:07Et puis, on voit que l'intensité
11:08de l'action du peuple,
11:09les gens sont beaucoup plus organisés,
11:11ils sont beaucoup plus téméraires,
11:12ils sont courageux.
11:13Donc, nous, on a bon espoir
11:15que cette fois soit peut-être
11:16la bonne pour nous.
11:17Mona Jaffarian,
11:18une question de la part de Florent,
11:20Florian Gérard Mercier.
11:21Oui, justement,
11:22j'allais vous interroger
11:23sur l'impact de cette guerre
11:24de 12 jours
11:25puisqu'il y a quand même
11:26on a l'impression
11:27un changement majeur
11:28d'époque
11:29entre l'Europe
11:30qui reste accrochée
11:31à la diplomatie peut-être
11:32et à cet accord
11:33sur le nucléaire
11:34alors que Donald Trump
11:35et Benjamin Netanyahou
11:36sont passés à cette paix
11:38par la force
11:39et avoir compris
11:40avec le 7 octobre
11:41qu'on ne peut pas
11:42faire de deal avec le Hamas,
11:43on ne peut pas faire de deal
11:44avec les Molas.
11:44Et donc,
11:46cet affaiblissement
11:47de la technostructure
11:48répressive iranienne
11:49avec la guerre de 12 jours,
11:50à quel point
11:50elle a été instrumentale
11:52et cruciale
11:53dans le fait qu'aujourd'hui
11:53il puisse y avoir
11:54ces manifestations.
11:56Alors,
11:56il y a eu un double aspect.
11:59Concernant le régime
11:59en lui-même,
12:00ça a été un coup dur
12:02absolument terrible
12:03pour Khamenei.
12:04Déjà parce que
12:04ça a montré
12:05aux partisans de Khamenei
12:06qui sont encore en Iran
12:08même s'ils sont
12:08une infime partie
12:09de la population
12:10que ce régime
12:11qui depuis 40 ans
12:12leur dit
12:12qu'il est en train
12:12d'investir toutes les richesses
12:14d'un pays
12:14dans un nucléaire
12:15pour détruire Israël
12:16dans du balistique.
12:18Finalement,
12:18c'est pris une raclée
12:19monumentale
12:19pendant 12 jours
12:20sans même pouvoir
12:21riposter.
12:22Ensuite,
12:22ça a eu aussi
12:23un autre aspect,
12:24c'est que tous les centres
12:24de renseignement,
12:25de répression du peuple,
12:28tout ce qui était
12:28au commandement
12:29de la force Al-Quds,
12:30des gardiens
12:30de la révolution islamique
12:31ont été éliminés.
12:32Donc,
12:33ça a été particulièrement
12:34dur pour le régime
12:35et surtout,
12:36ça a fait naître
12:36cette peur de se dire
12:37finalement,
12:37le Mossad peut nous frapper
12:38à n'importe quel moment,
12:39n'importe où,
12:40même dans les plus
12:41hauts échelons.
12:41Par contre,
12:42pour la population,
12:43ça a été plus compliqué
12:44parce qu'ils ont été
12:45privés d'Internet,
12:46le régime a coupé Internet
12:47pour pas que les gens
12:47sachent quand est-ce
12:48que ça allait être frappé,
12:49ils ont fermé
12:50tout ce qui pouvait
12:51servir d'abri
12:51à la population
12:52en espérant
12:53qu'il y ait le maximum
12:53d'Iraniens qui meurent,
12:55donc on est quand même
12:55sur un régime ennemi
12:56de son propre peuple
12:57et surtout,
12:58ce qui s'est passé
12:59et qui était prévisible
13:00pour nous,
13:00c'est que dès que
13:01Donald Trump a annoncé
13:02son cessez-le-feu,
13:03la répression a été
13:04terrible sur le peuple
13:06iranien,
13:06il y a eu plus de 23 000
13:07personnes arrêtées
13:08en l'espace de quelques jours,
13:09ils pendaient des gens
13:10sans même plus faire
13:11de procès,
13:12il y a eu énormément
13:12de tortures,
13:13d'arrestations
13:14et surtout,
13:15ils ont affaibli Internet,
13:16ils ont commencé à...
13:17Donc on s'est retrouvé
13:18finalement face
13:19à une double situation
13:20où le régime lui
13:21était affaibli
13:21mais la population iranienne
13:23en a terriblement souffert.
13:25Donc est-ce que ça a ouvert
13:26la voie ?
13:26Pas sûr.
13:27En tout cas,
13:27ça a affaibli le régime
13:29et ça nous permet
13:30aujourd'hui aussi
13:31d'avoir un régime
13:32complètement paranoïaque
13:33et apeuré face à nous.
13:35Et ce régime,
13:36il a peur de son peuple ?
13:37Plus que de n'importe
13:38quel bon,
13:39plus que de n'importe
13:40quel chef d'État
13:41parce qu'on est 90 millions,
13:43on estime qu'on est
13:44plus de 85%
13:46à être vraiment
13:47opposés au régime.
13:49Les étudiants
13:50d'une université iranienne
13:51ont fait une enquête
13:52il n'y a pas longtemps
13:53et 92%
13:54de la population iranienne
13:56se disait
13:56opposée désormais
13:57à la République islamique.
13:58Donc on voit
13:59qu'on a complètement dépassé
14:00les simples cercles
14:01ouverts sur l'Occident,
14:03laïcs, etc.
14:04Donc oui,
14:05Khamenei a très peur
14:06de la population iranienne.
14:08On parlait
14:08tout à l'heure
14:09des jours qui sont
14:10peut-être comptés
14:10de la République islamique
14:11pour, on l'espère,
14:13une République laïque.
14:14Lors d'une conférence
14:15de presse
14:15cet été à Paris,
14:16Reza Palavi,
14:17le fils de l'ancien
14:18chat d'Iran
14:18et figure de l'opposition
14:19en exil,
14:20s'était présenté
14:21pour guider son pays
14:22sur la voie de la paix.
14:23« Il n'y a qu'une seule façon
14:26de parvenir à la paix,
14:28un Iran laïque
14:30et démocratique.
14:32Je suis ici aujourd'hui
14:34pour me présenter
14:36à mes compatriotes
14:37afin de les guider
14:38sur la voie de la paix
14:39et de la transition démocratique.
14:41Je ne cherche pas
14:47le pouvoir politique
14:48mais plutôt à aider
14:49notre grande nation
14:50à traverser
14:52cette période critique
14:53vers la stabilité,
14:55la liberté
14:55et la justice. »
14:58Est-ce que c'est par
14:59Reza Palavi
15:00que ce futur de l'Iran
15:02peut se dérouler,
15:03peut avoir lieu ?
15:04En tout cas,
15:04c'est ce que demande
15:05le peuple iranien
15:06puisqu'aujourd'hui,
15:06le slogan de cette révolution
15:09est vraiment
15:09« Ceci est notre dernière bataille
15:11par la vie va rentrer
15:12et que ce soit
15:13les minorités kurdes,
15:16quelle que soit
15:16la région d'Iran
15:17aujourd'hui dans les rues,
15:18encore ce soir
15:19quand je regardais
15:19ce qui se passait,
15:20on n'appelle qu'un nom
15:22et ce nom c'est le sien
15:23et ce n'est pas juste
15:25un nom,
15:25ce n'est pas juste
15:26une nostalgie
15:27de l'époque du chat d'Iran,
15:29c'est parce que
15:29c'est un homme
15:30qui est cultivé,
15:31qui est préparé
15:31pour ce travail,
15:32qui a une équipe
15:33particulièrement compétente
15:35qui l'entoure,
15:36qui a un programme
15:37qui s'appelle
15:37Rise Iran
15:38avec exactement
15:40toutes les étapes
15:41juridiques,
15:42environnementales
15:43qui auront lieu
15:45de la chute du régime
15:46pendant cette période
15:47de transition
15:47jusqu'à un vote démocratique
15:49et beaucoup de personnes
15:50perçoivent ça
15:51comme une volonté
15:51d'aller vers une monarchie
15:52absolue ou une dictature,
15:54ce n'est absolument pas
15:55ce qu'il propose
15:55puisque lui,
15:56il veut avoir son rôle
15:57pendant la période
15:58de transition,
15:59emmener les Iraniens
16:00aux urnes
16:00et qu'ils choisissent
16:01la forme de démocratie
16:02et le leader
16:03qu'ils souhaitent
16:04pour la suite
16:04en Iran
16:05et c'est pour ça
16:06que pour nous
16:06c'est important aujourd'hui
16:07que les médias
16:08diffusent les slogans
16:09du peuple dans la rue
16:10parce que le peuple iranien
16:11a fait son choix
16:12et maintenant
16:12on a besoin
16:13que les dirigeants
16:13occidentaux
16:14prennent attache
16:15avec le leader
16:16de l'opposition.
16:17Merci beaucoup
16:17Mona Jaffarian,
16:19confondatrice
16:19de l'association
16:20Femmes Azadi.
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