- il y a 2 jours
Ce mardi 6 janvier, Olivier Raingeard, directeur des investissements chez Neuflize OBC, et Sylvain Goyon, gérant actions chez Montpensier-Arbevel ont échangé leur point de vue sur l'insensibilité des marchés face à la situation au Venezuela, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Le face-à-face, c'est avec Olivier Ringard. Bonjour Olivier Ringard.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous, vous êtes Chief Investment Officer chez Neuflis OBC.
00:09On a le plaisir d'accueillir également Sylvain Goyon.
00:11Bonjour Sylvain Goyon.
00:12Bonjour Nicolas.
00:13Gérant Action chez Montpensier Arbevel.
00:15On va peut-être commencer avec vous rapidement, Olivier Ringard.
00:17C'est une question qu'on a déjà posée plusieurs fois sur ce plateau,
00:19mais qui étonne tout de même.
00:21C'est la faible réaction des marchés financiers.
00:24On aurait pu imaginer une réaction qui irait dans le même niveau
00:30au même sens de tous les actifs, au moins sur l'effet surprise,
00:32avant peut-être de se reprendre.
00:33On n'a même pas eu ça à l'ouverture des marchés européens ou américains
00:37lundi en séance, et on a en revanche eu tout de suite des trades
00:41sur le pétrole ou sur les valeurs de défense.
00:43Comment est-ce qu'on explique, est-ce qu'on est vacciné
00:46sur les marchés financiers contre le risque géopolitique, Olivier Ringard ?
00:49Je ne sais pas si on est vacciné, mais on a tiré les enseignements de l'histoire.
00:53Si vous regardez depuis la Seconde Guerre mondiale
00:56une vingtaine d'événements géopolitiques, vous constatez trois choses.
00:59D'abord, avant l'événement géopolitique, les marchés ne réagissent pas.
01:03Ensuite, au moment de l'événement géopolitique, vous avez deux types de réactions.
01:08L'une où les investisseurs ne réagissent pas du tout,
01:10l'autre où les investisseurs réagissent,
01:13et on a un mouvement de correction à la baisse des actifs risqués.
01:17Qu'est-ce qui distingue ces deux types de mouvements ?
01:21En fait, c'est l'évolution des prix des matières premières.
01:23Si les investisseurs considèrent qu'il y a un risque très important
01:28sur l'approvisionnement de l'économie mondiale en matières premières,
01:32et en particulier en pétrole,
01:34alors vous avez des questionnements sur les perspectives de croissance
01:38de l'économie mondiale,
01:39et vous avez dans ce cas-là une correction des marchés.
01:44Ensuite, vous avez un troisième temps,
01:46qui est le temps où les marchés absorbent ce choc et ce risque,
01:51et ensuite les marchés effacent généralement au bout de trois mois
01:54la baisse qui a été constatée au moment de la réalisation
01:58de cet événement géopolitique.
02:00Dans le cas qui nous intéresse ici, le Venezuela,
02:03on sait que le Venezuela aujourd'hui ne produit pas beaucoup de pétrole,
02:07c'est un peu moins de 1 million de barils le jour de production.
02:10Mais les réserves sont énormes ?
02:11Mais les réserves sont énormes,
02:13mais la conséquence potentielle sur l'offre à court terme en fait est nulle,
02:18et la conséquence potentielle à moyen terme sur l'offre est en fait positive,
02:22puisque les investisseurs se projettent dans l'idée
02:25que le Venezuela pourrait retrouver à moyen terme son niveau de production
02:30qu'il avait il y a de ça une quinzaine d'années,
02:32à savoir un peu plus de 3 millions de barils le jour de production pétrolière.
02:37Donc c'est la raison pour laquelle les marchés ont en première lecture
02:42très peu réagi en fait à cet événement géopolitique.
02:46Ensuite, à l'intérieur des marchés, comme vous le disiez,
02:50ça a quand même bougé quelque peu.
02:52Sylvain Goyon, quelle analyse vous faites de ces événements ?
02:56Parce qu'effectivement, pas de risque à court terme sur le pétrole,
03:00mais si la situation venait à durer,
03:02et si effectivement l'extraction du pétrole vénézuélien
03:05devait être gérée uniquement par des entreprises américaines,
03:09on aurait quand même une concentration d'un coup ou d'un seul
03:11des acteurs, et notamment qui sont capables de fournir du pétrole
03:16avec un avantage clair aux Etats-Unis.
03:19Ça, les marchés ne l'ont pas réagi ou ne l'ont pas pricé aujourd'hui.
03:23Je ne vais pas paraphraser ce qu'a dit Olivier avec beaucoup de talent.
03:26Finalement, qu'est-ce qui compte sur les marchés financiers,
03:29dans l'absolu, enfin sur les marchés boursiers ?
03:31C'est les trajectoires de croissance bénéficiaire.
03:34Donc en fait, lorsqu'on a des réactions qui peuvent être très négatives,
03:37c'est lorsqu'on perd de la visibilité sur ce qui fait la trajectoire
03:41de la croissance bénéficiaire.
03:42Donc si je veux être presque provocateur,
03:47je vous dirais que c'est une bonne nouvelle pour l'économie mondiale.
03:50J'ai dit bien provocateur.
03:51Oui, bien sûr.
03:52L'économie considère que c'est une bonne nouvelle.
03:54Alors aux Etats-Unis, mais pour quelles raisons ?
03:56Olivier a rappelé les chiffres également.
03:58Aujourd'hui, le Venezuela, c'est un nain sur le marché du pétrole.
04:03Si jamais demain, et alors après 100 milliards peut-être,
04:05et peut-être même plus d'investissements,
04:07donc à la rigueur c'est plutôt les industries parapétrolières,
04:09dans un premier temps, qui en bénéficieront,
04:11on remet cette quantité de pétrole sur le marché,
04:15c'est quoi l'équation ?
04:16C'est plutôt une baisse du prix de l'énergie.
04:18Or, que ce soit détenu par des sociétés américaines ou pas américaines,
04:21cette baisse du prix de l'énergie, c'est un produit qui est international.
04:26Elle sera finalement bénéfique à l'ensemble de l'économie mondiale.
04:29Et donc, comme l'a dit Olivier, baisse du prix des matières premières,
04:32c'est plutôt quelque chose de positif.
04:33Je vous pose la question autrement.
04:35Toute l'année dernière, on a suivi au quotidien
04:38les actualités concernant les tarifs,
04:40avec cette blague sur les marchés financiers,
04:42ce fameux taco trade.
04:44Donald Trump annonce, mais finalement,
04:46ça n'accouche de pas grand-chose.
04:48On voit en ce début d'année que quand même ça...
04:50Quand Donald Trump, d'ailleurs, il a beaucoup communiqué
04:53sur ses réseaux sur le sujet, il dit, regardez, d'ailleurs,
04:56son entourage le dit aussi, regardez, on le dit et on le fait,
05:00est-ce que ça change la manière dont on interprète
05:03les déclarations du président des États-Unis
05:05sur l'impact que ça peut avoir sur les marchés financiers
05:07quand on a des questions sur la validité des droits de douane,
05:13la nomination d'un président de la Fed
05:14ou des éventualités de velléité au Groenland ou autre ?
05:19Je pense que je vais reprendre la grille de lecture
05:21qui était celle que je viens d'employer à l'instant T.
05:25Est-ce que ça va impacter la croissance bénéficiaire future ?
05:28L'annonce, dans un premier temps, des droits de douane,
05:30évidemment, c'est un choc.
05:31C'est la première économie du monde
05:32avec potentiellement, effectivement, une baisse des exports,
05:36notamment de la zone euro, vers cette zone économique.
05:39La réalité, ensuite, se rappelle à nous.
05:41C'est-à-dire, est-ce qu'on a des produits
05:42qui sont substituables ou pas substituables ?
05:44S'ils ne sont pas substituables, ça signifie quoi ?
05:46Aux États-Unis, c'est plus d'inflation
05:47sur les produits qui vont être importés.
05:49Et là, l'électeur américain, il n'est pas content du tout.
05:52Donc, taco.
05:53Et à la fin des fins, finalement, rien ne se passe.
05:55Je dirais beaucoup de bruit pour rien.
05:57Et d'ailleurs, en fait, regardez même pour la macro,
05:59d'une façon générale, 2025,
06:01ce qui est frappant aux États-Unis,
06:02c'est que si on a un macroéconomiste
06:04qui s'endort le 1er janvier 2025,
06:06on a une économie qui est finalement assez efflorissante,
06:10il se passe plein de choses pendant l'ensemble de l'année,
06:12taco trade, IA, et ainsi de suite.
06:14Et à la fin de l'année, finalement,
06:16les pronostics de début d'année sont assez valables.
06:18Donc, il y a beaucoup de bruit,
06:20et ça, je pense que c'est vrai.
06:21Donc, c'est un bruit qui est énorme aussi,
06:23mais ce bruit n'a pas changé la trajectoire globale
06:25de l'économie et des tendances bénéficiaires.
06:28Olivier Rangard, même question,
06:30quand on voit un Donald Trump qui insiste quand même
06:33pour que la Fed continue à baisser ses taux,
06:35qui cherche à avoir une incidence
06:37sur les nominations des gouverneurs de la Fed,
06:39qui va nommer le futur président de la Fed,
06:41quand on voit peut-être la communication
06:44autour de cette idée de dire
06:46« Regardez le Venezuela, je l'ai dit, je l'ai fait »,
06:48est-ce que ça change un petit peu l'appréciation
06:49qu'on peut avoir d'action de Donald Trump sur la Fed
06:52et donc avait l'impact sur les marchés ?
06:54Non, ça ne change pas,
06:56parce que nous n'avons jamais vraiment acheté
06:58cette histoire de taco trade.
07:00D'accord.
07:00Au sens où, lorsqu'on regarde ce que Trump est en train de faire,
07:05il ne fait que mettre en œuvre le plan
07:08qu'il avait indiqué au moment de la campagne électorale,
07:12à savoir une politique budgétaire
07:15en soutien de l'économie américaine,
07:18la Big Beauty to Fuel Bill,
07:20une politique commerciale avec un changement
07:22des règles du jeu international,
07:25les tarifs douaniers,
07:27une politique de déréglementation
07:29du secteur financier de l'IA,
07:32c'est tout ce qui a été fait également
07:34en début d'année dernière,
07:36lorsque Trump est arrivé au pouvoir,
07:39une politique climatique avec la sortie
07:41des accords de Paris,
07:42ça a été réalisé,
07:44et enfin, une politique étrangère
07:47qui a été précisée en fin d'année dernière
07:49avec cette fameuse
07:51national security stratégie des États-Unis,
07:55renommée par Trump,
07:57la doctrine d'Honro,
08:00pour faire un amalgame entre...
08:02Avec la doctrine Monroe, oui.
08:03Monroe et Donald Trump.
08:06Donc on a aujourd'hui un président américain
08:10et une administration Trump
08:12qui est vraiment en train d'être
08:16un formidable accélérateur
08:17de grandes mutations auxquelles
08:19notre système économique et financier mondial
08:22est confronté.
08:23D'accord.
08:24À savoir,
08:25une fragmentation géoéconomique
08:27qui repose sur quatre piliers,
08:30fragmentation politique,
08:31fragmentation économique,
08:32fragmentation technologique
08:33et fragmentation financière.
08:36Et puis,
08:36une transformation technologique
08:38autour de l'IA
08:38qui est extrêmement puissante.
08:40Donc,
08:40quel est le coup d'après ?
08:42Pour revenir à votre question.
08:42Comment est-ce qu'on aborde
08:432026 sur les marchés ?
08:44sur la banque centrale américaine ?
08:47Le sujet de la banque centrale américaine
08:49et de son indépendance
08:51est un sujet
08:52qui pourrait devenir
08:52un sujet de premier ordre
08:54si l'administration Trump
08:55allait trop loin
08:56dans la pression
08:57qu'elle mettrait
08:58sur la banque centrale américaine.
09:01Si vous avez une banque centrale américaine
09:03qui baisse peu ou prou
09:04les taux d'intérêt
09:05comme anticipés par le marché
09:06et comme le nécessiterait
09:08l'environnement économique américain,
09:11dans ce cas-là...
09:12Deux à trois baisses cette année,
09:13par exemple ?
09:14C'est ramener effectivement
09:15le taux Fed Funds américain
09:17autour de 3%.
09:18Dans ce cas-là,
09:20il n'y aura pas vraiment
09:20de sujet
09:21autour de la politique monétaire américaine
09:25et de l'indépendance de la Fed.
09:27Si l'administration Trump
09:29met une pression supplémentaire
09:30pour que la banque centrale américaine
09:32aille au-delà
09:33et ait une politique monétaire
09:35beaucoup plus expansionniste,
09:37alors là,
09:38on rentrera probablement
09:39dans des questionnements
09:41de la part des investisseurs
09:42qui reviendront
09:43à la question suivante.
09:46Jusqu'où va la domination budgétaire
09:48sur la domination monétaire ?
09:50Y a-t-il un risque
09:51in fine sur la partie très longue
09:54de la courbe des taux américains
09:55et y a-t-il un risque
09:56sur le dollar ?
09:57Mais je ne pense pas
09:57qu'on en soit encore là aujourd'hui,
10:00mais c'est un élément à surveiller
10:01pour les prochains mois, évidemment.
10:03Comment est-ce qu'on aborde
10:04ce début d'année 2026
10:06sur les marchés financiers,
10:07Olivier Ringard ?
10:08Et ensuite, même question
10:08pour Sylvain Goyon.
10:11Il y a une phrase
10:13parmi les investisseurs,
10:15c'est « the trend is your friend ».
10:18Juste qu'il change.
10:19Mais pour l'instant,
10:20on a une tendance
10:22qui semble bien établie
10:23et qui soutient déjà
10:25la classe d'actifs actions.
10:26Elle repose sur
10:28un environnement économique
10:30qui est complexe,
10:31mais où on a toujours
10:33de la croissance,
10:34en particulier aux États-Unis.
10:37Un environnement
10:38où les banques centrales
10:40ont baissé les taux
10:41ou vont continuer
10:42de les baisser les taux.
10:43C'est le cas
10:44de la banque centrale américaine.
10:46Et enfin,
10:47une progression
10:48des résultats des entreprises
10:49pour cette année 2026
10:51qui sont bien orientées
10:53pour l'instant,
10:53puisqu'on anticipe
10:5415% de croissance
10:55des résultats aux États-Unis,
10:58un peu plus de 10%
10:58en Europe,
11:00plus de 18%
11:02dans les pays émergents.
11:03Donc, normalement,
11:05on a aujourd'hui
11:06les moteurs pour que
11:07les marchés d'action
11:08continuent de progresser
11:10au cours de cette année 2026.
11:12C'est la raison
11:12pour laquelle on reste
11:12surpondéré
11:13sur cette classe d'actifs.
11:15Mais évidemment,
11:16il est très probable
11:17qu'on ait quelques chocs
11:18de volatilité
11:18de nouveau en 2026.
11:20Avec peut-être
11:21des thématiques
11:23qui sortent du lot,
11:24si on regarde
11:25ce qui se passe
11:26sur les marchés
11:27aujourd'hui,
11:27le 6 janvier,
11:28on peut être tenté
11:29de se dire
11:30que 2026 sera marqué
11:31toujours par les sujets tech,
11:32pétrole et souveraineté.
11:34Sylvain Goyon,
11:36c'est la lecture
11:37qu'il faut avoir
11:37du marché
11:38pour ce début d'année 2026 ?
11:40Je ne sais pas
11:41si c'est la lecture
11:42qu'il faut avoir.
11:43En tout cas,
11:43nous,
11:43c'est celle que l'on a.
11:44Pour rebondir
11:45sur ce que vient de dire Olivier,
11:47effectivement,
11:47nous aussi,
11:48nous sommes favorables
11:49sur la classe action.
11:50Olivier a rappelé
11:51les chiffres
11:51qui sont les chiffres
11:52du consensus
11:52en termes de croissance
11:53de BPA.
11:55Nous,
11:55ce qu'on constate,
11:56c'est qu'en fait,
11:56le consensus,
11:57systématiquement,
11:58en début d'année,
11:58de part et d'autre
11:59de l'Atlantique
11:59est beaucoup trop optimiste.
12:01D'accord.
12:01Et quand on fait une approche,
12:03je dirais purement macro,
12:04donc top-down,
12:05on a des chiffres
12:05de croissance de BPA
12:06qui sont positifs,
12:07mais bien moins,
12:08en l'occurrence,
12:09que ceux qui ont été évoqués.
12:11En tout début d'année ?
12:12En tout début d'année.
12:12Et qui sont revus
12:13ensuite tout au long de l'année ?
12:14Regardez,
12:14par exemple,
12:15l'année dernière,
12:16en Europe,
12:16le stock 600,
12:17on a dû commencer
12:17avec une croissance
12:18attendue à deux chiffres,
12:19on a fini à zéro.
12:21Et ça,
12:21c'est relativement classique,
12:22pas de finir à zéro,
12:23mais en tout cas,
12:24d'être très largement
12:24en dessous des chiffres
12:25de début d'année.
12:27Ce qui nous frappe,
12:27nous,
12:28c'est que lorsqu'on fait
12:29le calcul de la prime
12:30de risque du marché,
12:30c'est-à-dire le supplément
12:31de rémunération
12:32que les investisseurs demandent
12:33pour détenir un actif risqué,
12:35cette prime de risque,
12:36de part et d'autre de l'Atlantique,
12:37elle ne fait que baisser.
12:38D'accord.
12:38Ça signifie quoi ?
12:39Ça signifie finalement
12:40que les investisseurs
12:40sont très confiants,
12:41ce qui revient un peu
12:42à votre première question.
12:43Finalement,
12:43rien ne semble nous faire dévier
12:45en termes d'événements
12:47de cette préhension favorable
12:49pour les actions.
12:50Et donc,
12:50cette prime de risque
12:51qui diminue
12:51signifie finalement
12:53qu'on considère
12:53qu'il y a de la visibilité.
12:54Nous,
12:54on pense que cette visibilité,
12:56elle ne sera pas homogène
12:57sur l'ensemble du marché.
12:58D'où les thématiques.
12:59Et pour ça,
12:59il y a un certain nombre
12:59de thématiques
13:00qui semblent se détacher
13:01pour nous
13:01et qui sont effectivement
13:02des thématiques de souveraineté,
13:04que ce soit la souveraineté sanitaire,
13:06que ce soit la souveraineté énergétique,
13:08que ce soit également...
13:09Énergétique, pardon,
13:10je réagis juste dessus.
13:12Il y a quelques semaines,
13:13en fin d'année 2026,
13:14quand on parlait d'énergie
13:15et des besoins d'énergie,
13:16notamment sur les sujets
13:18d'intelligence artificielle,
13:19on parlait beaucoup
13:19d'énergie renouvelable.
13:21Est-ce que là,
13:22quand on voit
13:22que beaucoup d'entreprises américaines
13:24vont potentiellement avoir accès
13:26au pétrole vénézuélien,
13:27la thématique énergie,
13:28c'est plus du pétrole
13:29que des énergies renouvelables
13:30ou pas forcément ?
13:31Pas nécessairement.
13:32En tout cas,
13:32ce qui est important,
13:33c'est toute cette idée.
13:34Alors,
13:34quand on parle de renouvelable,
13:35on parle de tout ce qui est
13:35technologie aussi off the grid,
13:37donc avec les capacités de stockage.
13:38Et là,
13:39en fait,
13:39le problème que l'on a,
13:40c'est le coût du mégawatt-heure
13:41qui va être disponible
13:42ensuite pour l'hyperscaler
13:43et qui aujourd'hui
13:44est beaucoup plus cher.
13:46On sait que les besoins en énergie
13:47sont absolument exponentiels
13:48avec les centres de données,
13:50donc effectivement,
13:51on a besoin d'énergie.
13:52Plutôt aujourd'hui,
13:53les solutions en termes
13:55de puissance électrique installées,
13:57c'est plutôt sur des petits réacteurs
13:58modulaires qui peuvent être installés
14:00et évidemment,
14:01ça va plutôt être de ce côté-là.
14:02Toutes ces thématiques
14:03ont déjà été très largement
14:04jouées l'année dernière.
14:06Donc évidemment,
14:07ça c'est une des premières
14:08vues transversales.
14:10La seconde,
14:11c'est la santé,
14:11en l'occurrence.
14:13C'est un secteur
14:13qui a eu un parcours,
14:14je dirais,
14:15chahuté l'année dernière,
14:16très compliqué jusqu'à septembre
14:17et puis finalement,
14:18à partir de septembre,
14:18on a retrouvé de la visibilité,
14:20d'ailleurs à l'occasion finalement
14:21d'un accord entre la société Pfizer
14:22et l'administration Trump,
14:24sans rentrer dans les détails.
14:26Et là,
14:26on connaît vraiment
14:27les méga-trends
14:27qui peuvent être là
14:28et c'est un secteur
14:29qui est à la croisée
14:29de deux thématiques
14:30qui vous sont chères.
14:31Enfin,
14:31la première,
14:32c'est effectivement l'IA,
14:33la puissance de calcul
14:34et la deuxième,
14:35c'est les progrès de la biologie.
14:36Les deux se combinent
14:37et on a aujourd'hui
14:38en fait une possibilité extrême
14:40de faire des nouveaux produits
14:41qui répondent
14:42à des besoins thérapeutiques
14:43non satisfaits.
14:45Dans les thématiques
14:45qui nous plaisent,
14:46il y a aussi les small limit cap.
14:47Alors,
14:47ça peut paraître bizarre
14:48mais en l'occurrence,
14:49qu'est-ce qui nous intéresse
14:49dans les small limit cap ?
14:50C'est qu'on a une croissance
14:51qui est aujourd'hui
14:52très largement supérieure
14:53à celle de l'arch cap.
14:54Ce sont généralement
14:55effectivement aussi
14:55un segment de la cote
14:56qui bénéficient
14:58d'un assouplissement
14:59de la politique monétaire.
15:00C'est normalement le cas
15:01et c'est ce qu'on devrait voir
15:02et généralement,
15:03ça s'accompagne
15:04d'une surperformance.
15:06Donc,
15:07je dirais que
15:07quand on regarde
15:08ces phénomènes transverses,
15:10qu'est-ce qu'on cherche ?
15:11On cherche à réduire
15:11je dirais l'aléa
15:12qu'on a sur la croissance
15:13bénéficiaire future
15:14et on pense effectivement
15:15que c'est le meilleur vecteur
15:16pour pouvoir jouer
15:17une exposition
15:18au marché action.
15:19Olivier Ringer,
15:20c'est ce qu'il faut faire
15:21en 2026,
15:22il faut réfléchir par thématique
15:23pour s'assurer
15:25effectivement
15:26de profiter
15:27des moteurs de performance
15:28des marchés financiers ?
15:30C'est vrai que la thématique
15:30a un rôle assez important
15:32sur la performance
15:33des marchés.
15:33Lorsque vous regardez
15:34l'année 2025,
15:37vous constatez
15:38qu'aux Etats-Unis,
15:39vous avez deux secteurs
15:40qui ont très nettement
15:41surperformé,
15:42à savoir
15:43les services
15:43aux communications
15:44et le secteur technologique
15:46avec évidemment
15:47sous-jacent
15:48l'intelligence artificielle
15:50et en Europe,
15:51vous avez
15:52le secteur industriel
15:53avec à l'intérieur
15:54du secteur industriel
15:55le secteur de la défense
15:57et le secteur financier
15:59qui ont été
15:59des moteurs massifs
16:00de la performance
16:02des marchés européens
16:03et même de la surperformance
16:04des marchés européens
16:05en euros
16:06par rapport
16:06à leurs homologues
16:07internationaux.
16:09Pour l'année 2026,
16:11nous pensons
16:11que ces thématiques
16:13restent présentes
16:15et vont continuer
16:17de jouer un rôle
16:17assez important.
16:19Le sujet
16:19de l'intelligence artificielle
16:21pour nous,
16:21il est double.
16:23d'abord,
16:24savoir si les sociétés,
16:28ces fameux hyperscalers
16:29qui ont dominé
16:31le momentum de marché
16:33au cours de ces derniers trimestres
16:34vont continuer
16:35à jouer le même rôle
16:36au cours de cette année
16:372026.
16:38Et l'autre sujet
16:40est de savoir
16:40si l'intelligence artificielle
16:42va se diffuser
16:43dans l'écosystème
16:45et donc soutenir
16:48la croissance
16:49des résultats
16:49des entreprises
16:50et in fine
16:51avoir une situation
16:54où la participation
16:56de l'univers
16:58des indices
17:00à la hausse
17:01soit beaucoup plus large
17:03que ce qu'on a constaté
17:04au cours de l'année dernière.
17:06Pour rappel,
17:06l'année dernière,
17:07vous avez 70%
17:08des valeurs du standard
17:091.500
17:09qui sous-performent l'indice
17:11et en Europe,
17:12vous avez 60%
17:12des valeurs européennes
17:14qui sous-performent
17:15leur indice.
17:16Donc la question,
17:18c'est savoir
17:19si on va avoir
17:19une participation
17:20plus large
17:20en 2026
17:21qui peut être jouée
17:22également par
17:23le biais
17:25des Mid & Small.
17:27On n'en est pas encore
17:27tout à fait convaincus.
17:30On conserve, nous,
17:31un investissement
17:32assez important
17:33sur les thématiques
17:34qui ont fonctionné
17:34en 2025
17:36et on est attentifs
17:37à tous les signes
17:38qui nous indiqueraient
17:40que le rallye
17:41est en train
17:42de s'étendre
17:42à un univers
17:43plus large
17:44de gagnants.
17:46Très rapidement,
17:47cette surperformance
17:47des marchés européens
17:48en euros
17:49dont vous parliez
17:50il y a un instant,
17:50est-ce qu'on peut
17:51la voir continuer
17:52en 2026 selon vous ?
17:56Alors,
17:56traditionnellement,
17:58chaque début d'année,
17:59tout le monde
17:59est très boule
18:00sur l'Europe
18:00en faisant un call
18:02sur la valorisation.
18:06Il y a deux éléments
18:07à prendre en considération.
18:09La première,
18:10c'est la performance
18:11intrasèque
18:11des indices
18:12et la seconde,
18:13c'est l'évolution
18:13de l'euro-dollar.
18:16À court terme,
18:17on pense que les États-Unis
18:18peuvent faire mieux
18:18que les marchés européens
18:22parce que la thématique
18:22de l'IA
18:23nous semble devoir
18:24continuer de dominer
18:25au cours de ces prochains mois.
18:27Mais on peut avoir
18:27un changement
18:28au cours de l'année
18:29si on a une confirmation
18:30d'une restauration
18:33de cette compétitivité
18:34de l'Union européenne
18:35et si,
18:36dans le même temps,
18:36on a une pression forte
18:37sur la Fed
18:38qui fait baisser le dollar.
18:39On va s'arrêter là.
18:40Merci Olivier Rangard,
18:41Chief Investment Officer
18:42chez Neuflis OBC.
18:43Merci également
18:43Sylvain Goyon,
18:45gérant actions
18:45chez Montpensier Arbevel.
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