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  • il y a 2 jours
Mercredi 7 janvier 2026, retrouvez Malo Bourel (Responsable Affaires publiques, Mouvement Impact France) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:00L'invité de ce Smart Impact, c'est Malou Bourrel, bonjour, bienvenue, vous êtes le responsable
00:11des affaires publiques du mouvement Impact France, on enregistre cette interview alors
00:15qu'on apprend qu'on va démarrer, on démarre cette année 2026 sans budget, voilà, ce climat
00:24d'incertitude qui n'est pas nouveau, qui dure depuis 18 mois, depuis la dissolution,
00:30qu'est-ce qu'il provoque pour les entreprises ?
00:33Effectivement, ça fait maintenant plusieurs mois qu'on est dans une situation d'instabilité
00:39politique au niveau français, qui a des conséquences très concrètes sur les entreprises, sur les
00:44dirigeants d'entreprises, cette incertitude, elle a des répercussions directes sur les
00:49décisions qui sont prises par les entreprises, sur les investissements qu'elles font ou
00:54qu'elles ne font pas en ce moment, puisque quand on est dirigeant d'entreprises, on a
00:59besoin de pouvoir se projeter dans l'avenir, on a besoin d'avoir un cadre collectif qui
01:04soit partagé, qui puisse donner de la visibilité sur le court, le moyen, mais le long terme
01:09aussi, d'avoir un cap qui soit partagé.
01:12Et effectivement, la non-conclusion de la CMP aujourd'hui sur le budget...
01:19Donc la commission mixte paritaire sur le budget, député, sénateur, incapable de
01:22se mettre d'accord, ça provoque ce que, a priori, on peut y avoir des... mais ça
01:27provoque l'hypothèse d'une loi spéciale, c'est-à-dire qu'en fait, on reconduit le
01:31budget de l'année précédente, il y a des secteurs, je vais penser par exemple à l'industrie
01:35de la défense, qui dépend beaucoup de commandes de l'État, bon ben voilà, c'est des milliards
01:40d'euros qui ne viendront pas, quoi.
01:41Complètement, et ça a des conséquences sur, vous parliez du secteur de la défense, en
01:44réalité ça a des conséquences sur tous les secteurs, toutes les filières de l'économie
01:48et c'est bien regrettable.
01:50On a un enjeu aujourd'hui à retrouver un cap, retrouver une manière d'avancer ensemble
01:58et ça doit passer, au vu de la situation et de la fragmentation de l'Assemblée nationale
02:02aujourd'hui, par des compromis, par un sens de la responsabilité au niveau du Parlement
02:08européen et des décideurs politiques, parce qu'on est dans une situation où on a vraiment
02:12besoin d'avancer aujourd'hui.
02:13Alors justement, et on attend beaucoup également, vous avez commencé à l'évoquer, au niveau
02:18européen, des clarifications.
02:21Alors il y a eu un vote le 13 novembre, l'adoption de la loi dite omnibus avec un potentiel retour
02:28en arrière sur un certain nombre d'ambitions environnementales du Green Deal, du pacte vert.
02:33Bon, il y a le Trilogue, donc ces réunions des représentants des États, chefs d'État,
02:40chefs de gouvernement, du Parlement et de la Commission européenne.
02:43Est-ce qu'il y a encore de l'espoir de redonner un peu d'ambition à ce pacte vert ?
02:48Il y a toujours de l'espoir, il faut toujours garder l'espoir.
02:52En réalité, ce qu'on voit de manière générale, vous parliez d'omnibus,
02:55c'est le premier grand acte politique du nouveau mandat de la Commission européenne,
03:01du Parlement européen et du nouvel agenda européen qui, après 5-6 années de pacte vert,
03:08de grandes réglementations vraiment structurantes pour ancrer cette transition environnementale
03:15et sociale au cœur de l'économie et au cœur de la société,
03:18on a un contexte économique qui est compliqué aujourd'hui,
03:22une croissance qui est en réalité en perte de vitesse,
03:25un tissu industriel qui se délite et un nouvel agenda de la Commission européenne,
03:29en conséquence, qui vise à faire de la simplification un levier de compétitivité.
03:35En réalité…
03:37En considérant que le droit de l'environnement est celui qui complique le plus la vie des entreprises.
03:41C'est un peu, je schématise, mais pas loi.
03:44Exactement.
03:45Et ce qui est assez…
03:48Alors, la simplification en soi, ce n'est pas une mauvaise chose.
03:51Il y a quand même un consensus de manière générale dans le monde économique,
03:54quand on parle aux dirigeants,
03:55de complexité, de processus qui peuvent être parfois trop lourds.
03:59Et donc, c'est une réalité.
04:01Par contre, on ne peut pas en faire une vision politique.
04:04Il y a un enjeu de savoir qu'est-ce qu'on veut faire de cette simplification.
04:07Et c'est peut-être l'impensé aujourd'hui au niveau européen.
04:10Est-ce qu'on souhaite déréguler ?
04:13Est-ce qu'on souhaite considérer que toute norme environnementale et sociale est mauvaise par principe ?
04:18Ou alors, est-ce qu'on veut aller dans une approche du cas par cas pour considérer que peut-être sur certains processus,
04:24sur certaines procédures, on a trop de complexité et on veut…
04:28Oui.
04:28On va prendre un exemple.
04:30La CSRD, le bilan extra-financier.
04:35Bon.
04:35Si rien ne bouge, il va de fait être réservé aux très grandes entreprises.
04:40Alors, certes, là encore, l'obligation, les 800 pages, la complexité de cette réglementation, elle est réelle.
04:52Et beaucoup de chefs d'entreprise disaient que c'est trop compliqué.
04:55Mais là, on est dans un retour de balancier tel que si on réserve la CSRD aux très grandes entreprises,
05:02est-ce qu'on ne vide pas finalement cette réforme de sa substance ?
05:05C'est effectivement une bonne question.
05:07Je pense qu'il faut prendre la CSRD, prendre aussi le devoir de vigilance et voir ce qui a été fait.
05:11Oui, la CS3D, oui.
05:12Nous, depuis le début, on a alerté sur le fait que, bien sûr, il fallait aller vers un alignement,
05:20vers les réalités opérationnelles de ces réglementations.
05:22Il y avait quand même certaines lourdeurs sur la CSRD, sur le devoir de vigilance.
05:26Mais il ne fallait pas vider de sa substance, notamment les ambitions de ces réglementations.
05:30Et on alertait dès janvier, dès février, sur les risques potentiels qu'une réouverture sans étude d'impact,
05:37et sans prise en compte des nouvelles réalités politiques au Parlement européen, pouvait entraîner.
05:42Et on voit le résultat aujourd'hui avec une nouvelle alliance au Parlement européen
05:45entre une partie des libéraux, la droite conservatrice et le PPE,
05:50et les groupes d'extrême droite sur la CSRD, sur le devoir de vigilance,
05:56et sur, globalement, une grande partie, et on va voir ça aussi dans les semaines et les mois qui viennent,
06:01des textes qui ont des ambitions en matière de durabilité, de protection de l'environnement,
06:05qui a conduit véritablement à un affaiblissement stratégique de ces directives,
06:10qui sont des directives qui, pourtant, ont pour objectif de protéger nos entreprises,
06:16de les guider sur le chemin de la transition, de leur permettre d'avoir une grille de lecture commune
06:20pour mieux anticiper les risques, pour mieux piloter leurs activités.
06:24Donc, effectivement, on voit qu'il y a pas mal de choses qui n'ont pas été prises en compte
06:29au moment de la réouverture totale, et on voit aujourd'hui le résultat avec cet accord définitif
06:33qui a été validé par le Parlement européen il y a quelques jours maintenant.
06:37Oui. Il est encore temps de faire évoluer cette décision, ou c'est trop tard ?
06:43Alors, là, aujourd'hui, on est au terme du processus décisionnel.
06:47On a eu un trilogue qui a eu lieu il y a quelques semaines.
06:50Donc, logiquement, l'accord définitif va être promulgué au niveau européen.
06:56Là où c'est encore intéressant, c'est sur les indicateurs de la CSRD,
07:00donc les indicateurs environnementaux, sociaux, sur lesquels les entreprises vont devoir reporter,
07:05vont devoir faire preuve de transparence.
07:07Et on a eu une réforme qui est en cours au niveau de la Commission européenne
07:10avec un premier draft, si on peut appeler ça comme ça,
07:15qui a été publié par l'EFRA, qui doit être validé par la Commission européenne dans les prochaines semaines.
07:20Alors, l'Europe qui se présentait comme un peu le continent le mieux disant
07:25en matière de transformation environnementale
07:28est en train de faire marche arrière, en tout cas de mettre un sérieux coup de frein.
07:32Est-ce que ce n'est pas le mauvais timing alors qu'à l'inverse,
07:36la Chine est en train d'accélérer sur ces questions-là ?
07:40Et non, alors là, c'est vraiment purement et simplement de gagner des parts de marché
07:44sur tout ce qui concerne notamment les énergies renouvelables.
07:48C'est sûr, et c'est encore une fois, et on peut le déplorer,
07:51le choix globalement du court terme qui a été fait
07:54et qui est fait depuis quelques semaines au niveau européen,
07:58au niveau français aussi en réalité.
08:01Je pense que quand on parle de simplification, quand on parle de dérégulation,
08:05on passe à côté quand même d'un enjeu qui est majeur
08:08et qui devrait tous nous alerter, c'est quel modèle de société,
08:12quel modèle économique on a envie d'avoir en Europe
08:14et qui pourrait rivaliser avec ces puissances émergentes,
08:17avec la Chine, avec les États-Unis.
08:19La question en réalité, elle n'est pas très compliquée.
08:21On a globalement deux solutions.
08:23La première, c'est est-ce qu'on préfère aller vers un modèle de compétitivité
08:26qui se fonde sur le bas prix,
08:28qui se fonde sur le moins-disant écologique et social,
08:31qui favorise globalement quand même les délocalisations
08:35dans les pays où la main d'œuvre est moins chère,
08:38ou est-ce qu'on décide de faire en sorte que nos atouts,
08:42que ce qu'on sait faire de mieux en Europe,
08:44c'est-à-dire la qualité sociale, sanitaire, environnementale
08:47de nos produits et de nos services,
08:48deviennent des éléments véritablement différenciants
08:50et qu'on puisse avoir un modèle européen véritablement
08:55qui se distingue par cette exception-là.
08:58Et aujourd'hui, on est dans un entre-deux,
08:59on est vraiment au milieu du guet
09:00et on tend plutôt à aller vers cette première option
09:04plutôt que la seconde.
09:05Oui, parce qu'on a l'impression que finalement,
09:07ce sont plutôt les chefs d'entreprise qui disent
09:09attention à force de nous imposer des réglementations,
09:13notamment des réglementations environnementales,
09:15vous allez nous affaiblir à un point tel
09:17que l'économie européenne va disparaître
09:21au profit d'autres puissances mondiales.
09:24Vous, vous portez une voix dissonante d'une certaine façon,
09:27mais est-ce que ce n'est pas une voix minoritaire
09:29au sein des chefs d'entreprise en France ?
09:30Je ne sais pas si c'est une voix minoritaire
09:33dans la mesure où une norme environnementale et sociale,
09:37si elle n'apporte pas un gain de compétitivité,
09:39si elle n'apporte pas de la protection supplémentaire,
09:42notamment pour nos PME qui sont quand même confrontés
09:44à une concurrence assez déloyale
09:46de la part de concurrents extra-européens,
09:49effectivement, ça pose un problème.
09:51Nous, ce qu'on dit, c'est que justement,
09:52la transition, l'impact, l'engagement des entreprises
09:55et nos standards sociaux environnementaux,
09:57ça doit devenir, ça ne va pas être une fin en soi,
10:00mais ça doit devenir de vrais avantages compétitifs
10:02pour nos entreprises.
10:02Et si les règles sont les mêmes pour tout le monde
10:05et si ça peut procurer un avantage pour nos entreprises,
10:10je suis persuadé et on est persuadé
10:12que l'ensemble de l'écosystème économique français suivra.
10:15À condition que les clauses miroirs,
10:16elles soient vraiment appliquées,
10:18c'est-à-dire qu'on ferme le marché européen
10:20et ses 450 millions de consommateurs
10:22à des produits de Chine ou d'ailleurs,
10:25qui ne répondent pas à ces critères environnementaux
10:28dont on parle, et sociaux d'ailleurs.
10:30Il y a effectivement un sujet de réciprocité,
10:32il y a un sujet de modulation aussi,
10:35sans doute de la fiscalité,
10:37d'instaurer sans doute une forme de protectionnisme intelligent.
10:41C'est ce qui commence en réalité à être pensé
10:44au niveau européen avec la préférence européenne,
10:47avec des propositions pour faire en sorte
10:51que les chaînes de valeur européennes,
10:53que les entreprises européennes puissent être favorisées
10:56par rapport aux entreprises extra-européennes,
10:59notamment dans la commande publique.
11:00Donc on voit qu'il y a quand même un chemin,
11:02on voit qu'il y a de plus en plus un consensus
11:04quand même politique sur ces sujets-là.
11:06On l'a vu en France sur la loi Fast Fashion,
11:08où on a eu un consensus entre tous les partis
11:10du Parlement français
11:12sur la volonté d'instaurer un mécanisme de bonus-malus
11:16pour faire en sorte qu'on puisse sans doute pénaliser Chine et Tému
11:21et faire en sorte que cet argent qui soit récupéré
11:24puisse aller dans les poches
11:27et puisse soutenir l'industrie française,
11:29puisse soutenir le made in France et le made in Europe.
11:32Donc on voit qu'il y a quand même un chemin
11:33qui peut créer du consensus.
11:35Merci beaucoup Malou Bouel
11:36et à bientôt sur Be Smart for Change.
11:38On passe tout de suite à notre débat,
11:40le secteur des télécoms en question.
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