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  • il y a 23 heures
Le pétrolier battant pavillon russe était poursuivi depuis plusieurs jours par Washington. La Russie a envoyé selon la presse des navires d'escorte. L'autre navire saisi est, lui, sans pavillon, a précisé le commandement militaire américain.

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Transcription
00:00Elsa Vidal, vous avez la parole, vous la gardez.
00:02Votre choix ce soir, c'est de nous parler des pressions tous azimites qu'exerce Donald Trump.
00:06Sur nous, Européens, dans un instant, on le verra.
00:09Mais d'abord, avec cette image.
00:10Regardez cette image, c'est l'une des infos de ce mercredi.
00:13Info, je veux dire, assez stupéfiante.
00:16Les Américains, Donald Trump, a fait arraisonner ce navire que vous voyez là.
00:20Un pétrolier russe, alors qu'il y a plusieurs noms, comme à chaque fois.
00:23Il s'est appelé Marinerra, Bella.
00:24Il s'appelait le Bella, il s'appelle le Marinerra.
00:27Exactement.
00:27Il est pourchassé depuis trois semaines.
00:29Pourchassé depuis trois semaines par les Américains, qui essaient d'imposer un blocus pétrolier au Venezuela.
00:36Et là, Donald Trump et les Américains ont dit ça suffit, on va chercher ce bateau et ils l'ont arraisonné.
00:40Navire russe.
00:41Alors, pour les Américains, navire sans pavillon.
00:45Pour les Russes, navire avec un équipage russe, dont ils espèrent d'ailleurs le retour le plus vite possible à Moscou
00:52et le traitement le plus digne et le plus juste également pour les membres de leur équipage.
00:58Ce qui est intéressant, effectivement, c'est que le navire était poursuivi dans le cadre de sanctions contre le Venezuela,
01:06soupçonné de livrer pétrole et gaz à l'Iran.
01:09Ce n'était pas tourné contre là aussi.
01:11Mais le fait qu'il batte pavillon russe depuis le 24 décembre n'a pas été suffisant pour empêcher l'opération,
01:17qui était préparé de longue date puisqu'on avait vu des moyens militaires américains très conséquents se déplacer.
01:24Les Américains ne pouvaient pas non plus ignorer que les Russes soutenaient le bateau puisqu'il y avait eu des navires et un sous-marin envoyé à proximité.
01:31Alors je sais que votre tâche n'est pas simple, mais comment est-ce que vous analysez cette décision-là prise par Trump et par l'administration américaine,
01:38à destination des Russes notamment ?
01:39Une projection de puissance, c'est ce à quoi l'administration américaine se livre depuis des semaines.
01:45Projection de puissance tous azimuts, affirmation d'une suprématie qu'ils pouvaient avoir perdue ou qu'ils avaient laissé entendre,
01:53qu'ils avaient perdu, qu'ils étaient prêts à diluer leur pouvoir.
01:56En réalité, Trump est là pour réaffirmer que l'Amérique est de retour et elle va tout écraser.
02:01Tout et tous.
02:02Une espèce de tapis de bombe généralisé.
02:04Il y a eu l'expédition Maduro au Venezuela.
02:07Les menaces Groenland.
02:08Les menaces Groenland, effectivement.
02:10Le Groenland, Trump, la Maison Blanche.
02:13Le dossier n'est pas fermé.
02:13Il dit aujourd'hui qu'on pourrait racheter le Groenland.
02:15Absolument.
02:16C'est une des possibilités.
02:17Ce serait non coercitif, on pourrait le racheter, puisque de toute façon on paye déjà depuis longtemps pour la défense.
02:21Et autre manière de faire pression, et cette fois-ci directement sur nous, et notamment directement sur la France.
02:26Absolument.
02:27Ça concerne des magistrats français, notamment un juge français à la Cour pénale internationale,
02:32qui se retrouve dans une situation très particulière parce que sanctionnée par les Américains.
02:36Exactement.
02:36Ce sont des personnalités européennes et un juge français, Nicolas Caillou, qui est juge à la CPI, la Cour pénale internationale,
02:45est placé depuis août dernier sous sanctions américaines.
02:48Il l'a été par Donald Trump avec un décret.
02:51Pourquoi ? Parce qu'il a permis la signature du mandat d'arrêt de Benyamin Netanyahou,
02:56le premier ministre israélien et de son ancien ministre de la Défense, Yoav Galante.
03:01Et depuis cette date-là, Nicolas Caillou vit dans un régime quasiment d'exception.
03:07Il est coupé, vous allez voir, de toutes les applications dont nous avons l'habitude de faire notre quotidien,
03:13c'est-à-dire pour le plaisir Amazon, se faire livrer, Uber pour se déplacer, Airbnb ou Expedia pour partir en vacances,
03:20Netflix pour regarder et surtout, plus de cartes, plus de cartes bancaires.
03:26La carte Visa terminée.
03:27Visa, Mastercard, American Express, ce sont des moyens américains.
03:30Ça veut dire que quand les Etats-Unis décident de sanctionner ce magistrat-là, pour les raisons que vous avez évoquées,
03:34il ne peut plus aller aux Etats-Unis, on en avait beaucoup parlé avec Thierry Breton, ça en avait parlé.
03:38Mais ça veut dire que tous les services que l'on voit là, lui sont coupés.
03:42C'est-à-dire qu'il raconte, ce juge, qu'il a dû faire une commande Expedia pour commander un voyage,
03:48la commande se passe bien, et deux heures plus tard, il reçoit un mail pour dire
03:51« Attendez, il y a des sanctions contre vous, donc on retire ce voyage ».
03:54Absolument, c'est le principe de l'extraterritorialité des mesures de sanctions américaines, c'est un rouleau compresseur.
04:00Et Nicolas Guillou dit bien qu'être sous sanction, c'est être renvoyé dans les années 90,
04:07c'est en pratique ne plus être capable de faire du commerce en ligne,
04:11mais aussi être interdit bancaire sur une bonne partie de la planète.
04:15Alors, il s'en accommode, il n'est pas impressionné, mais cela lui crée des ennuis continus au quotidien.
04:21Et alors, en particularité, ce magistrat-là pourrait prochainement être rejoint par d'autres juges français.
04:26Oui, c'est le cri d'alarme qui a été lancé par le président du tribunal judiciaire de Paris,
04:31Perman Gallet Marsban, après la parution d'un article du Spiegel,
04:35c'est-à-dire l'hebdomadaire allemand dans sa version magazine, pas dans la version en ligne.
04:40Une qui titrait donc « Ce gouvernement est capable de tout ».
04:44Et dans cet article, on pouvait lire que les fonctionnaires américains proches de la Maison-Blanche
04:50avaient envisagé et envisagé toujours de sanctionner des personnalités européennes
04:54si elles se prononçaient contre la participation aux élections de partis d'extrême droite.
05:00Là, il y avait en Allemagne, mais l'ERN et Marine Le Pen en France.
05:04Et c'est ce qui a poussé le président du tribunal judiciaire de Paris à lancer un cri d'alarme
05:09en disant « Si de tels faits étaient avérés ou venaient à se produire,
05:13ce serait une ingérence inacceptable et intolérable dans les affaires internes de la France ».
05:19Et c'est vrai qu'il y a un an, on n'aurait vraiment pas cru ça possible,
05:22mais depuis cette présidence, depuis cette première année de présidence Trump,
05:25eh bien, ça semble plutôt plausible.
05:28Plausible. L'ERN dit ce soir « Info douteuse ».
05:30Oui, l'ERN dit ce soir « Info douteuse » et même « Tentative » finalement de faire pression
05:35sur la formation judiciaire.
05:36Oui, parce qu'il y a le procès de Marine Le Pen en appel qui s'ouvre la semaine prochaine.
05:39Exactement, qui se tiendra du 13 janvier au 12 février.
05:43Donc la prise de parole du président du tribunal judiciaire de Paris a fait réagir l'ERN.
05:48Mais il y a quand même deux éléments qui plaident en la faveur de l'inquiétude.
05:50D'une part, le procès commence très très prochainement,
05:53mais surtout, surtout, l'année dernière, quand le RN et Marine Le Pen avaient été condamnés en première instance,
06:00Donald Trump avait réagi immédiatement par un poste incendiaire,
06:05disant qu'il fallait libérer Marine Le Pen, free Marine Le Pen,
06:10et parlant même d'une chasse aux sorcières contre la dirigeante,
06:14qui est un nouvel exemple de la façon dont les gauches européennes utilisent le droit
06:18pour empêcher la liberté d'expression.
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