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Jean-Marc Morandini et ses chroniqueurs décryptent l'actualité des médias dans #MorandiniLive

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00:00:00Musique
00:00:00Édition spéciale de Morandini Live, nous sommes le jeudi 8 janvier 2026, Morandini Live numéro 1780 sur CNews, première chaîne d'info de France, bonjour et bienvenue en direct, nous sommes place de l'étoile puisque vous le savez dans la nuit les agriculteurs sont finalement parvenus à entrer dans Paris avec plusieurs tracteurs,
00:00:25certains ont réussi à se rapprocher des lieux les plus symboliques de la capitale, vous voyez on est juste au pied de la place de l'étoile, au pied de l'arc de Triomphe, des engins sont présents ici, vous les voyez également derrière moi,
00:00:39après avoir contourné les contrôles qui étaient installés aux entrées de la ville, d'autres sont également dans d'autres lieux parisiens, la préfecture avait pourtant interdit la présence des tracteurs dans ces zones sensibles,
00:00:51mais une partie des manifestants a donc pu passer, il y a eu plusieurs interpellations au fil de la nuit afin d'empêcher les convois de se disperser dans la ville,
00:01:00on parle d'une vingtaine d'interpellations et d'une vingtaine d'agriculteurs qui seraient en garde à vue, dans le même temps ce matin le gouvernement hausse le ton puisque la situation qu'on voit n'est pas acceptable,
00:01:11c'est ce qu'a déclaré la porte-parole du gouvernement Maude Bréjon assurant que le gouvernement a lui toujours été dans le dialogue avec les organisations syndicales,
00:01:19des propos qui font évidemment beaucoup réagir ici puisque le gouvernement continue à affirmer que les échanges existent,
00:01:27nous allons parler avec les agriculteurs qui voulaient bien sûr frapper un grand coup symbolique pour dénoncer leurs difficultés avec une situation qui reste sous étroite surveillance,
00:01:37nous sommes ici mais nous sommes également dans plusieurs lieux, vous allez voir nos envoyés spéciaux qui sont dans plusieurs endroits stratégiques en Ile-de-France,
00:01:46et puis nous serons avec de nombreux invités qui vont venir ici, nous serons également avec Franck Tapirot,
00:01:53communiquant avec Pierre-Henri Bovis qui est avocat, avec Jordan Florentin de reporter,
00:01:57nous serons avec Mimas Inissa Houssin qui est conseiller municipal d'hiver gauche,
00:02:01et puis également nous serons avec Thomas Bonnet qui va nous rejoindre, place de l'étoile,
00:02:06et puis nous ferons un point donc en direct avec tous nos envoyés spéciaux.
00:02:11Auparavant je voudrais quand même vous montrer un peu caler la situation ici,
00:02:15vous voyez il y a ces tracteurs qui sont installés, tracteurs qui sont installés autour de la place de l'étoile,
00:02:24et puis il y a également des tracteurs qui sont au nombre d'une vingtaine à peu près,
00:02:31que vous pouvez découvrir en ce moment même,
00:02:35et derrière, juste derrière, c'est la place de l'étoile qui elle, en revanche, on peut circuler tranquillement,
00:02:43tout se passe dans de bonnes conditions, c'est vrai que l'ambiance est plutôt sympathique pour l'instant,
00:02:49et il y a en revanche un cordon de policier qui est derrière, si on se retombe vous allez pouvoir voir ce cordon de policier
00:02:58qui est juste derrière, avec ces camions de CRS qui entourent la place de l'étoile
00:03:06pour éviter que l'on puisse approcher des Champs-Elysées,
00:03:10puisque ce que redoutent bien évidemment les autorités, c'est que les tracteurs tout à coup se rendent vers les Champs-Elysées.
00:03:15On va retrouver, pour commencer, Tankred, qui est l'envoyé spécial de CNews que vous suivez depuis ce matin.
00:03:21Bonjour Tankred, vous nous avez fait vivre depuis ce matin ce qui se passe ici.
00:03:25D'abord, à quelle heure sont arrivés les agriculteurs et quelle est l'ambiance depuis ce matin ?
00:03:31Écoutez, les premiers agriculteurs, ils sont arrivés ici vers 6h, environ une quinzaine de tracteurs dans un premier temps,
00:03:37et on a ensuite vu en arriver 2-3 autres, plutôt vers 8h du matin.
00:03:42Le dispositif de sécurité était déjà mis en place, et les CRS les ont laissés rentrer ici de manière pacifique,
00:03:49au son des klaxons, mais pour l'instant, l'ambiance, vous l'avez dit, est très pacifique.
00:03:54Ici, en tout cas, il n'y a pas eu d'affrontement avec les forces de l'ordre.
00:03:56Il n'y a pas d'affrontement, et au contraire, parce que moi j'ai vu des agriculteurs qui parlaient de façon très sympathique
00:03:59avec les policiers, chacun échangé sur son expérience, sur sa façon de vivre.
00:04:03On a le sentiment qu'on va dire qu'ils se comprennent, en fait.
00:04:07Ces deux mondes, à la fois celui des CRS qui sont là et celui des agriculteurs,
00:04:11c'est deux mondes qui se comprennent.
00:04:13Exactement, ce qu'on a vu plus tôt, ça a été cet échange, notamment, entre Aurélie Trouvé
00:04:17et des représentants de la coordination rurale ici.
00:04:21Un échange où on sent que les agriculteurs en veulent plus au gouvernement,
00:04:26aux élus de manière générale, de ne pas être entendus.
00:04:30Ils leur demandaient, notamment, de s'accorder sur ces sujets,
00:04:33que ce soit sur les aides à donner aux agriculteurs,
00:04:38également sur ces sujets comme le Mercosur pour le gouvernement.
00:04:42Donc c'était plus ça, ce point d'achoppement.
00:04:44Merci Tancred, merci de nous avoir fait vivre tout ça depuis ce matin.
00:04:48On va demander justement à un agriculteur qui est là.
00:04:51Bonjour monsieur.
00:04:52Merci d'être là.
00:04:54Vous venez d'où ?
00:04:54La Haute-Vienne.
00:04:56Vous êtes venu avec quelle intention à Paris ?
00:04:59L'intention de se faire entendre, l'intention de porter nos revendications et se faire entendre ici.
00:05:05C'est loin de chez nous, c'est à peu près 15 heures de route.
00:05:11On a autre chose à faire chez nous, mais malheureusement, il fallait venir ici.
00:05:16L'idée c'est quoi ? C'est de se faire entendre par le gouvernement ou d'essayer d'expliquer aussi à la population ?
00:05:20Parce que j'ai vu que vous parlez beaucoup également avec les Parisiens que vous croisez.
00:05:24Vous essayez de leur expliquer quelles sont vos revendications.
00:05:26Ils sont curieux, ils ont envie de comprendre, ils ont envie de savoir.
00:05:32Oui, c'est aussi important de leur expliquer pourquoi on est là, mais c'est aussi important d'expliquer au gouvernement pourquoi autant de trajecteurs ont convergé vers Paris.
00:05:40Ce n'est pas pour faire des photos, ce n'est pas pour faire de l'image.
00:05:43Il y a une raison.
00:05:45Ça va très très mal dans notre métier, quand on est en train de traverser une crise sans précédent, c'est grave.
00:05:52Et on sait que la situation est très compliquée pour vous. Vous m'avez dit que vous avez mis 15 heures pour venir ?
00:05:57À peu près, oui. Je dirais qu'on a roulé 6 heures hier soir, on avait roulé 10, peut-être même plus.
00:06:03On a fait en deux fois, donc oui, peut-être 15, 16 heures en tout.
00:06:06Et aujourd'hui, qu'est-ce qui fait que vous pourrez partir ? Qu'est-ce qui fait que vous accepterez de partir d'ici ?
00:06:12Je pense qu'on n'aura pas trop le choix. D'ici peu, on va peut-être nous bousculer, nous demander de partir ou alors nous chasser de là.
00:06:20On aimerait que nos dirigeants qui sont à l'Assemblée nationale actuellement, on aimerait qu'ils soient entendus, écoutés, qu'ils sortent de là avec des réponses concrètes,
00:06:29avec quelque chose pour apaiser un peu les tensions, qu'enfin ce gouvernement nous écoute.
00:06:35Ça fait à peu près, on va dire, depuis que Macron existe en tant que président, qu'on a été trahi à chaque fois.
00:06:40Donc, je ne sais pas. Honnêtement, moi je suis là, je suis un peu au bout du rouleau.
00:06:45Mais il fallait faire quelque chose. J'ai emmené des mecs avec moi, j'ai emmené du monde avec moi là.
00:06:50Nous, franchement, on n'a pas envie de rentrer sans rien.
00:06:55On vous sent un peu désespéré ?
00:06:57Oui, vous savez, j'ai autre chose à faire que de venir à Paris, comme je disais tout à l'heure.
00:07:02Mais oui, je suis désespéré. Mais en même temps, j'ose espérer que mes supérieurs, au niveau syndical, ressortent d'Assemblée avec quelque chose pour nous.
00:07:14Vous me dites que je suis venu avec du monde, vous êtes venu avec d'autres agriculteurs, c'est ça, qui sont là aussi.
00:07:18Et eux pensent quoi de la situation ? Ils pensent qu'il va y avoir une solution ou alors ils sont plutôt défaitistes ?
00:07:26Vous savez, ça fait depuis des années qu'on milite. On est venu en 2024, à peu près la même période, bloquer Rangis.
00:07:33Enfin bloquer, c'est un grand mot. On s'est fait enlever. Ils étaient à peu près dans le même état d'esprit.
00:07:39On avait plus ou moins les mêmes revendications, les mêmes problèmes. Quelques détails près.
00:07:44Mais si tu vois, ça s'aggrave d'année en année. Les mecs sont au bout du rouleau.
00:07:50Il y a 75% des paysans en France qui sont en grande difficulté financière.
00:07:55C'est réel. Quand nos bilans comptables peuvent le prouver, la MSA peut nous le dire.
00:08:01Ce n'est pas des conneries. Les mecs sont au bout du rouleau.
00:08:02Et vous savez que les Français, dans la grande majorité, sont avec vous.
00:08:05Les Français vous soutiennent. Ils comprennent votre combat.
00:08:08Mais c'est vrai qu'on se demande comment s'en sortir.
00:08:10Parce qu'aujourd'hui, il y a l'Europe qui est tellement puissante.
00:08:12Il y a ce fameux Mercosur qui va être signé aujourd'hui.
00:08:15Enfin, c'est un secret de polichinelle que de dire qu'il y a une chance que ce ne soit pas signé.
00:08:20Ça va être signé. C'est quasiment sûr.
00:08:22Donc, qu'est-ce que vous demandez concrètement ?
00:08:23C'est ce qu'on a du mal à comprendre.
00:08:25C'est qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui concrètement ?
00:08:28Quel type de décision ? Vous l'avez dit.
00:08:30Vos représentants syndicaux sont partis à l'Assemblée nationale.
00:08:33Ils sont en train de discuter.
00:08:34Mais ils vont revenir avec quoi ?
00:08:37Vous savez, ce pays, il y a 10, 15 ans, 20 ans en arrière, c'était un grand pays agricole.
00:08:43Aujourd'hui, on est en train de chuter au niveau mondial.
00:08:47Nous, on sait produire.
00:08:49Par contre, en France, on a beaucoup trop d'organismes qui gravitent autour de l'agriculture.
00:08:54Mais qui contrôlent l'agriculture, qui prennent la déproduction et qui nous entravent tous les jours.
00:09:04Nous, ce qu'on aimerait, ce qu'on a apporté, ce sera des économies à l'État.
00:09:08C'est de supprimer quelques agences et tout irait mieux pour nous.
00:09:13Moins de contrôle, un peu moins de contrôle.
00:09:15Et on serait plus productif.
00:09:18Et avec un peu plus de production, on pourrait gagner légèrement un peu plus d'argent.
00:09:22Juste de quoi vivre, de quoi exister.
00:09:23On ne va pas être millionnaire.
00:09:25Et on aimerait juste exister, vivre et continuer dans notre métier.
00:09:30De pouvoir transmettre à des générations qui nous suivent.
00:09:33C'est aussi simple que ça, en fait.
00:09:35Vivre de son métier, ce qui paraît évident.
00:09:37Et aujourd'hui, c'est impossible dans la situation.
00:09:39Par exemple, vous, vous gagnez quoi à la fin du mois ?
00:09:42Très peu, très peu.
00:09:42Et si j'ai 5 ou 600 euros en fin de mois, je suis content.
00:09:465 ou 600 euros ?
00:09:47Et vous travaillez combien d'heures ?
00:09:4970, 75 heures par semaine.
00:09:53Et qu'est-ce qui fait que vous continuez ?
00:09:55C'est la passion.
00:09:57Mais au bout d'un moment, la passion, ça ne fera pas le tout.
00:10:01Je suis la 7e ou 8e génération.
00:10:03Mais si les choses ne s'améliorent pas, je serai obligé d'arrêter un jour.
00:10:09Vous avez des enfants ?
00:10:10Je n'ai pas encore d'enfants.
00:10:11Si vous aviez des enfants, vous leur conseillerez de faire ce métier ?
00:10:14Ou vous leur diriez, va faire autre chose ?
00:10:16Si, non.
00:10:17Si ça continue comme c'est lancé actuellement, non, je leur dirais de faire autre chose.
00:10:20Clairement, oui.
00:10:22Merci beaucoup et bon courage à vous.
00:10:24Effectivement, on va continuer à se déplacer, bien évidemment.
00:10:27Je vous propose d'écouter Maude Bréjean.
00:10:30Maude Bréjean, qui est la porte-parole du gouvernement.
00:10:33Vous le savez, elle était ce matin chez nos confrères de France Info.
00:10:35Elle a tenu des propos qui, effectivement, font beaucoup réagir.
00:10:40Puisqu'elle, elle affirme que depuis le début, c'est le dialogue.
00:10:42Et que la situation actuelle est inacceptable.
00:10:45C'est ce qu'elle a dit.
00:10:46Et forcément, il y a beaucoup de réactions autour de ces propos.
00:10:48Écoutez Maude Bréjean.
00:10:49Il y a un cadre prévu pour les manifestations qui s'applique à tout le monde.
00:10:54Vous déclarez une manifestation.
00:10:56Cette manifestation peut être interdite si elle contrevient à l'ordre public.
00:11:00Mais en tout état de cause, on a laissé, je pense, avec une forme de bienveillance,
00:11:04en tout cas avec du dialogue, avec de la mesure, les expressions se faire.
00:11:08Mais bloquer partiellement la 13, comme c'est le cas ce matin,
00:11:12ou tenter de venir devant l'Assemblée nationale avec toute la symbolique que ça induit,
00:11:17c'est encore une fois illégal.
00:11:19Et donc, je le redis, le ministre de l'Intérieur ne laissera pas faire.
00:11:26Voilà, Maude Bréjean qui affirme que le ministre de l'Intérieur ne laissera pas faire.
00:11:29Tanguy Amon, bonjour.
00:11:31Merci d'être avec nous.
00:11:32Vous êtes le journaliste du service police-justice de CNews.
00:11:36C'est vrai qu'on se dit qu'il y a beaucoup de forces de l'ordre.
00:11:39Mais le ton qui a été employé par Maude Bréjean est un peu étonnant
00:11:41par rapport au dispositif qui est mis en place.
00:11:43Oui, c'est vrai qu'au final, l'ambiance est plutôt bon enfant.
00:11:47Depuis ce matin, les CRS, on les voit.
00:11:50Alors évidemment, ils sont équipés avec leurs jambières, avec leurs plastrons.
00:11:53Mais on ne voit pas de casse sur la tête, pas de bouclier à la main.
00:11:57De toute façon, que ce soit dans un camp ou dans l'autre,
00:11:59il n'y a aucun intérêt pour les deux à ce que ça dégénère.
00:12:02Les policiers, évidemment, n'ont pas intérêt à commettre des violences
00:12:06ou à aller au contact des agriculteurs.
00:12:08Ça ferait une très mauvaise image.
00:12:09Et inversement, les agriculteurs n'ont pas non plus intérêt à aller au contact des policiers.
00:12:14On les voit avec leurs tracteurs.
00:12:15Ils savent que le rapport de force est plutôt de leur côté
00:12:18parce que la police n'a pas de véhicule blindé.
00:12:20Donc c'est vrai qu'avec leurs tracteurs, ils peuvent au final un peu décider de ce qu'ils vont faire.
00:12:25Le but pour les CRS, on est devant l'Arc de Triomphe,
00:12:27c'est de maintenir ces tracteurs à cet endroit,
00:12:30éviter qu'ils aillent vers les endroits sensibles de la capitale.
00:12:34On pense à l'Elysée qui est juste à côté, à Matignon.
00:12:36Il y a l'Elysée, c'est pour ça qu'on voit là, en fait,
00:12:39pour que les gens comprennent bien, on est juste en haut des Champs-Elysées.
00:12:42Et c'est pour ça qu'il y a tous ces camions de CRS qui sont là
00:12:45pour bloquer l'accès aux Champs-Elysées.
00:12:47Évidemment, vous avez tous les tracteurs qui sont là.
00:12:49Vous avez l'Elysée, vous avez l'Assemblée nationale,
00:12:52le Sénat derrière qui est dans ce sens-là.
00:12:54Là, le but, c'est vraiment d'éviter que les tracteurs puissent prendre les Champs-Elysées,
00:12:58descendent vers le cœur de la capitale pour aller dans les endroits sensibles.
00:13:01Pour le moment, de ce qu'on sait, c'est qu'il y a quelques petites tensions
00:13:04au niveau de la porte d'Auteuil, qui n'est pas très loin derrière nous.
00:13:07Il y a une cinquantaine de tracteurs qui essayent de rejoindre leurs collègues ici.
00:13:11Là, dans ce cas-là, la situation pourrait se tendre beaucoup plus.
00:13:13Mais pour le moment, de ce qu'on nous dit, c'est que la situation est plutôt sous contrôle.
00:13:19On a entendu parler de quelques interpellations.
00:13:22La police ne nous confirme pas ça pour le moment.
00:13:24La situation, pour le moment, est plutôt calme.
00:13:26On va continuer à voir avec vous le dispositif.
00:13:28Restez là, mais on va partir à Virichatillon,
00:13:31où on va rejoindre Mathilde Ibanez, qui est sur place.
00:13:33Quelle est la situation sur place, Mathilde ?
00:13:39La situation sur place, elle est extrêmement compliquée.
00:13:42Nous, on se trouve avec Stani, qui est agriculteur,
00:13:44qui est spécialisé dans les céréales, mais également les légumes de plein champ.
00:13:49Bonjour, merci d'être avec nous.
00:13:51Vous venez d'où ?
00:13:52Et finalement, aujourd'hui, quelle est la situation ?
00:13:54Moi, je viens d'Elande.
00:13:56Et là, aujourd'hui même, on est bloqué à Virichatillon depuis 5h30.
00:14:04Un long périple pour venir ici, pour être bloqué.
00:14:06L'objectif, on sait que c'était donc Paris.
00:14:09Quelles sont les revendications ?
00:14:10À la base des revendications, c'est la DNC, à la base, qui touche les éleveurs.
00:14:16Et bien sûr, le Mercosur, les normes, l'eau,
00:14:19enfin tous les soucis de l'agriculture qu'on connaît depuis des années.
00:14:24Des soucis, vous le disiez, depuis des années, ça fait déjà deux ans qu'on vous suit sur le terrain.
00:14:29Deux ans qu'on entend les mêmes revendications.
00:14:32Le moral, aujourd'hui, il est comment ?
00:14:34Là, on est très déçus, on est très fatigués.
00:14:37On aurait voulu finir un final sur les Champs-Elysées ou la Tour Eiffel, faire une belle photo.
00:14:43Malheureusement, ce n'est pas possible.
00:14:44Et bon, là, tout le monde est très fatigué, très désabusé et très fatigué.
00:14:52Justement, vous, la suite, qu'est-ce que c'est ?
00:14:55Vous nous disiez que vous avez commencé finalement votre carrière en manifestation et vous allez la terminer ?
00:15:00En manifestation, oui.
00:15:01J'ai commencé avec les manifs CR en 90 ou 12, je ne me rappelle plus.
00:15:06Pour pareil, les normes, le chiffre d'affaires, tout.
00:15:11Et puis, je vais finir ma carrière avec quasiment les mêmes, plus la maladie pour les élevages.
00:15:16Et là, on voit que malheureusement, vous êtes bloqué, vous ne pouvez pas aller à Paris.
00:15:19Est-ce qu'il va y avoir d'autres mobilisations, d'autres manifestations à prévoir ?
00:15:23Alors, nous, là, on est un peu coincés, je vous dis, on est un peu démoralisés.
00:15:28L'important pour nous, c'est de récupérer les tracteurs et puis de partir d'ici.
00:15:33Et puis après, on verra.
00:15:34Mais le gros souci, c'est pour nos collègues qui ont les tracteurs et qui veulent saisir.
00:15:40On est en négociation pour que ça se passe bien.
00:15:44On sent en tout cas la fatigue, que ce soit vous ou même les autres agriculteurs qui sont mobilisés.
00:15:49En tout cas, merci beaucoup d'avoir été avec nous.
00:15:51Vous l'avez compris, ici, la situation, elle est particulièrement compliquée.
00:15:54Alors, il y a quelques agriculteurs que nous avons pu suivre sur l'assise qui ont pu aller jusqu'à Paris
00:15:59puisqu'ils étaient véhiculés avec une voiture.
00:16:03Mais tous les tracteurs qui se trouvent derrière nous, eux, ont interdiction de partir pour l'instant.
00:16:09Et ici, le moral des agriculteurs, vous l'avez entendu, est au plus bas.
00:16:16Merci beaucoup Mathilde.
00:16:18Et c'est vrai que c'est un peu la même chose ici.
00:16:19On parle avec des agriculteurs, vous l'avez entendu peut-être, ici aussi.
00:16:23Et c'est exactement la même chose.
00:16:24Le moral est au plus bas.
00:16:25Ils sont fatigués, ils sont épuisés.
00:16:28Pendant qu'on marche, on est en train de voir le dispositif policier sur la gauche qui a été mis en place.
00:16:34Tanguy, est-ce qu'on a une idée du dispositif policier tel qu'il a été organisé et mis en place par les forces de l'ordre ?
00:16:40Oui, il y a une quinzaine de compagnies de CRS qui ont été déployées depuis cette nuit dans les rues de la capitale.
00:16:46Essentiellement, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, à proximité des lieux stratégiques.
00:16:51Assemblée nationale, Sénat, ministère de l'Agriculture, Matignon, Élysée.
00:16:56Cour de Vincennes aussi, un lieu assez stratégique puisque c'est la place de la nation.
00:17:01Une quinzaine de compagnies.
00:17:02Il faut compter à peu près une centaine, parfois un peu plus, parfois un peu moins de policiers qui sont vraiment mobilisables sur le terrain.
00:17:09Ce qui fait environ 1500 CRS dans les rues de la capitale.
00:17:14Je vous parlais tout à l'heure de l'absence de véhicules blindés pour les forces de police.
00:17:18Il faut savoir que ce n'est pas le cas pour la gendarmerie.
00:17:20La gendarmerie a ce qu'on appelle les centaures, ces énormes véhicules blindés qui tirent des grenades lacrymogènes.
00:17:25Il y en a trois qui sont en réserve autour de la capitale.
00:17:29Pour le moment, ils vont plutôt en direction de Rungis pour éviter évidemment que le marché de Rungis ne soit bloqué.
00:17:34Mais il faut savoir qu'il y a à peu près 1000-1500 CRS dans les rues de la capitale, des centaures aux réserves.
00:17:41Il y a aussi une dizaine de compagnies qui sont en réserve si jamais la situation venait à dégénérer.
00:17:46Tout à fait.
00:17:47Vous voyez en ce moment à l'image pendant qu'on parle, vous voyez également ce qui se passe à l'Assemblée nationale
00:17:52puisqu'il y a un rassemblement que vous voyez sur votre écran.
00:17:55Un rassemblement qui a lieu à l'Assemblée nationale où se trouvent plusieurs syndicalistes.
00:17:59On continue.
00:18:00Merci Tanguy.
00:18:01Vous regarderez tout à l'heure nous expliquer encore la situation.
00:18:03On continue à vous montrer le dispositif tel qu'il est installé ici.
00:18:08Vous voyez par exemple ce tracteur qui est là, ce tracteur avec ce panneau qui indique
00:18:14« France, veux-tu encore de tes paysans ? »
00:18:17C'est vraiment la question qui se pose aujourd'hui et c'est assez symbolique en effet
00:18:22de voir ce type d'affirmation et ce type de question.
00:18:26Je vous le rappelle, on est en direct.
00:18:27On est au pied de la place de l'Étoile ici et on va continuer à découvrir ce qui se passe au pied de cette place.
00:18:37On va écouter des agriculteurs en colère parce qu'il y a Paris bien évidemment,
00:18:42mais il y a plusieurs villes de France où les incidents et en tout cas où les agriculteurs sont mobilisés sans incidents globalement.
00:18:48Même si des agriculteurs menés par la coordination rurale se sont rassemblés à Viabon qui est une ville située au nord d'Orléans.
00:18:55Ils ont décidé de forcer un barrage de gendarmerie cette nuit pour continuer à avancer.
00:19:00Je vous propose de regarder ce reportage des équipes de CNews.
00:19:02C'est un barrage qui oppose force des gendarmeries aux agriculteurs.
00:19:14Hier soir, impossible pour ces derniers de rejoindre Paris qui se trouve à une centaine de kilomètres.
00:19:19Mais après plusieurs heures d'attente, une dizaine de tracteurs décident de forcer le barrage en coupant à travers champ.
00:19:25On espère que tout va bien se passer pour la suite et qu'ils ne vont pas se faire bloquer, mais en tout cas on va tout faire pour.
00:19:30Plus tôt dans la journée, 5 agriculteurs ont été placés en garde à vue pour refus d'obtempérer.
00:19:35Certains sont très choqués par ces arrestations.
00:19:37Quand on voit les moyens mis par l'Etat pour qu'on n'arrive pas à Paris à porter nos revendications, je trouve ça scandaleux.
00:19:44S'ils mettaient autant de moyens à trouver des solutions pour le monde agricole, l'agriculture serait sauvée, sauf que ça ne les intéresse pas.
00:19:53Malgré l'interdiction des autorités de se rendre à Paris, certains estiment cette action indispensable pour faire entendre leurs revendications.
00:19:59On en a marre parce qu'on a plein de problèmes, mais en plus on ne se fait pas entendre.
00:20:03Alors au bout d'un moment, on fait un peu de la provocation parce qu'on n'aime plus que ça.
00:20:08Et on va tout tenter pour essayer d'avoir des réponses.
00:20:11Hier soir, un porte-parole de la coordination rurale a indiqué que plusieurs centaines de tracteurs étaient aux portes de la capitale
00:20:17pour venir porter la voix des agriculteurs aujourd'hui.
00:20:19Retour en direct, Place de l'Étoile, donc pour cette édition spéciale de Morandine, consacrée à la mobilisation des agriculteurs.
00:20:30Et ce qui est intéressant, c'est que quand on parle avec les gens ici, il y a certaines professions qui n'ont rien à voir avec les agriculteurs,
00:20:35mais qui sont là. On a Laurent, par exemple, qui est avec nous. Bonjour Laurent. Vous, vous êtes VTC ?
00:20:39Bonjour, enchanté. Exactement.
00:20:40Et pourquoi vous êtes là alors ?
00:20:42Alors, en soutien aux agriculteurs, parce qu'on pense que c'est une corporation importante dans la société, qui souffre énormément.
00:20:49En même temps, nous, on a un collectif de chauffeurs. Donc nous, on vient soutenir. On a appelé à venir soutenir les agriculteurs.
00:20:55En même temps, on a des revendications depuis un bon moment maintenant.
00:20:58Uber, notamment l'application majoritaire qui a le Monopole, a mis maintenant des commissions jusqu'à 45% en fonction des courses.
00:21:05A savoir que la facture est au nom de notre société.
00:21:08Donc l'État considère qu'on doit être taxé sur 100% de la facture, quelle que soit la commission.
00:21:13Donc nous, on ne supporte plus. Il n'y a aucune régulation à l'entrée.
00:21:17Ça veut dire que, sans entrer dans les détails, mais ça veut dire que vous espérez, en fait, une union des luttes ?
00:21:22En fait, c'est ce que vous aimeriez ?
00:21:24De toute façon, s'il n'y a pas de convergence, on va tous rester divisé.
00:21:26Donc nous, on vient soutenir en espérant que ce soit réciproque et qu'on puisse faire monter un peu plus nos revendications.
00:21:32Parce que nous, ça fait un mois qu'on bloque Orly. Toutes les courses VTC, applications, on les annule pour que les clients se plaignent sur Uber.
00:21:38Qu'il y ait des remontées à ce niveau-là, même si c'est une goutte d'eau dans l'océan.
00:21:42Mais cette convergence des luttes, on a le sentiment que vous avez du mal quand même à la faire.
00:21:46Bien sûr. Nous, on a été invités gentiment par les agriculteurs. On vient avec nos revendications également.
00:21:51On a un message. Le point commun avec les agriculteurs pour nous, c'est qu'on est victime d'un abus de pouvoir.
00:21:56Ce n'est pas le même abus, ce n'est pas le même pouvoir, mais on reste des victimes.
00:21:59Écoutez, en tout cas, on vous a donné la parole et c'est important.
00:22:03Merci beaucoup. On va partir. Porte d'Auteuil, tout de suite en direct.
00:22:06On rejoint Anaïs Bauché qui est sur place. Quelle est la situation ? Porte d'Auteuil, Anaïs.
00:22:13Alors oui, en effet, nous sommes Porte d'Auteuil où près de 150 agriculteurs qui se trouvent juste derrière moi,
00:22:19donc de la coordination rurale, se sont rassemblés.
00:22:22Donc la route est actuellement bloquée par une cinquantaine de leurs tracteurs.
00:22:25C'est un des accès qui mène à l'autoroute A13, donc un accès routier majeur et du coup très symbolique,
00:22:31puisqu'ils l'ont choisi pour justement faire entendre leur voix.
00:22:35Les agriculteurs que nous avons rencontrés sont assez remontés.
00:22:38Ils ont scié des arbres qui sont tombés sur la route.
00:22:40Pour l'instant, ils restent en place et ont décidé de ne pas bouger.
00:22:44Certains avec qui nous avons discuté sont très en colère contre le gouvernement
00:22:47et attendent des actions concrètes.
00:22:50Un rassemblement qui, je le rappelle, est très encadré par les forces de l'ordre
00:22:54qui sont dispersées tout autour des agriculteurs.
00:22:56Merci beaucoup.
00:23:04Voilà, on est en direct.
00:23:07Jordan Florentin nous a rejoint également
00:23:10parce qu'il y a une opération qui est en train de se faire en ce moment.
00:23:14Vous la voyez sans doute à l'antenne.
00:23:17C'est Alice Cordier que vous reconnaissez,
00:23:19qui est tout à fait en haut de ce tracteur
00:23:22et qui est en train de réagir
00:23:26et qui est en train justement de soutenir l'agriculture
00:23:30avec ce panneau et ce drapeau français qui est brandi
00:23:34en expliquant « Ne touchez pas à nos agriculteurs ».
00:23:40Alice qui va peut-être descendre nous expliquer pourquoi cette opération dans un instant.
00:23:44Jordan Florentin, vous êtes avec nous.
00:23:46Merci également d'être là.
00:23:47C'est vrai que cette mobilisation des agriculteurs,
00:23:48elle est importante et elle est capitale aujourd'hui.
00:23:51On le voit, les Français sont beaucoup mobilisés autour de cette action.
00:23:55Elle est incroyable.
00:23:56Il y a vraiment des milliers et milliers de gens
00:23:57qui sont en train de se réunir à l'Art de Triomphe.
00:23:59C'est magnifique, des Parisains qui viennent leur offrir des cafés
00:24:01avec tous ces agriculteurs dont il faut vraiment saluer le courage
00:24:04qui ont bravé tous les interdits pour venir à Paris aujourd'hui
00:24:06et dont je vraiment regrette la façon dont ils sont traités
00:24:10dont le président de la République est en train d'enfermer
00:24:12les revendications des agriculteurs.
00:24:14Et on a mis en garde à vue les agriculteurs des paysans,
00:24:16c'est-à-dire ceux qui nous nourrissent,
00:24:17ceux qui font tout pour ce pays tienne.
00:24:18Alors ce ne sont pas des gens qui vont venir tout casser.
00:24:21Je me souviens d'images qu'on a pu voir et des bloodblogs,
00:24:23tout ça, on n'est pas dans ce cas de figure.
00:24:24Ici, on a des gens pacifistes qui font tout pour défendre notre pays.
00:24:27Mais il y a trois sujets, c'est que Macron ne pourra rien changer
00:24:29parce que de toute façon, il est complètement soumis,
00:24:31que ce soit à l'Union Européenne et sur les traités.
00:24:34Même s'il ne le signe pas, on sait que de toute façon, ce sera appliqué.
00:24:36Van der Leyen, elle va au Venezuela demain,
00:24:37mais en fait, tout le monde s'est soumis à ce qu'a fait Trump récemment.
00:24:41On ne peut pas condamner.
00:24:42On nous explique, oui, c'est très bien, il est sorti du droit international.
00:24:44Et nous, on n'est pas capables pour nos agriculteurs de se dire
00:24:46on va sortir de certains traités, de sortir un peu du droit
00:24:48et de braver tous ces interdits pour défendre nos agriculteurs.
00:24:51Et le troisième point, et ça, c'est tous les Français qui doivent se mobiliser,
00:24:54c'est de consommer français, de venir ici soutenir les agriculteurs
00:24:57et de les soutenir au quotidien, en mangeant, en consommant,
00:25:00en achetant français, en défendant ces producteurs locaux.
00:25:02Et c'est vrai qu'on le voit, en fait, il y a cette forme d'unité
00:25:06qui est très forte ici, on voit, y compris, c'est ce que je disais tout à l'heure
00:25:09quand on a débuté cette émission en direct, c'est-à-dire y compris
00:25:12avec les forces de l'ordre, il y a un dialogue qui se fait,
00:25:14il n'y a absolument pas d'agressivité, il y a un échange qui est fait
00:25:16avec ces forces de l'ordre, et ça, c'est important.
00:25:18Oui, j'ai un CRS, là, tu me disais, vous savez, la différence,
00:25:20c'est que lorsqu'on a des antifats, des blood blots,
00:25:22ils viennent ici dans des grosses manifs, on est surmobilisés,
00:25:25on est obligés de protéger nos bâtiments, de protéger nos rues.
00:25:29Ici, on a des agriculteurs pacifistes, qui veulent dire un seul mot
00:25:32à Emmanuel Macron, et tous les agriculteurs vous le disent partout en France,
00:25:35c'est stop au mépris. C'est ça, en fait, qui pose problème
00:25:37et qui dérangeait le mépris des institutions et d'un président de la République
00:25:41qui n'a que faire, de petits hommes gris, qui sont là et qui ne comprennent pas
00:25:45qu'on a ici un immense peuple magnifique qui est en train de se réunir.
00:25:47Et j'ai envie de dire, si on veut éviter un nouveau 4 juillet 89,
00:25:50que le président descende, vienne voir ses agriculteurs,
00:25:52et que les ministres, au lieu de dire que c'est une situation inacceptable,
00:25:55viennent ici dans les tracteurs découvrir la vraie vie.
00:25:56Merci beaucoup, Jordan. On vous retrouvera également tout à l'heure.
00:26:00On retrouvera Alice Cordier également dans un instant.
00:26:01Mais on a un agriculteur également qui est avec nous.
00:26:04Bonjour. Quel est votre nom ?
00:26:05Pierre.
00:26:06Pierre. Bonjour, Pierre. Vous arrivez d'où ?
00:26:07On arrive de Châteauroux, de l'Indre.
00:26:09Pourquoi vous êtes là ?
00:26:10Pour défendre notre métier. Je suis tout jeune, j'ai 22 ans.
00:26:12Ça fait 4 ans que je suis installé en tant que TRE de travaux agricoles.
00:26:16Et je suis en train de m'installer en tant qu'agriculteur en céréales.
00:26:20Et on a peur pour notre avenir.
00:26:23Par exemple, pour la PAC, on va avoir moins 20% en 2027.
00:26:26On est en train de crever littéralement à la bouche ouverte.
00:26:31Et ça fait peur.
00:26:32Moi, ce que je me demande, et c'est une question que je posais tout à l'heure à un des agriculteurs qu'on avait aussi,
00:26:36c'est qu'est-ce qui fait qu'un jeune aujourd'hui, à 22 ans, qu'est-ce qui fait que vous avez envie d'être agriculteur ?
00:26:40On sait à quel point le métier est super dur.
00:26:42On sait à quel point vous faites des horaires incroyables.
00:26:44On sait également à quel point vous ne gagnez pas votre vie en étant agriculteur.
00:26:48Qu'est-ce qui vous pousse, vous, à 22 ans, à être agriculteur ?
00:26:50Moi, je suis la 8ème génération sur l'exploitation et le travail, je ne sais pas ce que c'est.
00:26:54Si, le travail, je sais ce que c'est.
00:26:56C'est quand je suis au bureau avec un crayon dans les mains et puis mon ordinateur.
00:26:58Voilà, ça, c'est travailler.
00:26:59Être dans un tracteur, c'est du bonheur.
00:27:01Voilà, c'est un peu ça, faire pousser du blé.
00:27:03C'est vulgaire.
00:27:04Enfin, c'est vulgaire, entre guillemets, ce que je veux dire.
00:27:06Je suis agriculteur.
00:27:07Je tourne un volant, je fais pousser du blé.
00:27:08Je suis heureux.
00:27:09Voilà.
00:27:09Mais vous n'avez pas peur de ne pas réussir à vivre, de ne pas réussir à boucler vos fins de mois ?
00:27:14Parce qu'il y a le plaisir, bien évidemment, que vous pouvez trouver à être agriculteur.
00:27:17Mais il y a également la difficulté du quotidien.
00:27:20C'est un mode de vie.
00:27:22L'agricole est un mode de vie.
00:27:25Donc, moi, je ne me vois pas faire autre chose.
00:27:28Je suis ancré à la terre.
00:27:29Je ne me vois pas faire autre chose.
00:27:31Alors, pendant qu'on parle, vous allez voir, restez avec moi un instant,
00:27:33vous allez voir ce qui se passe à l'Assemblée nationale,
00:27:35puisqu'il y a des tensions, visiblement, à l'Assemblée nationale.
00:27:39Des tensions en ce moment même.
00:27:40Vous voyez les images sur votre écran.
00:27:43Et vous entendez également ce qui se passe à l'Assemblée nationale en ce moment.
00:27:49Et c'est vrai qu'ici, la situation est beaucoup plus calme que ce qui peut se passer.
00:27:52On va continuer à vous laisser cette image de l'Assemblée nationale.
00:27:54Et on va continuer à discuter ici de la situation.
00:27:59Et c'est vrai que qu'est-ce qui peut faire qu'à un moment donné,
00:28:02vous allez dire, voilà, on a été entendu et ça nous va, ce qui se passe ?
00:28:07Alors, pour aborder un autre point, la DNC,
00:28:10à partir de ce moment-là, on sera entendus.
00:28:11Qu'on arrête les abattages totales, qu'on fasse plus des abattages sélectifs.
00:28:15Il y a plein de solutions à avoir,
00:28:16mais le gouvernement a décidé que c'était comme ça.
00:28:19Ils préfèrent tirer sur nos CRS que d'aller sur des narcotrafiquants.
00:28:23Sur les agriculteurs, vous voulez dire ?
00:28:24Sur les agriculteurs, pardon.
00:28:25Il n'y a pas eu de tir.
00:28:27Il n'y a pas eu, mais en gros, j'explique ça.
00:28:30Enfin, il y a des tirs d'acrymo.
00:28:32Ce n'est pas normal d'en arriver là.
00:28:34Et là, en ce moment, pendant qu'on parle,
00:28:36les téléspectateurs sont en train de voir sur CNews
00:28:39ce qui se passe en ce moment à l'Assemblée nationale,
00:28:41où il y a de grosses tensions que vous découvrez à l'image en ce moment
00:28:44sur CNews avec les CRS qui sont en train d'intervenir
00:28:47pour repousser les agriculteurs qui sont sur place,
00:28:50comme vous le voyez sur ces images.
00:28:52Et c'est vrai que c'est une situation qui est tendue
00:28:56et que les agriculteurs ne comprennent pas, forcément.
00:28:59Ils ne comprennent pas qu'il y ait des actions contre eux.
00:29:01Non, on est venus là pour se montrer.
00:29:02On est venus là pour faire la une.
00:29:04C'est le cas de le dire.
00:29:05Là, on est en train de la faire.
00:29:06On est venus, excusez-moi du terme,
00:29:07mais remuer la merde à la capitale.
00:29:09On est trop bas dans nos campagnes.
00:29:11Ça reste aux pieds.
00:29:12L'odeur monte jusqu'à la taille.
00:29:14Là, on est venus à Paris.
00:29:15On est à la tête.
00:29:17Il faut qu'ils aient le nez dans la merde.
00:29:18C'est le cas de le dire.
00:29:19Ils savent où est-ce qu'on est rendu.
00:29:21Ce n'est pas possible.
00:29:23Ce n'est plus possible de ce qu'on fait.
00:29:24Ce n'est plus possible.
00:29:25Et sur les images que vous voyez en ce moment,
00:29:26vous voyez cette pression qui est faite
00:29:28de la part des agriculteurs
00:29:29qui sont devant l'Assemblée nationale
00:29:30et qui sont en train de pousser sur les barrières
00:29:32pour tenter de pénétrer,
00:29:35peut-être à l'intérieur de l'Assemblée nationale.
00:29:37En tout cas, les CRS et les forces de l'ordre
00:29:39sont mobilisées sur place
00:29:40et sont en train de tenter de les repousser
00:29:43par rapport à ce qui se passe
00:29:45à l'Assemblée nationale en ce moment.
00:29:47Merci beaucoup.
00:29:48En tout cas, merci d'avoir été en direct avec nous.
00:29:52Je vois Nicolas Dupont-Aignan qui est là également.
00:29:55Bonjour, merci beaucoup d'être en direct avec nous.
00:29:58Alors en ce moment même...
00:30:00Merci d'être là.
00:30:01De toute façon...
00:30:03Vous allez bien ?
00:30:04Voilà, l'accueil qui est en direct.
00:30:05Il le dit depuis des années, Nicolas,
00:30:08et on ne se connaît pas.
00:30:11Ça fait des années qu'on est en train de crever.
00:30:13Moi, je suis en train de crever depuis 20 ans.
00:30:14Une année, une bonne année en 20 ans.
00:30:18Et encore à cause de la guerre en Ukraine.
00:30:21Et depuis, plongeons.
00:30:24Et il préfère aller s'occuper des pays ailleurs
00:30:27que de s'occuper de son propre pays.
00:30:29À un moment donné, tu sécurises ton pays, ton propre pays.
00:30:35Il préfère amener l'armée en Ukraine.
00:30:38Il préfère aller chercher du bœuf en Argentine.
00:30:41Il préfère aller chercher du soja aux Etats-Unis.
00:30:43Mais à un moment donné, protège ton pays.
00:30:45C'est ce que vous demandez.
00:30:47En ce moment, les téléspectateurs de CNews
00:30:48sont en train de voir ce qui se passe à l'Assemblée nationale
00:30:50où il y a des incidents qui ont lieu devant l'Assemblée nationale.
00:30:53On va aller faire un tour.
00:30:55Il n'y a pas de problème.
00:30:56Nous, on est venus.
00:30:58Il y a du monde qui nous donne un coup de main à la ferme.
00:31:00On va aller donner un coup de main.
00:31:02Pourquoi on va partir ?
00:31:03On ne va pas faire deux fois le détour.
00:31:05Il y a des face-à-face qui ont lieu
00:31:07et que les téléspectateurs voient en ce moment
00:31:08face-à-face entre les forces de l'ordre,
00:31:10des pressions, les forces de l'ordre
00:31:11qui tentent de résister face à ce qui se passe
00:31:13autour de l'Assemblée nationale ?
00:31:15Pourquoi ?
00:31:16Monsieur Dupont-Aignan pourrait peut-être nous expliquer.
00:31:18Pourquoi on oppose les forces de l'ordre aux paysans ?
00:31:21Alors que ce n'est pas du tout le cas ici.
00:31:23C'est ce que je disais justement.
00:31:24Je veux dire...
00:31:25Nicolas Dupont-Aignan.
00:31:26Ce qui est insupportable,
00:31:28c'est de voir les centaures,
00:31:30carrément des chars,
00:31:31sur les routes françaises,
00:31:32alors que face aux narcotrafiquants,
00:31:34il n'y a rien.
00:31:34Ça, c'est le premier point.
00:31:35Mais le deuxième point qui m'importe le plus,
00:31:38c'est mardi, le 12.
00:31:40Si l'Union Européenne vote le Mercosur,
00:31:42il n'y a que deux solutions.
00:31:43Soit la France s'écrase,
00:31:45et c'est ce qui va se produire,
00:31:47mais il faut...
00:31:48Il y a une solution.
00:31:49Moi, je vous propose une solution simple.
00:31:51C'est que la France cesse
00:31:51tout versement financier à l'Union Européenne.
00:31:54Car là, on assècherait directement l'Union Européenne
00:31:57et on créerait un rapport de force.
00:31:59Le général de Gaulle, en 66,
00:32:02a fait la politique de la chaise vide.
00:32:04Il a obtenu satisfaction.
00:32:05Et la vraie question qui se pose,
00:32:07c'est maintenant,
00:32:07qu'est-ce qu'on fait le 12 ?
00:32:09Comment la France réagit ?
00:32:10Et moi, ce que je propose,
00:32:11c'est qu'on utilise l'argent qu'on verse,
00:32:13on paye 15 milliards net, net,
00:32:17de plus qu'on reçoit.
00:32:18Donc les agriculteurs n'ont pas à craindre.
00:32:21Il suffit qu'on cesse les versements à l'Union Européenne
00:32:23et là, on ouvrira une crise utile
00:32:26pour revoir le système.
00:32:28Sinon, la France est complètement foutue,
00:32:31son agriculture sera pillée.
00:32:32Alors, juste, pardon,
00:32:34on va continuer à parler.
00:32:36Non, non, continuez à parler.
00:32:37Je veux juste expliquer ce qui se passe à l'antenne en ce moment
00:32:39et ce qui se passe à l'Assemblée Nationale
00:32:41parce que c'est ce que voient les téléspectateurs.
00:32:44Je redonne la parole dans un instant.
00:32:45Je redonne la parole dans un instant.
00:32:46Juste à l'Assemblée Nationale,
00:32:47il y a Elbrun Pivet qui est sorti,
00:32:49qui a voulu parler visiblement avec les agriculteurs.
00:32:52Elle a été sifflée,
00:32:53il y a eu des mouvements de foule.
00:32:54On entend énormément de forces de l'ordre également
00:32:57qui sont là pour éviter sans doute
00:33:00que vous puissiez rejoindre l'Assemblée Nationale
00:33:03où il y a ces incidents.
00:33:04Pardon, les téléspectateurs voient les deux images en même temps.
00:33:07C'est pour ça que j'explique également
00:33:08ce qui se montre à l'antenne.
00:33:10Vous vous rendez compte,
00:33:11on est au pied d'un arc de triomphe
00:33:14qu'on a vu tout jeune, tout petit.
00:33:16Moi, j'ai 40 ans.
00:33:17On est au pied du soldat inconnu avec des tracteurs
00:33:20parce que l'agriculture est en train de crever.
00:33:23Et rien n'est fait.
00:33:25Donc à un moment donné,
00:33:26soit il prend ses responsabilités,
00:33:29soit il dégage.
00:33:30Dans un ordre, de toute façon, il sera dehors.
00:33:32Mais à un moment donné,
00:33:33il sera obligé de fermer,
00:33:33pas ses frontières,
00:33:34mais il sera obligé de prévilégier son pays.
00:33:37Nicolas Dupont-Aignan,
00:33:38ce qui est terrible,
00:33:38c'est le désespoir des agriculteurs finalement.
00:33:40Parce que plus on parle avec eux,
00:33:42on est en édition spéciale depuis 10h30,
00:33:43on parle avec eux,
00:33:44on a discuté avec eux.
00:33:45Ce qui revient à permanence,
00:33:46c'est qu'on n'en peut plus.
00:33:47On est fatigué
00:33:48parce que nous, on a des journées incroyables.
00:33:49On a besoin d'être dans nos fermes.
00:33:51Là, effectivement,
00:33:51c'est du temps perdu pour nous
00:33:52parce que ce n'est pas ça notre boulot.
00:33:54Notre boulot, ils le disent,
00:33:55ce n'est pas d'être mobilisé
00:33:56au pied de l'arc de triomphe.
00:33:58On gagne 600 euros par mois.
00:33:59C'est ça notre vie.
00:34:00Alors arrêtez de nous emmerder.
00:34:01En gros, c'est ça.
00:34:02Quand un pays n'est plus capable
00:34:04de nourrir ceux qui le nourrissent,
00:34:06quand ça dure depuis des années,
00:34:08ce n'est pas nouveau.
00:34:09Ce n'est pas nouveau.
00:34:10Mais là, ça fait 10 ans
00:34:12que la situation s'est considérablement aggravée.
00:34:14Toujours plus de normes
00:34:15sur le producteur français,
00:34:16toujours plus d'importations
00:34:18sans aucun contrôle.
00:34:20Et on signe un nouvel accord.
00:34:22Mais on est chez les fous.
00:34:24C'est du suicide.
00:34:25Donc ça veut dire que nos dirigeants
00:34:26sont en train de suicider
00:34:28leur propre pays.
00:34:29Moi, je trouve quand même réconfortant
00:34:31qu'il y ait des hommes courageux
00:34:32qui à un moment disent
00:34:33on ne va pas crever.
00:34:35Et là, je pense qu'il y a un problème
00:34:37de classe politique globale.
00:34:39C'est qu'à un moment,
00:34:39il faut tirer les leçons de tout ça.
00:34:41C'est-à-dire avoir un discours cohérent.
00:34:44Traiter les causes.
00:34:45Traiter les causes, ça veut dire
00:34:46à un moment, contrôler ce qui rentre
00:34:47sur notre sol.
00:34:49On ne peut pas interdire
00:34:50des produits.
00:34:52On ne peut pas interdire
00:34:53à ces agriculteurs
00:34:54de produire leur blé,
00:34:56de nourrir leur vache
00:34:57avec des produits interdits en France
00:35:01et autoriser des importations
00:35:02bourrées de produits toxiques.
00:35:05Mais il y a un moment,
00:35:06c'est la santé des Français
00:35:07qui est aussi en jeu.
00:35:08Ce n'est pas seulement un problème,
00:35:10pardonnez-moi,
00:35:11des agriculteurs, des paysans.
00:35:13C'est le problème de tous les Français.
00:35:15Et le rôle de l'État,
00:35:16le rôle d'un État,
00:35:18c'est de garantir la santé publique,
00:35:20c'est de trouver un équilibre.
00:35:21Je vais vous dire très clairement,
00:35:22si vous donnez 5 centimes de plus
00:35:24sur un producteur de lait,
00:35:25ce n'est rien sur le litre de lait
00:35:26par rapport à tous ceux
00:35:27qui se gavent.
00:35:28Et ça permettrait aux éleveurs
00:35:29de vivre.
00:35:30Donc, ça fait des années
00:35:32qu'on les laisse
00:35:32dans une situation de servage.
00:35:34Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Yon.
00:35:36Merci beaucoup.
00:35:37Ce n'était pas prévu,
00:35:38mais vous êtes là.
00:35:38Merci d'être intervenu en direct.
00:35:40Vous, vous faites quoi ?
00:35:42Je suis producteur de viande bovienne,
00:35:44céréales et des agneaux,
00:35:46enfin des brebis charolaises.
00:35:48Et 140 hectares tout seul.
00:35:50Mais tu ne vis plus.
00:35:52Tu ne vis plus.
00:35:52On n'a fait qu'augmenter nos surfaces.
00:35:54On n'a fait que faire plus, plus, plus
00:35:55pour essayer d'écraser les charges.
00:35:57Mais tu n'en sors pas.
00:35:59Écoutez, on va continuer
00:36:00à parler ensemble, bien évidemment.
00:36:02On a ce monsieur également.
00:36:03Bonjour.
00:36:04Merci.
00:36:04Vous aussi, vous souhaitez intervenir.
00:36:06Vous souhaitez nous expliquer
00:36:06quelle est votre situation.
00:36:07Vous vous appelez comment
00:36:08et vous faites quoi ?
00:36:09Alors moi, je m'appelle Ludovic.
00:36:10On vient de Corse.
00:36:11Donc, on est la coordination rurale de Corse.
00:36:13Moi, je suis jeune agriculteur.
00:36:15Donc, ça ne fait même pas un an
00:36:16que je suis installé.
00:36:16Je suis installé en arboriculture.
00:36:17Vous avez quel âge ?
00:36:18Moi, j'ai 27 ans.
00:36:21Je suis installé en arboriculture.
00:36:23Aujourd'hui, nous, on vient de Corse.
00:36:25On a fait un assez long périple,
00:36:26assez compliqué.
00:36:27Et on vient surtout
00:36:27pour dénoncer la situation.
00:36:29Donc, en Corse aussi,
00:36:31aussi au niveau national,
00:36:32pour soutenir l'agriculture française
00:36:34de manière générale.
00:36:34Qu'est-ce qui fait ?
00:36:37J'ai envie de vous poser
00:36:37la même question qu'à Pierre,
00:36:39qui était avec nous tout à l'heure,
00:36:39qui avait 22 ans, je crois.
00:36:41Vous en avez 27.
00:36:42Qu'est-ce qui fait qu'à 27 ans,
00:36:43on a envie d'être agriculteur
00:36:44quand on voit à quel point
00:36:45c'est galère au quotidien ?
00:36:47Nous, on a envie d'être agriculteur
00:36:48parce que, surtout encore,
00:36:50en général, c'est de génération en génération.
00:36:52On a envie de perpétuer.
00:36:54C'est mon cas.
00:36:55C'est mon cas.
00:36:55J'ai récupéré une exploitation
00:36:56qui était à mes parents,
00:36:58à mes grands-parents.
00:36:59Donc, c'est une exploitation
00:37:00qu'on n'a absolument pas envie
00:37:01d'abandonner,
00:37:02qu'on a envie de rendre pérenne.
00:37:04On a envie d'en vivre.
00:37:06C'est quelque chose encore
00:37:08très important
00:37:09de ne pas abandonner
00:37:10toutes ces exploitations.
00:37:12Vous allez pouvoir tenir longtemps,
00:37:13vous pensez ?
00:37:14On essaye.
00:37:15On essaye.
00:37:16C'est assez compliqué,
00:37:16surtout aujourd'hui,
00:37:17quand on est jeune,
00:37:18quand on s'installe,
00:37:18on n'est pas beaucoup aidé.
00:37:21Vous arrivez à dégager combien,
00:37:22vous, en salaire en fin de mois ?
00:37:24Tout à l'heure,
00:37:25j'avais un agriculteur
00:37:25qui me disait
00:37:26j'ai 500, 600 euros
00:37:28en fin de mois
00:37:28quand les choses vont bien.
00:37:30Pour vous, ça se passe comment ?
00:37:31Alors, moi,
00:37:31j'ai très honnêté avec vous.
00:37:32Je n'ai pas de salaire.
00:37:33Je travaille à côté
00:37:33parce que l'agriculture
00:37:34ne me rapporte zéro euro.
00:37:36Je suis obligé.
00:37:37J'ai deux emplois.
00:37:38Du coup, je travaille.
00:37:39Je suis animateur pour la CR.
00:37:40Donc, ça m'aide aussi.
00:37:42Je travaille aussi.
00:37:42Je suis serveur dans un bar.
00:37:44Vous êtes obligé
00:37:45d'avoir plusieurs boulots
00:37:46pour pouvoir continuer
00:37:47à être agriculteur, en fait ?
00:37:48C'est ça.
00:37:48C'est ça.
00:37:49On a plusieurs travails
00:37:50et je ne suis absolument pas
00:37:52seul dans ce cas.
00:37:52On est plusieurs.
00:37:53On est beaucoup de jeunes agriculteurs
00:37:56comme ça.
00:37:57Donc, on est obligé
00:37:58de faire ça pour s'en sortir.
00:37:59Écoutez, bon courage à vous,
00:38:00en tout cas.
00:38:02C'est bien que vous soyez là
00:38:03et comme je l'ai beaucoup dit également,
00:38:04il y a quand même
00:38:05les Français qui sont avec vous
00:38:07et c'est important,
00:38:08les Français qui vous soutiennent.
00:38:09Merci beaucoup, en tout cas.
00:38:10Et bon courage.
00:38:11Alice Cordier, bonjour.
00:38:12Alors, vous, je vous ai aperçu
00:38:13en haut d'un tracteur.
00:38:15Je me demande
00:38:15ce que vous faites là, en fait.
00:38:16Bien sûr, je comprends totalement
00:38:18parce que moi,
00:38:18ce n'est pas normalement mon thème
00:38:19mais en fait, moi,
00:38:20je trouve ça scandaleux
00:38:21la façon dont sont traités
00:38:21aujourd'hui les agriculteurs.
00:38:22C'est une lutte
00:38:23que je suis depuis un certain temps.
00:38:24Moi, je suis petite,
00:38:25petite fille d'agriculteur.
00:38:27J'ai dans mon entourage
00:38:28énormément de personnes
00:38:28qui travaillent dans ce domaine-là.
00:38:29Je vois la pénibilité
00:38:30de cette situation.
00:38:31Ce sont des gens
00:38:32qui travaillent jour et nuit
00:38:32sans interruption,
00:38:34qui parfois n'ont pas de paye
00:38:35comme le monsieur
00:38:35qui passait juste avant.
00:38:37Je trouve ça scandaleux
00:38:37qu'on les traite
00:38:38comme si c'était de la racaille.
00:38:39C'est des gens
00:38:40qui n'ont pas le temps
00:38:40normalement de venir manifester.
00:38:41Donc, s'ils prennent le temps,
00:38:42c'est qu'il y a peut-être une raison.
00:38:44Et je pense qu'il faut les écouter
00:38:45quand j'entends Maude Brejon
00:38:46ce matin dire que
00:38:46leur présence ici
00:38:47est inacceptable et illégale.
00:38:49Ce qui est inacceptable et illégal,
00:38:50c'est le traitement et le mépris
00:38:51dans lequel ils sont traités
00:38:53alors qu'ils demandent
00:38:53simplement à être écoutés.
00:38:55Donc, voilà, moi,
00:38:55ça me scandalise.
00:38:56Je ne comprends pas
00:38:57comment ça peut être fait comme ça
00:38:57d'envoyer des blindés
00:38:59pour aller en face
00:39:01de nos agriculteurs
00:39:02alors que ces mêmes blindés
00:39:03on ne les envoie pas
00:39:03dans certains quartiers
00:39:04ou alors il y a beaucoup
00:39:05de moindres gens
00:39:06qui bossent là-bas.
00:39:07Ici, ce sont des gens
00:39:08qui bossent,
00:39:08qui demandent simplement
00:39:09à être écoutés
00:39:09et je trouve ça scandaleux
00:39:11que ça puisse se passer ainsi.
00:39:12Merci beaucoup Alice Cordier.
00:39:13Merci beaucoup Alice Cordier
00:39:15qui est applaudie.
00:39:16On est avec Franck Tapirot
00:39:18également qui est avec nous.
00:39:18Franck, on va marcher un petit peu
00:39:19pour montrer un peu
00:39:21quelle est la situation sur place
00:39:24avec beaucoup d'agriculteurs
00:39:26qui sont là également.
00:39:28D'abord, comment vous réagissez
00:39:29quand vous voyez
00:39:30cette mobilisation des agriculteurs
00:39:31quand vous voyez les Français également
00:39:32qui sont là
00:39:33et qui essaient de venir en nombre ?
00:39:35Déjà, c'est une mobilisation
00:39:36totalement pacifique
00:39:37il faut le rappeler
00:39:38parce que quand on parle
00:39:39de mobilisation
00:39:40il y a toujours les idées
00:39:40de violence derrière.
00:39:41Tout avec la présence
00:39:42des forces de l'ordre
00:39:43qui est en nombre
00:39:43alors c'est normal
00:39:44on essaie de garder
00:39:45une forme de sécurité.
00:39:46On le dit, ils ne sont pas casqués
00:39:47ça se passe très très bien
00:39:48avec les forces de l'ordre
00:39:49c'est important.
00:39:50Ils ont les boucliers au sol
00:39:51donc ils ont bien compris
00:39:51qu'en face d'eux
00:39:53il y a des agriculteurs
00:39:53en colère
00:39:54mais pas en colère
00:39:55contre eux
00:39:56ils ne veulent pas en découdre
00:39:57comme on dit
00:39:58ils sont en colère
00:39:58par rapport à tout ce qui se passe
00:39:59aujourd'hui
00:40:00les concernant
00:40:01et moi ça m'a ému
00:40:01tout à l'heure
00:40:02le témoignage que vous avez eu
00:40:03de ce jeune agriculteur
00:40:04de 22 ans
00:40:05avec son superbe
00:40:07sa superbe combinaison
00:40:09de jeunes d'hier
00:40:09qui est là
00:40:10et qui exprime quoi ?
00:40:11qui exprime une passion
00:40:12et moi c'est pour ça
00:40:13que je voulais absolument
00:40:14témoigner aujourd'hui
00:40:15c'est de voir
00:40:15des gens passionnés
00:40:16ils sont passionnés
00:40:17par leur métier
00:40:17alors que leur métier
00:40:18est en train de se détruire
00:40:19aujourd'hui
00:40:20petit à petit
00:40:21on parle aujourd'hui
00:40:24moi depuis que je suis petit
00:40:25je me rappelle
00:40:26quand on parlait
00:40:27de la politique agricole commune
00:40:28en fait j'ai l'impression
00:40:28qu'on suicide
00:40:29l'agriculture française
00:40:31au profit d'autres pays
00:40:32qui n'ont pas évidemment
00:40:33les mêmes potentiels que nous
00:40:35et je ne comprends pas
00:40:35parce que
00:40:36in fine c'est toujours
00:40:37contre l'agriculture
00:40:38contre les agriculteurs
00:40:39et de voir un môme
00:40:40de 22 ans
00:40:41qui a dit
00:40:42un slogan magnifique
00:40:44sur mon tracteur
00:40:45c'est le bonheur
00:40:46franchement ça peut être
00:40:47un slogan très positif
00:40:48ça montre à quel point
00:40:49il y a peut-être un espoir
00:40:50mais cet espoir
00:40:51il risque de se fracasser
00:40:51pourquoi ?
00:40:52quand on voit la réaction
00:40:53aujourd'hui du gouvernement
00:40:54ok on parle
00:40:55de rassemblement illégal
00:40:57illégal mais légitime
00:40:58c'est légitime
00:41:00que les agriculteurs soient là
00:41:01et en plus ils ont
00:41:02quasiment tous les français
00:41:03derrière eux
00:41:04qui peut être contre
00:41:05une volonté des agriculteurs
00:41:07de nourrir finalement
00:41:08les français
00:41:09mais il y a un autre
00:41:11mot qui ne me va pas
00:41:12vous savez c'est mon métier
00:41:12la communication
00:41:13c'est d'analyser les mots
00:41:14donc ce mot illégal
00:41:15il ne me va pas
00:41:16mais après le mot dialogue
00:41:17c'est facile de dire
00:41:18on est dans le dialogue
00:41:18mais si le dialogue
00:41:19c'est un dialogue de sourds
00:41:21et qu'il finit
00:41:21on n'écoute pas
00:41:22c'est pas un dialogue
00:41:23c'est-à-dire qu'on est en face
00:41:24des gens
00:41:24on annonnent comme ça
00:41:26et in fine
00:41:27on va citer le Mercosur
00:41:28in fine
00:41:28ils ont l'impression
00:41:30de ne pas être entendus
00:41:30c'est ça qui va renforcer
00:41:32leur colère
00:41:32donc en fait la meilleure façon
00:41:33d'agir avec des agriculteurs
00:41:35c'est pas de dialoguer
00:41:36c'est d'agir
00:41:37comme eux
00:41:38eux c'est des hommes d'action
00:41:39ils sont dans le terrain
00:41:40c'est des gens
00:41:42qui font des choses
00:41:43et je pense qu'aujourd'hui
00:41:44ils ont en face d'eux
00:41:45des technocrates
00:41:46qui leur reparlent
00:41:47mais qui ne les écoutent pas
00:41:48et ce que j'ai trouvé très fort
00:41:49tout à l'heure
00:41:49avec ce jeune agriculteur
00:41:50qui nous parlait
00:41:51c'est quand il dit
00:41:51moi quand je suis sur mon tracteur
00:41:52je ne travaille pas
00:41:53voilà
00:41:53c'est pas du travail pour moi
00:41:55de me retrouver sur mon tracteur
00:41:56c'est du travail
00:41:57quand je me retrouve dans mon bureau
00:41:58en train de faire des papiers
00:41:59un stylo à la main
00:41:59ça c'est du travail
00:42:00mais me retrouver
00:42:01comme ça sur mon tracteur
00:42:02en train de faire de l'agriculture
00:42:04c'est pas du travail
00:42:04c'est du plaisir
00:42:05c'est du bonheur
00:42:05et le jeune agriculteur corse
00:42:07qu'on avait ensuite
00:42:07qui avait 27 ans également
00:42:09il dit mais voilà
00:42:10moi j'ai envie de continuer
00:42:11je suis obligé d'être barman
00:42:12je suis obligé de faire
00:42:13d'autres métiers
00:42:13pour pouvoir survivre
00:42:14mais ma passion
00:42:15c'est l'agriculture
00:42:16et je veux continuer
00:42:17c'est ça le drame
00:42:18on est en train de tuer une passion
00:42:19plus qu'un métier
00:42:20plus qu'une filière
00:42:21et une passion
00:42:21c'est magnifique
00:42:22quand vous avez des jeunes
00:42:23de 22 ans qui
00:42:23avec tout ce qu'ils subissent
00:42:25vous disent
00:42:25sur mon tracteur
00:42:26c'est le bonheur
00:42:27vous disent que
00:42:27je ne peux pas faire autre chose
00:42:28je ne m'imagine pas faire autre chose
00:42:30c'est un exemple
00:42:31pour tous les jeunes français
00:42:32qui les regardent
00:42:33en montrant que
00:42:34oui il y a une filière d'avenir
00:42:35qui s'appelle l'agriculture
00:42:36si on protège l'agriculture
00:42:38si on protège une valeur
00:42:40ce n'est pas seulement
00:42:40une filière l'agriculture
00:42:41j'entends les gens
00:42:42parler de filière
00:42:43c'est une valeur
00:42:44dans les valeurs de la France
00:42:45il y a toujours eu
00:42:46l'agriculture
00:42:46n'oublions pas
00:42:46en 1789
00:42:48la bascule sur le prix du pain
00:42:49là on parle du prix du blé
00:42:51donc si on parle
00:42:51une autre évolution
00:42:52il faut aller plus loin
00:42:53que dans l'écoute
00:42:54ou dans le dialogue
00:42:54il faut agir
00:42:55alors ça va être compliqué
00:42:56la semaine prochaine
00:42:57parce qu'on a une signature
00:42:58du Mercosur
00:42:59qui va venir
00:43:00pour moi marquer
00:43:00d'une pierre noire
00:43:01tout l'avenir de l'agriculture
00:43:03donc comment on va réagir
00:43:04on va encore dire
00:43:05on est dans le dialogue
00:43:06donc il faut arrêter
00:43:07les dialogues
00:43:07il faut arrêter
00:43:08les fausses écoutes
00:43:09ou le dialogue de sourd
00:43:10il faut passer à l'action
00:43:11ils attendent des décisions
00:43:12ce sont des gens
00:43:13vous savez
00:43:13très concrets
00:43:14et derrière cette passion là
00:43:16il y a aussi
00:43:17un cri au secours
00:43:17c'est pour ça que
00:43:18cet appel au secours
00:43:19je voulais merci
00:43:20de nous avoir demandé
00:43:21de venir ici
00:43:23parce que d'abord
00:43:23c'est un bon moment
00:43:24il suffit de parler
00:43:25en rentable avec eux
00:43:26pour voir que
00:43:26ils aimeraient
00:43:27évidemment être sur leur champ
00:43:28ils le disent
00:43:29on n'a rien à faire là
00:43:30mais c'est un appel symbolique
00:43:32mais le symbole est important
00:43:33j'espère une chose
00:43:34par rapport à ce que vous dites
00:43:35moi j'espère une chose
00:43:36j'espère que le gouvernement
00:43:37ne joue pas la montre
00:43:38parce que le gouvernement sait
00:43:39que les agriculteurs
00:43:40ne peuvent pas se mobiliser
00:43:41pendant trois semaines
00:43:41parce qu'ils ont leurs fermes
00:43:42parce qu'ils ont leurs élevages
00:43:43parce qu'ils ont l'agriculture
00:43:44le gouvernement le sait
00:43:46alors j'espère qu'ils ne jouent pas
00:43:47la montre vis-à-vis d'eux
00:43:48alors moi je suis totalement d'accord
00:43:49avec vous
00:43:50mais j'ai un vrai doute
00:43:50c'est que s'ils minimisent
00:43:52l'impact
00:43:52qu'aura la signature du Mercosur
00:43:54la semaine prochaine chez eux
00:43:55alors je pense que c'est là
00:43:56qu'on aura une déflagration
00:43:57parce que
00:43:58perdu pour perdu
00:43:58ils seront prêts à tout
00:44:04mais en fait
00:44:05est-ce qu'on se rend compte
00:44:06ils se battent
00:44:07ils travaillent 120 heures par semaine
00:44:08pour 600 euros par mois
00:44:09et ils sont là à 22 ans
00:44:11fiers sur leur tracteur
00:44:12donc on devrait plutôt
00:44:13les aider ces gens-là
00:44:14donc si on ne les écoute pas
00:44:16et si on avance
00:44:17et si on joue la montre
00:44:17ils risquent d'avoir une déflagration
00:44:19sans retour possible
00:44:20donc encore une fois
00:44:21vous savez
00:44:22c'est bien de parler de dialogue
00:44:23mais ils attendent plus que cela
00:44:25et j'espère que le message passera
00:44:26et on peut ajouter
00:44:27que c'est la jeunesse qu'on aime
00:44:28quand même
00:44:28cette jeunesse de 22 ans
00:44:30de 27 ans
00:44:31qui est là
00:44:31qui bosse
00:44:32et qui est passionnée
00:44:34par son métier
00:44:34c'est ces jeunes
00:44:36qu'on a envie
00:44:37de mettre en avant
00:44:38et de pousser
00:44:38merci beaucoup
00:44:39Franck Tapireux
00:44:40je vous propose de regarder
00:44:41une séquence qui s'est déroulée
00:44:42il y a quelques instants
00:44:43c'est à l'Assemblée Nationale
00:44:44c'est Yael Brunpivet
00:44:45qui visiblement a tenté
00:44:46d'aller dialoguer
00:44:47avec les agriculteurs
00:44:48les choses ne se sont pas
00:44:49très bien passées
00:44:50je vous en parlais
00:44:51je vous propose
00:44:51de regarder cette séquence
00:44:53démission
00:45:03démission
00:45:18démission
00:45:19démission
00:45:20démission
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00:45:47démission
00:45:48démission
00:45:49de l'étoile pour cette édition spéciale de Morandine Live
00:45:50consacrée à la mobilisation des agriculteurs.
00:45:52Vous venez de voir cette image. Thomas Bonnet
00:45:54nous a rejoint également.
00:45:57Thomas, vous avez vu cette image
00:45:58de Gaëlle Brunpivet. Comment agissez-vous ?
00:46:01Je pense qu'elle incarne le rejet
00:46:02de la politique. Les agriculteurs, ils en ont
00:46:04assez, je pense, des promesses.
00:46:06Je ne crois pas que ça s'adresse à elle précisément.
00:46:08Je pense qu'elle représente finalement la classe politique
00:46:10dans son ensemble. Il faut quand même rappeler qu'il y a eu un vote à l'Assemblée
00:46:12sur le Mercosur, parce que c'est ça aussi dont on parle.
00:46:15A l'unanimité, les députés ont rejeté
00:46:16le Mercosur. Il y a une unanimité aujourd'hui dans notre pays
00:46:18pour rejeter ce traité de libre-échange.
00:46:20Malgré tout, il va s'appliquer. Et en fait, c'est ça, je pense,
00:46:23qui est le plus difficile à entendre pour les agriculteurs.
00:46:25C'est-à-dire qu'on est tous d'accord pour dire
00:46:26que ce n'est pas un bon accord, justement,
00:46:28pour les éleveurs notamment. Et pourtant,
00:46:30il devrait s'appliquer dès la semaine prochaine. Donc il y a quelque chose
00:46:32de l'ordre même de l'incapacité du politique
00:46:34à répondre aux revendications
00:46:36des agriculteurs. Donc je pense que c'est ça qui s'est exprimé.
00:46:39On peut regretter quand même le fait qu'il y ait eu
00:46:40visiblement des écheaux fourrés devant
00:46:42l'Assemblée nationale. C'est jamais bon. Ici, ça se passe
00:46:44plutôt bien. Et je pense qu'il faut garder cet état d'esprit
00:46:46pour faire entendre les revendications des agriculteurs.
00:46:49Est-ce que selon les informations que vous pouvez avoir
00:46:50sur la réaction du gouvernement, est-ce que le gouvernement
00:46:52craint ce qui est en train de se passer ? Est-ce que le gouvernement
00:46:54a peur d'une contagion ? Tout à l'heure, par exemple,
00:46:56quand on est arrivé, on a eu les VTC qui sont venus nous voir
00:46:58en nous expliquant qu'eux, ils aimeraient
00:47:00bien une convergence des luttes.
00:47:02Je pense que ce n'est pas les seuls, les VTC, à vouloir une convergence
00:47:04des luttes. Est-ce que du côté du gouvernement,
00:47:06on craint une telle convergence
00:47:08où on se dit, bon, de toute façon, tout ça, ça va passer ?
00:47:11Non, on sent au gouvernement
00:47:12comme nous tous, on sent qu'il y a une colère dans le pays.
00:47:15D'ailleurs, moi, depuis que je suis arrivé, il y a beaucoup de gens qui sont
00:47:16venus me voir et qui ne sont pas des agriculteurs, mais qui justement
00:47:18partagent la colère et on voit qu'il y a un mouvement
00:47:21dans le pays. Alors après, c'est au gouvernement d'avoir
00:47:22les bonnes réponses. Or, ce que je
00:47:24constate, c'est que ce matin, la porte-parole du gouvernement
00:47:26dit, c'est inacceptable de bloquer,
00:47:28on va, en gros, on va
00:47:30déloger les tracteurs. Je ne crois pas que ce soit
00:47:32la bonne méthode. Attention, quand même, à ne pas crisper
00:47:34ces gens qui ont fait des jours de route
00:47:36en tracteur pour venir faire entendre leurs revendications,
00:47:39attention à aussi entendre leur colère.
00:47:41La ministre de l'Agriculture, je pense, devrait recevoir
00:47:42une délégation, il devrait y avoir une écoute
00:47:44parce que sinon, on risque d'arriver dans une opposition,
00:47:46dans un bras de fer, et là, ça peut aller dans
00:47:48des difficultés bien plus grandes pour le gouvernement.
00:47:50Merci beaucoup, Thomas. On va vous retrouver dans un instant également.
00:47:52On va partir à Véry-Châtillon tout de suite, où
00:47:54nous attend Mathilde Libanès, qui est avec
00:47:56un agriculteur, justement, pour tenter
00:47:58de faire le point pendant que le calme est revenu
00:48:00à l'Assemblée nationale. Vous l'avez vu également.
00:48:02Donc, Mathilde Libanès, tout de suite, en direct.
00:48:08Écoutez, ce que je peux vous dire, c'est qu'ici, la situation
00:48:10reste extrêmement compliquée. Les agriculteurs
00:48:12sont bloqués ici, à Véry-Châtillon,
00:48:15depuis déjà plusieurs heures.
00:48:17Et nous, on se trouve avec Anthony
00:48:18Coupechou. Bonjour.
00:48:20Vous êtes agriculteur en
00:48:22polyculture élevage. Qu'est-ce que c'est ?
00:48:25Bonjour. Donc,
00:48:26la polyculture élevage, moi, je suis éleveur
00:48:28de bovins, ovins
00:48:30et porcins. Donc,
00:48:32je suis naisseur-engraisseur
00:48:34avec
00:48:35uniquement vente directe.
00:48:38Donc, moi, je transforme ma viande dans un labo que je vends au particulier.
00:48:41Et mon métier consiste
00:48:42à réaliser du fourrage
00:48:44pour mes bêtes, des céréales,
00:48:46et puis, être
00:48:48en
00:48:50autoconsommation totale pour
00:48:52nourrir mes animaux.
00:48:54On suppose que si vous êtes dans la rue aujourd'hui,
00:48:56c'est que la situation n'est plus vivable.
00:48:59votre... Enfin, c'est très difficile, en tout cas,
00:49:01de travailler paisiblement,
00:49:03finalement.
00:49:04Et beaucoup de normes, vous me disiez.
00:49:06Oui, je dirais, le gros problème,
00:49:07c'est que dans le monde paysan,
00:49:09en général, on a perdu le bon sens.
00:49:11Et,
00:49:11ben, c'est contrôle,
00:49:13sur contrôle.
00:49:13on n'arrête pas pour
00:49:16des choses.
00:49:16Et puis, on est surtout dirigé par des gens,
00:49:18je pense,
00:49:19qui sont
00:49:19incompétents.
00:49:21On ne peut pas dire autrement,
00:49:23parce que,
00:49:24ben,
00:49:24des gens qui n'ont jamais vu une vache de leur vie,
00:49:26qui ne savent pas comment
00:49:27ça fonctionne,
00:49:29bon, c'est pas eux qui peuvent prendre les lois, quoi.
00:49:31Qu'on laisse faire les gens qui savent,
00:49:32et puis, je pense que le monde paysan
00:49:34se portera mieux.
00:49:35Vous me parliez également de la dermatose,
00:49:36cette maladie qui touche
00:49:38de nombreux...
00:49:38enfin, de nombreux élevages.
00:49:41Vous, vous n'avez pas encore fait face,
00:49:44il me semble,
00:49:44à cette maladie ?
00:49:46Non, c'est une maladie
00:49:47qui est principalement dans le sud.
00:49:50Heureusement pour nous,
00:49:51je dirais,
00:49:52on n'est pas encore mêlés à ça,
00:49:54mais bon, ça peut nous arriver
00:49:54au même titre que nos collègues.
00:49:57Et, bon, on voit de la manière
00:49:59où c'est traité,
00:50:00ça a fait penser, étrangement, au Covid.
00:50:02Et, bon, on voit très bien
00:50:04que c'est un fiasco, quoi.
00:50:05Donc, voilà, ça remet encore
00:50:07un coup de massue dans le milieu.
00:50:10Et, bon, quand on voit des collègues
00:50:11qui perdent des cheptels entiers,
00:50:13quand on sait le nombre d'années,
00:50:15le travail de la génétique,
00:50:16bon, c'est catastrophique, quoi.
00:50:18Et les indemnités qui sont,
00:50:20à mon goût, inadmissibles,
00:50:22quand on voit qu'on rembourse
00:50:23une vache 2100 euros
00:50:24et qu'elle est considérée
00:50:26en revenu exceptionnel
00:50:27et que vous payez 44%
00:50:29de revenu exceptionnel là-dessus,
00:50:31ça ne peut pas aller.
00:50:32Donc, au bout du compte,
00:50:33on vous donne,
00:50:33on vous reprend
00:50:34et la vache de 2100 euros
00:50:35passe à 1100 ou 1200 euros.
00:50:38Et aujourd'hui,
00:50:38la même vache,
00:50:39ça vaudrait 3000 ou 4000.
00:50:40Donc, bon, ça ne peut pas aller.
00:50:42Et si la personne décide
00:50:43de ne pas remonter de cheptel,
00:50:44elle n'est pas indemnisée,
00:50:45tout simplement.
00:50:46Donc, ça ne peut pas aller, quoi.
00:50:49Vous me parliez également
00:50:50du fait de vouloir
00:50:51élargir aussi votre profession,
00:50:55finalement,
00:50:55votre champ de compétences
00:50:56avec de l'abattage.
00:50:58C'est bien ça ?
00:50:58Oui, moi, je voulais me lancer
00:51:00dans un abattoir
00:51:01du style abattoir communal
00:51:04comme on a pu connaître
00:51:05dans le temps.
00:51:06Mais le problème,
00:51:06c'est qu'on a des normes drastiques
00:51:07aujourd'hui.
00:51:08On a des gens
00:51:09qui sont contre nous
00:51:11au niveau bien-être animal.
00:51:13Parfois,
00:51:14pour des motifs justifiés
00:51:15parce qu'on voit des choses
00:51:15qui sont intolérables.
00:51:17Mais je pense que la personne
00:51:18qui abat un bovin par jour
00:51:19ou par semaine,
00:51:21elle n'a pas les mêmes besoins
00:51:22qu'une chaîne
00:51:22qui en abat 100
00:51:23en 4 heures.
00:51:25Donc, le gros problème,
00:51:26c'est qu'il faudrait
00:51:26qu'on remette du bon sens
00:51:27à notre métier
00:51:27et puis qu'on laisse
00:51:29peut-être un petit peu plus
00:51:30de liberté
00:51:32au milieu agricole
00:51:34et puis ça redonnerait
00:51:37un petit peu de flexion
00:51:38à notre profession.
00:51:40Vous nous disiez
00:51:41que vous,
00:51:41votre objectif,
00:51:42c'était d'arriver à Paris.
00:51:43Finalement,
00:51:43vous êtes bloqué ici
00:51:44déjà depuis plusieurs heures.
00:51:46Le moral aujourd'hui ?
00:51:48Le moral,
00:51:48de toute façon,
00:51:50on passe un bon moment,
00:51:51on rencontre des gens.
00:51:52Moi, je suis parti hier soir.
00:51:54Je devais retrouver
00:51:55des collègues
00:51:55de la CR18.
00:51:56Bon, ça ne s'est pas fait.
00:51:57Ils ont été bloqués.
00:51:58Je me suis retrouvé
00:51:59du coup tout seul
00:52:00parce que moi,
00:52:01je suis parti de l'autre côté
00:52:02parce que ça s'est fait comme ça.
00:52:03J'ai eu de la chance
00:52:04de rencontrer personne.
00:52:06Et puis,
00:52:07là,
00:52:07j'ai rencontré
00:52:08des gens de l'Aveyron,
00:52:11des gens du Cantal,
00:52:12des éleveurs,
00:52:16tout simplement.
00:52:17Certains céréaliers,
00:52:18ça se passe très bien.
00:52:19On a sympathisé.
00:52:21Bon,
00:52:21ça fait une ouverture d'esprit.
00:52:23Bon,
00:52:23je dirais
00:52:23ce qui est un peu regrettable,
00:52:24c'est qu'on a...
00:52:25Moi,
00:52:25je suis arrivé à 1h du matin hier.
00:52:27On est reparti
00:52:28à 2h30,
00:52:293h.
00:52:29On s'est fait arrêter
00:52:30à 5h30,
00:52:32je crois.
00:52:33Et tout de suite,
00:52:34on nous a dit
00:52:34on va vous mettre
00:52:35vos véhicules en fourrière.
00:52:37Bon,
00:52:37voilà,
00:52:38on voit très bien
00:52:38qu'on n'a rien cassé.
00:52:40On a...
00:52:41Bon,
00:52:41voilà,
00:52:42on est venu vraiment pacifiquement.
00:52:44Et on voit très bien
00:52:45que le gouvernement,
00:52:46il s'en fout.
00:52:47On n'a pas vu un politique.
00:52:48Les mecs,
00:52:49ils s'en cognent.
00:52:50Et au bout d'un moment,
00:52:51ça ne pourra plus durer.
00:52:52J'ai des collègues
00:52:53qui ont dit ce matin
00:52:54vous attendez qu'il y ait un drame.
00:52:55Ça finira comme ça.
00:52:56Il y aura un mort.
00:52:57Du côté agricole
00:52:58ou du côté force de l'ordre.
00:53:01Et ça,
00:53:01c'est dramatique
00:53:02parce que nous,
00:53:03on a eu des très bons rapports
00:53:04ce matin.
00:53:04On a discuté
00:53:05avec des gendarmes.
00:53:06On a discuté
00:53:07avec des chefs,
00:53:09je dirais,
00:53:10de brigades.
00:53:11Adorables.
00:53:12Mais ils ont des consignes.
00:53:13C'est plus haut.
00:53:14Et on voit très bien
00:53:14que là-haut,
00:53:16ça ne va pas.
00:53:16Donc au bout d'un moment,
00:53:17on ferait peut-être
00:53:17faire le ménage
00:53:18et puis remettre
00:53:19des gendres de terrain
00:53:20tout simplement.
00:53:21On entend
00:53:22et on sent également
00:53:23votre colère.
00:53:24Finalement,
00:53:24là pour l'instant,
00:53:25vous êtes dépassé
00:53:25par les situations.
00:53:27Vous nous parliez aussi
00:53:28de ces drames potentiellement
00:53:30qui peuvent arriver
00:53:31notamment côté agriculteur.
00:53:33Vous faites référence
00:53:34au suicide
00:53:34puisqu'on sait que
00:53:35malheureusement,
00:53:36cette profession,
00:53:37il y a énormément
00:53:37d'agriculteurs
00:53:38qui se suicident
00:53:39puisqu'ils n'arrivent pas
00:53:40à joindre les debouts
00:53:41notamment.
00:53:42En agriculture,
00:53:43je crois que c'est
00:53:44à peu près un suicide
00:53:45par jour.
00:53:46Mais je dirais,
00:53:46on n'est pas les seuls
00:53:47métiers touchés,
00:53:48les forces de l'ordre aussi.
00:53:49C'est un métier
00:53:49où il y a énormément
00:53:50de suicides
00:53:51et on en a parlé
00:53:52ce matin
00:53:52avec nos collègues gendarmes
00:53:56parce qu'en fin de compte,
00:53:57on fait un métier
00:53:57directement pour la population
00:54:00si bien eux
00:54:01pour servir le pays,
00:54:05nous pour le nourrir.
00:54:06Et je dirais,
00:54:06on avait de très très bons rapports
00:54:07et on se rend compte
00:54:08qu'on est dans le même bateau.
00:54:10Ils ont des consignes,
00:54:11c'est l'armée,
00:54:12les gars,
00:54:13ils respectent les règles.
00:54:14Mais demain,
00:54:15si j'ai un truc
00:54:16à leur dire,
00:54:16c'est de dire
00:54:17les gars,
00:54:17déposez les casques
00:54:18mais ce n'est pas
00:54:197 comme l'autre fois
00:54:20parce que ces gars-là,
00:54:21ils ont mangé,
00:54:22c'est tout le monde.
00:54:23Et demain,
00:54:23si on va aller quelque part,
00:54:24on va aller à l'Elysée.
00:54:25Si on y va avec les élus,
00:54:27les politiques,
00:54:28les forces de l'ordre,
00:54:28on ira où on veut tout simplement.
00:54:30Il n'y a pas besoin
00:54:30de brûler des pneus,
00:54:31il n'y a pas besoin
00:54:32de casser du matériel.
00:54:33Et là,
00:54:33les politiques,
00:54:34ce jour-là,
00:54:34ils vont se mettre à trembler.
00:54:35Mais je pense que
00:54:36ça sera la seule solution.
00:54:37En tout cas,
00:54:37merci beaucoup
00:54:38d'avoir répondu
00:54:39à nos questions.
00:54:40On peut l'entendre en tout cas,
00:54:41cette colère finalement
00:54:42des agriculteurs
00:54:44puisqu'ici,
00:54:45ils sont bloqués
00:54:45à seulement quelques kilomètres
00:54:47de Paris.
00:54:48Impossible pour eux
00:54:49de partir.
00:54:50Les tracteurs
00:54:51que vous voyez derrière moi
00:54:52ne peuvent pas
00:54:53en tout cas
00:54:54atteindre la capitale
00:54:55pour l'instant.
00:54:55Merci beaucoup
00:55:00Mathilde Libanaise
00:55:01en direct
00:55:02pour faire un point.
00:55:04On se retrouve en direct
00:55:05ici pour cette édition spéciale.
00:55:06On est
00:55:07place de l'étoile
00:55:08à Paris.
00:55:09On parlait de ce qui se passe
00:55:10avec les forces d'ordre.
00:55:10Je ne sais pas si on peut
00:55:11se retourner
00:55:12peut-être pour montrer.
00:55:13Vous voyez,
00:55:14il y a des policiers
00:55:15et puis il y a
00:55:15des agriculteurs
00:55:16qui discutent
00:55:18ensemble
00:55:18et tout se fait
00:55:21dans une bonne ambiance.
00:55:22Tout se fait
00:55:23dans une ambiance
00:55:24sympathique
00:55:25et c'est important.
00:55:26Maître-Pierre-Henri Bovis
00:55:26nous a rejoint.
00:55:27Bonjour.
00:55:27Merci d'être avec nous.
00:55:29Vous êtes là
00:55:30depuis un moment.
00:55:31Vous avez pu parler
00:55:31avec des agriculteurs.
00:55:32Vous avez pu dialoguer
00:55:33avec les gens.
00:55:33Qu'est-ce que vous retenez
00:55:34de ce que vous avez pu
00:55:37entendre et comprendre
00:55:38de la situation ?
00:55:39Écoutez,
00:55:39l'agriculture,
00:55:40c'est la politique.
00:55:41Il n'a pas de couleur politique.
00:55:42L'agriculture,
00:55:43les agriculteurs
00:55:44sont ceux qui nous permettent
00:55:45de vivre,
00:55:46de nous nourrir.
00:55:46C'est eux qui essayent
00:55:47de préserver tant bien que mal
00:55:49la souveraineté agriculture.
00:55:50Cette souveraineté
00:55:50aujourd'hui qu'on a
00:55:55est sacrifié sur l'hôtel
00:55:55du libre-échange
00:55:56qui est mal régulé
00:55:57avec cet accord
00:55:57le Mercosur.
00:55:59C'est-à-dire que d'un côté
00:55:59on impose aux agriculteurs
00:56:01l'excellence
00:56:02agriculture environnementale
00:56:03mais on importe
00:56:05l'exact inverse.
00:56:06Donc je comprends aussi
00:56:07la colère de ces personnes-là
00:56:08qui pourtant nourrissent
00:56:10la population
00:56:10et c'est de nourrir la population
00:56:11et qui ont 27, 30, 35 ans
00:56:14et qui gagnent
00:56:14500, 600 euros par mois.
00:56:16C'est absolument inconcevable
00:56:18et c'est profondément scandaleux.
00:56:20Et le fait que les politiques
00:56:22aujourd'hui
00:56:22ne les entendent pas
00:56:23envoient les CRS
00:56:25font des déclarations
00:56:26qui sont quand même hallucinantes.
00:56:28Vous parlez de Maud Bréjean
00:56:28ce matin en particulier
00:56:29qui a mis de l'huile
00:56:30sur le feu
00:56:31et qui explique peut-être
00:56:32le comportement
00:56:33contre Yael Brun-Pivet
00:56:34qu'on revoit en direct
00:56:36non pas en direct
00:56:37mais qu'on revoit
00:56:37sur les images en ce moment
00:56:38ça explique peut-être aussi
00:56:40ce comportement vis-à-vis d'elle.
00:56:41Mais bien entendu
00:56:42et comme je l'ai dit
00:56:43au départ
00:56:44ce n'est pas une question
00:56:45de couleur politique
00:56:46ce n'est pas une question
00:56:46d'ailleurs même de classe
00:56:47cela concerne tous les métiers
00:56:49je suis avocat
00:56:49je me nourris
00:56:50vous êtes journaliste aussi
00:56:51tout le monde se nourrit
00:56:52grâce aux agriculteurs
00:56:53grâce à ceux qui bossent la terre
00:56:55et que le politique
00:56:56balaie d'un revers de main
00:56:57pour dire
00:56:58attention
00:56:58ces manifestations sont illégales
00:57:00crache sur les agriculteurs
00:57:01je trouve que c'est
00:57:02profondément scandaleux
00:57:03ce n'est pas comme ça
00:57:03qu'on éteint une colère
00:57:05qui est en plus
00:57:05une colère légitime
00:57:06cet accord
00:57:08a été rejeté massivement
00:57:10par le corps
00:57:11constitué
00:57:12les agriculteurs
00:57:13ou aussi par une grande partie
00:57:13des français
00:57:14qui veulent se nourrir
00:57:15avec des produits français
00:57:16de qualité
00:57:17et qui veulent mettre aussi
00:57:20de côté cette concurrence
00:57:21qui est aujourd'hui
00:57:21complètement déloyale
00:57:22et ce qui est étonnant
00:57:23c'est qu'il y a beaucoup
00:57:24de jeunes agriculteurs
00:57:25qui sont là
00:57:26on parlera dans un instant
00:57:27avec ce jeune homme
00:57:28qui est là
00:57:29et qui est agriculteur également
00:57:31parce que
00:57:31c'est vrai qu'il y a toute
00:57:32une jeune génération
00:57:33qui aime l'agriculture
00:57:35qui a envie de vivre
00:57:35de l'agriculture
00:57:36et qui disent aujourd'hui
00:57:37on ne nous donne pas
00:57:37les moyens de vivre
00:57:38on ne nous donne pas
00:57:39les moyens de participer
00:57:40mais moi ce qui m'inquiète
00:57:41c'est que ces jeunes agriculteurs
00:57:42aujourd'hui
00:57:42leurs enfants
00:57:44qu'est-ce qu'ils deviendront ?
00:57:45Est-ce qu'ils seront
00:57:45eux-mêmes agriculteurs ?
00:57:47Est-ce que ce n'est pas
00:57:47une profession qui va
00:57:48petit à petit mourir ?
00:57:50Et ensuite après
00:57:51d'ailleurs
00:57:51qu'est-ce qui se passe ?
00:57:52Si on n'a plus d'agriculteurs
00:57:53en France
00:57:53on deviendra dépendant
00:57:54intégralement
00:57:55de l'agriculture
00:57:56on n'aura plus de souveraineté
00:57:57donc c'est agricole
00:57:58donc c'est très inquiétant
00:58:00je trouve moi
00:58:00pour l'avenir
00:58:00pour mes enfants
00:58:01Merci beaucoup en tout cas
00:58:03merci d'être venu
00:58:04et d'avoir été avec nous
00:58:05je l'ai dit
00:58:06on avait un jeune agriculteur
00:58:07qui était avec nous
00:58:07bonjour
00:58:08Bonjour
00:58:08Vous avez quel âge ?
00:58:0918 ans
00:58:1018 ans ?
00:58:11Ah oui
00:58:11vous êtes tout jeune
00:58:12Vous êtes agriculteur déjà
00:58:13vous travaillez dans une ferme
00:58:14ou dans un élevage ?
00:58:16Oui je suis en apprentissage
00:58:17depuis 4 ans
00:58:18donc là je suis en dernière année
00:58:19de BPREA
00:58:20donc brevet professionnel
00:58:21responsable d'entreprises agricoles
00:58:23avec un projet d'installation
00:58:25dans le futur
00:58:27si c'est possible
00:58:27si ça s'arrange en tout cas
00:58:28Et c'est quelque chose
00:58:30qui est de famille
00:58:31ou c'est vous-même
00:58:32qui avez eu seul
00:58:33cette passion pour l'agriculture ?
00:58:34Pas du tout
00:58:35moi ma famille
00:58:36ne travaille pas du tout là-dedans
00:58:37c'est depuis que je suis tout petit
00:58:38j'ai toujours rêvé de ce métier
00:58:40voilà
00:58:40aujourd'hui c'est plus une passion
00:58:42qu'un métier
00:58:42de toute façon il le faut
00:58:44parce que sinon ça ne marcherait pas
00:58:46non non
00:58:47moi c'est vraiment
00:58:47ma passion
00:58:48c'est...
00:58:49Mais quand vous voyez
00:58:50à quel point c'est difficile
00:58:51alors parce qu'on a eu
00:58:52beaucoup de jeunes qui étaient là
00:58:53mais c'était souvent familial
00:58:55j'ai envie de dire
00:58:56c'est-à-dire qu'ils voulaient récupérer
00:58:57et c'est tout à leur honneur
00:58:58la ferme
00:58:59ou l'élevage de leur famille
00:59:00vous c'est pas le cas
00:59:01qu'est-ce qui fait qu'on a envie
00:59:02d'être agriculteur
00:59:03en 2025
00:59:04quand on voit qu'on gagne mal sa vie
00:59:06quand on voit
00:59:06toutes les contraintes qui existent
00:59:08qu'est-ce qui vous pousse à vous ?
00:59:10Moi ce qui me pousse le plus
00:59:12c'est que j'ai découvert ça
00:59:13quand j'étais petit
00:59:14j'ai toujours travaillé
00:59:15dans une petite ferme
00:59:16on m'emmenait toujours
00:59:17faire du tracteur
00:59:17avec mon ancien propriétaire
00:59:18de maison
00:59:19donc voilà
00:59:20moi j'ai toujours adoré ça
00:59:23la nature
00:59:24le travail dehors
00:59:25voilà pour moi
00:59:27c'est plus qu'un métier
00:59:28aujourd'hui
00:59:28c'est tout un art
00:59:30donc il faut le garder
00:59:32il faut tout faire
00:59:33et se battre
00:59:34pour le garder
00:59:35et continuer de pouvoir travailler
00:59:37sans être endetté
00:59:38on va dire
00:59:39Mais vous vous dites
00:59:40que vous allez pouvoir
00:59:40gagner votre vie
00:59:41vous allez pouvoir vivre
00:59:42parce que
00:59:43tous les agriculteurs
00:59:44avec qui on parle ici
00:59:44depuis 10h30
00:59:46depuis le début
00:59:46de cette édition spéciale
00:59:47en direct
00:59:47tous les agriculteurs
00:59:48nous disent
00:59:48on gagne soit zéro
00:59:50c'était l'agriculteur corse
00:59:51qui avait 27 ans
00:59:52qu'on avait tout à l'heure
00:59:52qui nous a dit
00:59:53moi je gagne zéro
00:59:53je suis obligé d'être serveur
00:59:55pour pouvoir boucler
00:59:56mes fins de mois
00:59:56soit je gagne 500
00:59:57600 euros
00:59:58c'était le jeune
00:59:59qui était là
00:59:59un peu plus tôt également
01:00:01en direct dans cette émission
01:00:02comment vous imaginez
01:00:04l'avenir
01:00:05comment vous imaginez
01:00:06vous installer
01:00:06comment vous imaginez
01:00:07vivre
01:00:07construire une famille
01:00:08construire un avenir
01:00:10à l'heure actuelle
01:00:11je ne sais pas trop
01:00:12là je dirais mal
01:00:13mais moi je suis
01:00:15plutôt optimiste
01:00:16j'ai envie
01:00:17qu'on se batte
01:00:18jusqu'au bout
01:00:20pour que le métier
01:00:21aille mieux
01:00:21moi en tout cas
01:00:23je me batterie
01:00:23jusqu'au bout
01:00:24voilà
01:00:25moi je veux faire
01:00:26ce métier
01:00:26même si c'est difficile
01:00:28il faut avoir
01:00:29de la tête sur les épaules
01:00:30il ne faut rien lâcher
01:00:32comme aujourd'hui
01:00:33il ne faut rien lâcher
01:00:34jusqu'à avoir des réponses
01:00:35et pour que le métier
01:00:38aille mieux
01:00:38qu'on se sente mieux
01:00:39et qu'on soit plus aidé
01:00:40déjà par le gouvernement
01:00:41franchement c'est formidable
01:00:43de voir une telle passion
01:00:44une telle envie
01:00:45c'est formidable
01:00:45surtout à 18 ans
01:00:47donc on vous souhaite
01:00:47bon courage
01:00:48et merci beaucoup
01:00:49d'être venu
01:00:50et d'avoir parlé
01:00:51en direct
01:00:52on va se retourner
01:00:52peut-être qu'on voit
01:00:53quand même
01:00:53la place de l'étoile
01:00:56avec les tracteurs
01:00:58qui sont derrière
01:00:59Massinissa aussi
01:01:00nous a rejoint
01:01:00conseiller municipal
01:01:01d'Hivergauche
01:01:01d'Aubervilliers
01:01:02bonjour
01:01:02merci d'être avec nous
01:01:04également en direct
01:01:05ici place de l'étoile
01:01:06on est avec ces agriculteurs
01:01:08on est avec ces commerçants
01:01:09qui sont là
01:01:11avec les soutiens
01:01:12également
01:01:12qu'on verra tout à l'heure
01:01:14parce que derrière
01:01:15les barrages de police
01:01:16il y a des soutiens
01:01:17comment vous réagissez-vous
01:01:18quand vous voyez
01:01:19cette mobilisation
01:01:20et quand vous voyez
01:01:20tous ces agriculteurs
01:01:21et bien je suis
01:01:22écoutez
01:01:23je suis là depuis un petit moment
01:01:24je discute avec les agriculteurs
01:01:25et je peux vous dire
01:01:26qu'ils n'ont pas la vie facile
01:01:28ils sont attaqués
01:01:29de toutes parts
01:01:30il faut savoir que
01:01:31près d'un agriculteur
01:01:32sur trois
01:01:33touche moins de 1000 euros
01:01:35par mois
01:01:35quand on sait que le SMIC
01:01:36est à 1400
01:01:37il y a un sérieux problème
01:01:38avec les agriculteurs
01:01:39vous avez
01:01:40aujourd'hui
01:01:42plus de 20%
01:01:43des agriculteurs
01:01:44qui vivent
01:01:45sous le seuil de pauvreté
01:01:46il y a quelque chose
01:01:48à faire
01:01:48on ne peut plus
01:01:49rester dans cette situation-là
01:01:50moi vous savez
01:01:51en tant qu'élu local
01:01:52de la ville d'Aubervilliers
01:01:54nous avons un projet
01:01:55qui s'appelle
01:01:55Cultivons Aubervilliers
01:01:57nous devons
01:01:58recréer du lien
01:01:59avec
01:02:00avec les citoyens
01:02:02et avec la terre
01:02:02nous se reconnecter
01:02:04un petit peu
01:02:04avec la terre
01:02:04c'est un projet
01:02:05avec lequel
01:02:07nous allons
01:02:07apporter davantage
01:02:09d'espace
01:02:09dans le cadre
01:02:11de notre projet municipal
01:02:12parce que
01:02:13parce que vous avez le sentiment
01:02:14que les agriculteurs
01:02:15ont un avenir encore
01:02:15c'est possible
01:02:16qu'ils aient un avenir
01:02:17malgré les contraintes
01:02:17malgré le Mercosur
01:02:18malgré tout ce qu'ils vivent
01:02:20et bien le Mercosur
01:02:20c'est une catastrophe
01:02:21aujourd'hui
01:02:22le Mercosur
01:02:23essaye d'enterrer
01:02:25davantage
01:02:25l'agriculture française
01:02:28mais justement
01:02:29nous avons une responsabilité
01:02:30nous en tant qu'élu local
01:02:31dans les villes
01:02:32dans chaque ville de France
01:02:33si nous revalorisons
01:02:35la terre
01:02:36c'est ce que nous mangeons
01:02:37c'est ce qu'il y a
01:02:37dans nos assiettes
01:02:38c'est ce qu'il y a
01:02:39de plus sain
01:02:40et de plus normal
01:02:41j'ai envie de dire
01:02:42si nous nous mobilisons
01:02:44avec des projets
01:02:45d'agriculture
01:02:45dans chaque ville de France
01:02:47et bien nous pourrons
01:02:48réintéresser les Français
01:02:50davantage
01:02:50à l'agriculture française
01:02:52et puis lorsque nous allons
01:02:52consommer à l'échelle locale
01:02:54ou même en supermarché
01:02:56nous allons consommer
01:02:57français
01:02:57mais vous vous rendez compte
01:02:58en même temps
01:02:58qu'il y a un rejet
01:02:59des politiques
01:02:59on l'a vu tout à l'heure
01:03:00avec Yaël Braun-Pivet
01:03:01on le voit de façon globale
01:03:02ils ne font plus confiance
01:03:03aux politiques
01:03:04les agriculteurs
01:03:05ils en ont assez
01:03:05les politiques devraient
01:03:07se retrousser les manches
01:03:09vous en faites partie
01:03:09j'en fais partie
01:03:10mais en tant qu'élu local
01:03:12moi je propose aux politiques
01:03:13de se retrousser les manches
01:03:14et de se reconnecter
01:03:16avec la terre
01:03:16c'est très important
01:03:17vraiment
01:03:18c'est très important
01:03:19et comme je vous le disais
01:03:21comme je vous le disais
01:03:23à l'instant même
01:03:24nous devons soutenir
01:03:26nos agriculteurs français
01:03:27merci beaucoup
01:03:28je vois Eric Zemmour
01:03:29qui est en train d'arriver
01:03:29sur la place
01:03:32qui rencontre
01:03:32Nicolas Dupont-Aignan
01:03:34également
01:03:34bonjour Eric Zemmour
01:03:35merci d'être en direct
01:03:37sur CNews
01:03:39pourquoi avoir voulu
01:03:40venir aujourd'hui
01:03:42autour de cette place
01:03:43avec les agriculteurs ?
01:03:44écoutez
01:03:44je voulais apporter
01:03:46mon soutien
01:03:46aux agriculteurs
01:03:48et plus particulièrement
01:03:49aux éleveurs
01:03:49parce que je sais
01:03:50que ce sont eux
01:03:51qui sont le plus en danger
01:03:52mais c'est ce que je disais
01:03:53tout à l'heure
01:03:54à vos collègues
01:03:54si vous voulez
01:03:55il y a un problème global
01:03:56et qui est beaucoup plus profond
01:03:58que tous les petits problèmes
01:03:59qu'on prend les uns
01:04:00après les autres
01:04:00on vous parle du Mercosur
01:04:02après on vous parle
01:04:03de l'abattage
01:04:03des élevages
01:04:04pour contrôler les maladies
01:04:06et ensuite
01:04:07en fait c'est beaucoup plus global
01:04:09que ça
01:04:09depuis 10-15 ans
01:04:11on a complètement abandonné
01:04:12l'élevage
01:04:12quand par exemple
01:04:13on abat les troupeaux
01:04:15ça peut se discuter
01:04:17mais en vérité
01:04:18le problème
01:04:18c'est qu'on n'est même pas sûr
01:04:19qu'ils soient reconstitués
01:04:20donc il y a de moins en moins
01:04:21d'élevage
01:04:22on vous dit
01:04:23l'agriculture française
01:04:24est maintenant déficitaire
01:04:26alors qu'on était
01:04:26moi dans ma jeunesse
01:04:27on était le deuxième
01:04:29exportateur mondial
01:04:30on apprenait ça à l'école
01:04:32le deuxième exportateur mondial
01:04:33derrière les Etats-Unis
01:04:34vous vous rendez compte
01:04:35aujourd'hui
01:04:35on est dépassé
01:04:37par l'Allemagne
01:04:37par la Hollande
01:04:38c'est complètement sidérant
01:04:40donc qu'est-ce qui s'est passé
01:04:41c'est qu'on ne produit plus
01:04:42tout simplement
01:04:43on ne produit plus
01:04:44on laisse
01:04:45et les eaux
01:04:47alors évidemment
01:04:47les gens consomment
01:04:49donc il faut acheter
01:04:50de plus en plus
01:04:50à l'étranger
01:04:51et on a une balance
01:04:52commerciale déficitaire
01:04:53c'est notre seul sujet
01:04:54et pourquoi on ne produit plus
01:04:55parce que
01:04:56la commission européenne
01:04:58veut transformer
01:04:59les agriculteurs
01:05:00en jardiniers
01:05:01de l'écologie
01:05:02parce que le gouvernement français
01:05:03ne se bat plus
01:05:04pour les agriculteurs
01:05:05parce qu'il y a trop de normes
01:05:06parce qu'il y a trop de charges
01:05:07vous voyez
01:05:07c'est un problème global
01:05:08à la limite
01:05:09dans une agriculture française
01:05:12dynamique
01:05:12et productive
01:05:14on pourrait tout discuter
01:05:15mais quand on vous écoute
01:05:17on a envie de dire
01:05:17ok
01:05:17pourquoi pas
01:05:19mais vous ne croyez pas
01:05:20que les agriculteurs
01:05:20aujourd'hui
01:05:21ne font plus confiance aux politiques
01:05:22aujourd'hui
01:05:22ils ont eu des tas de discours
01:05:24tout le monde leur vend
01:05:26à chaque fois un monde meilleur
01:05:27écoutez Jean-Marc
01:05:28moi vous me connaissez
01:05:29depuis longtemps
01:05:29d'abord je ne suis pas un politique
01:05:31voilà c'est clair
01:05:32moi je n'ai pas fait
01:05:33de carrière politique
01:05:33je suis connu par les gens
01:05:37pour mes livres
01:05:37pour mes interventions
01:05:38à la télévision
01:05:39je ne suis pas un politique
01:05:40donc quand je m'exprime
01:05:41je me suis engagé
01:05:42dans la bataille présidentielle
01:05:43il y a maintenant
01:05:44trois ans
01:05:45parce que j'estimais
01:05:47que le pays
01:05:47était en danger de mort
01:05:48vous vous souvenez
01:05:49on en a parlé
01:05:50tous les deux
01:05:50et devant les téléspectateurs
01:05:51de CNews
01:05:52donc maintenant
01:05:53quand je viens
01:05:53pour soutenir les agriculteurs
01:05:55je l'ai déjà fait
01:05:55pendant la campagne présidentielle
01:05:57je n'ai pas l'impression
01:05:58de me renier
01:05:59ou de venir
01:05:59faire des promesses
01:06:01de politique
01:06:02c'est pas mon truc
01:06:03j'ai d'autres défauts
01:06:04mais je n'ai pas celui-là
01:06:05donc je viens dire
01:06:07ce que je pense
01:06:07je viens dire
01:06:08que je les soutiens
01:06:08j'ai toujours considéré
01:06:10que vous savez
01:06:11je vais vous expliquer
01:06:12quelque chose
01:06:13qui est quasiment historique
01:06:14en 1945
01:06:16on avait encore
01:06:1736%
01:06:18de la population active
01:06:19qui était
01:06:20dans l'agriculture
01:06:21aujourd'hui
01:06:22vous savez combien on est ?
01:06:231%
01:06:23c'est inouï
01:06:26comme basculement
01:06:27c'est un basculement historique
01:06:28quand vous savez
01:06:28qu'au 19ème siècle
01:06:29il y avait 80%
01:06:30vous voyez
01:06:30je ne vous fais pas
01:06:31toute l'histoire de France
01:06:32mais c'est pour vous dire
01:06:33que c'est quelque chose
01:06:35de fondamental
01:06:36donc on comprend
01:06:37la réaction vive
01:06:38et parfois vindicative
01:06:40des gens
01:06:41qui sont acculés
01:06:42qui ont l'impression
01:06:43qu'on veut leur mort
01:06:44et encore
01:06:45ils se comportent très bien
01:06:45honnêtement
01:06:46franchement
01:06:46les agriculteurs
01:06:48se comportent très bien
01:06:49ils sont solidaires
01:06:50également
01:06:50ils se comportent très bien
01:06:52parce que
01:06:53moi vous savez
01:06:53j'en connais
01:06:53j'ai des amis
01:06:54agriculteurs
01:06:55je discute avec eux
01:06:57et ils m'expliquent
01:06:58d'ailleurs
01:06:59je vais vous raconter
01:06:59une anecdote
01:07:00j'ai un ami
01:07:02agriculteur
01:07:02qui est un gros producteur
01:07:04de salades
01:07:04etc
01:07:05c'est un très bon ami
01:07:05et on lui a demandé
01:07:07je lui demande
01:07:08si ta fille
01:07:10voulait
01:07:11ou ton fils
01:07:11voulait faire
01:07:12qu'est-ce que tu ne voudrais
01:07:14pas qu'il fie
01:07:14et il m'a répondu
01:07:15l'élevage
01:07:16merci beaucoup
01:07:18Eric Zemmour
01:07:18merci d'avoir été
01:07:19avec nous
01:07:20Eric Zemmour
01:07:20en direct
01:07:21sur CNews
01:07:22place de l'étoile
01:07:24on va partir
01:07:24porte d'auteuil
01:07:25maintenant on va retrouver
01:07:26Célia Barotte
01:07:27envoyée spéciale de CNews
01:07:29porte d'auteuil
01:07:29pour faire le point
01:07:30sur la situation
01:07:31Célia
01:07:31une circulation
01:07:35toujours bloquée
01:07:37porte d'auteuil
01:07:37avec ces agriculteurs
01:07:39vous le voyez
01:07:39sur mon image
01:07:41qui rigole
01:07:42sympathise quand même
01:07:43avec les forces de l'ordre
01:07:44un blocage qui se passe
01:07:45dans de très bonnes conditions
01:07:47mais beaucoup
01:07:48de tracteurs
01:07:50de nombreux tracteurs
01:07:51et autres véhicules agricoles
01:07:52sont positionnés
01:07:54et stationnés
01:07:55aux abords
01:07:55de Roland-Garros
01:07:57le but
01:07:58bloquer
01:07:58les accès routiers
01:08:01l'accès au périphérique
01:08:02donc une circulation
01:08:03ralentie
01:08:04ici porte d'auteuil
01:08:06mais vous le voyez
01:08:07sur ces images
01:08:08cela se fait
01:08:09dans une bonne ambiance
01:08:10avec quelques sourires
01:08:11pas d'affrontement
01:08:12entre agriculteurs
01:08:13et forces de l'ordre
01:08:14donc ici porte d'auteuil
01:08:43plusieurs véhicules
01:08:44de CRS
01:08:45de la police nationale
01:08:47qui sont stationnés
01:08:48bien évidemment
01:08:48pour assurer la sécurité
01:08:50des agriculteurs
01:08:51mais aussi
01:08:52organiser cette circulation
01:08:54qui est à l'arrêt
01:08:55porte d'auteuil
01:08:56nous sommes à quelques pas
01:08:57de Roland-Garros
01:08:59à quelques pas
01:08:59du parc des princes
01:09:01quelques chauffeurs de taxi
01:09:02nous ont expliqué
01:09:03qu'après la neige
01:09:04et bien voilà
01:09:04un nouveau problème
01:09:05ces blocages
01:09:06ces manifestations
01:09:07certains en appellent
01:09:08à une réaction
01:09:09de l'état
01:09:10pour penser aussi
01:09:11à tous ces commerçants
01:09:12tous ces professionnels
01:09:13qui sont bloqués
01:09:14par ces manifestations
01:09:15par ces blocages
01:09:17vous le voyez
01:09:17sur ces images
01:09:18et bien
01:09:19ce face à face
01:09:21dans une bonne ambiance
01:09:22entre les forces
01:09:23de l'ordre
01:09:23et les agriculteurs
01:09:25de la coordination rurale
01:09:26ils m'ont confié
01:09:26qu'ils venaient
01:09:27du Calvados
01:09:28ils sont très motivés
01:09:29pourtant mobilisés
01:09:30depuis très tôt
01:09:31ce matin
01:09:32je vais essayer
01:09:34de m'entretenir
01:09:35avec l'un d'entre eux
01:09:37vous êtes là
01:09:41depuis très tôt ce matin ?
01:09:43ah oui
01:09:43depuis 5 heures
01:09:44depuis 5 heures
01:09:44et toujours motivé ?
01:09:46ah bah toujours
01:09:46oui en plus
01:09:47on est aux copines
01:09:48avec les CRS
01:09:49ça va bien
01:09:49on arrive à les avoir
01:09:50à l'usure
01:09:51non non ça va bien
01:09:53on soutient
01:09:54on soutient moralement
01:09:55ça fait du bien aussi
01:09:56de voir une mobilisation
01:09:57qui se passe
01:09:57dans de bonnes conditions
01:09:58avec pas de violence
01:10:00et une bonne ambiance
01:10:01ah bah oui
01:10:02non mais bien sûr
01:10:02c'est important
01:10:03parce que bon
01:10:04c'est vrai que voilà
01:10:05on est tous sur les nerfs
01:10:06mais de voir qu'après
01:10:07on est solidaires aussi
01:10:08avec le mouvement
01:10:09mais bon les gars sont là
01:10:10ils sont gentils
01:10:11voilà
01:10:12vaut mieux que ça se passe
01:10:12de ce sens là
01:10:13qu'on est tous en train
01:10:14d'aller à un rapport de force
01:10:17et ça sert à rien
01:10:18et quel est l'objectif ?
01:10:19c'est de rester toute la journée
01:10:20toute la nuit ?
01:10:21alors là pour le moment
01:10:22on reste mobilisés ici
01:10:24après on verra
01:10:24ce que ça va donner
01:10:25par la suite
01:10:26mais pour le moment
01:10:26non non
01:10:27on est mobilisés là
01:10:28on bouge pas
01:10:29on reste là
01:10:29et on maintient nos convictions
01:10:30nos valeurs jusqu'au bout
01:10:31un dernier mot
01:10:32est-ce que vous appelez
01:10:33d'autres agriculteurs
01:10:34à vous rejoindre
01:10:34peut-être ici
01:10:35Porte d'Auteuil ?
01:10:36ah bah bien sûr
01:10:36tant qu'on est
01:10:37plus on est de toute façon
01:10:38plus on sera fort
01:10:39et puis plus on sera fort
01:10:41également
01:10:41c'est le nombre
01:10:42qui va faire la force
01:10:42merci beaucoup
01:10:43merci beaucoup et bon courage
01:10:44on se revoit tout à l'heure
01:10:45merci à vous
01:10:46et voilà Jean-Marc
01:10:48une mobilisation
01:10:49qui se passe
01:10:50dans de très bonnes conditions
01:10:52mais une motivation
01:10:53et un courage
01:10:54qui ne va pas
01:10:56s'affaiblir
01:10:56d'ici là
01:10:57merci beaucoup
01:11:01Célia Barat
01:11:02en direct
01:11:02de la Porte d'Auteuil
01:11:04pour ces news
01:11:04on se retrouve ici
01:11:05en direct
01:11:06et vous voyez
01:11:06peut-être sur les images
01:11:08derrière moi
01:11:08qu'Éric Zemmour
01:11:09est en train de dialoguer
01:11:10je ne sais pas
01:11:11si on peut y aller
01:11:11peut-être
01:11:12on va essayer
01:11:12d'aller faire un petit tour
01:11:13par là
01:11:14vous devez le voir
01:11:14sur les images
01:11:15il est en train
01:11:16de dialoguer
01:11:16avec certains agriculteurs
01:11:18qui sont là
01:11:19le dialogue
01:11:20qui s'instaure
01:11:22entre les deux
01:11:23Éric Zemmour
01:11:23Thomas Bonnet
01:11:24qui nous a expliqué
01:11:25il y a quelques instants
01:11:25que lui ne se considérait pas
01:11:26comme un politique
01:11:27il avait le sentiment
01:11:28qu'il venait simplement
01:11:29donner son avis
01:11:30sur la situation
01:11:31Oui c'était intéressant
01:11:32d'ailleurs de l'entendre dire ça
01:11:33parce que c'est vrai
01:11:34qu'il y a eu beaucoup de promesses
01:11:35de la part des responsables politiques
01:11:36depuis des années
01:11:37et je pense qu'il a raison
01:11:38Éric Zemmour aussi
01:11:39de repasser le débat
01:11:39dans le temps long
01:11:40c'est-à-dire que là
01:11:41on a des crises conjoncturelles
01:11:42c'est le mercosur
01:11:43c'est la dermatose
01:11:44mais en fait
01:11:45ce qu'il faut comprendre
01:11:45c'est que les agriculteurs
01:11:46ont des difficultés
01:11:47depuis de longues années
01:11:48et le problème ne vient pas
01:11:50d'il y a 2-3 ans
01:11:50donc c'était intéressant
01:11:51de l'entendre rappeler
01:11:52justement la proportion
01:11:53d'agriculteurs en 1945
01:11:55et aujourd'hui
01:11:56qui a radicalement baissé
01:11:57c'est une crise aussi de modèle
01:11:58avec cette mondialisation
01:11:59qui a des dommages collatéraux
01:12:01et malheureusement
01:12:02c'est triste à dire
01:12:02je suis promis à le regretter
01:12:03mais les agriculteurs
01:12:04d'une certaine manière
01:12:05sont les dommages collatéraux
01:12:06de cette mondialisation
01:12:07on ouvre évidemment
01:12:08nos frontières
01:12:08à tous les libres échanges
01:12:10et ça a des répercussions
01:12:11évidemment pour nous
01:12:12En direct sur CNews
01:12:13pendant cette édition spéciale
01:12:14on a Nicolas Dupont-Aignan
01:12:15on a Éric Zemmour
01:12:17qui viennent tous
01:12:17avec leurs solutions
01:12:18on a le sentiment
01:12:19quand même
01:12:20alors en étant un peu
01:12:20mauvaise langue peut-être
01:12:21mais on a le sentiment
01:12:22que c'est toujours plus facile
01:12:23quand on est dans l'opposition
01:12:24de venir avec des solutions
01:12:25et de dire
01:12:26nous on sait ce qu'il faut faire
01:12:27quand on est au pouvoir
01:12:28c'est peut-être plus compliqué
01:12:29parce qu'il y a les contraintes
01:12:30et en particulier
01:12:30les contraintes de l'Europe
01:12:31Absolument
01:12:32Oui c'est vrai que c'est plus difficile
01:12:36pour je ne sais pas si on s'entend
01:12:38Non mais c'est vrai
01:12:40que les réponses sont très compliquées
01:12:41à apporter
01:12:42parce qu'il y a effectivement
01:12:43des contraintes
01:12:43des traités européens
01:12:44le Mercosur
01:12:45il est en négociation
01:12:46depuis 25 ans
01:12:47donc c'est pas le gouvernement
01:12:48actuel qui en est à l'origine
01:12:49Effectivement
01:12:50ce n'est pas simple
01:12:51de trouver les réponses
01:12:52Après il y a aussi
01:12:52une idéologie
01:12:53c'est-à-dire que
01:12:54par exemple
01:12:55les macronistes
01:12:56depuis qu'ils sont arrivés
01:12:57sont plutôt adeptes
01:12:58du libre-échange
01:12:58ils ont signé
01:12:59les traités de libre-échange
01:13:01du CETA
01:13:01et là donc du Mercosur
01:13:02donc il y a aussi
01:13:03quand même un héritage politique
01:13:05de tous ceux qui veulent
01:13:06aujourd'hui apporter des solutions
01:13:07mais qui n'ont pas forcément
01:13:08toujours été à l'écoute
01:13:10parce que encore une fois
01:13:11la grande des agriculteurs
01:13:11elle s'exprime depuis
01:13:12très très longtemps
01:13:13et tout le monde
01:13:13n'a pas été à l'écoute
01:13:14toujours
01:13:15Ce qui est intéressant
01:13:16c'est également de voir
01:13:16comment les accueils
01:13:18sont différents
01:13:19on voit l'image
01:13:19d'Éric Zemmour
01:13:20qui continue à parler
01:13:21avec certains agriculteurs
01:13:23également
01:13:24et on a vu
01:13:24Yael Brown-Pivet
01:13:25on en parlait tout à l'heure
01:13:26qu'elle a été mal reçue
01:13:27quand elle a voulu
01:13:28s'adresser aux agriculteurs
01:13:29on a le sentiment
01:13:31qu'il y a des voix
01:13:31qui sont devenues inaudibles
01:13:32aujourd'hui
01:13:32Yael Brown-Pivet
01:13:33elle incarne justement
01:13:34ce que je disais
01:13:35c'est cette Macronie
01:13:35alors après
01:13:36elle n'y est pour rien
01:13:37elle est présidente
01:13:38de l'Assemblée nationale
01:13:39elle n'a pas de responsabilité directe
01:13:40simplement
01:13:41elle accompagne
01:13:41l'héritage
01:13:42et le bilan
01:13:42du président de la République
01:13:43qui est rejeté
01:13:43très largement
01:13:44ça on le constate
01:13:45alors elle va recevoir
01:13:46les agriculteurs
01:13:46c'est une information
01:13:47qu'on peut vous donner
01:13:47elle va les recevoir
01:13:48cet après-midi
01:13:48à l'Assemblée quand même
01:13:49il y aura un dialogue
01:13:50et ça c'est plutôt bon
01:13:51parce que je pense
01:13:52que c'est dans le dialogue
01:13:52qu'on trouvera des solutions
01:13:54après effectivement
01:13:55il faut aller contre
01:13:55une idéologie
01:13:56qui sans doute
01:13:57règne déjà depuis longtemps
01:13:59et c'est par exemple
01:14:00les traités de libre-échange
01:14:01et puis surtout
01:14:02il faut comprendre aussi
01:14:03que les agriculteurs
01:14:03sont en concurrence
01:14:04avec les autres agriculteurs
01:14:05de l'Union Européenne
01:14:06donc ça remet en cause aussi
01:14:07le logiciel pro-européen
01:14:09de la Macronie
01:14:10donc c'est vrai
01:14:11que là ils sont au carrefour
01:14:12de beaucoup de colère
01:14:13le gouvernement
01:14:14et d'apporter les réponses
01:14:15c'est pas simple
01:14:15surtout quand on a l'héritage
01:14:16et le bilan
01:14:17surtout j'allais dire
01:14:17le lourd bilan
01:14:18d'Emmanuel Macron
01:14:19Merci beaucoup Thomas Bonnet
01:14:20on continue cette édition spéciale
01:14:22ici en direct
01:14:23de la place de l'Etoile
01:14:25à Paris
01:14:26avec les agriculteurs
01:14:27Bonjour
01:14:27on a vu à la fois
01:14:29Nicolas Dupont-Aignan
01:14:30qui est venu
01:14:30il y a Éric Zemmour
01:14:31qui est là
01:14:32qui est en train de parler
01:14:32avec certains d'entre vous
01:14:33est-ce que vous êtes sensibles
01:14:35à cette mobilisation
01:14:36des politiques
01:14:36ou pas vraiment ?
01:14:38Non pas du tout
01:14:38parce que si on ne vient pas
01:14:39à la capitale
01:14:40ils ne viennent pas nous voir
01:14:40donc c'est trop facile
01:14:43aujourd'hui
01:14:43on est au pied de chez eux
01:14:44ils viennent nous voir
01:14:44mais quand on est dans nos campagnes
01:14:46ils ne sont jamais là pour nous
01:14:47vous avez l'impression
01:14:49d'être un peu les oubliés ?
01:14:50Ben oui
01:14:51c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui
01:14:52c'est que
01:14:52si on franchit pas le périph' parisien
01:14:54on a l'impression
01:14:55qu'on est complètement délaissé
01:14:56donc aujourd'hui
01:14:59on a fait le choix
01:14:59de monter en tracteur
01:15:00et bizarrement
01:15:01on se rend compte
01:15:01qu'il y a encore
01:15:02des paysans en France
01:15:02aujourd'hui
01:15:03Qu'est-ce que vous avez envie
01:15:06de dire aux politiques
01:15:07qui nous regardent
01:15:07aux politiques
01:15:08qui viennent vous voir
01:15:09envie de leur dire
01:15:10c'est trop tard aujourd'hui
01:15:11pour vous rendre compte
01:15:11qu'on est là
01:15:12c'est trop tard
01:15:12pour vous rendre compte
01:15:13qu'on existe
01:15:13et qu'on a des problèmes ?
01:15:15Si on est là
01:15:15c'est pas que c'est trop tard
01:15:16mais par contre
01:15:17c'est sûrement la dernière fois
01:15:18qu'on sera là
01:15:19donc s'il faut agir
01:15:20c'est maintenant
01:15:20parce que je pense
01:15:21qu'il n'y aura pas
01:15:21une deuxième montée à Paris
01:15:22des agriculteurs
01:15:23parce que
01:15:24si c'est une troisième
01:15:25c'est qu'il n'y a plus d'agriculteurs
01:15:26Ça veut dire que
01:15:27vous ne partirez pas
01:15:28tant que vous n'aurez pas
01:15:29une réponse positive
01:15:30à vos questions
01:15:31et aux problèmes
01:15:32que vous rencontrez ?
01:15:33Moi j'ai fait
01:15:34350 km pour monter
01:15:36je partirai pas sans réponse
01:15:38et sans avoir
01:15:39des réponses positives
01:15:40pour mon métier de demain
01:15:41et mon avenir
01:15:42ça c'est clair
01:15:43Et ça sera quoi
01:15:44une réponse positive ?
01:15:45C'est tous les sujets
01:15:47qu'on parle depuis le début
01:15:48toutes nos revendications
01:15:49on nous mène un petit peu
01:15:51en bateau
01:15:53aujourd'hui
01:15:53on veut des réponses concrètes
01:15:54on veut qu'ils reviennent
01:15:56là sur site
01:15:57et nous dire
01:15:58voilà on obtient ça
01:15:59s'il n'y a pas de réponse
01:16:01on part pas
01:16:03on verra ce qu'on fait
01:16:04on va envisager des choses
01:16:05mais voilà
01:16:06on est là
01:16:06Ça veut dire qu'envisager des choses
01:16:07vous avez des idées
01:16:08de ce que vous pourriez faire ?
01:16:09Non
01:16:09je ne suis pas à la manœuvre
01:16:10mais il y a des idées
01:16:12forcément
01:16:13et tout le monde amène ses idées
01:16:14et on composera avec
01:16:15mais le plus dur est fait
01:16:17le plus dur c'était d'arriver là
01:16:18on est arrivé ce matin
01:16:19à 5h pétante
01:16:20maintenant on est là
01:16:20on peut jouer au jeu
01:16:23du chat et la souris
01:16:24pendant longtemps
01:16:24mais il faut que ça avance
01:16:26c'est tout
01:16:27Ça veut dire que pour l'instant
01:16:27vous ne bougerez pas ?
01:16:29Non on ne bougera pas
01:16:30vous voyez bien
01:16:30on n'est pas dans
01:16:31les forces de l'ordre
01:16:32ne sont pas dans une position
01:16:34de vouloir nous déloger
01:16:35immédiatement
01:16:36je pense qu'on va voir
01:16:38quand nos collègues
01:16:39vont revenir de l'Assemblée Nationale
01:16:40comment ça va
01:16:41ça va tourner
01:16:42et à ce moment-là
01:16:44je pense que ça risque de bouger
01:16:45Merci beaucoup en tout cas
01:16:46et bon courage à vous
01:16:47et bon courage vis-à-vis de tout ça
01:16:49Tanguy Hamon est également avec nous
01:16:52journaliste police-justice
01:16:53à AC News
01:16:54Tanguy
01:16:54quelle est la situation
01:16:56selon les informations
01:16:57que vous avez à l'heure qu'il est
01:16:58et en particulier également
01:17:00au niveau de la mobilisation
01:17:01des forces de l'ordre
01:17:02pour contrôler la situation
01:17:04même si ici tout se passe bien
01:17:05on a vu des tensions
01:17:06à l'Assemblée Nationale
01:17:07on a vu quelques endroits
01:17:08où il y a un peu de tensions
01:17:09mais ici globalement
01:17:09les choses ont l'air
01:17:10de plutôt pas mal se passer
01:17:11Oui exactement
01:17:12j'ai pu échanger un peu
01:17:13avec quelques CRS
01:17:14sur l'Arc de Triomphe
01:17:16la situation est extrêmement calme
01:17:17même plutôt bon enfant
01:17:18entre les policiers
01:17:20et les agriculteurs
01:17:20on sait qu'il y a eu
01:17:21quelques échaufforées
01:17:22au niveau de l'Assemblée Nationale
01:17:23au niveau de la Porte d'Auteuil
01:17:25aussi où il y aurait
01:17:25une cinquantaine de tracteurs
01:17:27qui essayent de rejoindre
01:17:28le cœur de la capitale
01:17:29il y a 34 compagnies de CRS
01:17:32qui sont désormais déployées
01:17:34dans la capitale
01:17:35avec 60-70 policiers par compagnie
01:17:37ce qui fait pas loin
01:17:38de 2500 policiers mobilisés
01:17:40pour encadrer ces agriculteurs
01:17:42300 or ces véhicules blindés
01:17:45de la gendarmerie
01:17:45sont eux à Rungis
01:17:47pour éviter que le marché de Rungis
01:17:50ne soit bloqué
01:17:50mais la situation est calme
01:17:53bon enfant
01:17:54manifestement
01:17:55il n'y a aucun ordre de données
01:17:57pour évacuer les agriculteurs
01:17:59au moment où on parle
01:18:00donc ils peuvent rester
01:18:02une bonne partie de la journée
01:18:03voire même la question
01:18:04c'est de savoir
01:18:04s'ils vont passer la nuit ici
01:18:05pour être là encore demain matin
01:18:08Mais alors c'est pas très compréhensible
01:18:09quand même ce que vous nous expliquez
01:18:11par rapport au propos de Maud Bréjon ce matin
01:18:12qui a dit
01:18:13la situation est inadmissible
01:18:15ça ne peut pas se passer comme ça
01:18:16or visiblement sur le terrain
01:18:18elle s'est peut-être un peu avancée
01:18:19parce que sur le terrain
01:18:20quand même on a le sentiment
01:18:21que les choses se placent plutôt bien
01:18:23et qu'il n'y a pas d'ordre aujourd'hui
01:18:25pour évacuer par exemple
01:18:26la place de l'étoile
01:18:26alors qu'elle semblait trouver
01:18:28que c'était inadmissible
01:18:28que les agriculteurs soient place de l'étoile
01:18:30Non manifestement aucun problème
01:18:32on va dire du côté des autorités
01:18:34de toute façon
01:18:35il n'y a pas forcément intérêt
01:18:36ne serait-ce qu'en termes d'image
01:18:37imaginons des affrontements
01:18:40entre les agriculteurs
01:18:41et les policiers
01:18:42qui sont quand même
01:18:42deux corps de métier
01:18:43très appréciés des français
01:18:45ça ferait des images catastrophiques
01:18:47et pour un camp
01:18:48et pour l'autre
01:18:49donc non manifestement
01:18:50vraisemblablement
01:18:51au moment où on parle
01:18:52en tout cas les autorités
01:18:53n'ont aucun intérêt
01:18:54à évacuer les agriculteurs
01:18:56en tout cas les évacuer
01:18:57par la force
01:18:58donc il ne devrait pas
01:18:59y avoir d'intervention
01:19:01dans les heures
01:19:02en tout cas qui viennent
01:19:03Merci beaucoup
01:19:04Si vous nous rejoignez
01:19:05on est en direct
01:19:06depuis 10h30 ici
01:19:07place de l'étoile
01:19:08et c'est peut-être intéressant
01:19:10de vous remontrer un peu
01:19:11quelle est la situation ici
01:19:12vous voyez derrière moi
01:19:13l'arc de Triomphe
01:19:14vous voyez également
01:19:15ces tracteurs
01:19:16qui sont installés
01:19:18ces tracteurs
01:19:19qui sont en place
01:19:20et qui ne bougent pas
01:19:22depuis 5h
01:19:23depuis 6h ce matin
01:19:25il y a également
01:19:25des forces de l'ordre
01:19:27qui sont présentes
01:19:27mais tout se passe
01:19:29dans de bonnes conditions
01:19:30et puis on va peut-être
01:19:31aller se rapprocher
01:19:32un peu de l'extérieur
01:19:34puisque en fait
01:19:35il y a les forces de l'ordre
01:19:36qui entourent
01:19:37cette place de l'étoile
01:19:39et il y a également
01:19:40des français
01:19:41qui viennent
01:19:42qui viennent globalement
01:19:43soutenir
01:19:44également
01:19:45les agriculteurs
01:19:47qui sont là
01:19:47qui viennent leur apporter
01:19:48leur soutien
01:19:49certains leur amènent
01:19:50parfois des cafés
01:19:51certains ont envie
01:19:52de partager
01:19:52avec eux
01:19:54la situation
01:19:56et de partager
01:19:56les échanges
01:19:57il y a un monsieur
01:19:57qui est arrivé
01:19:58il y a quelques instants
01:19:59avec un haut-parleur
01:20:01en plus
01:20:02en train de
01:20:03scander
01:20:03quelques slogans
01:20:04et voilà
01:20:05c'est intéressant
01:20:05de vous montrer
01:20:06alors
01:20:06on va retourner
01:20:08peut-être
01:20:08la caméra
01:20:09et de vous montrer
01:20:10un peu
01:20:11quelle est
01:20:11l'ambiance
01:20:13sur place
01:20:13en direct
01:20:15avec ces français
01:20:17qui sont venus là
01:20:17qui sont venus
01:20:18pour soutenir
01:20:21les agriculteurs
01:20:23voilà
01:20:34agriculteurs
01:20:35et les gens
01:20:36dans la foule
01:20:38qui parlent
01:20:40ensemble
01:20:40et vous voyez
01:20:41ces images
01:20:43qui sont en direct
01:20:46sur CNews
01:20:48et puis donc
01:20:49les forces de l'ordre
01:20:50qui dialoguent
01:20:51tranquillement
01:20:52avec
01:20:53les agriculteurs
01:20:55avec le public
01:20:56qui est là
01:20:57et c'est vrai
01:20:58que c'est une situation
01:21:00qui contraste
01:21:01avec ce que disait
01:21:02Maude Bréjon
01:21:03ce matin
01:21:04on va peut-être
01:21:04d'ailleurs pouvoir
01:21:05réécouter
01:21:05Maude Bréjon
01:21:06qui était
01:21:06ce matin
01:21:08sur
01:21:09France Info
01:21:11Maude Bréjon
01:21:11qui expliquait
01:21:13que la situation
01:21:14était intolérable
01:21:15que les choses
01:21:15ne pouvaient pas
01:21:16durer
01:21:17vous aurez sans doute
01:21:19l'occasion
01:21:20de la réentendre
01:21:21dans un instant
01:21:22mais pour l'instant
01:21:22on va retrouver
01:21:23Sonia Mabrouk
01:21:24bien évidemment
01:21:25Sonia qui va prendre
01:21:26le relais
01:21:27pour continuer
01:21:28à vous faire vivre
01:21:28cette mobilisation
01:21:29des agriculteurs
01:21:30les agriculteurs
01:21:31qui sont rentrés
01:21:32dans Paris
01:21:32Sonia c'est à vous
01:21:33Merci Jean-Marc
01:21:34mais restez avec nous
01:21:35Jean-Marc Morandini
01:21:36c'est très intéressant
01:21:37vous avez eu
01:21:37beaucoup beaucoup
01:21:38de jeunes agriculteurs
01:21:39qui se sont succédés
01:21:40à votre micro
01:21:41ils ont parlé
01:21:42de cette détresse
01:21:43Merci à mes Tipeurs
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