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Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, était l'invitée du Face à face d'Apolline de Malherbe sur BFMTV et RMC. Elle a notamment évoqué la mobilisation des agriculteurs, le vote du budget ou encore l'accord avec le Mercosur.

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Transcription
00:00Et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Yael Brunpivet.
00:03Bonjour.
00:03Merci de répondre à mes questions ce matin dans ce studio.
00:06Vous êtes la présidente de l'Assemblée nationale.
00:08Je voudrais d'abord qu'on revienne sur ce qui s'est passé hier.
00:10Il était 11h. Il y avait un certain nombre de manifestants, agriculteurs, devant l'Assemblée nationale.
00:15Vous êtes sortis à leur rencontre et voilà ce qui s'est passé.
00:18Vous avez été hué, des cris de démission.
00:45Vous avez même pris, semble-t-il, un projectile, peut-être même un crachat.
00:49Non, une poignée de neige.
00:51Une poignée de neige.
00:52Vous avez le sourire ce matin ?
00:54Mais bien sûr, parce que vous savez, quand on fait de la politique,
00:56on ne peut pas avoir peur des gens qu'on représente.
00:58On ne peut pas avoir peur des Français, des citoyens.
01:01Donc les citoyens viennent manifester devant l'Assemblée nationale.
01:04C'est qu'ils ont des choses à dire à la représentation nationale.
01:07Il est normal que la présidente que je suis aille à leur rencontre
01:10et essaye de discuter avec eux, même quand ils sont énervés, même quand ils sont en colère.
01:15Mais bien sûr, vous savez, moi, ça fait plusieurs années que je fais de la politique.
01:18J'ai vécu les manifestations lors de la réforme des retraites avec des cassereaux-lades.
01:23Les préfets me disaient, n'y allez pas, annulez votre déplacement.
01:26Je ne l'ai jamais fait.
01:27J'ai toujours, toujours été à la rencontre des Français, à la rencontre des syndicalistes.
01:31C'est comme ça que je conçois la vie politique.
01:33On ne peut pas avoir peur du dialogue, de la confrontation, parfois désagréable.
01:39Mais ce n'est pas grave, c'est ainsi.
01:40Si on ne veut pas cette confrontation, on ne fait pas de politique, on fait autre chose.
01:43Donc, pour vous, pas de regrets d'y avoir été.
01:45Vous les avez ensuite reçus posément dans votre bureau.
01:48Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui s'est dit ?
01:50Moi, j'ai reçu l'ensemble des organisations syndicales, les unes après les autres.
01:54Ce sont des organisations avec lesquelles je suis en contact régulièrement.
01:57Je vais aussi, quand je me déplace sur le territoire national,
02:00beaucoup à la rencontre de nos agriculteurs, dans des exploitations, etc.
02:04Donc, c'est une préoccupation que j'ai depuis longtemps.
02:07Donc, ce dialogue syndical, il faut l'avoir.
02:09Et après, il faut les écouter.
02:10Et c'est un peu, et c'est ça qui est un petit peu, finalement, perturbant.
02:16C'est que c'est toujours les mêmes revendications qui reviennent.
02:20Ils ont besoin de simplification.
02:22Trop de normes, trop de complexité administrative.
02:25Ils ont des boulets au pied.
02:26Ils estiment que la concurrence n'est pas loyale entre ce qu'ils font
02:30et les autres producteurs à l'international.
02:34Ils doivent faire face à des crises, crises sanitaires, crises climatiques.
02:38Et ils ont le sentiment de ne pas être suffisamment armés.
02:41Pour autant, ils aiment leur métier.
02:43Nous aimons nos agriculteurs.
02:45Nous aimons notre agriculture.
02:46C'est ce qui définit notre pays.
02:48On le sait tous.
02:48On y est très attachés.
02:49Les écouter, c'est bien.
02:50Et donc, il faut engager un certain nombre d'actions.
02:52Continuer parce que ça s'inscrit dans un certain nombre d'actions
02:55qu'on a déjà réalisées.
02:56Yann Brunpivet, vous dites, ce qui est terrible,
02:59c'est que c'est toujours les mêmes revendications.
03:00Mais parce que les choses n'ont pas changé.
03:02Alors, elles ont changé.
03:03Mais à chaque fois, on ne va pas assez loin.
03:05Et ça ne va pas assez vite.
03:08Je prends un exemple.
03:09Les questions de simplification.
03:11Ça fait des mois que nos préfets ont travaillé
03:13avec les agriculteurs main dans la main
03:14pour simplifier les procédures.
03:16Mais il faut continuer.
03:17On n'est pas au bout du chemin.
03:19Et ils ont le sentiment que quand on remet une disposition,
03:22eh bien, on recomplexifie à nouveau
03:25et que c'est une espèce de va-et-vient qui s'installe.
03:28Et donc, il faut qu'on ait un cap clair de simplification.
03:30Et c'est ce que je crois a engagé le gouvernement actuellement.
03:34Sauf que l'une des revendications de ces agriculteurs,
03:38c'est le Mercosur.
03:38Journée décisive aujourd'hui à Bruxelles.
03:42La France a annoncé qu'elle voterait non.
03:44Et ça ne changera rien.
03:45Écoutez, on est 27.
03:46C'est une union.
03:47Et donc, il n'y a pas de droit de veto
03:50comme au Conseil de sécurité des Nations Unies.
03:53Et donc, il fallait convaincre des partenaires.
03:56Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour ce faire.
03:58Et nous avons réussi en décembre à convaincre les Italiens
04:01et à avoir ainsi une minorité de blocage.
04:04Ça n'a pas perduré, les Italiens ayant obtenu d'autres garanties.
04:09Et donc, il faut continuer à se battre
04:10parce que le combat n'est pas fini.
04:12Il y a le Parlement européen qui va s'exprimer.
04:15La Cour de justice de l'Union européenne
04:17qui peut être saisie.
04:19Et donc, il y a encore des procédures.
04:21Et puis, il y a toujours et encore ce combat
04:23pour renforcer les garanties.
04:26Les agriculteurs, nous en avons parlé.
04:28Ces fameuses clauses de sauvegarde.
04:29Ces fameuses clauses miroirs.
04:31Et surtout, ces contrôles.
04:32Pour ne pas, en fait, avoir posé des actes,
04:35poser des paroles, poser des principes
04:37de concurrence loyale.
04:39Et finalement, faire que ça ne soit pas effectif
04:41parce que c'est contourné.
04:42La question de la réalité, effectivement,
04:43de ces contrôles, on va y revenir.
04:45Mais vous n'êtes pas triste quand même
04:47de vous dire qu'hier, on entendait, par exemple,
04:49la ministre de l'Agriculture, sur notre antenne,
04:51qui disait que c'est un nom puissant de la France.
04:54Mais c'est un nom puissant qui ne pèse plus rien.
04:57Alors, je ne suis pas d'accord.
04:58Il ne pèse pas plus rien, ce nom.
04:59Déjà, il a été exprimé très puissamment
05:02et par le gouvernement,
05:03mais aussi par l'Assemblée nationale.
05:05L'Assemblée nationale, à travers plusieurs votes,
05:07donc de façon très transpartisane,
05:09a exprimé son opposition très ferme au Mercosur.
05:12Mais cette opposition, cette position de la France,
05:17elle a permis, justement, d'avoir ces clauses de sauvegarde.
05:19Elle a permis, justement, d'avoir ces clauses miroir.
05:21Elle a permis, justement, de pouvoir renforcer les contrôles
05:24au niveau européen.
05:25Mais pas suffisamment, puisque le Premier ministre lui-même
05:28dit que le compte n'y est pas.
05:30Mais c'est la raison pour laquelle nous nous y opposons.
05:33Et c'est la raison pour laquelle nous continuons
05:35à mener le combat.
05:36Et nous allons être très constants en la matière.
05:40Il y a un mot qui m'a frappée dans les paroles d'Annie Gennevard.
05:42Elle dit que c'est un symbole fort.
05:43Et moi, je vais vous dire, c'est ce qui m'a le plus désolée.
05:47C'est qu'au fond, nous ne sommes plus que symboliques.
05:49Ce n'est pas vrai.
05:50Ce n'est pas vrai.
05:50Je ne suis pas d'accord.
05:51La France est attendue.
05:53La France a une parole forte.
05:55La France a une place importante en Europe.
05:57À nous, après, de mener les combats.
06:00Nous sommes dans un collectif.
06:02Vous-même, présidente de l'Assemblée nationale, vous l'avez constaté,
06:04les députés français ont voté à la quasi-unanimité
06:07contre le Mercosur.
06:10Mais c'est ce qui permet au gouvernement aujourd'hui
06:11d'avoir une assise très démocratique
06:14pour pouvoir continuer à s'opposer à cet accord
06:17qui, aujourd'hui, ne nous satisfait pas pleinement.
06:21Le compte n'y est pas.
06:22Nous ne sommes pas contre les accords de libre-échange.
06:25Mais pour autant, il faut continuer à nous battre
06:28pour préserver nos intérêts, préserver nos agriculteurs
06:30et notre agriculture.
06:31Mais pas du tout.
06:32Si vous considérez que vous êtes faible,
06:34vous ne pouvez pas aller vous battre
06:36et vous vous battez avec les mains dans le dos.
06:39Nous pensons que la France est puissante.
06:41Nous pensons que la voix de la France compte à nous,
06:44hommes et femmes politiques, de la portée haute.
06:47Mais nos agriculteurs, en cela, nous aident
06:49parce que, justement, ils nous montrent
06:51qu'ils se mobilisent de façon très unitaire
06:55pour défendre l'agriculture.
06:56Et nous sommes aussi leur porte-parole.
06:58Nous sommes leur représentant.
07:00Est-ce que vous soutenez cette mobilisation
07:02et même si elle doit durer ?
07:04Mais je soutiens la mobilisation des agriculteurs
07:07et je souhaite aussi que nous puissions leur apporter des réponses.
07:10Tout n'est pas dans le Mercosur.
07:12Tout n'est pas dans le Mercosur.
07:13C'est ce que je vous disais au départ.
07:15Et vous parliez de la question de la simplification,
07:16la question de la concurrence déloyale
07:17qui n'est pas qu'avec des pays hors de l'Union Européenne.
07:20Non, c'est aussi nos propres voisins.
07:22C'est l'Espagne, c'est l'Allemagne qui ont des règles moins dures.
07:25Est-ce que nous, la France, on ne s'est pas trompée
07:30en étant trop zélée sur un certain nombre de normes,
07:33plus en tout cas que nos voisins ?
07:34En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on a créé cette distorsion.
07:38Parfois, on a créé à travers ce qu'on appelle des surtranspositions.
07:42Et donc, on a été peut-être un peu plus loin qu'on aurait dû.
07:45Et c'est la raison pour laquelle il faut absolument remettre
07:47un certain nombre de choses à plat
07:49pour créer les conditions d'exercice du métier d'agriculteur
07:53qui soient satisfaisantes.
07:54Et j'ai oublié quelque chose qui, finalement, est fondamental
07:57parce que c'est ce qui vient en premier dans la liste.
08:00Un revenu digne.
08:01Un agriculteur, sa revendication aujourd'hui principale
08:04telle qu'elle a été exprimée encore hier dans mon bureau,
08:07c'est de pouvoir gagner dignement sa vie
08:10et sa vie de son métier.
08:12Pouvoir produire en ayant une stabilité financière
08:15qui lui permette de regarder l'avenir avec sérénité,
08:18de pouvoir nourrir sa famille, ses enfants,
08:21de pouvoir se projeter.
08:22Ça a des conséquences aussi en termes de bras de fer politique.
08:24Alors, du côté de Marine Le Pen, elle demande
08:25à ce que l'on brandisse la menace d'une suspension
08:28de la contribution de la France au budget de l'Union européenne.
08:31Est-ce qu'il faut qu'on rentre dans ce bras de fer ?
08:33Je crois que ce n'est pas la bonne méthode
08:35parce que, de l'autre côté, nous avons aussi
08:37la politique agricole commune, la fameuse PAC,
08:41dont la France est un des principales bénéficiaires.
08:44Donc, c'est pour ça qu'il faut continuer à discuter,
08:47mais il ne faut pas rentrer dans cette radicalité-là.
08:50Je pense qu'elle serait parfaitement contre-productive.
08:52Les Républicains, par la voix de Bruno Retaillon,
08:54ont évoqué aussi la possibilité de censurer le gouvernement
08:57sur la question du Mercosur.
08:59J'ai vu, effectivement, qu'il y aurait peut-être une motion de censure.
09:02Alors, pas à l'initiative des Républicains,
09:04mais à l'initiative du Rassemblement national.
09:08On verra quand elle sera déposée.
09:10À l'heure où je vous parle, elle n'est pas déposée.
09:12On verra aussi quels sont les arguments
09:14et comment cela est posé.
09:16Et puis, le débat aura lieu.
09:17Si elle est déposée rapidement, le débat aura lieu
09:19la semaine prochaine à l'Assemblée nationale.
09:21La méthode des agriculteurs, vous avez dit que vous souteniez
09:23la mobilisation.
09:25On voit sur des images en direct, pour ceux qui nous regardent
09:27sur BFM TV, je les commente pour RMC,
09:30ce sont des agriculteurs sur le périphérique.
09:33Ils continuent donc leur mobilisation,
09:35quitte à bloquer, est-ce que cet aspect-là,
09:38est-ce que la méthode, vous la soutenez ?
09:41Non, je ne soutiens pas les blocages,
09:43je ne soutiens pas l'entrave,
09:44à la liberté d'aller et venir des Français.
09:47Je ne soutiens pas les dégradations.
09:49J'ai des parlementaires qui, encore hier,
09:51ont vu leur permanence dégradée.
09:53Donc, je ne soutiens pas ces actions
09:55qui visent à entraver les Français
09:59dans leur liberté.
09:59Vous leur demandez de rentrer chez eux.
10:01Donc, moi, je souhaite qu'on arrive
10:02à avoir ce dialogue.
10:03Ce qui est important, c'est qu'on discute
10:05et qu'on arrive...
10:05Ils savent que nous sommes à leur côté.
10:07Donc, il faut qu'on avance main dans la main
10:09pour pouvoir gagner ce combat ensemble.
10:12Je le précise, ces opérations escargots,
10:14donc des tracteurs, des agriculteurs,
10:16ça se passe sur le périphérique parisien
10:18en ce moment même.
10:18Et on continue à vous informer
10:19sur BFM TV et RMC.
10:21Le budget, pendant ce temps-là,
10:22la France n'a toujours pas de budget.
10:25Les discussions ont repris cette semaine
10:27et ça pourrait vraisemblablement
10:29se terminer assez vite par un 49-3.
10:31Est-ce que vous le comprenez
10:32que finalement, on en arrive là ?
10:34Je trouve cela dommage
10:36et je trouve qu'il y a encore aujourd'hui
10:39une autre voie de passage.
10:41La voie du débat parlementaire.
10:43Vous l'avez rappelé,
10:43le débat a recommencé.
10:44Donc on est en nouvelle lecture
10:46à l'Assemblée nationale en commission.
10:48La semaine prochaine, dans l'hémicycle,
10:50mardi, et je présiderai mardi après-midi,
10:52l'ouverture des débats sur cette loi de finances.
10:55Moi, je pense et j'invite tout le monde
10:57à réussir à converger
10:59parce qu'on ne peut pas vouloir,
11:00à la fois, quand on fait partie des oppositions,
11:03l'abandon du 49-3.
11:05Donc l'abandon d'un passage
11:07un peu en force du gouvernement
11:10devant le Parlement.
11:11Et puis après, ne pas aller jusqu'au bout du débat
11:14et finalement, être capable de l'assumer
11:16et de voter, soit pour,
11:18soit au moins de s'abstenir.
11:20Il faut être cohérent.
11:21Donc moi, j'invite tout le monde.
11:23Vous y croyez encore ?
11:23Moi, j'y crois toujours.
11:24Et je me rappelle,
11:25j'étais sur un plateau
11:26un peu avant le vote du PLFSS
11:28et on me disait,
11:30mais Madame la Présidente,
11:31c'est un peu la méthode Coué,
11:33vous croyez au vote.
11:35Mais en fait, vraiment,
11:36ce n'est pas réaliste.
11:36Et c'est passé.
11:37Et c'est passé.
11:37Donc moi, j'y crois toujours.
11:40C'est l'essence de mon travail en ce moment.
11:42En fait, le mot débat,
11:43vous l'aurez prononcé de très, très nombreuses fois
11:45depuis le début de cette interview.
11:46Mais je le prononce depuis 2022,
11:48depuis que je préside l'Assemblée nationale.
11:50Moi, j'y crois à cette Assemblée,
11:52parfois un peu contre vents et marées.
11:54Et j'y crois parce qu'elle est le résultat
11:56du vote des Français.
11:57Et moi, mon job,
11:58c'est de faire en sorte qu'elle fonctionne
11:59et qu'elle produise ce qu'elle doit produire.
12:01Et aujourd'hui, ce qu'elle doit produire,
12:03c'est un budget pour la France.
12:04Et donc, continuons à y travailler.
12:06Par le débat, c'est le lieu du débat, le Parlement.
12:08Vous trouvez ça dommage, vous regrettez,
12:10vous espérez encore qu'on puisse s'en passer.
12:11Mais si toutefois le 49.3 était nécessaire,
12:14alors il ne faut pas s'en priver ?
12:15Moi, je n'y souscris pas.
12:16Je suis présidente de l'Assemblée nationale.
12:18Et donc, je ne souscris pas au 49.3.
12:20Je ne souscris pas à ce type d'outil
12:22dans les circonstances actuelles.
12:24À partir du moment où le Premier ministre
12:26et le gouvernement ont dit qu'ils y renonçaient.
12:28Je pense que la parole publique est importante.
12:31La parole publique doit être crédible.
12:33Et lorsque l'on dit une chose,
12:34on ne peut pas faire l'inverse
12:36quelques semaines ou quelques mois plus tard.
12:38En tout cas, moi, ça me dérange profondément
12:40sur le plan démocratique.
12:42Mais la contrepartie de cela,
12:44c'est que chacun doit faire des efforts.
12:46Chacun doit faire des efforts pour débattre.
12:48Chacun doit faire des efforts pour aller au compromis.
12:49Mais non, parce que les débats vont avoir lieu
12:55et vont s'enchaîner à l'Assemblée nationale.
12:57Et il va y avoir des votes dans les jours qui viennent.
13:00Donc, ça ne peut pas durer des semaines.
13:01Mais j'invite tout le monde à être très conscient
13:04de cette situation et à continuer à faire des pas
13:07les uns vers les autres pour que nous puissions
13:09avoir un budget par le vote.
13:10Alors, on n'utilise pas le 49.3 dans votre scénario.
13:13On continue à débattre.
13:14On vote.
13:15Et si le budget n'est pas adopté, on fait quoi ?
13:17Eh bien, ça, c'est une impasse.
13:19Et donc, on continue.
13:20Si le budget n'est pas adopté,
13:22on continue sous le régime de la loi spéciale que nous avons.
13:26Ça n'est pas du tout satisfaisant.
13:28Et c'est la raison pour laquelle il faut que nous ayons un budget.
13:30Donc, si je comprends bien, ça n'est pas satisfaisant.
13:32Moi, j'invite tout le monde à faire le maximum d'efforts.
13:34Nous sommes aujourd'hui à un moment où les débats
13:36n'ont pas repris ni en commission ni dans l'hémicycle.
13:39Donc, ne jouons pas d'ores et déjà la fin de la partie.
13:43Aujourd'hui, la partie qui s'ouvre,
13:44c'est une partie de débat parlementaire.
13:46Donc, mettons tous nos forces dans ce débat parlementaire.
13:50Et j'espère que nous réussirons à trouver le chemin.
13:53Yael Brunpivet, ce qui est important,
13:55c'est que vous dites ce matin que vous ne voulez pas de 49.3.
13:57Vous dites qu'ils se sont engagés à ne pas l'utiliser.
14:00Il ne faut donc pas l'utiliser.
14:02Que pour autant, effectivement,
14:04les ordonnances seraient une impasse,
14:07qu'il faut donc continuer jusqu'au bout.
14:09Mais sur quel texte ?
14:10Par exemple, un des points de blocage,
14:12c'est la question, il faut encore trouver entre 12 et 15 milliards,
14:15c'est la question de la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés.
14:19Vous, là-dessus, vous êtes OK ?
14:21Vous dites on le fait ?
14:22Moi, j'ai toujours été favorable au fait qu'il fallait
14:25qu'on ait un budget qui soit équitable
14:28et que l'effort soit justement partagé
14:29et qu'il y ait donc une contribution
14:31des plus aisés sur les personnes privées
14:34et des sociétés.
14:36Ça ne me pose aucune difficulté.
14:38Il faut trouver le bon niveau de prélèvement
14:42pour que chacun ait le sentiment et la conviction
14:45que l'effort est juste.
14:46Ça ne vous pose aucune difficulté ?
14:48Ça ne vous paraît pas contraire
14:49à ce qu'était l'engagement du macronisme ?
14:52Mais pas du tout, parce que l'engagement du macronisme,
14:54c'était de promouvoir une politique de l'offre,
14:58de promouvoir une activité économique
15:01qui se redynamise,
15:03une réindustrialisation de notre pays,
15:05de la création d'emplois,
15:07la baisse des impôts de production.
15:08C'est ce que nous avons fait.
15:10Maintenant, nous sommes dans une situation compliquée.
15:12Vous savez quoi ?
15:13Il est beaucoup plus dommageable
15:15pour nos entreprises,
15:16pour notre économie,
15:17de ne pas avoir de budget,
15:19d'être dans une situation de blocage
15:21où ils n'ont pas de perspective.
15:23Vous savez, lorsque nous n'avons pas eu de budget
15:25l'année dernière,
15:26c'est quasiment 50% des investissements,
15:29que ce soit d'entreprises étrangères
15:31ou d'entreprises françaises,
15:32qui ont été gelées, reportées, etc.
15:35On ne peut pas se payer ce luxe-là.
15:37Et c'est la raison pour laquelle, aussi,
15:39il est important de trouver un vrai compromis
15:41sur le budget,
15:42qui nous permette d'avancer,
15:43qui nous permette de nous projeter
15:44et qui nous permette de pouvoir nous occuper
15:47des autres sujets de préoccupation des Français.
15:49Elle va servir à quoi, cette année 2026 ?
15:51Justement, nous avons des lois probablement agricoles
15:55dont il faut que nous débattions à nouveau.
15:58Nous avons l'importante loi sur la fin de vie.
16:00Vous savez que c'est un combat
16:01que je mène depuis des années
16:03pour que nous puissions avoir un débat parlementaire
16:06suivi d'un vote sur ce texte
16:08pour ouvrir ce nouveau droit pour les Français.
16:10Moi, je souhaite qu'il soit ouvert en 2026.
16:12Le débat va commencer la semaine prochaine au Sénat
16:15et ce texte reviendra en février à l'Assemblée nationale.
16:18Nous avons un texte important sur les fraudes,
16:21les fraudes sociales, les fraudes fiscales,
16:23qui est prêt, qui attend d'être examinée dans l'hémicycle.
16:27Nous avons un texte sur la politique pénale de notre pays,
16:30sur l'accord, sur les collectivités.
16:32Donc oui, cette année, mais ce n'est pas
16:34qu'elle peut être utile, elle doit être utile.
16:36C'est notre mission.
16:38Les Français ne nous ont pas confié un mandat
16:40de trois ans et demi.
16:41Ils nous ont confié un mandat de cinq ans.
16:43Et donc, nous devons travailler jusqu'au bout.
16:45J'ai envie de vous dire, ils vous ont confié un mandat de cinq ans
16:47et puis, il y avait eu les cinq ans précédents.
16:49Est-ce que pour vous, le macronisme existe encore ?
16:51Est-ce que ça existe encore ?
16:53Écoutez, je crois que je suis devant vous et que j'existe.
16:56Comment vous l'incarnez ?
16:57Et que j'agis et on est très nombreux à agir.
16:59C'est quoi le macronisme ?
17:00Le macronisme, c'est une action politique
17:03qui croit dans le dépassement de clivage.
17:06Moi, je suis peut-être la dernière à y croire.
17:07Moi, j'y crois.
17:08J'y crois au rassemblement des énergies.
17:09Je crois au rassemblement des convictions.
17:11Je crois au travail avec des gens qui ne sont pas complètement d'accord avec moi
17:15mais qui partagent la même vision, les mêmes valeurs
17:18et qui ont envie de s'asseoir à la même table que moi
17:21pour travailler dans l'intérêt des Français.
17:23Ça, c'est le macronisme.
17:24Le macronisme, c'est le progressisme.
17:26C'est une vision européenne.
17:27C'est justement une haute idée de la France.
17:30Moi, j'entends plein d'hommes et de femmes politiques
17:32qui pensent que la France, elle est en déclin,
17:34que la France s'effondre.
17:36Mais ce n'est pas cette France-là.
17:37Ni que je vois, ni que j'aime.
17:38En termes d'idées, je trouve ça très séduisant de se dire
17:42moi, j'y crois encore à cette France puissante.
17:44Évidemment, on n'a qu'une envie, c'est de se dire la même chose.
17:47Mais vous comprenez bien qu'on se heurte au mur du réel.
17:50Oui, mais justement.
17:51En fait, moi, je crois aujourd'hui que la description qu'on fait du réel,
17:56parfois, est en fait complètement erronée.
18:00Il y a un sentiment que ça se dégrade alors qu'en réalité, ça ne se dégrade pas ?
18:03Il y a des choses qui se dégradent, évidemment, il ne faut pas être naïf.
18:06Mais tout ne va pas mal dans notre pays.
18:08Tout ne va pas mal dans notre pays.
18:10Vous savez, moi, sur le plan de la santé, on dit que ça ne va pas bien.
18:13Et c'est vrai, il y a des déserts médicaux, il y a un énorme problème d'accès aux soins.
18:17Nos compatriotes nous le disent partout où on va sur le territoire de notre pays.
18:21Pour autant, on a la meilleure recherche du monde, on a des chercheurs, on a des prix Nobel.
18:28Et donc, soyons aussi optimistes, ayons confiance dans les forces de notre pays,
18:33soyons conscients de nos faiblesses pour pouvoir y remédier,
18:36mais croyons en la grandeur et à la hauteur de la France.
18:38Merci Yael Brunpivet d'avoir répondu à mes questions ce matin.
18:41Président de l'Assemblée nationale, vous êtes bien sur RMC, BFM TV.
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