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  • il y a 2 jours

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00:00Il est midi 4 sur Europe 1, la suite d'Eliott de Val et vous, c'est maintenant.
00:03Merci chère Émilie, rendez-vous à midi 30 pour le journal permanent bien sûr.
00:15Midi 4 sur Europe 1, on est toujours en direct pour Eliott de Val et vous, 11h30, 13h, Géraldine Amon, il y a du monde au standard.
00:23Au 01, 80, 20, 39, 21, appelez-nous chers auditeurs pour nous dire pourquoi vous soutenez la mobilisation des agriculteurs.
00:31Et effectivement la colère est grande et on écoutait attentivement Émilie Dez qui nous expliquait, là aussi c'est un camouflet pour la France
00:39puisque les pays de l'Union Européenne ont majoritairement voté pour et ont donné leur feu vert pour la ratification du Mercosur.
00:50Christophe Bordet, c'était attendu, c'est arrivé très vite, Christophe Bordet est toujours avec nous.
00:56On met juste une chose, on montre du doigt aujourd'hui Madame Mélanie et l'Italie qui ont retourné leur veste.
01:03Mais pardon, Madame Mélanie, elle a fait une chose très simple, elle a défendu ses intérêts et effectivement elle a obtenu ce qu'elle voulait.
01:12Donc à partir du moment où elle obtenait ce qu'elle voulait, il n'y avait pas de raison qu'elle continue d'être dans cette minorité de blocage
01:18qui permettait le cas échéant de ne pas approuver, de ne pas accepter cette signature qui va avoir lieu lundi prochain
01:26avec Madame van der Leyen en Amérique du Sud.
01:30Voilà c'est tout.
01:31Donc on convient de nous dire aujourd'hui, c'est de la faute de Madame Mélanie alors qu'on a un président qui nous joue du pipeau depuis des mois,
01:37voire des années comme on l'a entendu avec Monsieur Tessier tout à l'heure, avec Laurent Tessier qui a de la mémoire et heureusement, pardon,
01:44mais avant d'aller se plaindre et de dire c'est de la faute de l'Italie, balayons d'abord devant notre porte et ayons un peu de respect
01:50et pas du mépris comme on l'a vu dans les rues de Paris pour les agriculteurs.
01:54Je rappelle ce chiffre, 79% des Français soutiennent la mobilisation des agriculteurs,
02:00sondage CSA pour CNews Europe 1 et le journal du dimanche.
02:05Sébastien Ligné est toujours avec nous, rédacteur en chef, du moins chef du service politique de Valeurs Actuelles.
02:11Vous pouvez dire rédacteur.
02:12Il n'est pas encore président de Valeurs Actuelles.
02:14Vous pouvez dire ce que vous voulez.
02:15Bon bah écoutez, stagiaire à Valeurs Actuelles, emploi fictif à Valeurs Actuelles.
02:21Vous êtes nombreux, je le disais, au standard à vouloir réagir et Thérèse est en direct avec nous.
02:26Chère Thérèse, bonjour.
02:27Bonjour Elias, bonjour à tous.
02:29Comment allez-vous chère Thérèse ?
02:30Ça va bien, ça va bien.
02:32Alors vous nous appelez de la drôme et vous êtes femme d'agricultrice.
02:38Oui, d'agriculteur.
02:39D'agriculteur, pardonnez-moi, d'agriculteur.
02:41Vous êtes femme d'agriculteur.
02:43Vous êtes également agricultrice ou pas ?
02:45Non, je suis conjointe-collaborateur.
02:48D'accord.
02:48Et parlez-nous un peu du quotidien de votre mari, ce que vous vivez justement.
02:54Alors nous c'est assez compliqué parce qu'on est en bio en plus et donc on est soumis à des prix qui ne sont pas décidés en France malheureusement.
03:04Et c'est vrai que moi je pense qu'au niveau du Mercosur, je pense que de toute façon la France n'a plus aucun pouvoir au niveau local.
03:15Et je pense qu'il y a une volonté de tuer l'agriculture.
03:21Et alors l'agriculture française ou les petits agriculteurs, entre guillemets, parce que les agriculteurs français sont les derniers résistants de la France éternelle.
03:32Et c'est des acteurs territoriaux.
03:35C'est des gens libres et indépendants.
03:38Et je pense qu'il y a vraiment une volonté.
03:41Alors je ne sais pas d'où elle vient cette volonté, mais je trouve ça triste en fait.
03:46Et je vois que ceux qui s'en sortent encore, c'est ceux qui sont en vente directe.
03:50Parce qu'ils vont directement vendre à leurs consommateurs.
03:55Mais dès qu'on passe sur des marchés mondiaux, on n'a plus aucun pouvoir.
04:01Bien sûr.
04:01Mais ce qui nous intéresse, et c'est pour ça aussi qu'il y a une tendresse, une filiation naturelle entre l'activité de votre mari et nous qui vivons par exemple dans des zones plus urbaines.
04:15Mais c'est la France enracinée.
04:17C'est le paysan et le premier qui a la main sur la terre.
04:23Et c'est ça qu'on adore.
04:26C'est le garant des traditions.
04:27Mais bien sûr.
04:27Alors parlez-nous un peu du quotidien de votre mari.
04:29Il est agriculteur depuis combien de temps ?
04:31Depuis ça fait une dizaine d'années maintenant.
04:33Il a repris la ferme de son père, qui était en céréales et moutons.
04:38Et là on a mis, depuis quelques années, on fait du poulet plein air, du poulet Labelle Rouge, avec une coopérative locale.
04:47Nos céréales sont en bio, sur une soixantaine d'hectares.
04:50Et donc vendues en coopérative.
04:52Et on s'oriente de plus en plus vers des activités qui seraient plutôt en vente directe pour compléter l'activité agricole.
05:04Et est-ce que votre mari arrive à subvenir en quelque sorte, à se verser un revenu ?
05:12Alors c'est assez compliqué.
05:14C'est une vraie question, c'est une question qu'on pose depuis le début de la crise d'ailleurs.
05:18Moi je suis fasciné par deux choses.
05:20Déjà la première, c'est que tous les agriculteurs qu'on a pu recevoir, il n'y en a pas un qui vous parle de travail.
05:25Moi je ne travaille pas, c'est ma vie, c'est ma passion, c'est ma terre.
05:28Je la protège.
05:29C'est un métier, c'est un mode de vie, c'est une culture.
05:36Et c'est des valeurs également.
05:38Et la deuxième chose, c'est qu'à chaque fois qu'on a les témoignages des agriculteurs,
05:43rares sont ceux qui me disent, évidemment j'arrive à subvenir aux besoins de ma famille en travaillant la terre.
05:49Il y en a qui arrivent.
05:52Après nous, on a fait des gros investissements au début pour reprendre la ferme.
05:57Ce qui fait que du coup, tout part dans les emprunts.
05:59Au début, on arrivait à se tirer un minimum.
06:04C'était à peu près 400 euros par mois.
06:06Là, ça a été un peu plus compliqué après l'entrée de la guerre entre la Russie et l'Ukraine
06:13parce que le cours des céréales s'est effondré.
06:15Et surtout, nous, en tant que bio, on a fait moins de 50% de chiffre d'affaires au niveau des céréales.
06:21Et donc, on arrivait tout juste à payer les emprunts.
06:24Et c'est vrai que du coup, on a dû faire un peu l'impasse sur le versement de notre petit salaire.
06:31Mais après, on vit avec pas grand-chose.
06:35On est logés gratuitement par mes beaux-parents.
06:38Donc voilà, ça nous aide aussi.
06:41Et puis, on a cinq enfants.
06:43Mais en fait, on vit du coup des allocations familiales, entre guillemets.
06:46Et un peu de ce qu'on produit nous-mêmes sur la ferme.
06:50Mais pour l'instant, on paye nos emprunts.
06:52Et c'est l'essentiel déjà.
06:54Et vous arrivez à recenser, ou du moins, vous savez combien d'heures par semaine vous travaillez ?
07:01Une journée commence à quelle heure ?
07:03Elle se termine à quelle heure pour vous et votre mari ?
07:04Alors, en hiver, c'est un peu moins.
07:06Ça va être surtout avec les heures du jour.
07:10Donc en hiver, ça va être de 8h à 18h.
07:14Après, ça peut être plus tard le soir.
07:16Ça peut être parfois jusqu'à minuit, une heure du matin,
07:18quand c'est des travaux de la bourre, des travaux dans les champs.
07:22Parce que là, ils travaillent avec les phares.
07:24Et puis en été, ça va être de 6h, 5-6h jusqu'à par le soir aussi.
07:30Parce qu'il y a l'irrigation à gérer en été.
07:34On a de la chance d'être irrigués.
07:36Et je retiens que votre mari se versait 400 euros par mois en travaillant en temps.
07:43Et qu'avec la guerre en Ukraine, avec la chute des cours du céréal,
07:48vous vous retrouvez aujourd'hui à utiliser le peu d'argent qui vous reste
07:53pour payer les emprunts que vous avez.
07:56Écoutez, Thérèse, on va rester en contact.
08:00Parce que c'est loin d'être fini, bien évidemment, cette révolte agricole.
08:05Cette révolte qui est pacifiste.
08:07Pacifique, pardonnez-moi.
08:08C'est-à-dire que moi, j'avais rarement vu une mobilisation sur les Champs-Elysées
08:12qui se termine par une Marseillaise.
08:15Normalement, Christophe Bordet.
08:16C'est pacifiste, oui.
08:18En même temps, on n'est pas capable d'accueillir correctement les agriculteurs
08:22qui viennent manifester à Paris, comme on a pu le voir.
08:24Puisqu'il y a eu quand même les barrages de gendarmerie de police
08:28qui ont été demandés par le ministère.
08:30En sachant quand même que les agriculteurs avaient face à eux
08:33des gens qui sont comme eux.
08:35Qui vivent comme eux.
08:36Parce que les policiers et les gendarmes, ils ne roulent pas sur l'ordre non plus.
08:38Et ils vivent comme nous.
08:39Oui, mais il n'y a pas eu une tension.
08:40C'est bien qu'il y ait une mobilisation policière, pourquoi pas ?
08:43Et quand il y a des manifestations avec la Coupe d'Afrique ces derniers temps,
08:48là, il n'y a pas de problème.
08:49Là, on laisse faire.
08:49On ne voit pas les blindés.
08:51On casse tout, on ne voit pas les blindés, etc.
08:53Mais c'est normal, tout ça est normal.
08:54Mais c'est aussi pour ça qu'il y a un soutien massif des Français,
08:59avec 80% des Français qui soutiennent la mobilisation des agriculteurs.
09:03Parce que vous avez aussi des valeurs qui sont véhiculées
09:06à travers cette révolte, cette colère agricole,
09:09des valeurs profondément françaises.
09:11Thérèse, on vous embrasse fort et on embrasse fort.
09:13Il s'appelle comment votre mari Thérèse ?
09:16Thérèse ?
09:16Thérèse nous a quittés.
09:18Mais Thérèse continuera de nous suivre, bien sûr.
09:20Et on essaiera de la joindre dans quelques instants.
09:22On sera dans un instant sur un autre sujet,
09:26parce qu'on va parler de la faillite sécuritaire du côté de Marseille.
09:30On sera avec Bruno Bartosetti,
09:31qui est secrétaire national chargé de la zone sud
09:33pour le syndicat de police unité.
09:36Ce qui se passe à Marseille est incroyable.
09:39Incroyable.
09:40Les narcotrafiquants font la loi.
09:41Ils provoquent une nouvelle fois la fermeture du site de l'opérateur Orange.
09:45C'était déjà le cas en novembre dernier.
09:48Et là, lundi, plusieurs impacts de balles ont été découverts
09:51sur la façade des locaux.
09:53Et les syndicats disent,
09:54mais attendez, on peut aller travailler sereinement.
09:57Je ne vais pas dire le mot que j'imagine ils emploient.
10:00Mais c'est partons, partons rapidement.
10:02On en parle dans un instant.
10:03Avec vous, chers auditeurs d'Europe 1,
10:05réagissez 01, 80, 20, 39, 21, 12h14.
10:08Vous écoutez Liotte de Val sur Europe 1.
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